Célestin à encore frappé ! Il a de nouveau juxtaposé des mots célestes dans des poésies juste apposées les unes aux autres. Les mots il les dit sur des mélodies qui les emmêlent, paroles dont le rôle est de nous émerveiller. Chanteur engagé pour qui les mots râlent, il nous livre en gage de morale, des chansons dont les textes sont des véritables pamphlets.
Sa plume malicieuse virevolte librement dans les grands espaces entre Georges Brassens et Stromae, entre acoustique et électronique. Rêveur, il s’adresse au cœur et à la tête de chacun pour partager ses messages humanistes et ses valeurs autour de l’écologie. Il délivre ainsi des messages de fond toujours avec bienveillance et humour. Et s’il aborde aussi la politique, c’est toujours avec malice et tendresse. Dans « Viens avec moi », il nous propose ainsi de quitter ce monde qui est devenu fou et qui marche sur la tête… La chanson « Dans l’ordre » est une véritable incitation à la réaction et au soulèvement contre l’indifférence générale de nos sociétés. Selon Célestin, qui a raison, « On n’a jamais vu de révolution en charentaises » . Et d’ajouter qu’il y a « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » . Point de vue sociétal, il y a aussi « Les temps passent » avec cette constatation partagée par tellement de « papy-boomers » :
« A l’époque, je comprenais rien au monde qui m’entoure.
On me disait : « c’est normal, t’es trop jeune et c’est nul ».
Maintenant je comprends rien au monde qui m’enterre.
Et on m’dit : « c’est normal, t’es trop vieux et sénile » .
Quant à « Des carrés dans des ronds », il s’agit (encore) d’une critique drôle et piquante de la société moderne. Où le texte affûté est clairement hérité de la grande tradition de la chanson française et posent sur des arrangements contemporains rythmés et dansants.
Sur ce nouvel album, Célestin parle aussi de ses états d’âme («Demain est un autre jour»), de la maladie contre laquelle il faut se battre (« Cancer ») et il n’oublie pas de rendre un hommage appuyé et très sensible à une personne qu’il apprécie tout particulièrement («Ma sœur»). Comme à son habitude sa plume est précise et pertinente, pleine de poésie et de pudeur. Et puis, au milieu de toutes ces chansons dont certaines peuvent engendrer une certaine mélancolie (« Eva »), il y a une pépite humoristique écrite avec un talent formidable : « Le téléphérique ».
« Viens avec moi » est un album plus rock et plus riche en arrangements que le précédent opus de Célestin. C’est lui qui signe la majorité des arrangements. Il renoue également avec son premier instrument, la batterie, dont il joue tout au long du disque. La plupart des guitares et des basses sont assurées par Julien Lacharme qui s’occupe également de la partie enregistrement, mixage et mastering.
Véritable hymne à la patience et à la transmission, le titre « La graine », qui ouvre l’album, s’accompagne d’une œuvre visuelle forte qui invite à la réflexion sur notre impact écologique et notre héritage. « Je suis une graine. Et j’ai peur de m’planter. J’ai peur qu’on m’enterre. Moi j’veux juste m’en tirer… » chante l’artiste multi-instrumentiste Célestin qui offre ici l’un de ses textes les plus poétiques.
En tournée à travers toute la France dans les festivals, les salles de concert et les lieux privés, Célestin (alias Sébastien Rambaud) développe aussi, depuis 2024, des concerts «sans électricité».
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Article rédigé par Daniel Barbieux (Passion Chanson) sur base de l’écoute de l’album et des informations communiquées par Xavier Chezleprêtre (Attitude).