Financement participatif : jusqu’où peut-on aller ?

Comme probablement beaucoup d’entre vous, je me suis retrouvé l’autre jour en face d’un site de financement participatif qui sollicite des collectes pour toutes sortes de bonnes raisons. Et celle devant laquelle j’étais avait pour but de récolter un maximum d’argent pour permettre à un artiste très talentueux de se racheter des instruments de musique qu’on lui avait récemment dérobés. Ce virtuose expliquait d’ailleurs de façon fort honnête que cela lui permettrait de redevenir un artiste complet et il y joignait copie d’un devis demandé pour la fabrication « à l’identique » (par un atelier spécialisé) des instruments volés.

Jusque là, tout cela me paraissait bien louable. Mais, à un certain moment, vu l’ampleur inattendue de cette récolte de fonds qui a doublé l’objectif prévu, quelques questions ont commencé à envahir mon cerveau quelque peu cartésien. Tout cela est-il bien normal ? Qu’un artiste soit déçu et malheureux pour avoir perdu du matériel important et à connotation très sentimentale, c’est tout à fait compréhensible. Ce qui l’est moins, me semble-t-il, c’est qu’il sollicite son public, ses amis et admirateurs pour lui payer de nouveaux instruments. Même si chaque don permettait de se voir offrir une petite compensation sous la forme d’une offre de disques ou de places de concerts.

Il m’est arrivé d’être cambriolé. Je n’ai jamais sollicité l’aide de qui que ce soit pour me racheter les objets volés. Par décence (ce mot est-il encore usuel ?), je n’aurais pas osé. Et puis, ayant naturellement assuré ce qui m’était précieux, je me suis tourné vers mon assureur pour récupérer tout ou partie de la valeur du butin.

Alors, bien entendu, pour qu’une compagnie d’assurances prenne en charge votre dossier, il faut que certaines conditions soient remplies. Comme pouvoir prouver qu’il n’y a pas eu de négligence dans le chef du propriétaire des objets dérobés. Ce qui est parfois difficile, je veux bien en convenir. Mais, même si cette situation est avérée, ouvrir une collecte participative sur un site web dédié me semble dépasser une limite. Celle qui pourrait permettre, à tout qui en aurait l’audace et un bon prétexte, de récolter des fonds uniquement grâce à la bonne volonté et au consentement des autres…

Daniel Barbieux – Passion Chanson

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