Un album en 2010, « Nana », et de nombreux singles entre cette année-là et 2026. Voilà le parcours discographique de Margaux Simone dont le nouvel opus est disponible à la vente depuis quelques semaines. Accompagnée par ses « Guardians », la chanteuse française nous propose « Avant la nuit » qui réunit neuf chansons qui sont loin d’être anodines. Le disque est une invitation aux voyages, naviguant entre le sens profond des « choses » et le temps joyeux qui passe. Armée de sa voix chaude et rassurante sur fond de guitares parfois western, Margaux n’est jamais loin de Françoise Hardy ou de Stevie Nicks qui lui permettent toutefois d’exister de manière très originale.
Comme beaucoup d’artistes qui veulent faire leur chemin, Margaux s’est sentie obligée de quitter sa Provence natale pour s’installer à Paris il y a quelque temps. Mais Martigues, le soleil et la douceur de vivre ne pouvaient que lui manquer. Alors, pour ce nouvel opus, elle est revenue sur ses terres d’origine pour y chanter cette Californie française. Dans « Parlez-moi de vous », elle pose la question : « Pourquoi nous faut-il partir si loin pour revenir parmi les siens ? Je n’en sais rien. »
Autrice, compositrice et interprète, Margaux est née d’un père musicien qui lui donne en héritage le goût de la musique. Elle emprunte le nom Simone à sa grand-mère. Mais elle rend aussi hommage, à sa manière, à Simone Weil et à la grande chanteuse Nina Simone qui est décédée à l’hôpital ou Margaux est née. Ce n’est pas par hasard qu’elle reprend, sur la dernière plage de ce nouvel album, « Mr Bojangles » de la célèbre artiste américaine.
Très jeune, en rentrant de l’école, Margaux adore passer par le studio du « Petit Mas » tenu par son père. Elle y vit les premiers pas d’IAM, de la Fonky Family, du 113 ou encore d’Assassin. Mais, à la maison, la discothèque familiale est plutôt tournée vers Neil Young, les Rolling Stones, David Bowie et Bruce Springsteen. Plus tard, c’est la découverte des chanteuses Alanis Morissette et Sheryl Crow avant celle de Lana Del Rey. A l’adolescence, elle commence à jouer de la guitare et tout va changer dans sa vie. Elle compose ses premières chansons et elle le fait en français. A quatorze ans, elle écrit « Nana » qui se trouve en première position sur la liste des chansons de son premier album (paru en 2010) et qui lui donne son titre.
Mais si Margaux peut écrire et chanter des sujets plutôt graves, elle sait aussi mettre du sourire et le soleil du Sud dans ses chansons. Quand l’amour disparait, elle le fait renaître (« Ah l’amour, ah l’amour »). Dans un décor de studio aux accents Western, et agrippée à un taureau mécanique, Margaux Simone transforme la poussière des malheurs d’hier en un printemps électrique. Une chevauchée immobile et vintage où l’amour finit, enfin, par faire un tabac.
Avec ce second album, la chanteuse livre un album poétique, rock et brut qui renouvelle le genre de la noble « variété » entre exigence et esprit hippie. A ses côtés, on retrouve à la guitare Giovani Gouvenaux, aux claviers Alexandre Siaud et à la batterie Luc Heller. A la réalisation « au son sans artifice et avec le moins de post-prod possible » on retrouve – et c’est logique – son père, le bassiste Philippe Bruguière. Pour elle, « C’est juste un excellent musicien et un réalisateur hors pair qui comprend où j’ai envie d’aller en une phrase ou en un regard ». Mais il est aussi la voix masculine du duo « Pleurer les filles ».
Voilà un très bel album. Excellemment réalisé. Avec une pochette qui tire ses origines de ces bons vieux 33-tours vinyles d’antan où la mention « Stéréo 33 LP » constituait un plus pour l’acheteur. Malheureusement, à vouloir garder ce côté vintage jusqu’au verso de la couverture du CD, les titres et les crédits des chansons sont tellement minuscules qu’ils sont impossibles à lire sans une loupe… 😉Mais, heureusement, l’inconvénient est mineur et ne nuit nullement à la qualité des chansons ainsi qu’à leur interprétation.
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Article rédigé par Daniel Barbieux (Passion Chanson) sur base de l’écoute de l’album et des informations communiquées par Xavier Chezleprêtre (Attitude).