MORGAN Marc

Marc MORGAN en 2010 – Photo (c) Pascal Schyns – Sofam

L’auteur, compositeur et interprète belge Marc MORGAN naît le 30 avril 1962 à Huy sous l’identité de Marc Wathieu. Il suit des études de graphisme mais se passionne très tôt pour la musique qu’il apprend en autodidacte.  Dès 1979, il forme avec son frère le groupe « Objectif lune ». Puis il suit les cours de l’Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc de Liège et devient graphiste. Il rejoint ensuite la formation des « Révérends du Prince Albert » qui s’apparente plus à un groupe de bals populaires qu’à une vraie bande de rockers. Avec eux, il va enregistrer un album en 1982 (« Ah ! quel massacre »), connaître quelques succès radiophoniques en Belgique et participer à des podiums gratuits comme celui proposé à Hérinnes dans le cadre du Tour du Hainaut Occidental cycliste au milieu des années 1980. Le répertoire du groupe est principalement constitué de reprises de titres des années 1960 comme « Baby tu me rends fou ». Dans la vidéo ci-dessous, on retrouve le groupe dans l’émission « Graffiti » de la télévision belge publique RTBF présentée par Terry Focant. Marc Morgan est l’un des deux chanteurs en costume. C’est celui qui n’est pas barbu et qui porte des lunettes et qui se fait alors appeler Marc Donald. A la fin de la séquence, on reconnaît furtivement l’une des stars de la radio rock belge « Classic 21 »:  Jacques de Pierpont dit « Ponpon ».
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Quelques années plus tard, Marc se lance dans une autre aventure musicale qui lui colle mieux à la peau et il fonde « Les Tricheurs ». Ces derniers connaissent un bon succès en Belgique grâce à leurs 45 tours comme « Le jour J » et ils enregistrent un album, « Tendez vos lèvres », en 1989. L’opus a les faveurs de nombreuses émissions de radio comme celle, en Belgique, du regretté Philippe Gauthier sur la chaîne Radio 2 de la RTBF : « Perfecto ». Mais le succès escompté n’est pas au rendez-vous et, en 1992, le groupe se dissout.
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A ce moment, Marc réalise avec Rudy Léonet, producteur de radio belge qui sera à l’origine plus tard de la chaîne Pure FM (RTBF), un projet musical qui a pour nom « La Variété » et qui enregistre quelques titres sur un CD. Puis, Marc décide de s’installer à Paris et d’enfin vivre de la chanson en solo. Avec l’aide d’Yves Bigot, alors patron du nouveau label Fnac Musique, il commercialise un album sous le pseudonyme de Marc Morgan: « Un cygne sur l’Orénoque » sort en 1993. L’album est littéralement propulsé par un titre qui envahit les ondes: « Notre mystère nos retrouvailles ». Ce succès sera suivi d’une série de concerts un peu partout dans la francophonie ainsi que de participations aux grands festivals comme les Francofolies ou le Festival d’été de Québec entre autres. Le 22 janvier 1994, il est l’invité de Nagui du programme télévisé « Taratata » sur France 2.
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En 1996, Marc Morgan publie un deuxième album dont le succès est moindre malgré des titres forts comme « Au train où vont les choses ».
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L’opportunité se présente alors pour Marc d’écrire quelques chansons pour Jeff Bodart mais aussi pour Dick Rivers ou Sylvie Vartan. Il interprète d’ailleurs la chanson « Je n’aurai pas le temps » de Michel Fugain en duo avec Sylvie Vartan dans l’émission « Taratata » de Nagui le 16 octobre 1996 sur France 2 (à visionner en cliquant ICI). Et il assure notamment la première partie du groupe Indochine à la Cigale à Paris. Marc Morgan marque alors une première pause qu’il interrompt pour interpréter une chanson écrite par un jeune garçon (« Le héros c’est moi »), Sylvain, à l’occasion de la sortie d’un disque intitulé « Si ça nous chante » en 1999. Les chansons de ce disque vendu au profit de l’Association Belge de Lutte contre la Mucoviscidose, dont les textes sont tous  écrits par des enfants et des ados, sont également interprétées par divers artistes belges comme Salvatore Adamo, Marka, Alec Mansion, Mousta, Jo Lemaire, Jean-Louis Daulne ou Lou & the Hollywood Bananas notamment.
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C’est en 2001 que paraît l’album suivant pour Marc Morgan: « Les parallèles se rejoignent ». Mais la France semble l’avoir oublié et les professionnels belges lui réservent un accueil poli. La promotion de cet album lui permet toutefois de participer à quelques émissions de radio comme « Chantons Français », sur Fréquence Wallonie, une chaîne de la radio publique francophone belge RTBF, en direct du village de Noël de Liège où il est d’ailleurs intronisé citoyen d’honneur.
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En 2002, l’artiste se place en retrait de la musique et revient à l’enseignement de l’art graphique à l’Ecole de Recherche Graphique (ERG) de Bruxelles. Mais, même isolé du monde musical, Marc Morgan est toujours à la recherche de nouvelles sensations artistiques et, en 2007, il participe au groupe Phantom monté par Miam Monster Miam (Benjamin Schoos) et Jacques Duvall. C’est donc fort logiquement qu’en 2011, il reprend le chemin des studios pour réaliser, à Berlin, un nouvel opus qui a pour titre « Beaucoup vite loin ». Cet album, celui de Marc Morgan et les Obstacles, est, à nouveau, bien accueilli par la critique et les professionnels mais il n’accomplit pas le parcours attendu auprès du public.
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Le voyage musical des Wathieu se poursuit: le fils de Marc, Maxime, est mixeur, preneur de son et guitariste tandis que sa fille, Juliette, s’est lancée dans la chanson pop électro francophone avec brio sous le pseudo de Mademoiselle Nineteen. En 2013, avec Benjamin Schoos et Pascal Schyns, Marc fonde Freaksville Publishing, une société belge de production et d’éditions musicales. Et puis, il rejoint l’équipe d’une webradio bruxelloise créée par Benjamin Schoos: Radio Rectangle. Il y réalise l’habillage sonore et produit l’émission « Hobby » consacrée à la chanson en français. Ce sont les dernières nouvelles que nous avons reçues de Marc avant celles, tragiques, du vendredi 10 janvier 2020 où l’artiste nous quitte de manière inopinée à l’âge de 57 ans.
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ROSSI Tino

Tino Rossi dans les années 1950 – Photo (c) Rimis

Le chanteur français Tino ROSSI naît le 29 avril 1907 à Ajaccio (Corse). Dès son plus jeune âge, Constantin, dit « Tino », est attiré par la chanson et sa voix particulièrement claire ne laisse pas son entourage indifférent. L’école n’est pas la plus grande passion du jeune Constantin qui, une fois adolescent, profite de ses dons vocaux pour séduire les jeunes filles. C’est ainsi qu’à l’approche de ses 20 ans, il tombe amoureux d’une violoniste qu’il accompagne sur le continent et qu’il épouse. Il devient le papa d’une fille prénommée Pierrette puis divorce. Après un bref retour sur l’île de beauté, Tino arrive cette fois à Marseille avec une deuxième épouse. Il y accomplit divers petits boulots provisoires et alimentaires. Il déménage à Aix-en-Provence où il fait la connaissance d’un tourneur de spectacles: Louis Allione. Ce dernier lui permet de se produire dans des petites salles de la région où on présente Tino Rossi comme « le roi des chanteurs de charme ». En 1932, il enregistre, à Marseille, un disque gadget qui sert de cadeau à sa maman. Mais un producteur parisien est dans la boutique où Tino grave sa voix sur ce disque en fer blanc et il le convie à « monter » à Paris pour y réaliser un « vrai » disque. Deux chansons, non francophones, y sont gravées: « O Ciuciarella » et « Ninni Nanna ».
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On découvre alors que la voix très particulière de Tino trouve son origine dans une anomalie de ses cordes vocales. De retour à Marseille, l’artiste est engagé plusieurs jours à l’Alcazar et au Théâtre des Variétés. Tout cela l’amène assez naturellement à signer un premier contrat avec une maison de disques. Et c’est chez Columbia qu’il enregistre son premier « tube », en français cette fois : « Le tango de Marilou ».
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Parallèlement à cet engouement discographique, sa carrière prend aussi une ampleur étonnante sur scène. Il se produit ainsi un peu partout en France mais aussi en Belgique. A Paris, il chante à l’ABC et au Casino. Son physique fait réellement « craquer » la gent féminine dont il devient l’idole. Et les producteurs de cinéma, bien conscients du profit à en tirer, vont faire appel à Tino Rossi qui, dès 1936, tourne dans « Marinella », un film écrit et réalisé autour de sa personne. C’est un véritable triomphe.
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A l’époque du « Front Populaire » en France, Tino chante même pour des grévistes. A nouveau divorcé, l’artiste vit un amour passion avec l’actrice Mireille Balin qui, tenaillée par la jalousie, va vite sombrer dans l’alcool et l’usage de drogues. En 1938, Hollywood s’intéresse à Tino Rossi: les radios américaines diffusent ses chansons en boucle et le chanteur donne quelques concerts aux Etats-Unis en devenant le premier « latin lover » de l’histoire. Mais l’artiste corse n’apprécie pas l' »american way of life » et il a le mal du pays. Il rentre en France en refusant les offres financières mirobolantes des producteurs de Los Angeles. Sur le chemin du retour, il effectue une série de concerts mémorables au Canada. Avant la guerre, il se remet à tourner des films français dans lesquels il crée de grands succès de la chanson populaire. Pendant le conflit mondial, il enregistre moins de disques et se produit moins sur scène. Mais il poursuit sa carrière d’acteur en zone française libre. Il tourne ensuite un film dont le scénario encourage la Résistance avant de paraître dans un autre long métrage produit par les productions allemandes « Continental »: « Mon amour est près de toi » de Richard Pottier. Il refuse d’enregistrer la chanson « Maréchal nous voilà », à la gloire du maréchal Pétain favorable à l’occupant nazi, qu’André Dassary interprète finalement. Il cache aussi dans son orchestre le compositeur Nobert Glanzberg, Juif polonais, puis le fait évader lorsqu’il est emprisonné par les Allemands. Comme de nombreuses célébrités soupçonnées d’avoir traité d’une manière ou d’une autre avec l’occupant allemand, Tino Rossi est arrêté en octobre 1944. Mais après trois mois passés à la prison de Fresnes, il est exempté de toute poursuite par un juge qui estime que l’instruction montée contre lui est dénuée de tout fondement. Le chanteur reçoit même des excuses officielles du gouvernement français. En 1946, il tient un double rôle dans le film « Destins ». Tino Rossi y crée une chanson oubliée par ses auteurs Henri Martinet et Raymond Vincy: « Petit Papa Noël » qui devient son plus grand succès.
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Un an plus tard, le chanteur effectue une très longue tournée en Amérique du Sud. A son retour en France, le 14 juillet 1948, il épouse, à Cassis, la danseuse niçoise Lilia Vetti qui lui a été présentée par Mistinguett en 1941. Elle reste sa compagne jusqu’à son décès. Elle est aussi la maman de Laurent Rossi, plus tard producteur et chanteur, qui naît le 22 mai 1948. Pour « Petit Papa Noël », il est le premier artiste français à recevoir un disque d’or en 1949. En 1954, Tino Rossi décide de réduire ses activités cinématographiques et il se tourne vers l’opérette. Il a 48 ans lorsqu’il se retrouve sur la scène du théâtre parisien du Châtelet pour « Méditerranée » le 17 décembre 1955. Il y reste deux ans.
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Désormais, pendant quelques années, le chanteur alterne les concerts et les opérettes. Ses succès discographiques se raréfient alors, même si le chanteur crée la surprise en 1963 en se faufilant entre les chanteurs yé-yés avec « Le temps des guitares ».
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Au début des années 1970, après une dernière apparition parisienne dans l’opérette « Le Marchand de Soleil », Tino Rossi décide de profiter un peu plus de la vie familiale en Corse. Il se produit encore de temps à autre en concert et figure au programme de nombreuses émissions télévisées françaises: il est ainsi l’invité de Jacques Chancel, des Carpentier et, plus fréquemment, de Guy Lux. En 1976, son fils, le chanteur Laurent Rossi, produit un 45-tours où ils interprètent un duo qui a pour titre « Chantons ensemble la même chanson ».
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Le 9 novembre 1982, Tino Rossi fête ses 50 ans de chanson sur la scène du Casino de Paris qui l’a vu débuter. A cette occasion, un nouvel album est commercialisé sous le titre « 50 ans d’amour ».
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Le dernier spectacle a lieu le 2 janvier 1983 et constitue l’ultime apparition de Tino Rossi sur scène. Il lutte alors déjà contre la maladie et le cancer du pancréas qui l’oblige à être hospitalisé pour une lourde opération en mars. Très affaibli, le chanteur finit par succomber le 26 septembre 1983. Ses obsèques sont nationales et célébrées trois jours plus tard en l’église parisienne de la Madeleine. Mais c’est à Ajaccio, en sa terre natale de Corse, que Tino Rossi est finalement inhumé après que le corbillard a traversé une grande partie de l’île salué de village en village par des milliers de personnes. Au cours de sa carrière, Tino Rossi aurait vendu près de 700 millions de disques dans le monde dont un très grand nombre de « Petit Papa Noël ».
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COLOMBO Pia

Pia Colombo dans les années 1960

La chanteuse française Éliane Marie Amélie Colombo mieux connue sous le pseudonyme de Pia COLOMBO naît le 6 juillet 1934 à Homblières (Aisne). Son père, Italien, et sa mère, du Nord de la France, la laissent à sa grand-mère maternelle qui l’élève peu après sa venue au monde. Et c’est donc à la campagne qu’elle grandit en se souciant bien peu de l’école. Après la guerre, en 1946, elle retrouve ses parents qui l’accueillent chez eux en région parisienne. Un jour, ils l’emmènent voir le spectacle proposé au théâtre du Châtelet et Eliane est subjuguée par ces gens qui dansent et qui chantent. Elle décide qu’un jour elle fera comme eux. Elle veut donc devenir petit rat du Châtelet et commence à suivre les cours de danse du théâtre. Mais, à quinze ans, elle est victime de rhumatisme chronique et doit arrêter les chorégraphies. Cela remet tout en question dans cette vie artistique que l’adolescente entame à peine. Une amie lui suggère alors d’essayer l’art dramatique et l’emmène au Cours Simon. Mais c’est un peu compliqué et elle est plus à l’aise lorsque cette amie lui demande d’interpréter des chansons lors d’un spectacle de patronage. Un jeune prof d’anglais, passionné de chanson française et également auteur-compositeur, l’y remarque, l’encourage à persévérer et lui propose finalement de lui « fournir » quelques titres : il s’appelle Maurice Fanon. Cette idée, ainsi que son auteur, la séduisent totalement. Elle travaille donc l’interprétation des chansons de celui qui, marié puis divorcé, devient son amant. Elle se présente pour une audition au cabaret parisien de L’Écluse où Léo Noël, un des cofondateurs, l’engage pour un an. Elle choisit alors le nom de scène de Pia Colombo et interprète, notamment, la chanson « Julie la Rousse », de René-Louis Lafforgue ainsi que des œuvres de Maurice Fanon.
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En 1956, elle emménage chez Maurice et signe un premier contrat phonographique avec la firme Versailles pour qui elle enregistre deux 45-tours de quatre titres dont « Julie la Rousse » et « Isabelle » (de Maurice Fanon).
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Quelques mois plus tard, Maurice Fanon part remplir ses obligations militaires françaises en Algérie jusqu’en 1959. Pendant son absence, elle poursuit sa carrière de chanteuse, change de maison de disques (Philips) et joue « Hula Hoop » au Disco Théâtre du théâtre Marigny à Paris. Son succès grandissant, Pia est appelée, en 1958, à se produire à l’Olympia de Paris, puis en tournée, en première partie de Georges Brassens. Un an plus tard, elle enregistre un des premiers titres signés par Serge Gainsbourg et retrouve Georges Brassens pour ses levers de rideau à Bobino. Maurice Fanon revient d’Algérie et elle reprend la vie commune avec lui. Elle reçoit le Coq d’Or de la chanson française pour son interprétation des « Flonflons du bal », mélodie de Charles Dumont immortalisée par Edith Piaf.
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Alors que la carrière de Pia Colombo est en mode ascendant, l’arrivée des « yé-yés » va chambouler ses objectifs. Il n’y a plus beaucoup de place à la radio pour les chansons qu’elle propose. Et, sans médiatisation, les salles de spectacles sont plus difficiles à remplir. Alors, elle retourne dans les cabarets de la rive gauche parisienne qui l’ont aidé à se faire un nom : « La tête de l’art », « Les Trois Baudets » ou encore « La Contrescarpe » et « La Colombe ». Brassens ne l’oublie toutefois pas et il l’invite à assurer sa première partie à Bobino en avril 1960. Le 28 septembre de la même année, Pia Colombo épouse Maurice Fanon. En 1961, elle est remarquée par le jeune metteur en scène Roger Planchon qui la fait jouer du Bertolt Brecht à Villeurbanne puis à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées. Deux ans plus tard, Pia quitte Maurice mais continue à interpréter les chansons qu’il lui écrit, ou dédie, comme « L’écharpe » en 1964.
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Georges Brassens reste de ceux qui continuent à encourager Pia et elle se produit avec lui en 1964 à plusieurs reprises sur la scène parisienne de Bobino. Elle devient aussi une proche de Jean Ferrat. En 1966, elle joue l’un des 69 personnages de la pièce d’Armand Gatti : « Chant public devant deux chaises électriques », qui est présentée à Paris au Palais de Chaillot. Elle y interprète deux chansons. Elle poursuit alors sa carrière avec une autre oeuvre de Brecht et Weill : « Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny », un opéra en trois actes qui est une vraie révélation et un tournant dans la carrière de l’artiste.
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Pia Colombo revient au tour de chant traditionnel en première partie de l’Olympia d’Alain Barrière et de Charles Aznavour en 1967 avant d’effectuer une tournée en URSS. Arrivent les grèves et manifestations françaises de mai 1968 : Pia Colombo chante dans les usines occupées aux côtés de Lény Escudéro, Jean Ferrat, Isabelle Aubret, Georges Moustaki et Maurice Fanon. La chanteuse se décide à franchir le pas du récital seule sur la scène du Théâtre National Populaire en 1969 : elle y reste un mois. Elle enregistre un album avec des oeuvres de Bertolt Brecht et Kurt Weill pour lequel elle obtient un prix de l’Académie Charles-Cros. La même année, elle interprète « Le métèque » et « Il est trop tard » avant que leur auteur et compositeur, Georges Moustaki, les reprenne à son propre répertoire avec succès.
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Alors que l’artiste a repris le théâtre avec une nouvelle pièce de Brecht (« Maître Puntila et son valet Matti »), elle commercialise un nouvel album éponyme avec les titres « Un pays » et « Adagio nocturne » en 1971.
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Elle poursuit sa carrière en alternant ses activités théâtrales (au Festival d’Avignon en 1972) et musicales (avec, aussi, des spectacles thématiques). Engagée, Pia Colombo rejoint les artistes qui animent alors « La grande kermesse écologique » en octobre 1972 qui propose des alternatives à la pollution. En 1973, la chanteuse est l’une des têtes d’affiche de la fête de l’Humanité aux côtés de Mouloudji, Mireille Mathieu, Serge Lama, et Mort Shuman entre autres. L’année suivante, le producteur Gérard Meys propose à Pia d’enregistrer un nouvel album sur son label phonographique : il contient à nouveau des chansons signées Maurice Fanon comme « Le Che ».
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A ce moment, elle soutient la candidature du socialiste François Mitterrand aux élections présidentielles françaises et elle se produit dans divers pays comme l’Italie, Cuba ou les Etats-Unis. Contraint au silence par la maison de disques avec qui il vient de rompre son contrat en 1975, Léo Ferré offre cinq de ses nouvelles chansons qu’il ne peut interpréter à Pia Colombo qui les enregistre sur un album produit par l’auteur-compositeur.
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En avril 1976, l’artiste apparaît dans l’émission télévisée française « Numéro 1 » de Maritie et Gilbert Carpentier : elle y chante « Johnny Parker » aux côtés de l’acteur Jean-Claude Brialy. Quelques mois plus tard, la chanteuse tombe malade et un cancer lui est diagnostiqué. En 1978, elle fait partie, avec Catherine Ribeiro et Francesca Solleville notamment, de l’affiche d’un concert organisé au profit des victimes de la dictature chilienne. Puis, elle participe au Printemps de Bourges avant de s’effacer en raison de ses ennuis de santé. Entre 1979 et 1981, elle incarne son propre personnage dans un spectacle autobiographique écrit et composé par Maurice Fanon : « Requiem autour d’un temps présent » qui fera l’objet de l’enregistrement d’un double album.
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En 1980, sur scène entre deux séances de chimiothérapie, elle ose ôter la perruque qui masque sa calvitie devant un public en partie choqué par ce geste destiné à évoquer le temps qui lui est désormais compté. Elle participe ensuite à l’émission télévisée française de Jacques Chancel, « Le grand échiquier », où elle apparaît chauve.
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Consacrant de plus en plus de temps à se battre contre le mal qui la ronge, Pia Colombo se fait discrète mais, le 16 avril 1986, à 51 ans, elle est vaincue par le cancer et elle décède à Nonancourt.
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KOOLENN Serge

Serge Koolenn en 1975

Le musicien et chanteur français Serge KOOLENN naît le 15 avril 1947 à La Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Il est adolescent quand il apprend la guitare avec, pour exemple, les groupes de rock « yé-yé ». Il se rapproche des vedettes de l’époque et finit par être guitariste dans l’orchestre qui accompagne Michel Polnareff sur scène en 1969. Il rencontre alors une jeune Américaine dont il partage l’existence pendant neuf ans. Ensemble, ils enregistrent un duo en 1970: « Sonne, carillonne ».
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Cette chanteuse s’appelle Joëlle Mogensen et choisit son seul prénom comme pseudonyme: Joëlle. Quelques mois plus tard, le couple décide de créer un groupe avec l’aide d’autres musiciens qui ont pour nom Richard Dewitte, Lionel Gaillardin, Bruno Walker et Christian Burguière: « Il était une fois ». Leur premier succès, en 1972, a pour titre « Rien qu’un ciel » mais quelques autres « tubes » vont marquer la brève carrière du groupe qui se sépare en 1979: « Les filles du mercredi » (1973), « Que fais-tu ce soir après dîner ? » (1973), « Quand tu partiras » (1973), « C’était l’année dernière » (1974), « J’ai encore rêvé d’elle » (1975), « Viens faire un tour sous la pluie » (1975), « Je suis mélodie » (1976), « Toi et la musique » (1976) ou encore « Pomme » (1978).
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La plupart de ces titres ont été composés par Serge Koolenn et Richard Dewitte. Ces deux compères vont d’ailleurs être les premières victimes de la séparation du groupe car si Joëlle poursuit, avec succès, une carrière de chanteuse soliste interrompue par son décès tragique en 1982, Serge et Richard finissent par retomber dans l’anonymat. Pourtant, Serge Koolenn compose avec Jacques Mercier deux chansons pour son nouveau groupe MEKS (avec les initiales de Mercier, Einaudi, Koolenn et Sere) en 1979: « Loin de chez moi » et « La vie est belle ». Mais cela ne donne rien. Et le résultat n’est pas meilleur lorsqu’il commercialise, grâce à son pote Dick Rivers en 1980, un album enregistré à Los Angeles où figurent des chansons comme « Fille à problèmes », « A cause de vous » ou « Les p’tites grenouilles ».
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En 1981, il enregistre encore un album intitulé « Paris Hollywood » avant de définitivement rejoindre le rang des musiciens de studio. Atteint d’un cancer, Serge Koolenn décède le mardi 28 avril 2015 à Molières-sur-Cèze, dans le Gard (F).
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SARDOU Jackie (Jackie Rollin)

Jackie Sardou

L’artiste française Jackie SARDOU naît le 7 avril 1919 à Paris. Connue aussi sous le nom de Jackie Rollin, son vrai patronyme est Jacqueline Labbé. Elle est aussi la fille d’Andrée Labbé, dite Bagatelle, une danseuse du Concert Mayol et du french-cancan au Moulin Rouge à Paris. Elle reçoit une éducation qui est très religieuse en fréquentant les soeurs des écoles chrétiennes. Mais, enfant de la balle issu d’un milieu artistique, elle se dirige tout naturellement vers le théâtre et la comédie. Alors qu’elle se produit dans des cabarets parisiens et qu’elle obtient de petits rôles dans des opérettes, elle rencontre et épouse l’acteur et chanteur Fernand Sardou. Elle devient ainsi, plus tard, la mère du chanteur Michel Sardou, la grand-mère du romancier Romain Sardou et du comédien Davy Sardou.  Dans les années 1960, en duo avec son mari Fernand Sardou, elle enregistre, en public, une chanson intitulée « Ki ka des dons ».
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Avec son fils Michel, elle enregistra en 1982 un duo humoristique intitulé « Maman » dont le texte est écrit par Jean-Loup Dabadie.
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Ce sketch marqua la carrière de Michel Sardou au point que sur scène en 2012, soit trente ans plus tard, l’artiste le reprenait encore en duo virtuel avec sa mère au cours du spectacle « Les grands moments ». En 1993, Jackie Sardou a enregistré un album de chansons populaires: « Jackie Sardou chante ».
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Quelques années auparavant, en 1980, sous le nom de Jackie Rollin, elle avait déjà sorti un 45 tours dont le titre principal était « Vous marrez pas la jeunesse » (à écouter en CLIQUANT ICI). En 1992, c’est encore un texte de Jean-Loup Dabadie qu’elle parodie avec l’animateur et imitateur Patrick Sébastien lors de la dernière émission télévisée française de « Sébastien c’est fou » : le fameux « Maintenant je sais » initialement interprété par Jean Gabin.
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Jackie Sardou est décédée à Paris le 2 avril 1998.
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BRIALY Jean-Claude

Jean-Claude Brialy – Pochette du 45 tours de 1964

Le comédien français Jean-Claude BRIALY naît le 30 mars 1933 à Aumale, en Algérie. Ayant beaucoup plus qu’une corde à son arc, il ne se contente pas d’obtenir un certain succès au cinéma au début des années 1960 en faisant partie de ceux qui ont créé « la nouvelle vague ». En 1964, il taquine la chanson et n’hésite pas à enregistrer, avec l’aide de Jean Ferrat, quatre titres qui ne lui apportent toutefois pas la gloire en tant que chanteur.
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Dans les années 1970, bien qu’il y soit souvent invité en tant que comédien, Jean-Claude Brialy participe souvent aux émissions télévisées consacrées à la chanson comme celles de Maritie et Gilbert Carpentier. Et il a ainsi l’occasion de se mesurer à d’autres véritables chanteurs comme Carlos dans quelques duos improbables. C’est le cas en 1976 quand il partage un duo avec Isabelle Huppert sur une chanson de Jean-Jacques Debout qui s’intitule alors « Le ciel est bleu sur l’Atlantique » et dont Chantal Goya fera un succès quelques années plus tard sous le titre « Allons danser avec Mickey ».
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Deux ans plus tard, en 1978, ce sont des chansons de Jacques Revaux, Françoise Dorin et Pierre Billon que Jean-Claude Brialy enregistre: « Le coeur tatoué » et « Si t’es beau t’es con ».
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En 1988 enfin, Jean-Claude Brialy sort un 45 tours où il parle plus qu’il ne chante. Les deux faces du disque sont des hommages: l’un à Jacques Prévert (« Si l’on chantait Prévert ») et l’autre à Arletty (« Paris Garance »).
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Jean-Claude Brialy décède le 30 mai 2007 dans son château de Monthyon à Meaux (Seine-et-Marne, France) des suites d’un cancer. Ses obsèques ont lieu le lundi 4 juin en l’église Saint-Louis à Paris et l’inhumation a lieu ensuite au cimetière parisien du Montparnasse.
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PLANA Georgette

Georgette Plana en 1978 – Photo (c) Vogue Pascal Carqueville

La chanteuse française Georgette Plana naît le 4 juillet 1917 à Agen dans le Sud-Ouest. C’est à Bordeaux, où ses parents tiennent un restaurant, qu’elle effectue ses premiers pas de danseuse de music-hall avant de rejoindre Paris en 1941. Elle chante à l’Alhambra de Paris avec Bourvil en 1942 puis à l’ABC et l’Européen. Elle enregistre alors bon nombre de chansons avant de se retirer du show business à la fin des années 1940. Elle mène alors une vie de famille tranquille et s’occupe de ses deux enfants. Dans la seconde moitié des années 1950, quelques succès des années 1920 et 1930 sont enregistrés et commercialisés. Mais la passion de la chanson refait vraiment surface pour Georgette Plana lorsqu’elle sort, en 1967, un 33 tours de classiques de la chanson réaliste française. A 50 ans, elle atteint les sommets des ventes de disques en France avec « Riquita ».
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Il s’agit d’une chanson du répertoire francophone écrite et composée par Ernest Dumont et Louis Bénech en 1926. Parmi les autres chansons de cet album de reprises, il y a aussi « La femme aux bijoux », « Le dénicheur », « Du gris » ou « Les nocturnes ». C’est elle qui « déclenche », à l’époque, la mode des anciennes chansons remises au goût du jour. Des groupes comme les Sunlights enregistrent ainsi avec succès « Les roses blanches », les Charlots reprennent, entre autres, « Sur la commode », « Cach’ton piano » ou « Pétronille tu sens la menthe » et Antoine livre une nouvelle version de « Dites-moi ma mère » de Maurice Chevalier. Quelques mois avant mai 1968, les jeunes artistes essaient ainsi de séduire encore parents et grands parents en leur proposant une nouvelle lecture des chansons de leur jeunesse.
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Les qualités vocales de Georgette Plana ne sont pas irréprochables mais elle possède ce grain de gouaille qui convient parfaitement au répertoire qu’elle interprète. Elle connaît ainsi encore le succès avec « La fille du bédouin », « La valse brune » ou encore « E Viva Espana » composée par le Belge Léo Caerts. Sur ses enregistrements, Georgette est parfois accompagnée par le célèbre accordéoniste français Aimable. En 1969, elle enregistre aussi un duo avec Antoine: « Je t’offre un verre » et, cinq ans plus tard, elle fait partie de la tournée française du podium de la radio Europe 1 aux côtés du groupe Martin Circus. Le 10 mars 2013, à l’âge de 95 ans, Georgette Plana décède à L’Isle-Adam, au nord-ouest de Paris. A la fin des années 1980 et dans les années 1990, elle participe régulièrement aux émissions télévisées françaises nostalgiques de Pascal Sevran comme « La chance aux chansons ».
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MESPLE Mady

Mady Mesplé en 1977

La cantatrice et soprano française Mady MESPLE naît le 7 mars 1931 à Toulouse. Elle est élevée dans un milieu où la musique est appréciée puisque ses parents se sont rencontrés dans une chorale. Sa mère, secrétaire d’une maison de confection, fait venir un professeur à domicile pour lui apprendre la musique. À sept ans, elle entre au conservatoire de Toulouse avec une dispense et elle y suit des cours de piano et de solfège. Encore adolescente, avec un prix de piano dans ses bagages, elle devient la pianiste d’un certain nombre d’artistes de variétés et d’un orchestre de danse. Puis, elle revient au conservatoire pour y apprendre le chant lyrique et obtient également un premier prix. En 1953, c’est en Belgique, à Liège, qu’elle entame sa carrière de cantatrice après une audition réussie à l’Opéra. Elle y obtient un rôle dans « Lakmé » de Léo Delibes avant de figurer à l’affiche du « Barbier de Séville » de Gioachino Rossini et de « Rigoletto » de Giuseppe Verdi. Elle se produit ensuite au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles et revient dans son pays natal pour chanter à Lyon et à Aix-en-Provence. De plus en plus (re)connue pour son talent, Mady Mesplé finit par arriver à Paris où, en 1956, elle commence à se produire à l’Opéra. Puis, dans le courant des années 1960, sa carrière se développe de manière internationale et elle chante en Europe mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique du Sud, en Asie et en URSS. Et si la soprano est appréciée dans les répertoires italien et allemand, elle excelle dans les oeuvres françaises. Rompant avec une certaine tradition des cantatrices reconnues, elle ose une incursion remarquée dans la musique contemporaine de Betsy Jolas, Charles Chaynes et de Pierre Boulez entre autres. Au milieu des années 1980, sans abandonner la scène, l’artiste privilégie les récitals et les concerts qui l’amènent, à nouveau, à parcourir le monde avec, cette fois, une visite en Chine. Elle consacre alors aussi une grande partie de son temps à l’enseignement de son art dans divers conservatoires français ainsi qu’à l’Ecole Normale de Musique de Paris. Au cours des années 1960, 1970 et 1980, elle est régulièrement l’invitée d’émissions de variétés à la télévision française. Au cours des programmes présentés par Guy Lux, Jacques Martin, Michel Drucker ou Pascal Sevran, elle propose aux téléspectateurs de découvrir les airs lyriques les plus populaires des opérettes et des opéras français. Et elle interprète même un duo avec Luis Mariano quelque temps avant le décès de ce dernier en 1970.
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En 1996, elle apprend qu’elle est frappée par la maladie de Parkinson mais, tout en ralentissant ses activités, elle poursuit celles-ci en participant à de nombreux jurys de concours bel canto comme, en 2016 à Marseille, pour le concours Vincenzo Bellini. A 89 ans, Mady Mesplé décède le 30 mai 2020 à Toulouse et elle y est inhumée au cimetière de Terre-Cabade.
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GAINSBOURG Serge

L’auteur-compositeur-interprète français Serge GAINSBOURG naît le 2 avril 1928 à Paris sous le nom de Lucien Ginsburg. Fils d’immigrants russes juifs, il a pour ambition dès son plus jeune âge de devenir artiste-peintre. Mais le destin l’entraîne vers d’autres disciplines artistiques: la musique, la chanson, le cinéma et la littérature.
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Fin des années 1950, ses chansons intéressent quelques artistes confirmés comme Michèle Arnaud et des débutants comme Hugues Aufray. Ce dernier enregistre d’ailleurs « Le poinçonneur des lilas » qui est l’un de ses premiers succès.
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C’est Michèle Arnaud qui pousse Serge à se produire sur scène à Paris au « Théâtre des trois baudets ». Ses premières chansons comportent des sonorités jazz peu habituelles dans le genre et cela est d’abord remarqué par le milieu artistique plus que par le public. Gainsbourg se fait des amis à Saint-Germain-des-Prés: Boris Vian et Juliette Gréco entre autres. Cette dernière interprète ajoute d’ailleurs un bon nombre de ses chansons à son répertoire.
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Mais les premiers albums personnels de Serge sont des bides commerciaux malgré les perles qu’ils contiennent.
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Devant cette « non reconnaissance » du public et la montée de la vague des « yé-yés », Gainsbourg décide alors de se mettre au service de cette dernière. Il va écrire « La Gadoue » pour Pétula Clark et « Poupée de cire, poupée de son » pour France Gall, titre avec lequel cette dernière chanteuse remporte le concours Eurovision de la Chanson. Ces deux chansons sont des « tubes ».
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Serge semble avoir trouvé sa voie et propose son travail à de nombreuses artistes féminines comme Françoise Hardy ou Anna Karina.
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Il y a aussi Brigitte Bardot dont il tombe amoureux. Mais cette passion torride et réciproque est de courte durée. B.B. en gardera des chansons comme « Harley Davidson » ou « Bonnie and Clyde » en duo.
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En 1968, Serge rencontre une jeune actrice anglaise qui sera sa compagne pendant plus de dix ans: Jane Birkin. Et, comme pour marquer d’une pierre blanche cette rencontre, ils vont enregistrer ensemble un sulfureux duo amoureux: « Je t’aime moi non plus », un succès éternel qui fait connaître le côté provocateur de Gainsbourg. D’autant que l’on découvrira bien plus tard qu’il a aussi enregistré ce duo érotique avec Brigitte Bardot quelques mois auparavant.
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Certes critiqué, l’interprète Gainsbourg va alors enfin vendre des disques: « La décadanse », « Je suis venu te dire que je m’en vais », « L’ami caouète », « Sea sex and sun », etc.
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Fin des années 1970, il enregistre deux albums de reggae en Jamaïque et une version très contestée de « La Marseillaise »: « Aux armes etcaetera ».
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Les années 1980 seront celles de la séparation avec Jane Birkin et de la rencontre avec Bambou. Avec elle, il enregistre « Love on the beat » qui est l’une des chansons qui constituent la période Gainsbarre avec des titres plus rock voire même funky.
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Les ennuis cardiaques de Serge Gainsbourg se multiplient alors. Mais le whisky et les « Gitanes bleues » font partie du personnage Gainsbarre qui a du mal à s’en passer. Le 2 mars 1991, il succombe à Paris d’une ultime crise cardiaque. Il a alors 62 ans.
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Serge Gainsbourg reste le personnage de la chanson française qui a fait chanter le plus d’improbables interprètes féminines souvent issues du milieu du cinéma: Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Mireille Darc ou Michèle Mercier.
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Mais ses chansons ont aussi été interprétées par sa fille Charlotte, Valérie Lagrange, Vanessa Paradis, Bambou, Régine, Alain Chamfort, Jacques Dutronc, Alain Bashung, Julien Clerc et même Claude François.
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En 1974, alors qu’elle est pressentie pour représenter la France au concours Eurovision de la Chanson, Dani reçoit de Gainsbourg « Comme un boomerang » mais cette chanson n’est pas retenue et oubliée. En 2001, Dani la retrouve et l’interprète, avec succès, en duo avec Etienne Daho.

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CONSTANTINE Eddie

Eddie Constantine en 1974 – Photo (c) C. Wallis

L’acteur et chanteur français d’origine américaine Eddie CONSTANTINE naît le 29 octobre 1917, à Los Angeles en Californie d’un père russe et d’une mère polonaise, sous le nom d’Edward Constantinowsky. Au début des années 1950, il entame à Hollywood une carrière d’acteur qui n’est pas une réussite et il décide alors de débarquer en France pour y essayer le cinéma mais aussi la chanson. Et, pour ce faire, il se produit dans les cabarets parisiens à la mode. Edith Piaf le remarque et lui demande de jouer à ses côtés dans la comédie musicale « La p’tite Lili ». Il commence aussi à traduire en anglais, pour la chanteuse, ses grands succès de l’époque comme « La vie en rose » ou « L’hymne à l’amour ». Mais c’est grâce au cinéma, et à son rôle de l’agent secret Lemmy Caution dans une série de films noirs, qu’il devient réellement célèbre en France. Et il profite ensuite de ce succès populaire pour revenir à sa passion pour la chanson.
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Et, dans ce domaine aussi, il connaît une certaine gloire avec des titres comme « Ca bardait » (1954), « Et bailler et dormir » (avec Jeff Davis en 1954), « L’enfant de la balle » (1955), « L’homme et l’enfant » (avec Tania Constantine en 1956) ou « Cigarettes, whisky et petites pépées » (1957).
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Dans les années 1960, Eddie Constantine va se consacrer presque exclusivement au cinéma et à son écurie de voitures de course. Et, au milieu de la décennie, il s’installe en Allemagne. Se considérant comme un véritable chanteur plutôt qu’un acteur, Eddie Constantine revient encore à la chanson en 1975 avec une chanson rythmée interprétée en français et en anglais: « Hit parade ».
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Il se fait ensuite plus discret à la fois au cinéma et dans la chanson. Et les dernières nouvelles que l’on reçoit de lui sont celles de son décès survenu en Allemagne, à Wiesbaden, le 25 février 1993 des suites d’un infarctus à l’âge de 75 ans. L’homme n’était pas dénué d’humour comme en témoigne ci-dessous la reprise de son succès « L’homme et l’enfant » en duo avec Yves Montand à la télévision française dans une émission de Jean Nohain datée des années 1950.
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SABLON Jean

Jean Sablon en 1961

Le chanteur crooner français Jean SABLON naît le 25 mars 1906 à Nogent-sur-Marne. Fils du compositeur Charles Sablon, il décide de devenir chanteur et commence, dès l’âge de 17 ans, à se produire dans des opérettes à Paris. Ensuite accompagné par la pianiste-compositrice Mireille pour son premier album, il connaît un succès fulgurant avec la chanson « Couchés dans le foin ». Une chanson qu’ils reprennent ensemble près de 50 ans plus tard lors d’une émission télévisée française de Guy Lux à voir ci-dessous.
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En 1931, il apparaît aux côtés de la star Mistinguett au Casino de Paris. Jean Sablon entre alors dans la légende en 1935 en devenant le premier chanteur français à se produire sur scène avec un microphone. Deux ans plus tard, il remporte le Grand Prix du Disque avec la chanson « Vous qui passez sans me voir », écrite à son intention par Charles Trenet, Johnny Hess et Paul Misraki.
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Il décide alors de s’installer aux Etats-Unis pour travailler à Broadway avec des célébrités comme George Gershwin. Lors d’une escapade canadienne à Montréal, il rencontre une artiste du cru: la Bolduc, spécialiste du « turlutage » ou du « tire-langue » (tam-di-de-lam) dans ses chansons. Véritable crooner et chanteur de charme à la voix de velours, Jean Sablon est l’un des chanteurs les plus populaires de son époque. Il enregistre des disques accompagnés de grands musiciens comme Django Reinhardt ou Stéphane Grappelli.
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Les grands succès de sa carrière ont pour titres « Puisque vous partez en voyage » (avec Mireille), « Rendez-vous sous la pluie » ou encore « Un seul couvert please James » sans oublier son interprétation de « Syracuse » d’Henri Salvador.
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En 1979, pour la télévision française, il interprète un extrait de son succès « Vous qui passez sans me voir » en duo avec l’un de ses plus fervents admirateurs : Georges Brassens.
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Dans la même émission télévisée de 1979, Jean Sablon interprétait un autre de ses grands succès, « Je tire ma révérence », en duo avec le comédien français Jean Piat.
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Tout au long de sa carrière, Jean Sablon connaît aussi un succès international sur scène et son dernier concert à New York date de 1981. Un an plus tard, il fait ses adieux à Paris. A 87 ans, l’artiste décède à Cannes (F) le 24 février 1994. Il est ensuite inhumé au cimetière parisien de Montparnasse.
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DISTEL Sacha

Sacha Distel en 1985 – Photo (c) Georges Dambier

Le guitariste de jazz, compositeur et chanteur français Sacha DISTEL naît à Paris le 29 janvier 1933. Par son père, chimiste émigré en France, il est d’origine russe. Sa mère, Andrée Ventura, est la soeur du célèbre chef d’orchestre et musicien Ray Ventura. C’est son oncle qui va l’initier au jazz et lui faire rencontrer des personnages qui sont déterminants pour son avenir : Henri Salvador par exemple. Sacha commence donc par être guitariste de jazz dans les boites de Saint-Germain-des-Prés. Puis, il fait ses débuts de chanteur en 1958 au casino d’Alger. L’année suivante, il signe son premier succès qui est énorme: « Scoubidou ».
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C’est également l’époque de « Mon beau chapeau », de « Personnalités » et « Ouah Ouah Ouah Ouah ». Après une idylle très médiatisée avec Brigitte Bardot, il épouse, en 1963, la skieuse Francine Bréaud avec laquelle il aura deux fils, Laurent, né en 1964, et Julien, né en 1967.  A partir de 1962, il anime des émissions de variétés à la télévision française et tout le monde se souvient des célèbres « Sacha Show ».
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Pour se constituer un répertoire solide, Sacha Distel adapte et reprend alors bon nombre de succès anglo-saxons. Il gagne ainsi le coeur des Français mais aussi et surtout celui des Françaises car le fringant dandy chante bien: « Scandale dans la famille », « Monsieur Cannibale », « La belle vie », etc.
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On le sait moins mais, au début des années 1960, Sacha Distel a enregistré un 33 tours complet avec des chansons écrites pour lui par Jacques Brel, Georges Brassens, Serge Gainsbourg ou Charles Trenet. Des créations originales ont aussi parsemé le chemin du succès de l’interprète : « La vieille dame » (1974) ou encore « Le voyage à Venise » (1974) entre autres.
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Jusqu’au milieu des années 1980, Sacha Distel reste très populaire avec des mélodies plus que célèbres: « Toute la pluie tombe sur moi », « Le soleil de ma vie » en duo avec Brigitte Bardot, « Accroche un ruban », « Vite chérie vite », « Le père de Sylvia », « La porte d’en face », « Je t’appelle pour te dire que je t’aime », « Ma femme », etc. Ce sont toutes des adaptations françaises de « tubes » étrangers signés Stevie Wonder, Burt Bacharach ou Smokie entre autres.
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Le 28 avril 1985, le chanteur est victime d’un accident de la route, sur la nationale 7 dans la traversée du hameau de Maltaverne à proximité de Cosne-sur-Loire. A bord de la Porsche qu’il conduit se trouve la comédienne Chantal Nobel, alors héroïne du feuilleton télé « Châteauvallon ». Chantal Nobel est grièvement blessée et reste handicapée à vie. Sacha, lui, est légèrement blessé et est condamné à un an de prison avec sursis pour blessures involontaires. Sacha Distel est l’un des rares artistes français à avoir mené une carrière parallèle en Angleterre. C’est ce qui lui a permis, notamment, de tenir le rôle principal de la comédie musicale « Chicago » à Londres en 2001. Trois ans plus tard, après avoir déjà lutté à plusieurs reprises contre la maladie, Sacha Distel perd son ultime combat contre un cancer de la peau. Il décède au Rayol-Canadel-sur-Mer (F) le 22 juillet 2004.
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La mémoire de Sacha Distel et de ses oeuvres est perpétuée par l’un de ses fils, Laurent. A la fin de l’année 2012, ce dernier a commercialisé un superbe coffret de trois DVD reprenant les grands moments du « Sacha Show », ces émissions de variétés mythiques présentées à la télé française par son père entre 1962 et 1973. En janvier 2014, quelques mois avant le dixième anniversaire de la mort Sacha Distel, son fils Laurent annonce la sortie prochaine d’un autre coffret de DVD avec d’autres extraits d’émissions de télé.
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