ARESKI (BELKACEM)

Areski en 2010

Le compositeur, musicien, chanteur et comédien français ARESKI (BELKACEM) naît le 23 janvier 1940 à Versailles. D’origines kabyles, ses parents sont alors des restaurateurs qui, après la seconde guerre mondiale, accueillent régulièrement des musiciens algériens de passage. Il fréquente donc le milieu artistique et, à la fin des années 1950, il a le privilège de pouvoir assister aux répétitions des spectacles de Jacques Brel ou d’Edith Piaf notamment. Il développe alors ses talents de musicien en jouant dans les dancings ou en prestant lors de mariages. Intéressé par le jazz, il passe aussi beaucoup de temps dans le quartier parisien de Saint-Germain-des-Prés où il noue une solide amitié avec un autre jeune artiste : Jacques Higelin. Ses obligations militaires accomplies, Areski joue dans de nombreux clubs de rock et de jazz. En 1969, il retrouve Jacques Higelin qui, entretemps, est devenu un chanteur connu pour avoir sorti l’album « Chansons d’avant le déluge » avec la jeune Brigitte Fontaine. Ensemble, Belkacem et Higelin enregistrent un album où Areski donne de la voix dans « Remmeber », une chanson dont il a composé la musique.

Avec Brigitte Fontaine qu’Higelin vient de lui présenter, Areski monte « Niok », une performance largement constituée d’improvisation. Puis, il accompagne la chanteuse et l’Art Ensemble of Chicago dans « Comme à la radio » au Théâtre du Vieux-Colombier à Paris. Les chansons de ce spectacle se retrouvent bien vite gravées sur un disque 33-tours qui remporte un grand succès auprès du public « underground ». Quelques mois plus tard, c’est en solo qu’Areski commercialise, grâce à Pierre Barouh, son premier album intitulé « Un beau matin ».

Alors qu’il fait une incursion au cinéma et au théâtre comme comédien, Areski se rapproche sentimentalement de Brigitte Fontaine avec qui il se fiance avant de se marier quelques années plus tard. Brigitte recueille aussi le fils d’Areski, Ali, qu’elle élève comme son propre fils. Les spectacles qu’Areski et Fontaine vont alors proposer sont des mélanges de théâtre et de chanson avec beaucoup d’improvisation et peu d’instruments. Ils réalisent aussi ensemble quelques albums qui créeront un univers totalement original tant par ses influences que par les genres musicaux explorés. Après des années 1980 plutôt compliquées, Areski revient dans l’actualité en 1992 en composant l’album « French Corazon » de Brigitte Fontaine. Et il poursuit son chemin de compositeur auprès de celle qui interprète le mieux ses œuvres en partageant parfois celles-ci avec elle sur certains albums. Au gré de ses rencontres et de son inspiration, Areski Belkacem collabore également avec Barbara, Georges Moustaki et Sapho. Avec son fils Ali, Areski se consacre aussi à la composition de musiques de films. En 2005, il crée la musique des « concerts de dessins » qui sont désormais présentés chaque année au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Il s’agit de la création, en direct sur grand écran et en musique, d’une bande dessinée originale. En octobre 2010, quarante ans après son précédent et unique album personnel, il confectionne le second disque solo de sa carrière : « Le triomphe de l’amour ». On y trouve notamment la chanson « Les fraises ».

En 2013, avec son fils Ali et Bobby Jocky, il est sur la scène du Théâtre Gérard Philipe à Paris où il participe au concert « Il n’y a plus rien mais on est là », de Mounia Raoui, sur des textes de Mounia Raoui, Léo Ferré et Anna de Noailles. Huit ans plus tard, c’est avec le même Mounia Raoui qu’il participe à « Thalia Tchou », spectacle dont il compose la musique. Toujours très inspiré, Areski sort, en 2025, un nouvel album intitulé « Long Courrier ». Areski Belkacem meurt le 1er juin 2026 à l’âge de 86 ans.

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