AZNAVOUR Charles

Charles Aznavour en 2004

L’auteur, compositeur, interprète et acteur français Charles AZNAVOUR naît le 22 mai 1924 à Paris sous le vrai patronyme de Shahnourh Varinag Aznavourian. Avec un père, Micha, baryton tenant un restaurant arménien à Paris et une mère, Knar, comédienne, le petit Charles est élevé au milieu des artistes qui fréquentent le resto de ses parents. Et il songe très vite à appartenir à leur univers. Après l’adolescence, il se lie d’amitié avec le musicien Pierre Roche et, ensemble, ils commencent à se produire sur scène.
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En 1946, Edith Piaf les remarque et décide de les engager avec les Compagnons de la Chanson pour tourner en France et aux Etats-Unis. C’est toutefois au Québec qu’ils se distinguent le plus et c’est là qu’ils vont finalement s’installer pendant 18 mois. Ils donnent des concerts chaque semaine « Au Faisan Doré » à Montréal et, jusqu’en 1950, le duo enregistre de nombreux disques 78 tours. De retour à Paris, c’est Gilbert Bécaud, jeune débutant, qui va composer et interpréter les chansons dont Charles Aznavour écrit le texte. Mais sa volonté est d’être un interprète lui-même malgré la critique qui est virulente à son égard et qui estime qu’il n’a pas de voix. En 1956 cependant, le vent tourne à la faveur d’un récital donné à Casablanca où le public l’adule. Cette reconnaissance l’encourage et le propulse sur la scène de l’Olympia de Paris où sa chanson « Sur ma vie » devient son premier succès populaire en France.
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Il réussit alors à créer d’autres titres qui vont lui permettre de poursuivre ses concerts et l’enregistrement de disques. En 1960, alors qu’il passe à l’Alhambra de Paris, il séduit l’assistance avec « Je m’voyais déjà »: une chanson sur la vie des jeunes artistes qu’Yves Montand vient de refuser.
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Le « jeune premier » a en fait 36 ans et voit enfin s’éloigner l’époque de la « vache enragée ». Mieux: en quelques années, il va devenir une valeur sûre de la chanson française dont il va même être l’un des ambassadeurs dans le monde. Parmi les titres qui vont assurer sa popularité, il y a: « Tu t’laisses aller » (1960), « Il faut savoir » (1961), « Les comédiens » (1962), « La mamma (1963) », « For Me Formidable » (1964), « Que c’est triste Venise » (1964), « La Bohème » (1965), « Emmenez-moi » (1967) ou « Désormais »(1968).
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En 1962, Charles Aznavour écrit « Retiens la nuit » qui est un grand succès pour Johnny Hallyday et qu’il reprend plus tard, à la fin des années 1970, dans une version disco.
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Et, deux ans plus tard, il offre « La plus belle pour aller danser » à Sylvie Vartan.
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Dans les années 1970, il maintient son succès avec des chansons comme « Mourir d’aimer » (1971), « Non je n’ai rien oublié » (1971), « Les plaisirs démodés » (1972), « Comme ils disent » (1972), « Nous irons à Vérone » (1973), « She (tous les visages de l’amour) » (1974), « Ils sont tombés » (1975), « Mes emmerdes » (1976) ou « Camarade » (1977).
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Et les années 1980 ne sont pas en reste même si les « tubes » d’Aznavour deviennent moins fréquents: « Ca passe » (1980), « Une première danse » (1982) ou « Toi contre moi »(1987).
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En 1988, un épouvantable tremblement de terre ravage son pays d’origine: l’Arménie. Face à la détresse de tout un peuple, il crée la fondation « Aznavour pour l’Arménie » et il fait enregistrer sa chanson « Pour toi Arménie » par plus de 80 artistes francophones. Le succès est phénoménal.
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En 1995, Aznavour rachète les éditions musicales Raoul Breton qui détiennent la majeure partie des chansons de Charles Trenet. En 1996, il découvre la chanteuse québécoise Lynda Lemay et décide de l’aider pour la faire connaître en Europe francophone. Deux ans plus tard, il enregistre l’album « Jazznavour » où, avec la complicité de grands musiciens, il transforme quelques uns de ses grands succès en mélodies jazz. En 2001, son nom est donné à une place dans le centre d’Erevan, la capitale arménienne. Pour le remercier de l’action entamée par sa fondation en 1988, une statue lui est même érigée à Gyumri, la ville d’Arménie la plus touchée par le séisme de cette année-là. En 2006, Aznavour donne un concert en plein air à Erevan devant plus de 100.000 personnes. Le 26 décembre 2008, le président de la République d’Arménie, Serge Sargsian, confère au chanteur français la citoyenneté arménienne. Et, en février 2009, il accepte le poste d’ambassadeur d’Arménie en Suisse. Charles Aznavour est également le représentant permanent de l’Arménie auprès de l’ONU à Genève. Le 6 mars 2010, Charles Aznavour préside la 25e édition des Victoires de la musique à Paris et il reçoit, ce jour-là, une Victoire d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.
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Pour les 90 ans de l’artiste, sa firme de disques met sur le marché, en mai 2014, un coffret des 90 grands succès du chanteur depuis ses débuts. Et, dans le même temps, 32 CDs gravés chronologiquement sont commercialisés pour être vendus séparément et reconstituer l’intégrale des chansons de Charles Aznavour de ses débuts à 2014. Pour ses 91 ans, en 2015, Charles Aznavour sort un album de chansons nouvelles au ton nostalgique intitulé « Encores » avec un « s » à l’américaine pour évoquer les rappels du public d’outre-Atlantique.
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Une série de six concerts est alors prévue entre le 15 et le 27 septembre 2015 au Palais des Sports de Paris. Parallèlement à ses activités de chanteur, Charles Aznavour a également mené une carrière exemplaire de comédien en tournant des films pour le cinéma et des séries pour la télévision. Il a ainsi joué dans plus de 60 films. L’artiste décède, d’une insuffisance respiratoire, chez lui à Mouriès, dans les Alpilles (sud de la France), durant la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2018 à l’âge de 94 ans.
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Le vendredi 5 octobre 2018, un hommage national lui est rendu à Paris aux Invalides. Son cercueil a quitté la cour au son d’une de ses propres chansons, « Emmenez-moi ».
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Le samedi 6 octobre 2018, les obsèques de Charles Aznavour ont lieu à la cathédrale arménienne Saint-Jean-Baptiste de Paris. Puis, l’inhumation se déroule dans le caveau familial de Montfort l’Amaury dans les Yvelines.
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RAPSAT Pierre

Pierre Rapsat en 2000

L’auteur, compositeur et interprète belge Pierre RAPSAT naît le 28 mai 1948 à Ixelles (Bruxelles), sous le nom de Raepsaet, d’un père belge néerlandophone et d’une mère d’origine espagnole. Alors qu’il est âgé de dix ans, ses parents s’installent à Verviers. Passionné de musique et de rock, il apprend la guitare à l’âge de seize ans. Avec un ami, Eric Van Hulse (qui se fait aussi appeler Eric Vion), il compose des morceaux qu’ils fournissent à des groupes du coin : les Tenderfoot Kids ainsi que Paul Simul et Recréation. Puis, Pierre Rapsat s’oriente vers la guitare basse pour devenir, en 1969, un musicien du groupe de rock anglophone régional Laurélie.
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Un an, plus tard, à la dissolution de « Laurélie », Pierre Raepsaet rejoint une autre formation dont il devient le bassiste et chanteur : « Jenghiz Khan ».
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Après ses différentes expériences musicales collectives, Pierre se lance dans une carrière solo en 1973. Ses chansons sont tout d’abord écrites en anglais et en français et ses deux premiers albums, « New York » et « Musicolor », bénéficient des deux versions. Mais, au fil du temps, son succès va petit à petit l’orienter vers les pays de la francophonie et il ne chante plus dans la langue de Shakespeare.
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En 1974, Pierre Rapsat coécrit avec la chanteuse française Jeanne-Marie Sens, qui va l’interpréter, « L’enfant du 92e ». Pierre enregistre aussi cette chanson en 1977.
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En 1976, il participe au concours Eurovision de la Chanson avec une ballade qui se classe sixième pour la Belgique: « Judy & Cie ».
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Dans une veine musicale similaire, il connaît un beau succès avec « Si on s’en allait » durant l’été de la même année. Par la suite, Pierre Rapsat va enregistrer quelque quinze albums originaux (hors compilations et live) et ceux-ci ne se vendront pour ainsi dire qu’en Belgique francophone. Cela confère à l’artiste aujourd’hui disparu un statut très particulier: celui de vedette francophone belge à part entière. Ce ne sont pourtant pas les essais de carrière internationale qui ont manqué à Pierre Rapsat. La preuve de cet acharnement se révèle notamment dans le grand nombre de maisons de disques qui lui ont donné sa chance: Warner (WEA), RCA (Inelco), Milan, CBS (Epic), Trema, Team 4 Action, Viva Disc et Universal. Entre 1977 et 1981, il enregistre cinq albums qui le propulsent comme le chanteur rock belge francophone le plus en vue: « Je suis moi » (1977), « Gémeaux » (1978), « 1980 » (1979), « Donner tout son coeur » (1980) et « Un coup de rouge, un coup de blues » (1981).
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Mais le tout gros succès va survenir avec la sortie, en 1982, de l’album « Lâchez les fauves » et la chanson « Passagers de la nuit ». 30.000 exemplaires sont vendus en quelques semaines.
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En juillet 1984, Pierre est invité comme découverte au Festival d’été de Québec. Cela permet à son album « Lâchez les fauves » d’être présent sur les ondes canadiennes avec la chanson « Sujets tabou ».
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Mais, malgré la médiatisation, le public éprouve des difficultés à trouver ses disques sur le continent américain. A l’automne de cette année-là, l’album « Ligne claire » sort en Belgique et les « tubes » fusent: « Illusions », « Elle m’appelle », « Animal » et « Joan joue aux dominos ». L’opus bénéficie d’une promotion au Québec et il est, cette fois, disponible dans les bacs des disquaires.
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En 1986, conséquence de son succès discographique et de la sortie de l’album suivant (« J’aime ça »), Pierre Rapsat donne son premier concert dans la salle de Forest National à Bruxelles: une première pour un artiste belge francophone. La fin des années 1980 et la décennie suivante sont jalonnées de succès qui ne dépassent toutefois jamais les frontières de la Belgique: « Soleil noir », « J’ouvre les yeux », « Où tu veux quand tu veux », « Comme un brasero », « Aurore », « Goodbye Mr Fender », « Blue note dans l’univers », « A l’envers c’est l’endroit », « J’attends le soleil », « Pile ou face », « Si les femmes », etc.
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Pierre Rapsat, au delà de ses qualités artistiques indéniables, est alors un homme qui se mobilise pour défendre les intérêts des artistes. Il s’investit au sein de la société des auteurs et compositeurs belges, la Sabam, et il est de ceux qui vont mettre sur pied en 1994, les premières Francofolies de Spa. Au 21e siècle, le nouvel album de Pierre Rapsat, « Dazibao » (2001) (avec « Ensemble » et « Tous les rêves sont en nous »), est très bien accueilli en Belgique mais aussi, enfin, en France. La firme Universal est intéressée par la distribution et une tournée est prévue. Mais Pierre est déjà rongé par la maladie. Tout en étant soigné et hospitalisé à plusieurs reprises, il trouve le courage de monter encore sur la scène du Cirque Royal à Bruxelles pour ce qui sera son ultime concert enregistré pour un DVD, finalement posthume, le 28 avril 2001.
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Il nourrit alors le projet de se produire en juillet 2001 aux Francofolies de Spa. Mais il doit déclarer forfait. Le 20 avril 2002, le cancer du foie sort vainqueur du combat inégal. Les funérailles du chanteur ont lieu à Heusy, sur les hauteurs de Verviers, en présence de tout le milieu artistique musical belge francophone. Il est inhumé au cimetière d’Ensival. Peu après son décès, le Prix Québec/Wallonie-Bruxelles, créé en 1984 pour aider alternativement chaque année un artiste québécois et un artiste belge francophone, est rebaptisé prix Rapsat-Lelièvre. Pierre Rapsat et le Québécois Sylvain Lelièvre avaient reçu chacun le prix (Rapsat reçut même le tout premier). Et ces deux artistes talentueux sont décédés à quelques jours d’intervalle.
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SARDOU Jackie (Jackie Rollin)

Jackie Sardou

L’artiste française Jackie SARDOU naît le 7 avril 1919 à Paris. Connue aussi sous le nom de Jackie Rollin, son vrai patronyme est Jacqueline Labbé. Elle est aussi la fille d’Andrée Labbé, dite Bagatelle, une danseuse du Concert Mayol et du french-cancan au Moulin Rouge à Paris. Elle reçoit une éducation qui est très religieuse en fréquentant les soeurs des écoles chrétiennes. Mais, enfant de la balle issu d’un milieu artistique, elle se dirige tout naturellement vers le théâtre et la comédie. Alors qu’elle se produit dans des cabarets parisiens et qu’elle obtient de petits rôles dans des opérettes, elle rencontre et épouse l’acteur et chanteur Fernand Sardou. Elle devient ainsi, plus tard, la mère du chanteur Michel Sardou, la grand-mère du romancier Romain Sardou et du comédien Davy Sardou.  Dans les années 1960, en duo avec son mari Fernand Sardou, elle enregistre, en public, une chanson intitulée « Ki ka des dons ».
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Avec son fils Michel, elle enregistra en 1982 un duo humoristique intitulé « Maman » dont le texte est écrit par Jean-Loup Dabadie.
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Ce sketch marqua la carrière de Michel Sardou au point que sur scène en 2012, soit trente ans plus tard, l’artiste le reprenait encore en duo virtuel avec sa mère au cours du spectacle « Les grands moments ». En 1993, Jackie Sardou a enregistré un album de chansons populaires: « Jackie Sardou chante ».
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Quelques années auparavant, en 1980, sous le nom de Jackie Rollin, elle avait déjà sorti un 45 tours dont le titre principal était « Vous marrez pas la jeunesse » (à écouter en CLIQUANT ICI). En 1992, c’est encore un texte de Jean-Loup Dabadie qu’elle parodie avec l’animateur et imitateur Patrick Sébastien lors de la dernière émission télévisée française de « Sébastien c’est fou » : le fameux « Maintenant je sais » initialement interprété par Jean Gabin.
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Jackie Sardou est décédée à Paris le 2 avril 1998.
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MOÏSE Teri

Teri Moïse en 1999

La chanteuse Teri MOISE naît le 25 mars 1970 à Los Angeles (USA). Ses parents sont des émigrés haïtiens vivant dans le quartier défavorisé de South Los Angeles. En 1990, elle débarque en France et à Paris pour étudier les lettres à la Sorbonne. Passionnée de musique, elle retourne ensuite en Californie et s’inscrit au Los Angeles Musician Institute. Puis, elle revient en France et, après avoir été bassiste dans plusieurs groupes, elle travaille comme choriste à Paris. Remarquée par un producteur, elle sort son premier album en 1996. Il contient un « tube » absolu diffusé par toutes les radios: « Les poèmes de Michelle ».
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Pour ce premier album éponyme Teri Moïse reçoit la Victoire de la musique de l’artiste interprète ou groupe francophone de l’année 1997. Grâce à d’autres titres comme « Je serai là », elle vend 500.000 exemplaires de son premier album.
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En 1998, son deuxième opus, qui reprend les titres « Fais semblant » et « Star », n’obtient pas le même score mais il s’écoule quand même à plus de cent mille unités.
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La rupture de son contrat avec sa maison de disques est alors assez violent et se termine par un procès devant la justice. La chanteuse en est très affectée et se coupe petit à petit d’un entourage où tout n’est souvent qu’hypocrite et futile. Sans parler du racisme ambiant qui la touche au quotidien et dont elle se plaint fréquemment. C’est à ce moment qu’elle part vivre en Espagne avec le compagnon dont elle se sépare plus tard avant de s’installer à Berlin en Allemagne. Très intelligente et lassée d’une vie qui n’était pas toujours à son goût, elle décide de prendre congé de cette dernière lors d’un bref et ultime retour en Espagne. Le 16 mai 2013, sa maison de disques annonce qu’elle est décédée. Sa mort remonterait au 7 mai 2013: un suicide dans une chambre d’hôtel à Madrid.
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SYLVESTRE Anne

Anne Sylvestre en 2014

La chanteuse française Anne SYLVESTRE naît le 20 juin 1934 à Lyon. Cette auteure, compositrice et interprète née sous le nom d’Anne-Marie Beugras passe d’abord son enfance à proximité de sa ville natale. Puis, ses parents s’installent à Paris où elle suit des cours littéraires. Mais la chanson va bien vite l’intéresser: elle se produit à la fin des années 1950 au cabaret parisien de « La colombe » puis, entre autres, au théâtre des Trois Baudets. Forte du succès rencontré par ses chansons personnelles, elle les enregistre sur un 33 tours en 1959 et le titre « Mon mari est parti » passe souvent sur les radios françaises. Le disque lui permet d’obtenir le prix de l’Académie Charles-Cros en 1960.

La popularité d’Anne Sylvestre s’amplifie de jour en jour et, en 1962, elle se produit à deux reprises sur des scènes parisiennes: d’abord en première partie de Jean-Claude Pascal à Bobino et, ensuite, en lever de rideau de Gilbert Bécaud à l’Olympia. En octobre de cette année-là, Anne Sylvestre se lance dans l’écriture de chansonnettes destinées aux enfants: les Fabulettes. Le créneau des chanteurs pour jeune public est alors inexistant et, ce faisant, Anne Sylvestre s’aventure sur un chemin qui va mobiliser son attention pendant des années. Le premier album de ces Fabulettes sort en 1963 et est immédiatement couronné de succès. Elle enregistre des chansons pour enfants jusqu’en 1967.
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En 1969, elle interprète en duo avec Boby Lapointe une chanson qu’elle a écrite: « Depuis l’temps que j’l’attends mon prince charmant ».
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En 1973, deux ans avant la loi française portant le nom de Simone Veil, Anne Sylvestre dévoile un peu plus sa fibre féministe en enregistrant la chanson « Non tu n’as pas de nom » qui traite de l’avortement.
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La suite des années 1970 est marqué par des changements de firmes de disques et la création de sa propre maison de production qui commercialise cinq albums entre 1975 et 1986. Reconnue comme une chanteuse « avec guitare et pied sur le tabouret », Anne Sylvestre délaisse son instrument de prédilection pour se produire sur scène entourée de musiciens en 1986. A l’époque, elle est l’invitée de Bernard Pivot dans l’émission « Apostrophes » où, aux côtés de Pierre Perret et accompagnée à la guitare par Maxime Le Forestier ainsi que Guy Béart, elle interprète « Ecrire pour ne pas mourir ».
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Un an plus tard, en compagnie de la chanteuse québécoise Pauline Julien, elle crée en Belgique le spectacle « Gémeaux Croisés » qui sera présenté notamment à Tournai avant de tourner en France et au Québec.
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Et puis, en 1989, elle joue à Paris dans le spectacle « La ballade de Calamity Jane » dont elle a écrit les chansons.
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Dans les années 1990, elle propose quelques concerts au Canada où le public attend sa venue depuis un moment. En 1998, elle fête ses 40 ans de chansons sur la scène de l’Olympia. Elle enregistre deux albums en 2000 et 2003 et un troisième pour ses 50 ans de chansons en 2007. La même année, en 2007, elle défend la cause du mariage homosexuel en interprétant « Gay marions-nous ».
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En janvier 2011, elle est sur la scène du théâtre de l’Européen à Paris pendant quatre soirées. Elle y est accompagnée par Nathalie Miravette au piano. Un an plus tard, l’artiste, qui est toujours friande d’expériences musicales nouvelles avec la jeune génération, crée un nouveau spectacle avec Agnès Bihl. Le concept a pour titre « Carré de dames » et il mêle le répertoire des deux chanteuses accompagnées de leurs pianistes: Nathalie Miravette et Dorothée Daniel.
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En avril 2014, les organisateurs du Printemps de Bourges rendent hommage à la chanteuse bientôt octogénaire en l’invitant à se produire sur l’une des scènes du festival. Le 13 novembre 2015, l’artiste est horrifiée d’apprendre que son petit-fils Baptiste est parmi les 90 personnes décédées lors de la tuerie terroriste de la salle du Bataclan à Paris. En 2019, elle participe à l’album du jeune Gauvain Sers en chantant avec lui un duo intitulé « Y’a pas de retraite pour les artistes ».
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Infatigable, elle promène encore ses chansons inlassablement sur toutes les scènes de la francophonie. Un nouveau spectacle de la chanteuse, intitulé « Nouveaux manèges », est encore prévu le 12 septembre 2020 à Bruxelles mais il doit être reporté au 24 septembre 2021 en raison de la crise sanitaire limitant la propagation du coronavirus covid-19. Quatre dates sont également prévues dans la salle parisienne de La Cigale en janvier 2021. Malheureusement, le 30 novembre 2020, l’artiste décède, à Paris, des suites d’un accident vasculaire cérébral à l’âge de 86 ans.
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BASHUNG (Alain)

Alain Bashung

Le chanteur français Alain BASHUNG naît le 1er décembre 1947 à Paris d’une mère bretonne et d’un père algérien kabyle qu’il n’a jamais connu. Un an après sa naissance sous le véritable patronyme de Baschung, Alain est envoyé dans la région de Strasbourg chez les parents de son beau-père. Pour ses cinq ans, il reçoit un harmonica qui va sérieusement lui ouvrir les portes de la musique. A douze ans, il revient à Paris et y découvre le rock’n’roll balbutiant. Au milieu des années 1960, après avoir stoppé des études de comptabilité, il fonde avec des copains les « Dunces », un groupe de rockabilly qui n’existe que très peu de temps. Après avoir formé un autre groupe à Royan, il songe à se lancer comme chanteur soliste. Il enregistre un premier 45 tours à l’âge de 19 ans et ces débuts sont très difficiles. Mais cela ne l’empêche toutefois pas de se produire au Palais des Sports de Paris en 1967 en lever de rideau des Troggs et de Cream. Un an plus tard, son quatrième 45 tours connaît un léger succès radiophonique grâce à la chanson « Les romantiques ».

Entre 1972 et 1974, Bashung travaille sur trois albums pour Dick Rivers. Et, en 1973, le chanteur tient le rôle de Robespierre dans l’opéra-rock « La Révolution française » de Claude-Michel Schönberg.
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Pendant sept ans, il enregistre toute une série de disques, dont l’un sous le pseudonyme de David Bergen, mais aucun ne se vend. En 1980, après deux albums écrits en compagnie du parolier Boris Bergman, Bashung décroche la timbale avec « Gaby oh Gaby » qui s’écoule à plus d’un million d’exemplaires.
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Il récidive un an plus tard avec « Vertige de l’amour » et cela lui permet de se produire à l’Olympia de Paris.
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Les albums qui vont suivre, après une rupture temporaire avec Bergman, seront boudés par le public malgré un travail effectué avec Gainsbourg notamment. En 1986, Alain renoue avec Boris Bergman et avec le succès grâce au titre « SOS Amor » qui se trouve sur un album récompensé aux Victoires de la musique.
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Trois ans plus tard, l’artiste arrête à nouveau sa collaboration avec Bergman et découvre un autre parolier de génie: Jean Fauque. Cela aboutit au succès de « Osez Joséphine » en 1991 suivi de « Madame rêve ».
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Trois ans après, sort l’album « Chatterton » qui contient le titre « Ma petite entreprise ».
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Après des débuts encourageants au cinéma, Bashung revient à la chanson en 1998 avec l’opus intitulé « Fantaisie militaire » dont le premier single à en être issu est « La nuit je mens ». Pour cet album, il reçoit trois Victoires de la musique en 1999.
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Les albums et les expériences scéniques se poursuivent pour Bashung avec un succès inégal jusqu’au 24 mars 2008, jour de sortie de l’album « Bleu pétrole ».
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Mais le cancer le tenaille déjà et, malgré sa maladie, il entame une tournée avec, dès le 10 juin 2008, une série de récitals à l’Olympia. Alain Bashung est promu « Chevalier de la Légion d’honneur » le 1er janvier 2009. Le 28 février 2009, il remporte à nouveau trois Victoires de la musique et ses remerciements sonnent comme un adieu émouvant et courageux à son public.

Le cancer du poumon finit par le terrasser le 14 mars 2009 à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, à l’âge de 61 ans. Après une cérémonie religieuse en l’église de Saint-Germain-des-Prés, il est inhumé au cimetière parisien du Père-Lachaise le 20 mars 2009.
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Un premier album posthume de Bashung sort en 2011 et il reprend les chansons du disque de Serge Gainsbourg « L’homme à la tête de chou » pour lequel l’artiste a encore eu le temps d’enregistrer les voix avant de mourir. Et, en 2018, la femme de Bashung, Chloé Mons, demande à la musicienne et réalisatrice Edith Fambuena de réaliser un deuxième album post mortem avec des chansons enregistrées pour l’album « Bleu pétrole » puis délaissées et inachevées. Cet opus-là a pour titre « En amont » et se voit récompensé de la Victoire de la Musique pour le meilleur album de chansons. La récompense est remise à Chloé Mons le 8 février 2019 à la Seine musicale de Boulogne-Billancourt, soit près de dix ans après celle reçue en mains propres par Bashung.

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HELIN Daniel

Daniel Hélin en 2011 – Photo (c) Barbara Demaret

L’auteur-compositeur-interprète et comédien belge Daniel HELIN naît à Ottignies le 22 juin 1971. Après des études secondaires quelque peu difficiles, il effectue divers petits métiers avant d’entrer à la section dramatique du Conservatoire de Liège. Il y décroche un diplôme et s’initie à diverses activités circassiennes. Il est alors à l’affiche de quelques pièces de Michel de Ghelderode et Bertolt Brecht. En 1997, il commence à écrire des chansons et, un an plus tard, ces dernières sont récompensées lorsqu’il remporte la finale de la Biennale de la Chanson française à Bruxelles où il décroche, en supplément, le prix du public. Cela lui permet, en 1999, de participer au festival « Chorus des Hauts-de-Seine » en France où il se distingue avant de recevoir le prix « découverte » au Printemps de Bourges et les bravos du public au festival « Alors Chante » de Montauban en 2000. Pour couronner le tout, toujours en 2000, Daniel Hélin reçoit aussi le prix du disque Québec Wallonie-Bruxelles qui porte aujourd’hui le nom de Prix Rapsat-Lelièvre. Les portes des festivals estivaux s’ouvrent aussi pour Daniel qui est à l’affiche du Festival d’été de Québec un jour de juillet 2000 et le lendemain au Dour Music Festival en Belgique ! L’artiste enregistre alors un premier album avec la complicité de musiciens de jazz sous le titre « Borlon », nom d’un petit village belge de la région du Condroz. Et, face à la demande grandissante du public pour ses spectacles, Daniel Hélin sort, en 2001, un deuxième album qui a pour titre « Les bulles ».

Il se produit à ce moment avec un big band en Belgique au Cirque Royal de Bruxelles, au Festival de Dour et aux Francofolies de Spa. Car, et il faut le souligner, la force du chanteur se trouve dans ses prestations scéniques qu’il propose alors jusqu’en Russie. En Europe francophone, il a la chance de se retrouver en première partie de Christophe Miossec, Jacques Higelin, Zazie, Jane Birkin, Hubert-Félix Thiéfaine ou Henri Salvador entre autres. Et il est à l’affiche de diverses manifestations comme le Paléo Festival de Nyon (CH), les Francofolies de La Rochelle (F), les Francofolies de Montréal (Qc), le festival « Coup de Cœur francophone » (Qc), les nuits de Fourvières (Lyon – F), le festival des Vieilles Charrues (Carhaix – F), etc. En 2003, il crée, au Théatre de Poche de Bruxelles, un spectacle avec un nouveau groupe: les Velvet Sisters, composé d’Isabel Rocher et Cloé Defossez, mieux connue sous le pseudonyme de Cloé du Trèfle. Le disque des chansons de ce spectacle est enregistré dans la foulée en 2005 et s’appelle « Mécréant ». Multipliant les expériences, Daniel Hélin se lance ensuite dans une autre aventure musicale qui l’amène en Australie pour composer et arranger les douze chansons qui se retrouveront sur l’album « Mallacoota » (2009) qui tire son nom du village où il a vécu pendant quelques semaines. En 2013, l’artiste sort l’album « Le crépuscule des idiots » dont les chansons ont été composées et arrangées par Jean-Yves Evrard entre 2011 et 2012 et enregistrées au Jet Studio à Bruxelles. En juillet 2013, il se produit sur scène dans le cadre des Francofolies de Spa (B). Sept ans plus tard, après mûre réflexion, Daniel Hélin décide de donner une suite à sa carrière de chanteur avec un nouveau disque intitulé “Pingouin’ et qui est le fruit d’une belle  collaboration avec Gil Mortio et Louis Evrard. La sortie de ce nouvel opus attendu est célébrée dans le cadre du festival FrancoFaune avec un vrai concert de poésie-slam-électro-chanson qui a lieu le 12 octobre 2020, à Bruxelles, dans les conditions sanitaires imposées par la lutte contre la propagation du coronavirus Covid-19.

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ARCQ Didier

 

Didier Arcq lors de la finale de la Biennale en septembre 2010 (c) Passion Chanson

Le metteur en scène, comédien et directeur de centre culturel belge Didier ARCQ naît le 14 avril 1960 à Bruxelles. A la sortie de l’adolescence, au moment de choisir un avenir professionnel, Didier s’oriente vers des études de philologie romane. Mais la passion du théâtre l’amène aussi à suivre des cours d’art dramatique au conservatoire de Bruxelles. Puis, il satisfait son désir de communiquer et de partager sa passion en enseignant l’art dramatique aux jeunes Bruxellois. Il met en scène et crée aussi quelques spectacles théâtraux pour les mettre en valeur. L’homme apprécie la langue française et la musique. Et il voue une admiration toute particulière pour ceux qui arrivent à jongler avec les deux éléments pour créer d’excellentes chansons françaises empreintes d’une poésie où l’humour, l’émotion, la dérision et les sentiments doivent avoir leur place. Alors que son parcours terrestre est entamé depuis une trentaine d’années, Didier Arcq est tenté par la mise en place d’un concours qui pourrait mettre en valeur tous ces jeunes talents bruxellois qui créent, sur scène, des chansons aussi originales que novatrices. Et, en 1994, il fonde la « Biennale de la Chanson Française de Bruxelles » en se disant, fort opportunément, qu’il ne faut pas placer la barre trop haut en ne fixant pas un rendez-vous annuel. Dès la première année, le succès de participation est grand et de nombreux artistes s’inscrivent. Mais le succès médiatique et public est également de suite au rendez-vous. Les lauréats de la première édition sont Tam’Echo’Tam, Anouk Ganzevoort et Hughes Maréchal. A partir de 1998, les candidatures sont élargies à la Wallonie et 200 artistes s’inscrivent. Le processus de sélection est alors assez long : les talents sont d’abord jugés sur base d’un enregistrement audio, puis sur leur prestation en public au cours de quarts de finale et de demi-finales organisées dans divers endroits de Bruxelles et de Wallonie, et enfin de la finale proposée dans un haut-lieu de la culture bruxelloise. Parmi les artistes qui ont été révélés par la Biennale, on peut citer, notamment, Daniel Hélin, Zoé, Vincent Venet, Marie Chasles, Dimitri, Cloé du Trèfle, Vincent Delbushaye, Stéphanie Blanchoud, l’Orchestre du Mouvement Perpétuel, Pascale Delagnes, Eté 67, Daphné D, Brazuk, Mary M, Karim Gharbi, Jules & Jo. A partir de 2001, Didier Arcq imagine une suite au concours de la Biennale qui pourrait constituer une vitrine pour les lauréats. Ces derniers se produiraient dans des salles de concerts bruxelloises au même programme que des artistes confirmés afin de leur permettre de bénéficier de bonnes conditions de travail et d’un bon public. Le « Rallye Chantons Français » est mis sur pied et il se déroulera chaque dernier week-end de septembre en propose gratuitement une cinquantaine de concerts dans une vingtaine de lieux de dimension variable. Suarez, Allain Leprest, Jean-Louis Daulne, Philippe Lafontaine, Marka, ou Sttellla y épauleront divers jeunes lauréats effectuant, pour la plupart, leur premier « grand » concert. A chaque fois, lors de chaque rendez-vous public, Didier Arcq n’hésite pas à s’emparer du micro pour présenter, toujours d’une manière peu commune, tous ces artistes pour lesquels il témoignait une admiration sans limite. Au contact de tous ces créateurs, Didier Arcq fourmille d’idées et, en 2002, il est à la base d’un spectacle consacré à Jacques Brel : « Un cabaret vers les étoiles ». Présenté au Théâtre des Martyrs à Bruxelles du 20 au 22 juin, il réunit sur scène autour du répertoire de Brel, entre autres,  Claude Semal, Daniel Hélin, Philippe Lafontaine, Jean-Louis Daulne et la chanteuse canadienne Nathalie Renault. Car Didier était aussi tombé en amour pour le Canada, le Québec et ses talentueux jongleurs de mots et de notes. Et aucune édition du Rallye Chantons Français ne pouvait être organisée sans le concours d’artistes d’outre-Atlantique parmi lesquels on retiendra, pêle-mêle, Philémon (Cimon), Nathalie Lessard, Mario Chenart, Fabiola Toupin ou Stéphane Côté. En 2006, Didier Arcq se résigne à quitter l’organisation de la Biennale et du Rallye Chantons Français pour prendre la direction du Centre Culturel de la Vénerie à Watermael-Boitsfort (Bruxelles). Il confie alors avoir un pincement au coeur en quittant la Biennale dont il accepte toutefois volontiers de se séparer au stade où il l’a amenée. Didier Arcq s’occupera de la Vénerie jusqu’à cet après-midi du 27 novembre 2010 où une crise cardiaque le terrasse à Bruxelles. Personnage haut en couleurs, son enthousiasme, ses idées, son courage et son délire créatif laissent immédiatement un énorme vide dans le coeur de ceux qui ont connu ou simplement croisé celui qui se définissait comme « Un ouvreur de portes entrebâillées et parfois même fermées. »

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BARRIERE Alain

Alain Barrière en 2006 (c) Jean-Charles Guillo

L’auteur-compositeur-interprète français Alain BARRIERE naît le 18 novembre 1935 à La Trinité-sur-Mer sous le nom d’Alain Bellec. Il est élevé en Bretagne dans le milieu de la pêche et cette dernière activité l’intéresse plus que l’école. Mais la rencontre d’un instituteur va éveiller sa curiosité lui donner le goût des études. Son baccalauréat en poche, il part pour Angers où il entre à l’Ecole nationale des ingénieurs des arts et métiers en 1955. Passionné par la musique de Django Reinhardt, il achète sa première guitare et commence à composer. Immobilisé par la tuberculose qui nécessite du repos, il tue le temps en écrivant et composant des chansons. Persuadé qu’il a des chances de se faire remarquer grâce aux mélodies qu’il crée, il s’inscrit, en 1961, au concours du Coq d’or de la chanson française. Il franchit les différentes éliminatoires pour se retrouver en finale sur la scène de l’Olympia de Paris où il interprète « Cathy ».

 

Même s’il ne termine pas dans les premiers, il a la chance de se faire remarquer par un producteur qui lui fait signer un contrat avec la firme de disques RCA. Un an plus tard, il est à nouveau sur la scène de l’Olympia où, cette fois, il propose cinq de ses chansons en première partie de Colette Renard. Son nom commence à être connu dans le milieu artistique mais le public n’est pas encore au rendez-vous. En 1963, il parvient à se faire sélectionner pour représenter la France au Concours Eurovision de la Chanson. Il y chante « Elle était si jolie » et se classe cinquième. Sa chanson devient un « tube » populaire en France et ailleurs. C’est le véritable début d’une belle et longue carrière.

 

Alors qu’il est, une fois de plus, à l’affiche de l’Olympia en première partie de Paul Anka en septembre 1963, il est en train de composer et d’écrire ce qui est le plus grand succès de sa carrière: « Ma vie » qui est commercialisé en 1964. La même année, il passe, enfin, en vedette à l’Olympia. « Ma vie » est aussi un « tube » dans divers pays d’Amérique du Sud et en Italie avec la version italienne (« Vivro ») qu’Alain Barrière enregistre pour ce marché.

Par la suite, l’artiste va enchaîner les succès pendant deux décennies: « Les guinguettes » (1966), « Emporte-moi » (1968), « À regarder la mer » (1970), « Rien qu’un homme (1971), « Pour la dernière fois » (1973), « Le Bel amour » (1973), « Séduction 13 » (1974), « Tu t’en vas » en duo avec Noëlle Cordier (1974), « Mon improbable amour » (1975), « Si tu te souviens » (1976), et « Amoco » (1978). Cette dernière chanson relate, sur un rythme disco typiquement contemporain, le naufrage du pétrolier Amoco Cadiz qui pollue les côtes de la Bretagne.

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En 1975, Alain Barrière se lance dans la construction, à Carnac en Bretagne, d’un complexe reprenant un théâtre, une discothèque et un restaurant: le « Stirwen ». Mais, deux ans plus tard, les difficultés financières du complexe s’accentuent et le chanteur part s’installer aux Etats-Unis pour échapper, un temps, au fisc français. En 1981, il revient dans son pays natal mais les deux albums qu’il enregistre n’ont pas le succès escompté. Il quitte à nouveau la France pour le Canada cette fois. Le 11 janvier 1989, Alain Barrière est l’invité de Jean-Pierre Foucault pour son émission télévisée « Sacrée Soirée » sur TF1 à Paris. Il s’y plaint de ses problèmes financiers et fiscaux et a la « surprise » d’être mis en contact directement avec le ministre français des finances de l’époque Michel Charasse. Peu satisfait des réponses de l’homme politique, l’artiste reste toutefois en France et se résigne à apurer ses dettes.

 

Il met alors des années à reprendre le chemin des scènes et des studios. Il le fait en 1998 en sortant un disque de chansons nouvelles: « Barrière 97 ». La même année, il se produit dans la salle Pleyel à Paris. Puis, il faut à nouveau attendre quelques années et 2006 pour voir arriver dans les bacs « La compilation authentique ». Un an plus tard, il entame une grande tournée française et enregistre un CD de grandes chansons telles que « Ne me quitte pas » de Jacques Brel, « La Mer » de Charles Trenet ou « Les copains d’abord » de Georges Brassens.

En 2011, Alain Barrière annonce qu’il va faire ses adieux à la scène le 10 septembre à la-Trinité-sur-Mer, là où il est né. Malheureusement, cinq jours avant le rendez-vous, il est contraint d’annuler le concert pour raisons de santé. Les deux accidents vasculaires cérébraux dont il a été victime auparavant l’empêchent désormais de rester sur scène pendant près de deux heures. Début décembre 2019, son épouse Anièce, avec qui il vit depuis près de 40 ans, décède à la suite d’un cancer du pancréas. Pour ne pas l’affecter plus alors qu’il est souffrant, sa fille Guenaëlle n’annonce pas le décès de sa mère à son père. Mais ce dernier meurt d’une crise cardiaque le mercredi 18 décembre 2019 à Carnac où était alité depuis plusieurs mois après avoir subi quatre accidents vasculaires cérébraux qui l’avaient beaucoup affaibli ces dernières années. Il avait 84 ans depuis un mois.
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MAURANE

Maurane sur la scène du Palais des Beaux-Arts de Charleroi (B) le 30 mars 2012 (c) Passion Chanson

La chanteuse belge Claudine Luypaerts, mieux connue sous le pseudonyme de MAURANE, naît le 12 novembre 1960 à Ixelles. Son père, Guy Luypaerts, est directeur de l’Académie de musique de Verviers où Claudine passe son enfance. Sa mère est prof de piano. Il est donc normal que, dès l’âge de huit ans, la petite Luypaerts apprenne la musique. Adolescente, elle songe sérieusement à devenir chanteuse et elle participe à de nombreux castings sous le nom de Claudie Claude. C’est d’ailleurs sous ce pseudonyme qu’elle participe en 1978 à sa première émission de radio en Belgique à la RTBF, la Radio Télévision Belge Francophone. Au micro de Roger Simons qui présente alors « Les feux de la rampe », elle interprète, morte de peur, une chanson qui a pour titre « J’ai le trac ». En 1979, elle est sélectionnée par le metteur en scène Albert-André Lheureux pour faire partie du spectacle « Brel en mille temps » qui est proposé dans la salle du Passage 44 à Bruxelles et où elle se retrouve sur scène aux côtés de Philippe Lafontaine, Jofroi, Dani Klein, Philippe Anciaux et Daria de Martynoff entre autres.

Une photo de l’équipe de « Brel en mille temps ». Maurane est en haut au centre sous le n° 44 (c) users.skynet.be philippelafontaine

C’est à cette occasion qu’elle rencontre l’auteur-compositeur-interprète mais aussi producteur français Pierre Barouh. Ce dernier craque devant le talent de celle qui décide alors de s’appeler Claude Maurane et qui vient d’enregistrer, chez Philips Belgique, un premier 45-tours avec la chanson « Fais soleil ».

Pierre Barouh lui permet d’enregistrer les disques suivants sous le label Saravah qui lui appartient. Des titres comme « T’as pas la pêche » lui procurent des passages radiophoniques en Belgique mais le public n’est pas encore vraiment conquis. En 1983, elle participe au Festival International de la Chanson Française de Spa et y représente la Belgique avec la « Petite chanson sans problème ».

En 1985, Maurane parvient à se produire à Paris pour la première fois et c’est au Sentier des Halles. Dans la foulée, elle enregistre un premier album qui sort en France (« Danser »).

En 1986, elle reçoit le Prix Québec/Wallonie-Bruxelles qui devient plus tard le prix Rapsat-Lelièvre et qui récompense alternativement chaque année un artiste québécois et un artiste francophone de Belgique. L’année suivante, elle est sollicitée par Michel Berger et Luc Plamondon  pour être Marie-Jeanne dans la nouvelle version de « Starmania ».

Son deuxième album, qui sort en 1989, contient un de ses plus grands succès, « Toutes les mamas », et elle se produit à l’Olympia.

Sa carrière est alors clairement ascendante puisque, en 1991, l’album suivant, « Ami ou ennemi » va accumuler les succès: « Ca casse », « Du mal », « Mentir » et « Sur un prélude de Bach ».

Elle chante à l’Olympia de Paris en 1992 et y enregistre un double album live. En 1993, Maurane se mobilise pour la lutte contre le SIDA. Elle donne un concert et enregistre un album en public avec Francis Cabrel, Michel Jonasz, Catherine Lara, Maxime Le Forestier et Alain Souchon au profit de l’association « Sol en Si » (Solidarité Enfants Sida).

Le 29 décembre de la même année, Maurane devient la maman de Lou qui est la fille du chanteur Pablo Villafranca. L’année suivante, elle reçoit une Victoire de la Musique comme interprète de l’année mais elle est absente de la soirée. En 1995, la chanteuse est désormais une vedette qui tient sa place en sortant un album intitulé « Différente » qui se vend bien.

En 1997, Maurane participe à l’enregistrement d’un album consacré à une nouvelle version du conte musical pour jeune public de Philippe Chatel : « Emilie Jolie ». Elle figure sur le disque aux côtés, notamment, de Zazie, Axelle Red, Lara Fabian, Michel Fugain, Johnny Hallyday, Jacques Dutronc, Alain Chamfort, Florent Pagny, Etienne Daho ou Art Mengo. Elle y interprète « La chanson de l’autruche ». Ci-dessous, l’artiste chante ce titre lors d’une émission de télé caritative enregistrée à Forest-National au profit de la division belge francophone de l’association « Make a Wish » pour laquelle Maurane s’est fortement impliquée.

L’année suivante, après quinze ans de carrière, la chanteuse commercialise son premier album « best of » où elle inclut quand même cinq titres inédits: « C’est magique » (en duo avec Eddy Mitchell), « J’ai pas tout dit », « Désillusionniste », « C’est la vie qui décide » et « L’un pour l’autre ».

L’enregistrement des albums originaux se poursuit alors à un rythme régulier pour la chanteuse : « Toi du monde » (2000), « Quand l’humain danse » (2003) et « Si aujourd’hui » (2007).

Au fil du temps et des rencontres artistiques, Maurane se lie d’amitié avec son idole Claude Nougaro. Après la disparition de celui-ci, elle décide, en 2009, d’enregistrer un album hommage avec des chansons de l’artiste toulousain. Elle tourne alors pendant des mois avec un spectacle consacré à Nougaro. Ce dernier l’emmène en Belgique, en France, en Suisse et au Québec.

En septembre 2011, elle sort un nouvel album enregistré aux Etats-Unis deux ans plus tôt: « Fais-moi une fleur ». L’opus n’est, en fait, pas sorti à la fin de son enregistrement à cause du succès de la tournée du spectacle Nougaro qui se prolonge et empêche l’artiste d’en faire la promotion de manière optimale.

De 2012 à 2014, elle siège dans le jury de l’émission télé française « Nouvelle Star » aux côtés, notamment, d’André Manoukian et de Sinclair. Parallèlement à sa carrière dans la chanson française, Maurane enregistre deux albums passion avec les célèbres jazzmen belges Steve Houben et Charles Loos avec qui elle forme le trio H.L.M. (Houben, Loos, Maurane). Ces disques particuliers sortent en 1986 et 2005.

La chanteuse est, enfin, une grande pratiquante d’internet depuis toujours. Elle chante au début des années 2000 « Il neige des e-mails » et, par la suite, elle devient une adepte des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter où la maîtrise de ses propos n’est pas sa plus grande qualité.

Fin 2014, un premier single intitulé « Trop forte », chanson composée et écrite par Daran, annonce un nouvel album. Le titre global de cet opus est « Ouvre » et ses ventes ne décollent pas vraiment.

Quelques mois plus tard, un problème sérieux aux cordes vocales oblige la chanteuse à cesser toute activité pendant deux ans. Le 6 mai 2018, elle remonte enfin sur scène dans le cadre de la Fête de l’Iris à Bruxelles avec un bonheur inégalable : elle y partage « La chanson des vieux amants », de Jacques Brel, avec la jeune et talentueuse chanteuse belge Typh Barrow.

Le bonheur est d’une très courte durée puisque, le 7 mai en soirée, elle est retrouvée morte dans son lit à son domicile de Schaerbeek (Bruxelles). Maurane était à ce moment très heureuse d’enregistrer un album d’hommage à Jacques Brel, qui devait sortir en octobre 2018 pour les 40 ans de la mort de cet autre immense talent belge, et qui sera finalement commercialisé à la date prévue grâce à la ténacité de sa fille Lou et de son chef d’orchestre Philippe Decock.

Les funérailles de la chanteuse ont lieu le 17 mai 2018 en l’église Notre-Dame-des-Grâces à Woluwe-Saint-Pierre. On y relève la présence de nombreux artistes attristés parmi lesquels Zazie, Pascal Obispo, Muriel Robin, Michel Fugain, Anggun, Francis Cabrel, Lara Fabian, Maxime Le Forestier, Catherine Lara, Francis et Jean-Félix Lalanne, Typh Barrow, Gérard Lenorman, BJ Scott, Jean-Louis Daulne, Sandra Kim, Alec Mansion, Luc Plamondon, Lou Deprijck, Le Grand Jojo, Albert Delchambre et Franco Dragone. L’inhumation a lieu au cimetière d’Auderghem, commune bruxelloise où Maurane a vécu une partie de sa jeunesse.

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MARAIS Jean

Jean Marais en 1988 – Photo (c) Gérard Dufraigne

L’acteur, metteur en scène, écrivain, peintre, sculpteur et, à l’occasion, chanteur français Jean MARAIS naît le 11 décembre 1913 à Cherbourg sous le nom de Jean Alfred Villain-Marais. Quatre ans après sa naissance, sa mère décide de se séparer de son père et emmène le petit Jean avec son frère à Paris. Alors que sa mère kleptomane est absente en raison de ses fréquents séjours en prison, il est scolarisé au lycée Condorcet et ne reverra plus son père avant 40 ans. Adolescent, il s’intéresse au cinéma et, à l’âge de 20 ans, il se fait engager comme figurant. Persévérant, il veut accéder au Conservatoire mais il échoue à l’examen d’entrée. Il aboutit alors au Théâtre de l’Atelier où il étudie et joue des pièces classiques. En 1937, au cours d’une audition, il rencontre l’auteur et cinéaste Jean Cocteau qui devient son amant et qui l’aide vraiment à devenir acteur. Son premier rôle est muet car sa voix est peu convaincante. Mais, comme Cocteau lui écrit une pièce sur mesure, il connaît son premier succès théâtral en 1938 dans « Les parents terribles ». De la même manière, l’auteur écrit pour lui « La Belle et la Bête », un film auquel personne ne croit et qui est pourtant l’un des grands succès de l’après-guerre. D’autres longs métrages viennent ensuite asseoir le succès de Jean Marais comme « Orphée » (1949), « Le Comte de Monte Cristo » (1954), « Le Bossu » (1959), « Le Capitaine Fracasse » (1961) et « Fantômas » (de 1964 à 1966). Il décide alors de ne plus faire de cinéma pour se consacrer entièrement au théâtre mais il apparaît encore une fois au grand écran en 1970 aux côtés de Catherine Deneuve dans « Peau d’âne » de Jacques Demy.

Au fil du temps, il se retire dans les Alpes Maritimes où il pratique la poterie et la sculpture. Pour compléter sa palette artistique, Jean Marais a aussi tenté la chanson avec l’enregistrement de quatre disques 45 tours.

Il y a eu « Je l’ai perdue » (1965), « Mal de dents mal d’amour » (1965), « Depuis que tu es partie » (1966), un disque de Noël et bonne année en 1966 et puis, en 1988, « On oublie rien », un texte signé Gilbert Sinoué délivré sur une mélodie composée par François Valéry.

Jean Marais meurt à Cannes le 8 novembre 1998. Il repose dans le petit cimetière de Vallauris, la ville où il a vécu ses dernières années.
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VERLOOVEN Roland (ARMATH)

Le compositeur, producteur et directeur artistique belge Roland VERLOOVEN, également connu sous le pseudonyme d’ARMATH, naît le 2 mars 1938 à Gand (Gent). Roland est très tôt sensibilisé à la musique par son grand-père qui l’emmène souvent à l’opéra de Gand. Il est donc jeune lorsqu’il se destine à apprendre la musique et à se diriger vers l’Académie où, à l’époque, les cours se donnent en français malgré le fait que sa ville natale soit en Flandre. Cela lui permet aussi de se familiariser très vite avec la langue de Voltaire. Il se destine alors à jouer du saxophone mais l’instrument est cher et n’est pas dans ses moyens. Alors, lorsque son père lui annonce un jour qu’il a rencontré un musicien jouant dans une harmonie voulant se séparer de son trombone, il n’hésite pas à le racheter. Son instrument sera donc le trombone et il en joue tant et tant qu’il finit par se faire embaucher, à l’âge de seize ans, dans la formation « Glenn Miller Story » qui se produit dans tous les bals populaires de la région bruxelloise. Avec un très grand succès populaire à chaque représentation : « When the Saints go marchin’ in ». Il joue ensuite dans diverses formations et se retrouve aussi à pratiquer son instrument lors de sessions d’enregistrement en studio. Et puis, aussi, il compose. Et, enfin, il est engagé par la filiale belge de la maison de disques française Vogue pour développer le catalogue local de la Flandre. Roland Verlooven va ainsi composer les premières chansons du chanteur à succès flamand Willy Sommers qu’il découvre dans les rangs de l’harmonie de Halle. Dès 1971, il lui propose un « tube » avec le titre « Zeven anjers, zeven rosen » qu’il signe sous le pseudonyme Armath qu’il trouve enL inversant les lettres du prénom de son épouse qui s’appelle Martha.

La mélodie devient très vite en français « Une fleur rien qu’une rose », un premier hit pour le groupe franco-belge Crazy Horse.

A ce moment, un artiste belge bruxellois, qui enregistre des disques festifs d’ambiance chez Olympia depuis trois ans, le Grand Jojo, signe un contrat chez Vogue et permet à Armath de lui proposer un premier titre : « Le tango du Congo », commercialisé en 1972. Le 45-tours se vend bien et est le début d’une longue collaboration avec l’artiste emblématique dont l’apogée sera sans doute atteinte en 1986 avec la chanson « E Viva Mexico », l’hymne officiel des « Diables Rouges », l’équipe nationale belge de football qui se retrouve en demi-finale de la coupe du monde au Mexique.

Parmi les autres titres composés par Armath pour le Grand Jojo, on peut encore citer « Les oranges », « Ookie pookie », « Sergent Flagada », « Sitting Bull », « Les petites boules pour la toux », « Angelina », « Anita », « Gina Stromboli », « Vive les saints » ou encore « Victor le footbaliste ». En 1972 aussi, on lui présente un jeune interprète belge francophone qui a pour nom Christian Vidal. Il lui compose les deux titres d’un premier 45-tours qui obtient un succès d’estime : « Bye bye Birdie » et « Un peu de sympathie ». Mais, en 1973, il lui offre un énorme « tube » qui dépasse de loin les frontières de la Belgique : « Angélique ».

Par la suite, les autres succès de Vidal composés par Armath ont pour nom « Sérénade » (1974), « Chanson nostalgique » (1974), « De je t’aime en je t’aime » (1974) ou « Si tu voulais » (1975). La chanson « Sérénade » connaîtra aussi un petit succès en allemand sous le titre « Diese kleine serenade » (1974). En 1973 toujours, le chanteur néerlandophone Willy Sommers enregistre quelques-unes de ses mélodies en français à destination du public français. Mais, contrairement à un autre artiste flamand nommé Paul Severs qui place une de ses chansons dans le hit-parade de la radio française RTL présenté par André Torrent (« Si tu m’aimes comme je t’aime »), il ne réussit pas à profiter de la vague des chanteurs de charme belges qui déferlent alors sur la France. A la fin des années 1970, Armath compose « Une heure du matin » et « La fête » pour Franck Olivier qui, avec cette chanson,  participe à la sélection belge pour le concours Eurovision de la Chanson 1978.

Dans les années 1980, il compose encore pour divers artistes francophones belges comme Di Quinto Rocco (« Je t’aime bien papa » en 1980 qui connaît un très grand succès populaire grâce, surtout, au développement des radios libres) et Johny Fostier (« Cette mélodie » en 1982).

En 1985, il est le producteur, sous le nom de Roland Verlooven, du disque enregistré par le footballeur italo-belge Enzo Scifo avec la chanson « Gagné d’avance », adaptation par Jacques Duvall d’un titre de Toto Cutugno (« Innamorata ») déjà repris quelques années plutôt par le chanteur français Ringo (« Un homme ne pleure pas »).

Et, avec Théo Linder, il produit Jo Lemaire en 1990 pour les titres « C’est mon bateau » et « Un mot ne suffit pas ».

L’une des dernières traces artistiques de Roland Verlooven (Armath) date de 1998 lorsqu’il retrouve Christian Vidal qui écrit les textes sur six de ses compositions reprises sur l’album « Chante-nous la vie » de Nathalie Paque. Côté néerlandophone, il a travaillé, notamment, avec Rocco Granata, Louis Neefs, Luc Steeno, Johnny White, Jimmy Frey, Will Tura, Bart Kaëll, Helmut Lotti, Get Ready, Clouseau et Ingeborg. Au début des années 2000, il quitte l’Espagne où il vit depuis de nombreuses années pour revenir vivre en Belgique à Keerbergen. C’est là qu’il développe la maladie d’Alzheimer qui l’oblige à rejoindre la maison de repos Damiaan à Tremelo où il décède le 1er novembre 2017.
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