CAUSSIMON Jean-Roger

Jean-Roger Caussimon – Photo (c) Raphaël Caussimon

L’acteur, auteur, compositeur et interprète français Jean-Roger CAUSSIMON naît le 24 juillet 1918 à Montrouge. Son père, médecin, s’installe à Bordeaux et c’est là que Jean-Roger fait ses études pendant lesquelles il se passionne pour les poètes. Vivement intéressé par la poésie qu’il désire réciter publiquement, il suit des cours de diction à l’âge de douze ans. Ayant obtenu son baccalauréat, il décroche un premier prix au Conservatoire d’art dramatique. Mais, alors qu’il a 18 ans, sa mère se suicide et cet événement va le marquer à vie. Un an plus tard, il fait ses débuts de comédien professionnel au Trianon de Bordeaux. On lui conseille alors de gagner Paris où il devient auditeur dans la classe de Louis Jouvet au Conservatoire. Il effectue son service militaire au moment où la seconde guerre mondiale éclate. Il est fait prisonnier en 1940 et est envoyé dans un camp en Silésie. Il profite de sa captivité pour écrire des poèmes. Rapatrié ensuite pour raisons de santé, il est de retour à Paris à la fin de l’année 1942. Sans travail, il profite de ses compétences pour proposer un spectacle de poésie dans divers cabarets parisiens où, finalement, il chante beaucoup. Parallèlement à ces activités-là, il se tourne aussi vers le théâtre, la radio, le cinéma et réalise des essais expérimentaux pour la télévision. C’est à ce moment qu’il rencontre, lors de ses prestations au « Lapin à Gil » en 1947, un artiste débutant nommé Léo Ferré. Ce dernier décide de mettre en musique toute une série de textes de Jean-Roger comme « Monsieur William » en 1950.
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Malgré ses occupations théâtrales et cinématographiques de plus en plus nombreuses, il poursuit sa collaboration avec Léo Ferré au service d’interprètes comme Catherine Sauvage, les Frères Jacques ou Serge Gainsbourg.
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Se consacrant essentiellement à l’écriture, au théâtre, au cinéma et à la télévision, Jean-Roger Caussimon ne chante plus depuis la fin des années 1940. En 1967, le journaliste français José Artur apprend au producteur et éditeur discographique Pierre Barouh que Caussimon a, jadis, chanté. Barouh se propose de le rencontrer pour lui faire enregistrer un disque de ses chansons. Un peu réticent au départ, il finit par accepter et enregistre plusieurs albums à partir de 1970. Quelques-unes de ses chansons sont parfois composées par lui-même mais il faut bien reconnaître qu’elles n’atteignent jamais le niveau des musiques signées Léo Ferré bien sûr mais aussi Eric Robrecht, Jacques Datin, Maurice Jarre, Francis Lai, Philippe Sarde ou Gaby Verlor entre autres.
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Si le premier album de Caussimon récolte un succès d’estime en 1970, le second, qui sort un an plus tard, est plus médiatisé. Un show télévisé lui est consacré en France par le célèbre Jean-Christophe Averty et Jean-Roger Caussimon est à l’affiche, pour la première fois, du Théâtre du Vieux Colombier à Paris pour un récital complet de ses chansons. Après ces représentations parisiennes, il se met à sillonner la France dans une caravane qu’il partage avec son épouse Paulette pour aller proposer ses chansons dans les salles de province. Ils le font pendant quinze ans.
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Parmi les dates importantes de la carrière de chanteur de Caussimon, il y a le spectacle de Bobino à Paris en 1973 où il est à la même affiche que Nicole Croisille et les Frères Ennemis. D’année en année, diverses salles de concert parisiennes vont l’accueillir: l’Olympia (1974), le théâtre de la Renaissance (1977), le théâtre de la Ville (1978) et la Gaîté-Montparnasse (1979). En 1980, il chante pendant douze jours au théâtre du Petit Champlain à Québec. Un an plus tard, des problèmes de santé le contraignent à être hospitalisé à deux reprises. Mais il reprend à chaque fois les tournées qu’il a dû interrompre. En 1983, il repart à Québec chanter au Petit Champlain pendant quinze jours. Deux ans plus tard, Léo Ferré sort l’album « Ferré chante Caussimon » qui contient neuf inédits et sur lequel les deux hommes ont travaillé chez Léo en Italie. Mais, en juin de cette année-là, il doit à nouveau être hospitalisé car son cancer du poumon s’est aggravé. Le 20 octobre 1985, Jean-Roger Caussimon est vaincu par la maladie et il décède à l’Hôpital de la Pitié Salpetrière à Paris.
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Il est ensuite incinéré au columbarium du cimetière du Père Lachaise et ses cendres sont répandues dans l’océan à la Pointe-des-Poulains, à Belle-Île-en-Mer le 2 novembre 1985.
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LEFEBVRE Jean

Jean Lefèbvre en 1981

Le comédien français Jean LEFEBVRE naît le 3 octobre 1919 à Valenciennes. Il a aussi tâté de la chanson en enregistrant quelques disques. Ses études basiques terminées, il s’engage dans l’armée pour être caserné près de Versailles avant d’être fait prisonnier pendant la guerre. Il s’échappe du camp de Voves (Eure-et-Loir) en mai 1944 et trouve refuge dans une famille puis revient chez lui à Valenciennes où il travaille pour son père à la Libération. En 1948, il part pour Paris où il entre au Conservatoire et y décroche un deuxième prix d’opéra-comique. Mais il est alors repéré par René Simon et le célèbre professeur d’art dramatique l’oriente plutôt vers la comédie. Il rejoint ainsi la troupe des Branquignols dans les années 1950. Au cours de la même décennie, il effectue quelques apparitions au cinéma mais c’est dans les années 1960 et 1970 qu’il va devenir un des seconds rôles les plus célèbres du cinéma français. Au niveau de la musique et de la chanson, Jean Lefèbvre enregistre aussi quelques disques qui ne laisseront malheureusement pas des traces indélébiles dans le paysage. Avec un autre comédien et second rôle français, Henri Genès, il enregistre en 1968 un duo au titre évocateur: « Les minets de la plage » (à écouter sur « Bide et Musique » en cliquant ICI). Cette année-là aussi, il apparaît dans une émission de Guy Lux à la télévision française: il y interprète à sa façon la chanson « On m’appelle Simplet », créée et immortalisée par Fernandel.
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Et puis d’autres chansons sont un peu plus diffusées: « Le Pied », une chanson érotico-nympho-comique, « Tout baigne dans l’huile », en duo avec Bruna Giraldi en 1981 ou « Le démon de midi » en 1990.
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En 1995, c’est tout un album qu’enregistre Jean Lefèbvre. Il a pour titre générique « C’est drôle c’que j’plais » et comporte des chansons comme « Le p’tit Quinquin » et « Le clair de lune à Maubeuge » (qui évoquent sa région d’origine, le Nord), mais aussi « Les gens riaient » (de Fernandel), « La tendresse » (de Bourvil) ou des compositions originales comme « La vie n’a pas le temps ».
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Jean Lefèbvre décède le 9 juillet 2004 à Marrakech, au Maroc, d’une crise cardiaque. Pour répondre à ses dernières volontés, il est incinéré et ses cendres sont dispersées sur le Mont-Blanc.
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DASSARY André

André Dassary en 1961 – Photo (c) Vallois

Le chanteur français André DASSARY naît le 10 septembre 1912 à Biarritz sous le véritable nom d’André Deyhérassary. Très tôt son père le destine aux métiers de l’hôtellerie et, après un stage dans sa ville natale et touristique de Biarritz, il poursuit son apprentissage à Londres et à San Sebastian. Rappelé à Bordeaux pour y effectuer un long service militaire en 1932, il s’inscrit au conservatoire de la ville afin d’obtenir des sorties autorisées pour fréquenter les cours. Il y suit des cours de chant et décroche un premier prix de chant mais aussi d’opérette, d’opéra comique et d’opéra. Son séjour sous les drapeaux lui procure aussi l’opportunité de pratiquer assidûment le sport: il devient champion d’athlétisme et pratique le rugby avant de devenir professeur d’éducation physique. Il entreprend des études de kinésithérapeute mais participe aussi de temps en temps à des concours de chant pour satisfaire une autre de ses passions. C’est au cours de l’un de ces crochets radiophoniques qu’il se fait remarquer, en 1938, par les artistes Danielle Darrieux, Pascali et Ray Ventura. Et c’est finalement au sein de l’orchestre réputé de ce dernier qu’André va faire ses premiers pas de chanteur sous le pseudonyme de Dassary. Avec la formation de Ray Ventura et ses Collégiens, il devient populaire en tournant deux films pour le cinéma: « Feux de Joie » en 1938 et « Tourbillons de Paris » en 1939.
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Au début de la seconde guerre mondiale, il est prisonnier en Allemagne jusqu’en 1941. A sa libération, de retour à Paris, il entame une carrière de chanteur soliste en participant à l’opérette « L’auberge qui chante ».
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Apparemment peu rancunier envers ceux qui l’ont emprisonné, il interprète aussi une chanson à la gloire du maréchal Pétain et du régime pro-allemand de Vichy. Le titre « Maréchal, nous voilà » lui vaut d’ailleurs quelques ennuis après la guerre et reste un témoignage historique flamboyant d’une époque sombre, trouble et perturbée en France et au-delà.
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Mais, malgré cela, ce sont sa capacité et sa technique vocales qui vont lui valoir de bien vite gravir les échelons de la célébrité. Il diversifie alors son répertoire en passant de l’opérette à la chanson traditionnelle pour se produire en récital à l’ABC de Paris après la guerre. Le succès est désormais son quotidien et, en 1952, il reçoit un disque d’or pour certifier la vente d’un million de microsillons. L’année suivante, André Dassary est à l’affiche, en province, de l’opérette « Chanson Gitane ».
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La tournée l’emmène en Belgique où il est victime d’un terrible accident de la route au carrefour de Noirchain à Frameries près de Mons. Il est transporté dans un état grave à la clinique locale où il reste hospitalisé de nombreuses semaines. En remerciement pour les bons soins reçus, il revient à Frameries pour y chanter lors de la messe de minuit à Noël. Dans la localité, le croisement des routes où a eu lieu l’accident porte désormais le nom de « carrefour Dassary ». Ensuite, les tournées se succèdent pour le chanteur dans tous les pays francophones et sur le continent africain. Il nous quitte le 7 juillet 1987 à Biarritz. Parmi ses grands succès, on retiendra particulièrement « Ramuntcho » enregistré en 1944 dont une vidéo amusante en noir et blanc, malheureusement incomplète, se trouve ci-dessous.
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JUVET Patrick

Patrick Juvet en 1978 – Photo (c) Alain Marouani

Le compositeur et interprète suisse Patrick JUVET naît le 21 août 1950 à Montreux sous le nom de Quentin Juvey. Très tôt, le petit Patrick s’intéresse à la musique et, dès l’âge de six ans, il s’inscrit aux cours de piano du conservatoire de Lausanne. Titulaire d’un premier prix, il s’oriente plutôt ensuite vers les arts décoratifs lorsque, à 17 ans, on lui propose un job de mannequin à Düsseldorf en Allemagne. Quatre ans plus tard, il quitte l’Allemagne pour Paris où il est bien décidé à faire connaître ses talents de compositeur. Il rencontre le producteur Eddie Barclay qui est plutôt séduit et qui lui permet d’enregistrer un premier 45 tours en 1971: « Romantiques pas morts ».
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Le succès de ce premier essai n’est pas énorme mais il suffit pour attirer l’attention des programmateurs de radio sur ce jeune artiste talentueux. Quelques mois plus tard, le flair de Barclay se justifie lorsque Patrick Juvet se paie le « tube » de l’été 1972 avec « La musica ».
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Claude François est positivement intrigué par le succès de cette chanson et passe une commande au musicien suisse qui s’exécute avec plaisir pour lui offrir une de ses chansons les plus populaires: « Le lundi au soleil ».
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Au même moment, avec le parolier Boris Bergman, il compose « L’amour qui venait du froid » pour Dalida mais cette mélodie ne marche pas.
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Qu’à cela ne tienne, il l’enregistre à son tour en modifiant un peu le texte et, avec le titre « Sonia », la chanson sera l’un des grands succès de l’été 1973.
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Entretemps, en mars de la même année, il représente la Suisse au concours Eurovision de la chanson, avec « Je vais me marier, Marie » qui termine à la 13e place.
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Alors qu’il vient de sortir son premier album intitulé « Love », Patrick Juvet, maquillé androgyne, propose un show pour le moins futuriste à l’Olympia de Paris en décembre 1973. En 1974, il enregistre un second album qui a pour titre « Chrysalide » et qui révèle un choriste à la voix haut perchée: un certain Daniel Balavoine. Mais c’est aussi Balavoine qui écrit la plupart des textes de l’opus et, fait exceptionnel, Patrick Juvet lui permet même d’interpréter une chanson seul sur ce disque : « Couleurs d’automne ».
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Un an plus tard, Patrick Juvet fait la connaissance d’un jeune parolier, Jean-Michel Jarre, avec qui il compose quelques nouveaux succès: « Magic », « Faut pas rêver », « Les bleus au coeur » et « Où sont les femmes » qui est un titre résolument disco.
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Ce dernier genre musical passionne Patrick qui, pour mieux s’en imprégner, part vivre aux Etats-Unis où il rencontre deux producteurs français installés là-bas: Henri Belolo et Jacques Morali. Avec eux, il va enregistrer, en anglais, l’album « I love America » qui, grâce à la popularité du disco, va faire le tour du monde. Patrick Juvet ne retrouvera plus jamais un succès aussi important et planétaire que celui récolté avec cet opus mythique. Au début des années 1980, il réapparaît avec un disque à nouveau enregistré en français. Mais « Rêves immoraux » ne reçoit qu’un accueil mitigé.
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La drogue et l’alcool vont alors régulièrement s’inviter dans la vie du chanteur qui n’est plus présent dans les médias. En 1991, un nouvel album original est disponible dans les bacs sous le titre « Solitudes ». Il y raconte notamment les problèmes de ses addictions et de la lassitude de la solitude.
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Mais le public ne veut pas de ce Juvet-là. Il réclame à corps et à cris de pouvoir retrouver ses meilleurs tubes sur des galettes numériques au son parfait. La maison de disques Universal va alors lui faire plaisir en multipliant la commercialisation de compilations diverses au cours des années 1990. Au coeur de cette époque creuse, Patrick Juvet se produit de discothèque en boîte de nuit où il propose, en une demi-heure, un condensé de ses grands tubes disco sur orchestration en play-back. Et, fait très étonnant, le chanteur suisse se retrouve de cette manière, le 14 juillet 1996, à l’affiche du festival de Dour en Belgique. Le public, pourtant très décalé mais rock, de la manifestation n’apprécie pas son costume pailleté et sa prestation à moitié live: des projectiles tels que des gobelets et, plus grave, des boîtes de tomates pelées, lui sont lancés à la figure. Par sécurité pour sa personne, l’artiste est obligé de s’enfuir après quelques minutes. En 2002, Hélène Ségara choisit d’interpréter une des nouvelles compositions de Patrick Juvet: « Je rêve ». La chanson figure sur l’album « Humaine » sorti en 2003.
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Puis, le chanteur rejoint la tournée des idoles « Age tendre et tête de bois » en 2008 mais aussi en 2009, 2011 et 2014.
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En mai 2012, il inaugure à Chaumont (France) une rue qui porte désormais son nom. Et, en janvier 2018, alors que sa mère est décédée depuis quelques semaines, il quitte temporairement Barcelone, où il vit désormais, pour retrouver ses collègues Sheila, Dave, Nicoletta ou Dick Rivers sur la route de la nouvelle tournée « Age Tendre ». En 2020, les concerts et les projets d’un nouvel album sont interrompus car la pandémie du coronavirus covid-19. Mais l’artiste, qui est retourné vivre dans son appartement en Espagne, nourrit l’espoir d’enregistrer un nouvel album aux Etats-Unis malgré le chagrin causé par la disparition récente de son frère. Le 1er avril 2021, Patrick Juvet est retrouvé mort chez lui à Barcelone. A 70 ans, l’artiste semble être décédé de cause naturelle.
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GULLER Angèle

La couverture du livre référence d’Angèle Guller en 1979

La chroniqueuse, femme de radio, journaliste et écrivaine belge Angèle GULLER naît à Bruxelles le 26 novembre 1920. Et c’est dans sa ville natale qu’elle effectue ses études primaires avant des humanités gréco-latines. Puis elle passe deux ans au conservatoire où elle suit des cours de piano et de harpe. Elle épouse ensuite Clémént Dailly qui crée la « Revue des disques » et Angèle y consacre une rubrique à la chanson française qui est en plein développement avec des artistes comme Georges Brassens, Jacques Brel, Gilbert Bécaud et Guy Béart. En 1953, elle réussit à se faire engager à la radio belge où elle produit l’émission « La Vitrine aux chansons » qui accueille et parle des artistes francophones qui ont « quelque chose à dire »: Léo Ferré, Serge Gainsbourg, etc. A cette époque, son mari travaille pour les disques Philips et donne un coup de pouce à Jacques Brel qui enregistre ses deux premières chansons sur un 78 tours qui n’obtient aucun succès. D’autres émissions vont ensuite jalonner le parcours médiatique d’Angèle Guller: « Jour de chance », « Pleins feux sur la chanson belge », « Chansons au long cours », etc. Elle signe aussi de nombreuses chroniques dans divers magazines et hebdomadaires de Belgique francophone comme « Pourquoi pas? », « Le Ligueur » ou « Femmes d’aujourd’hui ». Puis, dans les années 1960, elle commence à écrire des livres sur la chanson. Il y a ainsi « Vingt ans de chanson » (1963), « Dix siècles de chanson française » (1965) et surtout « la » référence : « Le neuvième art: la chanson française contemporaine » (1979). Durant toute sa vie, Angèle Guller n’a de cesse de promouvoir les jeunes artistes d’expression en leur permettant de se faire connaître dans des concours ou des émissions. Mais elle parcourt aussi toute l’Europe francophone et le Québec en participant à des jurys de concours et festivals, des colloques, des stages de formation, des conférences et des débats. En 1983, elle crée et dirige l’Ecole de la chanson française pendant quatre ans. Un prix Angèle Guller est alors décerné chaque année à un jeune artiste belge francophone et il est ainsi notamment remis à Pierre Rapsat, Albert Delchambre, Claude Semal et Maurane. Angèle Guller, qui décède le 7 mars 2000, était la maman, depuis 1946, d’une chanteuse belge qui a connu le succès à la fin des années 1970 : Claudine Dailly.
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MESPLE Mady

Mady Mesplé en 1977

La cantatrice et soprano française Mady MESPLE naît le 7 mars 1931 à Toulouse. Elle est élevée dans un milieu où la musique est appréciée puisque ses parents se sont rencontrés dans une chorale. Sa mère, secrétaire d’une maison de confection, fait venir un professeur à domicile pour lui apprendre la musique. À sept ans, elle entre au conservatoire de Toulouse avec une dispense et elle y suit des cours de piano et de solfège. Encore adolescente, avec un prix de piano dans ses bagages, elle devient la pianiste d’un certain nombre d’artistes de variétés et d’un orchestre de danse. Puis, elle revient au conservatoire pour y apprendre le chant lyrique et obtient également un premier prix. En 1953, c’est en Belgique, à Liège, qu’elle entame sa carrière de cantatrice après une audition réussie à l’Opéra. Elle y obtient un rôle dans « Lakmé » de Léo Delibes avant de figurer à l’affiche du « Barbier de Séville » de Gioachino Rossini et de « Rigoletto » de Giuseppe Verdi. Elle se produit ensuite au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles et revient dans son pays natal pour chanter à Lyon et à Aix-en-Provence. De plus en plus (re)connue pour son talent, Mady Mesplé finit par arriver à Paris où, en 1956, elle commence à se produire à l’Opéra. Puis, dans le courant des années 1960, sa carrière se développe de manière internationale et elle chante en Europe mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique du Sud, en Asie et en URSS. Et si la soprano est appréciée dans les répertoires italien et allemand, elle excelle dans les oeuvres françaises. Rompant avec une certaine tradition des cantatrices reconnues, elle ose une incursion remarquée dans la musique contemporaine de Betsy Jolas, Charles Chaynes et de Pierre Boulez entre autres. Au milieu des années 1980, sans abandonner la scène, l’artiste privilégie les récitals et les concerts qui l’amènent, à nouveau, à parcourir le monde avec, cette fois, une visite en Chine. Elle consacre alors aussi une grande partie de son temps à l’enseignement de son art dans divers conservatoires français ainsi qu’à l’Ecole Normale de Musique de Paris. Au cours des années 1960, 1970 et 1980, elle est régulièrement l’invitée d’émissions de variétés à la télévision française. Au cours des programmes présentés par Guy Lux, Jacques Martin, Michel Drucker ou Pascal Sevran, elle propose aux téléspectateurs de découvrir les airs lyriques les plus populaires des opérettes et des opéras français. Et elle interprète même un duo avec Luis Mariano quelque temps avant le décès de ce dernier en 1970.
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En 1996, elle apprend qu’elle est frappée par la maladie de Parkinson mais, tout en ralentissant ses activités, elle poursuit celles-ci en participant à de nombreux jurys de concours bel canto comme, en 2016 à Marseille, pour le concours Vincenzo Bellini. A 89 ans, Mady Mesplé décède le 30 mai 2020 à Toulouse et elle y est inhumée au cimetière de Terre-Cabade.
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ASSIA Lys

Lys Assia dans les années 1950

La chanteuse et actrice Lys ASSIA naît le 3 mars 1924 à Rupperswil en Suisse sous le nom de Rosa Mina Schärer. Son père est alors le propriétaire d’une entreprise de plomberie et sa mère est d’origine noble. Dès son plus jeune âge, elle suit des cours de danse avant d’étudier au Conservatoire et à l’Académie des Arts de Zurich. Contre l’avis de sa mère, elle se lance ensuite dans une carrière artistique et fait ses débuts sur scène alors qu’elle a seize ans. Elle se produit comme danseuse de revue au Corso de Zurich. Pendant la seconde guerre mondiale, elle intègre les ballets Riva et se produit devant les troupes françaises. Elle chante pour la première fois en public à Nice en 1942 puis entre dans l’orchestre d’Eddie Bruner. La même année, le label discographique « La Voix de son maître », à la recherche de nouveaux talents, la repère et lui fait signer son premier contrat d’enregistrement. Après la guerre, Lys Assia est engagée par Radio Basel et elle entame, avec l’orchestre de la radio, plusieurs tournées à l’étranger qui l’amènent à se produire notamment à Madrid et à Paris. En 1948, elle remplace, dans une revue du Club des Champs-Élysées, Joséphine Baker, tombée malade. Elle se montre si convaincante que les producteurs du spectacle l’engagent pour la saison. Et, en 1950, elle se fait connaître en interprétant, en allemand, « O Mein Papa », chanson tirée de l’opérette « Das Feuerwerk », composée par Paul Burkhard. Parallèlement à cette activité de chanteuse, Lys Assia se tourne vers le cinéma et tourne dans une dizaine de films.  En 1956, elle se présente au premier concours Eurovision de la Chanson qu’elle remporte en interprétant « Refrain ».
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L’année suivante, elle tente à nouveau sa chance au même concours, toujours pour la Suisse, avec la chanson « L’Enfant que j’étais » et elle se classe septième.
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En 1958, elle récidive en chantant « Giorgio », en italien, et termine, cette fois, à la deuxième place. Grâce à ces participations au concours Eurovision, elle développe une carrière internationale qui lui permet notamment de se produire devant la reine Elizabeth II d’Angleterre, le roi égyptien Faruk et Eva Peron en Argentine. A 88 ans, elle veut forcer le destin une fois encore et se présente à la présélection suisse du concours Eurovision mais elle n’est pas retenue pour participer à l’édition 2012.
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Ce sera le dernier coup d’éclat artistique de la chanteuse qui connaît quelques problèmes de santé avant d’être admise à l’hôpital Zollikerberg près de Zurich. Elle y décède le samedi 24 mars 2018 à l’âge de 94 ans.
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LEGRAND Michel

Michel Legrand en 2015

Le compositeur, chanteur et musicien français Michel LEGRAND voit le jour le 24 février 1932 à Bécon-les-Bruyères. C’est un enfant de la balle né de l’union du compositeur Raymond Legrand et de Marcelle Der Mikaëlian, sœur du chef d’orchestre Jacques Hélian. Il est aussi, plus tard, le frère de la chanteuse de jazz Christiane Legrand. Michel Legrand étudie d’abord le piano au Conservatoire de Paris de 1942 à 1949. Il se passionne ensuite pour le jazz après avoir assisté en 1947 à un concert de Dizzy Gillespie. A 19 ans, il écrit déjà des arrangements pour l’orchestre de son père et ce dernier lui fait découvrir la chanson de variétés. Comme arrangeur, il travaille alors pour des artistes comme Henri Salvador, Catherine Sauvage ou Maurice Chevalier. En 1954, l’album « I Love Paris » se vend à huit millions d’exemplaires dans le monde et surtout aux Etats-Unis. Il reprend des grandes chansons françaises adaptées au jazz par Michel Legrand lui-même. Dans la seconde moitié des années 1950, le compositeur prend conscience de l’importance de la musique au cinéma. Les réalisateurs de la « nouvelle vague » française sont séduits par sa musique qui illustre des films d’Agnès Varda et de Jean-Luc Godard. Mais c’est surtout avec Jacques Demy que l’osmose est parfaite et Michel signe ainsi la musique des comédies musicales « Lola »(1961), « Les parapluies de Cherbourg » (1964), « Les demoiselles de Rochefort » (1967) et « Peau d’âne » (1970).
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Installé aux Etats-Unis en 1966, il compose alors les musiques d’un bon nombre de films à succès comme « L’affaire Thomas Crown » avec « Les Moulins de mon coeur » qui reçoit l’Oscar de la meilleure chanson originale à Hollywood. Cette dernière chanson devient d’ailleurs un classique de la chanson française interprété par Michel Legrand mais aussi repris par une multitude d’artistes.

Parallèlement à sa carrière de compositeur et d’arrangeur, Michel Legrand se lance aussi dans la chanson avec succès. Au début des années 1960, son tandem avec Claude Nougaro donne naissance à quelques succès de ce dernier: « Le cinéma », « Les Don Juan » ou « La chanson ». Puis, il interprète notamment « Quand ça balance », « La valse des lilas », « 1789 », « Où vont les ballons », ou encore « Quand on s’aime » en duo avec Nana Mouskouri.
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Au début des années 1970, il signe et chante même la bande originale de la série télé animée « Oum le dauphin »: un souvenir impérissable pour des milliers d’enfants de l’époque.
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Pour ses cinquante ans de carrière en 2009, il livre trois concerts en la salle Pleyel à Paris. Fin 2011, Michel Legrand est à la base de la création d’un très beau disque de Noël enregistré par divers artistes francophones et anglo-saxons. On y retrouve Emilie Simon, Renan Luce, Coeur de Pirate, Carla Bruni, Olivia Ruiz et M mais aussi Mika, Iggy Pop ou Jamie Cullum. En 2015, l’album « Michel Legrand & ses amis » est commercialisé. Sur ce disque, le compositeur et interprète partage ses grands succès et un inédit avec une pléiade d’artistes français dont Maurane, Charles Aznavour, Muriel Robin, Laurent Gerra, Brigitte, Thomas Dutronc, Hélène Ségara, Christophe Willem ou encore Brigitte.
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Fin 2015, Michel Legrand travaille avec le jeune artiste français Vincent Niclo et, ensemble, ils composent un spectacle qu’ils présentent début 2016 à Paris.
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A la fin de l’année 2017, le compositeur se rend à Charleroi, en Belgique, où est mise en scène et présentée une version « comédie musicale » du film « Les parapluies de Cherbourg ». Michel Legrand décède à Paris le 26 janvier 2019 à l’âge de 86 ans.

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MARJANE Léo

Léo Marjane dans les années 1930

La chanteuse française Léo MARJANE naît le 26 août 1912 à Boulogne-sur-Mer sous le nom de Thérèse Gendebien. Elle passe son enfance en Allemagne puis en Autriche en suivant son père diplomate qui décède lorsqu’elle a six ans. A Vienne, elle s’inscrit au conservatoire et elle y suit des cours de violon et de piano. Puis, de retour en France, à Marseille, elle se dirige vers le music-hall et, âgée de quinze ans, elle remporte un concours organisé à l’Alcazar. Elle prend alors le pseudonyme de Rita Karoly pour se produire en duo avec un chanteur dans un répertoire fait de chansons fantaisistes, d’acrobaties et de danse. Elle se fait de plus en plus remarquer comme chanteuse et est engagée en Egypte, au Caire, au cabaret « Le Perroquet » en 1932. Elle choisit alors définitivement le nom de Léo Marjane et revient à Paris où elle récolte un certain succès en se produisant sur diverses scènes telles que celles de l’Alhambra, du Petit Casino, de Bobino et de l’ABC entre autres. Sa voix chaude et sa diction parfaite sont très appréciées du public qui découvre une nouvelle façon de chanter dans son chef. L’artiste commence aussi à enregistrer ses premiers disques mais il faut attendre 1937 pour que l’un de ceux-ci soit un succès: « La chapelle au clair de lune », adaptation française de « In the chapel in the moonlight ».
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Cette popularité soudaine incite sa maison de disques Pathé Marconi à lui faire graver immédiatement d’autres chansons anglo-saxonnes: « Begin the beguine » et « Night and day » en 1938. C’est au cours de l’un de ses enregistrements que Léo Marjane aurait inventé la technique du bas de soie placé devant le micro pour amortir certaines syllabes: un procédé que beaucoup d’autres chanteurs ont utilisé par la suite. Curieusement, Léo Marjane poursuit des tournées dans le monde entier, notamment au Brésil et aux Etats-Unis où elle chante le jazz des compositeurs locaux. Pendant l’occupation allemande de la France durant la seconde guerre mondiale, elle devient une très grande vedette et possède deux cabarets: « L’Ecrin » et « Chez Léo Marjane ». C’est à cette époque, en 1942 précisément, que Léo Marjane enregistre « Seule ce soir », un immense succès qui restera sa carte de visite à jamais.
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Cette chanson, peu anodine, est de suite adoptée par des milliers de femmes françaises qui ont un mari prisonnier de guerre en Allemagne. Lors de la Libération, la chanteuse est poursuivie pour s’être produite, pendant le conflit, dans des endroits fréquentés par l’occupant allemand. Se défendant en prétendant qu’elle n’aurait pas pu faire autrement, qu’elle n’aurait pas pu interdire aux officiers allemands de venir la voir en concert et qu’il fallait qu’elle gagne sa vie, elle est finalement acquittée au terme d’un procès qui ternira son image. Elle modifie alors son pseudonyme en Marjane tout court. Mais elle est frappée d’interdiction de travailler pendant les années qui suivent la guerre et, jusqu’en 1951, ses disques conservés dans les archives de Radio France sont tous estampillés censuré. Lucide, elle décide d’arrêter momentanément la scène en 1949. Mais elle reprend le chemin des studios d’enregistrement dans les années 1950 et elle interprète alors du Louiguy (« Mademoiselle Hortensia »), du Jean Constantin (« Mets deux thunes dans le bastringue »), du Gilbert Bécaud (« Je veux te dire adieu ») ou du Léo Ferré (« Monsieur mon passé »).
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Les années 1950 sont également celles où Marjane obtient quelques rôles dans des films français. En 1959, elle tente une rentrée au concert Pacra, à Paris, mais elle ne s’y produit que quelques jours. Elle s’éloigne alors du métier artistique jusqu’en 1969 où un bref retour médiatique ne connaît pas de suite. Marjane se consacre alors à sa famille et à sa première passion: l’équitation et l’élevage de chevaux qu’elle pratique à Barbizon, près de Fontainebleau. C’est là qu’elle meurt des suites d’une crise cardiaque le 18 décembre 2016 à l’âge de 104 ans.
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DOUAI Jacques

Jacques Douai en 1978 – Photo (c) JP Grabet

Le chanteur français Jacques DOUAI naît le 11 décembre 1920 à Douai sous le nom de Gaston Tanchon qui choisit plus tard comme pseudonyme le nom de sa ville natale du Nord de la France. Il passe son enfance dans la région où il est né et, après l’école primaire, il fréquente le conservatoire où il apprend la musique. Par la suite, il s’intéresse aux chorales et en dirige quelques-unes. Puis il s’intéresse au théâtre et à la danse. A 27 ans, il débarque à Paris et commence à chanter dans les cabarets dits « de la rive gauche » en s’accompagnant à la guitare. C’est à ce moment qu’il choisit son pseudonyme. Il est alors le premier interprète masculin à chanter « Les feuilles mortes » de Prévert et Kosma sur une scène. L’un des « patrons » de cabaret, Francis Claude, l’engage dans son établissement mais il lui permet aussi de se produire dans des émissions de la radio française. En 1951, des soucis de santé éloignent Jacques Douai de la scène pendant quelques années mais, en 1955, lorsqu’il reprend sa place, c’est pour enregistrer un premier album. Celui-ci a pour titre « Chansons poétiques anciennes et modernes » et obtient le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros. Interprétant notamment quelques mélodies du folklore français ancien et médiéval, il va être baptisé « le troubadour des temps modernes ».
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Dans les années qui suivent, Jacques Douai enregistre régulièrement des 33-tours où il explore le répertoire poétique national mais où il chante aussi des oeuvres de Charles Trenet, Georges Brassens, Jacques Brel ou Léo Ferré. De ce dernier grand artiste, il interprète sur scène « Il n’aurait fallu » le 27 septembre 1986 à Montréal.
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Le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros lui est encore décerné pour ces albums en 1962 et en 1968. En 2004, le 7 août, Jacques Douai décède à son domicile parisien.
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CALLAS Maria

Maria Callas en 1958 – Photo (c) Houston Rogers

La cantatrice grecque Maria CALLAS naît le 2 décembre 1923 à New York, aux Etats-Unis, sous le véritable patronyme de Sophie Cecilia Kalos. Son père est pharmacien et sa mère fille d’un colonel. Si la petite fille voit le jour à New York, c’est parce que ses parents, qui vivaient jusque là en Grèce, éprouvent des difficultés conjugales et décident de quitter la Grèce en espérant connaître des jours meilleurs aux Etats-Unis. Lorsque naît Sophie Cecilia, sa mère est extrêmement déçue que ce ne soit pas le garçon qu’elle espérait pour combler le vide laissé par le fils décédé un an plus tôt d’une méningite. De plus en plus mécontente de son couple, la mère finit par reporter toute son affection sur la petite dernière et sera largement à la base de la carrière artistique qu’elle va mener. Enfant, Sophie Cécilia apparaît intelligente et assidue et son comportement scolaire est brillant. Lorsque sa soeur achète un phonographe, la musique entre dans la maison sous diverses formes et, notamment, classique avec l’opéra. Les deux filles chantonnent alors souvent et il est bientôt question d’acheter un piano et de se payer quelques leçons à domicile. A partir de huit ans, la petite fille commence à posséder une voix remarquable et elle ne se fait pas prier dès qu’il y a une occasion d’être appréciée par un public, fut-il très restreint. L’une de ses chansons préférées est alors « La paloma ». En 1934, la jeune fille remporte un concours radiophonique et gagne une montre. Trois ans plus tard, ses parents se séparent et la mère reprend le chemin de la Grèce avec ses deux filles. C’est donc à Athènes que la future Maria Callas prend ses premiers cours de chant en 1937 avant d’intégrer le Conservatoire de la capitale grecque deux ans plus tard. Pendant les années de guerre, les seconds rôles qu’elle décroche à l’Opéra National de Grèce lui permettent de subvenir aux besoins de sa mère et de sa soeur. Le pays est alors occupé par les Italiens et les Allemands et la mère de Maria a pour amant un colonel italien. Il n’en faut pas plus pour qu’elle oblige sa fille à chanter pour les occupants, ce qui représente quelques avantages pécuniaires en ces temps difficiles. Mais, dans le même temps, son talent vocal est de plus en plus apprécié comme un don exceptionnel. A la libération, Callas se produit un peu partout en Grèce: elle apparaît dans sept opéras différents et donne vingt récitals. Mais, sa mère étant soupçonnée d’avoir collaboré avec l’occupant, Maria est exclue de l’opéra d’Athènes et elle perd la bourse du Conservatoire pour avoir trop chanté pour les ennemis. Elle décide alors de retourner aux États-Unis le 14 septembre 1945 pour renouer avec son père. Elle rompt avec sa mère qu’elle considère comme celle qui a exploité et monnayé ses talents avec les occupants. Trois mois plus tard, elle passe une audition devant le directeur du Metropolitan Opera, Edward Johnson, et elle est admise avec la mention « Voix exceptionnelle: doit être entendue rapidement sur une scène ». Malheureusement, d’audition en audition, la cantatrice doit déchanter et elle finit par se produire dans des restaurants. Elle quitte alors les Etats-Unis pour tenter sa chance en Italie, pays de l’opéra. Elle y rencontre un riche industriel, 30 ans plus âgé qu’elle, qui décide de l’aider dans sa carrière artistique. Elle l’épouse en 1949 et il devient aussi son mentor et son impresario jusqu’en 1959, année de leur divorce. Elle devient, entretemps, une grande vedette de l’opéra qui chante en Italie, à la Scala de Milan, en Grande-Bretagne, au Covent Garden de Londres, et aux Etats-Unis pour des cachets mirobolants.

Les magazines s’intéressent alors autant à sa vie privée qu’à ses prestations scéniques. C’est à cette époque qu’elle rencontre Aristote Onassis, armateur grec milliardaire, dont elle devient la maîtresse. La Diva quitte alors le chemin des théâtres pour profiter de la jet set avec son amant. Elle s’installe à Paris en 1961. La cantatrice effectue sa dernière apparition sur scène au Covent Garden de Londres dans un opéra, « La Tosca », le 5 juillet 1965. En 1966, alors qu’Onassis succombe aux charmes de l’ex-first lady américaine Jackie Kennedy, Maria Callas se rend à l’amabassade des Etats-Unis à Paris pour renoncer officiellement à la nationalité américaine. Elle redevient grecque pour profiter d’une loi qui annule un mariage non célébré selon les rites orthodoxes pour officialiser sa relation avec Onassis. Mais ce dernier épouse Jackie Kennedy sur l’île de Skorpios le 20 octobre 1968. Malgré cette énorme déception sentimentale, la cantatrice reste fidèle à Onassis et est auprès de lui dans ses derniers moments de vie en 1975. En 1969, le cinéaste Pier Paolo Pasolini tourne « Médée », un film non-musical avec Callas dans le rôle-titre. Le film n’est pas un succès commercial mais c’est le seul document sur Callas, actrice de cinéma. En 1973, le ténor Giuseppe Di Stefano, avec qui elle a une liaison, lui propose de faire à ses côtés une tournée de récitals afin de financer le traitement médical de sa fille. Ils chantent dans toute l’Europe, aux États-Unis, en Corée du Sud et au Japon où a lieu la dernière prestation publique de Maria Callas le 11 novembre 1974 à Sapporo. Ensuite, elle se retire dans son appartement parisien où elle se replie dans la solitude après le décès d’Onassis en 1975. Elle tente à plusieurs reprises de se suicider. Le 16 septembre 1977, elle meurt d’une embolie pulmonaire à l’âge de 53 ans. Maria Callas est incinérée au cimetière parisien du Père-Lachaise où une plaque lui rend hommage au colombarium alors que ses cendres ont été dispersées en mer Egée en 1980. En novembre 2018, Londres, Bruxelles puis Paris, avant d’autres villes françaises, accueillent un nouveau concert de la diva où elle apparaît en hologramme accompagnée par un véritable orchestre de 60 musiciens bien réels. Les critiques sont unanimes pour qualifier ce spectacle technologique prodigieux de saisissant, ébouriffant et fascinant voire même irritant.
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BARBARA


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L’auteure, compositrice et interprète française BARBARA naît le 9 juin 1930 à Paris sous le nom de Monique Serf. Elle passe une partie de son enfance dans le quartier parisien des Batignolles puis à Marseille et à Tarbes avant la guerre durant laquelle elle se cache pour échapper, en tant que juive, aux nazis. Après le conflit mondial, elle revient avec ses parents à Paris. Voulant devenir chanteuse, elle s’inscrit à des cours de chant puis au Conservatoire de Paris. Mais le chant classique lui est rébarbatif par rapport à la chanson populaire. Elle stoppe les cours et passe une audition au théâtre Mogador: elle se retrouve choriste dans l’opérette « Violettes impériales ». Suite à l’abandon de la famille par son père, Monique quitte Paris pour essayer de vivre de sa passion pour la chanson. Avec un peu d’argent de poche prêté par une amie, elle aboutit à Bruxelles où la vie n’est pas simple. Elle rencontre alors des artistes de Charleroi (B) qui lui proposent de chanter chez eux à « la Mansarde ». Elle se constitue alors un répertoire avec, notamment, des titres d’Edith Piaf et des chansons réalistes des années 1930. Elle se produit à ce moment sous le nom de Barbara Brodi, un nom inspiré par celui de sa grand-mère. Lassée de ces prestations que le public n’apprécie pas, elle retourne à Paris en 1951 et y passe des auditions. Sans succès. Finalement, à l’invitation d’un de ses amis de Charleroi, elle retourne à Bruxelles et, en 1952, elle chante sous le nom de Barbara au théâtre du Cheval Blanc. Cette fois, le public est charmé et le fait savoir. Au point que la chanteuse enregistre deux disques en 1955: « Mon pote le gitan » et « L’oeillet blanc ».

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Se disant que sa popularité belge peut s’exporter, Barbara retourne à Paris et écume les boîtes à chanson: « La rose rouge » en 1956, « Chez Moineau » en 1957 et « L’Ecluse » plus durablement à partir de 1958. Son succès s’élargit et les étudiants du Quartier Latin la surnomment bientôt « La chanteuse de minuit ». Forte de cette notoriété naissante, Barbara effectue son premier passage à la télévision, dans l’émission « Cabaret du soir » en juillet 1958. C’est à ce moment qu’elle commence à écrire ses propres chansons. Elle se fait remarquer par un producteur et elle enregistre deux chansons personnelles sur un 45 tours avant de sortir un premier 33 tours en 1959: « Barbara à l’Ecluse ».
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Mais c’est en tant qu’interprète qu’elle sort ensuite deux albums dans une autre maison de disques: « Barbara chante Brassens », pour lequel elle obtient le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros, et « Barbara chante Jacques Brel ». En février 1961, elle assure la première partie de Félix Marten à Bobino puis elle reprend ses prestations, qui s’y prêtent mieux, à l’Ecluse. En 1963, sur la scène du théâtre parisien des Capucines, elle triomphe en interprétant, notamment, « Dis quand reviendras-tu » et « Nantes ».
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Elle impressionne les responsables de la maison de disques Philips ainsi que Georges Brassens dont elle fera la première partie à Bobino en 1964. Elle quitte alors Paris pour s’installer à Précy-sur-Marne où elle résidera jusqu’à son décès. Son premier album chez Philips sort en 1965. C’est un gros succès de vente pour ce 33 tours qui obtient le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros. Le 15 septembre de la même année, elle entame une série de concerts dont elle est la vedette à Bobino. C’est à ce moment qu’elle crée son hymne au public: « Ma plus belle histoire d’amour ».
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Les succès vont s’enchaîner pour Barbara. Les récitals aussi. En février 1969 pourtant, sur la scène de l’Olympia, elle annonce qu’elle arrête le tour de chant. Elle poursuit cependant l’enregistrement de ses disques et, en 1970, elle connaît à nouveau le succès avec « L’aigle noir ».
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Parallèlement à la chanson, Barbara se tourne alors vers le cinéma. Elle joue en 1972 dans le film réalisé par son ami Jacques Brel: « Franz ». Et, en 1974, c’est Jean-Claude Brialy qui réalise « L’oiseau rare » où elle tient le rôle principal. Entretemps, Barbara est revenue à la scène pour le plus grand plaisir de ses admirateurs. En 1973, elle est, par exemple, à l’affiche du Festival d’Obourg, en Belgique, avec Daniel Guichard et Yves Simon. En 1981, alors qu’elle vient de sortir un album intitulé « Seule », elle se produit sous un chapiteau planté à l’hippodrome parisien de Pantin.
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C’est un véritable triomphe et la série de concerts se termine toujours aux petites heures de la nuit. Excès ou cause naturelle: la voix de Barbara se casse au cours de ces représentations. Son interprétation ne sera plus jamais pareille mais elle dégage une nouvelle émotion dont l’artiste profite habilement. En 1985, elle écrit avec le Québécois Luc Plamondon la pièce musicale « Lily Passion » où elle joue et chante aux côtés de Gérard Depardieu avec qui elle s’est liée d’amitié. La première représentation a lieu au Zénith de Paris en janvier 1986 à l’endroit même où se trouvait, cinq ans plus tôt, l’hippodrome de Pantin. Le spectacle part en tournée et passe notamment par Forest-National en Belgique.
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Peu après, la chanteuse se mobilise pour lutter, à sa façon, contre le sida. Elle visite les hôpitaux et les prisons à la rencontre de malades. Elle enregistre une chanson sublime sur le thème: « Sid’amour à mort ».
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A la fin de l’année 1993, des problèmes de santé l’obligent à interrompre une série de concerts entamés au théâtre du Châtelet. Elle trouve encore la force d’enregistrer ce qui sera son dernier album en public puis elle s’oblige à se reposer. En 1994, elle reprend quand même une ultime fois le chemin de la scène pour une tournée française qui se termine à Tours. En 1996, seize ans après son dernier opus réalisé en studio, elle se décide à enregistrer des nouvelles chansons, sur un album intitulé « Il me revient ». Le travail est réalisé avec la complicité, entre autres, de Jean-Louis Aubert (qui lui écrit « Le jour se lève encore », une sorte de gospel-rock) et Guillaume Depardieu.
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Le 24 novembre 1997, Barbara s’éteint à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine où elle a été admise suite à un choc toxique infectieux à l’âge de 67 ans. Elle est inhumée dans la quatrième division du Cimetière parisien de Bagneux.
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L’artiste laisse derrière elle quantité de succès qui lui permettent de garder une place toute particulière dans le domaine de la chanson francophone: « Göttingen », « Une petite cantate », « La Dame brune » (avec Georges Moustaki), « Drouot », « Marienbad », etc.
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Depuis son décès, nombre d’artistes ont rendu hommage à Barbara en enregistrant ses chansons sur des albums ciblés mais aussi en y consacrant des récitals exclusifs : Marie-Paule Belle, Patrick Bruel ou Gérard Depardieu par exemple.
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En 2017, Mathieu Amalric réalise un film simplement intitulé « Barbara » où le rôle de la chanteuse est tenu par Jeanne BALIBAR. Le 2 mars 2018, l’actrice est récompensée par un César de la meilleure actrice pour ce long métrage qui, heureusement, ne se présente pas comme un biopic. Car, en fin de compte, on n’y apprend que très peu de choses, voire rien du tout, sur la personnalité et la vie de la longue dame brune.
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