COLOMBO Pia

Pia Colombo dans les années 1960

La chanteuse française Éliane Marie Amélie Colombo mieux connue sous le pseudonyme de Pia COLOMBO naît le 6 juillet 1934 à Homblières (Aisne). Son père, Italien, et sa mère, du Nord de la France, la laissent à sa grand-mère maternelle qui l’élève peu après sa venue au monde. Et c’est donc à la campagne qu’elle grandit en se souciant bien peu de l’école. Après la guerre, en 1946, elle retrouve ses parents qui l’accueillent chez eux en région parisienne. Un jour, ils l’emmènent voir le spectacle proposé au théâtre du Châtelet et Eliane est subjuguée par ces gens qui dansent et qui chantent. Elle décide qu’un jour elle fera comme eux. Elle veut donc devenir petit rat du Châtelet et commence à suivre les cours de danse du théâtre. Mais, à quinze ans, elle est victime de rhumatisme chronique et doit arrêter les chorégraphies. Cela remet tout en question dans cette vie artistique que l’adolescente entame à peine. Une amie lui suggère alors d’essayer l’art dramatique et l’emmène au Cours Simon. Mais c’est un peu compliqué et elle est plus à l’aise lorsque cette amie lui demande d’interpréter des chansons lors d’un spectacle de patronage. Un jeune prof d’anglais, passionné de chanson française et également auteur-compositeur, l’y remarque, l’encourage à persévérer et lui propose finalement de lui « fournir » quelques titres : il s’appelle Maurice Fanon. Cette idée, ainsi que son auteur, la séduisent totalement. Elle travaille donc l’interprétation des chansons de celui qui, marié puis divorcé, devient son amant. Elle se présente pour une audition au cabaret parisien de L’Écluse où Léo Noël, un des cofondateurs, l’engage pour un an. Elle choisit alors le nom de scène de Pia Colombo et interprète, notamment, la chanson « Julie la Rousse », de René-Louis Lafforgue ainsi que des œuvres de Maurice Fanon.
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En 1956, elle emménage chez Maurice et signe un premier contrat phonographique avec la firme Versailles pour qui elle enregistre deux 45-tours de quatre titres dont « Julie la Rousse » et « Isabelle » (de Maurice Fanon).
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Quelques mois plus tard, Maurice Fanon part remplir ses obligations militaires françaises en Algérie jusqu’en 1959. Pendant son absence, elle poursuit sa carrière de chanteuse, change de maison de disques (Philips) et joue « Hula Hoop » au Disco Théâtre du théâtre Marigny à Paris. Son succès grandissant, Pia est appelée, en 1958, à se produire à l’Olympia de Paris, puis en tournée, en première partie de Georges Brassens. Un an plus tard, elle enregistre un des premiers titres signés par Serge Gainsbourg et retrouve Georges Brassens pour ses levers de rideau à Bobino. Maurice Fanon revient d’Algérie et elle reprend la vie commune avec lui. Elle reçoit le Coq d’Or de la chanson française pour son interprétation des « Flonflons du bal », mélodie de Charles Dumont immortalisée par Edith Piaf.
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Alors que la carrière de Pia Colombo est en mode ascendant, l’arrivée des « yé-yés » va chambouler ses objectifs. Il n’y a plus beaucoup de place à la radio pour les chansons qu’elle propose. Et, sans médiatisation, les salles de spectacles sont plus difficiles à remplir. Alors, elle retourne dans les cabarets de la rive gauche parisienne qui l’ont aidé à se faire un nom : « La tête de l’art », « Les Trois Baudets » ou encore « La Contrescarpe » et « La Colombe ». Brassens ne l’oublie toutefois pas et il l’invite à assurer sa première partie à Bobino en avril 1960. Le 28 septembre de la même année, Pia Colombo épouse Maurice Fanon. En 1961, elle est remarquée par le jeune metteur en scène Roger Planchon qui la fait jouer du Bertolt Brecht à Villeurbanne puis à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées. Deux ans plus tard, Pia quitte Maurice mais continue à interpréter les chansons qu’il lui écrit, ou dédie, comme « L’écharpe » en 1964.
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Georges Brassens reste de ceux qui continuent à encourager Pia et elle se produit avec lui en 1964 à plusieurs reprises sur la scène parisienne de Bobino. Elle devient aussi une proche de Jean Ferrat. En 1966, elle joue l’un des 69 personnages de la pièce d’Armand Gatti : « Chant public devant deux chaises électriques », qui est présentée à Paris au Palais de Chaillot. Elle y interprète deux chansons. Elle poursuit alors sa carrière avec une autre oeuvre de Brecht et Weill : « Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny », un opéra en trois actes qui est une vraie révélation et un tournant dans la carrière de l’artiste.
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Pia Colombo revient au tour de chant traditionnel en première partie de l’Olympia d’Alain Barrière et de Charles Aznavour en 1967 avant d’effectuer une tournée en URSS. Arrivent les grèves et manifestations françaises de mai 1968 : Pia Colombo chante dans les usines occupées aux côtés de Lény Escudéro, Jean Ferrat, Isabelle Aubret, Georges Moustaki et Maurice Fanon. La chanteuse se décide à franchir le pas du récital seule sur la scène du Théâtre National Populaire en 1969 : elle y reste un mois. Elle enregistre un album avec des oeuvres de Bertolt Brecht et Kurt Weill pour lequel elle obtient un prix de l’Académie Charles-Cros. La même année, elle interprète « Le métèque » et « Il est trop tard » avant que leur auteur et compositeur, Georges Moustaki, les reprenne à son propre répertoire avec succès.
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Alors que l’artiste a repris le théâtre avec une nouvelle pièce de Brecht (« Maître Puntila et son valet Matti »), elle commercialise un nouvel album éponyme avec les titres « Un pays » et « Adagio nocturne » en 1971.
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Elle poursuit sa carrière en alternant ses activités théâtrales (au Festival d’Avignon en 1972) et musicales (avec, aussi, des spectacles thématiques). Engagée, Pia Colombo rejoint les artistes qui animent alors « La grande kermesse écologique » en octobre 1972 qui propose des alternatives à la pollution. En 1973, la chanteuse est l’une des têtes d’affiche de la fête de l’Humanité aux côtés de Mouloudji, Mireille Mathieu, Serge Lama, et Mort Shuman entre autres. L’année suivante, le producteur Gérard Meys propose à Pia d’enregistrer un nouvel album sur son label phonographique : il contient à nouveau des chansons signées Maurice Fanon comme « Le Che ».
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A ce moment, elle soutient la candidature du socialiste François Mitterrand aux élections présidentielles françaises et elle se produit dans divers pays comme l’Italie, Cuba ou les Etats-Unis. Contraint au silence par la maison de disques avec qui il vient de rompre son contrat en 1975, Léo Ferré offre cinq de ses nouvelles chansons qu’il ne peut interpréter à Pia Colombo qui les enregistre sur un album produit par l’auteur-compositeur.
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En avril 1976, l’artiste apparaît dans l’émission télévisée française « Numéro 1 » de Maritie et Gilbert Carpentier : elle y chante « Johnny Parker » aux côtés de l’acteur Jean-Claude Brialy. Quelques mois plus tard, la chanteuse tombe malade et un cancer lui est diagnostiqué. En 1978, elle fait partie, avec Catherine Ribeiro et Francesca Solleville notamment, de l’affiche d’un concert organisé au profit des victimes de la dictature chilienne. Puis, elle participe au Printemps de Bourges avant de s’effacer en raison de ses ennuis de santé. Entre 1979 et 1981, elle incarne son propre personnage dans un spectacle autobiographique écrit et composé par Maurice Fanon : « Requiem autour d’un temps présent » qui fera l’objet de l’enregistrement d’un double album.
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En 1980, sur scène entre deux séances de chimiothérapie, elle ose ôter la perruque qui masque sa calvitie devant un public en partie choqué par ce geste destiné à évoquer le temps qui lui est désormais compté. Elle participe ensuite à l’émission télévisée française de Jacques Chancel, « Le grand échiquier », où elle apparaît chauve.
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Consacrant de plus en plus de temps à se battre contre le mal qui la ronge, Pia Colombo se fait discrète mais, le 16 avril 1986, à 51 ans, elle est vaincue par le cancer et elle décède à Nonancourt.
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CARRERE Claude

Claude Carrère dans les années 2000

L’auteur, compositeur, parolier, interprète et producteur français Claude CARRERE naît sous le nom de Claude Ayot le 21 décembre 1936 à Clermont-Ferrand. Il se destine à une carrière artistique et, dès l’âge de 20 ans, il est engagé comme figurant dans le film « Je reviendrai à Kandara » de Victor Vicas, aux côtés de Daniel Gélin et François Périer. Mais c’est dans le domaine de la chanson qu’il va ensuite se faire remarquer en enregistrant, dès 1957, trois 45-tours sous le nom de Claude Carrère dont le fameux « Cigarettes, whisky et p’tites pépées », également interprété avec succès par Annie Cordy et Eddie Constantine.
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Intégré dans le milieu du show-business, il travaille pour les éditions musicales Raoul Breton où il rencontre l’auteur André Salvet. Il s’essaie à la composition et propose une chanson à Richard Anthony qui gagne un festival avec celle-ci. A l’affût du moindre nouveau talent, il se dit que ce serait bien de devenir le producteur d’une nouvelle idole « yé-yé » à la mode. Il découvre alors une jeune vendeuse de bonbons qui s’appelle Annie Chancel et qui a plutôt une voix intéressante. Le 15 Septembre 1962, il signe un contrat d’exclusivité avec le directeur artistique Jacques Plait et il devient le producteur de Sheila qui est priée d’oublier son patronyme d’Annie Chancel. Il lui écrit ses premiers tubes comme « L’école est finie ».
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La chanteuse devient salariée à des conditions qu’elle dénonce 20 ans plus tard au cours d’un procès retentissant. Au début des années 1970, alors que Sheila n’a connu que des succès, Claude Carrère devient producteur indépendant en créant son propre label puis en distribuant lui-même ses disques. Entre 1972 et 1989, il va produire et/ou distribuer des artistes aussi divers que Ringo, Roméo, Santiana, Carène Chéryl, Mathias, Sacha Distel, Dalida, Gérard Lenorman, Art Sullivan, Linda De Suza, Claude François, Gérard Berliner, Rika Zaraï, Salvatore Adamo, Marie-Paule Belle et bien d’autres. Le 13 février 1973, il organise le plus médiatique des mariages du show-business français entre Sheila et Ringo.
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Dans les années 1980, sous l’impulsion de Roger Meulemans (ex-directeur de Vogue Belgique) épaulé par Gigi Bastin pour la promotion, une filiale discographique belge porte le nom de Carrère et commercialise les 45-tours d’un bon nombre d’artistes locaux comme Jacky Goethals, Jacques Nuovo, Doudoul, Frank Michaël, Sandra Kim, le Grand Jojo, Franck Olivier, Nathalie Pâque, etc. En 1986, Claude Carrère sent le vent tourner et pense que l’avenir est à l’image et plus particulièrement à la vidéo. Il crée alors la société Carrère Télévision qui produit des émissions télévisées françaises comme « Avis de recherche », « La roue de la fortune », « Des racines et des ailes », « Envoyé spécial », « Le droit de savoir » ou encore « Succès fous » (émission de variétés proposée, au début des années 1990, par Guy Lux et présentée par Christian Morin, Philippe Risoli et Patrick Roy).
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A la même époque, Claude Carrère s’associe à Michel Lafon pour publier des livres comme ceux de Linda De Suza (« La valise en carton »), Danièle Gilbert (« Je reviendrai ») ou Rika Zaraï (« Ma médecine naturelle »). A la fin des années 1980, Claude Carrère vend tout son catalogue discographique au groupe Warner mais il garde un droit de regard en restant le vice-président. En 1995, Carrère Télévision devient Carrère Group et s’ouvre à des productions comme le film d’animation « Kirikou et la Sorcière » mais aussi des séries télévisées telles que « Maigret », « Le Juge est une femme », et des magazines comme « C’est pas sorcier » et « Arrêt sur images ». C’est à Paris que Claude Carrère décède le 9 avril 2014 de mort naturelle. Ses restes reposent au colombarium du cimetière parisien du Père Lachaise.
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MORGAN Michèle

Michèle Morgan en 1976 – Photo (c) Georges Spitzer

L’actrice française Michèle MORGAN, naît le 29 février 1920 à Neuilly-sur-Seine sous le nom de Simone Roussel. Alors qu’elle a neuf ans, son père subit la crise et les affres du chômage. En 1933, toute la famille s’installe à Dieppe où il reprend une épicerie qui est déclarée en faillite deux ans plus tard. Et c’est à Dieppe que Simone découvre le théâtre et la comédie au Casino. A quinze ans, elle fugue avec un de ses frères pour aller chez ses grands-parents parisiens. Et, en 1936, elle suit des cours de théâtre chez René Simon. Elle se fait remarquer par le milieu du cinéma et décroche un premier contrat dans le film « Gribouille » en 1937. Elle prend alors le pseudonyme de Michèle Morgan et joue, en 1938, aux côtés de Jean Gabin dans « Quai des Brumes » de Marcel Carné. Une réplique de Jean Gabin est devenue culte : « T’as d’beaux yeux tu sais ». La guerre éclate et la jeune actrice part aux Etats-Unis. Elle y épouse, en 1942, William Marshall. De leur union, qui s’achève en 1948 par un divorce, naît un fils : Mike. En 1950, elle se marie avec Henri Vidal qui réalise plusieurs films avec elle. Après le décès du cinéaste en 1959, elle rencontre le réalisateur Gérard Oury avec qui elle vit jusqu’à la disparition de ce dernier en 2006. Dans les années 1960, elle est au générique de quelques films français avant de se faire plus rare à partir de 1967. De temps à autre, on la retrouve sur une scène de théâtre, dans un studio de télévision ou sur un plateau de cinéma (comme aux côtés de Serge Reggiani dans « Le chat et la souris » de Claude Lelouch en 1975). Elle s’intéresse aussi à la musique et à la chanson mais s’y consacre réellement très peu. En 1964 toutefois, elle chante « Rendez-vous aux pas perdus », dans la bande originale du film de Jacques Robin « Les pas perdus », composée par Jacques Loussier.
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Et, en 1976, elle interprète « Si je te parle ainsi », un texte de Vlyne Buggy qu’elle récite sur une musique de Claude Morgan (qui n’a aucun lien de parenté avec elle). Le 45 tours est alors produit par Laurent Rossi, le fils de Tino.
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Après une carrière cinématographique bien remplie, l’actrice passe une retraite plutôt paisible et décède le 20 décembre 2016 dans sa ville natale. Elle est inhumée le 23 décembre 2016 au cimetière parisien du Montparnasse.
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GOLAN Henri

Henri Golan dans les années 1980

L’auteur, compositeur, interprète et fantaisiste belge Henri GOLAN naît le 8 décembre 1926 à Montignies-sur-Sambre sous le nom de Willy Dehaibe. Il effectue ses études primaires et techniques au sein de la célèbre Université du Travail de Charleroi. Puis, il décroche un emploi dans la sidérurgie alors florissante de sa région natale. Mais il est passionné depuis toujours par la musique et, sans connaissance musicale particulière, il écrit, compose et interprète des chansons qui vont bientôt le faire connaître. Sa préférence va pour les textes en dialecte wallon de Charleroi mais il signe aussi un bon nombre de textes en français. Il attendra toutefois près de cinquante ans avant de réaliser ses premiers enregistrements.
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Car, entretemps, il décroche de nombreux contrats pour présenter des spectacles où les vedettes ont pour nom Claude François, Rika Zaraï, Sacha Distel, Dalida, Jacques Dutronc ou encore Annie Cordy. Mais c’est Georgette Plana qui lui conseille de devenir chanteur. Et il commence par créer et intégrer une troupe appelée « Les Comédiens de la Chanson » avant de se lancer de l’aventure totalement seul. En 1979, il obtient ce qui restera probablement son plus grand succès discographique avec le titre « Em’ vî mononke est cyclo » (en français: « Mon vieil oncle est cyclotouriste »).
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Cette popularité va se poursuivre ensuite avec d’autres chansons comme, par exemple, « Lès Flaminds èyèt lès Walons » (« Les Flamands et les Wallons »), « Walonûye si djolîye » (« Wallonie si jolie »), « Handicapé mon ami » (1981) ou « Gn’aveu l’Cazier »(1983) (à propos de la catastrophe minière du Bois du Cazier à Marcinelle en 1956).
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Artiste au grand coeur, Henri crée en 1989 la Fondation Frédérix qui a pour finalité la lutte contre la mucoviscidose. Pour ses arrangements musicaux et les harmonisations, Henri Golan a souvent fait confiance, notamment, à la star belge du rock des années 1960: Burt Blanca. Le 21 février 2016, l’artiste tire sa révérence sur la scène du Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Après 50 ans de carrière, il décide en effet, à près de 90 ans, d’arrêter la chanson. L’artiste profite d’une courte retraite puisque, le 13 octobre 2020, il s’éteint à l’âge de 93 ans.
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LASSO Gloria

Gloria Lasso en 1986

La chanteuse Gloria LASSO naît le 25 octobre 1922 à Villafranca del Penedes, en Espagne, de sous le nom de Rosa Coscolin Figueras. La jeune Espagnole suit des études d’infirmière lorsqu’elle doit remplacer, au dernier moment, une chanteuse tombée malade mais prévue au programme de la soirée d’une radio de Barcelone. Cette opportunité réveille en elle une passion déjà solidement ancrée pour la musique et le chant. C’est en 1954 qu’elle débarque en France où un producteur estime que son accent mélangé à des mélodies latinos ne peut que récolter le succès.

Et c’est rapidement le cas puisque, dès 1955, Gloria connaît une grande popularité avec des titres comme « Comment vas-tu ? » (« Hola que tal »), « Étrangère au paradis » (1955), « Amour, castagnettes et tango » (1956), « Buenas noches mi amor » (1957), « Bon voyage » (1957), « Sois pas fâché » (1959) ou « Si tu reviens un jour » (1960).

En 1962, on lui demande de chanter au Mexique et elle y effectue une tournée qui est un triomphe. Elle décide alors de s’installer à Mexico et y décroche des contrats ainsi que dans d’autres pays d’Amérique du Sud et aux Etats-Unis. En 1972, elle tente un retour en France pour y enregistrer un album intitulé « A force d’espérer« . Le public ne l’a pas oublié mais il a pris de l’âge et son disque n’est pas un succès. Elle retourne alors vivre au Mexique. Pascal Sevran lui demande de revenir à nouveau en France en 1985 pour y enregistrer une série de ses émissions télé nostalgiques de « La chance aux chansons ». C’est dans ce cadre qu’elle a l’occasion de rencontrer une admiratrice qu’elle a inspiré dès le début de sa carrière : Dalida.

L’artiste en profite pour prester un récital unique à l’Olympia de Paris le 5 avril 1985. Par la suite, elle fait encore souvent le voyage entre la France et le Mexique en enregistrant des disques sur les deux continents. En 1986, elle interprète une adaptation en espagnol du succès des Rita Mitsouko « Marcia Baila » qui devient « Bailando con Marcia« . En 1990, elle se produit plusieurs jours de suite dans la salle parisienne du Bataclan. Et, l’année suivante, le 21 novembre 1991, elle est notamment sur scène à Charleroi, en Belgique, pour un spectacle consacré aux belles années du music-hall par Alain Vanek.

En 2002, son dernier album français sort sous le titre « Amor latino » qui comporte, notamment, la chanson « Hablando de amor ».

A la fin de l’année 2003, Gloria Lasso repart au Mexique auprès de sa fille Maria José car l’âge et la fatigue commencent à se faire sentir. Elle ne revient plus en France où elle doit pourtant achever un album qui comporte déjà cinq adaptations gypsies de ses plus grands succès. Le 11 novembre 2005, malgré un état physique qui se dégrade à 83 ans, elle est encore sur la scène du Cine Teatro de Cuernavaca au Mexique pour y présenter ce qui reste son ultime concert. Trois semaines plus tard, Gloria Lasso succombe à un infarctus le dimanche 4 décembre 2005 à son domicile de Cuernavaca. Elle est incinérée le lundi 5 décembre et ses cendres sont déposées dans la crypte de la Cathédrale de Cuernavaca. L’artiste a défrayé la chronique people avant l’heure pour ses six mariages avec des hommes à chaque fois plus jeunes qu’elle. Lorsqu’on lui posait la question de ces mariages successifs, elle parlait de fidélité, préférant se remarier avec un autre homme plutôt que de tromper le mari du moment. Elle n’avait aussi de cesse de rappeler que ses trois filles étaient nées du même père: elle ne pouvait en effet pas imaginer une seconde avoir des enfants avec des hommes différents !

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DARRIEUX Danielle

 

 

Danielle Darrieux en 1961 – Photo (c) Sam Lévin

L’actrice et chanteuse française Danielle DARRIEUX  naît le 1er mai 1917 à Bordeaux. Après une enfance passée dans sa ville natale, Danielle Darrieux déménage à Paris. A la mort inattendue de son père, sa mère donne des leçons de chant pour subvenir aux besoins familiaux. Danielle assiste à ces séances et elle prend goût pour la musique. Tout en commençant une belle carrière cinématographique où les bons rôles se multiplient, elle décide de suivre des cours de violoncelle et de piano et s’inscrit au Conservatoire de musique. Mais elle est aussi très intéressée par la chanson et sa voix est douce et fluette. Dans son premier film déjà, « Le bal » de Wilhelm Thiele en 1931, elle met à profit ses qualités vocales pour chanter. Par la suite, elle interprète souvent des chansons dans quantité de films. En pleine crise économique des années 1930, ses chansonnettes guillerettes sont des plus appréciées par un public qui en a besoin: « Premier rendez-vous » est un gros succès par exemple.

En 1935, alors que les bruits de bottes sont de plus en plus présents en Europe, Danielle Darrieux s’en éloigne en signant un contrat cinématographique de sept ans avec les studios Universal à Hollywood. Mais le séjour aux Etats-Unis est difficile pour elle et elle rompt son contrat pour revenir en France où la guerre est déclarée. Ayant obtenu des rôles en Allemagne avant le conflit, l’actrice française accepte alors, un peu dans l’ignorance, de tourner plusieurs film pour la société allemande Continental afin de pouvoir faire libérer son mari interné outre-Rhin. Ayant obtenu la remise en liberté de celui-ci, Danielle Darrieux casse aussitôt son contrat. Elle prend alors une fausse identité et vit dans la clandestinité en France jusqu’à la fin de la guerre. Au début des années 1950, elle reprend ses activités d’actrice et entame une seconde carrière plus prolifique que jamais. C’est aussi durant cette décennie qu’elle va confirmer ses talents de chanteuse en enregistrant quantité de disques à succès et en se produisant régulièrement sur scène. Ajoutant les pièces de théâtre, ce sont finalement trois carrières que va ainsi mener de front Danielle Darrieux avec beaucoup de talent. En 1967, le réalisateur français Jacques Demy lui demande de jouer un rôle dans « Les demoiselles de Rochefort ». Elle est la seule comédienne de ce film musical à chanter avec sa propre voix ! En 1968, elle décide de se présenter comme chanteuse sur la scène parisienne du cabaret « La tête de l’art ». Ce rendez-vous avec le public fait l’objet d’une séquence à la télévision française.

Elle recommence ce genre d’expérience musicale et cinématographique avec Jacques Demy encore quelques années plus tard en tournant « Une chambre en ville ». En 1976, elle chante « Matelot » dans une émission de variétés de la télé française.

A plus de 80 ans, l’actrice et chanteuse multiplie les apparitions au cinéma et à la télévision dans les années 2000. Au théâtre, elle est bouleversante dans « Oscar et la dame rose » d’Eric-Emmanuel Schmitt. François Ozon l’engage pour être l’une de ses « Huit femmes » dans le film qu’il réalise en 2002 : elle y chante « Il n’y a pas d’amour heureux », texte de Louis Aragon mis en musique par Georges Brassens. La même année, Patrick Bruel la convie à participer à son album de reprises de succès de l’entre-deux guerres : ensemble, ils interprètent « A Paris dans chaque faubourg ».

Le 17 octobre 2017, à l’âge de 100 ans, elle s’éteint de manière paisible dans son sommeil à Bois Le Roy, dans l’Eure (F), suite à une légère chute qui l’avait affaiblie.

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2 NOVEMBRE

Romain Didier en 1991

2 novembre 1949 : Naissance, à Rome en Italie, de l’auteur, compositeur et interprète français Romain DIDIER, Didier Petit de son vrai nom. Son père, Pierre Petit, est musicien et sa mère, Christiane Castelli, est cantatrice. A la naissance de Didier, son papa est en résidence à Rome où il vient de recevoir le prix de Rome de composition et sa maman est pensionnaire de l’opéra de Paris. Dans un tel milieu, on peut imaginer que le jeune Didier est immanquablement bercé de musique. Et on peut croire aussi que les instruments n’ont aucun secret pour lui. Mais ce n’est pas le cas: il est plutôt réfractaire aux cours d’académie et de conservatoire et il va apprendre le piano tout seul en autodidacte à Paris où il passe sa jeunesse. Dans les années 1970, il décroche un contrat de pianiste de bar. Il s’agit alors de jouer immédiatement ce que la clientèle demande: « tubes » du moment et classiques inoubliables. Il s’agit sans doute de la plus éprouvante des écoles mais aussi la plus riche. C’est là qu’il est remarqué par un collaborateur des éditions du Rideau Rouge qui appartiennent à Gilbert Bécaud. Cet homme lui propose de travailler les orchestrations d’un nouvel album à enregistrer par Francis Lemarque. Il découvre alors l’univers de la chanson francophone par son aspect technique d’abord avant de l’aborder sous sa facette artistique: celle de la création. Il se met à ce moment à composer des mélodies sur des textes écrits par un ami: Patrice Mithois. En 1980, leurs premières chansons sont enregistrées par Nicole Croisille puis Didier se décide à tenter d’en interpréter d’autres lui-même. Il choisit un nom d’artiste qu’il ne va pas chercher bien loin: le Petit Didier est né à Rome et se sent un peu romain donc il s’appellera Romain Didier. Dès 1980, il enregistre ainsi un album dans la série des « Découvertes » de la firme de disques RCA. Ses premiers succès y figurent: « Promesses promesses » et « Amnésie ».

Le second opus de Romain Didier, « Candeur et décadence », fera un clin d’oeil à ses origines avec un titre qui va recevoir les faveurs des stations de radio en 1982: « L’aéroport de Fiumicino ». Les succès vont alors s’enchaîner pour Romain Didier: « Julie la Loire » (1983), « Senor ou senorita » (1983), « Pleure pas » (1984), « Chinamour » (1985) ou « Tom du Mali » (1988). En 1985, Romain Didier fait la rencontre d’un poète exceptionnel qui va sans doute écrire les plus belles pages de son répertoire: Allain Leprest. Ensemble, ils vont ciseler des chansons inoubliables telles que « La retraite », « D’Irlande », « Le fou de Bassan », « SDF » ou « Léon Camé ». Parallèlement à son travail de compositeur et d’interprète, Romain Didier est aussi très souvent sollicité pour ses activités d’arrangeur et d’orchestrateur. Son nom se retrouve ainsi sur les pochettes de disques de Pierre Perret, Yves Duteil, Allain Leprest, Isabelle Aubret, Enzo Enzo ou Annie Cordy. Il compose aussi quelques opéras pour enfants dont « Pantin Pantine » et « Pinocchio court toujours ». Au cours de sa carrière, Romain Didier a, jusqu’ici, privilégié la diversité en proposant des disques et des spectacles aux sonorités multiples: piano-voix, ambiance jazz, formation traditionnelle ou quatuor et orchestre classique. En 2011, fidèle à lui-même, l’artiste a sorti un album dont le titre est « De loin on aurait cru des oies… ». Et, en 2016, il commercialise un opus qui a pour titre « Dans ce piano tout noir » où s’accompagnant seul au piano, il enchaîne 36 chansons reprenant ses « tubes », des grands classiques de la chanson française et des titres plus personnels.
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2 novembre 2010 : Sortie de l’album de Louis CHEDID « On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime ».

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MIKOVSKI Sarah GP Vive la reprise 20152 novembre 2015 : la 21e édition du tremplin « Vive la Reprise ! » se déroule au Centre Fleury Goutte d’Or-Barbara à Paris. Huit artistes sont sélectionnés pour la finale: Sarah Mikovski, Guilam, Zoé Malouvet, Geneviève Morissette, Gauvain Sers, Anissa, Au creux de l’A et Danny Buckton Trio. Le jury des professionnels est constitué de Stéphanie Berrebi et Benjamin Valentie (Francofans), Pascal Chauvet (Le Bijou), Denis Collinot (Festival de Marne), Patrick Engel (Médiathèques de la ville de Paris), Fabienne Fontanelle (Ville de Sarcelles), Jean Lemaire (Une chanson peut en cacher une autre), Martine Rigaud (La Cigale), Stephane Riva (ACP La Manufacture Chanson), Gilles Tcherniak (Forum Léo Ferré), Matthias Vincenot (Festival DécOuvrir), Nicolas Joseph et Carole Chichin (La Menuiserie), Matthias Bouffay et Lucas Roullet-Marchand (ATBC), Danièle Gambino (FGO), Laure Gasson (La Grange Dimière), Marc Havet (Le Magique) et Bruno Barrier (collectif Les beaux esprits). Le jury du concours est présidé par l’auteur Claude Lemesle et est composé d’Agnès Bihl, Nathalie Miravette, Claude Fonfrède, Dominique Pankratoff, Didier Pascalis, Luc Sotiras, Nadja Ringart, Gérard Charut et Samuel Veyrat. La présidence d’honneur est assurée par Les Ogres de Barback dont le répertoire est mis à l’honneur par les finalistes. Au terme de la soirée, le Grand prix du Centre de la Chanson (2000€) est décerné à Sarah Mikovski et le Prix d’interprétation ADAMI (2000€) est attribué à Danny Buckton Trio. Quant au Prix de la meilleure chanson de l’UNAC (500 €), il va à la chanson « Immobile » du groupe Au creux de l’A. Pour plus d’infos à propos de cette soirée et en savoir plus sur les autres candidats primés, cliquez ICI.

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Marie Lafrorêt en 2005 (c) TV5 Monde

2 novembre 2019 : Décès à Genolier (Suisse) à l’âge de 80 ans de la chanteuse et actrice suisse Marie LAFORET. Pour en savoir plus sur sa vie et connaître sa biographie, veuillez CLIQUER ICI.
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27 JUILLET

BOURVIL – Photo (c) Mainbourg

27 juillet 1917 : Naissance, à Prétot-Vicquemare, sous le nom d’André Raimbourg, de l’acteur, chanteur et humoriste français BOURVIL. Pour en savoir plus sur sa vie et connaître sa biographie, veuillez CLIQUER ICI.

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Isabelle Aubret en 1984 – Photo (c) Alain Marouani

27 juillet 1938 : Naissance, à Lille, de l’interprète française Isabelle AUBRET, née sous le nom de Thérèse Coquerelle. Toute jeune, elle se passionne pour le sport et, surtout, la gymnastique. A quatorze ans, elle décroche ainsi le titre de championne de France de la discipline. Mais Thérèse aime aussi la musique et le chant. Elle s’inscrit à différents concours régionaux et elle finit par être remarquée par le directeur d’une radio locale. Elle se fait alors embaucher comme chanteuse dans un orchestre de bal puis s’inscrit à un concours ayant lieu à l’Olympia de Paris. Le directeur du music-hall, Bruno Coquatrix, la remarque et lui obtient un contrat dans un cabaret de chansons à Pigalle. Au fil des rencontres, son chemin finit par croiser celui de Jacques Canetti, l’agent artistique qui a déjà révélé Jacques Brel et bien d’autres. Grâce à lui, elle enregistre, en 1961, un premier 45 tours sous le nom d’Isabelle Aubret. Elle y interprète notamment la chanson « Nous les amoureux » qui, reprise par Jean-Claude Pascal, permet à ce dernier de gagner le concours Eurovision de la chanson. Un an plus tard, c’est Isabelle qui se retrouve au Grand Prix Eurovision qu’elle remporte avec la chanson « Un premier amour ».

En 1962 aussi, elle assure la première partie des spectacles de Jean Ferrat avec qui elle fait connaissance. Voulant à tout prix peaufiner ses prestations avant d’affronter le public en tant que vedette, elle fait aussi le lever de rideau de Jacques Brel en 1963 à l’Olympia de Paris. Au cours de sa longue carrière d’interprète qui suivra, Isabelle Aubret va beaucoup chanter Brel et Ferrat. En 1963, à Arnay-le-Duc, Isabelle est victime d’un grave accident de voiture qui l’oblige à arrêter ses activités pendant des mois. Pour qu’elle s’en sorte financièrement, Jacques Brel décide de lui offrir les droits de la chanson « La Fanette ». Et, lorsqu’elle remonte sur scène à l’Ancienne Belgique de Bruxelles après bien des épreuves, sa chanson fétiche sera « C’est beau la vie » écrite spécialement pour elle par Michelle Senlis sur une musique de Jean Ferrat. En 1965, Isabelle Aubret ouvre le programme des soirées d’Adamo à l’Olympia de Paris. Elle interprétera, bien plus tard, des chansons de l’artiste italo-belge comme « Voyage jusqu’à toi » (1977) ou « Des mots » (1997). Au fil du temps, son répertoire d’interprète s’affine et se diversifie. En 1968, elle se classe troisième au Concours Eurovision en chantant « La Source » et, en mai, la chanteuse assure encore une première partie: celle du Québécois Félix Leclerc. Mais, cette fois, le spectacle est interrompu en raison des manifestations et des grèves estudiantines. Jusque-là éditée par la firme de disques Philips, l’artiste se tourne en 1969 vers le producteur Gérard Meys qui est éditeur et patron du label à son nom. L’hommme est déjà le producteur de Jean Ferrat et de Juliette Gréco. Alors qu’elle est un peu boudée par les medias en France au début des années 1970, elle effectue un retour fracassant sur la scène parisienne de Bobino en 1973. Isabelle réalise à ce moment des tournées qui l’emmènent au Canada, en URSS, en Algérie, au Maroc, en Tunisie, à Cuba, au Japon, en Pologne, en Finlande et en Allemagne sans oublier la Suisse et la Belgique. A la fin de l’année 1981, l’ancienne championne de France de gymnastique répète un numéro de trapèze volant pour l’annuel « Gala des Artistes ». Elle loupe toutefois le numéro et se brise les jambes en tombant de plusieurs mètres. Elle n’est de retour au studio d’enregistrement qu’en 1983 pour un album qui sort en 1984: »Le monde chante ». En 1987, elle reçoit le Grand-Prix du Disque et le prix de l’Académie Charles-Cros pour son album « Vague à l’homme ». Elle présente ses grands succès et les chansons de ce dernier opus à l’Olympia de Paris alors que le talentueux Allain Leprest assume sa première partie. Tout au long des années 1990 et 2000, Isabelle Aubret va poursuivre son magnifique travail d’interprète qui consiste à livrer les chansons de grands auteurs-compositeurs dans des versions que la pureté de sa voix rend très différentes des originales. Elle reprend ainsi des titres de Goldman (« Dors bébé dors »), Cabrel (« Tout le monde y pense »), Romain Didier, Gainsbourg, Souchon, Trenet et Béart. A l’aube des années 2010, elle figure à l’affiche de deux tournées « Age tendre et tête de bois ». Et en mai 2011, elle propose deux concerts au Palais des Sports de Paris. En 2014, elle revient sur la « tournée supplémentaire » de « Age tendre et tête de bois » comme invitée d’honneur. En septembre 2016, un nouvel opus de la chanteuse est disponible: il a pour titre « Allons Enfants ». Et, en octobre, Isabelle Aubret est à nouveau sur la scène de l’Olympia de Paris avant de repartir en tournée et d’annoncer une nouvelle participation à l’aventure « Age Tendre » pour janvier 2018. Dans le courant de cette année 2018, Isabelle annonce qu’elle va entamer une grande dernière tournée de concerts qui va l’amener sur toutes les scènes de la francophonie.
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Un 45 tours de 1983

27 juillet 1944 : Naissance, à Deux-Acren, de l’auteur-compositeur-interprète belge Dominique DELOOF. C’est à l’âge de douze ans déjà qu’il commence à écrire ses premiers textes. Et, toujours intéressé par la transmission écrite, il se dirige ensuite vers le journalisme. En 1968, il est ainsi engagé au journal « Le Peuple » pour lequel il travaille jusqu’en 1974. L’année suivante, il décide d’ajouter des mélodies sur les textes qu’il écrit depuis quelques années et il se lance dans la chanson. Malgré la tentation qui est grande, Dominique Deloof n’enregistrera son premier album qu’en 1983. L’époque est alors dorée pour les artistes belges qui profitent largement des radios libres qui diffusent les chanteurs et musiciens locaux. La radio publique belge francophone RTBF emboîte le pas et l’on peut y entendre des titres tels que « La Wallonie », « La Dendre » ou « Mal d’un pays », des chansons qui délivrent toutes des messages forts. Avant ce premier 33 tours, Dominique Deloof avait déjà gravé sa voix sur un album évoquant sa région natale : « Escale à Lessines ». Ce projet réunissait, en 1981, d’autres artiste Lessinois comme Lou Deprijck, Francis Vauban, Jean-Claude Drouot ou les Petits Chanteurs du Roc. Depuis les années 1980, bien que n’ayant plus enregistré de disques, Dominique Deloof a continué à écrire et à interpréter ses chansons comme on peut le voir ci-dessous, en 1996, à Saint-Gilles, dans une vidéo réalisée et mise en ligne par Hugues Draye.

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André Torrent dans les années 1970

27 juillet 1945 : Naissance, à Uccle, dans la banlieue de Bruxelles, de l’animateur de radio et de télévision belge André TORRENT sous le véritable nom d’André Tollebeeck. Fils unique d’un magistrat et d’une mère professeure de dessin, actionnaires de l’hôtel Pacific à De Panne, ses vacances d’enfant se déroulent toutes dans cette station balnéaire belge dont le nom français est La Panne. Les parents d’André sont de grands amateurs d’opérette et sa maman joue du piano. Il est alors fréquent que ses parents l’emmènent avec eux voir l’un ou l’autre spectacle à l’Alhambra de Bruxelles. Malgré les nombreux déménagements de la famille, il entame des études secondaires à l’athénée Adolphe Max de Bruxelles où il apprécie surtout les cours de cinéma, d’art dramatique, d’escrime et de judo. Et, toujours adolescent, après avoir vaguement voulu devenir médecin militaire, il manifeste son intention de faire de la radio et de devenir speaker au grand désarroi de ses parents et de la famille plutôt bourgeoise. Il faut dire que, depuis ses onze ans, il se passionne pour ce média qu’il a découvert lors d’un séjour à la mer. Car, ce jour-là à Knokke-le-Zoute, une pointure de l’animation propose des jeux radiophoniques sur la plage : Jean-Claude Ménessier appelé plus communément et simplement Jean-Claude. Puis, André se passionne pour les émissions de Radio-Luxembourg animées par Jean-Jacques Vital, Marcel Fort, Roger Lanzac ou Zappy Max : « Cent francs par seconde », « Quitte ou double » ou encore « Le crochet radiophonique ». Au moment d’acheter son premier 45-tours, c’est un disque de Gilbert Bécaud qu’il choisit : « Le marchand de ballons ». Et, quand la télévision fait son entrée dans la famille Tollebeeck, c’est Jean Nohain et son programme « 36 chandelles » sur la RTF qui mobilisent toute son attention. Un jour, à seize ans, alors qu’il est en vacances avec ses parents à Montreux, il s’inscrit à un concours où il imite Robert Lamoureux dans « La chasse au canard » et il obtient le troisième prix. L’année suivante, il revient au Palace et demande à pouvoir présenter la soirée du concours. Comme cela évite une corvée au chef d’orchestre qui accomplit cette tâche avec des pieds de plomb, on lui permet non seulement d’animer la soirée mais également celles des jours suivants. De retour en Belgique et abonné au journal de Tintin, il constate que l’hebdomadaire ne contient pas de rubrique sur le cinéma et il propose, lors d’un coup de fil au directeur du magazine, d’en écrire une. Et voilà le jeune Tollebeeck effectuant ses premiers pas de journaliste. Un job qu’il approfondit très vite en se proposant d’interviewer les nouvelles idoles de la chanson qui passent par Bruxelles. A 17 ans, il se rend ainsi au Cirque Royal pour y rencontrer Françoise Hardy armé d’un petit magnétophone portable et l’artiste accepte. Il fait la connaissance d’un jeune photographe, Eddy Despretz, qui lui permet d’utiliser ses clichés pour illustrer ses articles. Gilbert Bécaud répond ensuite volontiers aux questions d’André après un concert à Knokke-Le Zoute. Le garçon se familiarise alors avec le milieu du théâtre belge et se retrouve, notamment, sur scène aux côtés de Christiane Lenain, de Jean-Pierre Rey ou de Janine Chérel. Le hasard des rencontres lui permet également de fournir des articles pour les magazines « Télé 7 jours » et « Marie-Claire ». Le 1er septembre 1965, André effectue son service militaire d’un an. Puis il frappe aux portes des bureaux bruxellois de Radio Luxembourg et d’Europe 1 pour proposer ses services. D’une manière totalement inattendue et fortuite, il réalise ainsi un reportage très réaliste lors de l’incendie dramatique du grand magasin de l’Innovation à Bruxelles le 22 mai 1967. Il part ensuite pour Paris où il réussit à se faire engager pour un stage d’un mois à Europe 1. De retour à Bruxelles, il est sollicité pour effectuer un remplacement aux côtés d’Arlette Vincent sur l’antenne radio belge de RTL et ce sont là ses véritables débuts au micro. Puis, au début 1968, c’est pour remplacer le jeune animateur Fabrice qu’il est appelé en studio pour présenter « La disco de papa ». Et c’est un premier succès pour lui sous le nom de Torrent, qu’il reprend à un héros de Tintin (Jimmy Torrent) et qui est, aussi, une adaptation toute personnelle et française de son nom flamand. Malgré cela, et en raison du renouvellement de la grille des programmes, André Torrent est remercié en septembre 1968 et quitte RTL. Il frappe alors aux portes d’Europe 1 et de France Inter et, contre-attente, c’est Radio Monte-Carlo qui l’appelle pour un remplacement matinal à Marseille. Prévu pour trois semaines, ce boulot à RMC va durer trois ans et il va, notamment, y travailler avec l’un de ses modèles : Michel Cogoni qui se tue dans un accident de voiture en août 1969. Les émissions qu’il anime ont pour nom « La roulette discothèque », « Les nerfs à vif » et « Sandwich ». En 1971, de retour à Paris, c’est à Europe 1 qu’il présente les prédictions de Madame Soleil entre minuit et une heure du matin avant de remplacer Patrick Topaloff entre 01h00 et 03h00. Mais, après trois mois, il est gentiment poussé vers la sortie. Suivent alors diverses aventures dans le domaine de l’animation publicitaire avant d’être appelé par RTL pour y prendre les rênes d’une nouvelle émission dont le concept est loin d’être neuf : le Hit-Parade. Pourtant, un élément est toutefois nouveau : le programme est quotidien et la production ainsi que les ventes discographiques des années 1970 sont telles que l’émission est totalement réalisable chaque jour sans s’essouffler. Du coup, le 3 juillet 1972, André Torrent propose le premier « Hit-Parade RTL » d’une série qui ne s’arrêtera qu’en 1981. La diffusion est d’abord planifiée de 20h00 à 21h00 pour ensuite passer de 18h30 à 20h30. Les émissions et les remplacements se succèdent alors pour André. En plus de la présentation du « Hit-Parade RTL », il y a « Hit-Magazine Spécial RTL », « Super-Club », « Studio 22 », « Double Disque » ou « Stop ou encore » le weekend. En 1974, il lance sur antenne le célèbre jeu de la Valise où un auditeur attentif doit communiquer la somme exacte qui se trouve dans le bagage. Le 30 octobre de la même année, André épouse Régine et son témoin de mariage est Claude François. Sur la vidéo de la noce ci-dessous, on peut entendre des versions spéciales de leurs succès modifiés et dédicacés par Mike Brant, Claude François et Ringo (collector !!!).

Le succès radiophonique d’André Torrent à RTL France fait réagir une de ses vieilles connaissances : Henri Seghers, producteur à la RTB, la télévision belge. Ce dernier le voit bien comme le présentateur d’une nouvelle émission de variétés baptisée « Chansons à la carte, le club des artistes ». André accepte et tente ainsi sa première expérience télévisuelle en compagnie de Demis Roussos et Antoine le 15 octobre 1972. Produit par Nicolas Résimont secondé par « Poupette » (alias Marthe Massinon) et réalisé par Bob Jacqmin, le programme est un succès et tiendra le coup jusqu’en 1983 alors qu’André Torrent a quitté la barre pour laisser la place à Patrick Duhamel et à Ricky Fox. La direction de RTL-TV, qui émet du Luxembourg et qui est diffusée dans ce pays, mais aussi de plus en plus en Belgique, est quelque peu agacée par le succès de cette émission de chansons qui détrône le film du dimanche soir dans les sondages. Et elle est d’autant plus frileuse que le présentateur du programme télé de la RTB est l’un des animateurs vedette de la radio RTL. Alors, André Torrent lui remet un projet qui est une sorte d’adaptation du hit-parade à la télévision. Et il se fait fort d’amener au Luxembourg les artistes qu’il côtoie régulièrement à Paris pour y enregistrer une vidéo de leur succès du moment. Au départ mensuel et diffusé le mercredi de 18h40 à 19h20 à partir de septembre 1975, le rendez-vous devient ensuite hebdomadaire le mercredi de 20h00 à 21h00 jusqu’en juin 1983. En septembre 1976, André Torrent est évincé de la RTB dont la direction ne supporte pas le « double-jeu » qu’il mène à télé publique belge et à RTL-Télévision. L’animateur la trouve saumâtre et réagit en proposant un nouveau projet à RTL-TV : le « Super Juke-Box » qui sera diffusé tous les samedis après-midi à partir de 1977. Le principe est simple et se déroule en direct : les téléspectateurs téléphonent et demandent de voir leur chanson préférée. Ayant accumulé une quantité impressionnante de clips « faits maison » ou importés des USA, de Grande-Bretagne, de France ou d’ailleurs, le réalisateur René Steichen les distille sur antenne après une courte communication téléphonique entre André Torrent et le demandeur. A ce titre, une téléspectatrice fidèle va devenir célèbre : Madame Facchinetti, de La Panne, qui intervient presque chaque semaine au grand plaisir du présentateur qui, secrètement, doit se souvenir de ses vacances d’enfant dans la cité balnéaire belge. Chaque samedi, André Torrent est au poste entre 16h15 et 18h00 jusqu’en 1983. Parallèlement à toutes ces activités, l’animateur commente aussi le Concours Eurovision de la Chanson pour la radio RTL entre 1976 et 1991 et pour RTL-TV en 1978 (aux côtés de Jacques Navadic). Au début des années 1980, il installe un nouveau rendez-vous pour les téléspectateurs de RTL : deux vendredis par mois, il reçoit des personnalités du show-business dans le cadre du Martini World Center à Bruxelles. En septembre 1991, le producteur de la RTBF Philippe Luthers lui demande s’il ne veut pas faire un retour sur la télé publique belge pour y présenter le programme de variétés intitulé « Tour de Chance ». André accepte mais l’expérience ne dure qu’une saison. Hyperactif, André Torrent va poursuivre sa carrière radiophonique à RTL jusqu’en 2015 : le 28 juin de cette année-là, la station rend hommage à ses 44 ans de service, il est le rédacteur du « Journal inattendu » le 4 juillet et il présente une dernière fois l’émission « Un torrent de musique » le dimanche 5 juillet.

Deux ans plus tard, il devient chroniqueur pour le programme intitulé « De quoi j’me mêle » sur la chaine de télé privée belge RTL-TVI. Le 27 septembre 2019, André Torrent est aux côtés de Serge Vanhaelewijn pour le lancement d’une nouvelle station de radio numérique belge de la RTBF en DAB : Viva +. Puis, en 2020, il raconte régulièrement les anecdotes et les rencontres de sa vie artistique au micro de Michaël Pachen sur l’antenne de la chaîne populaire de la radio publique RTBF « VivaCité » au cours de la tranche intitulée « Nos chansons ont une histoire ».
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27 juillet 1994 : C’est le coup d’envoi des premières Francofolies de Spa (Belgique) qui se tiendront jusqu’au 30 juillet. L’affiche reprend les noms de Stephan Eicher, Indochine, Laurent Voulzy et Patricia Kaas. Le regretté Pierre Rapsat est le premier artiste à mettre sur pied une « Fête à… » avec la participation de plein d’autres artistes. Quelque 15 000 festivaliers vont répondre à ce premier appel des organisateurs.

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