FERRAT Jean

Jean Ferrat dans les années 1970 – Photo (c) Alain Marouani

L’auteur, compositeur et interprète français Jean FERRAT naît le 26 décembre 1930 à Vaucresson sous l’identité de Jean Tenenbaum. Il est le fils d’un ouvrier joaillier d’origine russe juive. A l’âge de cinq ans, Jean suit sa famille qui s’installe à Versailles. On y apprécie la musique. Malgré qu’il se soit engagé volontairement, le père de Jean subit sa condition de juif et, dès 1942, il est obligé de porter l’étoile jaune. Durant l’été de cette année-là, il est déporté au camp de concentration d’Auschwitz où il est exterminé. Pendant ce temps-là, le petit Jean est caché par des amis de la famille: des militants communistes. Puis, tout le monde se réfugie en zone libre avant de revenir à Versailles chez une tante en décembre 1943. Six mois plus tard, la famille part pour Perpignan où ils ont des soucis avec la Gestapo. Une fois ces derniers problèmes réglés, Jean, sa mère et ses frères et soeurs s’installent dans la région de Toulouse où ils sont hébergés en attendant la fin de la guerre. Après la libération, la famille Tenenbaum part à Paris où, sans diplôme, Jean est engagé dans un laboratoire des Travaux Publics. Tout en suivant des cours du soir pour être ingénieur-chimiste, il prend aussi des cours de théâtre et se passionne pour la musique et le chant. Ce sont ces dernières activités qui vont peu à peu prendre le dessus sur le reste au point de le faire abandonner définitivement la chimie et l’industrie pour la vie artistique. Il fréquente alors une troupe de théâtre et se fait embaucher comme guitariste dans une formation de jazz. Au début des années 1950, il compose quelques chansons dont personne ne veut lors des auditions auxquelles il se présente sous le nom de Jean Laroche. En 1956, il met en musique un poème de Louis Aragon qu’il apprécie: « Les yeux d’Elsa ». La vedette qu’est alors André Claveau est séduite par cette mélodie et l’enregistre.
.

.
Grâce à cette interprétation, Jean commence à se faire connaître dans le métier. Il décide de prendre le pseudonyme de Ferrat après avoir repéré sur une carte de France, au hasard, le nom de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Il se produit ainsi au cabaret parisien de La Colombe en première partie de Guy Béart. Il élargit ensuite son rayon d’action en chantant au Milord l’Arsouille, à L’Échelle de Jacob ou La Rôtisserie de l’Abbaye. Il parvient alors à obtenir un contrat discographique et sort un premier 45-tours en 1958 avec « Les mercenaires » et « Frédo la nature ». Ce n’est pas un succès.

Un an plus tard, il fait la connaissance de Gérard Meys qui devient son éditeur et décide de s’occuper de l’artiste. Grâce à lui, Jean Ferrat enregistre alors un second disque sous le label Decca et il obtient son premier succès radiophonique avec « Ma môme ».
.

.
Entretemps, il a immortalisé sur une rondelle de vinyl quatre chansons sous le nom de Frank Noël qu’une autre maison de disques, RCA, sort à ce moment mais sans succès. En 1961, il rencontre la chanteuse et danseuse Zizi Jeanmaire pour qui il compose « Eh l’amour » et il assure le lever de rideau de son nouveau spectacle à l’Alhambra de Paris pendant six mois.
.

.
La même année, son premier 33-tours est commercialisé et sa chanson « Deux enfants au soleil » est à nouveau un grand succès puisqu’il reçoit, en outre, le prix de la SACEM, la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique français.
.

.
En 1961 toujours, il épouse la chanteuse Christine Sèvres pour qui il a déjà écrit quelques chansons. Quelques mois plus tard, il rencontre l’interprète Isabelle Aubret qu’il engage en première partie de sa tournée pour le début d’une amitié sans faille. En 1963, il entre dans l’écurie Barclay et chante « Nuit et brouillard » qui, sur une musique populaire, raconte l’histoire des trains de la mort en évoquant la tragédie qu’a connue son père sous le régime nazi pendant la seconde guerre mondiale. Le disque reçoit le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros.
.

.
Quelque temps après, il enregistre l’une de ses plus éternelles chansons: « La montagne ».
.

.
C’est à cette époque, en 1964, que Ferrat achète une maison en Ardèche à Antraigues-sur-Volane où il s’installe définitivement en 1973. Les succès de Jean Ferrat se multiplient avec, notamment, en 1969, « Ma France ».
.

.
En 1971, l’artiste rencontre une professeur d’éducation physique, Colette Laffont, avec qui il emménage. Mais il n’est toutefois pas question pour lui de divorcer avec Christine Sèvres qui est gravement malade et dont il s’occupe. Au fil des ans, Jean Ferrat a de plus en plus de mal à assumer ses spectacles physiquement et il décide de faire ses adieux à la scène en octobre 1972 au Palais des Sports de Paris.
.

.
Dans la foulée, il quitte la maison de disques Barclay. En 1974, le jeune Daniel Guichard remporte un énorme succès avec la chanson « Mon vieux » que Jean Ferrat a composé pour Jacques Boyer et Jean-Louis Stain en 1963. Le texte est réécrit pour l’occasion sans l’autorisation de son auteur, Michèle Senlis, qui amène l’affaire et Daniel Guichard devant les tribunaux.
.

 

.

.

.
En 1975, Jean Ferrat sort un nouvel album qu’il édite sous son propre label Temey: « La femme est l’avenir de l’homme » est un énorme succès.
.

.
A la fin de la décennie 1970, avec les restructurations, la firme discographique multinationale Polygram rachète tout son catalogue à Barclay. Pour ne pas dépendre du bon vouloir des hommes d’affaires de la major à propos de l’utilisation de son répertoire discographique, Jean Ferrat décide de réenregistrer l’intégrale de ses chansons avec son arrangeur Alain Goraguer « à l’identique » sur son propre label. Boulimique de travail, Jean commercialise aussi un album de nouvelles pièces: « Ferrat 80 ». Il y prend ses distances vis-à-vis du communisme contemporain dans lequel il ne se reconnaît plus trop.
.

.
En 1981, Christine Sèvres décède d’un cancer à 50 ans. Jean Ferrat se fait de plus en plus rare dans les médias. Ses nouveaux disques se raréfient également. Il faut ainsi attendre 1991 pour voir un nouvel album chez les disquaires: « A la une », qui fustige la « télé-poubelle ». Il est toutefois l’invité sur TF1 de Michel Drucker pour une émission spéciale de « Stars 90 ».
.

.
En janvier 1992, Jean Ferrat se remarie avec Colette Laffont avec qui il vit depuis 20 ans. Multipliant les expériences humaines, il se retrouve candidat pour le Parti Communiste Français aux élections européennes de 1999. En janvier 2003, il est l’invité de Michel Drucker pour son programme télé « Vivement dimanche ». Et il apparaît une dernière fois pour une longue interview avec Patrick Simonin sur TV5 Monde en décembre 2003 dans « L’invité ».
.

.
En 2007, Ferrat apporte son soutien à José Bové pour l’élection présidentielle française. Peu de temps après, la santé du chanteur décline. Il souffre d’un cancer qui va le terrasser le 13 mars 2010 à Aubenas où il est hospitalisé. L’auteur-compositeur-interprète est inhumé le 16 mars 2010 au cimetière d’Antraigues-sur-Volane après une cérémonie d’hommage qui a lieu sur la place centrale du village et qui est retransmise en direct à la télévision française. Francesca Solleville y interprète « Ma France » et Isabelle Aubret « C’est beau la vie ». Puis « La Montagne » est reprise en choeur par la foule rassemblant plus de 5.000 célébrités et quidams.
.

.
Cinq ans après le décès de Jean Ferrat, un album d’hommage est enregistré par un certain nombre de chanteurs français et est commercialisé en mars 2015. Y participent, entre autres, Marc Lavoine, Cali, Dionysos, Julien Doré, Patrick Bruel, Patrick Fiori, Hubert-Félix Thiéfaine, Zebda et Natasha St-Pier.
.

.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

TOHAMA

TOHAMA dans les années 1950

La chanteuse française TOHAMA naît à Neuilly-sur-Seine le 18 novembre 1920 sous le nom de Nadia Altmann. Le 14 septembre 1932, la jeune Nadia perd son père le peintre russe Alexandre Altmann. Sa jeunesse n’a rien d’artistique et elle quitte Paris pour Bruxelles où elle va vivre avec sa mère française. Quatre ans plus tard, elle travaille comme dessinatrice dans un atelier de couture. Elle fait alors la connaissance d’un fantaisiste belge très en vue qui lui propose de jouer dans une revue qui a pour titre « Reviens faire la file ». C’est à ce moment qu’elle choisit le pseudonyme de Tohama qui signifie « je t’aime » en tahitien. Elle reçoit alors une proposition pour l’enregistrement d’un disque et son premier 78-tours sort ainsi en 1937. Lors d’un concert à Bruxelles en 1939, elle rencontre le chef d’orchestre Lulu Langlois qui la séduit. Ensemble, ils vont véritablement construire la carrière de la chanteuse. Il lui compose ainsi son premier et plus grand succès: « Tu m’apprendras ».

.
Alors que Tohama vend elle-même ses disques dans les cafés de Bruxelles où elle chante, elle est remarquée par le représentant de la firme de disques Decca qui lui propose de distribuer son disque. Le succès est énorme et elle signe un contrat discographique grâce auquel elle enregistre plus de 500 disques durant les années 1940 et 1950.
.

.
Son répertoire, marqué par la gouaille de sa voix joyeuse, est très varié et est constitué de chansons originales mais aussi de reprises telles que « Ma p’tite folie » (Line Renaud) ou « Je te le le » (Maria Candido).
.

.
« La petite Marie » est aussi l’un de ses plus grands succès.
.

 

Sa popularité est alors importante en Belgique mais aussi en France. Elle s’installe un moment à Paris et devient une bonne copine d’Edith Piaf. Sur scène, bien avant Annie Cordy, elle montre un dynamisme et une exubérance jusque là peu courants dans les tours de chant traditionnels. Dans les années 1980, après un concert avec Georges Guétary qui affiche complet à Forest-National (Bruxelles), elle apparaît encore sporadiquement dans quelques émissions de télévision et sur scène dans des spectacles nostalgiques. En 1989, le 21 octobre, elle est ainsi l’invitée de Juliette Decamps pour l’émission « Venez donc chez nous » enregistrée en public à Mons pour Radio 2 de la RTBF, radio publique francophone belge. Le 16 mai 1995, Tohama décède chez elle à Bruxelles.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

16 MAI

Pierre Destailles dans les années 1950

16 mai 1909 : Naissance, à Paris, de l’acteur français Pierre DESTAILLES. Né Pierre André Jules Desfoux, il se fait remarquer dans le domaine de la chanson française en popularisant, en 1950, le célèbre refrain « Tout ça parce qu’au bois de Chaville ». Cette chanson raconte l’histoire plutôt coquine de la cueillette du muguet du 1er mai.
.

.
Pierre Destailles est également l’auteur et interprète de la chanson « La Mouche » qui relate les aventures agitées d’un couple qui tente d’occire une mouche dans sa chambre conjugale. Pierre Destailles est décédé le 31 mars 1990 aux Clayes-sous-Bois dans les Yvelines (France).
.
**********
.

EILEEN en 1969 – Photo (c) G. Spitzer

16 mai 1941 : Naissance, à New York, de la chanteuse américaine EILEEN, Eileen Goldsen de son vrai nom. Fille d’un éditeur musical américain réputé, elle décroche un diplôme en langues à Los Angeles en 1963. Parlant très bien le français, elle s’établit à Paris un an plus tard. Elle décide alors d’adapter en français quelques succès américains et en enregistre quelques-uns. Lucien Morisse, directeur de la radio périphérique française Europe 1, la fait engager par Disc AZ chez qui elle enregistre un premier 45 tours avec le titre « Prends ta guitare ». Le succès de ce premier essai est mitigé et il faut attendre un deuxième disque avec la chanson « Une grenouille dans le vent » pour qu’elle se fasse vraiment remarquer du public français en 1965. Son plus grand hit reste cependant la chanson « Ces bottes sont faites pour marcher », adaptation française du tube de Nancy Sinatra « These boots are made for walking ».
.

.
Elle sort une dizaine de 45 tours entre 1964 et 1969 dont la plupart des mélodies sont composées par elle-même. Fin 1965, elle épouse le producteur et auteur-compositeur Jack Robinson et, en avril 1966, elle est l’une des 46 vedettes « yé-yés » françaises figurant sur la mythique photo réalisée par François Périer. Elle délaisse un peu la chanson dans les années 1970 avant de faire un retour éphémère en 1982 avec le titre « Galactic Fred » qui n’obtient que très peu de succès. Elle poursuit ensuite ses activités musicales en fondant et en gérant une société d’éditions musicales basée à Paris.
.
**********
.

Nicole Rieu en 1986 – Photo (c) Michèle Laurent

16 mai 1949 : Naissance, à Chaumont, de la chanteuse française Nicole RIEU. Au milieu des années 1960 elle fait partie du groupe « Les Spits ». En 1969, Lucien Morisse, directeur d’Europe 1 et des Disques AZ, la remarque lors d’une audition et lui propose un contrat discographique. Elle abandonne ses études pour enregistrer un premier 45 tours avec l’arrangeur et orchestrateur Jean Musy. Auteure, compositrice, elle interprète ses propres chansons à l’Olympia de Paris en première partie de Daniel Guichard au début des années 1970. Les disques qu’elle sort ensuite ne connaissent pas le succès. En 1973, elle est repérée par Eddie Barclay qui lui assure qu’elle a du talent et qu’il va tout faire pour que ça se sache. Elle signe un nouveau contrat avec lui et, effectivement, son premier 45 tours chez Barclay, « Je suis », est un énorme tube de l’année 1974. La chanson révèle au grand public toute la portée cristalline de son exceptionnel grain de voix.
.

.

Quelques mois plus tard, Nicole Rieu confirme sa popularité en multipliant les succès. Il y a « Et bonjour à toi l’artiste » qui représente la France au concours Eurovision 1975 mais aussi « Ma maison au bord de l’eau », « En courant », « Je m’envole » et « La vie ça danse ». En 1978, elle participe, avec Jean-Michel Caradec et Nicolas Peyrac, à la comédie musicale « Le Rêve de Mai » à l’occasion du dixième anniversaire des événements de Mai 1968. A Cannes en 1979, au MIDEM, Marché International du Disque et de l’Edition Musicale, elle reçoit le Prix de l’Hexagone d’Or avec la chanson « La goutte d’eau » qu’elle interprète magistralement. Dans les années 1980, Nicole Rieu fait une pause pour se consacrer à sa famille et revient ensuite en enregistrant de temps à autre un album au succès très limité. Au début des années 1990, elle publie un disque qui est pour elle l’occasion de réenregistrer ses succès des années 1970. En 2002, elle tient le rôle principal dans le spectacle musical « Marie-Madeleine » mis en scène par Michael Lonsdale. Cinq ans plus tard, elle propose un nouvel album original acoustique intitulé « En voix ». C’est l’occasion pour elle de se produire au Théâtre du Renard à Paris. Depuis, Nicole Rieu a multiplié les enregistrements d’albums: « Jardins » en 2008, « Noël, chants d’espoir » en 2008, « Femmes » en 2010. En 2012 et 2013, elle a rejoint l’aventure musicale de « Age tendre et tête de bois », la tournée des idoles, saison 7. Elle sort un deuxième volume de l’album « Jardins » en février 2014 et l’opus suivant, qui sort deux ans plus tard, a pour titre « Où vont les mots ». En janvier 2018, c’est au jeune public que l’artiste s’adresse dans un nouvel album dont le titre est « Nicole Rieu et les enfants, jours de fête ». Fin de la même année le tome 3 des albums « Jardins » est commercialisé avec de nouvelles chansons originales de l’artiste.
.
**********
.

Django Reinhardt dans les années 1950

16 mai 1953 : Décès, à Samois-sur-Seine, du guitariste de jazz Django REINHARDT. Pour en savoir plus sur les influences que ce musicien a eues sur la chanson francophone, veuillez CLIQUER ICI.
.
.
.
.
**********
.
.
.
.

TOHAMA dans les années 1950

16 mai 1995 : Décès, à Bruxelles, de la chanteuse TOHAMA. à l’âge de 74 ans. Pour en savoir plus sur la vie et la carrière de cette artiste, veuillez CLIQUER ICI.
.
.
.
.
**********
.
.
.
.

Mick Micheyl dans les années 1950

16 mai 2019 : Décès, à Montmerle-sur-Saône, de la chanteuse et sculptrice française Mick MICHEYL à l’âge de 97 ans. Pour connaître la biographie et le parcours artistique de cette personnalité, veuillez CLIQUER ICI.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,