BEART Guy

Guy Béart en 2010 (c) Le Petit Format – Centre de la Chanson de Paris

L’auteur, compositeur et interprète français Guy BEART naît le 16 juillet 1930 au Caire, en Egypte, sous le nom de Béhar-Hasson. Son père est comptable pour une entreprise française et son travail l’oblige à beaucoup voyager. Et c’est finalement au Liban qu’il grandit jusqu’à ses 17 ans. C’est à cet âge qu’il décide de vivre à Paris. Il s’inscrit à l’Ecole Nationale de Musique et y apprend notamment le violon et la mandoline. Mais il décroche aussi un diplôme d’ingénieur à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. Malgré ce bagage intéressant, Guy Béart est toujours passionné par la musique et la chanson et, en 1954, il tente sa chance dans les cabarets de la Rive gauche à Paris. Il chante ainsi à « La colombe » ou au théâtre des Trois Baudets. Remarqué notamment pour sa chanson « Bal chez Temporel », il lui est proposé d’enregistrer un premier disque chez Philips en 1957. Celui-ci est couronné du Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros l’année suivante.
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C’est le début d’une carrière florissante pour celui qui n’aura de cesse de s’accompagner de son unique guitare, pied sur le tabouret. Les succès vont se multiplier: « L’eau vive », « Qu’on est bien », « Poste restante » « La vérité », etc.
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Profitant de sa popularité grandissante, il écrit pour des artistes féminines comme Patachou, Zizi Jeanmaire ou Juliette Gréco. A la fin des années 1960, il devient l’animateur et le producteur d’une émission de la télévision française, « Bienvenue », où il accueille des collègues artistes et des personnalités issues de tous les domaines qu’ils soient sports, littérature, cinéma, musique, théâtre, etc.
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Sa carrière de chanteur se poursuit sur un mode majeur avec des succès comme « Les couleurs du temps »,  « L’espérance folle » (repris par Line et Willy en 1972 et Isabelle Aubret en 1973) ou « A Amsterdam » en 1976.
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Il lui est alors découvert un cancer qui l’éloigne de son public et du métier pendant quelques années. Jusqu’en 1986 lorsqu’il revient avec un album au titre très optimiste: « Demain je recommence ».
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Cette année-là, lors d’une émission « Apostrophes » de Bernard Pivot, il s’accroche avec Serge Gainsbourg à propos de l’importance de la chanson. Pour Gainsbourg, il s’agit d’un art mineur alors que pour Béart c’est tout le contraire.
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En 1989, alors que la guerre y fait rage, il part à Beyrouth sur les traces d’une enfance qu’il ne retrouve pas. Il participe à un grand mouvement organisé en faveur de la paix et écrit une chanson de soutien intitulée « Liban libre ».
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Il fait ensuite quinze ans sans enregistrer d’album puis, en 2010, il sort « Le meilleur des choses ». Comme tous ses albums commercialisés depuis des années, celui-ci est une production propre des disques Temporel et il est distribué par Sony Music qui en profite pour demander à Béart de « compiler » sur un triple CD ses plus grands succès.
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Le 17 janvier 2015, Guy Béart donne le dernier concert de sa carrière à l’Olympia, il est assis sur scène et est seulement entouré de trois musiciens dont Roland Romanelli. Le spectacle dure quatre heures et il est ponctué d’anecdotes. Le chanteur annonce aussi qu’il ne fera plus d’album ni de tournée.
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Le 16 septembre 2015, Guy Béart s’écroule alors qu’il se rend chez son coiffeur dans la ville de Garches où il habite. Les secours ne peuvent rien pour lui: il est mort d’une crise cardiaque.
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Parmi les artistes qui le regrettent, il y a Pierre Barouh interviewé sur la chaîne de télévision française C News.
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L’artiste est inhumé le 21 septembre 2015 dans le cimetière de Garches en présence, notamment, de sa fille Emmanuelle, d’Alain Souchon, Laurent Voulzy, Patrick Bruel, Dave, Hugues Aufray, Laurent Gerra et Daniel Auteuil. Un reportage a été réalisé ce jour-là par l’Agence France Presse (AFP) et vous pouvez le visionner en cliquant sur l’icône ci-dessous vous renvoyant vers la plateforme YouTube.
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LEFEBVRE Jean

Jean Lefèbvre en 1981

Le comédien français Jean LEFEBVRE naît le 3 octobre 1919 à Valenciennes. Il a aussi tâté de la chanson en enregistrant quelques disques. Ses études basiques terminées, il s’engage dans l’armée pour être caserné près de Versailles avant d’être fait prisonnier pendant la guerre. Il s’échappe du camp de Voves (Eure-et-Loir) en mai 1944 et trouve refuge dans une famille puis revient chez lui à Valenciennes où il travaille pour son père à la Libération. En 1948, il part pour Paris où il entre au Conservatoire et y décroche un deuxième prix d’opéra-comique. Mais il est alors repéré par René Simon et le célèbre professeur d’art dramatique l’oriente plutôt vers la comédie. Il rejoint ainsi la troupe des Branquignols dans les années 1950. Au cours de la même décennie, il effectue quelques apparitions au cinéma mais c’est dans les années 1960 et 1970 qu’il va devenir un des seconds rôles les plus célèbres du cinéma français. Au niveau de la musique et de la chanson, Jean Lefèbvre enregistre aussi quelques disques qui ne laisseront malheureusement pas des traces indélébiles dans le paysage. Avec un autre comédien et second rôle français, Henri Genès, il enregistre en 1968 un duo au titre évocateur: « Les minets de la plage » (à écouter sur « Bide et Musique » en cliquant ICI). Cette année-là aussi, il apparaît dans une émission de Guy Lux à la télévision française: il y interprète à sa façon la chanson « On m’appelle Simplet », créée et immortalisée par Fernandel.
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Et puis d’autres chansons sont un peu plus diffusées: « Le Pied », une chanson érotico-nympho-comique, « Tout baigne dans l’huile », en duo avec Bruna Giraldi en 1981 ou « Le démon de midi » en 1990.
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En 1995, c’est tout un album qu’enregistre Jean Lefèbvre. Il a pour titre générique « C’est drôle c’que j’plais » et comporte des chansons comme « Le p’tit Quinquin » et « Le clair de lune à Maubeuge » (qui évoquent sa région d’origine, le Nord), mais aussi « Les gens riaient » (de Fernandel), « La tendresse » (de Bourvil) ou des compositions originales comme « La vie n’a pas le temps ».
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Jean Lefèbvre décède le 9 juillet 2004 à Marrakech, au Maroc, d’une crise cardiaque. Pour répondre à ses dernières volontés, il est incinéré et ses cendres sont dispersées sur le Mont-Blanc.
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LUX Guy

L’animateur et producteur de télévision français Guy LUX naît le 21 juin 1919 à Paris. Il suit d’abord des études à l’école des Arts Appliqués et aux Beaux-Arts avant de se tourner vers la chanson en tant que parolier. A l’aube de la seconde guerre mondiale, alors qu’il a 20 ans, Guy Lux est mobilisé puis fait prisonnier avant de s’évader, de rejoindre la Résistance française et les troupes alliées. Après la guerre, il ouvre une quincaillerie dans la région parisienne mais il ne rêve que de jeux qu’il propose à la paroisse de son village. Au fil de ses rencontres, Guy Lux va finir par proposer une idée originale de jeu à la radio française et cette dernière va être acceptée en 1952. Avec l’apparition et l’évolution de la télévision dans les années 1950, c’est finalement vers ce média que Guy Lux se tourne pour y proposer des formules de jeux populaires. Ainsi, dès le début des années 1960, il lance quantité de nouvelles émissions ludiques à la télévision française: « La roue tourne », « Intervilles », « Inter-neige » et « Jeux sans frontières » entre autres. Avec Léon Zitrone qui coprésente le programme avec lui, Guy Lux enregistre même « Le tango d’Intervilles ».
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Par la suite, Guy Lux intègre ses jeux dans des émissions de chansons et de variétés. De 1965 à 1968, il présente « Le Palmarès des chansons » avec la regrettée Anne-Marie Peysson.
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Cette émission, désormais légendaire, est suivie par « Domino », « Ring parade », « Système 2 » et « Cadet Rousselle » qu’il anime aux côtés de Sophie Darel.
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Tenté par le cinéma, Guy Lux réalise alors un film qui n’est pas un best seller en 1977: « Drôles de zèbres » avec, entre autres, Claude François, Alice Sapritch, Patrick Topaloff, Patrick Préjean et André Torrent.
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Les variétés façon Guy Lux ne plaisent pas au pouvoir de gauche qui se met en place en 1981 et l’homme est renvoyé du service public de la télévision française. Mais son écartement est très provisoire puisque, deux ans plus tard, il revient sur FR3 avec « Cadence 3 », une émission typiquement de son cru en 1983.
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Presque 20 ans après avoir créé ce jeu télévisé, il lance une formule renouvelée du célèbre « Intervilles » sur FR3 en 1985. Et c’est à nouveau le succès pour cette émission estivale. De temps en temps, entre les émissions et les jeux télévisés, Guy Lux revient à ses premières amours en écrivant des chansons. Il le fait notamment pour Bezu en signant son « tube » « A la queue leu leu ».
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A partir de 1991, à contre-coeur, Guy Lux disparaît progressivement des écrans de télé. Il continue cependant à produire et à imaginer des émissions de télévision mais quelque chose est brisé au fond de lui. Il décède, un peu oublié par ses pairs, le 13 juin 2003 chez lui à Neuilly-sur-Seine.
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BODART Jeff

L’auteur, compositeur et interprète belge Jeff BODART, dont le vrai prénom est Jean-François, naît le 30 septembre 1962 à Charleroi. Après une enfance plutôt normale où la musique prime déjà sur les études, Jean-François fonde, dans sa région natale, le groupe « Spasmes » dont il est le guitariste. Avec le même instrument entre les mains, il crée ensuite « Aphrodisiax » et, au début des années 1980, le groupe enregistre un 45 tours auto-produit: « Sexe Symbole ».
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Mais c’est avec le groupe suivant, les « Gangsters d’Amour », dont il est cette fois le chanteur, que le succès va réellement s’installer dans la région de Charleroi puis en Belgique, dans toute la francophonie et au-delà. Les tournées des « Gangsters d’Amour » les emmènent ainsi entre autres en URSS et en Chine. La formation connaît le succès avec des chansons comme « SOS Barracuda », « Meurtre à Hawaï », « Hey baron rouge » et « Coûte que coûte » qui lui permet, notamment d’obtenir de nombreux passages à la télévision française dans les émissions présentées alors par le jeune Christophe Dechavanne.
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En 1992, après deux albums et dix singles, le groupe se sépare et Jeff se lance dans une carrière solo en adoptant un look avec casquette vissée sur la tête. Et le premier opus de Jeff Bodart sort avec un titre « locomotive » qui va le propulser sur les ondes radiophoniques francophones: « Du vélo sans les mains ».
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D’autres chansons extraites de cet album obtiennent aussi la faveur des médias par la suite: « Chacun son histoire », « Le blues animal » et « Un monde ne suffit pas ». Il participe, en août 1994, au concours de la Truffe de Périgueux où il représente la Belgique pour la RTBF, la radio publique francophone. Trois ans plus tard, Jeff confirme tout le bien que l’on a pu penser de lui en commercialisant un second album intitulé « Histoires universelles ». Il y chante notamment « La vie d’artiste », « Sans tambour ni trompette », « Ca valait la peine que je naisse », « J’te promets la lune » et « Le chant des yakas ».
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Parallèlement à la sortie de ses albums, Jeff Bodart s’attache à présenter ses chansons en public sur scène. Il participe ainsi aux Francofolies  de La Rochelle (F), au défunt festival « Mars en chansons » qui a lieu dans sa ville natale de Charleroi (B) et aux Francofolies de Spa où l’on organise un concert autour de lui, « La fête à Jeff Bodart » avec la participation, entre autres, de Marka, Kent, Philippe Lafontaine et Axelle Red.
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En 2001, son album a pour titre « Ça ne me suffit plus » et il y chante notamment « La vie la mort », « Politiquement correct », « Les filles sont des garçons bizarres » et « Le soleil fera le reste ». Le succès de ces chansons est plus restreint mais la Belgique francophone soutient plus que jamais son turbulent et sympathique artiste.
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En 2003, l’album « T’es rien ou t’es quelqu’un » est annoncé par le single « Boire boire boire », adaptation française d’un titre allemand des années 1980 alors interprété par Trio: « Da da da ». Le disque contient quelques perles qui sont diffusées sur les radios: « Canadair », « Tu m’aimeras quand je ne t’aimerai plus » ou « Ma vie est une balançoire ». Et, sur la photo du livret, Jeff troque la casquette contre un chapeau.
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Cinq ans après cet album, Jeff Bodart revient avec le suivant qui sort au début de l’année 2008: « Et parfois c’est comme ça ». Le public et les medias n’ont malheureusement pas le temps de se familiariser avec les nouvelles chansons (comme « Destination Ultramarine »): au mois d’avril, Jeff Bodart est retrouvé inanimé chez lui, victime d’un accident vasculaire cérébral. Plongé artificiellement dans le coma, il décède le 20 mai 2008 à l’âge de 45 ans. Les funérailles ont lieu le 24 mai en l’église Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles. Il est ensuite incinéré et ses cendres sont dispersées dans le cimetière de Farciennes, localité proche de Charleroi où il a grandi. Pour se rappeler l’artiste trop tôt disparu, une sculpture à son honneur a été implantée sur la place de la ville. Jeff avait pris pour habitude d’écrire et de composer la majeure partie de ses chansons et en avait aussi proposé à d’autres artistes comme Pierre Bachelet par exemple. Garçon extraordinairement sociable de nature, Jeff Bodart avait sympathisé avec bon nombre de ses collègues en les sollicitant parfois pour en obtenir l’écriture de chansons. Ce fut le cas pour Kent, Christophe Miossec, Jacques Duvall, Marc Morgan, François Bernheim ou même Benoit Poelvoorde. En hommage à Jeff, certains de ces artistes sont venus témoigner ou chanter lors des concerts qui ont été organisés à Louvain-la-Neuve (B) en octobre 2008 et aux Francofolies de Spa (B) le 17 juillet 2009. Sont présents, entre autres, Karin Clercq, Jacques Duvall, Wendy Nazaré, William Dunker, Anaïs H, Kent, Charline Rose, Nell, Jéronimo, Balimurphy, Eté 67, Franco Tils, Marie Warnant, Perry Rose, Vincent Liben, Théophile Octobre, Alexonor, Philippe Résimont, les Gangsters d’amour (reformés sans Jeff) et Manu Champagne.
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Un album posthume reprenant ses plus grands succès, dont ceux des « Gangsters d’Amour », est sorti un an après la disparition du chanteur. Depuis 2011, un prix « Jeff Bodart » est remis à un jeune artiste marquant de la scène francophone belge. Cette récompense est attribuée lors de la cérémonie des « Octaves de la Musique ». En mai 2018, dix ans après le décès de Jeff Bodart, l’un de ses proches collaborateurs, Pierre Gillet, entreprend de réaliser un album hommage avec des artistes talentueux et amis du défunt. Le premier à enregistrer un titre pour ce disque, sorti trop confidentiellement en 2019, est l’acteur Benoit Poelvoorde qui reprend « Ferme ta gueule ».
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LEMARCHAL Grégory

L’album posthume de Grégory Lemarchal en 2008

Le chanteur français Grégory LEMARCHAL naît le 13 mai 1983 à La Tronche. Alors qu’il est à peine âgé de 20 mois, les médecins découvrent qu’il est victime de la mucoviscidose. Et, comme un défi lancé à la mort, le petit garçon puis l’adolescent n’aura de cesse de repousser les limites imposées par ses problèmes respiratoires importants. Il pratique le basket-ball puis la danse de rock acrobatique. Intéressé par la chanson, il se présente à la sélection du crochet télévisé « Graines de stars » sur la chaîne privée française M6. En y interprétant « Le chanteur » de Balavoine, il ne se qualifie pas mais devient un peu connu dans sa région natale de Grenoble. A seize ans, cela lui permet de passer en lever de rideau de concerts locaux où des artistes célèbres se produisent. Les propositions artistiques et les castings se multiplient comme ceux de la comédie musicale « Adam et Eve » et de « Belles belles belles » en 2003. Mais sa résistance physique l’empêche à chaque fois de se lancer dans pareille aventure. Alors, il se tourne vers la Star Academy de la chaîne de télé privée française TF1 à laquelle il participe dès septembre 2004. Et il va vraiment marquer l’émission de ses prestations par ses qualités vocales exceptionnelles soulignées par tous ses partenaires de duos: Hélène Ségara, Serge Lama ou Patrick Bruel entre autres.
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Ayant franchi toutes les étapes avec brio, il finit par remporter la finale le 22 décembre 2004 face à Lucie Bernardoni et il est ainsi le premier garçon à remporter la Star Academy française.
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Cette victoire lui permet d’enregistrer un album, « Je deviens moi », qui sort en 2005 et qui comporte un « tube »: « Écris l’histoire ».
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Grâce aux ventes extraordinaires, l’album est certifié double disque d’or en France. A ce moment, nouveau défi, Grégory Lemarchal part en tournée avec la Star Academy durant trois mois. En janvier 2006, il est consacré Révélation francophone de l’année aux NRJ Music Awards.
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Malgré la fatigue qui s’accumule, sa passion le pousse à effectuer ensuite une tournée de l’Europe francophone en mai et juin 2006, avec un passage très remarqué de trois jours à l’Olympia de Paris. Ce concert fait l’objet de la sortie d’un album à la fin 2006.
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La santé de Grégory décline de plus en plus mais il trouve encore la force de participer à l’émission célébrant la 100e soirée de la Star Academy en janvier 2007 où il chante une fois de plus avec Patrick Bruel mais, cette fois, en anglais : « The show must go on ».
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Quelques semaines plus tard, le jeune chanteur annonce faire une pause dans sa carrière pour mieux préparer son deuxième album dont il enregistre les premières chansons en mars. Le 30 mars 2007, il rejoint Hélène Ségara sur scène pour la première date de sa tournée et il interprète avec elle « Vivo per lei ». Son état de santé se dégrade alors subitement et il est hospitalisé d’urgence le 2 avril à l’hôpital Foch de Suresnes. Une greffe des poumons est absolument nécessaire pour le guérir. Mais celle-ci tarde et, le 29 avril, il est placé dans un coma artificiel en attendant la greffe qui n’arrivera finalement pas. A 23 ans, Grégory Lemarchal meurt le lundi 30 avril 2007 à 13 heures. Ses obsèques se déroulent en la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry le 3 mai 2007. Il est inhumé au cimetière de Sonnaz, près de Chambéry.
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Des albums posthumes constitués d’inédits, de reprises et de titres non commercialisés sortent en 2008 (« La voix d’un ange ») et 2009 (« Rêves »).
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Depuis juin 2007, ses parents ont constitué « l’association Grégory Lemarchal » dans le but de lutter contre la mucoviscidose. Et, régulièrement, des hommages télévisés sont rendus au jeune chanteur afin de créer des appels à la solidarité et aux fonds. En septembre 2020, la chaîne de télé française TF1 propose un biopic sur Grégory Lemarchal intitulé « Pourquoi je vis » et où le rôle du chanteur est tenu par Mickaël Lumière.
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ROSSI Tino

Tino Rossi dans les années 1950 – Photo (c) Rimis

Le chanteur français Tino ROSSI naît le 29 avril 1907 à Ajaccio (Corse). Dès son plus jeune âge, Constantin, dit « Tino », est attiré par la chanson et sa voix particulièrement claire ne laisse pas son entourage indifférent. L’école n’est pas la plus grande passion du jeune Constantin qui, une fois adolescent, profite de ses dons vocaux pour séduire les jeunes filles. C’est ainsi qu’à l’approche de ses 20 ans, il tombe amoureux d’une violoniste qu’il accompagne sur le continent et qu’il épouse. Il devient le papa d’une fille prénommée Pierrette puis divorce. Après un bref retour sur l’île de beauté, Tino arrive cette fois à Marseille avec une deuxième épouse. Il y accomplit divers petits boulots provisoires et alimentaires. Il déménage à Aix-en-Provence où il fait la connaissance d’un tourneur de spectacles: Louis Allione. Ce dernier lui permet de se produire dans des petites salles de la région où on présente Tino Rossi comme « le roi des chanteurs de charme ». En 1932, il enregistre, à Marseille, un disque gadget qui sert de cadeau à sa maman. Mais un producteur parisien est dans la boutique où Tino grave sa voix sur ce disque en fer blanc et il le convie à « monter » à Paris pour y réaliser un « vrai » disque. Deux chansons, non francophones, y sont gravées: « O Ciuciarella » et « Ninni Nanna ».
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On découvre alors que la voix très particulière de Tino trouve son origine dans une anomalie de ses cordes vocales. De retour à Marseille, l’artiste est engagé plusieurs jours à l’Alcazar et au Théâtre des Variétés. Tout cela l’amène assez naturellement à signer un premier contrat avec une maison de disques. Et c’est chez Columbia qu’il enregistre son premier « tube », en français cette fois : « Le tango de Marilou ».
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Parallèlement à cet engouement discographique, sa carrière prend aussi une ampleur étonnante sur scène. Il se produit ainsi un peu partout en France mais aussi en Belgique. A Paris, il chante à l’ABC et au Casino. Son physique fait réellement « craquer » la gent féminine dont il devient l’idole. Et les producteurs de cinéma, bien conscients du profit à en tirer, vont faire appel à Tino Rossi qui, dès 1936, tourne dans « Marinella », un film écrit et réalisé autour de sa personne. C’est un véritable triomphe.
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A l’époque du « Front Populaire » en France, Tino chante même pour des grévistes. A nouveau divorcé, l’artiste vit un amour passion avec l’actrice Mireille Balin qui, tenaillée par la jalousie, va vite sombrer dans l’alcool et l’usage de drogues. En 1938, Hollywood s’intéresse à Tino Rossi: les radios américaines diffusent ses chansons en boucle et le chanteur donne quelques concerts aux Etats-Unis en devenant le premier « latin lover » de l’histoire. Mais l’artiste corse n’apprécie pas l' »american way of life » et il a le mal du pays. Il rentre en France en refusant les offres financières mirobolantes des producteurs de Los Angeles. Sur le chemin du retour, il effectue une série de concerts mémorables au Canada. Avant la guerre, il se remet à tourner des films français dans lesquels il crée de grands succès de la chanson populaire. Pendant le conflit mondial, il enregistre moins de disques et se produit moins sur scène. Mais il poursuit sa carrière d’acteur en zone française libre. Il tourne ensuite un film dont le scénario encourage la Résistance avant de paraître dans un autre long métrage produit par les productions allemandes « Continental »: « Mon amour est près de toi » de Richard Pottier. Il refuse d’enregistrer la chanson « Maréchal nous voilà », à la gloire du maréchal Pétain favorable à l’occupant nazi, qu’André Dassary interprète finalement. Il cache aussi dans son orchestre le compositeur Nobert Glanzberg, Juif polonais, puis le fait évader lorsqu’il est emprisonné par les Allemands. Comme de nombreuses célébrités soupçonnées d’avoir traité d’une manière ou d’une autre avec l’occupant allemand, Tino Rossi est arrêté en octobre 1944. Mais après trois mois passés à la prison de Fresnes, il est exempté de toute poursuite par un juge qui estime que l’instruction montée contre lui est dénuée de tout fondement. Le chanteur reçoit même des excuses officielles du gouvernement français. En 1946, il tient un double rôle dans le film « Destins ». Tino Rossi y crée une chanson oubliée par ses auteurs Henri Martinet et Raymond Vincy: « Petit Papa Noël » qui devient son plus grand succès.
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Un an plus tard, le chanteur effectue une très longue tournée en Amérique du Sud. A son retour en France, le 14 juillet 1948, il épouse, à Cassis, la danseuse niçoise Lilia Vetti qui lui a été présentée par Mistinguett en 1941. Elle reste sa compagne jusqu’à son décès. Elle est aussi la maman de Laurent Rossi, plus tard producteur et chanteur, qui naît le 22 mai 1948. Pour « Petit Papa Noël », il est le premier artiste français à recevoir un disque d’or en 1949. En 1954, Tino Rossi décide de réduire ses activités cinématographiques et il se tourne vers l’opérette. Il a 48 ans lorsqu’il se retrouve sur la scène du théâtre parisien du Châtelet pour « Méditerranée » le 17 décembre 1955. Il y reste deux ans.
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Désormais, pendant quelques années, le chanteur alterne les concerts et les opérettes. Ses succès discographiques se raréfient alors, même si le chanteur crée la surprise en 1963 en se faufilant entre les chanteurs yé-yés avec « Le temps des guitares ».
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Au début des années 1970, après une dernière apparition parisienne dans l’opérette « Le Marchand de Soleil », Tino Rossi décide de profiter un peu plus de la vie familiale en Corse. Il se produit encore de temps à autre en concert et figure au programme de nombreuses émissions télévisées françaises: il est ainsi l’invité de Jacques Chancel, des Carpentier et, plus fréquemment, de Guy Lux. En 1976, son fils, le chanteur Laurent Rossi, produit un 45-tours où ils interprètent un duo qui a pour titre « Chantons ensemble la même chanson ».
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Le 9 novembre 1982, Tino Rossi fête ses 50 ans de chanson sur la scène du Casino de Paris qui l’a vu débuter. A cette occasion, un nouvel album est commercialisé sous le titre « 50 ans d’amour ».
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Le dernier spectacle a lieu le 2 janvier 1983 et constitue l’ultime apparition de Tino Rossi sur scène. Il lutte alors déjà contre la maladie et le cancer du pancréas qui l’oblige à être hospitalisé pour une lourde opération en mars. Très affaibli, le chanteur finit par succomber le 26 septembre 1983. Ses obsèques sont nationales et célébrées trois jours plus tard en l’église parisienne de la Madeleine. Mais c’est à Ajaccio, en sa terre natale de Corse, que Tino Rossi est finalement inhumé après que le corbillard a traversé une grande partie de l’île salué de village en village par des milliers de personnes. Au cours de sa carrière, Tino Rossi aurait vendu près de 700 millions de disques dans le monde dont un très grand nombre de « Petit Papa Noël ».
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RIVERS Dick

Dick Rivers en 2012

Le chanteur français Hervé Fornieri, mieux connu sous le nom de Dick RIVERS, naît le 24 avril 1945 à Nice. Fan d’Elvis Presley, il a d’ailleurs emprunté son prénom de scène au nom d’un des personnages joués par le King au cinéma. A peine âgé de quinze ans, il fonde « Les Chats Sauvages », un groupe qui va être l’un des premiers à pratiquer le rock and roll en France. Entre mai 1961 et juin 1962, ces musiciens vont enregistrer une centaine de titres: du rock mais aussi du twist, rythme très à la mode en 1962. Parmi les succès du groupe, on peut citer « C’est pas sérieux », « Twist à Saint-Tropez » ou « Est-ce que tu le sais » (adaptation française de « What I’d say » de Ray Charles).
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En septembre de cette année-là, Dick Rivers décide de voler de ses propres ailes et largue le groupe. Dès le début de sa carrière de soliste, que ce soit par des adaptations ou des titres originaux, le chanteur va tenir le haut du pavé et s’installer solidement pour des dizaines d’années dans le paysage français de la chanson.
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Dans les années 1960, grâce à ses bonnes relations avec Daidy Davis Boyer, Dick Rivers va tourner quantité de scopitones de ses chansons. Ce petit film de cinéma ainsi appelé scopitone était l’ancêtre du clip video. Il permettait à tout un chacun de visionner ses chansons préférées sur un appareil s’apparentant à un juke-box. Dick fera aussi de la figuration dans les scopitones de certains autres chanteurs. Ses succès sont nombreux et le chanteur s’adapte aux modes en interprétant notamment du rhythm’n’blues à la fin des années 1960 comme « Mr Pitiful ».
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Alors que la décennie 1970 laisse craindre le pire pour un chanteur de rock, Dick Rivers s’en tire plutôt bien en restant fidèle à son style (« Maman n’aime pas ma musique ») ou en s’orientant vers la musique country (« Faire un pont », adaptation de « Country roads »).
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Ces années-là sont celles où Dick Rivers fait appel à Bashung pour la réalisation de trois albums. Les Chats Sauvages se reforment le temps d’un disque qui sort en 1982 sans grand succès.
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En 1983, sa carrière prend un autre virage encore avec des chansons signées Didier Barbelivien (« Nice Baie des Anges »).
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Au tout début des années 1990, l’artiste se lance dans l’aventure du conte musical avec un double album consacré à l’histoire inventée d’une chanteuse virtuelle: Linda Lu Baker. Ce disque est pour Dick l’occasion de partager un gospel avec le Golden Gate Quartet (« Ainsi soit-elle ») mais il lui offre aussi l’opportunité d’interpréter un titre de mambo (« Sale mambo ») et un autre de salsa!
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Parmi les collaborateurs de l’opus « Linda Lu Baker » se trouve aussi un certain Francis Cabrel qui va mettre en scène, avec Dick et un groupe nommé « Les Parses », un spectacle dédié au rock : « Le rock’n’roll show ». Quelques concerts seront proposés en 1990 et Cabrel commercialisera, en 2020 en hommage après le décès de Dick Rivers, un DVD de cette aventure musicale exceptionnelle enregistrée le 15 octobre 1990 à Villeneuve-sur-Lot .
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Au même moment, Dick Rivers raconte le rock comme personne sur Radio Monte Carlo. Comme Johnny Hallyday, le rival de ses débuts, le chanteur niçois n’a alors de cesse de rencontrer de nouveaux auteurs et compositeurs dont il fait éclore le talent. Ceux-ci ont pour nom Benjamin Biolay, M, Joseph d’Anvers ou Mathieu Boogaerts. Dick Rivers fête ses 50 ans de carrière en mai 2011. Pour l’occasion, il sort un album (cliquer ici pour voir la chronique) mais aussi un livre : Mister D.
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La tournée qu’il effectue à travers toute la France en 2012 est immortalisée par un DVD : « Le gran’ tour ». En 2014, l’album « Rivers » lui permet d’entrevoir une nouvelle tournée de concerts. Mais celle-ci est annulée en raison d’une chute dont le chanteur est relevé avec un traumatisme crânien. Le 28 octobre 2017, les téléspectateurs de France 2 sont heureux de retrouver Dick Rivers bon pied bon oeil pour participer, au Zénith de Paris, à la soirée célébrant les 25 ans de l’émission « Taratata » de Nagui. Et puis, au début 2018, l’artiste confirme son retour en forme en apparaissant dans un clip très déjanté de Julien Doré: « Africa », une reprise étonnante du célébrissime tube initialement interprété par Rose Laurens en 1982.
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Dick Rivers décède, à Paris, des suites d’un cancer le jour de ses 74 ans: le 24 avril 2019.
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Les obsèques de Dick Rivers ont lieu à Paris le jeudi 2 mai en l’église Saint-Pierre de Montmartre. L’artiste est ensuite inhumé au cimetière parisien de Montmartre.
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COLOMBO Pia

Pia Colombo dans les années 1960

La chanteuse française Éliane Marie Amélie Colombo mieux connue sous le pseudonyme de Pia COLOMBO naît le 6 juillet 1934 à Homblières (Aisne). Son père, Italien, et sa mère, du Nord de la France, la laissent à sa grand-mère maternelle qui l’élève peu après sa venue au monde. Et c’est donc à la campagne qu’elle grandit en se souciant bien peu de l’école. Après la guerre, en 1946, elle retrouve ses parents qui l’accueillent chez eux en région parisienne. Un jour, ils l’emmènent voir le spectacle proposé au théâtre du Châtelet et Eliane est subjuguée par ces gens qui dansent et qui chantent. Elle décide qu’un jour elle fera comme eux. Elle veut donc devenir petit rat du Châtelet et commence à suivre les cours de danse du théâtre. Mais, à quinze ans, elle est victime de rhumatisme chronique et doit arrêter les chorégraphies. Cela remet tout en question dans cette vie artistique que l’adolescente entame à peine. Une amie lui suggère alors d’essayer l’art dramatique et l’emmène au Cours Simon. Mais c’est un peu compliqué et elle est plus à l’aise lorsque cette amie lui demande d’interpréter des chansons lors d’un spectacle de patronage. Un jeune prof d’anglais, passionné de chanson française et également auteur-compositeur, l’y remarque, l’encourage à persévérer et lui propose finalement de lui « fournir » quelques titres : il s’appelle Maurice Fanon. Cette idée, ainsi que son auteur, la séduisent totalement. Elle travaille donc l’interprétation des chansons de celui qui, marié puis divorcé, devient son amant. Elle se présente pour une audition au cabaret parisien de L’Écluse où Léo Noël, un des cofondateurs, l’engage pour un an. Elle choisit alors le nom de scène de Pia Colombo et interprète, notamment, la chanson « Julie la Rousse », de René-Louis Lafforgue ainsi que des œuvres de Maurice Fanon.
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En 1956, elle emménage chez Maurice et signe un premier contrat phonographique avec la firme Versailles pour qui elle enregistre deux 45-tours de quatre titres dont « Julie la Rousse » et « Isabelle » (de Maurice Fanon).
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Quelques mois plus tard, Maurice Fanon part remplir ses obligations militaires françaises en Algérie jusqu’en 1959. Pendant son absence, elle poursuit sa carrière de chanteuse, change de maison de disques (Philips) et joue « Hula Hoop » au Disco Théâtre du théâtre Marigny à Paris. Son succès grandissant, Pia est appelée, en 1958, à se produire à l’Olympia de Paris, puis en tournée, en première partie de Georges Brassens. Un an plus tard, elle enregistre un des premiers titres signés par Serge Gainsbourg et retrouve Georges Brassens pour ses levers de rideau à Bobino. Maurice Fanon revient d’Algérie et elle reprend la vie commune avec lui. Elle reçoit le Coq d’Or de la chanson française pour son interprétation des « Flonflons du bal », mélodie de Charles Dumont immortalisée par Edith Piaf.
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Alors que la carrière de Pia Colombo est en mode ascendant, l’arrivée des « yé-yés » va chambouler ses objectifs. Il n’y a plus beaucoup de place à la radio pour les chansons qu’elle propose. Et, sans médiatisation, les salles de spectacles sont plus difficiles à remplir. Alors, elle retourne dans les cabarets de la rive gauche parisienne qui l’ont aidé à se faire un nom : « La tête de l’art », « Les Trois Baudets » ou encore « La Contrescarpe » et « La Colombe ». Brassens ne l’oublie toutefois pas et il l’invite à assurer sa première partie à Bobino en avril 1960. Le 28 septembre de la même année, Pia Colombo épouse Maurice Fanon. En 1961, elle est remarquée par le jeune metteur en scène Roger Planchon qui la fait jouer du Bertolt Brecht à Villeurbanne puis à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées. Deux ans plus tard, Pia quitte Maurice mais continue à interpréter les chansons qu’il lui écrit, ou dédie, comme « L’écharpe » en 1964.
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Georges Brassens reste de ceux qui continuent à encourager Pia et elle se produit avec lui en 1964 à plusieurs reprises sur la scène parisienne de Bobino. Elle devient aussi une proche de Jean Ferrat. En 1966, elle joue l’un des 69 personnages de la pièce d’Armand Gatti : « Chant public devant deux chaises électriques », qui est présentée à Paris au Palais de Chaillot. Elle y interprète deux chansons. Elle poursuit alors sa carrière avec une autre oeuvre de Brecht et Weill : « Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny », un opéra en trois actes qui est une vraie révélation et un tournant dans la carrière de l’artiste.
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Pia Colombo revient au tour de chant traditionnel en première partie de l’Olympia d’Alain Barrière et de Charles Aznavour en 1967 avant d’effectuer une tournée en URSS. Arrivent les grèves et manifestations françaises de mai 1968 : Pia Colombo chante dans les usines occupées aux côtés de Lény Escudéro, Jean Ferrat, Isabelle Aubret, Georges Moustaki et Maurice Fanon. La chanteuse se décide à franchir le pas du récital seule sur la scène du Théâtre National Populaire en 1969 : elle y reste un mois. Elle enregistre un album avec des oeuvres de Bertolt Brecht et Kurt Weill pour lequel elle obtient un prix de l’Académie Charles-Cros. La même année, elle interprète « Le métèque » et « Il est trop tard » avant que leur auteur et compositeur, Georges Moustaki, les reprenne à son propre répertoire avec succès.
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Alors que l’artiste a repris le théâtre avec une nouvelle pièce de Brecht (« Maître Puntila et son valet Matti »), elle commercialise un nouvel album éponyme avec les titres « Un pays » et « Adagio nocturne » en 1971.
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Elle poursuit sa carrière en alternant ses activités théâtrales (au Festival d’Avignon en 1972) et musicales (avec, aussi, des spectacles thématiques). Engagée, Pia Colombo rejoint les artistes qui animent alors « La grande kermesse écologique » en octobre 1972 qui propose des alternatives à la pollution. En 1973, la chanteuse est l’une des têtes d’affiche de la fête de l’Humanité aux côtés de Mouloudji, Mireille Mathieu, Serge Lama, et Mort Shuman entre autres. L’année suivante, le producteur Gérard Meys propose à Pia d’enregistrer un nouvel album sur son label phonographique : il contient à nouveau des chansons signées Maurice Fanon comme « Le Che ».
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A ce moment, elle soutient la candidature du socialiste François Mitterrand aux élections présidentielles françaises et elle se produit dans divers pays comme l’Italie, Cuba ou les Etats-Unis. Contraint au silence par la maison de disques avec qui il vient de rompre son contrat en 1975, Léo Ferré offre cinq de ses nouvelles chansons qu’il ne peut interpréter à Pia Colombo qui les enregistre sur un album produit par l’auteur-compositeur.
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En avril 1976, l’artiste apparaît dans l’émission télévisée française « Numéro 1 » de Maritie et Gilbert Carpentier : elle y chante « Johnny Parker » aux côtés de l’acteur Jean-Claude Brialy. Quelques mois plus tard, la chanteuse tombe malade et un cancer lui est diagnostiqué. En 1978, elle fait partie, avec Catherine Ribeiro et Francesca Solleville notamment, de l’affiche d’un concert organisé au profit des victimes de la dictature chilienne. Puis, elle participe au Printemps de Bourges avant de s’effacer en raison de ses ennuis de santé. Entre 1979 et 1981, elle incarne son propre personnage dans un spectacle autobiographique écrit et composé par Maurice Fanon : « Requiem autour d’un temps présent » qui fera l’objet de l’enregistrement d’un double album.
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En 1980, sur scène entre deux séances de chimiothérapie, elle ose ôter la perruque qui masque sa calvitie devant un public en partie choqué par ce geste destiné à évoquer le temps qui lui est désormais compté. Elle participe ensuite à l’émission télévisée française de Jacques Chancel, « Le grand échiquier », où elle apparaît chauve.
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Consacrant de plus en plus de temps à se battre contre le mal qui la ronge, Pia Colombo se fait discrète mais, le 16 avril 1986, à 51 ans, elle est vaincue par le cancer et elle décède à Nonancourt.
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LAPOINTE Boby

Boby Lapointe en 1966

Le chanteur et acteur français Boby LAPOINTE naît le 16 avril 1922 à Pézenas (Hérault). Artiste et poète aussi étonnant que particulier, Boby Lapointe, dès son adolescence, prend plaisir à critiquer la société et surtout le clergé et les bourgeois. Passionné d’aviation et de sciences, il tente à de nombreuses reprises de construire des engins plus ou moins volants en se cassant la figure à presque tous les coups. Et puis, il entreprend des études en ce sens. Mais, à 20 ans, en pleine guerre, il est enrôlé en Autriche pour le Service du Travail Obligatoire. Qu’à cela ne tienne, il s’évade et, après moultes pérpéties, revient en France où il doit se cacher. Durant ces quelques mois, il se prend à écrire des chansons dans un style très particulier qui s’affirme ensuite comme le sien: il y mélange contrepèteries, calembours et jeux de mots. Il ne considère pas qu’il possède les qualités vocales d’un interprète et, en toute logique, Boby Lapointe propose d’abord ses chansons à d’autres artistes comme les Frères Jacques par exemple. Mais ces derniers, comme d’autres chanteurs, sont un peu étonnés voire effrayés par les textes tordus de Lapointe et ils refusent poliment la proposition. Une de ses mélodies est cependant acceptée par le réalisateur Gilles Grangier qui la fait chanter par Bourvil dans le film « Poisson d’avril » en 1956: « Aragon et Castille ».
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Il n’en faut pas plus pour que Lapointe entame finalement sa carrière de chanteur dans les cabarets parisiens. C’est là que le cinéaste François Truffaut le remarque et pense à lui pour jouer le chanteur de bar dans le film « Tirez sur le pianiste » aux côtés de Charles Aznavour notamment. En 1960 et 1961, Boby Lapointe enregistre deux disques où l’on retrouve des chansons comme « Le Poisson fa », « Marcelle » ou « Aragon et Castille » qui connaissent enfin le succès.
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La popularité de l’artiste s’installe ensuite avec des titres comme « Ta Katie t’a quitté », « Comprend qui peut » ou encore « La Maman des poissons ».
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Dans les années 1960, Boby Lapointe multiplie les tournées avec Georges Brassens. Mais la vague des « yé-yés » ne lui permet plus d’enregistrer ses chansons qui ne concernent pas vraiment les jeunes de l’époque. Il se tourne vers le cinéma et, grâce à Claude Sautet, il joue quelques petits rôles dans divers films. A ce moment, un de ses admirateurs s’appelle Joe Dassin et décide de devenir son producteur. Il pousse Lapointe à signer un nouveau contrat discographique et à entamer une nouvelle tournée de concerts. Atteint d’un cancer du pancréas, Boby effectue sa dernière prestation en public en première partie de son ami et fan Pierre Perret à Bobino. Et son dernier passage à la télévision française a lieu en 1971 dans l’émission « La lucarne magique » de Christophe Izard où, aux côtés de la chanteuse Dani notamment, il interprète « Le tube de toilette ».
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Le 29 juin 1972, Boby Lapointe meurt à Pézenas où il est inhumé.
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KOOLENN Serge

Serge Koolenn en 1975

Le musicien et chanteur français Serge KOOLENN naît le 15 avril 1947 à La Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Il est adolescent quand il apprend la guitare avec, pour exemple, les groupes de rock « yé-yé ». Il se rapproche des vedettes de l’époque et finit par être guitariste dans l’orchestre qui accompagne Michel Polnareff sur scène en 1969. Il rencontre alors une jeune Américaine dont il partage l’existence pendant neuf ans. Ensemble, ils enregistrent un duo en 1970: « Sonne, carillonne ».
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Cette chanteuse s’appelle Joëlle Mogensen et choisit son seul prénom comme pseudonyme: Joëlle. Quelques mois plus tard, le couple décide de créer un groupe avec l’aide d’autres musiciens qui ont pour nom Richard Dewitte, Lionel Gaillardin, Bruno Walker et Christian Burguière: « Il était une fois ». Leur premier succès, en 1972, a pour titre « Rien qu’un ciel » mais quelques autres « tubes » vont marquer la brève carrière du groupe qui se sépare en 1979: « Les filles du mercredi » (1973), « Que fais-tu ce soir après dîner ? » (1973), « Quand tu partiras » (1973), « C’était l’année dernière » (1974), « J’ai encore rêvé d’elle » (1975), « Viens faire un tour sous la pluie » (1975), « Je suis mélodie » (1976), « Toi et la musique » (1976) ou encore « Pomme » (1978).
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La plupart de ces titres ont été composés par Serge Koolenn et Richard Dewitte. Ces deux compères vont d’ailleurs être les premières victimes de la séparation du groupe car si Joëlle poursuit, avec succès, une carrière de chanteuse soliste interrompue par son décès tragique en 1982, Serge et Richard finissent par retomber dans l’anonymat. Pourtant, Serge Koolenn compose avec Jacques Mercier deux chansons pour son nouveau groupe MEKS (avec les initiales de Mercier, Einaudi, Koolenn et Sere) en 1979: « Loin de chez moi » et « La vie est belle ». Mais cela ne donne rien. Et le résultat n’est pas meilleur lorsqu’il commercialise, grâce à son pote Dick Rivers en 1980, un album enregistré à Los Angeles où figurent des chansons comme « Fille à problèmes », « A cause de vous » ou « Les p’tites grenouilles ».
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En 1981, il enregistre encore un album intitulé « Paris Hollywood » avant de définitivement rejoindre le rang des musiciens de studio. Atteint d’un cancer, Serge Koolenn décède le mardi 28 avril 2015 à Molières-sur-Cèze, dans le Gard (F).
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BAKER Josephine

Josephine Baker dans les années 1960

La chanteuse et meneuse de revue, d’origine afro-américaine, Josephine BAKER naît le 3 juin 1906 à Saint-Louis, dans le Missouri (USA). Ses parents se séparent alors qu’elle est toute petite et sa mère se remarie assez vite. Son enfance se déroule entre l’école et le travail qu’elle effectue chez des gens aisés. Le salaire qu’elle perçoit pour ce travail devient bien vite le seul revenu d’une famille qui s’agrandit rapidement et, à treize ans, Josephine quitte l’école et la maison pour se marier. Mais ce mariage bat promptement de l’aile et l’adolescente, qui voue une passion pour la danse depuis longtemps, rejoint une troupe d’artistes intinérante. Après de nouvelles épousailles et une nouvelle rupture, elle s’installe à New York, bien décidée à conquérir Broadway. De rencontres en rencontres, elle finit par croiser le chemin de Caroline Dudley Regan qui apprécie beaucoup son talent et qui lui propose de l’accompagner à Paris où son mari est attaché commercial de l’ambassade des Etats-Unis. Regan pense qu’elle pourrait devenir la meneuse d’un spectacle qu’elle veut monter à Paris: la Revue Nègre. Et, effectivement, le 2 octobre 1925, elle est à l’affiche de la Revue Nègre au Théâtre des Champs-Élysées. Là, vêtue d’une simple ceinture de bananes, elle danse le charleston qui est alors un rythme encore inconnu en Europe. C’est le scandale mais c’est aussi très vite un grand succès parisien. Après une tournée en Europe, en 1927, Josephine Baker se lance dans la chanson. Et, quatre ans plus tard, elle remporte un succès inoubliable avec la chanson « J’ai deux amours » composée par Vincent Scotto.
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Alors que sa popularité est grandissante en France et en Europe, elle veut effectuer une tournée aux Etats-Unis en 1936 mais la réussite n’est pas au rendez-vous. Les Américains ne comprennent pas pourquoi elle s’exprime tantôt en français, tantôt en anglais avec un terrible « french accent ». Suite à cet échec, Josephine rentre en France et acquiert la nationalité française en 1937 en épousant un Français: Jean Lion. Elle est en France quand éclate la seconde guerre mondiale. Et, dès 1939, l’artiste se mobilise et devient agent de contre-espionnage à Paris. A la Libération, elle s’engage pour la Croix-Rouge. Avec le chef d’orchestre français Jo Bouillon, qu’elle épouse à son tour en 1947, elle achète le domaine des Milandes qui se trouve en Dordogne. N’ayant plus la possibilité physique d’avoir des enfants, elle accueille dans ce château du Périgord des enfants de toutes origines qu’elle adopte. Ce comportement, très coûteux, va engloutir toute sa fortune et elle est obligée de multiplier enregistrements, concerts et galas pour se renflouer continuellement. En 1953, elle enregistre ainsi « Sur deux notes » de Paul Misraki.
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Mais toutes ces activités ne vont pas suffire à gommer ses ennuis financiers et, pratiquement ruinée, Josephine se voit offrir un logement à vie à Roquebrune, sur la Côte d’Azur, par son amie la princesse Grace de Monaco, l’ex-actrice Grace Kelly. Infatigable, Josephine Baker se produit à la télévision française pour y reprendre, à 61 ans, son tube de toujours « J’ai deux amours ».
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Et elle poursuit ses tournées et ses spectacles avec des arrêts à l’Olympia de Paris en 1968 où elle propose un tableau éblouissant de la comédie musicale « Hello Dolly ».
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Puis, après un passage au Carnegie Hall de New York en 1973, elle présente encore ses chansons au public parisien de Bobino à partir de la fin mars 1975. Le 10 avril 1975, au lendemain d’une soirée où le public était très chaleureux, l’artiste ne se réveille pas dans son appartement parisien. Elle a subi une attaque cérébrale et est emmenée à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans le coma. Elle s’y éteint le 12 avril. Josephine Baker est inhumée au cimetière de Monaco.
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Les grands succès de Josephine Baker restent à tout jamais, « La petite Tonkinoise » (1930), « J’ai deux amours » (1931), « Dis-moi Joséphine », « Dans mon village » (1953), « Sur deux notes » (1953), « Piel canela » (1953), »Donnez-moi la main » (1959), « La vie en rose » (1968) ou « Hello Dolly » (1968).
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En 2006, un spectacle musical français mis en scène par Jérôme Savary relate l’histoire de Josephine Baker : « A la recherche de Josephine ».
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SARDOU Jackie (Jackie Rollin)

Jackie Sardou

L’artiste française Jackie SARDOU naît le 7 avril 1919 à Paris. Connue aussi sous le nom de Jackie Rollin, son vrai patronyme est Jacqueline Labbé. Elle est aussi la fille d’Andrée Labbé, dite Bagatelle, une danseuse du Concert Mayol et du french-cancan au Moulin Rouge à Paris. Elle reçoit une éducation qui est très religieuse en fréquentant les soeurs des écoles chrétiennes. Mais, enfant de la balle issu d’un milieu artistique, elle se dirige tout naturellement vers le théâtre et la comédie. Alors qu’elle se produit dans des cabarets parisiens et qu’elle obtient de petits rôles dans des opérettes, elle rencontre et épouse l’acteur et chanteur Fernand Sardou. Elle devient ainsi, plus tard, la mère du chanteur Michel Sardou, la grand-mère du romancier Romain Sardou et du comédien Davy Sardou.  Dans les années 1960, en duo avec son mari Fernand Sardou, elle enregistre, en public, une chanson intitulée « Ki ka des dons ».
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Avec son fils Michel, elle enregistra en 1982 un duo humoristique intitulé « Maman » dont le texte est écrit par Jean-Loup Dabadie.
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Ce sketch marqua la carrière de Michel Sardou au point que sur scène en 2012, soit trente ans plus tard, l’artiste le reprenait encore en duo virtuel avec sa mère au cours du spectacle « Les grands moments ». En 1993, Jackie Sardou a enregistré un album de chansons populaires: « Jackie Sardou chante ».
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Quelques années auparavant, en 1980, sous le nom de Jackie Rollin, elle avait déjà sorti un 45 tours dont le titre principal était « Vous marrez pas la jeunesse » (à écouter en CLIQUANT ICI). En 1992, c’est encore un texte de Jean-Loup Dabadie qu’elle parodie avec l’animateur et imitateur Patrick Sébastien lors de la dernière émission télévisée française de « Sébastien c’est fou » : le fameux « Maintenant je sais » initialement interprété par Jean Gabin.
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Jackie Sardou est décédée à Paris le 2 avril 1998.
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