GIRAUD Hubert

Hubert Giraud dans les années 2000

Le parolier et compositeur français Hubert GIRAUD naît le 28 février 1920 à Marseille. Le décès inopiné de son père alors qu’il a à peine cinq ans le traumatise et le rend asthmatique. Pour surmonter cet handicap, un médecin lui conseille une thérapie qui passe par la gestion de la respiration et la pratique de l’harmonica. Il développe rapidement des aptitudes pour la musique et devient l’harmoniciste du Quintette du Hot Club de France où il joue aux côtés du guitariste Django Reinhardt à la fin des années 1930. Il se fait de plus en plus connaître dans le milieu musical français et, en 1941, Ray Ventura l’engage dans son orchestre mais il lui demande de jouer d’un second instrument. Hubert choisit alors d’apprendre la guitare et part en tournée pour quelques années avec la formation en Amérique du Sud. Après la seconde guerre mondiale, Hubert Giraud est de retour à Paris où c’est Jacques Hélian qui l’engage à son tour dans son orchestre. Véritablement charmé par la musique sud-américaine qu’il a côtoyé, il décide ensuite de se faire plaisir en créant un trio qui va, notamment, emprunter ce répertoire. Avec Annie Rouvre et Roger Lucchesi, il fait ainsi partie du Trio Do-Ré-Mi dans les années 1950.
.

 

.
Mais se produire en public et affronter les feux de la rampe ne sont pas les exercices favoris de notre homme qui, par contre, préfère de loin composer des mélodies. En 1950, avec un texte de Roger Lucchesi, il propose une mélodie à la chanteuse Yvette Giraud qui n’a aucun lien de parenté avec lui et qui enregistre la chanson intitulée « Aimer comme je t’aime ».
.

.
La même année, Hubert Giraud rencontre l’auteur Jean Dréjac avec qui il décide de s’associer pour l’écriture de chansons. Et leur première oeuvre commune a pour titre « Sous le ciel de Paris » et est interprétée par Jean Bretonnière dans le film du même titre réalisé par Julien Duvivier en 1951.
.

.
La chanson est ensuite enregistrée et popularisée par Anny Gould, Les Compagnons de la Chanson, Jacqueline François, Juliette Gréco, Yves Montand, Jean Sablon et Édith Piaf. Hubert Giraud est désormais courtisé par les meilleurs interprètes de la chanson française. Parmi les plus connus, il y a Fernandel (« La Bouillabaisse » en 1950), Yves Montand (« Les grognards » en 1954), Edith Piaf (Mea Culpa » en 1954), Lucienne Delyle (« Les amants de Ménilmontant » en 1955), Gloria Lasso (« Dolorès » en 1955), Jacqueline François (« La jeunesse » en 1956), Philippe Clay (« Un fil sous les pattes » en 1956, « Le corsaire » en 1957), Dalida (« Buenas noches mi amor » en 1957, « Les gitans » en 1958), Luis Mariano (« Que l’amour me pardonne » en 1957), John William (« Tabac » en 1957), André Claveau (« Dors mon amour » en 1958), François Deguelt (« Je te tendrai les bras » en 1959, « Ce soir-là » en 1960), Sacha Distel (« Oui oui oui oui » en 1959), Les Compagnons de la chanson (« L’Arlequin de Tolède » en 1960), Charles Aznavour (« A propos des pommiers » en 1961), Colette Deréal (« Allons allons les enfants » en 1961), Simone Langlois (« Les criquets » en 1961), Nana Mouskouri (« Toi que j’inventais » en 1961, « Retour à Napoli » en 1962, « L’enfant et la gazelle » en 1968), Bourvil (« La tendresse » en 1963), Claude François (« Pauvre petite fille riche » en 1963), Claude Nougaro (« Regarde-moi » en 1964), Nicoletta (« Il est mort le soleil » en 1967), Noëlle Cordier (« Il doit faire beau là-bas » en 1967), Mireille Mathieu (« Cent fois ma vie » en 1967), France Gall (« Y’a du soleil à vendre » en 1968, « Les gens bien élevés » en 1969), Marcel Amont (« La demande en mariage » en 1970), Nicole Croisille (« Parlez-moi de lui » en 1975, « C’est comme un arc-en-ciel » en 1976) ou encore Anne-Marie David (« Je suis l’enfant soleil » en 1979).
.

.
En 1982, avec un texte d’Eddy Marnay, il compose la chanson « Tellement j’ai d’amour pour toi » qui se trouve sur le premier album d’une jeune interprète québécoise qui s’appelle Céline Dion. Le titre gagne le Grand Prix de la chanson au Yamaha Music Festival de Tokyo au Japon.
.

.
Mais l’oeuvre magistrale de la carrière d’Hubert Giraud reste sans conteste « Mamy Blue » pour laquelle il compose la musique et écrit le texte anglais initialement interprétés par le chanteur français Joël Daydé en 1971. Alors que la chanson connaît une gloire internationale dans de multiples versions, Nicoletta l’enregistre en français avec un texte signé par Pierre Delanoë et en fait l’un des piliers de son répertoire gospel.
.

.
Hubert Giraud meurt le 16 janvier 2016 à Montreux, en Suisse, où il réside depuis quelques années.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DEGUELT François

François Deguelt dans les années 1970 – Photo (c) Jean Mainbourg

L’auteur, compositeur et interprète français François DEGUELT naît le 4 décembre 1932 à Tarbes sous le nom de Louis Deghelt. Il passe son enfance en Charente chez sa grand-mère et, à 17 ans, il part à Paris et s’oriente vers des études de philosophie qu’il abandonne deux ans plus tard. C’est que, entre-temps, le jeune homme découvre la musique et la chanson. Il fait ses débuts sur scène au « Tire-bouchon », le cabaret où il commence à présenter ses propres chansons. Il y obtient un succès croissant qui l’amène à se présenter dans des émissions de radio dès 1953. Il devient ainsi l’une des vedettes de la mythique émission « Reine d’un jour » de Jean Nohain. De plus en plus apprécié par le public, il est aussi récompensé par les professionnels qui lui attribuent le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros en 1956. Deux ans plus tard, il effectue son service militaire en Algérie française mais il continue à enregistrer de grands succès dont des adaptations françaises des chansons des Platters comme « Fumée aux yeux » (« Smoke gets in your eyes »).

A son retour à Paris, il se produit sur les scènes parisiennes de Bobino et de l’Olympia. En 1960, il est retenu pour représenter Monaco au concours Eurovision de la chanson où il se classe troisième en interprétant « Ce soir-là ». Il est accompagné par l’orchestre dirigé par Raymond Lefèvre et la gagnante est Jacqueline Boyer qui chante « Tom Pilibi » pour la France.
.

.
Deux ans plus tard, il se représente au même concours, toujours sous les couleurs monégasques et toujours accompagné par Raymond Lefèvre à la direction d’orchestre, en chantant « Dis rien ». Il termine en deuxième position cette fois derrière Isabelle Aubret et sa chanson « Un premier amour ».
.

.
La même année, en 1962, il est sollicité par le cinéma et il obtient un rôle dans le film « L’assassin viendra ce soir » de Jean Maley. Ce sera sa seule expérience cinématographique puisque François Deguelt reprend bien vite le chemin des studios d’enregistrement et des scènes de music-hall. En 1965, il connaît son plus grand succès discographique en interprétant un « tube » d’été inoubliable qui reste sa carte de visite: « Le ciel, le soleil et la mer ». Un scopitone, ancêtre du vidéoclip réalisé sur pellicule de film, est alors réalisé.
.

.

Dans les années 1990, avec l’avènement du disque compact, quelques compilations sont consacrées à ce véritable crooner français. On y retrouve ses plus grands succès comme « Le bal de la marine », « Je te tendrai les bras », « Passez la monnaie », « Les voiliers » ou « Verte campagne ».
.

.
A cette occasion, l’artiste se livre avec plaisir à la promotion médiatique et accepte des interviews tant en France qu’en Belgique. Mais il est fatigué et confie être la victime d’un cancer qui va s’avérer tenace. De temps à autre, on le revoit alors dans l’une ou l’autre émission télévisée française de Pascal Sevran et, en 2006, au cours de la première saison de la tournée des idoles « Age tendre et tête de bois ».
.

.
Le 22 janvier 2014, vaincu par la maladie, François Deguelt s’éteint au Thoronet, dans la région française du Var où il a longtemps vécu sur un bateau amarré à Sainte-Maxime. Au pays de la mer et du soleil, l’artiste a rejoint le ciel.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,