REGINE

REGINE en 1984 – Photo (c) A. Robert

La chanteuse française REGINE naît le 26 décembre 1929 à Anderlecht en Belgique sous le vrai nom de Régina Zylberberg. D’origine juive polonaise, la famille Zylberberg est en provenance d’Argentine lorsqu’elle réside dans la banlieue de Bruxelles au moment où naît Régina. Le père y tient une boulangerie florissante qu’il va devoir abandonner après l’avoir perdue au poker. Il décide alors d’emmener tout le monde à Paris en 1932. Sauf la mère qui décide de repartir seule en Amérique du Sud. Du coup, Régina et son frère sont placés en pension et vivent cachés durant toute la seconde guerre mondiale. A la Libération, le père de Régina ouvre un café à Paris avant de lui demander de le gérer à sa place. Elle le fait un moment puis se marie et donne naissance à son fils unique Lionel. Elle découvre alors la musique américaine, le jazz, le be-bop et les boîtes de nuit lors d’un séjour à Juan-les-Pins. De retour à Paris, elle trouve un job de disc-jockey au « Whisky à Gogo » puis, en 1956, elle ouvre son propre établissement de nuit: « Chez Régine ». Elle y accueille du beau monde et le tout Paris des célébrités d’alors. Sur sa lancée, elle ouvre à Montparnasse le New Jimmy’s qui est, en 1961, à la clientèle mondaine ce que le Golf Drouot est aux jeunes: on y découvre le twist et toutes les danses qui font la tendance du jour. La même année, durant le festival de Cannes, elle met sur pied dans la cité balnéaire un club « Chez Régine » aussi éphémère que fréquenté par les stars. Ces activités l’amènent forcément à rencontrer des artistes et, parmi eux, la chanteuse Renée Lebas qui estime qu’elle devrait prendre des cours de chant. Régine trouve l’idée séduisante et décide de se lancer dans la chanson en demandant à des auteurs très connus de lui écrire des textes: Charles Aznavour, Henri Salvador et Serge Gainsbourg entre autres. Ses premiers disques ont pour titres « Nounours » (1965), « Les petits papiers » (1965), « La grande Zoa » (1966) ou « Rue des rosiers » (1966).
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En 1967, elle reçoit le Prix de l’Académie Charles-Cros. La chanteuse se produit alors sur les scènes du monde entier et poursuit aussi l’installation de nombreux bars nocturnes aux quatre coins de la planète. En 1969, elle connaît le succès avec « Patchouli Chinchilla » et « Azzuro », une mélodie signée Paolo Conte.
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A Paris, elle se produit à Bobino, à l’Olympia, aux Folies Bergère et au théâtre de la Porte Saint-Martin où elle joue un rôle, en 1970, dans la comédie musicale de Jacques Lanzmann « La neige en été ». La même année, elle est présente sur toutes les radios françaises avec « Le temps du borsalino ».
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Au début des années 1970, elle enchaîne encore les tubes comme « J’ai toujours porté bonheur aux hommes » (1973), « La bonne adresse pour chien perdu » (1974) et « A l’improviso » (1975). Surfant sur la vague des différentes modes, Régine poursuit alors sa carrière de chanteuse en intégrant à son répertoire des mélodies disco comme « Tic tac toe » (de Serge Gainsbourg en 1978), « Je survivrai » (adaptation de « I will survive » de Gloria Gaynor en 1979) ou « Tu m’oublieras » (chanson de 1980 qui lancera bien plus tard la carrière éphémère de Larusso).
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Durant la décennie suivante, Régine va se lancer dans des chansons aussi étonnantes que « Super super Dupont » ou plus autobiographiques comme « Reine de la nuit » (1983).
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En 1984, elle fonde l’association « SOS Drogue International ». Trois ans plus tard, elle participe, en interprétant un medley de certaines chansons, au célèbre « Grand Echiquier » réalisé par André Flédérick et présenté par Jacques Chancel sur la chaîne de télévision publique française Antenne 2.
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En 1988, la chanteuse achète le restaurant « Ledoyen » à Paris puis elle crée des lignes de vêtements et lance des parfums: « Régine », « Jimmy’z pour homme » ou « Zoa » par exemple. Au tout début des années 1990, elle prend la direction du « Cheval Blanc Régine’s Hôtel » à Nîmes où le tout-Paris des célébrités défile lors de la Feria. L’aventure s’achève par un flop retentissant et la vente aux enchères de tout le matériel en 1993. Un an auparavant, Régine a repris le club mythique parisien « Le Palace ». En 1996, elle publie ses mémoires sous l’intitulé « Appelez-moi par mon prénom ». En 2004, elle se sépare de tous ses clubs. Deux ans plus tard, un nouveau livre est édité: « Moi, mes histoires ». En mars 2009, l’artiste satisfait avant tout le monde à la mode des duos et enregistre l’album « Regine’s duets » où elle partage ses grands succès avec Jane Birkin, Paolo Conte (pour « Azzuro », juste retour des choses), Maurane, Bernard Lavilliers, Didier Wampas, Juliette, Arthur H., Cali ou La Grande Sophie entre autres.
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Le 4 février 2012, elle organise à Paris la vente de centaines d’objets, bijoux, chaussures, sacs, robes et manteaux de sa collection personnelle. Les 41.000 Euros récoltés le sont au bénéfice d’une autre association fondée par Régine: « SOS Habitat et Soins ». En 2016, Régine revient sur les planches des Folies-Bergère à Paris pour marquer le début d’une tournée de concerts intitulée « La Grande Zoa ».
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A la fin de l’année 2019, la société Marianne Mélodie commercialise l’intégrale de tous les enregistrements de la chanteuse. Intitulé « Régine : de la p’tite poule à la Grande Zoa », le coffret comprend 10 disques compacts qui contiennent les enregistrements originaux de toutes ses chansons, des inédits, des concerts et des versions étrangères de ses grands succès. Le 1er mai 2022, la chanteuse s’endort définitivement et paisiblement dans sa résidence parisienne à l’âge de 92 ans.
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DELACROIX Claude

Claude Delacroix en 2003

L’animateur, producteur et directeur de radio belge Claude DELACROIX naît le 17 avril 1939 à Bruxelles. Fils et petit-fils d’avocats et cinquième d’une famille de huit enfants, ses parents l’imaginent bien, lui aussi, juriste et l’orientent tout naturellement vers des études de droit qu’il effectue à l’Université de Leuven où il obtient sont diplôme de docteur. Mais il faut bien dire que, dès qu’il le peut, le jeune Claude se consacre à sa passion pour la musique. Ayant reçu une guitare de ses parents à quinze ans, il se fait engager dans un orchestre de la région de Charleroi qui s’appelle « Les Fifrelins ». L’expérience dure trois ans et permet à la formation d’animer un grand nombre de soirées dansantes à Leuven. Ensuite, le musicien en herbe devient le chanteur d’une formation appelée « The Rowdies » (« Les Chahuteurs » en français). Le groupe joue dans les bals et les thés dansants. Claude y gagne un peu d’argent pendant que ses parents croient qu’il suit les cours. Il fait alors la connaissance de Michel Lemaire, animateur-radio à la RTB, Radio Télévision Belge. Ce dernier lui signale que le chanteur Marc Aryan cherche un secrétaire : il prend le poste et l’occupe pendant quelques mois. Gardant le contact avec Michel Lemaire, il obtient un petit boulot au centre de production radio de la RTB à Mons pendant l’été 1965 : il y classe des disques, des fiches et des dossiers. Puis, il parvient à glisser quelques chroniques personnelles pour l’émission « Jeunesse 66 » avant de réaliser des reportages réguliers pour « Jeunesse 67 ».
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L’époque des chanteurs « yé-yés » et des émissions du style « Salut les Copains » commencent à s’essouffler et, le lundi 2 octobre 1967 à 16h15 précises, Claude Delacroix est au micro dans les studios de la RTB à Mons pour lancer une nouvelle émission qui va devenir mythique : « Formule J ». Pendant près de quinze ans, avec l’aide notamment de Michèle Cédric, le programme va marquer quelques générations de jeunes auditeurs qui vont découvrir les grands groupes de rock mais aussi les stars de la chanson francophone. Sans oublier le traditionnel rendez-vous hebdomadaire du hit-parade, les haut-placés de « Formule J » le vendredi et les « oldies » : les Vieux Machins du samedi souvent préparés par Christine Goor. Après avoir commenté le Concours Eurovision de la chanson pour la télévision belge RTB en 1970, année où la Belgique est représentée par Jean Vallée, il s’essaie à d’autres expériences télévisuelles. En 1973, il interviewe, entre autres, Michel Polnareff et Claude François pour l’émission « Charivari ».
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En 1981, Claude Delacroix revient à la radio et crée « Bruxelles 21 » qui devient, deux ans plus tard, « Radio 21 » captée sur l’ensemble de la communauté francophone de Belgique. Il revient aux commentaires télévisés de l’Eurovision pour la RTBF en 1987 alors que la finale a lieu à Bruxelles suite à la victoire de Sandra Kim en 1986. Puis, toujours pour la télévision et la RTBF, il est l’instigateur du projet Télé 21 où il anime l’émission musicale « Formule 2 » réalisée depuis les studios de Charleroi. A partir de 1990, il commente les finales des concours Eurovision chaque année. En 1991, il lance « Bruxelles Capitale », la radio bruxelloise du service public qui existera jusqu’en 2004 avant de fusionner avec « Fréquence-Wallonie » pour devenir « Vivacité ». En 1993, Claude Delacroix devient le directeur de « La Première », une des chaînes de radio de la RTBF. A cette occasion, il laisse sa place de commentateur du concours Eurovision à Jean-Pierre Hautier. Poursuivant sur sa lancée, il est nommé directeur général des radios de la RTBF le 18 mars 1997. Claude Delacroix prend sa retraite en 2004 mais il reste alors actif sur « La Première » où il réalise des chroniques en duo avec Jacques Bauduin pour l’émission « Flash Back » chaque après-midi entre 13h30 et 14h00 jusque fin 2009. Puis, c’est sur la chaîne « Classic 21 » qu’il revient en janvier 2010 pour y animer une émission thématique sur les sixties tous les vendredis soirs. Aujourd’hui, Claude Delacroix s’est éloigné des micros. Il partage sa vie entre son appartement proche de l’Université libre de Bruxelles, sa petite maison de Seneffe qu’il rejoint le week-end, et son mas de Callas, dans le Var, où il va chercher le soleil.
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BOHRINGER Richard

Pochette de l’album de Richard Bohringer « C’est beau une ville la nuit »

L’acteur, chanteur et auteur français Richard BOHRINGER naît le 16 janvier 1942 à Moulins. Il commence au théâtre à la fin des années 1960. Il tourne un premier film en 1970 mais c’est en 1972 qu’il se fait remarquer avec « L’Italien des roses ». Pourtant, pour être connu du grand public, il lui faut attendre 1981 et le film « Diva » de Jean-Jacques Beineix. Dans les années 1980, il remporte deux Césars: pour « L’Addition » et « Le Grand Chemin ». A partir de 1993, il se fait plus rare au cinéma et se tourne vers la télévision. Ecorché vif, il a, comme beaucoup d’autres artistes, connu une longue période difficile avec des problèmes de drogue et d’argent ainsi que des épisodes violents. Il en parle dans le livre « C’est beau une ville la nuit » paru en 1988. Un film en est tiré en 2006 et, dans la foulée, un spectacle de chansons porte alors le même titre. Car Richard Bohringer s’est également essayé à la chanson. Il a enregistré trois albums entre 1990 et 2002. Amoureux de l’Afrique, il obtient la nationalité sénégalaise en 2002.
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Depuis 2009, Richard Bohringer se bat contre le virus de l’hépatite C. Au point de vue de la musique et de la chanson, il participe encore à deux albums de Grand Corps Malade (« Course contre la honte » en 2013 et « Bleuette » en 2015) ainsi qu’à l’album du groupe « Bon entendeur » qui réalise une interview de l’acteur pour s’en servir ensuite sur l’un de ses montages sonores thématiques (ce qui est plus joliment dit que « mixtapes »).
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BEAUCARNE Julos

Julos en 2011

L’auteur-compositeur-interprète belge Julos BEAUCARNE naît le 27 juin 1936 à Ecaussinnes. Il est également poète, écrivain, conteur et sculpteur. Fils d’un inventeur, fabricant et marchand de machines agricoles, il est aussi petit-fils de fermier et il se montre très vite attaché au terroir sous toutes ses formes. Après des humanités suivies sans problèmes au Collège Saint-Vincent de Soignies (B), il tente des études supérieures en divers domaines mais il ne les achève pas. Il tâte ainsi des lettres, de la philologie romane et de l’assistance sociale. Pour vivre, il exerce alors divers petits boulots plus ou moins lucratifs: assureur, professeur d’éducation physique, inventeur d’une méthode d’apprentissage de la guitare et, enfin, placeur d’antennes de télévision à l’époque où celles-ci sont très en vogue. Intéressé également par les arts du spectacle et la musique, il suit des cours de mime. En voyage en Provence en 1961, sa voiture tombe en panne et il décide de chanter sur les places publiques pour payer les réparations. De retour en Belgique, il joue la comédie dans différents théâtres bruxellois pour lesquels il compose aussi des musiques. Alors qu’il a pris l’habitude de retourner chanter chaque été sur les places des villages provençaux, il finit par présenter ses chansons à Paris en 1966 chez la chanteuse Monique Morelli qui tient alors un cabaret. Il parvient à enregistrer un premier disque grâce à des souscriptions financières: « Le sort d’ici bas ».
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En 1967, l’artiste reçoit le prix des Rencontres poétiques du Mont-Saint-Michel (F) pour l’album « Julos Beaucarne chante Max Elskamp ».
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Très productif, le chanteur enregistre encore deux 33 tours dans les mois qui suivent: l’un avec des chansons personnelles et l’autre avec des chansons de sa région natale d’Ecaussinnes et du Centre parmi lesquelles il y a la fameuse « Petite Gayole » (« Elle me l’avait toudis promis »).
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En 1968, Julos chante à Londres. Jusqu’en 1975, il multiplie les enregistrements de disques mais aussi les distinctions et les spectacles. A la chandeleur 1975, un drame marque l’homme à jamais: sa compagne est assassinée par une personne travaillant pour le couple. Loulou laisse deux orphelins de leur maman: Christophe et Boris.
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Julos multiplie alors ses activités et se réfugie dans la poésie et la musique pour essayer de tourner la page. Entre 1975 et 1978, les récompenses continuent à affluer avec, notamment, le Prix de l’Académie Charles-Cros décerné pour l’ensemble de son oeuvre.
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De 1978 à 1980, il tente une nouvelle expérience, télévisuelle cette fois, avec l’émission « De bric et de broc » diffusée en Belgique par la RTBF (Radio Télévision publique Belge Francophone). La suite de sa carrière est alors une alternance de sorties de disques et de spectacles dans des lieux les plus divers et parfois lointains: Québec, Vancouver, Mexique, Japon, Maroc, Algérie, Inde, Arabie Saoudite, etc. Julos se distingue aussi par ses idées parfois qualifiées de farfelues par les personnes les plus « terre-à-terre ». A Liège (B) par exemple, en 1986, il inaugure la première centrale électrique musculaire: 105 spectateurs pédalent sur des vélos fixes pour éclairer le chanteur sur scène. Il passe aussi une grande partie de son temps libre à détourner des objets de leur utilisation première. Il en fait des objets d’art qu’il expose à l’image de ces fameuses bobines vidées de leur câbles électriques et qui, superposées, deviennent des pagodes baptisées « post-industrielles ».
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En 1993, lors des funérailles du roi des Belges Baudouin, Julos est invité à chanter en compagnie de Barbara d’Alcantara. Au début des années 2000, Beaucarne est également demandé par le cinéma où il tourne « Le Mystère de la Chambre Jaune » et « Le Parfum de la Dame en Noir » de Bruno Podalydès. En 2006, l’artiste est foudroyé par une attaque cardiaque et l’opération qu’il subit l’oblige à réduire ses activités. Mais, un an plus tard, il est de retour avec un nouvel album, « Le jaseur boréal », et le spectacle qui y est consacré.
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En 2008, l’auteur-compositeur belge est au centre d’un album hommage interprété par 22 chanteurs belges, français et québécois qui enregistrent les titres à leur manière: du rock au rap en passant par le jazz. A cette occasion, José Van Dam interprète « Je ne songeais pas à Rose ».
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Et, en 2012, Julos est de retour avec un album de chansons et poésies originales: « Le Balbuzard fluviatile ».
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Pendant plus de cinquante ans, Julos Beaucarne occupe une place tout à fait particulière dans le domaine de la chanson francophone. Il ne fait jamais de concessions au show-business: il n’en a pas besoin. Il ne trahit jamais la langue française sauf lorsqu’il interprète, à de nombreuses reprises,  des chansons traditionnelles du répertoire wallon ou traduit des oeuvres de Brassens, Vigneault et consorts dans ce dialecte dont il est un ambassadeur remarquable dans le monde entier. De plus en plus discret, il est injoignable lors de ses 80 ans en 2016. La rumeur d’un problème de santé important, répandue à l’époque, n’est ensuite jamais démentie. En 2018 cependant, on peut lire ce bref texte écrit par Julos sur son blog : « Je suis descendu du ventre de ma mère un 27 de juin en 1936, je suis d’un autre siècle et en secret j’espère vivre encore longtemps tant que l’Univers persiste. Je marche à petits pas dans la blanche lumière qui me transperce encore et le corps et l’esprit, j’espère rebondir chaque jour davantage, garder ma mémoire fraîche comme le cœur d’un fruit. » Malheureusement, le 18 septembre 2021, malgré tous ses efforts, Julos Beaucarne décède dans sa localité de Tourinnes-la-Grosse.
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FERRE Léo

L’auteur, compositeur, interprète, pianiste et poète franco-monégasque Léo FERRE naît le 24 août 1916 à Monaco. Fils du directeur du personnel du Casino de Monte-Carlo et d’une couturière d’origine italienne, il s’intéresse très tôt à la musique. Il intègre ainsi la Maîtrise de la cathédrale de Monaco à l’âge de sept ans. Puis, son oncle directeur du théâtre du Casino de Monte-Carlo lui permet d’assister à des dizaines de spectacles musicaux qui vont le marquer à jamais. Il est ensuite placé en internat en Italie jusqu’à l’âge de seize ans où il peaufine ses connaissances musicales. Il y découvre aussi, en cachette, la littérature des « poètes maudits ». Il revient ensuite à Monaco et se fait engager comme critique musical pour le journal « Le Petit Niçois ». Cela lui permet, entre autres, de rencontrer le compositeur Maurice Ravel. Il décroche son baccalauréat de philosophie au lycée monégasque. A 19 ans, il se retrouve à Paris où il suit des études de droit tout en apprenant le piano en solitaire. Il obtient un diplôme en sciences politiques et rentre à Monaco en 1939. Juste à temps pour être mobilisé dans l’infanterie pour la seconde guerre mondiale. Il parvient cependant à composer un Ave Maria pour le mariage de sa soeur en 1940 et il s’empare des textes d’une amie pour les mettre en musique. C’est avec ces chansons qu’il se présente publiquement pour la première fois au Théâtre de Monaco sous le nom de Forlane en février 1941. En 1945, Léo Ferré est marié et s’occupe d’une ferme sur les hauteurs de Monte-Carlo. Il effectue aussi divers boulots à la radio monégasque et y rencontre un jour Edith Piaf qui lui conseille de tenter une carrière de chanteur à Paris. Un an plus tard, il s’installe à Paris et chante pendant trois mois au cabaret « Le boeuf sur le toit ». Il fait alors la connaissance de Jean-Roger Caussimon et met en musique quelques-uns de ses textes. En 1947, il part effectuer une tournée à la Martinique mais, sans le sou, il n’en revient que six mois plus tard. Sa situation financière et psychologique est d’ailleurs très précaire et va le rester pendant des années au cours desquelles il chante dans tout ce que Paris compte comme petits lieux de chanson. En 1950, il témoigne de sa situation personnelle dans la chanson « La vie d’artiste ».
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Suivant le conseil de Charles Trenet, il essaie d’écrire des chansons pour d’autres et ce sera le cas pour Edith Piaf ou les Frères Jacques par exemple mais aussi et surtout pour Catherine Sauvage qui va vraiment devenir une inconditionnelle de ses oeuvres. Il se sépare de son épouse et rencontre, en 1950, Madeleine Rabereau qui est très influente sur ses choix artistiques de l’époque. Léo Ferré signe alors un contrat phonographique avec « Le Chant du Monde » et, s’accompagnant lui-même au piano, enregistre quatorze chansons dont certaines sont gravées sur des disques 78 tours. Cette année-là, il fait son unique apparition au cinéma dans un film britannique où il joue le rôle d’un pianiste. Parallèlement à ces activités, Léo Ferré anime aussi des émissions de radio sur « Paris Inter » depuis 1947 et, à cette occasion, il dirige pour la première fois un orchestre symphonique en 1951. En 1953, l’artiste quitte « Le Chant du Monde » pour la maison de disques Odéon où il enregistre son premier 33 tours microsillon de 25 cm de diamètre. Le disque reprend les chansons « Paris canaille » et « Le pont Mirabeau » sur un texte de Guillaume Apollinaire.
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Catherine Sauvage enregistre à son tour « Paris Canaille » et en fait un succès qui permet enfin à Léo Ferré de respirer financièrement parlant.
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Au cours d’un tour de chant parisien à la fin de 1953, Léo rencontre le Prince Rainier de Monaco qui lui propose de créer « La Chanson du Mal-aimé » d’Apollinaire à l’Opéra de Monte-Carlo. La création a lieu le 29 avril 1954 et l’oeuvre sort sur un album en 1957.
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Disposant de plus de moyens, Ferré enregistre son deuxième album en 1954 mais, cette fois, il est accompagné par un grand orchestre qu’il dirige lui-même. L’artiste connaît un succès grandissant grâce à des chansons comme « Le piano du pauvre » et, conséquence directe de sa popularité, il se retrouve sur la scène de l’Olympia de Paris en mars 1955, peut-être un peu trop tôt car le public ne suit pas. L’année suivante voit la sortie d’un troisième album de chansons avec « Pauvre Rutebeuf » qui va devenir un classique international repris par les plus grands artistes comme Nana Mouskouri ou Joan Baez bien plus tard.
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Ses deux albums suivants sont consacrés aux poètes Charles Baudelaire et Guillaume Apollinaire. Et ces opus vont ranger Ferré dans le tiroir des chanteurs poètes musicalement exigeants. En janvier 1958, il passe en spectacle à Bobino et se présente au public parisien détaché de son piano et debout. Un nouvel album sort où se trouve le premier grand succès populaire de Léo Ferré: « Le temps du tango ».
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Son contrat discographique avec la firme Odéon vient à son terme en 1959 et, un an plus tard, l’artiste signe avec Eddie Barclay. Il s’adjoint aussi la collaboration de l’orchestrateur Jean-Michel Defaye pour littéralement créer le son « Ferré » caractéristique de ses enregistrements des années 1960. Le premier album sorti sous le label de l’homme au cigare recèle quelques succès qui vont définitivement asseoir la carrière de Ferré: « Paname », « Jolie môme », « Comme à Ostende » et « Merde à Vauban ».

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Cet opus est suivi, en 1961, du mythique album composé de textes de Louis Aragon. A partir de ce moment, l’artiste va régulièrement se produire sur des grandes scènes parisiennes comme Bobino.
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C’est en 1961 aussi que Léo Ferré achète à un dresseur un chimpanzé qui répond au nom de Pépée ou plutôt qui devrait y répondre car l’animal est, en fait, peu discipliné et invivable. En 1968, l’animal est au centre de la discorde entre Léo et Madeleine qui reste seule avec Pépée une fois que Léo a quitté le domicile conjugal. Blessé, le chimpanzé ne se laisse pas approcher et Madeleine est contrainte de faire tuer la bête. Ce geste affecte terriblement Léo Ferré qui écrit la chanson « Pépée ».
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Il se livre alors à l’écriture de textes qui critiquent la société bien pensante et également le pouvoir. En 1967, il flaire le changement en cours et s’adresse aux jeunes dans « Salut Beatnik ».
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En mai 1968, il chante à Paris, à la Mutualité, pour la Fédération anarchiste. Ce sera sa seule participation aux manifestations de l’époque. Il part vivre en Lozère puis en Ardèche avec une nouvelle compagne. En 1969, pour la première fois de sa carrière, Léo Ferré fait un carton avec un slow d’enfer: « C’est extra ».
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Les jeunes constituent alors une grande partie de son auditoire et le chanteur va vers eux en expérimentant de nouvelles techniques d’interprétation qui ressemblent, bien avant l’heure, à du slam. Dans cette démarche, il côtoie des jeunes musiciens de rock anglo-saxons pour enregistrer des morceaux à New York mais, finalement, c’est vers le groupe français Zoo qu’il se tourne pour finaliser deux albums et effectuer une tournée. En 1970, un 45-tours est pressé avec une chanson refoulée du dernier album: « Avec le temps ». Contre toute attente cette chanson peu optimiste devient un succès énorme en très peu de temps et elle va traverser les frontières pour être reprise dans le monde entier par divers interprètes.
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La même année, Ferré devient le papa de Mathieu dont il épouse la maman, Marie-Christine Diaz, quatre ans plus tard. En 1972, Léo Ferré revient sur la scène de l’Olympia où il n’est plus apparu depuis 1955. Depuis quelque temps, l’artiste est de plus en plus en désaccord avec son éditeur phonographique Barclay et, en 1974, c’est la rupture. Léo est alors contraint juridiquement au silence. Ses nouvelles chansons sont révélées au public par Pia Colombo qui les interprète à sa place.
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Il signe alors avec le label CBS et il enregistre, en 1975, un album instrumental intitulé « Ferré muet dirige » à cause de la rupture de contrat en suspens qui l’interdit d’enregistrer des chansons. Quelques mois plus tard, son contrat lui est finalement rendu par Barclay et, à partir de 1976, ses disques sont presque toujours réalisés avec l’accompagnement de l’Orchestre symphonique de la radio télévision italienne publique, la RAI. Mais CBS trouve rapidement l’artiste trop peu rentable pour poursuivre l’aventure et, en 1979, la firme discographique le remercie. Ferré prend alors définitivement le parti de louer à ses frais les studios, les musiciens et les techniciens pour enregistrer des albums qu’il propose en distribution à différentes firmes de disques. En 1982, il participe au sixième Printemps de Bourges et, un an plus tard, il donne un concert au profit d’une radio alors menacée d’interdiction par l’état français. Dans les années 1980, le public de ses concerts, qui durent parfois trois heures, se renouvelle constamment. Et, c’est en étant tout à fait fidèle à ses opinions qu’il inaugure le Théâtre Libertaire de Paris (TLP Dejazet) en y présentant un nouveau récital consacré aux poètes pendant six semaines en 1986. Un an plus tard, Léo Ferré part en tournée en France mais aussi en Allemagne, Italie, Belgique, Canada et Japon entre autres. Les Francofolies de La Rochelle organisent alors un spectacle « Fête à Léo » où interviennent notamment Jacques Higelin et Catherine Ribeiro.
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Et, toujours dans la même année 1987, il sort un double 33 tours: « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans ».
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Après 1990, l’artiste conclut tous ses concerts par la chanson « Avec le temps » en disparaissant dans les coulisses. En mai 1992, il est l’invité d’honneur du festival « Alors, Chante ! » à Montauban (Tarn-et-Garonne, France). Il en profite pour assister à un maximum de spectacles et pour conseiller les jeunes artistes en découverte. A la fin de l’année 1992, Léo Ferré doit être hospitalisé et ne peut assumer ses nouveaux spectacles parisiens prévus au Grand Rex. Malade depuis des années, l’homme s’affaiblit de plus en plus pour s’éteindre chez lui, à Castellina in Chianti (Toscane, Italie), à l’âge de 76 ans le 14 juillet 1993. Ses funérailles ont lieu à Monaco dans l’intimité.
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MORGAN Marc

Marc MORGAN en 2010 – Photo (c) Pascal Schyns – Sofam

L’auteur, compositeur et interprète belge Marc MORGAN naît le 30 avril 1962 à Huy sous l’identité de Marc Wathieu. Il suit des études de graphisme mais se passionne très tôt pour la musique qu’il apprend en autodidacte.  Dès 1979, il forme avec son frère le groupe « Objectif lune ». Puis il suit les cours de l’Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc de Liège et devient graphiste. Il rejoint ensuite la formation des « Révérends du Prince Albert » qui s’apparente plus à un groupe de bals populaires qu’à une vraie bande de rockers. Avec eux, il va enregistrer un album en 1982 (« Ah ! quel massacre »), connaître quelques succès radiophoniques en Belgique et participer à des podiums gratuits comme celui proposé à Hérinnes dans le cadre du Tour du Hainaut Occidental cycliste au milieu des années 1980. Le répertoire du groupe est principalement constitué de reprises de titres des années 1960 comme « Baby tu me rends fou ». Dans la vidéo ci-dessous, on retrouve le groupe dans l’émission « Graffiti » de la télévision belge publique RTBF présentée par Terry Focant. Marc Morgan est l’un des deux chanteurs en costume. C’est celui qui n’est pas barbu et qui porte des lunettes et qui se fait alors appeler Marc Donald. A la fin de la séquence, on reconnaît furtivement l’une des stars de la radio rock belge « Classic 21 »:  Jacques de Pierpont dit « Ponpon ».
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Quelques années plus tard, Marc se lance dans une autre aventure musicale qui lui colle mieux à la peau et il fonde « Les Tricheurs ». Ces derniers connaissent un bon succès en Belgique grâce à leurs 45 tours comme « Le jour J » et ils enregistrent un album, « Tendez vos lèvres », en 1989. L’opus a les faveurs de nombreuses émissions de radio comme celle, en Belgique, du regretté Philippe Gauthier sur la chaîne Radio 2 de la RTBF : « Perfecto ». Mais le succès escompté n’est pas au rendez-vous et, en 1992, le groupe se dissout.
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A ce moment, Marc réalise avec Rudy Léonet, producteur de radio belge qui sera à l’origine plus tard de la chaîne Pure FM (RTBF), un projet musical qui a pour nom « La Variété » et qui enregistre quelques titres sur un CD. Puis, Marc décide de s’installer à Paris et d’enfin vivre de la chanson en solo. Avec l’aide d’Yves Bigot, alors patron du nouveau label Fnac Musique, il commercialise un album sous le pseudonyme de Marc Morgan: « Un cygne sur l’Orénoque » sort en 1993. L’album est littéralement propulsé par un titre qui envahit les ondes: « Notre mystère nos retrouvailles ». Ce succès sera suivi d’une série de concerts un peu partout dans la francophonie ainsi que de participations aux grands festivals comme les Francofolies ou le Festival d’été de Québec entre autres. Le 22 janvier 1994, il est l’invité de Nagui du programme télévisé « Taratata » sur France 2.
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En 1996, Marc Morgan publie un deuxième album dont le succès est moindre malgré des titres forts comme « Au train où vont les choses ».
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L’opportunité se présente alors pour Marc d’écrire quelques chansons pour Jeff Bodart mais aussi pour Dick Rivers ou Sylvie Vartan. Il interprète d’ailleurs la chanson « Je n’aurai pas le temps » de Michel Fugain en duo avec Sylvie Vartan dans l’émission « Taratata » de Nagui le 16 octobre 1996 sur France 2 (à visionner en cliquant sur l’image ci-dessous).
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Et il assure notamment la première partie du groupe Indochine à la Cigale à Paris. Marc Morgan marque alors une première pause qu’il interrompt pour interpréter une chanson écrite par un jeune garçon (« Le héros c’est moi »), Sylvain, à l’occasion de la sortie d’un disque intitulé « Si ça nous chante » en 1999. Les chansons de ce disque vendu au profit de l’Association Belge de Lutte contre la Mucoviscidose, dont les textes sont tous  écrits par des enfants et des ados, sont également interprétées par divers artistes belges comme Salvatore Adamo, Marka, Alec Mansion, Mousta, Jo Lemaire, Jean-Louis Daulne ou Lou & the Hollywood Bananas notamment.
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C’est en 2001 que paraît l’album suivant pour Marc Morgan: « Les parallèles se rejoignent ». Mais la France semble l’avoir oublié et les professionnels belges lui réservent un accueil poli. La promotion de cet album lui permet toutefois de participer à quelques émissions de radio comme « Chantons Français », sur Fréquence Wallonie, une chaîne de la radio publique francophone belge RTBF, en direct du village de Noël de Liège où il est d’ailleurs intronisé citoyen d’honneur.
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En 2002, l’artiste se place en retrait de la musique et revient à l’enseignement de l’art graphique à l’Ecole de Recherche Graphique (ERG) de Bruxelles. Mais, même isolé du monde musical, Marc Morgan est toujours à la recherche de nouvelles sensations artistiques et, en 2007, il participe au groupe Phantom monté par Miam Monster Miam (Benjamin Schoos) et Jacques Duvall. C’est donc fort logiquement qu’en 2011, il reprend le chemin des studios pour réaliser, à Berlin, un nouvel opus qui a pour titre « Beaucoup vite loin ». Cet album, celui de Marc Morgan et les Obstacles, est, à nouveau, bien accueilli par la critique et les professionnels mais il n’accomplit pas le parcours attendu auprès du public.
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Le voyage musical des Wathieu se poursuit: le fils de Marc, Maxime, est mixeur, preneur de son et guitariste tandis que sa fille, Juliette, s’est lancée dans la chanson pop électro francophone avec brio sous le pseudo de Mademoiselle Nineteen. En 2013, avec Benjamin Schoos et Pascal Schyns, Marc fonde Freaksville Publishing, une société belge de production et d’éditions musicales. Et puis, il rejoint l’équipe d’une webradio bruxelloise créée par Benjamin Schoos: Radio Rectangle. Il y réalise l’habillage sonore et produit l’émission « Hobby » consacrée à la chanson en français. Ce sont les dernières nouvelles que nous avons reçues de Marc avant celles, tragiques, du vendredi 10 janvier 2020 où l’artiste nous quitte de manière inopinée à l’âge de 57 ans.
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SARDOU Jackie (Jackie Rollin)

Jackie Sardou

L’artiste française Jackie SARDOU naît le 7 avril 1919 à Paris. Connue aussi sous le nom de Jackie Rollin, son vrai patronyme est Jacqueline Labbé. Elle est aussi la fille d’Andrée Labbé, dite Bagatelle, une danseuse du Concert Mayol et du french-cancan au Moulin Rouge à Paris. Elle reçoit une éducation qui est très religieuse en fréquentant les soeurs des écoles chrétiennes. Mais, enfant de la balle issu d’un milieu artistique, elle se dirige tout naturellement vers le théâtre et la comédie. Alors qu’elle se produit dans des cabarets parisiens et qu’elle obtient de petits rôles dans des opérettes, elle rencontre et épouse l’acteur et chanteur Fernand Sardou. Elle devient ainsi, plus tard, la mère du chanteur Michel Sardou, la grand-mère du romancier Romain Sardou et du comédien Davy Sardou.  Dans les années 1960, en duo avec son mari Fernand Sardou, elle enregistre, en public, une chanson intitulée « Ki ka des dons ».
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Avec son fils Michel, elle enregistra en 1982 un duo humoristique intitulé « Maman » dont le texte est écrit par Jean-Loup Dabadie.
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Ce sketch marqua la carrière de Michel Sardou au point que sur scène en 2012, soit trente ans plus tard, l’artiste le reprenait encore en duo virtuel avec sa mère au cours du spectacle « Les grands moments ». En 1993, Jackie Sardou a enregistré un album de chansons populaires: « Jackie Sardou chante ».
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Quelques années auparavant, en 1980, sous le nom de Jackie Rollin, elle avait déjà sorti un 45 tours dont le titre principal était « Vous marrez pas la jeunesse » (à écouter en CLIQUANT ICI). En 1992, c’est encore un texte de Jean-Loup Dabadie qu’elle parodie avec l’animateur et imitateur Patrick Sébastien lors de la dernière émission télévisée française de « Sébastien c’est fou » : le fameux « Maintenant je sais » initialement interprété par Jean Gabin.
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Jackie Sardou est décédée à Paris le 2 avril 1998.
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VENTURA Ray

Le musicien, compositeur et chef d’orchestre français Ray VENTURA naît le 16 avril 1908 à Paris. Alors qu’il est toujours étudiant, le jeune Raymond Ventura fonde un orchestre de jazz avec des copains de lycée. Très vite, il se rend compte qu’il existe, dans les pays anglo-saxons, des formations musicales qui proposent des chansons humoristiques qui s’apparentent à de véritables sketches lorsqu’elles sont jouées sur scène. Raymond Ventura rencontre alors d’autres jeunes passionnés de musique, de textes et d’humour: Paul Misraki, Loulou Gasté, Alix Combelle et Coco Aslan. Ils décident ensemble de constituer un groupe dont le nom leur colle à la peau: les Collégiens. Et, dès 1929, ils enregistrent un premier disque. Mais c’est sur scène que l’orchestre va prendre toute sa dimension en se produisant à de nombreuses reprises dans les music-halls parisiens des années 1930. En 1936, Ray Ventura et ses Collégiens connaissent un premier grand succès: « Tout va très bien Madame la Marquise ».
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Jusqu’au déclenchement de la seconde guerre mondiale, le parfum d’insouciance dans lequel baigne la France ainsi que les premiers congés payés attribués à la population vont permettre aux chansons rigolotes de l’orchestre de devenir très populaires. Il y a ainsi « Ca vaut mieux que d’attraper la scarlatine », « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux », « J’aime les bananes », « Tiens tiens tiens » ou « Les chemises de l’archiduchesse ».
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En 1941, la guerre battant son plein, Ventura se réfugie dans la France non occupée et il enregistre quelques disques en Suisse. Mais l’ambiance raciste de l’époque vis-à-vis de certains musiciens oblige la troupe à quitter la France pour l’Amérique du Sud où de nouvelles chansons sont gravées sur disques. Après la seconde guerre mondiale, l’orchestre est remanié et de jeunes musiciens enregistrent de nouveaux succès comme « A la mi-août » en 1949.
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Le cinéma s’intéresse aussi aux Collégiens qui tournent quelques films musicaux. Les années 1950 sont plus difficiles pour les formations musicales de ce genre et Ray Ventura dissout le groupe pour se consacrer à l’édition musicale. A ce titre, il sera l’un des premiers à croire en Georges Brassens. D’anciens Collégiens vont tenter des carrières en solo: Henri Salvador et Henri Genès y parviendront fort bien. A la fin des années 1960, Ray Ventura se retire sur l’île espagnole de Palma de Majorque où il décède le 29 mars 1979 à l’âge de 70 ans. Sa dépouille repose dans le cimetière parisien des Batignolles. Deux ans avant son décès, le genre musical de Ray Ventura se perpétue encore grâce, notamment, au Grand Orchestre du Splendid qui lui rend hommage dans ses prestations.
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En 1993, son neveu, Sacha Distel, décide de reprendre, sur un album, les grands succès de Ray Ventura en s’entourant d’une bande de nouveaux Collégiens dont font partie des personnalités du show-business et de la télévision comme Sim, Salvatore Adamo, Jean-Pierre Foucault, Henri Salvador, Michel Legrand, Michel Drucker, Guy Marchand, Carlos, Philippe Lavil, Jacques Martin, Claude Brasseur, Jean Yanne, Darry Cowl, Michel Fugain, Paul Misraki, etc.
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CONSTANTINE Eddie

Eddie Constantine en 1974 – Photo (c) C. Wallis

L’acteur et chanteur français d’origine américaine Eddie CONSTANTINE naît le 29 octobre 1917, à Los Angeles en Californie d’un père russe et d’une mère polonaise, sous le nom d’Edward Constantinowsky. Au début des années 1950, il entame à Hollywood une carrière d’acteur qui n’est pas une réussite et il décide alors de débarquer en France pour y essayer le cinéma mais aussi la chanson. Et, pour ce faire, il se produit dans les cabarets parisiens à la mode. Edith Piaf le remarque et lui demande de jouer à ses côtés dans la comédie musicale « La p’tite Lili ». Il commence aussi à traduire en anglais, pour la chanteuse, ses grands succès de l’époque comme « La vie en rose » ou « L’hymne à l’amour ». Mais c’est grâce au cinéma, et à son rôle de l’agent secret Lemmy Caution dans une série de films noirs, qu’il devient réellement célèbre en France. Et il profite ensuite de ce succès populaire pour revenir à sa passion pour la chanson.
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Et, dans ce domaine aussi, il connaît une certaine gloire avec des titres comme « Ca bardait » (1954), « Et bailler et dormir » (avec Jeff Davis en 1954), « L’enfant de la balle » (1955), « L’homme et l’enfant » (avec Tania Constantine en 1956) ou « Cigarettes, whisky et petites pépées » (1957).
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Dans les années 1960, Eddie Constantine va se consacrer presque exclusivement au cinéma et à son écurie de voitures de course. Et, au milieu de la décennie, il s’installe en Allemagne. Se considérant comme un véritable chanteur plutôt qu’un acteur, Eddie Constantine revient encore à la chanson en 1975 avec une chanson rythmée interprétée en français et en anglais: « Hit parade ».
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Il se fait ensuite plus discret à la fois au cinéma et dans la chanson. Et les dernières nouvelles que l’on reçoit de lui sont celles de son décès survenu en Allemagne, à Wiesbaden, le 25 février 1993 des suites d’un infarctus à l’âge de 75 ans. L’homme n’était pas dénué d’humour comme en témoigne ci-dessous la reprise de son succès « L’homme et l’enfant » en duo avec Yves Montand à la télévision française dans une émission de Jean Nohain datée des années 1950.
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LEFEVRE Edmond

Edmond Lefèvre en 1982

Le producteur et animateur de radio belge Edmond LEFEVRE. naît le 2 avril 1928 à Chimay. Le garçon suit d’abord des études de philologie romane avant d’enseigner à l’Académie des Beaux-Arts de Mons. C’est un peu par hasard, et surtout par passion de la chanson française, qu’Edmond Lefèvre commence à produire des séquences pour la RTB, la radio francophone publique belge, au début des années 1960. A cette époque, il est aussi sollicité pour réaliser des interviews d’idoles yé-yés et d’autres personnalités artistiques en vue dans le magazine télévisé de la RTB « Format 16/20 ». Il tend ainsi notamment son micro à Johnny Hallyday, Jacques Brel et Charles Aznavour (l’interview est à visionner en cliquant sur l’image ci-dessous.
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En cliquant ICI, vous pouvez aussi revoir Edmond Lefèvre dans une émission du 24 février 1965 sur le tournage d’un film à l’aéroport de Bruxelles-National (à partir de 28’45). Mais ses activités télévisuelles sont de courte durée et il abandonne bientôt l’enseignement pour se consacrer totalement à la radio. Il y présente des émissions touristiques puis il devient l’un des spécialistes et défenseur militant de la chanson française. Dans les années 1970, les après-midis du deuxième programme de la RTBF (avec un « F » comme francophone) sont occupés par « L’école buissonnière » où l’on découvre de nombreux nouveaux talents interviewés par Edmond: Yves Duteil, Jofroi, Alain Souchon, Philippe Anciaux, Maurane, Yves Simon, Pierre Rapsat, Michel Jonasz, Philippe Lafontaine ou encore Daniel Balavoine avec qui l’animateur se lie d’amitié. Il réalise aussi à ce moment de nombreuses émissions en direct du Festival de la chanson française de Spa. Dans les années 1980, Edmond Lefèvre va aussi présenter des émissions en soirée aux titres divers comme « Chanson vole » (1982), « Café-concert et music-hall » (1985) ou « Escapades » (1988) par exemple. Il est épaulé pour ce faire par des animatrices et assistantes qui ont notamment pour nom Marie-Noëlle Cloës, Christine Urbain, Anne Chevalier ou Marie-Pierre Mouligneau. De 1989 à 1993, il retrouve une émission de chanson intitulée « Pousse-café » où, chaque semaine du lundi au vendredi, il reçoit un invité chanteur, producteur, compositeur ou auteur. Au moment de sa retraite, en avril 1993, son assistant, Daniel Barbieux, met sur pied une grande soirée d’adieu à Mons. Pendant quatre heures, de nombreux artistes francophones viennent témoigner de leur amitié à l’homme de passion, de coeur et de fidélité : Jean-Paul Cara, Gérard Delahaye, Robert Cogoi, Albert Delchambre, Philippe Anciaux, Joseph Reynaert, etc. Edmond Lefèvre décède le 11 février 1995 à Mons des suites d’un cancer.
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En 1984, Edmond Lefèvre évoquait ses souvenirs de la libération de sa ville natale en septembre 1944. Vous pouvez l’écouter ci-dessous.
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FILIPPI Alana

Alana Filippi

La parolière et chanteuse française Alana FILIPPI naît à Paris le 3 septembre 1960 sous le nom de Pascale Filippi. Elle passe son adolescence à Nantes où ses parents s’installent en 1967. Tout en poursuivant ses études secondaires, la jeune fille se passionne pour le théâtre et s’inscrit aux cours d’art dramatique donnés par Jacques Couturier qui est alors l’un des responsables de la maison de la culture de la Loire-Atlantique. A 20 ans, elle reçoit un premier prix d’interprétation qui la motive à partir pour Paris afin de rejoindre le cours d’art dramatique Jean Périmony. Elle fréquente alors le milieu artistique parisien et côtoie des musiciens qui l’encouragent à persévérer dans l’écriture des textes de chansons qu’elle leur fait écouter. En 1989, elle est sollicitée pour écrire les paroles du thème musical du dessin animé « Le Piaf » composé par Patrick Viau. Elle rencontre alors le musicien et chanteur Jean-Jacques Daran pour qui elle écrit les textes des deux chansons de son nouveau 45-tours : « Tête à l’envers » et « Sans ton désir ». Leur relation professionnelle se double alors d’une aventure sentimentale de laquelle naîtra une fille quelque temps plus tard. Le couple se met alors au travail pour réaliser, d’abord, le premier album de Daran et les Chaises (« J’évite le soleil ») en 1992 avec un titre où Alana intervient vocalement : « Y’a des chaises pour s’asseoir ».
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Puis, motivée par cette première expérience de chanteuse, elle va travailler avec Daran sur un album personnel qui sort en 1993 et qui est plein de promesses : « Laissez-les moi ». Mais, si le disque est très intéressant, il retient l’attention des professionnels sans toutefois atteindre le grand public. Et l’expérience de chanteuse s’arrêtera là pour Alana qui, par contre, va poursuivre avec brio son travail de parolière.
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Pour Daran encore et les chansons de son second album avec le groupe « Les Chaises », « Huit barré » (1994), pour lequel le duo écrit et compose le « tube » « Dormir dehors ».
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Lorsque Daran se débarrasse ensuite de ses « Chaises », Alana poursuit son job d’auteure pour lui sur les albums « Déménagé » (1997) et « Augustin et Anita » (2000). Daran prend ensuite ses distances avec Alana, professionnellement et sentimentalement. Alors, elle propose sa plume pour d’autres artistes qui ont pour nom Jenifer (« J’attends l’amour » en 2002), Natasha St-Pier (« Juste un besoin de chaleur » en 2003), Grégory Lemarchal (« Je suis en vie » en 2005), Calogero (« En apesanteur » en 2007) et Stanislas (« Nos ecchymoses » en 2010).
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En 2005, la parolière reçoit, avec Calogero et Passi, le prix Vincent Scotto de la SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique française) pour la chanson « Face à la mer ».
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En 2007, elle retrouve Daran pour l’écriture de deux chansons enregistrées par Maurane : « Dernier voyage » et « Les anémones ».
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La même année, elle co-signe avec Lionel Florence un texte pour Pascal Obispo qui enregistre sa composition intitulée « Y’a un ange ». Parmi les autres artistes à chanter la poésie d’Alana Filippi, il y a encore Florent Pagny (« La folie d’un ange », 2003), Faudel (« Si on m’avait dit », 2006), Louisy Joseph (« On croit rêver », 2008) ou, encore, Louis Delort (« Je suis là », 2013). Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2020, âgée de 59 ans, elle décède, au Coudray, dans des circonstances qui ne sont pas précisées.
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SOLO Mano

La pochette du CD live sorti en 2011

Le chanteur français Mano SOLO naît le 24 avril 1963 à Châlons-sur-Marne, sous le nom de Emmanuel Cabut. C’est en 1980 que Manu Cabut, fils du dessinateur Cabu, intègre, comme guitariste, un groupe punk: les Chihuahuas. Six ans plus tard, il apprend qu’il est séropositif. Au début des années 1990, alors que le temps presse, il se décide à interpréter ses textes. Son premier album enregistré sous le nom de Mano Solo, « la Marmaille nue », sort en 1993 et se vend à 100.000 exemplaires avec, en titre phare, « Allo Paris ».
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Un deuxième album sort deux ans plus tard et a pour titre « Les années sombres ». La même année, en 1995, l’artiste annonce publiquement au Bataclan de Paris qu’il a contracté le SIDA.
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Les enregistrements de disques vont se poursuivre à un rythme régulier ensuite mais avec des succès divers. Il y aura « Frères Misère » en 1996 suivi de quelques enregistrements publics (« Je sais pas trop » en 97, « Internationale Shalala » en 99 et « La Marche » en 2002) mais aussi « Dehors » en 2000 et « Les Animals » en 2004.
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Deux ans plus tard, Mano Solo ne renouvelle pas son contrat avec la maison de disques Warner. Pour son nouvel album, « In The Garden », sorti en mars 2007, il propose aux internautes de l’aider par une souscription destinée à payer les frais de promotion une fois l’album réalisé. La souscription lancée le 18 septembre s’avère peu concluante: il n’y a que 2.800 souscripteurs par internet. Et les 35.000 exemplaires vendus dans les bacs remboursent la banque du prêt contracté par l’artiste pour produire l’opus. Sans plus. Le 28 septembre 2009 sort un nouvel album, le dernier: « Rentrer au port ».
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Le chanteur entame alors une série de concerts à l’Olympia de Paris mais le 12 novembre, il doit être hospitalisé. Mano Solo meurt le 10 janvier 2010 à l’âge de 46 ans, des suites de plusieurs anévrismes. Il est inhumé au cimetière parisien du Père Lachaise. En novembre 2011 sort l’enregistrement du dernier concert de Mano à l’Olympia en 2009. Les bénéfices des ventes sont versés à l’association « Fazasoma » qui vient en aide à la population malgache et que Mano Solo soutenait depuis 2006. Une collection de livrets de toutes les chansons de Mano Solo pour piano, chant et guitare sort en 2012 aux Éditions Capte Note – Planète Partitions. Artiste complet, Mano Solo dessinait et peignait notamment les pochettes de ses albums. Il écrivait aussi et, avec l’argent de la musique, avait monté sa propre société d’édition (« La Marmaille nue »). Il publia, en 1995, un recueil de poèmes (« Je suis là ») et, en 1996, un roman (« Joseph sous la pluie »). Ces deux ouvrages ont été rassemblés dans un livre, « Joseph sous la pluie », publié par Points en janvier 2012.
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