SOLO Mano

La pochette du CD live sorti en 2011

Le chanteur français Mano SOLO naît le 24 avril 1963 à Châlons-sur-Marne, sous le nom de Emmanuel Cabut. C’est en 1980 que Manu Cabut, fils du dessinateur Cabu, intègre, comme guitariste, un groupe punk: les Chihuahuas. Six ans plus tard, il apprend qu’il est séropositif. Au début des années 1990, alors que le temps presse, il se décide à interpréter ses textes. Son premier album enregistré sous le nom de Mano Solo, « la Marmaille nue », sort en 1993 et se vend à 100.000 exemplaires avec, en titre phare, « Allo Paris ».
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Un deuxième album sort deux ans plus tard et a pour titre « Les années sombres ». La même année, en 1995, l’artiste annonce publiquement au Bataclan de Paris qu’il a contracté le SIDA.
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Les enregistrements de disques vont se poursuivre à un rythme régulier ensuite mais avec des succès divers. Il y aura « Frères Misère » en 1996 suivi de quelques enregistrements publics (« Je sais pas trop » en 97, « Internationale Shalala » en 99 et « La Marche » en 2002) mais aussi « Dehors » en 2000 et « Les Animals » en 2004.
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Deux ans plus tard, Mano Solo ne renouvelle pas son contrat avec la maison de disques Warner. Pour son nouvel album, « In The Garden », sorti en mars 2007, il propose aux internautes de l’aider par une souscription destinée à payer les frais de promotion une fois l’album réalisé. La souscription lancée le 18 septembre s’avère peu concluante: il n’y a que 2.800 souscripteurs par internet. Et les 35.000 exemplaires vendus dans les bacs remboursent la banque du prêt contracté par l’artiste pour produire l’opus. Sans plus. Le 28 septembre 2009 sort un nouvel album, le dernier: « Rentrer au port ».
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Le chanteur entame alors une série de concerts à l’Olympia de Paris mais le 12 novembre, il doit être hospitalisé. Mano Solo meurt le 10 janvier 2010 à l’âge de 46 ans, des suites de plusieurs anévrismes. Il est inhumé au cimetière parisien du Père Lachaise. En novembre 2011 sort l’enregistrement du dernier concert de Mano à l’Olympia en 2009. Les bénéfices des ventes sont versés à l’association « Fazasoma » qui vient en aide à la population malgache et que Mano Solo soutenait depuis 2006. Une collection de livrets de toutes les chansons de Mano Solo pour piano, chant et guitare sort en 2012 aux Éditions Capte Note – Planète Partitions. Artiste complet, Mano Solo dessinait et peignait notamment les pochettes de ses albums. Il écrivait aussi et, avec l’argent de la musique, avait monté sa propre société d’édition (« La Marmaille nue »). Il publia, en 1995, un recueil de poèmes (« Je suis là ») et, en 1996, un roman (« Joseph sous la pluie »). Ces deux ouvrages ont été rassemblés dans un livre, « Joseph sous la pluie », publié par Points en janvier 2012.
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CARRERE Claude

Claude Carrère dans les années 2000

L’auteur, compositeur, parolier, interprète et producteur français Claude CARRERE naît sous le nom de Claude Ayot le 21 décembre 1936 à Clermont-Ferrand. Il se destine à une carrière artistique et, dès l’âge de 20 ans, il est engagé comme figurant dans le film « Je reviendrai à Kandara » de Victor Vicas, aux côtés de Daniel Gélin et François Périer. Mais c’est dans le domaine de la chanson qu’il va ensuite se faire remarquer en enregistrant, dès 1957, trois 45-tours sous le nom de Claude Carrère dont le fameux « Cigarettes, whisky et p’tites pépées », également interprété avec succès par Annie Cordy et Eddie Constantine.
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Intégré dans le milieu du show-business, il travaille pour les éditions musicales Raoul Breton où il rencontre l’auteur André Salvet. Il s’essaie à la composition et propose une chanson à Richard Anthony qui gagne un festival avec celle-ci. A l’affût du moindre nouveau talent, il se dit que ce serait bien de devenir le producteur d’une nouvelle idole « yé-yé » à la mode. Il découvre alors une jeune vendeuse de bonbons qui s’appelle Annie Chancel et qui a plutôt une voix intéressante. Le 15 Septembre 1962, il signe un contrat d’exclusivité avec le directeur artistique Jacques Plait et il devient le producteur de Sheila qui est priée d’oublier son patronyme d’Annie Chancel. Il lui écrit ses premiers tubes comme « L’école est finie ».
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La chanteuse devient salariée à des conditions qu’elle dénonce 20 ans plus tard au cours d’un procès retentissant. Au début des années 1970, alors que Sheila n’a connu que des succès, Claude Carrère devient producteur indépendant en créant son propre label puis en distribuant lui-même ses disques. Entre 1972 et 1989, il va produire et/ou distribuer des artistes aussi divers que Ringo, Roméo, Santiana, Carène Chéryl, Mathias, Sacha Distel, Dalida, Gérard Lenorman, Art Sullivan, Linda De Suza, Claude François, Gérard Berliner, Rika Zaraï, Salvatore Adamo, Marie-Paule Belle et bien d’autres. Le 13 février 1973, il organise le plus médiatique des mariages du show-business français entre Sheila et Ringo.
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Dans les années 1980, sous l’impulsion de Roger Meulemans (ex-directeur de Vogue Belgique) épaulé par Gigi Bastin pour la promotion, une filiale discographique belge porte le nom de Carrère et commercialise les 45-tours d’un bon nombre d’artistes locaux comme Jacky Goethals, Jacques Nuovo, Doudoul, Frank Michaël, Sandra Kim, le Grand Jojo, Franck Olivier, Nathalie Pâque, etc. En 1986, Claude Carrère sent le vent tourner et pense que l’avenir est à l’image et plus particulièrement à la vidéo. Il crée alors la société Carrère Télévision qui produit des émissions télévisées françaises comme « Avis de recherche », « La roue de la fortune », « Des racines et des ailes », « Envoyé spécial », « Le droit de savoir » ou encore « Succès fous » (émission de variétés proposée, au début des années 1990, par Guy Lux et présentée par Christian Morin, Philippe Risoli et Patrick Roy).
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A la même époque, Claude Carrère s’associe à Michel Lafon pour publier des livres comme ceux de Linda De Suza (« La valise en carton »), Danièle Gilbert (« Je reviendrai ») ou Rika Zaraï (« Ma médecine naturelle »). A la fin des années 1980, Claude Carrère vend tout son catalogue discographique au groupe Warner mais il garde un droit de regard en restant le vice-président. En 1995, Carrère Télévision devient Carrère Group et s’ouvre à des productions comme le film d’animation « Kirikou et la Sorcière » mais aussi des séries télévisées telles que « Maigret », « Le Juge est une femme », et des magazines comme « C’est pas sorcier » et « Arrêt sur images ». C’est à Paris que Claude Carrère décède le 9 avril 2014 de mort naturelle. Ses restes reposent au colombarium du cimetière parisien du Père Lachaise.
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BERGER Michel

Michel Berger

Le pianiste, auteur-compositeur-interprète, directeur artistique et arrangeur musical français Michel BERGER naît sous le vrai nom de Michel Jean Hamburger le 28 novembre 1947 à Neuilly-sur-Seine. Fils du professeur de médecine et néphrologue Jean Hamburger et de la concertiste Annette Haas, le petit Michel va à l’école à Paris et passe régulièrement ses vacances en Suisse. Alors qu’il a à peine seize ans, sa passion pour la musique et la chanson l’amènent à enregistrer un disque typiquement « yé-yés » avec les titres « Amour et soda » et « Tu n’y crois pas ».

Le succès est très limité malgré le fait qu’il enregistre quelques 45-tours par la suite jusqu’en 1966. Il décide alors de marquer une pause et de se tourner vers d’autres artistes avec qui il va travailler musicalement. Il compose, en 1967, « Les girafes » que chante Bourvil puis, sous un nom d’emprunt, il écrit une mélodie pour un inconnu qui se nomme Jean-François Michaël et qui, en interprétant « Adieu Jolie Candy », en fait le « tube » de l’année 1969. Dans le même temps, Michel termine ses études de philosophie en obtenant, à 21 ans, sa maîtrise sur l' »Esthétique de la pop music » en comparant les deux derniers albums de Jimi Hendrix. En 1972, il est engagé comme directeur artistique chez Warner France (WEA : Warner, Elektra, Atlantic) et y produit les deux premiers albums de sa compagne d’alors qui a pour nom Véronique Sanson.
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Un an plus tard, il chapeaute la réalisation du nouvel album de Françoise Hardy qui, avec « Message personnel », voit sa carrière savamment relancée.
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Toujours en 1973, il enregistre une chanson qui devient un grand succès: « Ecoute la musique ».
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En 1974, on lui présente France Gall dont la carrière patine et dont le contrat discographique avec Pathé Marconi est en bout de course. Il lui écrit « Ma déclaration d’amour » et il tombe amoureux d’elle.
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Il produit désormais tous ses albums dont il écrit et compose toutes les chansons. Et, cerise sur le gâteau, il l’épouse le 22 juin 1976. A ce moment, il crée une comédie musicale qui a pour titre « Emilie ou la petite sirène 1976 » et qui sert de prétexte à une émission de la télévision française produite par Maritie et Gilbert Carpentier. France Gall et Michel Berger y chantent en duo, « Ca balance pas mal à Paris », qui est un « tube ».
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Cette idée de comédie musicale donne envie à Michel de pousser les choses un peu plus loin. Il décide de s’atteler à un opéra-rock avec la complicité de l’auteur canadien Luc Plamondon. En 1979 a lieu la première représentation à Paris de « Starmania » où l’on découvre toute une série de jeunes talents français et québécois: Claude Dubois, Diane Dufresne, Daniel Balavoine, Nanette Workman, Eric Estève et Fabienne Thibeault.
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Alors qu’il commence à connaître de grands succès personnels depuis 1974, Berger va accroître sa popularité dans les années 1980 avec des chansons comme « La Groupie du pianiste », « Quelques mots d’amour », « Celui qui chante », « Mademoiselle Chang », « Maria Carmencita », « Voyou » et « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux ».
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Diversifiant toujours un maximum de ses activités, il accepte l’invitation de Johnny Hallyday qui lui demande de produire son album en 1985. Berger écrit, compose et réalise l’opus intitulé « Rock ‘n’ Roll Attitude » dont la chanson « Quelque chose de Tennessee » fait un carton.
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Il met aussi en scène le spectacle de Johnny qui va suivre en 1987 à Bercy ainsi que la tournée de France Gall en 1988. La même année, une nouvelle version de Starmania est présentée à Paris avec, dans les rôles principaux, Maurane, Renaud Hantson et Sabrina Lory. Deux ans plus tard, il retrouve Luc Plamondon pour composer avec lui un nouveau spectacle musical dédié à James Dean. « La légende de Jimmy » est mise en scène par Jérôme Savary avec, à l’affiche, des artistes comme Diane Tell, Renaud Hantson, Tom Novembre et Nanette Workman.
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En 1990, Michel Berger connaît à nouveau un grand succès personnel avec la chanson  » Le paradis blanc ».
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Comme ils en rêvent depuis longtemps, France Gall et Michel Berger entreprennent alors l’enregistrement de tout un album en duo: « Double jeu ». Cet opus est commercialisé en juin 1992 et les premières chansons sont diffusées dans l’émission télé de Michel Drucker « Stars 90 »: « Superficiel et léger » et « Laissez passer les rêves ».

Le 2 août 1992, à la fin d’une partie de tennis jouée sur son court privé de Ramatuelle dans le sud de la France, Michel Berger meurt d’une crise cardiaque. Il est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris le 6 août 1992 dans la plus grande discrétion demandée par ses proches.
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En 2012 la mairie de la capitale française lui rend hommage en donnant son nom à une allée du parc Monceau. Trois ans plus tard, France Gall réalise un autre rêve: celui de mettre sur pied un spectacle musical consacré aux chansons de Michel Berger: « Résiste » est présenté au Palais des Sports de Paris à partir du 4 novembre 2015. Une grande tournée de ce spectacle musical est alors mise sur pied avec succès dans les pays francophones européens.
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NOUGARO Claude

Claude Nougaro en 1964 – Photo (c) Suzy Souchon

L’auteur et chanteur français Claude NOUGARO naît le 9 septembre 1929 à Toulouse dans un milieu musical et artistique puisque son papa est chanteur d’opéra et sa maman professeur de piano. Il est élevé par ses grands parents paternels qui, tous deux, sont passionnés de musique et chantent dans une chorale. Rien d’étonnant dès lors dans le fait que le petit Claude s’éveille musicalement grâce à Edith Piaf et aux grands noms du jazz américain qu’il entend à la radio de l’époque: la TSF. Après la seconde guerre mondiale, il s’improvise journaliste à Paris et devient correspondant pour plusieurs journaux de province. Au hasard des rencontres, il se découvre des talents d’auteur et commence à écrire des chansons pour des artistes déjà réputés comme Marcel Amont ou Philippe Clay. Il fait aussi la connaissance de Georges Brassens avec qui il se lie d’amitié. Il croise aussi la route du musicien Michel Legrand et, ensemble, ils écrivent les chansons que Claude Nougaro va se décider à chanter lui-même et enregistrer sur un premier disque 33 tours qui ne connaît qu’un faible succès en 1958. Avec ces chansons-là, il se produit aussi pour la première fois sur scène dans des cabarets parisiens. Au début des années 1960, il se fait remarquer par Eddie Barclay qui l’engage dans sa maison de disques. Et, dès 1962, le premier album enregistré sous ce label est un très grand succès pour Nougaro qui y interprète « Une petite fille » et « Cécile ma fille » entre autres.

Fidèle à Michel Legrand mais aussi à d’autres compositeurs comme Jacques Datin, Claude Nougaro va alors s’imposer petit à petit comme l’une des nouvelles valeurs sûres de la chanson française. Avec un réel talent, il y introduit ainsi la touche de jazz qui en était encore souvent absente et il s’attache à faire swinguer les mots autant qu’à les faire rimer. Ses succès ont pour titre « Le jazz et la java » (que chantent aussi Marcel Amont et Yves Montand), « Le cinéma », « Les mains d’une femme dans la farine », « Quatre boules de cuir », « Chanson pour Marilyn », « Je suis sous », « Les Don Juan » ou « Armstrong ».

Il sympathise alors avec le poète Jacques Audiberti qui devient pour lui une référence, un maître. En 1964, il se rend au Brésil où il découvre toute la magie des nouvelles sonorités sud-américaines et des percussions. Il se produit ensuite à Paris sur diverses scènes comme celles de l’Olympia ou du Théâtre de la Ville. Les grèves et manifestations parisiennes de mai 1968 lui inspirent ensuite la chanson « Paris Mai » et sa ville natale le magnifique hymne « Toulouse ».

Les années 1970 seront aussi ponctuées de grands succès comme « Brésilien », « Ah tu verras », « Dansez sur moi », « L’île de Ré », etc.

La début de la décennie suivante va être plus difficile et, au milieu des années 1980, la firme Barclay ne renouvelle pas le contrat de Claude Nougaro. L’artiste se remet alors totalement en question: il vend son domicile parisien et part pour New York en quête de nouvelles inspirations musicales. C’est Philippe Saisse, musicien français installé là-bas depuis longtemps, qui l’accueille et lui fait découvrir ce nouvel univers tant espéré qui passe par un mélange de jazz, de funk et de disco. Avec lui et le producteur Mick Lanaro, le chanteur conçoit cet opus nouveau, « Nougayork », signé chez Warner et qui débarque chez les disquaires en 1987. Le succès est d’emblée au rendez-vous et, en 1988, le chanteur reçoit les Victoires de la musique pour le meilleur album et comme meilleur artiste de l’année.

La popularité de Claude Nougaro va se maintenir alors au même niveau pendant des années, jusqu’à son décès en 2004. En 1995, il doit subir une opération cardiaque puis, en 2003, on lui découvre un cancer du pancréas. Un an plus tôt, il s’est lancé dans une nouvelle aventure scénique avec « Les fables de ma fontaine », un spectacle où il récite des textes de ses chansons sans musique.

Alors que la maladie commence à le perturber, il entame la réalisation d’un vieux rêve: l’enregistrement d’un album de jazz qu’il parvient à faire signer par le prestigieux label Blue Note. Malheureusement, le musicien ne verra pas la sortie de cet album, « La note bleue », qui est commercialisé le 30 novembre 2004, soit huit mois après son décès.

C’est en effet le 4 mars 2004 que Claude Nougaro meurt à l’âge de 74 ans. Ses funérailles sont célébrées dans sa ville natale de Toulouse, en la basilique Saint-Sernin, dont le carillon joue la chanson de Nougaro célébrant la « ville rose ». Et ses cendres sont ensuite dispersées dans la Garonne.

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CASTELAIN Jean-Pierre

Jean-Pierre Castelain en 1983

L’auteur, compositeur, interprète et musicien français Jean-Pierre CASTELAIN est né le 20 décembre 1946 à Haut-Arques. Bien qu’excellent interprète des chansons qu’il écrit et compose, Jean-Pierre est surtout connu pour avoir été l’orchestrateur et arrangeur de bon nombre d’artistes français majeurs comme Françoise Hardy, France Gall ou Michel Berger entre autres. Il passe son enfance dans le Pas-de-Calais à la campagne où, petit garçon, il joue du tambour dans la fanfare municipale avant d’entamer des études secondaires en ville. Comme c’est la mode en ce début des années 1960, il se passionne pour la guitare et, plus particulièrement, la guitare électrique. En 1965, il fait partie d’un groupe de sa région natale: les « Yeomen ». Un an plus tard, et ça ne s’invente pas vu ses origines, Jean-Pierre est guitariste chez « Les Bourgeois de Calais » qui connaissent un bon petit succès en France.

Avec quelques membres de ce groupe, il part à Paris pour y créer, en 1967, le groupe « Les Fleurs de Pavot » qui, comme son nom semble l’indiquer, va livrer de la musique psychédélique: une première en français. Le 33 tours reprend des titres comme « Psycha bourrée », « La force fait l’union », « Dites-le avec des fleurs de pavot », Super Gril » ou « Hippies nous voilà ». Jean-Pierre Castelain, alors surnommé « Zorba », est à la guitare et au chant. Il interprète les chansons souvent signées par Jean-Claude Vannier et enregistrées par le « géant » Bernard Estardy au Studio de la Grande Armée à Paris.

Le disque est le coup unique d’un producteur et Castelain décide alors d’entamer une carrière de chanteur soliste. En 1969, il enregistre un premier 45 tours chez Vogue. Les chansons ont pour titres « Comme un bébé » et « Même si je voulais ». Elles sont musicalement proches de celles de Ronnie Bird. Cela ne marche pas du tout et l’artiste replonge dans l’anonymat de ceux qui sont derrière les chanteurs.

Jusqu’en 1972. Date à laquelle il parvient à signer l’enregistrement d’un album chez Warner France. Jean-Pierre Castelain y joue de tous les instruments et réalise ce qui est peut-être l’un des premiers disques pop en français comme en témoigne un des titres de l’album « De mes yeux vu »: « J’suis dans la pop music ». L’opus connaît un beau succès d’estime auprès des professionnels sans plus.

Il est suivi d’un 45 tours (« Monsieur Dugenou ») avant que Castelain n’enregistre deux autres simples avec l’Electric Max Band en 1972 et 1973. Parallèlement, en 1973 toujours, il collabore activement au succès du premier album de Jeanne-Marie Sens dont il écrit les chansons comme « En plein coeur ».

Plus tard, il réalise aussi quelques disques destinés au jeune public avec la même Jeanne-Marie Sens. Il travaille alors également pour la chanteuse Christine Corda et le chanteur Denis Pépin. En 1974, il s’entoure des musiciens du « Système Crapoutchik » pour enregistrer, à nouveau sous son nom, l’album « Albéria ou l’histoire d’Albert »: le héros de cette histoire est un gars qui, après être né par -20°C, va devenir un exemplaire agent des Postes avant de terminer sa vie édenté et obligé de consommer de la purée en permanence. Le disque est encensé par la critique mais totalement boudé par le public.

Un an plus tard, toujours plus ambitieux, Jean-Pierre Castelain sort cette fois un double album intitulé « Le miroir » avec des textes importants.

Presque simultanément, toujours en 1975, il enregistre un 33 tours consacré aux enfants: « La souris s’en va t’en guerre ».

En 1978, il crée sa propre société de production, Spartacus, qui s’occupe de ses disques et de ceux d’autres artistes comme Emmanuel Booz par exemple. C’est d’ailleurs sous ce nouveau label qu’il sort l’album « Le funambule » en 1979 avec des accents de jazz-rock. Deux ans plus tard, alors que la France s’apprête à élire un président de gauche, François Mitterrand, Jean-Pierre Castelain commercialise un 45 tours dont le titre principal est « Je donnerai ma voix ». En 1982 paraît l’album « De bric et de broc », avec la chanson « Babylone », qui obtient, lui aussi comme les précédents, un enième succès d’estime sans vraiment rencontrer le public.

Plutôt déçu par toutes ses aventures d’interprète sans lendemains, il achète un studio d’enregistrement pour produire de la musique publicitaire et ce travail l’occupe de plus en plus. Il réalise des mélodies de pubs pour Raider, Mars, Président et Renault entre autres. Il se consacre aussi à composer et à réaliser quelques génériques d’émissions de télé françaises. Epuisé par tant de boulot en si peu de temps, il se retire un moment dans le calme des îles tropicales avant de revenir travailler au studio Aquarius à Genève pour des artistes comme Hugues Aufray, Phil Collins, Duran Duran, Jacques Higelin, Catherine Lara, Claude Nougaro ou Zucchero entre autres. En 1991, on le retrouve comme compositeur et instigateur d’un 45 tours enregistré par toute une série d’artistes au profit de l’UNICEF sous le titre « L’enfant de demain ». La voix de Jean-Pierre Castelain y côtoie celles de Manu Dibango, Jocelyne Beroard, Louis Bertignac, Jane Birkin, Robert Charlebois, Hervé Cristiani, Idrissa Diop, Jean Guidoni, Jacques Higelin, Khaled, Francis Lalanne, André Lamy, Herbert Léonard, Jeane Manson, Gilbert Montagné, N’Zongo Soul, Nicoletta, Yannick Noah, Sabine Paturel, Roé et Touré Kunda. Après des années de travail pour les autres, Jean-Pierre Castelain revient à la chanson en 2004 avec un album édité à compte d’auteur et intitulé « Citoyen du monde » où il reprend, notamment, la chanson de 1981 « Je donnerai ma voix ». La même année, il ouvre la « Ch’ti Académy » dans sa région natale du Pas-de-Calais: il y initie les enfants à la musique, la danse, le théâtre et la poésie. Le 3 août 2019, Jean-Pierre Castelain meurt à Carcassonne. Pour en savoir plus sur la carrière et la discographie de Jean-Pierre Castelain, CLIQUEZ ICI.

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4 AVRIL

Anthony Perkins : la pochette du 45 t de 1962 – Photo (c) Nicolas Tikhomiross

4 avril 1932 : Naissance, à New York, de l’acteur américain Anthony PERKINS. En tant que comédien, Anthony Perkins s’est rendu définitivement célèbre par son interprétation du rôle principal dans le film d’Alfred Hitchcock : « Psychose ». Parallèlement à sa carrière d’acteur, vers le milieu des années 1950, Anthony Perkins commence à enregister ses premiers disques sur lesquels on découvre une belle voix de crooner. Il grave ainsi plusieurs microsillons tendance jazzy et enregistre également quelques 45 tours en français, dont une version très personnelle de « Il n’y a plus d’après » de Guy Béart (1962) ou encore « Quand tu dors près de moi », basée sur une mélodie de Johannes Brahms. Anthony Perkins est mort le 12 septembre 1992 à Hollywood.

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Daran en 2012

4 avril 1959 : Naissance à Turin, en Italie, du chanteur et compositeur français DARAN dont c’est le véritable nom, son prénom étant Jean-Jacques. Son père est alors négociant en montres suisses. Musicien dans l’âme, le petit Jean-Jacques a à peine sept ans lorsqu’il s’essaie à jouer du Santana sur sa guitare. A 17 ans, il quitte l’Italie pour vivre en France, à Chambéry. Sa passion pour la musique ne fait que s’amplifier même si elle ne débouche pas tout de suite sur la formation d’un groupe, la prestation de concerts ou l’enregistrement d’un disque. Car c’est en effet à 30 ans que Daran se décide à composer sur les textes d’une amie chanteuse et auteure: Alana Filippi. L’artiste se pique au jeu et se rend compte que c’est peut-être sa vocation. Il décide alors de fonder un groupe en 1991: Les Chaises. D’emblée engagé par la multinationale Warner, le groupe enregistre un premier disque intitulé « J’évite le soleil » qui est remarqué par les professionnels des médias. Un deuxième album, « Huit Barré », sort en 1994 et la chanson « Dormir dehors » est un « tube ».

Après cet énorme succès, le groupe explose pour libérer Daran de toute contrainte. Car sa carrière est alors lancée et elle sera une sorte d’épreuve de fonds jamais jalonnée de succès calculés et réguliers. Deux ans plus tard, l’album intitulé « Déménagé » installe un peu plus la popularité de Daran et, en 2000, les chansons acoustiques d' »Augustin et Anita » permettent à leur interprète de se produire en juillet au Festival d’Eté de Québec.

Daran vit alors un véritable coup de foudre pour cette partie francophone du Canada. L’album « Pêcheurs de Pierre » qui sort en 2003 marque un tournant pour Daran qui travaille avec le parolier Pierre-Yves Lebert alors que tous ses textes ont jusque-là été écrits par Alana Filippi. Les années qui suivent permettent à Daran de surtout composer pour les autres. Il enrichit ainsi de ses mélodies les répertoires de Maurane, Florent Pagny, Sylvie Vartan, Johnny Hallyday ou Michel Sardou. Le chanteur revient à sa carrière en 2007 avec l’album « Le petit peuple du bitume » qui contient des envolées musicales incroyables et des solos instrumentaux étonnants. En juillet 2008, les Francofolies belges de Spa proposent à l’artiste un spectacle « carte blanche » où il invite ceux avec qui il a l’envie de partager la scène Pierre Rapsat: MC Solaar, Stanislas, Maurane, Kad Merad ou Calogero par exemple. En novembre 2009, une bande dessinée signée Michel Alzéal, et dont le titre est « Couvert de poussière », est basée sur une histoire originale reprenant des chansons de Daran. Un disque laser « compilation » de chansons accompagne le livre. En octobre 2010, au cours d’une interview livrée au journal « Le Devoir » de Montréal, Daran déclare avoir décidé de s’installer avec sa compagne au Québec. Autre exercice pour le compositeur en 2011: il signe la musique du premier film de Kad Merad, « Monsieur Papa ». A la fin de cette même année, l’artiste réalise une tournée de plusieurs mois au Québec. Et, à la fin de cette aventure, comme pour y associer un souvenir éternel, Daran enregistre, avec ses musiciens et dans les conditions du direct, un nouvel album qu’il appelle « L’homme dont les bras sont des branches ». Cet opus est commercialisé en Europe en mai 2013 et lui permet de se présenter sur scène dans des festivals estivaux comme les Francofolies de Spa en Belgique. En octobre 2014, au Québec, sort l’album « Le monde perdu ». Depuis, Daran s’est produit à de nombreuses reprises sur scène avec un spectacle où il mêle des versions acoustiques de ses chansons avec des animations vidéos totalement réussies.

En septembre 2017, l’artiste commercialise son dixième album qui a pour titre « Endorphine ». Et, durant l’été 2018, Daran est à nouveau programmé pour des prestations dans le cadre des festivals d’été comme, par exemple, les Francofolies de Spa, dont il est un ami habitué, le 21 juillet.

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