Magali MICHAUT : la chanson où sciences et poésie se rejoignent

Elle est probablement la première chanteuse francophone à pratiquer la poésie scientifique. A moins que ce ne soient les sciences poétiques. Mais, quoi qu’il en soit, ce qui semble antinomique sur le papier ne l’est plus du tout à l’écoute des chansons de Magali Michaut. Avec une finesse et une sensibilité qui n’appartiennent qu’à elle, cette artiste prouve que l’infiniment petit, et son avenir, peut titiller l’imaginaire. Quand neutrons, bozons, photons et gluons servent la rime du texte de « Où va-t-on ? »

Autrice-compositrice-interprète, Magali Michaut met en musique ses questionnements et ses espérances. Originaire de Cergy, dans le Val d’Oise, où elle a appris le violon au Conservatoire, Magali a roulé sa bosse autour du monde. Avec, en poche, une thèse en bioinformatique, elle place son génie créatif au service de la science mais aussi de la musique qui est sa seconde passion. En 2022, elle regroupe une série de chansons sur un premier album autoproduit : « Impressionniste ». Ce premier essai est salué par la critique qui l’encourage à persévérer. Ce qu’elle fait en livrant une deuxième série de compositions personnelles sur un opus sorti il y a quelques semaines sous le titre « Prendre de la hauteur ». En une dizaine d’années, Magali Michaut a également acquis une certaine expérience scénique en prestant plus de 400 concerts dans différentes formules : solo, duo, trio, etc. Elle a ainsi proposé son répertoire devant divers publics issus d’Allemagne, du Canada, du Danemark, de l’Estonie, des États-Unis, de la Grande Bretagne, du Groenland, de l’Italie, de l’Irlande, des Pays-Bas, de la Suède et de la France bien sûr.

Magali Michaut signe en français des textes évoquant des scènes de vie sur des ballades folk et des rythmes country. Cinquième plage de l’album, « Ce réveillon-là » est « la » chanson du disque qui correspond le mieux à ce genre.

Autre « tranche de vie », « Matin douceur » est un hymne à la nonchalance matinale ressourçante et inspiratrice. Ces deux titres contribuent à rendre plus légère une œuvre qui ne l’est parfois qu’en apparence. C’est le cas lorsque Magali, en parfaite scientifique, nous explique ce qu’est l’ultracrépidarianisme et pourquoi elle ne l’apprécie pas. Impossible à placer au scrabble en raison du nombre trop élevé de lettres, intégrer ce terme dans une chanson peut ressembler à un défi ou un pari… Mais l’ultracrépidarianisme est de plus en plus présent dans notre société. Et il le fut encore plus régulièrement pendant la pandémie covid-19. C’est la manière pour quelqu’un qui n’est pas un spécialiste, mais qui est plus culotté qu’un spécialiste, de prendre la place de celui-ci en prétendant pouvoir expliquer mieux le problème pour lequel on le sollicite. La plupart du temps uniquement en utilisant sa faculté de paraître et de communiquer. Et puis, sur cet album, il y a aussi l’explication du « Référentiel newtonien » qui vaut aussi le détour.

« Quand tu vois que tu vois pas » est une chanson révélant que l’aveu d’impuissance n’est pas un tort. C’est plutôt une opportunité pour essayer de faire de son mieux. Et « La bulle » propose un remède à la solitude numérique induite par les smartphones et les réseaux sociaux.

Enfin, il y a « Je suis partie ». Partie d’un tout… Une ballade contemplative où Magali Michaut célèbre la beauté de l’univers dont nous faisons tous partie. C’est un titre où se lient ses désirs d’évasion et sa culture de chercheuse en bioinformatique. « Quand je suis un peu malmenée par les dérives de l’humanité, je pense aux atomes qui sont en nous et autour de nous, à cette biologie incroyable qui constitue le vivant et je me dis que c’est beau !  » . Musicalement, Magali est ici accompagnée par Kilian Arzel, le fils de Gildas Arzel (fondateur du groupe Canada dans les années 1980 et compositeur d’une multitude de tubes pour des artistes francophones), qui s’est occupé des guitares, des claviers, des chœurs et des machines. Il y a aussi Vincent Payen à la trompette, Bertrand Luzignant au trombone et Olivier Laudrain au saxophone. Le clip de la chanson a été tourné et réalisé en noir et blanc à l’île de Ré.

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Article rédigé par Daniel Barbieux (Passion Chanson) sur base de l’écoute de l’album et des informations communiquées par Xavier Chezleprêtre (Attitude).

 

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