REGGIANI Serge

Serge Reggiani en 1968 – Photo (c) Annie Noël

Le chanteur et comédien français Serge REGGIANI naît le 2 mai 1922 à Reggio d’Emilie (Italie). Fils d’un coiffeur et d’une ouvrière, c’est à l’âge de huit ans que le petit Serge découvre la France où la famille s’installe en Normandie pour fuir le fascisme montant en Italie. Ayant déménagé à Paris et après avoir essayé la coiffure dans les pas de son père, il s’inscrit au Conservatoire du cinéma puis au Conservatoire national d’art dramatique. Et c’est pendant la seconde guerre mondiale qu’il commence sa carrière de comédien en jouant, notamment, dans « Britannicus » et « Les parents terribles ». A la Libération, naturalisé français en 1948, il se tourne vers le cinéma et joue aux côtés de Simone Signoret dans « Casque d’or » en 1952. C’est chez Simone Signoret et Yves Montand que, au début des années 1960, Serge Reggiani rencontre le producteur de chansons Jacques Canetti qui a notamment lancé la carrière de Jacques Brel. Ce dernier pense qu’il est doué pour la chanson et lui propose d’enregistrer un 33 tours avec des chansons de Boris Vian. Le disque est commercialisé en 1965 et connaît un franc succès.
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Mais, paradoxalement, alors qu’il brille sur les planches de théâtre, Serge Reggiani a un trac fou lorsqu’il s’agit d’y interpréter des chansons. C’est donc avec une certaine angoisse qu’il accepte la proposition de Barbara pour assurer la première partie de son récital en 1966. La chanteuse va d’ailleurs aider le quadragénaire à travailler sa voix de baryton pour en tirer un profit maximum dans l’interprétation de ses chansons dont le répertoire va se développer. Les chansons de Boris Vian vont beaucoup plaire aux jeunes qui préparent mai 1968 et les deux albums suivants de Serge vont vraiment le faire connaître auprès de toute une génération qui attend ce genre de chanson française dont les textes ne laissent pas indifférent. Pour l’écriture de ces derniers, l’interprète se tourne vers des auteurs reconnus comme Jacques Datin ou Georges Moustaki (« Sarah ») mais aussi vers des nouveaux venus qui ont pour nom Jean-Loup Dabadie (« Le petit garçon »), Pierre Tisserand ou Maxime Le Forestier.
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Plus tard, dans les années 1970, il choisit des chansons de Serge Gainsbourg et de Claude Lemesle. Ce dernier lui écrit bon nombre de succès comme « Le barbier de Belleville », « J’suis pas chauvin », « Venise n’est pas en Italie », etc.
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Au point de vue des compositeurs, Serge Reggiani se tourne vers des musiciens comme Michel Legrand ou Alain Goraguer. À la fin des années 1970, Serge Reggiani chante sur scène avec son fils Stéphan et sa fille Carine qui ont aussi embrassé la carrière de chanteur. En 1980, alors âgé de 35 ans, son fils Stéphan se suicide. C’est un énorme choc pour Serge qui va trouver dans le travail l’unique force lui permettant de lutter contre la dépression et la dépendance à l’alcool. Il enregistre ainsi de nombreux albums qui connaissent moins de succès mais qui recèlent de petits bijoux: « L’ogre » de Victor Hugo (sur le disque « Le zouave du pont de l’Alma » en 1982) ou « Théorème » de Salvatore Adamo (sur l’album « Elle veut » de 1984).
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Au cours des années 1990, il reprend goût à la vie et enregistre un album par an puis un tous les deux ans. Il se passionne aussi pour la peinture et expose régulièrement ses toiles. En 1995, il participe au concert « Les Enfoirés à l’Opéra-Comique » et il y chante « L’Italien » en duo avec Patrick Bruel.
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En 2002, pour ses 80 ans, de nombreux artistes participent à un album intitulé « Autour de Serge Reggiani »: Renaud, Sanseverino, Jane Birkin, Arno, Marc Lavoine, Maxime Le Forestier, Juliette, Bénabar, Enrico Macias ou Michel Piccoli entre autres. En bonus de ce CD, on trouve un texte terriblement émouvant de Jean-Loup Dabadie récité par Serge sur une musique d’Alain Goraguer: « Le temps qui reste ».
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Le temps qu’il reste à l’artiste lui permet encore de recevoir une Victoire de la Musique d’honneur en 2003. Car, le 23 juillet 2004, Serge Reggiani nous quitte à Boulogne-Billancourt à la suite d’une crise cardiaque. Il est inhumé au cimetière parisien du Montparnasse auprès de ses parents et de son fils Stephan.
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AMONT Marcel

Marcel Amont en 2010

Le chanteur et fantaisiste français Marcel AMONT, de son vrai nom Marcel Miramon, naît le 1er avril 1929 à Bordeaux. Alors qu’il se prépare pour des études de professeur d’éducation physique, il chante dans les bals de la région et il apprend aussi le saxophone. A 22 ans, il « monte » à Paris, décidé à se tourner vers l’artistique plutôt que vers la gymnastique. De passage dans les cabarets de la « ville lumière », il est d’abord boudé par le public mais il se fait remarquer par les professionnels. Et, en 1956, il est engagé pour chanter en première partie de la grande Edith Piaf. Le succès public est cette fois au rendez-vous et il se voit obligé de sortir un premier disque. Celui-ci est enregistré en public et il est d’emblée récompensé par le Prix de l’Académie Charles-Cros. En 1962, tout auréolé de la popularité de son disque le plus récent où il interprète, notamment, des chansons de Claude Nougaro, Marcel Amont se retrouve sur la scène de Bobino à Paris en vedette. Désormais, le répertoire du chanteur va régulièrement osciller entre chansons drôles et mélodies douces: « Le Mexicain » et « Bleu blanc blond » par exemple.
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Après avoir laissé passer la vague des « yé-yés », Amont revient au premier plan du show business français au début des années 1970 en s’entourant des auteurs et compositeurs qui font alors les succès de Michel Delpech: Roland Vincent, Jean-Michel Rivat et Frank Thomas. Et il connaît ainsi un nouveau « tube »: « L’amour ça fait passer le temps » en 1971.
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Ce retour gagnant lui vaut de nouveaux spectacles à l’Olympia de Paris et, aussi, d’enregistrer quelques autres grands succès comme « C’est aujourd’hui dimanche » (1971), « Y’a toujours un peintre » (1973), « Le chapeau de Mireille » (que Georges Brassens lui « donne » en 1975), « La musique est de retour » (1976) ou « Les chansons d’Italie » (1977).
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En 1974, une émission de la télé française lui est consacrée: « ToutankhAmont ». Et il participe à de nombreux shows télévisés de Guy Lux et des Carpentier. En 1979, le chanteur enregistre tout un album où d’autres artistes connus ont écrit et composé les chansons : « Un autre Amont ». Parmi les crédits, on retrouve les noms de Georges Brassens (« Le vieux fossile ») mais aussi celui d’Alain Souchon (« Viennois »), Georges Moustaki (« Don Juan »), Marie-Paule Belle (« Le garçon de café »), Gilles Vigneault (« Pour traverser la rivière »), Maxime Le Forestier et Julien Clerc) (« La galère »).
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La même année, il commercialise un 33-tours avec ses succès et d’autres titres traduits en béarnais.
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En 1980, avec le titre « Camarade vigneron » (dont le refrain est interprété en occitan), il se présente à la présélection française du concours Eurovision de la Chanson mais il n’est pas retenu et c’est le groupe « Profil » qui sera désigné. Dans les années 1980 et 1990, même s’il continue à enregistrer des 45 tours, il écrit aussi des livres sur la chanson.
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Au début des années 2000, un double CD de compilation publié par Universal permet de retrouver les succès de sa carrière dans leur version originale. Fièrement, Marcel Amont sort enfin un nouvel album en 2006: « Décalage horaire », dont le titre « Démodé » profite de quelques passages en radio et en télé.
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Par la suite, il participe à de nombreuses éditions de la tournée des idoles « Age tendre et tête de bois ».
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En 2010, il figure sur « Les larmes de crocodile », l’album pour enfants d’Emma Daumas. Il lui écrit plusieurs textes et interprète un duo avec la chanteuse. Quelques musiques sont signées par son fils Mathias Miramon.
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Deux ans plus tard, il publie un livre de souvenirs: « Il a neigé ». Et il effectue un nouveau retour sur scène à l’Alhambra de Paris le 25 novembre 2012 pour fêter ses 60 ans de carrière. En 2014, Marcel Amont fait une apparition courte mais très remarquée dans la série télévisée française « Le sang de la vigne » aux côtés de Pierre Arditi au cours de l’épisode « Chaos dans le vin noir ». En novembre 2016, l’infatigable artiste repart sur les scènes de France avec la tournée « Age tendre ». En octobre 2018, l’actualité de Marcel Amont est dense : il propose un nouveau spectacle chaque dimanche à l’Alhambra de Paris et il commercialise un nouvel album. Le spectacle a pour titre « Marcel raconte et chante Amont » et mêle chansons et anecdotes de sa vie artistique. L’opus a pour titre « Par dessus l’épaule » et contient des nouvelles chansons ainsi que des duos signés par des auteurs célèbres comme Charles Aznavour, Francis Cabrel, Maxime Le Forestier ou Alain Souchon notamment.
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Le 2 avril 2019, c’est encore sur la scène parisienne de l’Alhambra qu’il fête ses 90 ans en livrant un concert où ses invités ont pour nom Serge Lama, Gérard Lenorman, Nicoletta, Maxime Le Forestier, Michel Jonasz, Michèle Torr, Georges Chelon, Christophe, Laurent Baffie, Bernard Montiel, Gérard Darmon, Igit, Ivan Levaï, Raphaël Mezrahi, Alex Vizorek, François Morel et André Bercoff. Il écrit alors deux nouveaux livres : « Les coulisses de ma vie » et « Mirlitontaines et chansons oubliées ». Le 20 février 2020, Marcel Amont préside le jury du Prix Georges Moustaki qui récompense de jeunes talents autoproduits et qui est remporté ce jour-là par Matéo Langlois.
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THEODORAKIS Mikis

Mikis Theodorakis dans les années 1970

Le compositeur grec Mikis THEODORAKIS naît le 29 juillet 1925 sur l’île de Chios. L’artiste est surtout connu pour ses musiques de films telles que « Zorba le Grec », « Z » ou « Serpico » et certaines de ces mélodies sont devenues des chansons. Il a aussi souvent été à la une de l’actualité pour ses prises de position en matière de politique en Grèce. Il a été celui qui s’est élevé publiquement contre la dictature des colonels de 1967 à 1974 et aussi celui qui a toujours prôné la paix mais aussi l’arrêt des corruptions politiques diverses dans son pays. Comme musicien, il a aussi composé un bon nombre de chansons pour des artistes de renommée internationale, souvent grecs, qui ont parfois interprété ses oeuvres en français.
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Mélina Mercouri a notamment interprété les chansons du film « Phaedra », Nana Mouskouri « Petits enfants du monde entier » (1965), Vicky Leandros « L’amour brillait dans tes yeux » (1973) ou Georges Moustaki « L’homme au coeur blessé » (1970).
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Le thème du film « Zorba le Grec » a eu de nombreux interprètes en français sous le titre « Chanson de Zorba » ou « Danse de Zorba »: Annie Cordy, Dalida et Henri Salvador par exemple.
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Enfin, le nom de Mikis Theodorakis apparaît aussi dans les repertoires d’Edith Piaf (« Les amants de Teruel » du film du même titre en 1961) ou encore de Petula Clark (« Lune de miel » en 1959). Hospitalisé pour des problèmes cardiaques, le compositeur décède à Athènes le 2 septembre 2021 à l’âge de 96 ans.
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MOUSTAKI Georges

L’auteur, compositeur et interprète français Georges MOUSTAKI naît le 3 mai 1934 à Alexandrie (Egypte). Elevé par des parents juifs grecs parlant l’italien, le petit Giuseppe (c’est son vrai prénom) se passionne rapidement pour la musique, la littérature et la chanson françaises. En 1951, il débarque à Paris où il est brièvement journaliste puis barman. Dans le piano-bar où il travaille, il est amené à fréquenter des musiciens et lorsqu’il voit Georges Brassens sur scène, c’est la révélation: il va écrire des chansons et il va désormais se prénommer Georges. En 1958, il croise la route d’Edith Piaf et ils tombent amoureux pour une fulgurante mais brève liaison. C’est à cette époque qu’il lui compose l’un de ses plus grands succès: « Milord ».
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Il n’y aura pas de suite à cette chanson pour Piaf et, après le décès de cette dernière en 1963, Moustaki écrit et compose pour Yves Montand et Serge Reggiani. Il offre à ce dernier chanteur sur le tard de magnifiques chansons comme « Sarah » (« La femme qui est dans mon lit… ») ou « Ma liberté » (reprise en 2011 par Chimène Badi dans une version gospel).
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Il écrit aussi pour Barbara « La longue dame brune » qu’il interprète avec elle.
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Lors des manifestations parisiennes de mai 1968, Georges Moustaki s’implique beaucoup aux côtés des jeunes et des étudiants. Il devient un artiste engagé et c’est à ce moment qu’il écrit et compose « Le métèque », la description d’un personnage « baba cool » et au mode de vie qui s’apparente à celui de ceux que l’on appellera bientôt les « hippies ». Le succès de cette chanson qu’il interprète est énorme et international en 1969.
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Un an plus tard, il est à l’affiche du théâtre parisien de Bobino en vedette. Son répertoire reprend les chansons de l’album du « Métèque » qui sont devenues, à leur tour, des succès: « Joseph », « Il est trop tard », etc. Sur scène, il dévoile un caractère gentil et affable qui prône cependant l’action et la révolution permanente en douceur. Il se met ensuite à voyager et profite de ses périples pour découvrir des nouvelles formes musicales qui vont l’inspirer à chaque nouvel album. Le Brésil des années 1970 et 1980 y tient une grande place.
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Parmi les chansons les plus populaires de Georges Moustaki, on peut citer: « Sans la nommer », « Les amis de Georges », « Les eaux de mars », « Humblement il est venu », « Heureusement qu’il y a de l’herbe », « Donne du rhum à ton homme », etc.
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En 2003, sur l’album « Moustaki », l’interprète reprend enfin, de manière très personnelle, le succès qu’il avait donné à Edith Piaf: « Milord » se trouve en « piste cachée » tout à la fin de la dernière plage du disque compact.
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En 2011, le premier Prix Georges Moustaki est décerné à Paris à la chanteuse française Melissmell. Il récompense depuis, chaque année, un album autoproduit indépendant. Créé avec l’aval de l’artiste, Georges Moustaki s’est déclaré flatté et honoré de pouvoir ainsi aider à mettre en lumière des artistes qui n’ont pas encore pu bénéficier de l’aide de structures professionnelles pour produire leur travail. En octobre 2011, deux ans après avoir alerté le public à propos de ses problèmes respiratoires, « Jo » Moustaki déclare à la presse qu’il n’aura plus jamais les capacités physiques pour chanter.
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Depuis ce moment, les forces du chanteur ne vont cesser de diminuer. Victime de l’emphysème et toujours à la recherche d’oxygène, il a dû se résoudre à quitter son domicile parisien de l’île Saint-Louis qu’il chérissait tant pour emménager à Nice où il s’éteint le 23 mai 2013.
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Georges Moustaki est inhumé le 27 mai 2013 au cimetière parisien du Père Lachaise.
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COLOMBO Pia

Pia Colombo dans les années 1960

La chanteuse française Éliane Marie Amélie Colombo mieux connue sous le pseudonyme de Pia COLOMBO naît le 6 juillet 1934 à Homblières (Aisne). Son père, Italien, et sa mère, du Nord de la France, la laissent à sa grand-mère maternelle qui l’élève peu après sa venue au monde. Et c’est donc à la campagne qu’elle grandit en se souciant bien peu de l’école. Après la guerre, en 1946, elle retrouve ses parents qui l’accueillent chez eux en région parisienne. Un jour, ils l’emmènent voir le spectacle proposé au théâtre du Châtelet et Eliane est subjuguée par ces gens qui dansent et qui chantent. Elle décide qu’un jour elle fera comme eux. Elle veut donc devenir petit rat du Châtelet et commence à suivre les cours de danse du théâtre. Mais, à quinze ans, elle est victime de rhumatisme chronique et doit arrêter les chorégraphies. Cela remet tout en question dans cette vie artistique que l’adolescente entame à peine. Une amie lui suggère alors d’essayer l’art dramatique et l’emmène au Cours Simon. Mais c’est un peu compliqué et elle est plus à l’aise lorsque cette amie lui demande d’interpréter des chansons lors d’un spectacle de patronage. Un jeune prof d’anglais, passionné de chanson française et également auteur-compositeur, l’y remarque, l’encourage à persévérer et lui propose finalement de lui « fournir » quelques titres : il s’appelle Maurice Fanon. Cette idée, ainsi que son auteur, la séduisent totalement. Elle travaille donc l’interprétation des chansons de celui qui, marié puis divorcé, devient son amant. Elle se présente pour une audition au cabaret parisien de L’Écluse où Léo Noël, un des cofondateurs, l’engage pour un an. Elle choisit alors le nom de scène de Pia Colombo et interprète, notamment, la chanson « Julie la Rousse », de René-Louis Lafforgue ainsi que des œuvres de Maurice Fanon.
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En 1956, elle emménage chez Maurice et signe un premier contrat phonographique avec la firme Versailles pour qui elle enregistre deux 45-tours de quatre titres dont « Julie la Rousse » et « Isabelle » (de Maurice Fanon).
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Quelques mois plus tard, Maurice Fanon part remplir ses obligations militaires françaises en Algérie jusqu’en 1959. Pendant son absence, elle poursuit sa carrière de chanteuse, change de maison de disques (Philips) et joue « Hula Hoop » au Disco Théâtre du théâtre Marigny à Paris. Son succès grandissant, Pia est appelée, en 1958, à se produire à l’Olympia de Paris, puis en tournée, en première partie de Georges Brassens. Un an plus tard, elle enregistre un des premiers titres signés par Serge Gainsbourg et retrouve Georges Brassens pour ses levers de rideau à Bobino. Maurice Fanon revient d’Algérie et elle reprend la vie commune avec lui. Elle reçoit le Coq d’Or de la chanson française pour son interprétation des « Flonflons du bal », mélodie de Charles Dumont immortalisée par Edith Piaf.
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Alors que la carrière de Pia Colombo est en mode ascendant, l’arrivée des « yé-yés » va chambouler ses objectifs. Il n’y a plus beaucoup de place à la radio pour les chansons qu’elle propose. Et, sans médiatisation, les salles de spectacles sont plus difficiles à remplir. Alors, elle retourne dans les cabarets de la rive gauche parisienne qui l’ont aidé à se faire un nom : « La tête de l’art », « Les Trois Baudets » ou encore « La Contrescarpe » et « La Colombe ». Brassens ne l’oublie toutefois pas et il l’invite à assurer sa première partie à Bobino en avril 1960. Le 28 septembre de la même année, Pia Colombo épouse Maurice Fanon. En 1961, elle est remarquée par le jeune metteur en scène Roger Planchon qui la fait jouer du Bertolt Brecht à Villeurbanne puis à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées. Deux ans plus tard, Pia quitte Maurice mais continue à interpréter les chansons qu’il lui écrit, ou dédie, comme « L’écharpe » en 1964.
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Georges Brassens reste de ceux qui continuent à encourager Pia et elle se produit avec lui en 1964 à plusieurs reprises sur la scène parisienne de Bobino. Elle devient aussi une proche de Jean Ferrat. En 1966, elle joue l’un des 69 personnages de la pièce d’Armand Gatti : « Chant public devant deux chaises électriques », qui est présentée à Paris au Palais de Chaillot. Elle y interprète deux chansons. Elle poursuit alors sa carrière avec une autre oeuvre de Brecht et Weill : « Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny », un opéra en trois actes qui est une vraie révélation et un tournant dans la carrière de l’artiste.
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Pia Colombo revient au tour de chant traditionnel en première partie de l’Olympia d’Alain Barrière et de Charles Aznavour en 1967 avant d’effectuer une tournée en URSS. Arrivent les grèves et manifestations françaises de mai 1968 : Pia Colombo chante dans les usines occupées aux côtés de Lény Escudéro, Jean Ferrat, Isabelle Aubret, Georges Moustaki et Maurice Fanon. La chanteuse se décide à franchir le pas du récital seule sur la scène du Théâtre National Populaire en 1969 : elle y reste un mois. Elle enregistre un album avec des oeuvres de Bertolt Brecht et Kurt Weill pour lequel elle obtient un prix de l’Académie Charles-Cros. La même année, elle interprète « Le métèque » et « Il est trop tard » avant que leur auteur et compositeur, Georges Moustaki, les reprenne à son propre répertoire avec succès.
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Alors que l’artiste a repris le théâtre avec une nouvelle pièce de Brecht (« Maître Puntila et son valet Matti »), elle commercialise un nouvel album éponyme avec les titres « Un pays » et « Adagio nocturne » en 1971.
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Elle poursuit sa carrière en alternant ses activités théâtrales (au Festival d’Avignon en 1972) et musicales (avec, aussi, des spectacles thématiques). Engagée, Pia Colombo rejoint les artistes qui animent alors « La grande kermesse écologique » en octobre 1972 qui propose des alternatives à la pollution. En 1973, la chanteuse est l’une des têtes d’affiche de la fête de l’Humanité aux côtés de Mouloudji, Mireille Mathieu, Serge Lama, et Mort Shuman entre autres. L’année suivante, le producteur Gérard Meys propose à Pia d’enregistrer un nouvel album sur son label phonographique : il contient à nouveau des chansons signées Maurice Fanon comme « Le Che ».
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A ce moment, elle soutient la candidature du socialiste François Mitterrand aux élections présidentielles françaises et elle se produit dans divers pays comme l’Italie, Cuba ou les Etats-Unis. Contraint au silence par la maison de disques avec qui il vient de rompre son contrat en 1975, Léo Ferré offre cinq de ses nouvelles chansons qu’il ne peut interpréter à Pia Colombo qui les enregistre sur un album produit par l’auteur-compositeur.
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En avril 1976, l’artiste apparaît dans l’émission télévisée française « Numéro 1 » de Maritie et Gilbert Carpentier : elle y chante « Johnny Parker » aux côtés de l’acteur Jean-Claude Brialy. Quelques mois plus tard, la chanteuse tombe malade et un cancer lui est diagnostiqué. En 1978, elle fait partie, avec Catherine Ribeiro et Francesca Solleville notamment, de l’affiche d’un concert organisé au profit des victimes de la dictature chilienne. Puis, elle participe au Printemps de Bourges avant de s’effacer en raison de ses ennuis de santé. Entre 1979 et 1981, elle incarne son propre personnage dans un spectacle autobiographique écrit et composé par Maurice Fanon : « Requiem autour d’un temps présent » qui fera l’objet de l’enregistrement d’un double album.
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En 1980, sur scène entre deux séances de chimiothérapie, elle ose ôter la perruque qui masque sa calvitie devant un public en partie choqué par ce geste destiné à évoquer le temps qui lui est désormais compté. Elle participe ensuite à l’émission télévisée française de Jacques Chancel, « Le grand échiquier », où elle apparaît chauve.
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Consacrant de plus en plus de temps à se battre contre le mal qui la ronge, Pia Colombo se fait discrète mais, le 16 avril 1986, à 51 ans, elle est vaincue par le cancer et elle décède à Nonancourt.
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RINALDI Gérard

Gérard Rinaldi en 2011 – Photo (c) Passion Chanson

Le chanteur, comédien et musicien français Gérard RINALDI naît à Paris le 17 février 1943. Après avoir accompagné le chanteur Antoine sur scène au sein des « Problèmes », il devient le chanteur des « Charlots » qui sont d’ailleurs les mêmes musiciens. A partir de 1967, les succès se multiplient pour cette bande de joyeux fêtards qui se compose, outre Rinaldi, de Luis Rego, Jean Sarrus, Gérard Filipelli et Jean-Guy Fechner. Il y a alors l’inoubliable « Paulette, reine des paupiettes » ou « Merci patron » mais aussi des quantités de parodies comme celle de Serge Gainsbourg (« Sois érotique ») ou de Georges Moustaki (« Le pauvre mec »).
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L’un des derniers grands « tubes » des « Charlots » est « L’apérobic » en 1983.
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Si le groupe ne s’est jamais vraiment dissout, on peut dire qu’il a progressivement cessé ses activités par manque de participants. Après une carrière très légère mais très marquante au cinéma dans les années 1970 avec ses compères, Gérard Rinaldi connait le succès en 1987 dans une célèbre série télévisée française: « Marc et Sophie ». Ensuite, Gérard Rinaldi prête régulièrement sa voix, douce, basse et chaude, pour effectuer des doublages de films étrangers. En 2009, il remonte sur scène avec Jean Sarrus pour présenter les chansons des « Charlots » au public de la saison 4 de la tournée « Âge tendre et Têtes de bois ».
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Gérard Rinaldi décède à Briis-sous-Forges le vendredi 2 mars 2012, à l’âge de 69 ans, des suites d’un lymphome.
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BARBARA


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L’auteure, compositrice et interprète française BARBARA naît le 9 juin 1930 à Paris sous le nom de Monique Serf. Elle passe une partie de son enfance dans le quartier parisien des Batignolles puis à Marseille et à Tarbes avant la guerre durant laquelle elle se cache pour échapper, en tant que juive, aux nazis. Après le conflit mondial, elle revient avec ses parents à Paris. Voulant devenir chanteuse, elle s’inscrit à des cours de chant puis au Conservatoire de Paris. Mais le chant classique lui est rébarbatif par rapport à la chanson populaire. Elle stoppe les cours et passe une audition au théâtre Mogador: elle se retrouve choriste dans l’opérette « Violettes impériales ». Suite à l’abandon de la famille par son père, Monique quitte Paris pour essayer de vivre de sa passion pour la chanson. Avec un peu d’argent de poche prêté par une amie, elle aboutit à Bruxelles où la vie n’est pas simple. Elle rencontre alors des artistes de Charleroi (B) qui lui proposent de chanter chez eux à « la Mansarde ». Elle se constitue alors un répertoire avec, notamment, des titres d’Edith Piaf et des chansons réalistes des années 1930. Elle se produit à ce moment sous le nom de Barbara Brodi, un nom inspiré par celui de sa grand-mère. Lassée de ces prestations que le public n’apprécie pas, elle retourne à Paris en 1951 et y passe des auditions. Sans succès. Finalement, à l’invitation d’un de ses amis de Charleroi, elle retourne à Bruxelles et, en 1952, elle chante sous le nom de Barbara au théâtre du Cheval Blanc. Cette fois, le public est charmé et le fait savoir. Au point que la chanteuse enregistre deux disques en 1955: « Mon pote le gitan » et « L’oeillet blanc ».

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Se disant que sa popularité belge peut s’exporter, Barbara retourne à Paris et écume les boîtes à chanson: « La rose rouge » en 1956, « Chez Moineau » en 1957 et « L’Ecluse » plus durablement à partir de 1958. Son succès s’élargit et les étudiants du Quartier Latin la surnomment bientôt « La chanteuse de minuit ». Forte de cette notoriété naissante, Barbara effectue son premier passage à la télévision, dans l’émission « Cabaret du soir » en juillet 1958. C’est à ce moment qu’elle commence à écrire ses propres chansons. Elle se fait remarquer par un producteur et elle enregistre deux chansons personnelles sur un 45 tours avant de sortir un premier 33 tours en 1959: « Barbara à l’Ecluse ».
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Mais c’est en tant qu’interprète qu’elle sort ensuite deux albums dans une autre maison de disques: « Barbara chante Brassens », pour lequel elle obtient le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros, et « Barbara chante Jacques Brel ». En février 1961, elle assure la première partie de Félix Marten à Bobino puis elle reprend ses prestations, qui s’y prêtent mieux, à l’Ecluse. En 1963, sur la scène du théâtre parisien des Capucines, elle triomphe en interprétant, notamment, « Dis quand reviendras-tu » et « Nantes ».
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Elle impressionne les responsables de la maison de disques Philips ainsi que Georges Brassens dont elle fera la première partie à Bobino en 1964. Elle quitte alors Paris pour s’installer à Précy-sur-Marne où elle résidera jusqu’à son décès. Son premier album chez Philips sort en 1965. C’est un gros succès de vente pour ce 33 tours qui obtient le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros. Le 15 septembre de la même année, elle entame une série de concerts dont elle est la vedette à Bobino. C’est à ce moment qu’elle crée son hymne au public: « Ma plus belle histoire d’amour ».
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Les succès vont s’enchaîner pour Barbara. Les récitals aussi. En février 1969 pourtant, sur la scène de l’Olympia, elle annonce qu’elle arrête le tour de chant. Elle poursuit cependant l’enregistrement de ses disques et, en 1970, elle connaît à nouveau le succès avec « L’aigle noir ».
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Parallèlement à la chanson, Barbara se tourne alors vers le cinéma. Elle joue en 1972 dans le film réalisé par son ami Jacques Brel: « Franz ». Et, en 1974, c’est Jean-Claude Brialy qui réalise « L’oiseau rare » où elle tient le rôle principal. Entretemps, Barbara est revenue à la scène pour le plus grand plaisir de ses admirateurs. En 1973, elle est, par exemple, à l’affiche du Festival d’Obourg, en Belgique, avec Daniel Guichard et Yves Simon. En 1981, alors qu’elle vient de sortir un album intitulé « Seule », elle se produit sous un chapiteau planté à l’hippodrome parisien de Pantin.
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C’est un véritable triomphe et la série de concerts se termine toujours aux petites heures de la nuit. Excès ou cause naturelle: la voix de Barbara se casse au cours de ces représentations. Son interprétation ne sera plus jamais pareille mais elle dégage une nouvelle émotion dont l’artiste profite habilement. En 1985, elle écrit avec le Québécois Luc Plamondon la pièce musicale « Lily Passion » où elle joue et chante aux côtés de Gérard Depardieu avec qui elle s’est liée d’amitié. La première représentation a lieu au Zénith de Paris en janvier 1986 à l’endroit même où se trouvait, cinq ans plus tôt, l’hippodrome de Pantin. Le spectacle part en tournée et passe notamment par Forest-National en Belgique.
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Peu après, la chanteuse se mobilise pour lutter, à sa façon, contre le sida. Elle visite les hôpitaux et les prisons à la rencontre de malades. Elle enregistre une chanson sublime sur le thème: « Sid’amour à mort ».
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A la fin de l’année 1993, des problèmes de santé l’obligent à interrompre une série de concerts entamés au théâtre du Châtelet. Elle trouve encore la force d’enregistrer ce qui sera son dernier album en public puis elle s’oblige à se reposer. En 1994, elle reprend quand même une ultime fois le chemin de la scène pour une tournée française qui se termine à Tours. En 1996, seize ans après son dernier opus réalisé en studio, elle se décide à enregistrer des nouvelles chansons, sur un album intitulé « Il me revient ». Le travail est réalisé avec la complicité, entre autres, de Jean-Louis Aubert (qui lui écrit « Le jour se lève encore », une sorte de gospel-rock) et Guillaume Depardieu.
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Le 24 novembre 1997, Barbara s’éteint à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine où elle a été admise suite à un choc toxique infectieux à l’âge de 67 ans. Elle est inhumée dans la quatrième division du Cimetière parisien de Bagneux.
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L’artiste laisse derrière elle quantité de succès qui lui permettent de garder une place toute particulière dans le domaine de la chanson francophone: « Göttingen », « Une petite cantate », « La Dame brune » (avec Georges Moustaki), « Drouot », « Marienbad », etc.
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Depuis son décès, nombre d’artistes ont rendu hommage à Barbara en enregistrant ses chansons sur des albums ciblés mais aussi en y consacrant des récitals exclusifs : Marie-Paule Belle, Patrick Bruel ou Gérard Depardieu par exemple.
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En 2017, Mathieu Amalric réalise un film simplement intitulé « Barbara » où le rôle de la chanteuse est tenu par Jeanne BALIBAR. Le 2 mars 2018, l’actrice est récompensée par un César de la meilleure actrice pour ce long métrage qui, heureusement, ne se présente pas comme un biopic. Car, en fin de compte, on n’y apprend que très peu de choses, voire rien du tout, sur la personnalité et la vie de la longue dame brune.
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MORRICONE Ennio

Ennio Morricone en 2012

Le compositeur et chef d’orchestre italien Ennio MORRICONE naît le 10 novembre 1928 à Rome. On ne compte plus les musiques de films célèbres qu’il a composées. Dès les années 1960, il travaille pour des réalisateurs italiens et se spécialise, un moment, dans les bandes originales des westerns « spaghettis » signés Sergio Leone: « Le bon, la brute et le truand », « Il était une fois dans l’Ouest » et « Il était une fois la révolution ». Au début des années 1970, d’autres réalisateurs s’intéressent à sa musique: c’est le cas d’Henri Verneuil pour « Le casse » ou encore « Le clan des Siciliens » entre autres. En 1971, Joan Baez interprète la chanson originale du film « Sacco and Vanzetti », « Here’s to you », qui est un grand succès. La chanson est adaptée en français et interprétée, notamment, par les Compagnons de la Chanson et Georges Moustaki sous le titre: « La marche de Sacco et Vanzetti ».

D’autres thèmes d’Ennio Morricone deviendront aussi des chansons francophones comme « Liberté », chanson enregistrée en 1981 par Isabelle Aubret.

Le compositeur fait lui-même quelques incursions dans le domaine de la chanson avec, notamment, Mireille Mathieu et son album « Mireille Mathieu chante Ennio Morricone » en 1974. Toujours très actif, Ennio Morricone continue à composer et à diriger des orchestres pour des spectacles importants comme ceux de la tournée européenne qu’il a entamée avec succès en 2014. Mais, le 6 juillet 2020, il décède à l’hôpital universitaire de Rome des suites d’une chute ayant causé une fracture du fémur.

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BRASSENS Georges

Georges Brassens – Photo (c) Ledru Sygma

L’auteur, compositeur et interprète français Georges BRASSENS naît le 22 octobre 1921 à Sète. Il est élevé dans un quartier populaire de sa ville natale entouré de sa famille dont la mère est originaire du sud de l’Italie. Son père est maçon et aime la chanson comme tout le monde à la maison. On écoute les mélodies de Mireille, Tino Rossi et Ray Ventura. A quatre ans déjà, le petit Brassens est scolarisé, ce qui n’est pas du tout courant à l’époque. Puis il entre à l’école communale deux ans plus tard et poursuit sa scolarité au collège où il n’est pas vraiment un élève modèle. Pour le sanctionner de ses mauvais résultats, sa mère refuse de l’inscrire au cours de solfège. A quinze ans, il est initié à la poésie par son professeur de français et il lui confie les quelques bouts de texte qu’il lui est déjà arrivé d’écrire. L’adolescent découvre de nouveaux horizons musicaux avec le jazz américain et les chansons de Charles Trenet. Mais il n’échappe pas à la crise de son âge et se retrouve vite au poste de police pour avoir commis quelques vols au sein de sa famille. Suite à ces événements, il ne reprend pas ses études et, au moment où la guerre éclate, il quitte ses parents pour tenter sa chance à Paris. Dans la capitale française, il est logé chez sa tante Antoinette où se trouve un piano dont il apprend à jouer grâce à une méthode. Il décroche un boulot de manoeuvre chez Renault mais, suite à un bombardement allemand, l’usine est fermée et Brassens retourne à Sète. Mais sa place n’est pas là et il repart, quelques mois plus tard, à Paris où il hante la bibliothèque municipale. Il y récolte des influences qui vont l’aider à écrire ses premiers recueils de poésie qui sont publiés timidement avec l’argent de ses proches. En 1943, Georges Brassens est convoqué à la mairie pour être envoyé au STO, le service du travail obligatoire, mis en place par l’occupant allemand afin que les citoyens français travaillent pour eux. Il se retrouve ainsi à Basdorf en Allemagne dans l’usine des moteurs d’avions BMW. Il y écrit des chansons et lit des bouquins. En mars 1944, bénéficiant d’une permission de quinze jours, il retourne en France et ne revient plus en Allemagne. Il lui faut alors se cacher chez Jeanne Planche, une tante, qui va l’héberger avec son mari Marcel chez elle. Cinq mois plus tard, à la libération de Paris, il décide de rester chez Jeanne et repart à la conquête de la bibliothèque municipale. Son hôte va lui permettre d’acheter une première guitare qui va lui être rapidement volée. Puis, en 1946, au décès de sa tante Antoinette, il récupère son piano. Il fréquente alors des anarchistes avec qui il va créer un groupe libertaire. Il publie alors, à compte d’auteur, un roman: « La lune écoute aux portes ». En 1947, il rencontre une jeune femme d’origine estonienne qu’il va baptiser « Pupchen ». Elle sera la seule conquête féminine de Brassens avec qui il ne se mariera jamais et qu’il fréquentera, sans habiter avec elle, jusqu’à la fin de sa vie. C’est le chansonnier Jacques Grello qui va encourager Brassens à passer des auditions avec la guitare qu’il lui a achetée. Désormais, à partir de 1951, l’artiste compose et s’accompagne de cet instrument. Sur scène, il est timidement fixé à sa guitare et il ne rêve que d’une chose: donner ses chansons à d’autres interprètes. Découragé, il est amené, par deux copains, à se produire chez la chanteuse Patachou qui tient un cabaret à Montmartre. Patachou est rapidement conquise par le talent hors du commun de cet interprète qui chante ses textes et ses musiques. Et elle le presse de présenter ses chansons au public de l’endroit qui les découvre avec étonnement, stupeur et plaisir. La nouvelle de la découverte de ce nouveau chanteur fait vite le tour du Paris musical. Le directeur artistique Jacques Canetti en est informé et il fait signer à Brassens un contrat phonographique avec la firme Philips. Le 19 mars 1952, il enregistre sur disque « Le Gorille » et « Le mauvais sujet repenti ».

Et les titres suivants sont « Le parapluie » et « La mauvaise réputation » que Georges Brassens chante à la télévision naissante en avril.

Pendant l’été, il chante en première partie des Frères Jacques et de Patachou au cours d’une grande tournée qui passe en France, en Suisse et en Belgique. En septembre, le directeur du théâtre parisien des Trois Baudets, qui est aussi Jacques Canetti, l’engage pour un nombre de soirées indéterminé. Le succès est tel que d’autres lieux de spectacles, plus grands, le sollicitent. Il en est ainsi de Bobino qui l’accueille en février 1953 puis en octobre de la même année où, cette fois, il est en haut de l’affiche. Auparavant, à la fin de l’année 1952, Patachou a enregistré un nouvel album intitulé « Patachou chante Brassens » pour lequel l’artiste lui confectionne une chanson sur mesure: « Le bricoleur ».

Il enregistre aussi avec elle un duo intitulé « Maman papa ».

Le public parisien réclame de plus en plus le poète sur scène et ce dernier s’exécute en 1954: il se produit cette fois à l’Olympia à deux reprises avant une fois encore Bobino. Quelques mois plus tard, Georges fait la connaissance du poète Paul Fort dont il a mis un texte en musique à ses débuts: « Le petit cheval ».

Il va par la suite composer d’autres mélodies sur les paroles du poète: « Comme hier » et « La marine ». Ensuite, toujours en 1955, il chante à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. En 1956, Brassens est sollicité par le réalisateur René Clair pour tourner dans le film « Porte des Lilas » aux côtés de Pierre Brasseur et Dany Carrel: il accepte.

Deux ans plus tard, l’artiste achète le moulin de la Bonde qui se trouve à Crespières dans les Yvelines pour y accueillir un maximum d’amis de tous bords: Henri Colpi, Marcel Amont, Jacques Brel, Lino Ventura, Raymond Devos, Bourvil, Georges Moustaki, Guy Béart et bien d’autres. En avril 1962, c’est à Bobino que Brassens fête ses dix ans de carrière en pleine période des « yé-yés ». Les nouveaux chanteurs de cette génération n’effraient pas l’artiste qui, avec une constance inébranlable, continue à chanter ses poésies accompagné par sa guitare et la contrebasse de Pierre Nicolas. A la fin de l’année, il est à l’affiche de l’Olympia avec Nana Mouskouri en première partie. C’est la dernière fois qu’il se produit dans le temple du music-hall parisien: il ne supporte pas que le directeur, Bruno Coquatrix, l’oblige à honorer son contrat jusqu’au bout malgré de très douloureuses coliques néphrétiques. Le 31 décembre 1962, il apprend la mort de sa mère. Du 21 octobre 1963 au 10 janvier 1964, après avoir été opéré des reins, Georges Brassens est à nouveau sur la scène de Bobino où viennent le rejoindre, en alternance, Serge Lama, Barbara, Boby Lapointe, Michèle Arnaud et Brigitte Fontaine. La même année, il reçoit le Grand-Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros. En 1965 sort un film d’Yves Robert qui a pour titre « Les Copains ». Le générique est une chanson spécialement composée par Brassens: « Les copains d’abord ».

Le 28 mars de cette année-là, Louis Brassens, le papa de Georges décède. En octobre, sur la scène de l’ABC à Paris où est enregistrée l’émission de radio Musicorama sur Europe 1, Georges réalise un de ces rêves: chanter avec Charles Trenet.

En mai 1967, l’artiste doit subir une deuxième opération aux reins. Un an plus tard, il reste en retrait des événements de mai 1968 qu’il suit de manière lointaine. Le 6 janvier 1969, Brassens est invité à prendre part à une interview qui reste célèbre de par ses intervenants puisqu’il y a aussi, autour de la table dressée par le journaliste François-René Cristiani, Jacques Brel et Léo Ferré.

Après un nouveau passage à Bobino en octobre, il répond favorablement à la demande de son ami le réalisateur Henri Colpi pour qui il compose, écrit et interprète la chanson du film « Heureux qui comme Ulysse » dans lequel joue Fernandel.

Au début des années 1970, le moulin de Crespières est vendu et Brassens s’installe en Bretagne à Lézardrieux. D’octobre 1972 à janvier 1973, il accueille à nouveau des amis sur la scène de Bobino comme le Belge Paul Louka ou des jeunes talents prometteurs qui ont pour nom Maxime Le Forestier et Philippe Chatel. A l’invitation d’un professeur de français de Cardiff, aux Pays de Galles, Georges Brassens donne ses deux premiers concerts en Grande-Bretagne en octobre 1973.

Le 20 mars 1977, sans le savoir, Brassens chante pour la dernière fois sur la scène de Bobino à Paris. L’homme est en effet de plus en plus affaibli par des douleurs abdominales. Des analyses plus poussées lui révèlent un cancer de l’intestin qui se généralise bientôt. En novembre 1980, il subit une intervention chirurgicale à Montpellier. Et une autre opération doit être pratiquée quelques mois plus tard à Paris cette fois. Ses problèmes de santé ne l’empêchent pas de continuer à écrire et composer des chansons. Les enregistrements se font toutefois plus rares: il y a une participation au conte musical de Philippe Chatel « Emilie Jolie » en 1979 et un album où il enregistre les chansons de son enfance en 1980.

Quelques jours après son soixantième anniversaire, son état général se dégrade et il décède le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc. Il est enterré « au pied de son arbre » dans le cimetière « des pauvres » à Sète.

A sa mort, quinze nouvelles chansons sont prêtes à être enregistrées. C’est son ami Jean Bertola qui les fait connaître au grand public pour perpétuer le souvenir de Georges Brassens: l’album qui contient notamment les chansons « Pour me rendre à mon bureau » et « La maîtresse d’école » est un grand succès de ventes en 1982.

Entre 1952 et 1976, Georges Brassens a enregistré quatorze albums avec des chansons populaires françaises dont les plus connues ont pour titres « Le Gorille », « Les Copains d’abord », « Chanson pour l’Auvergnat », « Les Amoureux des bancs publics », « La Mauvaise Réputation », « Je me suis fait tout petit », « Les Trompettes de la renommée », « Supplique pour être enterré à la plage de Sète », « La Non-Demande en mariage », « Le Parapluie », « La Chasse aux papillons », « J’ai rendez-vous avec vous », « Brave Margot », « Il n’y a pas d’amour heureux », « Fernande », « Mourir pour des idées » ou « Le roi des cons ».

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HIGELIN Jacques

Jacques Higelin – Album 2013

L’auteur-compositeur-interprète et comédien français Jacques HIGELIN naît le 18 octobre 1940 à Brou-sur-Chantereine. Sa mère est Belge et son père, Alsacien, est cheminot et passionné de musique. C’est comme ça qu’il initie ses deux fils, Paul et Jacques, à certaines formes de musique. A l’école de Chelles où il suit ses premiers cours, Jacques se débrouille toujours pour chanter. Et, dès l’âge de quatorze ans, il se produit devant le célèbre découvreur de talents Jacques Canetti au cours d’une audition au théâtre parisien des Trois Baudets. Il y interprète notamment des morceaux de son idole Charles Trenet. Par la suite, il se fait embaucher dans la troupe de la comédie musicale « La Nouvelle Orléans » où il joue aux côtés du musicien Sidney Bechet. Il désire alors devenir comédien et, à seize ans, il s’inscrit au fameux cours Simon. En 1959, il obtient un rôle dans le film « Le bonheur est pour demain » d’Henri Fabiani. Sur le tournage, il rencontre Henri Crolla qui est l’accompagnateur et ami d’Yves Montand et qui est alors une sommité dans le monde de la chanson française. Ce dernier pense qu’Higelin devrait se consacrer un peu plus à la chanson, discipline artistique pour laquelle il semble posséder de bonnes aptitudes. Jacques va habiter plusieurs mois chez Crolla qui va être d’une influence déterminante dans sa carrière débutante. Il part ensuite effectuer son service militaire en Allemagne puis en Algérie. A son retour, il tourne à nouveau dans quelques films et rencontre l’auteur Pierre Barouh qui vient de créer le label discographique Saravah et qui l’encourage à revenir à la chanson. Dans ce cadre, Jacques effectue de nombreuses rencontres dont celles de Georges Moustaki, Brigitte Fontaine et Elisabeth Wiener avec qui il enregistre alors une série de duos. En 1965, en compagnie de Brigitte Fontaine, il enregistre un premier album contenant les « Chansons d’avant le déluge ».
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Puis c’est avec Areski qu’il enregistre un autre 33 tours en 1969.
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Cinq ans plus tard, il s’oriente clairement vers le rock et sort les albums « BBH 75 » et « Irradié ».
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En 1976, le disque « Alertez les bébés ! » reçoit le prix de l’Académie Charles-Cros et son interprète devient un rocker français populaire.
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Sur scène, il se distingue des autres chanteurs par ses prestations qui se caractérisent par une grande interactivité avec le public. En 1977, il participe au Printemps de Bourges où se produit aussi Charles Trenet.
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A partir de 1978, grâce à des titres comme « Champagne » et « Pars », Jacques Higelin se retrouve dans les hit-parade et les meilleures ventes de disques francophones.
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En 1984, l’artiste est à l’affiche des premières Francofolies de La Rochelle. Il est catalogué parmi les chanteurs de gauche qui soutiennent diverses causes humanitaires en signant des pétitions et en organisant des concerts. En 1988, dans le cadre des Francofolies de La Rochelle, il participe à la fête à Léo Ferré. La même année il récolte un grand succès avec sa chanson « Tombé du ciel », référence évidente à l’univers de Charles Trenet.
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Dans les années 1990, il est toujours présent sur scène mais il éprouve des difficultés à commercialiser ses disques. En 2003, il participe à l’album d’hommage rendu à Léo Ferré qui est enregistré dix ans après la mort de l’homme à la crinière blanche. Il y chante « Jolie Môme ».
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En 2004 et 2005, il se produit sur les scènes de la francophonie avec le spectacle « Higelin enchante Trenet ».
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En 2006, il revient à son répertoire personnel et l’album « Amor Doloroso » est en vente dès novembre.

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Il mutiplie alors les participations sur des disques engagés et des hommages. Puis, au début 2010, il sort un album très médiatisé: « Coup de foudre ».
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A l’approche de ses 70 ans, il revient sur la grande scène des Francofolies de La Rochelle puis, le jour de son anniversaire, le 18 octobre, il se produit au Zénith de Paris entouré de son fils Arthur H et de sa fille Izia. Le 1er avril 2013, il commercialise un nouvel opus entièrement confectionné par lui-même où il a convié la comédienne Sandrine Bonnaire et la violoncelliste virtuose Sonia Wieder-Atherton.
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L’ouvrage reçoit un accueil enthousiaste de la presse spécialisée et, aussi, un disque d’or. Avec les chansons de cet album « Beau repaire » et des succès plus anciens, Higelin fait un triomphe au Casino de Paris pendant deux soirs de juin. En 2016, alors âgé de 75 ans, Jacques Higelin commercialise l’album intitulé logiquement « Higelin 75 ».
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Après que l’artiste ait connu quelques soucis de santé présentés comme « mineurs », sa famille annonce son décès à l’âge de 77 ans le 6 avril 2018. Ses obsèques ont lieu le 12 avril 2018 avec un hommage au Cirque d’Hiver en présence de ses proches et de personnalités. Il est ensuite inhumé au cimetière du Père-Lachaise (20e division).
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MERCOURI Mélina

Mélina MERCOURI – Photo de la pochette du CD « Master Série » (c) Universal

L’actrice, chanteuse et femme politique grecque Mélina MERCOURI naît à Athènes le 18 octobre 1920 sous le nom de Maria Amelia Mercouri. Elle est d’abord actrice et se fait remarquer dans les films de son mari Jules Dassin, le père du chanteur Joe Dassin. En 1960, elle est consacrée meilleure actrice au Festival de Cannes pour sa prestation dans « Jamais le dimanche ». En 1967, elle s’engage politiquement pour lutter contre le régime des colonels en place en Grèce. Elle est dès lors contrainte à l’exil en France. C’est dans ce pays qu’elle va alors tenter, avec succès, une brève carrière de chanteuse avec des titres enregistrés au début des années 1970 :  les incontournables « Zorba » et « Enfants du Pirée ». Mais aussi des chansons de Maurice Fanon (« Les bateaux de Samos », « L’oeillet rouge »), Mikis Theodorakis (« Pour toi ma fille », « L’étrangère », « Attendre attendre »), Serge Lama (« La fumée des cigarettes »), Léo Ferré (« Paname »), Georges Moustaki (« En Méditerranée », « Le métèque ») et de la famille Dassin (« Je suis Grecque », « Le Portugais ») avec des textes souvent signés par Claude Lemesle.

En 1974, elle peut enfin revenir dans son pays natal redevenu démocratique et elle y entame même une carrière politique qui la mène au poste de ministre de la Culture de 1981 à 1989 et de 1993 à sa mort. C’est dans le cadre de cette fonction qu’elle crée, au Conseil européen en 1985, le concept des capitales européennes de la culture. Depuis, deux villes européennes sont désignées chaque année pour accueillir des manifestations artistiques et faire connaître leur patrimoine historique et culturel. En 2015, la ville belge de Mons est l’une de ces capitales européennes de la culture et donne le nom de Mélina Mercouri à l’une des rues du nouveau quartier des congrès. Par ailleurs, une fondation porte le nom de Mélina Mercouri et s’occupe de la préservation des monuments grecs antiques. Mélina Mercouri décède d’un cancer du poumon à l’âge de 73 ans le 6 mars 1994 à New York (USA).
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CORBIER François

François Corbier en 1988 – Photo (c) J.Benaroche

Le chanteur, auteur-compositeur, poète, musicien, guitariste, animateur de télévision et comédien français François CORBIER naît le 17 octobre 1944 à Paris sous l’identité véritable d’Alain Roux. Son père décède alors qu’Alain est âgé de deux ans. Après une scolarité basique qui se déroule sans trop de souci, il décide d’apprendre à jouer sur la guitare de son frère parti au service militaire. Il écrit d’emblée une vingtaine de chansons qu’il se décide à interpréter en duo avec son frère dès que ce dernier revient. On est en 1962, le duo s’appelle « Gouate & Mallat » et il développe le concept des « chansons flash ». Deux ans plus tard, Alain rencontre Georges Brassens à Paris au terme d’un spectacle présenté à Bobino. Brassens l’encourage à persévérer dans le domaine de la chanson. En 1967, il se retrouve au Club Med où, en tant qu’animateur, il chante tous les soirs. Un an plus tard, séduit lui aussi par l’artiste, Alain Barrière produit son premier disque qu’il enregistre sous le pseudonyme de François Corbier. En mai 1968, il chante dans les usines françaises en grève aux côtés de Maxime Le Forestier et Georges Moustaki. Après avoir effectué des premières parties de concerts pour Michel Sardou et Serge Lama, il rencontre, en 1970, l’homme de radio français et futur créateur des Francofolies Jean-Louis Foulquier. Il lui conseille l’humour satirique plutôt que la chanson et Corbier devient chansonnier. Il écume alors les cabarets parisiens du genre pendant une quinzaine d’années. En 1981, il propose quelques-unes de ses « chansons-flash » aux téléspectateurs belges de l’émission humoristique de la RTBF « Zygomaticorama » et aux téléspectateurs suisses du programme « Charivari ».

En 1982, la directrice de l’Unité Jeunesse de la télé française Antenne 2, Jacqueline Joubert, le remarque dans un cabaret. Elle l’engage pour co-animer, avec Dorothée, les émissions « Récré A2 » destinées au jeune public. Au fil du temps, Corbier va devenir un personnage incontournable de l’émission où il improvise souvent des chansons à partir des mots communiqués par les enfants. Contre toute attente, en 1986, sa chanson « Le nez de Dorothée » va devenir un énorme tube et rester une chanson culte des années 1980 en France.

Entre 1987 et 1991, il est l’un des rôles-clé dans la sitcom « Pas de pitié pour les croissants » diffusée sur TF1 dans le « Club Dorothée ». Il y poursuit aussi sa carrière de chanteur pour enfants et sort plusieurs 45 tours jusqu’en 1995. A la fin de l’émission en 1997, il revient à la scène et à la chanson française plus traditionnelle de ses débuts et, quatre ans plus tard, dans cette veine, il sort l’opus « Carnet Mondain ». Il se remet alors à chanter dans des petits endroits où la chanson francophone est appréciée et cela marche. Il enchaîne aussi l’enregistrement de plusieurs albums qui ont pour titre « Toi, ma guitare et moi » (live en 2003), « Tout pour être heureux » où il chante notamment en duo avec Nicole Rieu (2005), « Presque parfait » (2009) et « François Corbier en concert » (2012).

Entretemps, en 2010, il rejoint à deux reprises sa copine Dorothée lors de ses retours gagnants sur scène à l’Olympia et à Bercy: il y chante avec elle « Le nez de Dorothée ». Deux ans plus tard, François Corbier publie son autobiographie intitulée : « Vous étiez dans Dorothée ? Non à côté ». En novembre 2012, il sort un CD-live enregistré à Lyon et le 5 février 2015, il sort un nouvel album intitulé « Vieux lion » avec treize chansons inédites.

Peu de temps après, l’artiste apprend qu’il est atteint d’un cancer et, dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 2018, François Corbier décède à l’hôpital d’Évreux. Il est inhumé au cimetière de Serez, dans l’Eure, où il vivait depuis trente ans. En janvier 2019, son fils  et son épouse réunissent huit de ces dernières chansons sur un album posthume qui a pour titre « Jours de blues ».

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