MOREAU Jean-Marie


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L’auteur et compositeur français Jean-Marie MOREAU naît à Chinon le 28 décembre 1948 d’une mère violoniste, concertiste et professeure de musique. Autant dire que son enfance sera marquée par le piano classique ainsi que le violon. Pour se détendre, sa mère écoute toutefois des chansons signées par Jacques Brel, Georges Brassens ou d’autres « monuments » de la tradition française. A quatorze ans, Jean-Marie veut s’échapper de ce « carcan » musical et décide, avec des copains, de former un groupe de rock. On est en 1962 et presque tous les ados de cette époque le font. Mais, en plus de jouer de la musique, il se pique au jeu d’écrire ses premiers textes de chansons. Et il s’oriente ensuite tout naturellement vers des études de lettres qui vont lui être très utiles pour devenir, d’abord, journaliste. Mais par pour n’importe quel journal puisqu’il écrit pour le magazine musical des jeunes « Salut les copains ». Là, il côtoie le monde artistique français de la chanson commerciale et prend conscience de son aptitude à écrire des chansons. Mais il lui faudra encore connaître quelques expériences peu réussies de livres avant de devenir auteur et membre de la SACEM, Société française des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique, en 1974. Jean-Marie Moreau obtient l’un de ses premiers succès d’auteur grâce à Laurent Rossi qui lui demande d’adapter en français la chanson « Love is in the air » de John Paul Young et cela devient naturellement « L’amour est dans l’air » en 1978.
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A ce moment, il commence aussi à composer des mélodies. Un an plus tard, il est sollicité pour écrire le texte de la chanson « Magdalena » interprétée par une jeune femme qui se lance comme soliste après avoir été la gitane de « La Bande à Basile » : Julie (Pietri). C’est l’un des tubes de l’été 1979.
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Mais ces débuts prometteurs ne sont pas nécessairement faciles et, rapidement, alors que Jean-Marie Moreau ne trouve plus de commanditaires, ses fins de mois sont plus que pénibles. A ce moment, il signe toutes les chansons du premier album du groupe de rock français « Océan » mais c’est loin d’être un gros succès commercial. Pour sortir la tête de l’eau, il décide de produire le premier album de Julie Pietri en 1981 (« Merci ») et les ventes du disque sont excellentes grâce à des tubes comme « Let’s fall in love ».
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En quête de nouveaux artistes à lancer, il fait alors la rencontre d’un jeune chanteur qui a pour nom François Feldman et, à deux, ils commencent à écrire des chansons. De 1982 à 1985, il y a la suite du travail avec Feldman qui ne rencontre que peu de succès, il y a un boulot de directeur artistique pour les Editions Mondio Musique et il y a aussi des titres interprétés par Michèle Torr et Diane Tell. En 1986, le tandem qu’il forme depuis des années avec François Feldman permet enfin à ce dernier d’atteindre les sommets des hit parade avec la chanson « Rien que pour toi ».
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Les rencontres artistiques se multiplient alors pour Jean-Marie Moreau et celle qu’il va faire avec le compositeur italien Romano Musumara va lui permettre de signer quelques grands succès : « Comme au cinéma » pour Alain Delon en 1987 et « On écrit sur les murs » pour Demis Roussos en 1989.
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Dans le même temps, il crée une société de production sonore active dans le domaine de la publicité radio et télé. Et la jeune Caroline Legrand connaît la popularité avec la chanson « J’aurais voulu te dire » que Jean-Marie a créé avec François Feldman dont la carrière s’amplifie avec des titres comme « Slave », « Le mal de toi », « Je te retrouverai » (1989), « Les valses de Vienne », « Petit Frank », « C’est toi qui m’as fait » et « J’ai peur » (1990-1991).
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A la même époque, il signe les paroles de la chanson « Soirée kitsch » pour la regrettée chanteuse belge Anne Coster et il étoffe le répertoire d’une autre jeune belge, Mélody, en écrivant « Mamie » et « Le prince du roller ».
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Alors qu’il vient de signer des chansons pour Mireille Mathieu et Sacha Distel, il met en scène le spectacle « Magic Boul’vard » de Feldman au palais des sports de Bercy (Paris) en 1991. Tout en poursuivant ses activités d’auteur-compositeur, Jean-Marie Moreau consacre alors une partie de plus en plus importante de sa vie à la SACEM et à la défense des droits des auteurs. Il devient aussi par la suite membre de diverses associations d’auteurs et de compositeurs européennes et mondiales. En 1997, il ajoute le nom de Frédéric François (« Pour que tu restes ») à la déjà longue liste de ses interprètes.
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Le début des années 2000 est marqué par le développement, en France, des comédies musicales à succès telles que « Notre-Dame de Paris » ou « Les dix commandements ». Jean-Marie Moreau va se lancer dans cette aventure-là aussi en participant à l’écriture des spectacles « Les amours de Mozart » (en 2004 avec, notamment, Amaury Vassili) ou « Les voyages de Jules Verne » (2008).
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Et il continue à aider des nouveaux talents comme Véronique Saint-Germain, Ana Pankratoff ou Djill Rhinan. En janvier 2015, il est fait Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres par la ministre française de la culture Fleur Pellerin en tant que Président de la commission des variétés de la SACEM. La même année, sa chanson « On écrit sur les murs » (interprétée initialement par Demis Roussos) est reprise avec un grand succès par les jeunes membres du groupe Kids United.
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En 2018 et 2019, Jean-Marie Moreau devient le Président du conseil d’administration de la SACEM. Victime d’une longue et pénible maladie, il s’éteint le 29 octobre 2020 à l’âge de 71 ans. Au cours de sa carrière, il avait aussi écrit des chansons pour Sylvie Vartan, René et Nathalie Simard, Johanne Blouin, Hervé Vilard, La Bande à Basile, Ritchy, Claude Puterflam, Linda de Suza, Emile Wandelmer, Pierre Groscolas, C.Jérome, Rachid Bahri, Hélène Ségara, Natasha St Pier ou Jeane Manson.
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RIVERS Dick

Dick Rivers en 2012

Le chanteur français Hervé Fornieri, mieux connu sous le nom de Dick RIVERS, naît le 24 avril 1945 à Nice. Fan d’Elvis Presley, il a d’ailleurs emprunté son prénom de scène au nom d’un des personnages joués par le King au cinéma. A peine âgé de quinze ans, il fonde « Les Chats Sauvages », un groupe qui va être l’un des premiers à pratiquer le rock and roll en France. Entre mai 1961 et juin 1962, ces musiciens vont enregistrer une centaine de titres: du rock mais aussi du twist, rythme très à la mode en 1962. Parmi les succès du groupe, on peut citer « C’est pas sérieux », « Twist à Saint-Tropez » ou « Est-ce que tu le sais » (adaptation française de « What I’d say » de Ray Charles).
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En septembre de cette année-là, Dick Rivers décide de voler de ses propres ailes et largue le groupe. Dès le début de sa carrière de soliste, que ce soit par des adaptations ou des titres originaux, le chanteur va tenir le haut du pavé et s’installer solidement pour des dizaines d’années dans le paysage français de la chanson.
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Dans les années 1960, grâce à ses bonnes relations avec Daidy Davis Boyer, Dick Rivers va tourner quantité de scopitones de ses chansons. Ce petit film de cinéma ainsi appelé scopitone était l’ancêtre du clip video. Il permettait à tout un chacun de visionner ses chansons préférées sur un appareil s’apparentant à un juke-box. Dick fera aussi de la figuration dans les scopitones de certains autres chanteurs. Ses succès sont nombreux et le chanteur s’adapte aux modes en interprétant notamment du rhythm’n’blues à la fin des années 1960 comme « Mr Pitiful ».
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Alors que la décennie 1970 laisse craindre le pire pour un chanteur de rock, Dick Rivers s’en tire plutôt bien en restant fidèle à son style (« Maman n’aime pas ma musique ») ou en s’orientant vers la musique country (« Faire un pont », adaptation de « Country roads »).
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Ces années-là sont celles où Dick Rivers fait appel à Bashung pour la réalisation de trois albums. Les Chats Sauvages se reforment le temps d’un disque qui sort en 1982 sans grand succès.
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En 1983, sa carrière prend un autre virage encore avec des chansons signées Didier Barbelivien (« Nice Baie des Anges »).
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Au tout début des années 1990, l’artiste se lance dans l’aventure du conte musical avec un double album consacré à l’histoire inventée d’une chanteuse virtuelle: Linda Lu Baker. Ce disque est pour Dick l’occasion de partager un gospel avec le Golden Gate Quartet (« Ainsi soit-elle ») mais il lui offre aussi l’opportunité d’interpréter un titre de mambo (« Sale mambo ») et un autre de salsa!
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Parmi les collaborateurs de l’opus « Linda Lu Baker » se trouve aussi un certain Francis Cabrel qui va mettre en scène, avec Dick et un groupe nommé « Les Parses », un spectacle dédié au rock : « Le rock’n’roll show ». Quelques concerts seront proposés en 1990 et Cabrel commercialisera, en 2020 en hommage après le décès de Dick Rivers, un DVD de cette aventure musicale exceptionnelle enregistrée le 15 octobre 1990 à Villeneuve-sur-Lot .
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Au même moment, Dick Rivers raconte le rock comme personne sur Radio Monte Carlo. Comme Johnny Hallyday, le rival de ses débuts, le chanteur niçois n’a alors de cesse de rencontrer de nouveaux auteurs et compositeurs dont il fait éclore le talent. Ceux-ci ont pour nom Benjamin Biolay, M, Joseph d’Anvers ou Mathieu Boogaerts. Dick Rivers fête ses 50 ans de carrière en mai 2011. Pour l’occasion, il sort un album (cliquer ici pour voir la chronique) mais aussi un livre : Mister D.
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La tournée qu’il effectue à travers toute la France en 2012 est immortalisée par un DVD : « Le gran’ tour ». En 2014, l’album « Rivers » lui permet d’entrevoir une nouvelle tournée de concerts. Mais celle-ci est annulée en raison d’une chute dont le chanteur est relevé avec un traumatisme crânien. Le 28 octobre 2017, les téléspectateurs de France 2 sont heureux de retrouver Dick Rivers bon pied bon oeil pour participer, au Zénith de Paris, à la soirée célébrant les 25 ans de l’émission « Taratata » de Nagui. Et puis, au début 2018, l’artiste confirme son retour en forme en apparaissant dans un clip très déjanté de Julien Doré: « Africa », une reprise étonnante du célébrissime tube initialement interprété par Rose Laurens en 1982.
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Dick Rivers décède, à Paris, des suites d’un cancer le jour de ses 74 ans: le 24 avril 2019.
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Les obsèques de Dick Rivers ont lieu à Paris le jeudi 2 mai en l’église Saint-Pierre de Montmartre. L’artiste est ensuite inhumé au cimetière parisien de Montmartre.
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22 FEVRIER

 

Linda DE SUZA en 1982 – Photo (c) Léonard de Raemy

22 février 1948 : Naissance, à Beringel, de la chanteuse portugaise Linda DE SUZA sous le vrai nom de Teolinda Joaquina de Sousa Lança. En 1970, Linda quitte son pays pour la France. Après avoir effectué divers petits boulots pour vivre, elle a une idée fixe qu’elle veut réaliser : devenir chanteuse. En 1978, elle enregistre enfin une chanson qui évoque son pays. Ce premier 45 tours comporte une seule chanson qui se trouve en face A et en face B. Cette chanson c’est « Un Portugais ».
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La version française est sur une face, la portugaise sur l’autre : il suffisait d’y penser. Avec cette première chanson, Linda perce les plafonds des hit parade de l’époque : c’est un « tube ». Sur la lancée, d’autres chansons vont devenir des succès : « La fille qui pleurait », « Lisboa » et « Amalia » en 1979; « Tiroli-Tirola » et « Hola la vie » en 1980, « L’étrangère » en 1982 et « Marinheiro » en 1983.
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En 1984, son autobiographie intitulée « La Valise en carton » est un best seller. Mais, en 1986, la comédie musicale qui en est adaptée est un « flop » malgré la présence entre autres de Jean-Pierre Cassel. Elle publiera ensuite quelques romans et chantera encore pendant quelque temps avant de quitter la scène petit à petit. En 1998, elle a sorti un double album où elle proposait des nouvelles versions plutôt bizarres et technos de ses grands succès français et portugais. Courant 2015, les admirateurs de Linda peuvent enfin retrouver sur un double CD toutes les grandes chansons de la chanteuse en version originale. Un coffret de 10 CD édité par Warner reprend aussi les dix albums originaux enregistrés par la chanteuse entre 1979 et 1985. A cette occasion, elle est l’invitée de Michel Drucker pour une émission télé « Vivement dimanche » qui lui est entièrement consacrée sur France 2. En novembre 2016, elle rejoint la nouvelle formule de la tournée nostalgique « Âge Tendre » aux côtés de Gérard Lenorman, Hugues Aufray ou Sheila.
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