DELACROIX Claude

Claude Delacroix en 2003

L’animateur, producteur et directeur de radio belge Claude DELACROIX naît le 17 avril 1939 à Bruxelles. Fils et petit-fils d’avocats et cinquième d’une famille de huit enfants, ses parents l’imaginent bien, lui aussi, juriste et l’orientent tout naturellement vers des études de droit qu’il effectue à l’Université de Leuven où il obtient sont diplôme de docteur. Mais il faut bien dire que, dès qu’il le peut, le jeune Claude se consacre à sa passion pour la musique. Ayant reçu une guitare de ses parents à quinze ans, il se fait engager dans un orchestre de la région de Charleroi qui s’appelle « Les Fifrelins ». L’expérience dure trois ans et permet à la formation d’animer un grand nombre de soirées dansantes à Leuven. Ensuite, le musicien en herbe devient le chanteur d’une formation appelée « The Rowdies » (« Les Chahuteurs » en français). Le groupe joue dans les bals et les thés dansants. Claude y gagne un peu d’argent pendant que ses parents croient qu’il suit les cours. Il fait alors la connaissance de Michel Lemaire, animateur-radio à la RTB, Radio Télévision Belge. Ce dernier lui signale que le chanteur Marc Aryan cherche un secrétaire : il prend le poste et l’occupe pendant quelques mois. Gardant le contact avec Michel Lemaire, il obtient un petit boulot au centre de production radio de la RTB à Mons pendant l’été 1965 : il y classe des disques, des fiches et des dossiers. Puis, il parvient à glisser quelques chroniques personnelles pour l’émission « Jeunesse 66 » avant de réaliser des reportages réguliers pour « Jeunesse 67 ».
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L’époque des chanteurs « yé-yés » et des émissions du style « Salut les Copains » commencent à s’essouffler et, le lundi 2 octobre 1967 à 16h15 précises, Claude Delacroix est au micro dans les studios de la RTB à Mons pour lancer une nouvelle émission qui va devenir mythique : « Formule J ». Pendant près de quinze ans, avec l’aide notamment de Michèle Cédric, le programme va marquer quelques générations de jeunes auditeurs qui vont découvrir les grands groupes de rock mais aussi les stars de la chanson francophone. Sans oublier le traditionnel rendez-vous hebdomadaire du hit-parade, les haut-placés de « Formule J » le vendredi et les « oldies » : les Vieux Machins du samedi souvent préparés par Christine Goor. Après avoir commenté le Concours Eurovision de la chanson pour la télévision belge RTB en 1970, année où la Belgique est représentée par Jean Vallée, il s’essaie à d’autres expériences télévisuelles. En 1973, il interviewe, entre autres, Michel Polnareff et Claude François pour l’émission « Charivari ».
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En 1981, Claude Delacroix revient à la radio et crée « Bruxelles 21 » qui devient, deux ans plus tard, « Radio 21 » captée sur l’ensemble de la communauté francophone de Belgique. Il revient aux commentaires télévisés de l’Eurovision pour la RTBF en 1987 alors que la finale a lieu à Bruxelles suite à la victoire de Sandra Kim en 1986. Puis, toujours pour la télévision et la RTBF, il est l’instigateur du projet Télé 21 où il anime l’émission musicale « Formule 2 » réalisée depuis les studios de Charleroi. A partir de 1990, il commente les finales des concours Eurovision chaque année. En 1991, il lance « Bruxelles Capitale », la radio bruxelloise du service public qui existera jusqu’en 2004 avant de fusionner avec « Fréquence-Wallonie » pour devenir « Vivacité ». En 1993, Claude Delacroix devient le directeur de « La Première », une des chaînes de radio de la RTBF. A cette occasion, il laisse sa place de commentateur du concours Eurovision à Jean-Pierre Hautier. Poursuivant sur sa lancée, il est nommé directeur général des radios de la RTBF le 18 mars 1997. Claude Delacroix prend sa retraite en 2004 mais il reste alors actif sur « La Première » où il réalise des chroniques en duo avec Jacques Bauduin pour l’émission « Flash Back » chaque après-midi entre 13h30 et 14h00 jusque fin 2009. Puis, c’est sur la chaîne « Classic 21 » qu’il revient en janvier 2010 pour y animer une émission thématique sur les sixties tous les vendredis soirs. Aujourd’hui, Claude Delacroix s’est éloigné des micros. Il partage sa vie entre son appartement proche de l’Université libre de Bruxelles, sa petite maison de Seneffe qu’il rejoint le week-end, et son mas de Callas, dans le Var, où il va chercher le soleil.
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DANEL Pascal

Pascal Danel en 1980 – Photo (c) Gérard Krawszyk

Le chanteur et compositeur français d’origine corse Pascal DANEL naît le 31 mars 1944 à Paris sous le nom de Jean-Jacques Buttafoco. Ne connaissant pas sa mère qu’il ne rencontrera qu’à l’âge de 25 ans, il vit son enfance et son adolescence à Dijon chez sa grand-mère. Il se passionne pour la moto ainsi que pour l’acrobatie et il lie les deux passions pour être, un temps, funambule à moto. Mais suite à un accident qui l’immobilise, il apprend la guitare et le piano. Fraîchement arrivé à Paris, il fréquente le conservatoire de théâtre de la rue Blanche avant de devenir le guitariste et le chanteur d’un groupe nommé « Les Panthères ». Il se fait alors une place dans le métier où il passe des auditions afin de présenter les chansons qu’il écrit et compose. Il choisit alors un pseudonyme qui lui vient des années de sa jeunesse passées à l’école d’Annel. Il s’appelle désormais Pascal Danel et enregistre un premier disque chez Vogue dès 1964. Le succès n’est pas au rendez-vous tout de suite même si son premier enregistrement, « Soldat, soldat », suscite de bonnes réactions chez les professionnels.
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Repéré par Lucien Morisse qui le recrute pour son label Disc’Az, il devient, en 1966, l’interprète d’un « tube » qui s’avère vite inoxydable: « La plage aux romantiques ».
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Alors qu’il est souvent difficile de se relever d’une telle popularité soudaine et d’entamer une vraie carrière sur un « tube », Pascal Danel va surprendre tout le monde en plaçant un second 45 tours dans les hit parades quelques semaines plus tard: c’est « Kilimandjaro », disque de platine dans de nombreux pays.
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En 1969, il est accompagné sur scène par un jeune guitariste qui se nomme Lucien Voulzy: ce garçon changera de prénom en 1976 pour devenir le chanteur Laurent Voulzy. Par la suite, le succès va quelque peu s’estomper pour Pascal Danel mais l’artiste ne se repose jamais sur ses lauriers. Et ce travail de fond s’annonce payant au début des années 1970. Pascal Danel est à nouveau diffusé sur toutes les radios avec « Allez viens on danse » en 1971 et « Mamina » en 1972. Cette dernière chanson a d’ailleurs la faveur d’être reprise par Dalida au même moment.
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La fin des années 1970 et les deux décennies suivantes ne sont plus marquantes au point de vue chanson pour Pascal Danel. Dans les années 1980, il devient un proche du président de la république française François Mitterrand. Son épouse d’alors, la mère de son fils Jean-Pierre, Margit Danel, est à ce moment une proche collaboratrice de Mitterrand.
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Par la suite, Pascal Danel diversifie ses activités pour produire des émissions de télévision, composer des génériques, réaliser des compilations et produire des enregistrements pour d’autres artistes, en compagnie de son fils Jean-Pierre, sous le label « Puzzle ». Après la sortie de nombreuses compilations reprenant ses succès originaux (chez Universal) ou les réenregistrements de ses grandes chansons (sur son propre label), Pascal Danel enregistre un album en langue corse en 1994. En mars 2007, il effectue un retour fracassant sur scène en participant à la tournée « Age Tendre et Tête de Bois ».
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Dans la foulée de ce succès scénique, il enregistre un nouvel album, « Le Cœur des femmes », où il reprend, en duo avec Laurent Voulzy « La plage aux romantiques ».
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En janvier 2014, Pascal Danel réalise un vieux rêve en présentant, au Casino de Paris, un spectacle qu’il a conçu autour des chansons de son idole de toujours: Gilbert Bécaud. Il est à nouveau de l’aventure « Age tendre », pour la troisième fois, fin 2016. Depuis, Pascal Danel semble investi de la mission de se prétendre le seul à pouvoir perpétuer le souvenir de Gilbert Bécaud en donnant son avis sur d’autres initiatives comme l’album d’hommage enregistré en 2014 par Salvatore Adamo.
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HARDY Françoise

Françoise Hardy en 1966

La chanteuse française Françoise HARDY naît le 17 janvier 1944 à Paris. Son enfance se déroule dans la capitale française auprès d’une mère célibataire et de sa sœur, Michèle qui voit le jour en 1945. Le père de Françoise et de Michèle est alors marié avec une autre femme et ne les reconnaîtra que bien des années plus tard. Les jours de Françoise se partagent bien vite entre l’institution religieuse qu’elle fréquente et la maison de ses grands-parents paternels qui se trouve à Aulnay-sous-Bois. Quant aux vacances d’été, elle les passe avec sa soeur en Autriche chez une tante qui lui permet d’apprendre l’allemand. Ces périodes estivales sont aussi propices à la lecture qui lui fait connaître diverses oeuvres dont celles de Simone de Beauvoir. L’écoute de la radio et des chanteurs fait aussi partie de ses loisirs des années 1950 et ses vedettes préférées ont pour nom Georges Guétary mais aussi Charles Trenet ou Luis Mariano. Cela change à la fin de la décennie lorsque Françoise découvre la station anglaise de Radio Luxembourg qui diffuse quantité de nouvelles idoles du rock’n’roll américain et britannique : Elvis Presley, Brenda Lee ou Cliff Richard notamment. Dès qu’elle le peut, elle essaie, avec difficulté, de se procurer les disques de ces artistes qui ne sont pas encore très connus en France. En juin 1960, elle réussit son bac et demande une guitare en guise de récompense. Elle se procure aussi une méthode d’apprentissage et s’applique à jouer avant de composer quelques mélodies sans prétention. A cette époque, les maisons de disques sont en quête de nouveaux talents qu’ils pourront promouvoir dans les émissions de radio consacrées à la jeunesse. Françoise répond à l’une des annonces et se présente à quelques auditions. Elle s’inscrit aussi au Petit Conservatoire de la Chanson de Mireille et elle y apprend les rudiments du métier de chanteuse, d’auteure et de compositrice. Elle suit aussi des cours de solfège et, fin 1961, elle signe un contrat avec la firme Vogue pour enregistrer l’adaptation d’une chanson américaine, « Oh oh chéri », sur un 45-tours. Comme les artistes du Petit Conservatoire de Mireille ont droit à un passage à la télévision française, Françoise Hardy y présente ses premières chansons et les réactions sont plutôt bonnes. Le 28 octobre 1962, la chanteuse bénéficie d’un nouveau passage télévisé lors d’une soirée électorale dont elle assure l’un des intermèdes musicaux en interprétant un autre titre de son premier disque : « Tous les garçons et les filles ». Et, dès le lendemain, le 45-tours se vend comme des petits pains : 500.000 exemplaires en quelques jours.
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Un jeune cinéaste nommé Claude Lelouch s’intéresse alors à l’artiste et lui propose de réaliser des scopitones (ancêtres des clips vidéos) pour elle. Le succès de la chanteuse étant en pleine ascension, il est décidé de l’envoyer représenter Monaco au concours Eurovision de la Chanson qui a lieu à Londres le 25 mars 1963. Elle s’y classe cinquième avec la chanson « L’amour s’en va » pour laquelle l’orchestre est dirigé par Raymond Lefèvre.
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Ce court séjour dans la capitale dans la capitale britannique ne passe pas inaperçu. Elle y est remarquée par le milieu musical local mais aussi par les différents producteurs des pays participant au concours Eurovision. Du coup, une carrière internationale s’ouvre pour Françoise Hardy qui enregistre les traductions de ses chansons en anglais et en italien notamment. Mais des portes s’ouvrent aussi en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne au Danemark, au Canada, au Japon et aux Etats-Unis. Elle se retrouve aussi sur la scène de l’Olympia de Paris au même programme que Richard Anthony. La chanteuse enchaîne alors, assez naturellement, les succès pendant quelques années : « Le temps de l’amour », « Le premier bonheur du jour », « Va pas prendre un tambour », « Mon amie la rose », « L’amitié », « La maison où j’ai grandi », « Je ne suis là pour personne », « Ma jeunesse fout l’camp », « Des ronds dans l’eau », etc.
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Entre l’enregistrement de tous ces succès, Françoise Hardy tourne dans quelques films pour le cinéma, se présente en concert un peu partout dans le monde et est la vedette de quelques shows télévisés en Angleterre et aux Etats-Unis notamment. En 1966, elle participe au Festival de San Remo en Italie. L’année suivante, lors d’un séjour dans sa maison de Corse avec des amis, elle se rapproche de Jacques Dutronc et, malgré de nombreux rebondissements sentimentaux, sa relation avec le chanteur aboutit à la naissance de Thomas le 16 juin 1973 et à leur mariage sur l’île de beauté le 30 mai 1981. Dans le répertoire de Françoise Hardy, la chanson « Le temps de l’amour » a été composée par Dutronc et interprétée à des époques différentes par les deux artistes. D’autres titres ont été interprétés en duo par le couple comme, en 2000, la reprise de « Puisque vous partez en voyage » de Mireille et Jean Nohain.
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Après avoir interprété des compositions personnelles pendant une grande partie de sa carrière, Françoise a le bon goût de choisir ses compositeurs: Serge Gainsbourg (« Comment te dire adieu » en 1968), Michel Berger (« Message personnel » en 1973), Julien Clerc (« Fais-moi une place » en 1989), Etienne Daho, etc.
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En 2006, l’album « Parenthèses » lui permet de se faire plaisir en enregistrant des duos aussi variés que prestigieux. Deux ans plus tard, elle publie un très beau livre de souvenirs intitulé « Le désespoir des singes ». En 2012, Françoise Hardy sort un album plébiscité par la critique et dont le titre est « L’amour fou ». Entourée, entre autres, de Calogero, de Julien Doré ou de Thierry Stremler, elle nous livre dix chansons inédites. Deux ans après son album « La pluie sans parapluie », ce retour artistique majestueux est bercé par un thème que Françoise Hardy affectionne particulièrement depuis ses débuts: l’amour impossible aussi passionné qu’autodestructeur et qui fait perdre la raison. Cet album séduit la presse et obtient notamment les faveurs de Télérama qui lui décerne quatre clés. Parallèlement à ce nouvel album, et loin de se cantonner à son travail habituel, la chanteuse s’essaie aussi à l’écriture. Elle publie ainsi son premier roman intitulé, comme son disque, « L’amour fou ».
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Depuis 2005, la chanteuse se bat avec courage contre un lymphome. En mars 2015, elle est victime d’une chute et son état de santé se détériore ensuite rapidement avec de multiples fractures et un placement préventif dans un coma artificiel pendant huit jours. Sortie de ce pas difficile, Françoise Hardy déclare, en juin 2015, suivre sa deuxième chimiothérapie en dix ans. Fin 2016, après avoir déclaré qu’elle ne chanterait probablement plus, l’artiste publie un nouveau livre intitulé « Un cadeau du ciel ». Elle y raconte comment elle a frôlé la mort et comment elle pense être, miraculeusement, en rémission de son cancer grâce aux traitements reçus lors de son hospitalisation de 2015. En avril 2018, elle confirme sa meilleure forme en enregistrant un nouvel album studio, le 28e de sa carrière : « Personne d’autre ».
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En juin de l’année suivante, elle déclare, au cours d’une interview sur RTL-France, qu’un traitement contre une récidive du cancer la rend sourde d’une oreille et qu’il lui est désormais impossible de chanter avec ce handicap.
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CHELON Georges

Georges Chelon sur scène

L’auteur-compositeur-interprète français Georges CHELON naît le 4 janvier 1943 à Marseille. Après avoir entrepris des études à l’Institut d’études politiques de Grenoble, il pense faire carrière dans le journalisme mais il en est empêché par l’achat d’une première guitare qui le dirige tout droit vers la chanson en écrivant ses premiers titres. Face à cette passion soudaine, Georges décide de se présenter à un concours radiophonique où il est remarqué par René Vanneste qui est alors directeur artistique de Pathé Marconi. Et ce dernier l’encourage à enregistrer un premier disque 45 tours en 1965. Ce premier vinyle est suivi d’un album 33 tours dont le titre est « Le Père Prodigue », une chanson autobiographique qui obtient un grand succès à contre-courant de la mode des « yé-yés » qui sévit alors.
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La popularité de l’artiste lui permet d’assurer les premières parties des concerts de chanteurs de la même catégorie comme Alain Barrière ou Salvatore Adamo pour qui Chelon garde toujours une grande amitié. D’une musicalité différente, la chanson « Comme on dit » installe un peu plus le chanteur dans le paysage de la chanson française des années 1960.
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L’ascension de Georges Chelon se poursuit en 1966 avec la réception du Prix de l’Académie Charles-Cros du disque. Il connaît alors un second succès, dans la même veine musicale que « Père Prodigue », avec « Morte saison ».
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Un an plus tard, son concert parisien de Bobino est enregistré sur son troisième album. En 1968, une nouvelle chanson obtient un grand succès: c’est « Sampa » qui raconte à la première personne l’histoire d’un chien bâtard.
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Deux ans après ce « tube », le chanteur adapte en français quelques titres du répertoire de Leonard Cohen: « Adieu Marianne » et « Good bye » notamment.
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Au début des années 1970, après un passage à l’Olympia en 1971, l’artiste se fait plus rare et il faut attendre 1979 pour l’entendre à nouveau sur les radios avec la chanson « Montmartre ».
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Depuis cette époque, Georges Chelon n’a de cesse d’enregistrer des albums à raison d’un opus tous les deux ans environ. L’un de ceux-ci sort en 2013 et est consacré aux chansons de Georges Brassens.
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Entre 2004 et 2008, Georges Chelon réalise le projet de mettre en musique et d’enregistrer, sur sept disques, l’intégralité des « Fleurs du mal » de Charles Baudelaire. Dans les années 2000 et 2010, l’artiste fait régulièrement partie des tournées « Age tendre et tête de bois » où il récolte toujours un sacré succès populaire.
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En janvier 2008, il se présente seul face au public de l’Olympia à Paris. Ses succès, en versions originales, ainsi que des chansons moins connues ont été « compilés » sur un triple CD de la série « Platinum Collection » chez EMI en 2012. Début 2016, Georges Chelon édite un album intitulé « Dans la cour de l’école ». Il y raconte, tout en poésie, ses souvenirs d’écolier. À 74 ans, en 2017, l’artiste enregistre treize nouvelles chansons sur l’album « On n’est pas tout seul ». Des chansons d’amour mais aussi d’actualité sur l’accueil des migrants, la colère, la vieillesse ou encore l’au-delà. Deux ans plus tard, l’opus suivant a pour titre générique « Essayez Dieu ». Il comprend quatorze nouvelles chansons et une nouvelle version de « Père Prodigue ». Fidèle à lui-même dans ses thèmes de chansons traitant généralement des faits qui nous entourent et que nous vivons au quotidien, Georges Chelon peaufine, au fil des ans, une oeuvre très prolifique qui s’enrichit d’un album supplémentaire en mars 2021 : « Ensemble ». Le 12 août 2021, lors d’un léger répit dans la crise sanitaire engendrée par le coronavirus covid-19 et ses confinements successifs, l’artiste participe au premier festival de la chanson française de Thonon-les-Bains (F).
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Pour en savoir plus sur la discographie de Georges Chelon, rendez-vous sur le site web très complet de François-Marie Gérard en CLIQUANT ICI.
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ADAM Christian

Christian Adam en 2006

L’auteur-compositeur-interprète belge Christian ADAM naît le 14 mai 1945 à Haine-Saint-Paul (La Louvière). Dès son plus jeune âge, il écoute avec attention les anecdotes que son père, artiste musicien, lui raconte sur ses études au conservatoire de Mons, ses concerts en soliste ou comme chef d’orchestre, les artistes et les éditeurs de musique. Et le jeune Christian est également bercé par les mélodies de Charles Trenet et de Maurice Chevalier. Pas étonnant dès lors que, à la première occasion, l’enfant se tourne vers la musique pour apprendre le solfège, le piano mais aussi la danse classique et moderne. Toujours encouragé par son père qui a composé l’opérette qu’il monte dans un théâtre de la région, Christian fait ses premiers pas timides sur scène en 1956. Il se pique alors au jeu et devient un habitué des planches du théâtre de Jolimont où il preste dans les revues musicales colorées et joyeuses. Jusque là admirateur des chansons de Charles Aznavour, Edith Piaf ou Gilbert Bécaud, il vire sa cuti au début des années 1960 lorsque déferle la vague des chanteurs yé-yés et des rockers tels que Johnny Hallyday ou Eddy Mitchell. Comme tous les adolescents de cette époque, il croit en sa chance et apprend la guitare en formant un orchestre de bal avec des copains et des membres de sa famille. Son père, qui se fait appeler Guy Mery, l’intègre alors dans sa formation qui a pour nom « Les Mery Boys » et il en devient le chanteur sous le pseudonyme de Chris Eden, ce qui est un peu normal pour celui dont le véritable patronyme est Adam en référence au paradis. Et si le groupe interprète chaque week-end un grand nombre de succès internationaux, il propose aussi régulièrement des compositions de son chanteur qui, pour gagner sa vie, travaille alors dans une imprimerie. Des collègues de travail estiment que Christian possède un certain talent et l’encouragent alors à proposer ses chansons lors de concours réservés aux jeunes talents. En 1968, il participe ainsi au « Parapluie des vedettes » à Huy (B) où il présente deux de ses compositions : « Monsieur le magicien » et « On s’était promis ». Le président du jury s’appelle Jean Darlier et il est, outre un membre très actif de la SABAM (Société des auteurs et compositeurs belges), éditeur et producteur de disques. Il tombe sous le charme des mélodies et de la voix du chanteur et lui permet d’enregistrer un premier disque 45-tours sous le nom de Chris Eden.
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Le succès est plutôt timide mais cela encourage l’artiste et le producteur à poursuivre leur collaboration pour un second disque avec les titres « Laisse tes souvenirs » et « Je t’aime plus que tout ». Chris Eden participe alors au concours de la Caméra d’Argent organisé par la RTB, la télévision belge francophone. Les votes combinés du jury et du public lui permettent de se produire à de nombreuses reprises au cours du programme étalé sur plusieurs semaines. Les contacts avec d’autres artistes et personnalités du show-business sont alors nombreux. Parmi ceux-ci, il y a l’accordéoniste montois Willy Staquet qui finit par présenter Christian au célèbre Marcel De Keukeleire qui est alors, en 1971, celui qui a lancé sur la voie du succès les groupe « Les Sunlights » et « Crazy Horse ». Commence alors, avec ce nouveau producteur et deux acolytes nommés Jean Vanloo et Jean-Luc Drion, un long travail minutieux de préparation qui débouche, en avril 1973, sur la sortie d’un 45-tours enregistré sous le nom de Christian Adam : « Si tu savais combien je t’aime ». La chanson est d’emblée programmée sur les ondes de la radio périphérique française Europe 1 et elle devient l’un des « tubes » de l’été avec plus d’un million d’exemplaires vendus. Et la nouvelle vedette doit faire face à un tourbillon de galas, d’émissions de radio, de programmes de télévision et de reportages pour les plus grands magazines artistiques.
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Alors que Christian Adam participe à de nombreux podiums présentés par Jean-Loup Lafont pour la station Europe 1 et où il côtoie Eddy Mitchell, Salvatore Adamo ou Mort Shuman, il est déjà temps de penser au disque qui prendra le relais de cet énorme succès et, à la fin de l’année 1973, c’est « Tu sais si bien dire je t’aime » qui envahit les ondes francophones. Elle permet à son interprète de participer aux émissions télévisées françaises de Guy Lux où il rencontre Serge Lama, C. Jérôme ou Christian Delagrange.
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Les succès s’enchaînent ensuite durant quelques mois : « Aimer je veux t’aimer » ou « Viens chez moi » lui permettent de participer au programme de la télé belge RTB « Chansons à la Carte » aux côtés d’Abba, Michèle Torr, Dalida et Mike Brant. En août 1975, très fatigué, il est victime d’un accident de la route qui le plonge dans le coma plusieurs semaines. Mais, dès son rétablissement, il part chanter en Turquie où il est devenu une vedette. Et, dans la lignée des mélodies qui l’ont fait connaître, il enregistre en 1976 le titre « Baby oh I love you ».
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Christian Adam poursuit ses tournées en Turquie et il se fait un peu oublier en France et en Belgique à une époque où le phénomène disco envahit les discothèques, les disquaires, les ondes radios et les hit-parade. En 1978, il est ainsi contraint de produire lui-même le 45-tours qui contient la chanson « Recommençons à vivre ».
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En 1980, en composant « Mes amis de la télé », il rend hommage à toutes les personnalités et les séries animées qui plaisent alors au jeune public. La maison de disques Polydor croit au projet et sort le 45 tours qui obtient un succès assez limité.
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En 1984, Christian Adam signe les chansons « Joue guitare » et « Je tends la main » pour Johny Fostier qui les enregistre. Cinq ans plus tard, à la faveur de la popularité du compact disc qui permet de retrouver les grands succès des années 1970 dans leur qualité sonore initiale, la firme Ariola Express sort un album des « grands succès de Christian Adam ». L’artiste est à nouveau contacté pour assurer la promotion du disque sur des podiums mais un nouvel accident de voiture stoppe l’élan retrouvé du chanteur. Il lui faudra des années avant de récupérer la force, le courage et l’inspiration d’un nouveau souffle pour la création d’un album qui révèle un artiste différent en 1998 et qui a pour titre « Vie privée ». On y trouve une version très particulière du premier grand succès, « Si tu savais combien je t’aime », en piano-chant telle qu’elle a été initialement créée 25 ans plus tôt. Quelques mois après, Christian participe à l’émission télévisée française « La chance aux chansons » de Pascal Sevran. A partir de ce moment, le chanteur se produit à de nombreuses reprises pour des spectacles nostalgiques qui évoquent le bonheur oublié des années 1970 en compagnie, notamment, de Robert Cogoi, Christian Vidal ou Alain Delorme. Et, en mars 2007, un album des principales chansons de sa carrière est commercialisé sous le titre « Depuis si tu savais ». Après cette dernière expérience discographique, les années 2010 vont être ternies par des ennuis de santé qui entraîneront le décès de Christian Adam à Warneton le 10 novembre 2014.

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BEAUCARNE Julos

Julos en 2011

L’auteur-compositeur-interprète belge Julos BEAUCARNE naît le 27 juin 1936 à Ecaussinnes. Il est également poète, écrivain, conteur et sculpteur. Fils d’un inventeur, fabricant et marchand de machines agricoles, il est aussi petit-fils de fermier et il se montre très vite attaché au terroir sous toutes ses formes. Après des humanités suivies sans problèmes au Collège Saint-Vincent de Soignies (B), il tente des études supérieures en divers domaines mais il ne les achève pas. Il tâte ainsi des lettres, de la philologie romane et de l’assistance sociale. Pour vivre, il exerce alors divers petits boulots plus ou moins lucratifs: assureur, professeur d’éducation physique, inventeur d’une méthode d’apprentissage de la guitare et, enfin, placeur d’antennes de télévision à l’époque où celles-ci sont très en vogue. Intéressé également par les arts du spectacle et la musique, il suit des cours de mime. En voyage en Provence en 1961, sa voiture tombe en panne et il décide de chanter sur les places publiques pour payer les réparations. De retour en Belgique, il joue la comédie dans différents théâtres bruxellois pour lesquels il compose aussi des musiques. Alors qu’il a pris l’habitude de retourner chanter chaque été sur les places des villages provençaux, il finit par présenter ses chansons à Paris en 1966 chez la chanteuse Monique Morelli qui tient alors un cabaret. Il parvient à enregistrer un premier disque grâce à des souscriptions financières: « Le sort d’ici bas ».
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En 1967, l’artiste reçoit le prix des Rencontres poétiques du Mont-Saint-Michel (F) pour l’album « Julos Beaucarne chante Max Elskamp ».
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Très productif, le chanteur enregistre encore deux 33 tours dans les mois qui suivent: l’un avec des chansons personnelles et l’autre avec des chansons de sa région natale d’Ecaussinnes et du Centre parmi lesquelles il y a la fameuse « Petite Gayole » (« Elle me l’avait toudis promis »).
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En 1968, Julos chante à Londres. Jusqu’en 1975, il multiplie les enregistrements de disques mais aussi les distinctions et les spectacles. A la chandeleur 1975, un drame marque l’homme à jamais: sa compagne est assassinée par une personne travaillant pour le couple. Loulou laisse deux orphelins de leur maman: Christophe et Boris.
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Julos multiplie alors ses activités et se réfugie dans la poésie et la musique pour essayer de tourner la page. Entre 1975 et 1978, les récompenses continuent à affluer avec, notamment, le Prix de l’Académie Charles-Cros décerné pour l’ensemble de son oeuvre.
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De 1978 à 1980, il tente une nouvelle expérience, télévisuelle cette fois, avec l’émission « De bric et de broc » diffusée en Belgique par la RTBF (Radio Télévision publique Belge Francophone). La suite de sa carrière est alors une alternance de sorties de disques et de spectacles dans des lieux les plus divers et parfois lointains: Québec, Vancouver, Mexique, Japon, Maroc, Algérie, Inde, Arabie Saoudite, etc. Julos se distingue aussi par ses idées parfois qualifiées de farfelues par les personnes les plus « terre-à-terre ». A Liège (B) par exemple, en 1986, il inaugure la première centrale électrique musculaire: 105 spectateurs pédalent sur des vélos fixes pour éclairer le chanteur sur scène. Il passe aussi une grande partie de son temps libre à détourner des objets de leur utilisation première. Il en fait des objets d’art qu’il expose à l’image de ces fameuses bobines vidées de leur câbles électriques et qui, superposées, deviennent des pagodes baptisées « post-industrielles ».
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En 1993, lors des funérailles du roi des Belges Baudouin, Julos est invité à chanter en compagnie de Barbara d’Alcantara. Au début des années 2000, Beaucarne est également demandé par le cinéma où il tourne « Le Mystère de la Chambre Jaune » et « Le Parfum de la Dame en Noir » de Bruno Podalydès. En 2006, l’artiste est foudroyé par une attaque cardiaque et l’opération qu’il subit l’oblige à réduire ses activités. Mais, un an plus tard, il est de retour avec un nouvel album, « Le jaseur boréal », et le spectacle qui y est consacré.
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En 2008, l’auteur-compositeur belge est au centre d’un album hommage interprété par 22 chanteurs belges, français et québécois qui enregistrent les titres à leur manière: du rock au rap en passant par le jazz. A cette occasion, José Van Dam interprète « Je ne songeais pas à Rose ».
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Et, en 2012, Julos est de retour avec un album de chansons et poésies originales: « Le Balbuzard fluviatile ».
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Pendant plus de cinquante ans, Julos Beaucarne occupe une place tout à fait particulière dans le domaine de la chanson francophone. Il ne fait jamais de concessions au show-business: il n’en a pas besoin. Il ne trahit jamais la langue française sauf lorsqu’il interprète, à de nombreuses reprises,  des chansons traditionnelles du répertoire wallon ou traduit des oeuvres de Brassens, Vigneault et consorts dans ce dialecte dont il est un ambassadeur remarquable dans le monde entier. De plus en plus discret, il est injoignable lors de ses 80 ans en 2016. La rumeur d’un problème de santé important, répandue à l’époque, n’est ensuite jamais démentie. En 2018 cependant, on peut lire ce bref texte écrit par Julos sur son blog : « Je suis descendu du ventre de ma mère un 27 de juin en 1936, je suis d’un autre siècle et en secret j’espère vivre encore longtemps tant que l’Univers persiste. Je marche à petits pas dans la blanche lumière qui me transperce encore et le corps et l’esprit, j’espère rebondir chaque jour davantage, garder ma mémoire fraîche comme le cœur d’un fruit. » Malheureusement, le 18 septembre 2021, malgré tous ses efforts, Julos Beaucarne décède dans sa localité de Tourinnes-la-Grosse.
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ESPOSITO Giani

Giani Esposito en 1961

L’auteur-compositeur-interprète, acteur et poète français Giani ESPOSITO naît le 23 août 1930 à Etterbeek (Bruxelles). Son père est italien. Sa mère, française, accouche en Belgique pour choisir une nationalité autre que française pour son enfant, ce qui est alors impossible en France. A l’approche de la seconde guerre mondiale, le petit Giani quitte la France pour l’Italie. C’est en Italie qu’il commence à écrire des poèmes d’adolescent. Il poursuit des études traditionnelles mais s’intéresse beaucoup à la sculpture dont il voudrait faire son métier. A son retour à Paris en 1949, il pense toujours à la sculpture mais il est contraint d’effectuer des petits boulots pour vivre. Dès qu’il reçoit un peu d’argent, il suit des cours de comédie avant de s’orienter vers le cinéma au début des années 1950. En 1953, Giani Esposito commence à apprendre la musique par le solfège et le piano. Emballé, il compose quelques chansons et est engagé pour quatre mois au cabaret parisien de « La rose rouge » avant de se produire à « l’Ecluse ». Alors qu’il se produit de plus en plus sur scène, Giani Esposito n’enregistre ses chansons qu’à partir de 1958. Et son premier 45 tours est commercialisé pour fêter le centenaire des apparitions de Lourdes. Un an plus tard, il sort un super 45 tours de quatre titres où se trouve la fameuse chanson « Le clown » qui reste l’oeuvre la plus connue de l’artiste.
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A titre personnel, Giani Esposito se tourne alors de plus en plus vers l’ésotérisme et la spiritualité. En 1963, il épouse la comédienne Pascale Petit qui accouche d’une petite Bougidarka le 26 juin de la même année. Plus tard, à l’adolescence, Bougidarka (ce qui veut dire « don de dieu ») change son prénom et devient Douchka pour interpréter les versions françaises des chansons des films de Walt Disney. Jusqu’en 1967, Giani Esposito tourne presque exclusivement pour le cinéma et la télévision. Puis, en 1967, il signe un contrat discographique avec Pathé Marconi qui concerne trois albums et des 45 tours. Ces albums-là sortent en 1967 (« Jardiniers qui doutez ») et 1968 (« Les clowns » et le double « Un noble rossignol et autres nouvelles chansons »). En 1969, il se sépare de Pascale Petit et chante « Timidité » grimé en clown à la télévision française.
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Il prépare aussi l’opus qui sortira un an plus tard: « Les ombres sont chinoises ». En 1970 également, il participe avec Anne Vanderlove à l’enregistrement de l’opéra de Gérard Manset: « La mort d’Orion ». Giani se met alors à apprendre la guitare. Deux ans plus tard, il sort un nouvel album personnel: « Paris le désert ».
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Et, en 1973, il se consacre à divers projets cinématographiques, théâtraux et musicaux. Il donne ainsi un concert aux Baux de Provence dans une formule piano-voix et une tournée est en préparation. Mais, le 26 décembre 1973, il est hospitalisé d’urgence à Neuilly-sur-Seine pour une hépatite virale et une tumeur cérébrale. Il meurt le 1er janvier 1974 à l’hôpital américain.
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BOURGEOIS Gérard

Gérard Bourgeois en 1964 – Photo (c) Jean Distinghin

Le compositeur français Gérard BOURGEOIS, dont le vrai prénom est Robert, naît le 17 juin 1936 à Paris. Il apprend à jouer du piano assez tôt. Il fréquente aussi le cabaret parisien « Chez Patachou » et y découvre Georges Brassens au moment où son père lui offre une guitare. Mais c’est en 1961 qu’il se dévoile comme compositeur sur des textes de Jean-Max Rivière qu’il a contacté pour lui proposer ses services. La collaboration des deux hommes va leur permettre de signer, dans les années 1960 et 1970, toute une série de succès pour Françoise Hardy (« L’amitié » en 1965), Serge Reggiani (« Il suffirait de presque rien » en 1968), France Gall ou les Compagnons de la Chanson.
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Pour Juliette Gréco, Bourgeois est le compositeur de « Un petit poisson un petit oiseau » en 1966.
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Et pour Brigitte Bardot, il signe les musiques de « La Madrague » ou encore de « C’est rigolo ».
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Enfin, la chanteuse Barbara interprète, en 1974, « L’homme en habit rouge » composée par Gérard Bourgeois.
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La liste de ses interprètes est extraordinaire: Richard Anthony, Michèle Arnaud, Eric Charden, Frida Boccara, Michel Delpech, Nicole Croisille, Daniel Guichard, Gribouille, Jean Guidoni, Nicoletta, Enrico Macias, Sylvie Vartan, Thierry Le Luron, Ria Bartok, Vic Laurens, Sandie Shaw (en français), Jean-Pierre Ferland, Michèle Torr, Dario Moreno, Anne-Marie Peysson (animatrice de radio et télé française avec qui il enregistre une chanson en duo dans les années 1970: « On est bien quand on est deux »), Antoine, Georgette Lemaire, Frank Alamo, Rika Zaraï ou Tino Rossi entre autres.
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Dans les années 1960 et 1970, on peut entendre sa voix grâce à quelques chansons enregistrées sur quelques 45 tours. En 1963, il sort un disque de quatre chansons: « A la fin de l’été », « Tant pis », « Ceux » et « Jamais trois sans quatre ». Puis un autre, quelques mois plus tard avec « Trois fois rien », « Je t’aime encore », « Viens encore une fois » et « Pour de vrai ».
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Au début des années 1990, Gérard Bourgeois devient le directeur artistique du cabaret « Salut l’Artiste » sur le site du Futuroscope près de Poitiers. Le 8 juillet 2016, il décède à Bordeaux (F) à l’âge de 80 ans. Selon Jean-Max Rivière, le compositeur était malade depuis un certain temps.
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BODART Jeff

L’auteur, compositeur et interprète belge Jeff BODART, dont le vrai prénom est Jean-François, naît le 30 septembre 1962 à Charleroi. Après une enfance plutôt normale où la musique prime déjà sur les études, Jean-François fonde, dans sa région natale, le groupe « Spasmes » dont il est le guitariste. Avec le même instrument entre les mains, il crée ensuite « Aphrodisiax » et, au début des années 1980, le groupe enregistre un 45 tours auto-produit: « Sexe Symbole ».
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Mais c’est avec le groupe suivant, les « Gangsters d’Amour », dont il est cette fois le chanteur, que le succès va réellement s’installer dans la région de Charleroi puis en Belgique, dans toute la francophonie et au-delà. Les tournées des « Gangsters d’Amour » les emmènent ainsi entre autres en URSS et en Chine. La formation connaît le succès avec des chansons comme « SOS Barracuda », « Meurtre à Hawaï », « Hey baron rouge » et « Coûte que coûte » qui lui permet, notamment d’obtenir de nombreux passages à la télévision française dans les émissions présentées alors par le jeune Christophe Dechavanne.
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En 1992, après deux albums et dix singles, le groupe se sépare et Jeff se lance dans une carrière solo en adoptant un look avec casquette vissée sur la tête. Et le premier opus de Jeff Bodart sort avec un titre « locomotive » qui va le propulser sur les ondes radiophoniques francophones: « Du vélo sans les mains ».
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D’autres chansons extraites de cet album obtiennent aussi la faveur des médias par la suite: « Chacun son histoire », « Le blues animal » et « Un monde ne suffit pas ». Il participe, en août 1994, au concours de la Truffe de Périgueux où il représente la Belgique pour la RTBF, la radio publique francophone. Trois ans plus tard, Jeff confirme tout le bien que l’on a pu penser de lui en commercialisant un second album intitulé « Histoires universelles ». Il y chante notamment « La vie d’artiste », « Sans tambour ni trompette », « Ca valait la peine que je naisse », « J’te promets la lune » et « Le chant des yakas ».
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Parallèlement à la sortie de ses albums, Jeff Bodart s’attache à présenter ses chansons en public sur scène. Il participe ainsi aux Francofolies  de La Rochelle (F), au défunt festival « Mars en chansons » qui a lieu dans sa ville natale de Charleroi (B) et aux Francofolies de Spa où l’on organise un concert autour de lui, « La fête à Jeff Bodart » avec la participation, entre autres, de Marka, Kent, Philippe Lafontaine et Axelle Red.
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En 2001, son album a pour titre « Ça ne me suffit plus » et il y chante notamment « La vie la mort », « Politiquement correct », « Les filles sont des garçons bizarres » et « Le soleil fera le reste ». Le succès de ces chansons est plus restreint mais la Belgique francophone soutient plus que jamais son turbulent et sympathique artiste.
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En 2003, l’album « T’es rien ou t’es quelqu’un » est annoncé par le single « Boire boire boire », adaptation française d’un titre allemand des années 1980 alors interprété par Trio: « Da da da ». Le disque contient quelques perles qui sont diffusées sur les radios: « Canadair », « Tu m’aimeras quand je ne t’aimerai plus » ou « Ma vie est une balançoire ». Et, sur la photo du livret, Jeff troque la casquette contre un chapeau.
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Cinq ans après cet album, Jeff Bodart revient avec le suivant qui sort au début de l’année 2008: « Et parfois c’est comme ça ». Le public et les medias n’ont malheureusement pas le temps de se familiariser avec les nouvelles chansons (comme « Destination Ultramarine »): au mois d’avril, Jeff Bodart est retrouvé inanimé chez lui, victime d’un accident vasculaire cérébral. Plongé artificiellement dans le coma, il décède le 20 mai 2008 à l’âge de 45 ans. Les funérailles ont lieu le 24 mai en l’église Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles. Il est ensuite incinéré et ses cendres sont dispersées dans le cimetière de Farciennes, localité proche de Charleroi où il a grandi. Pour se rappeler l’artiste trop tôt disparu, une sculpture à son honneur a été implantée sur la place de la ville. Jeff avait pris pour habitude d’écrire et de composer la majeure partie de ses chansons et en avait aussi proposé à d’autres artistes comme Pierre Bachelet par exemple. Garçon extraordinairement sociable de nature, Jeff Bodart avait sympathisé avec bon nombre de ses collègues en les sollicitant parfois pour en obtenir l’écriture de chansons. Ce fut le cas pour Kent, Christophe Miossec, Jacques Duvall, Marc Morgan, François Bernheim ou même Benoit Poelvoorde. En hommage à Jeff, certains de ces artistes sont venus témoigner ou chanter lors des concerts qui ont été organisés à Louvain-la-Neuve (B) en octobre 2008 et aux Francofolies de Spa (B) le 17 juillet 2009. Sont présents, entre autres, Karin Clercq, Jacques Duvall, Wendy Nazaré, William Dunker, Anaïs H, Kent, Charline Rose, Nell, Jéronimo, Balimurphy, Eté 67, Franco Tils, Marie Warnant, Perry Rose, Vincent Liben, Théophile Octobre, Alexonor, Philippe Résimont, les Gangsters d’amour (reformés sans Jeff) et Manu Champagne.
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Un album posthume reprenant ses plus grands succès, dont ceux des « Gangsters d’Amour », est sorti un an après la disparition du chanteur. Depuis 2011, un prix « Jeff Bodart » est remis à un jeune artiste marquant de la scène francophone belge. Cette récompense est attribuée lors de la cérémonie des « Octaves de la Musique ». En mai 2018, dix ans après le décès de Jeff Bodart, l’un de ses proches collaborateurs, Pierre Gillet, entreprend de réaliser un album hommage avec des artistes talentueux et amis du défunt. Le premier à enregistrer un titre pour ce disque, sorti trop confidentiellement en 2019, est l’acteur Benoit Poelvoorde qui reprend « Ferme ta gueule ».
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RAPSAT Pierre

Pierre Rapsat en 2000

L’auteur, compositeur et interprète belge Pierre RAPSAT naît le 28 mai 1948 à Ixelles (Bruxelles), sous le nom de Raepsaet, d’un père belge néerlandophone et d’une mère d’origine espagnole. Alors qu’il est âgé de dix ans, ses parents s’installent à Verviers. Passionné de musique et de rock, il apprend la guitare à l’âge de seize ans. Avec un ami, Eric Van Hulse (qui se fait aussi appeler Eric Vion), il compose des morceaux qu’ils fournissent à des groupes du coin : les Tenderfoot Kids ainsi que Paul Simul et Recréation. Puis, Pierre Rapsat s’oriente vers la guitare basse pour devenir, en 1969, un musicien du groupe de rock anglophone régional Laurélie.
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Un an, plus tard, à la dissolution de « Laurélie », Pierre Raepsaet rejoint une autre formation dont il devient le bassiste et chanteur : « Jenghiz Khan ».
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Après ses différentes expériences musicales collectives, Pierre se lance dans une carrière solo en 1973. Ses chansons sont tout d’abord écrites en anglais et en français et ses deux premiers albums, « New York » et « Musicolor », bénéficient des deux versions. Mais, au fil du temps, son succès va petit à petit l’orienter vers les pays de la francophonie et il ne chante plus dans la langue de Shakespeare.
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En 1974, Pierre Rapsat coécrit avec la chanteuse française Jeanne-Marie Sens, qui va l’interpréter, « L’enfant du 92e ». Pierre enregistre aussi cette chanson en 1977.
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En 1976, il participe au concours Eurovision de la Chanson avec une ballade qui se classe sixième pour la Belgique: « Judy & Cie ».
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Dans une veine musicale similaire, il connaît un beau succès avec « Si on s’en allait » durant l’été de la même année. Par la suite, Pierre Rapsat va enregistrer quelque quinze albums originaux (hors compilations et live) et ceux-ci ne se vendront pour ainsi dire qu’en Belgique francophone. Cela confère à l’artiste aujourd’hui disparu un statut très particulier: celui de vedette francophone belge à part entière. Ce ne sont pourtant pas les essais de carrière internationale qui ont manqué à Pierre Rapsat. La preuve de cet acharnement se révèle notamment dans le grand nombre de maisons de disques qui lui ont donné sa chance: Warner (WEA), RCA (Inelco), Milan, CBS (Epic), Trema, Team 4 Action, Viva Disc et Universal. Entre 1977 et 1981, il enregistre cinq albums qui le propulsent comme le chanteur rock belge francophone le plus en vue: « Je suis moi » (1977), « Gémeaux » (1978), « 1980 » (1979), « Donner tout son coeur » (1980) et « Un coup de rouge, un coup de blues » (1981).
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Mais le tout gros succès va survenir avec la sortie, en 1982, de l’album « Lâchez les fauves » et la chanson « Passagers de la nuit ». 30.000 exemplaires sont vendus en quelques semaines.
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En juillet 1984, Pierre est invité comme découverte au Festival d’été de Québec. Cela permet à son album « Lâchez les fauves » d’être présent sur les ondes canadiennes avec la chanson « Sujets tabou ».
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Mais, malgré la médiatisation, le public éprouve des difficultés à trouver ses disques sur le continent américain. A l’automne de cette année-là, l’album « Ligne claire » sort en Belgique et les « tubes » fusent: « Illusions », « Elle m’appelle », « Animal » et « Joan joue aux dominos ». L’opus bénéficie d’une promotion au Québec et il est, cette fois, disponible dans les bacs des disquaires.
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En 1986, conséquence de son succès discographique et de la sortie de l’album suivant (« J’aime ça »), Pierre Rapsat donne son premier concert dans la salle de Forest National à Bruxelles: une première pour un artiste belge francophone. La fin des années 1980 et la décennie suivante sont jalonnées de succès qui ne dépassent toutefois jamais les frontières de la Belgique: « Soleil noir », « J’ouvre les yeux », « Où tu veux quand tu veux », « Comme un brasero », « Aurore », « Goodbye Mr Fender », « Blue note dans l’univers », « A l’envers c’est l’endroit », « J’attends le soleil », « Pile ou face », « Si les femmes », etc.
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Pierre Rapsat, au delà de ses qualités artistiques indéniables, est alors un homme qui se mobilise pour défendre les intérêts des artistes. Il s’investit au sein de la société des auteurs et compositeurs belges, la Sabam, et il est de ceux qui vont mettre sur pied en 1994, les premières Francofolies de Spa. Au 21e siècle, le nouvel album de Pierre Rapsat, « Dazibao » (2001) (avec « Ensemble » et « Tous les rêves sont en nous »), est très bien accueilli en Belgique mais aussi, enfin, en France. La firme Universal est intéressée par la distribution et une tournée est prévue. Mais Pierre est déjà rongé par la maladie. Tout en étant soigné et hospitalisé à plusieurs reprises, il trouve le courage de monter encore sur la scène du Cirque Royal à Bruxelles pour ce qui sera son ultime concert enregistré pour un DVD, finalement posthume, le 28 avril 2001.
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Il nourrit alors le projet de se produire en juillet 2001 aux Francofolies de Spa. Mais il doit déclarer forfait. Le 20 avril 2002, le cancer du foie sort vainqueur du combat inégal. Les funérailles du chanteur ont lieu à Heusy, sur les hauteurs de Verviers, en présence de tout le milieu artistique musical belge francophone. Il est inhumé au cimetière d’Ensival. Peu après son décès, le Prix Québec/Wallonie-Bruxelles, créé en 1984 pour aider alternativement chaque année un artiste québécois et un artiste belge francophone, est rebaptisé prix Rapsat-Lelièvre. Pierre Rapsat et le Québécois Sylvain Lelièvre avaient reçu chacun le prix (Rapsat reçut même le tout premier). Et ces deux artistes talentueux sont décédés à quelques jours d’intervalle.
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KOOLENN Serge

Serge Koolenn en 1975

Le musicien et chanteur français Serge KOOLENN naît le 15 avril 1947 à La Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Il est adolescent quand il apprend la guitare avec, pour exemple, les groupes de rock « yé-yé ». Il se rapproche des vedettes de l’époque et finit par être guitariste dans l’orchestre qui accompagne Michel Polnareff sur scène en 1969. Il rencontre alors une jeune Américaine dont il partage l’existence pendant neuf ans. Ensemble, ils enregistrent un duo en 1970: « Sonne, carillonne ».
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Cette chanteuse s’appelle Joëlle Mogensen et choisit son seul prénom comme pseudonyme: Joëlle. Quelques mois plus tard, le couple décide de créer un groupe avec l’aide d’autres musiciens qui ont pour nom Richard Dewitte, Lionel Gaillardin, Bruno Walker et Christian Burguière: « Il était une fois ». Leur premier succès, en 1972, a pour titre « Rien qu’un ciel » mais quelques autres « tubes » vont marquer la brève carrière du groupe qui se sépare en 1979: « Les filles du mercredi » (1973), « Que fais-tu ce soir après dîner ? » (1973), « Quand tu partiras » (1973), « C’était l’année dernière » (1974), « J’ai encore rêvé d’elle » (1975), « Viens faire un tour sous la pluie » (1975), « Je suis mélodie » (1976), « Toi et la musique » (1976) ou encore « Pomme » (1978).
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La plupart de ces titres ont été composés par Serge Koolenn et Richard Dewitte. Ces deux compères vont d’ailleurs être les premières victimes de la séparation du groupe car si Joëlle poursuit, avec succès, une carrière de chanteuse soliste interrompue par son décès tragique en 1982, Serge et Richard finissent par retomber dans l’anonymat. Pourtant, Serge Koolenn compose avec Jacques Mercier deux chansons pour son nouveau groupe MEKS (avec les initiales de Mercier, Einaudi, Koolenn et Sere) en 1979: « Loin de chez moi » et « La vie est belle ». Mais cela ne donne rien. Et le résultat n’est pas meilleur lorsqu’il commercialise, grâce à son pote Dick Rivers en 1980, un album enregistré à Los Angeles où figurent des chansons comme « Fille à problèmes », « A cause de vous » ou « Les p’tites grenouilles ».
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En 1981, il enregistre encore un album intitulé « Paris Hollywood » avant de définitivement rejoindre le rang des musiciens de studio. Atteint d’un cancer, Serge Koolenn décède le mardi 28 avril 2015 à Molières-sur-Cèze, dans le Gard (F).
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SEVERS Paul

Paul Severs en 2012

Le chanteur, musicien, auteur et compositeur belge Paul SEVERS naît le 26 juin 1948 à Huizingen au sein d’une famille nombreuse. Il est scolarisé à Halle où, adolescent et passionné de musique, il suit des cours de piano et achète une guitare. Un copain lui fait savoir qu’un groupe local connu recherche un chanteur et Paul répond à l’appel. Il devient ainsi, à 17 ans, le leader des « Criminals » qui propose un répertoire anglo-saxon. Le responsable de la formation envoie une maquette au producteur belge Jean Kluger qui est l’un des plus courus de l’époque. Ce dernier n’est pas insensible à la musique des Criminals mais il est surtout intéressé par la voix de Paul. Il propose donc un enregistrement au groupe mais il demande au chanteur d’interpréter le titre en néerlandais qui est sa langue maternelle. En 1966, un 45-tours est commercialisé : c’est « Geen wonder dat ik ween » par Paul Severs & the Criminals.
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Le disque n’obtient pas le succès espéré et les deux essais suivants ne réussiront pas mieux. Après d’autres tentatives infructueuses, Paul écrit lui-même la chanson « Ik ben verliefd op jou » en 1970. Et là, c’est le « tube » avec 120.000 exemplaires vendus.
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La chanson est traduite en anglais (« I’m so in love with you ») et connaît une grande popularité interprétée par le groupe belge Octopus. Et puis, surtout, la version française du groupe Crazy Horse (« J’ai tant besoin de toi ») s’écoule à plus d’un million d’exemplaires en quelques semaines.
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Alors que les succès de Paul Severs s’accumulent en Belgique néerlandophone et encouragé par les résultats de « J’ai tant besoin de toi » des Crazy Horse, le chanteur songe à une carrière qui pourrait se dérouler en Belgique francophone et en France. Il se met donc en quête d’un titre français fort et, en 1973, il enregistre « Si tu m’aimes comme je t’aime ». Le 45-tours est distribué en France par Carrère et se retrouve rapidement dans les vingt premiers du classement au hit-parade de la radio RTL présenté par André Torrent.
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Paul Severs bénéficie à ce moment de la vague des « chanteurs belges » qui déferle sur la France : Christian Vidal, Christian Adam, Art Sullivan, Pierre Rapsat ou encore Frédéric François dont le parolier du moment, Marino Atria, signe aussi les textes francophones de Paul Severs. Un second disque sorti en 1974, « Près de toi », connaîtra un succès moindre et l’artiste se reconcentre alors sur sa carrière néerlandophone.
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Sept ans plus tard, comptant sur la popularité des nouvelles radios dites libres, il refera une timide apparition dans l’univers de la chanson française avec « Viens donc à la discothèque ».
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Mais c’est au début des années 1990 qu’il va connaître la véritable consécration du côté francophone de la Belgique lorsqu’il va figurer parmi les idoles de l’émission télévisée de la chaîne privée RTL-TVI « Dix qu’on aime ».
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En 1991, il est au sommet avec « Toutes les filles » et il enchaîne quelques mois plus tard avec « Oh petite fille ».
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Depuis cette époque, Paul Severs n’a jamais cessé d’enregistrer régulièrement des CD-2 titres avec, généralement, la même chanson en français et en néerlandais. Ces dernières années, c’est souvent le chanteur et musicien Philippe Vancles qui lui écrit les textes français. En 2015, Paul Severs fête ses 50 ans d’une carrière au cours de laquelle il a vendu un million de disques, écrit 300 chansons et presté quelque 15.000 concerts. Le 12 mars 2019, au cours d’une balade à vélo avec un ami près de chez lui, dans les environs de Tubize, il s’écroule victime d’une crise cardiaque. Il est transporté à l’hôpital Erasme d’Anderlecht (Bruxelles) dans un coma dont il ne sortira pas. Le 9 avril 2019, son fils Christophe annonce le décès de Paul Severs, à l’âge de 70 ans, sur les réseaux sociaux. Ses funérailles ont lieu à Halle quelques jours plus tard.
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