15 MARS

 

Jacques Hustin en 1978 – Photo (c) Guido Marcon

15 mars 1940 : Naissance, à Liège, du chanteur belge Jacques HUSTIN. Il suit d’abord des études de dessin et de peinture avant d’être illustrateur, décorateur et compositeur. Ses premières apparitions en public datent de ses quinze ans. Mais, cinq ans plus tard, la voie de Jacques Hustin paraît tracée: il sera artiste peintre. Pourtant, malgré cela, en 1965, c’est bien de chanson dont il est question lorsque l’académicien Marcel Achard lui remet le Premier Prix du Festival de la chanson française à Spa (B). Dans la foulée, il en profite pour enregistrer son premier 33 tours en Belgique puis il s’installe à Paris. Il s’y produit dans des cabarets où les convives écoutent peu les artistes. Il connaît un certain succès discographique avec « On m’a donné quinze ans » et, en 1966, il reçoit le prix de la Société des Auteurs Belges, la SABAM. Il multiplie alors les récoltes de prix et récompenses en tous genres: on lui remet l’hermine de bronze au festival de Rennes en 1967 et le premier prix au festival roumain de Brasov en 1968. Un an plus tard, Jacques Hustin se voit attribuer le Grand-Prix de l’Académie Charles Cros. En 1974, il est sélectionné pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la Chanson. Il s’y classe 9e avec « Fleur de liberté ».

Et, quelques mois après, la RTB, télévision publique belge francophone, lui propose de présenter « La guimbarde », une émission où il accueille des amis artistes. En 1981, Jacques Hustin sort un album qui connaît un beau succès: « Les coups de soleil » et, quelques années plus tard, un maxi 45 tours intitulé « Piano blanc ». Mais, en 1988, la fatigue et des soucis respiratoires l’obligent à mettre un terme à ses activités de chanteur. Il se retire dans les Ardennes belges où il décide de se consacrer pleinement à la peinture. Jacques ne sort de son refuge que pour parler brièvement de la sortie d’une compilation de 20 de ses titres en 1999: « En version originale ». Jacques Hustin décède dix ans plus tard: le 6 avril 2009.
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15 mars 1947 : Naissance, à Paris, du chanteur français Joël DAYDE. Créateur en anglais de la chanson « Mamy Blue » en 1971, son style a toujours balancé entre la bonne chanson française, le rock et le blues auquel sa voix s’adapte merveilleusement bien. C’est seul, en autodidacte, que Joël Daydé apprend la guitare avant de jouer dans diverses formations de la fin des années 1960. En 1969, il est parmi les fondateurs du groupe Zoo mais il le quitte un an plus tard. Il enregistre son premier album en tant qu’interprète en 1971. Mais le 33 tours ne se vend pas. Et c’est finalement un 45 tours qui le fait connaître grâce à un succès, et quel succès : « Mamy Blue »! La version anglaise de cette chanson écrite et composée par un Français, Hubert Giraud, est d’abord enregistrée par la chanteuse italienne Spagna avant de l’être par un groupe anglais : The Pop Tops. Mais c’est dans la voix de Daydé qu’elle va faire le tour du monde avant d’être reprise en français par Nicoletta.

En 1972, tout auréolé de son « tube » international, Joël enregistre son deuxième album à Londres mais les ventes ne décollent jamais et l’artiste retombe dans l’oubli. Un an plus tard, profitant de la proximité de sa tessiture vocale avec celle du chanteur italien Drupi, il tente une version du « tube » « Vado Via » sous le titre « Laissez-moi seul ». Et, enfin, en 1976, Joël Daydé renoue avec la popularité, de manière très éphémère cependant, dans les pays francophones avec la chanson « Les matins de pluie ». Depuis, le chanteur a encore eu l’occasion de graver plusieurs disques qui, tous, sont restés plutôt discrets.
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Julie Bataille en 1975 – Photo (c) Jim Lansley & E. Andreo

15 mars 1962 : Naissance de la chanteuse, comédienne et imitatrice française Julie BATAILLE. A seize ans, elle connaît un « tube » énorme avec la chanson « Pas besoin d’éducation sexuelle ». Elle est alors l’une des jeunes chanteuses préférées des Français avec Carène Chéryl. Elle participe ainsi à de nombreuses émissions de télé en France, Suisse, Belgique et Luxembourg. Elle chante même au Japon où elle représente son pays dans des festivals. Au début des années 1980, alors que son succès de chanteuse s’est estompé, elle anime l’émission pour enfants « Récré A2 » aux côtés de Zabou, Dorothée, Jacky et François Corbier. Par la suite, elle devient la voix féminine des bandes annonces pour la chaîne de télé privée française TF1. Elle travaille aussi pour les émissions dominicales de Jacques Martin. Et, parallèlement à cela, elle enregistre de nombreuses chansons pour des publicités. En 2005, Julie Bataille interprète quelques chansons de Dalida dans le film qui est réalisé sur elle par Joyce Bunuel. En 2012, Patrick Sébastien l’invite dans son émission télévisée « Les années bonheur » sur France 2 et elle refait quelques galas dans la foulée de ce nouveau succès nostalgique. Elle se lance aussi dans un spectacle d’imitations qu’elle propose en France et en Belgique. Depuis octobre 2014, elle est la présentatrice du programme « Mélody est à vous » sur la chaîne de télé française « Mélody ».

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William Dunker aux Francofolies de Spa 2011 (c) passion chanson

15 mars 1959 : Naissance, à Charleroi, du chanteur belge William DUNKER sous l’identité de Wilhelm Dunker. Né de l’union d’un Allemand ayant fui son pays avant la seconde guerre mondiale pour s’installer en Belgique et d’une Italienne originaire de la région de Charleroi, le petit Wilhelm passe son enfance et sa jeunesse au pied des terrils qui sont ses terrains de jeux privilégiés. Au fil de ses études qui l’amènent à s’occuper d’animations auprès des enfants, le garçon se rend compte qu’il a un faible pour le théâtre et la comédie. Et il se fait lentement un petit nom dans sa région natale : on l’appelle Alfred. Avec des copains qui ont pour nom Marc Keiser et Michel Barbier, il fait partie des « Jules » qui proposent leurs spectacles humoristiques sur les scènes de la Wallonie et au festival du rire de Rochefort (B). Mais la musique, la chanson et le blues tenaillent Alfred qui, n’y tenant plus, décide d’enregistrer un 45 tours avec l’aide du chanteur et producteur belge Albert Delchambre en 1984. Ce premier disque contient deux chansons en dialecte wallon de Charleroi : « Condroz & Western » et « Toudi echène ». Le succès de ce vinyl attire l’attention des médias locaux et permet à l’artiste d’en commercialiser un autre dans la foulée avec « Toudis su’l’voye » et « D’Jean Pinson » (en 1985). Il délaisse alors un peu la chanson et se consacre au théâtre avant de revenir à la musique dans les années 1990. Entre-temps, on est passé du vinyl au disque compact laser et, reprenant son nom quelque peu anglicisé qui devient William Dunker, il sort un premier CD, toujours en dialecte wallon, en 1997. L’opus a pour titre « Trop tchaud » et on y trouve de nouvelles versions de « Toudis su’l voye » et « Djean Pinson ». Mais d’autres titres connaissent un succès radiophonique fulgurant en Belgique francophone : « Trop tchaud », « Hey », et « El mambo dèl loke à rloktér » que l’on pourrait traduire comme « Le mambo de la serpillière » et qui est un hommage incroyable aux techniciennes de surface ! Véritable révélation et séisme au sein des traditions et du folklore de Wallonie, Dunker chante le blues qui « sonne » américain, aidé en cela par les arrangements de Kevin Mulligan, musicien originaire des Etats-Unis établi en Belgique depuis des années. Tout cela n’est pas étranger au fait qu’un producteur québécois, Pierre Tremblay, s’intéresse à cet artiste au cours du Midem en 1998 et qu’il lui propose des concerts dans la Belle Province Canadienne aux côtés de trois autres artistes-musiciens : Patrick Norman, Jeff Smallwood et Bourbon Gautier. Le groupe, à vocation éphémère, s’appelle « Les Fabuleux Elégants » et leur important succès les oblige à enregistrer un album qui sort d’abord au Québec et y reçoit un Félix du meilleur album country en 1998. Un an plus tard, après une tournée triomphale en Amérique du Nord, le groupe commercialise son album en Belgique et y propose quelques concerts dont l’un aux Francofolies de Spa 1999. L’aventure des « fabuleux Elégants » se termline en 2000 pour William Dunker après la réception d’un disque d’or en Belgique francophone. En 2001, un nouvel album voit le jour : « Ey’Adon » avec douze titres qui affichent une direction musicale plus moderne. L’année suivante, William Dunker interprète une chanson avec les Corses du groupe I Muvrini : « Erein Eta Joan – D’ji Sènme è Dji M’e Va ». En 2003, c’est un CD-simple de deux titres qui est commercialisé avec « D’j’inme bén lès fîyes », une adaptation en wallon de « J’aime les filles » de Jacques Dutronc et la reprise de « I can help » de Billy Swan. En 2004, le DVD « Asteur c’èst l’show ! », reprenant la captation intégrale de son concert au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le 14 janvier 2004, est mis en vente. William prend alors un peu de recul avant d’enregistrer des nouvelles chansons finalement regroupées sur l’album « Ca va bén » qui sort à la fin de l’année 2007. Il est alors l’un des invités des « Night of the Proms » de passage à Charleroi et John Miles l’accompagne au piano sur scène. En 2009, l’artiste participe au spectacle des « Restos du Coeur belges ». Le 23 juillet 2011, William Dunker est, pour la première fois à l’affiche des Francofolies de Spa pour y présenter son spectacle de blues wallon en trio. Le moment est magique et les spectateurs n’ont de cesse d’applaudir « El mambo del loke à rlokter », « Toudis sul voye » ou « Condroz & western ». William n’oublie pas, au passage, de dédier « Djan Pinson » à la mémoire d’un autre artiste belge de Charleroi disparu ce jour-là : Paul Louka. Par la suite, William Dunker revient au théâtre et effectue un passage remarqué au cinéma dans le film « Au cul du loup » de Pierre Duculot. Au début de l’année 2014, il s’entoure d’une nouvelle équipe pour présenter une longue série de concerts à la Comédie Centrale de Charleroi. Ces spectacles, où William Dunker est accompagné de Roberto Di Ferdinando, Patrick Deltenre et Marcus Weymaere, vont attirer près de 3.500 spectateurs. Un album « live » de cette nouvelle formule scénique est enregistré en octobre 2014 au Sablon, centre culturel de Morlanwelz (B). Au même moment, l’artiste commercialise un nouveau CD-simple de deux titres produit par le musicien électro Slightlious : “I Faut k’dji m’èvaye”. A partir de 2015, William Dunker va connaître des problèmes de santé qui vont progressivement l’éloigner de la scène et des studios.
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