ADAM Christian

Christian Adam en 2006

L’auteur-compositeur-interprète belge Christian ADAM naît le 14 mai 1945 à Haine-Saint-Paul (La Louvière). Dès son plus jeune âge, il écoute avec attention les anecdotes que son père, artiste musicien, lui raconte sur ses études au conservatoire de Mons, ses concerts en soliste ou comme chef d’orchestre, les artistes et les éditeurs de musique. Et le jeune Christian est également bercé par les mélodies de Charles Trenet et de Maurice Chevalier. Pas étonnant dès lors que, à la première occasion, l’enfant se tourne vers la musique pour apprendre le solfège, le piano mais aussi la danse classique et moderne. Toujours encouragé par son père qui a composé l’opérette qu’il monte dans un théâtre de la région, Christian fait ses premiers pas timides sur scène en 1956. Il se pique alors au jeu et devient un habitué des planches du théâtre de Jolimont où il preste dans les revues musicales colorées et joyeuses. Jusque là admirateur des chansons de Charles Aznavour, Edith Piaf ou Gilbert Bécaud, il vire sa cuti au début des années 1960 lorsque déferle la vague des chanteurs yé-yés et des rockers tels que Johnny Hallyday ou Eddy Mitchell. Comme tous les adolescents de cette époque, il croit en sa chance et apprend la guitare en formant un orchestre de bal avec des copains et des membres de sa famille. Son père, qui se fait appeler Guy Mery, l’intègre alors dans sa formation qui a pour nom « Les Mery Boys » et il en devient le chanteur sous le pseudonyme de Chris Eden, ce qui est un peu normal pour celui dont le véritable patronyme est Adam en référence au paradis. Et si le groupe interprète chaque week-end un grand nombre de succès internationaux, il propose aussi régulièrement des compositions de son chanteur qui, pour gagner sa vie, travaille alors dans une imprimerie. Des collègues de travail estiment que Christian possède un certain talent et l’encouragent alors à proposer ses chansons lors de concours réservés aux jeunes talents. En 1968, il participe ainsi au « Parapluie des vedettes » à Huy (B) où il présente deux de ses compositions : « Monsieur le magicien » et « On s’était promis ». Le président du jury s’appelle Jean Darlier et il est, outre un membre très actif de la SABAM (Société des auteurs et compositeurs belges), éditeur et producteur de disques. Il tombe sous le charme des mélodies et de la voix du chanteur et lui permet d’enregistrer un premier disque 45-tours sous le nom de Chris Eden.
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Le succès est plutôt timide mais cela encourage l’artiste et le producteur à poursuivre leur collaboration pour un second disque avec les titres « Laisse tes souvenirs » et « Je t’aime plus que tout ». Chris Eden participe alors au concours de la Caméra d’Argent organisé par la RTB, la télévision belge francophone. Les votes combinés du jury et du public lui permettent de se produire à de nombreuses reprises au cours du programme étalé sur plusieurs semaines. Les contacts avec d’autres artistes et personnalités du show-business sont alors nombreux. Parmi ceux-ci, il y a l’accordéoniste montois Willy Staquet qui finit par présenter Christian au célèbre Marcel De Keukeleire qui est alors, en 1971, celui qui a lancé sur la voie du succès les groupe « Les Sunlights » et « Crazy Horse ». Commence alors, avec ce nouveau producteur et deux acolytes nommés Jean Vanloo et Jean-Luc Drion, un long travail minutieux de préparation qui débouche, en avril 1973, sur la sortie d’un 45-tours enregistré sous le nom de Christian Adam : « Si tu savais combien je t’aime ». La chanson est d’emblée programmée sur les ondes de la radio périphérique française Europe 1 et elle devient l’un des « tubes » de l’été avec plus d’un million d’exemplaires vendus. Et la nouvelle vedette doit faire face à un tourbillon de galas, d’émissions de radio, de programmes de télévision et de reportages pour les plus grands magazines artistiques.
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Alors que Christian Adam participe à de nombreux podiums présentés par Jean-Loup Lafont pour la station Europe 1 et où il côtoie Eddy Mitchell, Salvatore Adamo ou Mort Shuman, il est déjà temps de penser au disque qui prendra le relais de cet énorme succès et, à la fin de l’année 1973, c’est « Tu sais si bien dire je t’aime » qui envahit les ondes francophones. Elle permet à son interprète de participer aux émissions télévisées françaises de Guy Lux où il rencontre Serge Lama, C. Jérôme ou Christian Delagrange.
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Les succès s’enchaînent ensuite durant quelques mois : « Aimer je veux t’aimer » ou « Viens chez moi » lui permettent de participer au programme de la télé belge RTB « Chansons à la Carte » aux côtés d’Abba, Michèle Torr, Dalida et Mike Brant. Mais, en août 1975, très fatigué, il est victime d’un accident de la route qui le plonge dans le coma plusieurs semaines. Mais, dès son rétablissement, il part chanter en Turquie où il est devenu une vedette. Et, dans la lignée des mélodies qui l’ont fait connaître, il enregistre en 1976 le titre « Baby oh I love you ».
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Christian Adam poursuit ses tournées en Turquie et il se fait un peu oublier en France et en Belgique à une époque où le phénomène disco envahit les discothèques, les disquaires, les ondes radios et les hit-parade. En 1978, il est ainsi contraint de produire lui-même le 45-tours qui contient la chanson « Recommençons à vivre ».
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En 1980, en composant « Mes amis de la télé », il rend hommage à toutes les personnalités et les séries animées qui plaisent alors au jeune public. La maison de disques Polydor croit au projet et sort le 45 tours qui obtient un sujet assez limité.
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En 1984, Christian Adam signe les chansons « Joue guitare » et « Je tends la main » pour Johny Fostier qui les enregistre. Cinq ans plus tard, à la faveur de la popularité du compact disc qui permet de retrouver les grands succès des années 1970 dans leur qualité sonore initiale, la firme Ariola Express sort un album des « grands succès de Christian Adam ». L’artiste est à nouveau contacté pour assurer la promotion du disque sur des podiums mais un nouvel accident de voiture stoppe l’élan retrouvé du chanteur. Il lui faudra des années avant de récupérer la force, le courage et l’inspiration d’un nouveau souffle pour la création d’un album qui révèle un artiste différent en 1998 et qui a pour titre « Vie privée ». On y trouve une version très particulière du premier grand succès, « Si tu savais combien je t’aime », en piano-chant telle qu’elle a été initialement créée 25 ans plus tôt. Quelques mois après, Christian participe à l’émission télévisée française « La chance aux chansons » de Pascal Sevran. A partir de ce moment, le chanteur se produit à de nombreuses reprises pour des spectacles nostalgiques qui évoquent le bonheur oublié des années 1970 en compagnie, notamment, de Robert Cogoi, Christian Vidal ou Alain Delorme. Et, en mars 2007, un album des principales chansons de sa carrière est commercialisé sous le titre « Depuis si tu savais ». Après cette dernière expérience discographique, les années 2010 vont être ternies par des ennuis de santé qui déboucheront sur le décès de Christian Adam à Warneton le 10 novembre 2014.

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MORISSE Lucien

Lucien Morisse en 1961

L’homme de médias et directeur de radio Lucien MORISSE naît le 9 mars 1929 à Paris sous le nom de Lucien Trzesmienski. Discothécaire à la RTF, la Radiodiffusion Télévision Française, Lucien est remarqué par le journaliste Pierre Sabbagh qui lui confie, en 1950, l’illustration sonore du journal télévisé qui doit alors être réalisée en direct. En 1956, les fondateurs de la toute nouvelle radio périphérique française Europe 1 font appel à ses services pour créer un nouveau style de radio qui soit populaire. Cela marche bien et, en 1960, il devient le responsable de la programmation musicale de la station. Il est le premier à instaurer en France le système de la playliste qui est alors en vigueur sur les radios américaines. Mais Lucien Morisse est aussi animateur de l’émission « Le Discobole » et, en octobre 1960, il casse en direct le troisième 45 tours de Johnny Hallyday qu’il estime mauvais. En fait, la vérité est peut-être à chercher ailleurs: à cette époque Lucien Morisse est en couple avec la chanteuse Dalida qui vient d’enregistrer la même chanson que Johnny: « Itsy bitsy petit bikini ».
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Très créatif, il est à la base du lancement d’émissions comme le fameux « Musicorama » d’Europe 1 ou encore le célèbre « Salut les copains ». Mais il est aussi le directeur du label « Disc’Az » dont les artistes sont souvent programmés sur Europe 1: Pascal Danel, Michel Polnareff, Saint-Preux, Gilles Marchal, etc. Le 8 avril 1961, il finit par épouser Dalida après cinq ans de vie commune.
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Mais leur mariage ne dure que quelques mois et, en 1963, il épouse la mannequin Agathe Aëms avec qui il aura deux enfants. Le 11 septembre 1970, Lucien Morisse se suicide par arme à feu dans son appartement parisien. Il avait 41 ans.
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21 AOUT

Gérard Manset en 1980 – Photo (c) Nadine Manset

21 août 1945 : Naissance, à Saint-Cloud, de l’auteur, compositeur, interprète, peintre, photographe et écrivain français Gérard MANSET. Avec un père ingénieur dans l’aéronautique et une mère musicienne pratiquant le violon, Gérard vit en banlieue puis à Paris. A 19 ans, il s’inscrit à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Alors qu’il essaie de placer ses dessins auprès des agences de publicité, il apprend à jouer de la guitare, de la batterie et du piano en 1966. Le hasard des rencontres lui permet de placer quelques-unes de ses récentes compositions auprès d’interprètes français et québécois. Mais cela l’empêche de chanter lui-même ses propres oeuvres car il se fait éconduire par chaque producteur auquel il s’adresse pour enregistrer son propre disque. Agacé, il finit par produire lui-même, en 1968, un 45-tours où il grave la chanson « Animal on est mal ». Le disque est toutefois distribué et commercialisé par Pathé Marconi. Mais la date de sortie correspond au mouvement contestataire des jeunes en mai 1968 et les ventes sont presque nulles malgré une très forte programmation radiophonique due à la musique en continu diffusée par la radio publique française, France Inter, notamment. En 1969, Gérard Manset sort son premier album qui a pour titre « Animal on est mal » et qui se fait surtout remarquer des gens du milieu artistique. Il fréquente alors un autre chanteur atypique pour qui il va écrire tous les textes d’un album : René Joly qui obtient un grand succès avec « Chimène ». Gérard prend alors le temps de peaufiner son deuxième disque 33-tours qu’il veut être un album concept comme seuls les artistes anglo-saxons osent alors en faire. Et, en 1971, c’est la sortie de « La mort d’Orion », une sorte d’oratorio rock symphonique où figurent des artistes comme Anne Vanderlove et Giani Esposito, qui fait connaître la véritable originalité de son auteur-compositeur-interprète. Sans reproduire la sonorité exclusive de ce second album, Gérard Manset va poursuivre son chemin artistique hors du commun en réalisant d’autres disques surprenants dans son propre studio d’enregistrement installé chez lui. Et, jusqu’en 1975, son travail, quoique très apprécié des professionnels de la musique, va rester relativement confidentiel aux yeux du grand public. Mais, au cours de l’été 1975, Gérard Manset se retrouve en tête des hit-parade et des ventes de disques françaises où il côtoie Joe Dassin (L’été indien), Mike Brant (« Dis-lui »), Il était une fois (J’ai encore rêvé d’elle »), Nino Ferrer (« Le Sud ») ou Dave (« Dansez maintenant ») avec sa chanson « Il voyage en solitaire » : 300.000 copies en sont vendues.
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En réaction à cette popularité médiatique qu’il n’apprécie guère, Manset refuse d’apparaître dans les émissions télévisées de variétés et s’enferme pour concocter l’album « Rien à raconter » qui est commercialisé en 1976. Par la suite, l’artiste va adopter une attitude beaucoup plus rock et multiplier ses occupations en se tournant vers le dessin, la peinture, la photographie et la littérature. Il parcourt aussi le monde en rassemblant ses anecdotes dans des carnets de voyage qui sont publiés. Un peu comme le fait le chanteur et navigateur Antoine, Gérard Manset profite alors de chacune de ses escales parisiennes pour enregistrer un album : environ un nouveau tous les ans jusqu’en 1985. A ce moment, il prend quelque distance avec la commercialisation de sa musique et se réoriente vers la peinture, la photographie et la publication d’un premier roman : « Royaume de Siam ». En 1988, l’apparition du disque compact permet aux firmes de disques de rééditer sur ce nouveau support numérique bon nombre d’albums vinyles. Gérard Manset ne veut pas laisser le soin à ses propres éditeurs de faire le boulot et il se décide à remixer lui-même les sept albums enregistrés entre 1975 et 1982 pour les graver sur cinq CD. Seul manque à l’appel « La mort d’Orion » qui sera toutefois commercialisé sur support digital en 1996. Au moment de la digitalisation de ses albums 33 tours, il n’est toujours pas question de nouvelles chansons et il faudra attendre 1989 pour qu’un opus neuf soit enfin disponible à la vente. L’oeuvre s’appelle « Matrice » et est de tendance rock avec des textes plutôt pessimistes sur l’époque. Un certain public est capté par le travail de Manset qui s’écoule à plus de 100.000 exemplaires.
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Cette reconnaissance est aussi une renaissance pour l’auteur-compositeur et l’interprète Gérard Manset qui, en 1991, commercialise l’album suivant qui comporte des thèmes assez graves mais exotiques sous le titre « Tristes tropiques ». Trois ans plus tard, l’artiste enregistre son quinzième album qui s’intitule « La Vallée de la Paix » et qu’il décrit comme positif et en rupture avec l’image triste qu’il s’est forgée au fil du temps. Le directeur artistique Yves Bigot pense alors qu’il est temps que d’autres artistes rendent hommage à Gérard Manset en enregistrant quelques-unes de ses chansons : l’album « Route Manset » est publié en 1996 et reprend notamment des interprétations de Dick Annegarn, Brigitte Fontaine, Alain Bashung, Françoise Hardy, Francis Cabrel et Jean-Louis Murat. Ensuite Manset poursuit son chemin artistique en commercialisant des albums en 1998 (« Jadis et naguère »), 2004 (« Le langage oublié »), 2006 (« Obok ») et 2008 (« Manitoba ne répond plus »). Il quitte alors le label phonographique EMI chez qui il a publié 19 albums en près de 40 ans. Et c’est chez Warner que sort, en 2014, l’opus intitulé « Un oiseau s’est posé ». Il s’agit d’un double CD où l’artiste revisite quelques-unes de ses chansons et où figurent des duos avec dEUS, Axel Bauer et Raphaël entre autres. En 2016, l’opus suivant a pour titre « Opération Aphrodite » et mêle chansons et textes lus. A la fin de la même année, un coffret de 19 CD est mis en vente comme une intégrale excluant toutefois certains titres. Médaillé de l’Académie française en 2017, il reprend le chemin des studios quelques mois plus tard pour livrer son 22e album, « A bord du Blossom », en septembre 2018. Depuis le début des années 2000, Gérard Manset s’est aussi illustré pour ses collaborations diverses auprès de Jane Birkin, Indochine, Raphaël, Juliette Gréco, Florent Pagny, Alain Bashung, Julien Clerc, Axelle Red et Axel Bauer.
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Patrick Juvet en 1978 – Photo (c) Alain Marouani

21 août 1950 : Naissance, à Montreux, du compositeur et interprète suisse Patrick JUVET sous le nom de Quentin Juvey. Pour en savoir plus sur la vie et la carrière de cet artiste, veuillez CLIQUER ICI.
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21 août 2001 : sortie de l’album « Kékéland » de Brigitte FONTAINE. La chanteuse s’y présente avec humour comme la « reine des kékés ». Et, avec la reprise de la vieille chanson « Y’a des zazous » en compagnie de M, Mathieu Chédid, elle rend hommage au chanteur Andrex.
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Exceptionnellement, Brigitte y a écrit deux chansons en anglais: « Kékéland » et « God’s Nightmare ». Enfin, grâce aux nombreuses collaborations avec Sonic Youth, Noir Désir, M ou les Valentins, l’album Kékéland permet la découverte de Brigitte Fontaine par un public plus jeune et plus large. Du coup, il est aussi le premier disque d’or certifié de l’artiste avec plus de 130.000 exemplaires vendus.

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