REGINE

REGINE en 1984 – Photo (c) A. Robert

La chanteuse française REGINE naît le 26 décembre 1929 à Anderlecht en Belgique sous le vrai nom de Régina Zylberberg. D’origine juive polonaise, la famille Zylberberg est en provenance d’Argentine lorsqu’elle réside dans la banlieue de Bruxelles au moment où naît Régina. Le père y tient une boulangerie florissante qu’il va devoir abandonner après l’avoir perdue au poker. Il décide alors d’emmener tout le monde à Paris en 1932. Sauf la mère qui décide de repartir seule en Amérique du Sud. Du coup, Régina et son frère sont placés en pension et vivent cachés durant toute la seconde guerre mondiale. A la Libération, le père de Régina ouvre un café à Paris avant de lui demander de le gérer à sa place. Elle le fait un moment puis se marie et donne naissance à son fils unique Lionel. Elle découvre alors la musique américaine, le jazz, le be-bop et les boîtes de nuit lors d’un séjour à Juan-les-Pins. De retour à Paris, elle trouve un job de disc-jockey au « Whisky à Gogo » puis, en 1956, elle ouvre son propre établissement de nuit: « Chez Régine ». Elle y accueille du beau monde et le tout Paris des célébrités d’alors. Sur sa lancée, elle ouvre à Montparnasse le New Jimmy’s qui est, en 1961, à la clientèle mondaine ce que le Golf Drouot est aux jeunes: on y découvre le twist et toutes les danses qui font la tendance du jour. La même année, durant le festival de Cannes, elle met sur pied dans la cité balnéaire un club « Chez Régine » aussi éphémère que fréquenté par les stars. Ces activités l’amènent forcément à rencontrer des artistes et, parmi eux, la chanteuse Renée Lebas qui estime qu’elle devrait prendre des cours de chant. Régine trouve l’idée séduisante et décide de se lancer dans la chanson en demandant à des auteurs très connus de lui écrire des textes: Charles Aznavour, Henri Salvador et Serge Gainsbourg entre autres. Ses premiers disques ont pour titres « Nounours » (1965), « Les petits papiers » (1965), « La grande Zoa » (1966) ou « Rue des rosiers » (1966).
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En 1967, elle reçoit le Prix de l’Académie Charles-Cros. La chanteuse se produit alors sur les scènes du monde entier et poursuit aussi l’installation de nombreux bars nocturnes aux quatre coins de la planète. En 1969, elle connaît le succès avec « Patchouli Chinchilla » et « Azzuro », une mélodie signée Paolo Conte.
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A Paris, elle se produit à Bobino, à l’Olympia, aux Folies Bergère et au théâtre de la Porte Saint-Martin où elle joue un rôle, en 1970, dans la comédie musicale de Jacques Lanzmann « La neige en été ». La même année, elle est présente sur toutes les radios françaises avec « Le temps du borsalino ».
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Au début des années 1970, elle enchaîne encore les tubes comme « J’ai toujours porté bonheur aux hommes » (1973), « La bonne adresse pour chien perdu » (1974) et « A l’improviso » (1975). Surfant sur la vague des différentes modes, Régine poursuit alors sa carrière de chanteuse en intégrant à son répertoire des mélodies disco comme « Tic tac toe » (de Serge Gainsbourg en 1978), « Je survivrai » (adaptation de « I will survive » de Gloria Gaynor en 1979) ou « Tu m’oublieras » (chanson de 1980 qui lancera bien plus tard la carrière éphémère de Larusso).
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Durant la décennie suivante, Régine va se lancer dans des chansons aussi étonnantes que « Super super Dupont » ou plus autobiographiques comme « Reine de la nuit » (1983).
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En 1984, elle fonde l’association « SOS Drogue International ». Trois ans plus tard, elle participe, en interprétant un medley de certaines chansons, au célèbre « Grand Echiquier » réalisé par André Flédérick et présenté par Jacques Chancel sur la chaîne de télévision publique française Antenne 2.
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En 1988, la chanteuse achète le restaurant « Ledoyen » à Paris puis elle crée des lignes de vêtements et lance des parfums: « Régine », « Jimmy’z pour homme » ou « Zoa » par exemple. Au tout début des années 1990, elle prend la direction du « Cheval Blanc Régine’s Hôtel » à Nîmes où le tout-Paris des célébrités défile lors de la Feria. L’aventure s’achève par un flop retentissant et la vente aux enchères de tout le matériel en 1993. Un an auparavant, Régine a repris le club mythique parisien « Le Palace ». En 1996, elle publie ses mémoires sous l’intitulé « Appelez-moi par mon prénom ». En 2004, elle se sépare de tous ses clubs. Deux ans plus tard, un nouveau livre est édité: « Moi, mes histoires ». En mars 2009, l’artiste satisfait avant tout le monde à la mode des duos et enregistre l’album « Regine’s duets » où elle partage ses grands succès avec Jane Birkin, Paolo Conte (pour « Azzuro », juste retour des choses), Maurane, Bernard Lavilliers, Didier Wampas, Juliette, Arthur H., Cali ou La Grande Sophie entre autres.
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Le 4 février 2012, elle organise à Paris la vente de centaines d’objets, bijoux, chaussures, sacs, robes et manteaux de sa collection personnelle. Les 41.000 Euros récoltés le sont au bénéfice d’une autre association fondée par Régine: « SOS Habitat et Soins ». En 2016, Régine revient sur les planches des Folies-Bergère à Paris pour marquer le début d’une tournée de concerts intitulée « La Grande Zoa ».
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A la fin de l’année 2019, la société Marianne Mélodie commercialise l’intégrale de tous les enregistrements de la chanteuse. Intitulé « Régine : de la p’tite poule à la Grande Zoa », le coffret comprend 10 disques compacts qui contiennent les enregistrements originaux de toutes ses chansons, des inédits, des concerts et des versions étrangères de ses grands succès. Le 1er mai 2022, la chanteuse s’endort définitivement et paisiblement dans sa résidence parisienne à l’âge de 92 ans.
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ARNO

Arno en 2016

Le chanteur et acteur belge ARNO naît le 21 mai 1949 à Ostende sous le vrai nom d’Arnold Charles Ernest Hintjens. Il s’intéresse très tôt à la musique qu’il écoute dans trois langues: le néerlandais, le français et l’anglais. Et c’est en anglais qu’il entame sa carrière au sein du groupe Tjens Couter (Tjens étant le diminutif de son nom Hintjens) à l’âge de 21 ans. La formation s’appelle ensuite TC Band (TC venant des initiales de Tjens Couter) entre 1977 et 1980 puis TC Matic entre 1980 et 1986. Avec ce dernier groupe, il connaît de bons succès en anglais et en français comme « Putain putain » (1983) ou « Elle adore le noir » (1985).
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A la dissolution de TC Matic, le chanteur se décide à entamer une carrière solo sous le pseudonyme d’Arno. Il alterne alors à nouveau les chansons en anglais et en français. En 1992, il livre une interprétation éblouissante du « Bon Dieu » de Jacques Brel et, un an plus tard, il reprend et adapte à sa façon « Les filles du bord de mer » de Salvatore Adamo.
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D’autres titres, originaux, vont asseoir la carrière d’Arno: « Les yeux de ma mère », « Lola, etc. », « Chic et pas cher », etc.
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En 1999, il enregistre un duo avec BJ Scott qui mélange savamment « La fille du père Noël » de Jacques Dutronc avec « The jean genie » de David Bowie : « Jean Baltazaarrr ». Deux ans plus tard, c’est avec Stephan Eicher qu’il partage le succès des années 1960: « Ils ont changé ma chanson ».
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Parmi les autres reprises mémorables de son répertoire, on peut encore citer « Comme à Ostende » (Léo Ferré et Jean-Roger Caussimon), « Elisa » (Serge Gainsbourg), « Sarah » (Georges Moustaki) et même « Vous les femmes (Pauvres diables) » (Julio Iglesias).
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En concert, Arno se révèle être une véritable bête de scène et on peut même dire que le personnage y prend une autre dimension. Une dimension et une démarche qui ont poussé quelques réalisateurs à lui demander de tourner dans leurs films: Jan Bucquoy pour « Camping Cosmos » en 1996, Michel Piccoli pour « Alors voilà » en 1997, Martine Doyen pour « Komma » en 2006 et Samuel Benchetrit pour « J’ai toujours rêvé d’être un gangster » en 2008. En novembre 2019, Arno apprend qu’il souffre d’un cancer du pancréas pour lequel une opération sera nécessaire en février 2020. Il annonce alors l’arrêt de la tournée qu’il vient d’entamer et, pendant la crise sanitaire et le confinement dû au coronavirus covid-19 en avril 2020, il fait savoir qu’il sera de retour sur scène, si c’est possible vu les circonstances, en octobre 2020. Mais comme cela ne sera pas possible, il travaille sur un nouvel album acoustique où il est uniquement accompagné par le pianiste Sofiane Pamart.
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L’opus porte un titre symbolique (« Vivre ») et contient, notamment, de nouveaux enregistrements de « Elle adore le noir », « Les yeux de ma mère » ou « Putain putain ». Arno tient ensuite parole en se produisant au début de l’année 2022 sur la scène de l’Ancienne Belgique à Bruxelles. Terriblement amaigri pour avoir perdu quelque 30 kilos, Arno semble néanmoins avoir retrouvé le goût de la scène et du public. Le 23 avril 2022, la maladie finit par vaincre l’artiste qui se plaisait à dire quelque temps avant son décès : « Hier est mort et demain n’existe pas. Je vis donc pour aujourd’hui. »
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DELACROIX Claude

Claude Delacroix en 2003

L’animateur, producteur et directeur de radio belge Claude DELACROIX naît le 17 avril 1939 à Bruxelles. Fils et petit-fils d’avocats et cinquième d’une famille de huit enfants, ses parents l’imaginent bien, lui aussi, juriste et l’orientent tout naturellement vers des études de droit qu’il effectue à l’Université de Leuven où il obtient sont diplôme de docteur. Mais il faut bien dire que, dès qu’il le peut, le jeune Claude se consacre à sa passion pour la musique. Ayant reçu une guitare de ses parents à quinze ans, il se fait engager dans un orchestre de la région de Charleroi qui s’appelle « Les Fifrelins ». L’expérience dure trois ans et permet à la formation d’animer un grand nombre de soirées dansantes à Leuven. Ensuite, le musicien en herbe devient le chanteur d’une formation appelée « The Rowdies » (« Les Chahuteurs » en français). Le groupe joue dans les bals et les thés dansants. Claude y gagne un peu d’argent pendant que ses parents croient qu’il suit les cours. Il fait alors la connaissance de Michel Lemaire, animateur-radio à la RTB, Radio Télévision Belge. Ce dernier lui signale que le chanteur Marc Aryan cherche un secrétaire : il prend le poste et l’occupe pendant quelques mois. Gardant le contact avec Michel Lemaire, il obtient un petit boulot au centre de production radio de la RTB à Mons pendant l’été 1965 : il y classe des disques, des fiches et des dossiers. Puis, il parvient à glisser quelques chroniques personnelles pour l’émission « Jeunesse 66 » avant de réaliser des reportages réguliers pour « Jeunesse 67 ».
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L’époque des chanteurs « yé-yés » et des émissions du style « Salut les Copains » commencent à s’essouffler et, le lundi 2 octobre 1967 à 16h15 précises, Claude Delacroix est au micro dans les studios de la RTB à Mons pour lancer une nouvelle émission qui va devenir mythique : « Formule J ». Pendant près de quinze ans, avec l’aide notamment de Michèle Cédric, le programme va marquer quelques générations de jeunes auditeurs qui vont découvrir les grands groupes de rock mais aussi les stars de la chanson francophone. Sans oublier le traditionnel rendez-vous hebdomadaire du hit-parade, les haut-placés de « Formule J » le vendredi et les « oldies » : les Vieux Machins du samedi souvent préparés par Christine Goor. Après avoir commenté le Concours Eurovision de la chanson pour la télévision belge RTB en 1970, année où la Belgique est représentée par Jean Vallée, il s’essaie à d’autres expériences télévisuelles. En 1973, il interviewe, entre autres, Michel Polnareff et Claude François pour l’émission « Charivari ».
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En 1981, Claude Delacroix revient à la radio et crée « Bruxelles 21 » qui devient, deux ans plus tard, « Radio 21 » captée sur l’ensemble de la communauté francophone de Belgique. Il revient aux commentaires télévisés de l’Eurovision pour la RTBF en 1987 alors que la finale a lieu à Bruxelles suite à la victoire de Sandra Kim en 1986. Puis, toujours pour la télévision et la RTBF, il est l’instigateur du projet Télé 21 où il anime l’émission musicale « Formule 2 » réalisée depuis les studios de Charleroi. A partir de 1990, il commente les finales des concours Eurovision chaque année. En 1991, il lance « Bruxelles Capitale », la radio bruxelloise du service public qui existera jusqu’en 2004 avant de fusionner avec « Fréquence-Wallonie » pour devenir « Vivacité ». En 1993, Claude Delacroix devient le directeur de « La Première », une des chaînes de radio de la RTBF. A cette occasion, il laisse sa place de commentateur du concours Eurovision à Jean-Pierre Hautier. Poursuivant sur sa lancée, il est nommé directeur général des radios de la RTBF le 18 mars 1997. Claude Delacroix prend sa retraite en 2004 mais il reste alors actif sur « La Première » où il réalise des chroniques en duo avec Jacques Bauduin pour l’émission « Flash Back » chaque après-midi entre 13h30 et 14h00 jusque fin 2009. Puis, c’est sur la chaîne « Classic 21 » qu’il revient en janvier 2010 pour y animer une émission thématique sur les sixties tous les vendredis soirs. Aujourd’hui, Claude Delacroix s’est éloigné des micros. Il partage sa vie entre son appartement proche de l’Université libre de Bruxelles, sa petite maison de Seneffe qu’il rejoint le week-end, et son mas de Callas, dans le Var, où il va chercher le soleil.
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DARLIER Jean

Jean Darlier en 1963

L’auteur, compositeur et éditeur de musique belge Jean DARLIER naît le 5 février 1920 à Theux sous le nom de Joseph Dethier. Passionné de musique dès son plus jeune âge, il se dirige vers des études en technologie à Liège en suivant des cours au conservatoire de Verviers. Pendant la seconde guerre mondiale, il se fait remarquer pour des faits de résistance face à l’ennemi. Et, dès la libération, quand il le peut, il compose des musiques, notamment de jazz, et se distingue, en 1950, en recevant le prix de la radio belge francophone. Petit à petit, il fréquente les milieux musicaux de Bruxelles.
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Ses rencontres lui permettent alors de signer des mélodies et d’écrire des textes pour des artistes belges comme Tohama (« La bise-bise polka » en 1959), Emile Sullon (« N’embrasse pas les garçons » en 1961), Burt Blanca (« Christine » et « Eh teenager eh » en 1962), Karine et Rebecca (« Moi je dors avec Nounours » en 1964 que le fantaisiste français Sim va aussi enregistrer en 1967), Nicole Josy (« Tu n’es jamais le même » et « Hey toi » en 1966), Serge Davignac (« Si c’était à recommencer » en 1968 et « Viens je t’emmène » en 1969), Lucy Paule (« Sans toi mon amour » en 1972), Les Djambots (« Reviens danser » en 1974) ou encore Carlo Deman (« La valse du printemps » en 1983).
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En 1966, il produit un disque 45-tours religieux de Luc Dominique (ex Soeur Sourire) destiné aux enfants et, dans les années 1970, un album où Soeur Sourire (qui a repris son nom) chante pour les petits. Parmi les autres artistes travaillant pour ou avec Jean Darlier, il y a aussi Lily Vincent, Eddy Pascal, Pol Somville, Vicky Vitt, Hector Delfosse, Bébé Suong, Eric Genty, Jean Narcy, Roland Thyssen, Lou Pascal, Jacky Noro, Marino Falco, etc. Au cours de sa vie professionnelle très remplie, Jean Darlier écrit aussi un livre dédié aux jeunes artistes : « Le parolier débutant (Apprenez à écrire une chanson) ». Au fil du temps également, les activités de Jean Darlier s’orientent vers l’édition musicale, la gestion d’une firme de disques et des occupations importantes au sein de la SABAM, la Société Belge des Auteurs et Compositeurs, mais aussi d’autres organisations internationales comme la CISAC (Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs) et le BIEM (Bureau International de l’Edition Mécanique) entre autres. Jean Darlier décède le 27 juillet 2006 alors qu’il est en vacances en Espagne à L’Escala. Après des funérailles célébrées au crématorium de Charleroi, l’urne cinéraire est déposée au colombarium du cimetière de Wauthier-Braine le 5 août 2006.
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BOURTAYRE Jean-Pierre

Jean-Pierre Bourtayre dans les années 1980

Le compositeur et interprète français Jean-Pierre BOURTAYRE naît le 31 janvier 1942 à Paris. Il est le fils d’Henri Bourtayre qui est alors un compositeur à succès et qui, à la libération, est celui qui compose la célèbre chanson « Fleur de Paris » pour Maurice Chevalier. En 1947, Henri quitte le foyer familial et on tente de distraire le petit Jean-Pierre en lui apprenant le piano par l’intermédiaire de la professeure de Michel Legrand. Les années passent et Jean-Pierre s’intéresse de plus en plus à la musique d’autant que le rez-de-chaussée de l’immeuble où il vit est occupé par un magasin de disques. Et, adolescent, il y trouve et achète les enregistrements des chanteurs qu’il écoute à la radio : les francophones comme Patachou, Jacques Brel ou Georges Brassens mais aussi les anglo-saxons qui amènent le rock’n’roll comme Bill Haley. Fréquentant la famille Legrand, il va souvent flâner dans les bureaux de Marcelle Legrand, la maman de Michel, qui gère les éditions musicales de son fils. Au fil du temps, il rencontre des auteurs de chansons comme Pierre Saka qui l’introduit dans le monde des nouveaux groupes français que sont les Chats Sauvages ou les Vautours. Et, ensemble, ils commencent à confectionner des chansons pour les « yé-yés » qui, jusque-là, n’interprétaient que des adaptations françaises de succès anglo-saxons. Lorsqu’il quitte les Chats Sauvages, le chanteur Dick Rivers lui demande de composer des titres pour constituer son propre répertoire et Jean-Pierre Bourtayre lui offre « Baby John ».
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Sur un texte de Pierre Delanoë dont il vient de faire connaissance et qui veut écrire pour les nouvelles idoles, il compose la mélodie d' »Une fille si belle » pour Eddy Mitchell qui va ensuite proposer ses propres textes au compositeur (« Et s’il n’en reste qu’un » en 1966).
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Par la suite, Jean-Pierre se rapproche d’Eddie Barclay qui lui confie un poste de directeur artistique dans sa maison de disques. Il compose alors quelques musiques de films comme celle de « La curée » pour le réalisateur Roger Vadim (1966) ou celle du « Grand Meaulnes » de Jean-Gabriel Albicoco (1967). En 1968, avec Vlyne Buggy et Hugues Aufray, il écrit la chanson « Adieu Monsieur le professeur » qui est immédiatement un succès populaire.
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Il poursuit immédiatement sa collaboration avec la parolière Vlyne Buggy et celle-ci débouche sur une chanson qu’ils présentent à Claude François qui l’accepte : « Avec la tête avec le coeur ».
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Et Claude François apprécie ce nouveau compositeur à qui il demande ensuite de devenir son directeur artistique. Se souciant peu d’un éventuel surmenage, Bourtayre décide alors de se lancer lui-même dans la chanson en sortant un album 33-tours en 1969 : « Et puis je suis venu ».
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Il y interprète aussi, notamment, « Un prince en Avignon », une chanson écrite en hommage à l’acteur Gérard Philipe et qui sera reprise par Mary Hopkin, Esther Ofarim, Claude Dubois et Fabienne Thibeault. En 1970, Claude François lui propose de composer une musique sur un de ses textes en vue de réaliser un 45-tours farfelu avec l’animateur de radio déjanté Patrick Topaloff : c’est « J’ai bien mangé j’ai bien bu » et le succès est total.
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Puis, Jean-Pierre est contacté pour composer la musique d’un nouveau feuilleton télévisé français consacré aux aventures du héros de Maurice Leblanc, Arsène Lupin. C’est Jacques Dutronc qui est choisi pour interpréter la chanson « L’Arsène » mais aussi pour enregistrer le générique de la deuxième saison de la série en 1973 : « Gentleman cambrioleur ».
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En 1971 Jean-Pierre Bourtayre chante et enregistre « Le fils de Matthieu » en duo avec Cécile Valéry. La même année, il compose « Un banc, un arbre, une rue » qui permet à la chanteuse Séverine de remporter le Concours Eurovision de la chanson pour Monaco.
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Il connaît une période faste avec les compositions qu’il dédie à Claude François : « Y’a le printemps qui chante » (1972), « Chanson populaire » (1973), « J’ai perdu ma chance » (1973), « La Musique Américaine » (1974), « Le Chanteur malheureux » (1975), « Toi et moi contre le monde entier » (1975), « Une chanson Française » (1975), « Quelquefois » (1976), « C’est comme ça que l’on s’est aimé » (1977), « Magnolias for ever » (1977) et « Alexandrie Alexandra » (1977).
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Mais, à la mort de Claude le 11 mars 1978, Jean-Pierre se sent terriblement seul et oublié. Avec Etienne Roda-Gil toutefois, il se remet au travail et, ensemble, ils créent une comédie musicale, « 36 Front populaire », qui évoque une époque de l’entre-deux guerres où la France joyeuse découvrait les congés payés. Parmi les interprètes, il y a Julien Clerc et la jeune Corinne Miller qui remportera le concours Eurovision de la Chanson en 1983 sous le nom de Corinne Hermès en chantant « Si la vie est cadeau ». Un double album est produit mais la comédie musicale ne sera pas présentée sur scène dans l’immédiat.
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La même année, en 1979, il signe l’un des grands succès de l’année pour Gérard Lenorman : « Boulevard de l’océan ».
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Dans les mois qui suivent, se cherchant toujours après le décès de Claude François, Jean-Pierre Bourtayre accepte un poste de directeur de production au sein de la filiale française des disques WEA (Warner Elektra Atlantic). Pour Fabienne Thibeault, artiste québécoise révélée en 1978 par « Starmania » et fraîchement signée par le label WEA, Jean-Pierre compose « J’irai jamais sur ton island ».
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A ce moment, il retrouve l’un des ses vieux copains de l’époque Barclay, Jacques Revaux qui, entretemps, a développé la carrière de Michel Sardou. Et il ne lui cache pas son admiration pour l’artiste et son envie d’éventuellement lui composer l’une ou l’autre chanson. L’idée fait son chemin et, finalement, Michel Sardou va interpréter quelques-unes de ses compositions qui vont marquer son répertoire : « Vladimir Ilitch » en 1983, « Chanteur de jazz » en 1985 ou encore « Io Domenico » en 1987.
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L’auteur Jacques Demarny contacte alors Jean-Pierre Bourtayre et le sollicite pour devenir administrateur de la SACEM, Société des Auteurs, des Compositeurs et des Editeurs de Musique français. Un poste qu’il mérite largement au vu de ses multiples compositions, depuis le début des années 1960, pour Johnny Hallyday (« Oui je veux » en 1962), Sylvie Vartan (« Parle-moi de ta vie » en 1971), Marcel Amont (« Bleu, blanc, rouge et des frites » en 1972), Romuald (« Dis un petit mot » en 1972, « Celui qui reste et celui qui s’en va » en 1974), Patricia Lavila (« Pour toi c’est rien, pour moi c’est tout » en 1974), Gilles Marchal (« On ne refait pas le monde avec une chanson » en 1976), Tino Rossi (« Chantons la même chanson » en duo avec son fils Laurent en 1976 et « La vie commence à 60 ans » en 1978) ou encore Enrico Macias (« Générosité » en 1984). France Gall, Françoise Hardy, Marie Laforêt, Georgette Lemaire, Jean-Claude Pascal, et Annie Philippe ont aussi chanté du Bourtayre. En 2003, le compositeur travaille sur le spectacle musical « Belles belles belles » consacré à Claude François et, en 2017, il compose encore quelques chansons, avec des textes de Claude Lemesle, pour Isabelle Aubret.
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CAUSSIMON Jean-Roger

Jean-Roger Caussimon – Photo (c) Raphaël Caussimon

L’acteur, auteur, compositeur et interprète français Jean-Roger CAUSSIMON naît le 24 juillet 1918 à Montrouge. Son père, médecin, s’installe à Bordeaux et c’est là que Jean-Roger fait ses études pendant lesquelles il se passionne pour les poètes. Vivement intéressé par la poésie qu’il désire réciter publiquement, il suit des cours de diction à l’âge de douze ans. Ayant obtenu son baccalauréat, il décroche un premier prix au Conservatoire d’art dramatique. Mais, alors qu’il a 18 ans, sa mère se suicide et cet événement va le marquer à vie. Un an plus tard, il fait ses débuts de comédien professionnel au Trianon de Bordeaux. On lui conseille alors de gagner Paris où il devient auditeur dans la classe de Louis Jouvet au Conservatoire. Il effectue son service militaire au moment où la seconde guerre mondiale éclate. Il est fait prisonnier en 1940 et est envoyé dans un camp en Silésie. Il profite de sa captivité pour écrire des poèmes. Rapatrié ensuite pour raisons de santé, il est de retour à Paris à la fin de l’année 1942. Sans travail, il profite de ses compétences pour proposer un spectacle de poésie dans divers cabarets parisiens où, finalement, il chante beaucoup. Parallèlement à ces activités-là, il se tourne aussi vers le théâtre, la radio, le cinéma et réalise des essais expérimentaux pour la télévision. C’est à ce moment qu’il rencontre, lors de ses prestations au « Lapin à Gil » en 1947, un artiste débutant nommé Léo Ferré. Ce dernier décide de mettre en musique toute une série de textes de Jean-Roger comme « Monsieur William » en 1950.
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Malgré ses occupations théâtrales et cinématographiques de plus en plus nombreuses, il poursuit sa collaboration avec Léo Ferré au service d’interprètes comme Catherine Sauvage, les Frères Jacques ou Serge Gainsbourg.
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Se consacrant essentiellement à l’écriture, au théâtre, au cinéma et à la télévision, Jean-Roger Caussimon ne chante plus depuis la fin des années 1940. En 1967, le journaliste français José Artur apprend au producteur et éditeur discographique Pierre Barouh que Caussimon a, jadis, chanté. Barouh se propose de le rencontrer pour lui faire enregistrer un disque de ses chansons. Un peu réticent au départ, il finit par accepter et enregistre plusieurs albums à partir de 1970. Quelques-unes de ses chansons sont parfois composées par lui-même mais il faut bien reconnaître qu’elles n’atteignent jamais le niveau des musiques signées Léo Ferré bien sûr mais aussi Eric Robrecht, Jacques Datin, Maurice Jarre, Francis Lai, Philippe Sarde ou Gaby Verlor entre autres.
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Si le premier album de Caussimon récolte un succès d’estime en 1970, le second, qui sort un an plus tard, est plus médiatisé. Un show télévisé lui est consacré en France par le célèbre Jean-Christophe Averty et Jean-Roger Caussimon est à l’affiche, pour la première fois, du Théâtre du Vieux Colombier à Paris pour un récital complet de ses chansons. Après ces représentations parisiennes, il se met à sillonner la France dans une caravane qu’il partage avec son épouse Paulette pour aller proposer ses chansons dans les salles de province. Ils le font pendant quinze ans.
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Parmi les dates importantes de la carrière de chanteur de Caussimon, il y a le spectacle de Bobino à Paris en 1973 où il est à la même affiche que Nicole Croisille et les Frères Ennemis. D’année en année, diverses salles de concert parisiennes vont l’accueillir: l’Olympia (1974), le théâtre de la Renaissance (1977), le théâtre de la Ville (1978) et la Gaîté-Montparnasse (1979). En 1980, il chante pendant douze jours au théâtre du Petit Champlain à Québec. Un an plus tard, des problèmes de santé le contraignent à être hospitalisé à deux reprises. Mais il reprend à chaque fois les tournées qu’il a dû interrompre. En 1983, il repart à Québec chanter au Petit Champlain pendant quinze jours. Deux ans plus tard, Léo Ferré sort l’album « Ferré chante Caussimon » qui contient neuf inédits et sur lequel les deux hommes ont travaillé chez Léo en Italie. Mais, en juin de cette année-là, il doit à nouveau être hospitalisé car son cancer du poumon s’est aggravé. Le 20 octobre 1985, Jean-Roger Caussimon est vaincu par la maladie et il décède à l’Hôpital de la Pitié Salpetrière à Paris.
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Il est ensuite incinéré au columbarium du cimetière du Père Lachaise et ses cendres sont répandues dans l’océan à la Pointe-des-Poulains, à Belle-Île-en-Mer le 2 novembre 1985.
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LEMARCHAL Grégory

L’album posthume de Grégory Lemarchal en 2008

Le chanteur français Grégory LEMARCHAL naît le 13 mai 1983 à La Tronche. Alors qu’il est à peine âgé de 20 mois, les médecins découvrent qu’il est victime de la mucoviscidose. Et, comme un défi lancé à la mort, le petit garçon puis l’adolescent n’aura de cesse de repousser les limites imposées par ses problèmes respiratoires importants. Il pratique le basket-ball puis la danse de rock acrobatique. Intéressé par la chanson, il se présente à la sélection du crochet télévisé « Graines de stars » sur la chaîne privée française M6. En y interprétant « Le chanteur » de Balavoine, il ne se qualifie pas mais devient un peu connu dans sa région natale de Grenoble. A seize ans, cela lui permet de passer en lever de rideau de concerts locaux où des artistes célèbres se produisent. Les propositions artistiques et les castings se multiplient comme ceux de la comédie musicale « Adam et Eve » et de « Belles belles belles » en 2003. Mais sa résistance physique l’empêche à chaque fois de se lancer dans pareille aventure. Alors, il se tourne vers la Star Academy de la chaîne de télé privée française TF1 à laquelle il participe dès septembre 2004. Et il va vraiment marquer l’émission de ses prestations par ses qualités vocales exceptionnelles soulignées par tous ses partenaires de duos: Hélène Ségara, Serge Lama ou Patrick Bruel entre autres.
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Ayant franchi toutes les étapes avec brio, il finit par remporter la finale le 22 décembre 2004 face à Lucie Bernardoni et il est ainsi le premier garçon à remporter la Star Academy française.
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Cette victoire lui permet d’enregistrer un album, « Je deviens moi », qui sort en 2005 et qui comporte un « tube »: « Écris l’histoire ».
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Grâce aux ventes extraordinaires, l’album est certifié double disque d’or en France. A ce moment, nouveau défi, Grégory Lemarchal part en tournée avec la Star Academy durant trois mois. En janvier 2006, il est consacré Révélation francophone de l’année aux NRJ Music Awards.
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Malgré la fatigue qui s’accumule, sa passion le pousse à effectuer ensuite une tournée de l’Europe francophone en mai et juin 2006, avec un passage très remarqué de trois jours à l’Olympia de Paris. Ce concert fait l’objet de la sortie d’un album à la fin 2006.
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La santé de Grégory décline de plus en plus mais il trouve encore la force de participer à l’émission célébrant la 100e soirée de la Star Academy en janvier 2007 où il chante une fois de plus avec Patrick Bruel mais, cette fois, en anglais : « The show must go on ». Quelques semaines plus tard, le jeune chanteur annonce faire une pause dans sa carrière pour mieux préparer son deuxième album dont il enregistre les premières chansons en mars. Le 30 mars 2007, il rejoint Hélène Ségara sur scène pour la première date de sa tournée et il interprète avec elle « Vivo per lei ». Son état de santé se dégrade alors subitement et il est hospitalisé d’urgence le 2 avril à l’hôpital Foch de Suresnes. Une greffe des poumons est absolument nécessaire pour le guérir. Mais celle-ci tarde et, le 29 avril, il est placé dans un coma artificiel en attendant la greffe qui n’arrivera finalement pas. A 23 ans, Grégory Lemarchal meurt le lundi 30 avril 2007 à 13 heures. Ses obsèques se déroulent en la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry le 3 mai 2007. Il est inhumé au cimetière de Sonnaz, près de Chambéry.
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Des albums posthumes constitués d’inédits, de reprises et de titres non commercialisés sortent en 2008 (« La voix d’un ange ») et 2009 (« Rêves »).
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Depuis juin 2007, ses parents ont constitué « l’association Grégory Lemarchal » dans le but de lutter contre la mucoviscidose. Et, régulièrement, des hommages télévisés sont rendus au jeune chanteur afin de créer des appels à la solidarité et aux fonds. En septembre 2020, la chaîne de télé française TF1 propose un biopic sur Grégory Lemarchal intitulé « Pourquoi je vis » et où le rôle du chanteur est tenu par Mickaël Lumière.
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ROSSI Tino

Tino Rossi dans les années 1950 – Photo (c) Rimis

Le chanteur français Tino ROSSI naît le 29 avril 1907 à Ajaccio (Corse). Dès son plus jeune âge, Constantin, dit « Tino », est attiré par la chanson et sa voix particulièrement claire ne laisse pas son entourage indifférent. L’école n’est pas la plus grande passion du jeune Constantin qui, une fois adolescent, profite de ses dons vocaux pour séduire les jeunes filles. C’est ainsi qu’à l’approche de ses 20 ans, il tombe amoureux d’une violoniste qu’il accompagne sur le continent et qu’il épouse. Il devient le papa d’une fille prénommée Pierrette puis divorce. Après un bref retour sur l’île de beauté, Tino arrive cette fois à Marseille avec une deuxième épouse. Il y accomplit divers petits boulots provisoires et alimentaires. Il déménage à Aix-en-Provence où il fait la connaissance d’un tourneur de spectacles: Louis Allione. Ce dernier lui permet de se produire dans des petites salles de la région où on présente Tino Rossi comme « le roi des chanteurs de charme ». En 1932, il enregistre, à Marseille, un disque gadget qui sert de cadeau à sa maman. Mais un producteur parisien est dans la boutique où Tino grave sa voix sur ce disque en fer blanc et il le convie à « monter » à Paris pour y réaliser un « vrai » disque. Deux chansons, non francophones, y sont gravées: « O Ciuciarella » et « Ninni Nanna ».
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On découvre alors que la voix très particulière de Tino trouve son origine dans une anomalie de ses cordes vocales. De retour à Marseille, l’artiste est engagé plusieurs jours à l’Alcazar et au Théâtre des Variétés. Tout cela l’amène assez naturellement à signer un premier contrat avec une maison de disques. Et c’est chez Columbia qu’il enregistre son premier « tube », en français cette fois : « Le tango de Marilou ».
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Parallèlement à cet engouement discographique, sa carrière prend aussi une ampleur étonnante sur scène. Il se produit ainsi un peu partout en France mais aussi en Belgique. A Paris, il chante à l’ABC et au Casino. Son physique fait réellement « craquer » la gent féminine dont il devient l’idole. Et les producteurs de cinéma, bien conscients du profit à en tirer, vont faire appel à Tino Rossi qui, dès 1936, tourne dans « Marinella », un film écrit et réalisé autour de sa personne. C’est un véritable triomphe.
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A l’époque du « Front Populaire » en France, Tino chante même pour des grévistes. A nouveau divorcé, l’artiste vit un amour passion avec l’actrice Mireille Balin qui, tenaillée par la jalousie, va vite sombrer dans l’alcool et l’usage de drogues. En 1938, Hollywood s’intéresse à Tino Rossi: les radios américaines diffusent ses chansons en boucle et le chanteur donne quelques concerts aux Etats-Unis en devenant le premier « latin lover » de l’histoire. Mais l’artiste corse n’apprécie pas l' »american way of life » et il a le mal du pays. Il rentre en France en refusant les offres financières mirobolantes des producteurs de Los Angeles. Sur le chemin du retour, il effectue une série de concerts mémorables au Canada. Avant la guerre, il se remet à tourner des films français dans lesquels il crée de grands succès de la chanson populaire. Pendant le conflit mondial, il enregistre moins de disques et se produit moins sur scène. Mais il poursuit sa carrière d’acteur en zone française libre. Il tourne ensuite un film dont le scénario encourage la Résistance avant de paraître dans un autre long métrage produit par les productions allemandes « Continental »: « Mon amour est près de toi » de Richard Pottier. Il refuse d’enregistrer la chanson « Maréchal nous voilà », à la gloire du maréchal Pétain favorable à l’occupant nazi, qu’André Dassary interprète finalement. Il cache aussi dans son orchestre le compositeur Nobert Glanzberg, Juif polonais, puis le fait évader lorsqu’il est emprisonné par les Allemands. Comme de nombreuses célébrités soupçonnées d’avoir traité d’une manière ou d’une autre avec l’occupant allemand, Tino Rossi est arrêté en octobre 1944. Mais après trois mois passés à la prison de Fresnes, il est exempté de toute poursuite par un juge qui estime que l’instruction montée contre lui est dénuée de tout fondement. Le chanteur reçoit même des excuses officielles du gouvernement français. En 1946, il tient un double rôle dans le film « Destins ». Tino Rossi y crée une chanson oubliée par ses auteurs Henri Martinet et Raymond Vincy: « Petit Papa Noël » qui devient son plus grand succès.
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Un an plus tard, le chanteur effectue une très longue tournée en Amérique du Sud. A son retour en France, le 14 juillet 1948, il épouse, à Cassis, la danseuse niçoise Lilia Vetti qui lui a été présentée par Mistinguett en 1941. Elle reste sa compagne jusqu’à son décès. Elle est aussi la maman de Laurent Rossi, plus tard producteur et chanteur, qui naît le 22 mai 1948. Pour « Petit Papa Noël », il est le premier artiste français à recevoir un disque d’or en 1949. En 1954, Tino Rossi décide de réduire ses activités cinématographiques et il se tourne vers l’opérette. Il a 48 ans lorsqu’il se retrouve sur la scène du théâtre parisien du Châtelet pour « Méditerranée » le 17 décembre 1955. Il y reste deux ans.
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Désormais, pendant quelques années, le chanteur alterne les concerts et les opérettes. Ses succès discographiques se raréfient alors, même si le chanteur crée la surprise en 1963 en se faufilant entre les chanteurs yé-yés avec « Le temps des guitares ».
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Au début des années 1970, après une dernière apparition parisienne dans l’opérette « Le Marchand de Soleil », Tino Rossi décide de profiter un peu plus de la vie familiale en Corse. Il se produit encore de temps à autre en concert et figure au programme de nombreuses émissions télévisées françaises: il est ainsi l’invité de Jacques Chancel, des Carpentier et, plus fréquemment, de Guy Lux. En 1976, son fils, le chanteur Laurent Rossi, produit un 45-tours où ils interprètent un duo qui a pour titre « Chantons ensemble la même chanson ».
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Le 9 novembre 1982, Tino Rossi fête ses 50 ans de chanson sur la scène du Casino de Paris qui l’a vu débuter. A cette occasion, un nouvel album est commercialisé sous le titre « 50 ans d’amour ».
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Le dernier spectacle a lieu le 2 janvier 1983 et constitue l’ultime apparition de Tino Rossi sur scène. Il lutte alors déjà contre la maladie et le cancer du pancréas qui l’oblige à être hospitalisé pour une lourde opération en mars. Très affaibli, le chanteur finit par succomber le 26 septembre 1983. Ses obsèques sont nationales et célébrées trois jours plus tard en l’église parisienne de la Madeleine. Mais c’est à Ajaccio, en sa terre natale de Corse, que Tino Rossi est finalement inhumé après que le corbillard a traversé une grande partie de l’île salué de village en village par des milliers de personnes. Au cours de sa carrière, Tino Rossi aurait vendu près de 700 millions de disques dans le monde dont un très grand nombre de « Petit Papa Noël ».
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RIVERS Dick

Dick Rivers en 2012

Le chanteur français Hervé Fornieri, mieux connu sous le nom de Dick RIVERS, naît le 24 avril 1945 à Nice. Fan d’Elvis Presley, il a d’ailleurs emprunté son prénom de scène au nom d’un des personnages joués par le King au cinéma. A peine âgé de quinze ans, il fonde « Les Chats Sauvages », un groupe qui va être l’un des premiers à pratiquer le rock and roll en France. Entre mai 1961 et juin 1962, ces musiciens vont enregistrer une centaine de titres: du rock mais aussi du twist, rythme très à la mode en 1962. Parmi les succès du groupe, on peut citer « C’est pas sérieux », « Twist à Saint-Tropez » ou « Est-ce que tu le sais » (adaptation française de « What I’d say » de Ray Charles).
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En septembre de cette année-là, Dick Rivers décide de voler de ses propres ailes et largue le groupe. Dès le début de sa carrière de soliste, que ce soit par des adaptations ou des titres originaux, le chanteur va tenir le haut du pavé et s’installer solidement pour des dizaines d’années dans le paysage français de la chanson.
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Dans les années 1960, grâce à ses bonnes relations avec Daidy Davis Boyer, Dick Rivers va tourner quantité de scopitones de ses chansons. Ce petit film de cinéma ainsi appelé scopitone était l’ancêtre du clip video. Il permettait à tout un chacun de visionner ses chansons préférées sur un appareil s’apparentant à un juke-box. Dick fera aussi de la figuration dans les scopitones de certains autres chanteurs. Ses succès sont nombreux et le chanteur s’adapte aux modes en interprétant notamment du rhythm’n’blues à la fin des années 1960 comme « Mr Pitiful ».
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Alors que la décennie 1970 laisse craindre le pire pour un chanteur de rock, Dick Rivers s’en tire plutôt bien en restant fidèle à son style (« Maman n’aime pas ma musique ») ou en s’orientant vers la musique country (« Faire un pont », adaptation de « Country roads »).
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Ces années-là sont celles où Dick Rivers fait appel à Bashung pour la réalisation de trois albums. Les Chats Sauvages se reforment le temps d’un disque qui sort en 1982 sans grand succès.
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En 1983, sa carrière prend un autre virage encore avec des chansons signées Didier Barbelivien (« Nice Baie des Anges »).
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Au tout début des années 1990, l’artiste se lance dans l’aventure du conte musical avec un double album consacré à l’histoire inventée d’une chanteuse virtuelle: Linda Lu Baker. Ce disque est pour Dick l’occasion de partager un gospel avec le Golden Gate Quartet (« Ainsi soit-elle ») mais il lui offre aussi l’opportunité d’interpréter un titre de mambo (« Sale mambo ») et un autre de salsa!
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Parmi les collaborateurs de l’opus « Linda Lu Baker » se trouve aussi un certain Francis Cabrel qui va mettre en scène, avec Dick et un groupe nommé « Les Parses », un spectacle dédié au rock : « Le rock’n’roll show ». Quelques concerts seront proposés en 1990 et Cabrel commercialisera, en 2020 en hommage après le décès de Dick Rivers, un DVD de cette aventure musicale exceptionnelle enregistrée le 15 octobre 1990 à Villeneuve-sur-Lot .
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Au même moment, Dick Rivers raconte le rock comme personne sur Radio Monte Carlo. Comme Johnny Hallyday, le rival de ses débuts, le chanteur niçois n’a alors de cesse de rencontrer de nouveaux auteurs et compositeurs dont il fait éclore le talent. Ceux-ci ont pour nom Benjamin Biolay, M, Joseph d’Anvers ou Mathieu Boogaerts. Dick Rivers fête ses 50 ans de carrière en mai 2011. Pour l’occasion, il sort un album (cliquer ici pour voir la chronique) mais aussi un livre : Mister D.
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La tournée qu’il effectue à travers toute la France en 2012 est immortalisée par un DVD : « Le gran’ tour ». En 2014, l’album « Rivers » lui permet d’entrevoir une nouvelle tournée de concerts. Mais celle-ci est annulée en raison d’une chute dont le chanteur est relevé avec un traumatisme crânien. Le 28 octobre 2017, les téléspectateurs de France 2 sont heureux de retrouver Dick Rivers bon pied bon oeil pour participer, au Zénith de Paris, à la soirée célébrant les 25 ans de l’émission « Taratata » de Nagui. Et puis, au début 2018, l’artiste confirme son retour en forme en apparaissant dans un clip très déjanté de Julien Doré: « Africa », une reprise étonnante du célébrissime tube initialement interprété par Rose Laurens en 1982.
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Dick Rivers décède, à Paris, des suites d’un cancer le jour de ses 74 ans: le 24 avril 2019.
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Les obsèques de Dick Rivers ont lieu à Paris le jeudi 2 mai en l’église Saint-Pierre de Montmartre. L’artiste est ensuite inhumé au cimetière parisien de Montmartre.
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GULLER Angèle

La couverture du livre référence d’Angèle Guller en 1979

La chroniqueuse, femme de radio, journaliste et écrivaine belge Angèle GULLER naît à Bruxelles le 26 novembre 1920. Et c’est dans sa ville natale qu’elle effectue ses études primaires avant des humanités gréco-latines. Puis elle passe deux ans au conservatoire où elle suit des cours de piano et de harpe. Elle épouse ensuite Clémént Dailly qui crée la « Revue des disques » et Angèle y consacre une rubrique à la chanson française qui est en plein développement avec des artistes comme Georges Brassens, Jacques Brel, Gilbert Bécaud et Guy Béart. En 1953, elle réussit à se faire engager à la radio belge où elle produit l’émission « La Vitrine aux chansons » qui accueille et parle des artistes francophones qui ont « quelque chose à dire »: Léo Ferré, Serge Gainsbourg, etc. A cette époque, son mari travaille pour les disques Philips et donne un coup de pouce à Jacques Brel qui enregistre ses deux premières chansons sur un 78 tours qui n’obtient aucun succès. D’autres émissions vont ensuite jalonner le parcours médiatique d’Angèle Guller: « Jour de chance », « Pleins feux sur la chanson belge », « Chansons au long cours », etc. Elle signe aussi de nombreuses chroniques dans divers magazines et hebdomadaires de Belgique francophone comme « Pourquoi pas? », « Le Ligueur » ou « Femmes d’aujourd’hui ». Puis, dans les années 1960, elle commence à écrire des livres sur la chanson. Il y a ainsi « Vingt ans de chanson » (1963), « Dix siècles de chanson française » (1965) et surtout « la » référence : « Le neuvième art: la chanson française contemporaine » (1979). Durant toute sa vie, Angèle Guller n’a de cesse de promouvoir les jeunes artistes d’expression en leur permettant de se faire connaître dans des concours ou des émissions. Mais elle parcourt aussi toute l’Europe francophone et le Québec en participant à des jurys de concours et festivals, des colloques, des stages de formation, des conférences et des débats. En 1983, elle crée et dirige l’Ecole de la chanson française pendant quatre ans. Un prix Angèle Guller est alors décerné chaque année à un jeune artiste belge francophone et il est ainsi notamment remis à Pierre Rapsat, Albert Delchambre, Claude Semal et Maurane. Angèle Guller, qui décède le 7 mars 2000, était la maman, depuis 1946, d’une chanteuse belge qui a connu le succès à la fin des années 1970 : Claudine Dailly.
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CORNEZ Freddy

Freddy Cornez en 1985 – Photo (c) Daniel Rolain

Le chanteur lyrique belge Freddy CORNEZ naît le 7 mars 1946 à Frameries. Après avoir suivi des cours de musique et de chant au Conservatoire Royal de Mons, il est, notamment, ténor au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles. Dès les années 1970, il s’éloigne quelque peu du répertoire classique et enregistre de nombreux disques où il interprète des airs d’opérette et des chansons originales: « Ma maison dans la montagne » ou « J’ai toujours cru qu’un baiser » par exemple. Il excelle aussi dans la reprise d’airs traditionnels populaires de sa province du Hainaut comme le célèbre « Doudou » de Mons (1975), « La bière » d’Antoine Clesse (1983) ou « Temps d’inraller » (titre interprété en dialecte wallon picard en 1983).
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Parmi ses titres les plus marquants, il y a celui directement issu du folklore local wallon borain de sa commune natale : « Enn’c’est nie co Fram’ri’s » (1975).
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A la fin des années 1980, il commercialise un album d’airs d’opérettes et de chanson et, en 1989, il sacrifie à la mode de la lambada avec le 45 tours « Lambada del sol ». Il n’enregistre plus de disques en tant qu’interprète soliste par la suite. En 2000, il participe à l’album « Balkans » de « Khéops » écrit, composé, conçu et réalisé par le musicien et ingénieur du son Aril Laury qui a réalisé quelques disques de Freddy dans les années 1980 (dont « Femmes »).
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En mai 2015, sous la direction artistique de sa fille, Daphné Cornez qui parcourt le monde en mettant en scène de gros événements culturels, Freddy Cornez se produit encore dans son village natal de Frameries à l’occasion d’un grand spectacle citoyen intitulé « Sorcières, Bobottes et compagnies ». Agé de 74 ans, l’artiste s’éteint le 5 juillet 2020 à Aulnois.
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RINALDI Gérard

Gérard Rinaldi en 2011 – Photo (c) Passion Chanson

Le chanteur, comédien et musicien français Gérard RINALDI naît à Paris le 17 février 1943. Après avoir accompagné le chanteur Antoine sur scène au sein des « Problèmes », il devient le chanteur des « Charlots » qui sont d’ailleurs les mêmes musiciens. A partir de 1967, les succès se multiplient pour cette bande de joyeux fêtards qui se compose, outre Rinaldi, de Luis Rego, Jean Sarrus, Gérard Filipelli et Jean-Guy Fechner. Il y a alors l’inoubliable « Paulette, reine des paupiettes » ou « Merci patron » mais aussi des quantités de parodies comme celle de Serge Gainsbourg (« Sois érotique ») ou de Georges Moustaki (« Le pauvre mec »).
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L’un des derniers grands « tubes » des « Charlots » est « L’apérobic » en 1983.
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Si le groupe ne s’est jamais vraiment dissout, on peut dire qu’il a progressivement cessé ses activités par manque de participants. Après une carrière très légère mais très marquante au cinéma dans les années 1970 avec ses compères, Gérard Rinaldi connait le succès en 1987 dans une célèbre série télévisée française: « Marc et Sophie ». Ensuite, Gérard Rinaldi prête régulièrement sa voix, douce, basse et chaude, pour effectuer des doublages de films étrangers. En 2009, il remonte sur scène avec Jean Sarrus pour présenter les chansons des « Charlots » au public de la saison 4 de la tournée « Âge tendre et Têtes de bois ».
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Gérard Rinaldi décède à Briis-sous-Forges le vendredi 2 mars 2012, à l’âge de 69 ans, des suites d’un lymphome.
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