DELPECH Michel

Michel Delpech en 1987. Photo (c) Juliette Pont

Le chanteur français Michel DELPECH naît, sous le nom complet de Jean-Michel Bertrand Delpech, le 26 janvier 1946 à Courbevoie. Il est le premier né d’une famille de trois enfants fondée par un chromeur de métaux et une « femme au foyer » (comme on le dit à l’époque). Son enfance est partagée entre la région parisienne où il est né et la région de l’Aube où vivent ses grands parents maternels ainsi que la Sologne où se trouvent ses aïeux paternels. Au moment de sa scolarité, le petit Jean-Michel suit ses parents qui déménagent dans le Val d’Oise et il fréquente un collège puis un lycée de Pontoise. Il est alors de plus en plus passionné de musique et de chanson. Il apprécie particulièrement des artistes comme Luis Mariano, Charles Aznavour ou Gilbert Bécaud. Cela l’amène à créer un petit orchestre avec des copains d’études en 1963. Et, aussi, à quitter le lycée en 1964 pour tenter sa chance et passer une audition chez Vogue, maison de disques qui recherche des jeunes talents pour succéder à la vague des yé-yés qui s’essoufle. Cela se passe bien et il lui est proposé d’enregistrer un premier 45 tours avec la chanson « Anatole » qui sort donc en 1964.
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Michel Delpech a trouvé son nom d’artiste et il fait alors connaissance avec un compositeur de chansons : Roland Vincent. Il soumet à ce dernier un texte qu’il a écrit et où il se rappelle son adolescence, les années de lycée et le petit bistrot où les étudiants se retrouvaient à la fin des cours : « Chez Laurette ». La mélodie de Roland Vincent est superbe et colle merveilleusement aux paroles mais le disque qui sort en 1965, s’il passe pourtant beaucoup à la radio et fait connaître son interprète, n’est pas un succès de vente.
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La même année, Michel Delpech est engagé dans la troupe de la comédie musicale « Copains-clopant » qui est présentée à Paris, d’abord au théâtre de la Michodière puis au théâtre du Gymnase. L’artiste y fait la rencontre d’une chanteuse qui devient son épouse l’année suivante : Chantal Simon avec qui il partage le thème principal du spectacle. La chanson « Chez Laurette » est reprise dans la comédie musicale et elle devient un peu plus populaire. En 1966, le succès de Delpech s’intensifie avec l’enregistrement de la chanson « Inventaire 66 » mais aussi grâce aux prestations qu’il effectue en première partie de Jacques Brel qui fait ses adieux à l’Olympia de Paris.
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Johnny Stark, alors impresario de Mireille Mathieu, décide de lui donner un coup de pouce et l’emmène pour une tournée internationale où il assure les levers de rideau de la chanteuse d’Avignon jusqu’en URSS et aux USA. En 1968, le compositeur Jean-Jacques Debout met en musique le texte « Il y a des jours où on ferait mieux de rester au lit » et cette chanson obtient le Grand-Prix du disque de chanson française.
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Le succès s’amplifie donc petit à petit pour Michel Delpech mais il va lui falloir attendre le début des années 1970 pour qu’il s’installe durablement dans le paysage de la chanson francophone. Après les immenses « tubes » « Wight is Wight » et « Pour un flirt », les réussites vont s’accumuler et il passe en vedette à l’Olympia de Paris pendant trois semaines en janvier 1972.
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La fin de cette année-là est marquée par le succès de « Que Marianne était jolie ».
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En 1973, Michel Delpech et Chantal Simon, qui ont eu deux enfants, se séparent : avec son co-parolier Jean-Michel Rivat, qui vit lui aussi une rupture amoureuse, ils écrivent la chanson « Les Divorcés ». Le texte aborde un sujet très contemporain qui touche plusieurs centaines de milliers de personnes : autant de 45-tours sont vendus de ce titre phare de la carrière du chanteur.
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La popularité de l’artiste s’installe alors définitivement avec « Je l’attendais », « Le chasseur », « Ce fou de Nicolas », « Tu me fais planer », « La fille avec des baskets » ou « Le Loir et Cher ».
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Mais ces succès n’éludent pas le mal-être qui s’est emparé du chanteur depuis son divorce et qui va s’amplifier avec le suicide de son ex-épouse. La période est très difficile sur le plan personnel et professionnel. Elle passe par la dépression, la consommation d’alcool et de stupéfiants ainsi que par la quête d’une spiritualité parfois douteuse qui pourrait le « guérir ». En 1979, alors qu’il est en pleine tourmente, il sort un album de reprises en français de tubes « anglo-saxons » comme « Trente manières de quitter une fille », « Kodachrome », « C’est ta chanson », « T’as un ami » ou « Daniel » avec, en bonus, un titre original composé par Julien Lepers : « Vu d’avion un soir ».
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Calmement, lentement mais sûrement, Michel Delpech poursuit alors sa carrière avec des chansons intéressantes et plus mûres mais qui ne créent pas l’engouement d’antan auprès du public. Il faut ainsi attendre 1985 pour que le titre « Loin d’ici » le ramène dans les meilleures ventes de disques.
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La même année, il épouse Geneviève Charlotte Marie Garnier-Fabre, une artiste peintre et médium rencontrée quelques mois plus tôt. En 1986, un nouvel album est dans les bacs : « Oubliez tout ce que je vous ai dit ». Ce dernier opus vinyle de sa carrière est composé d’une série de chansons orchestrées de manière très contemporaine avec des sonorités complètement électroniques. La suite du répertoire de Delpech va être gravé sur disque compact et l’opportunité est belle, en passant sous le label Tréma, de réenregistrer tous ses grands succès pour les faire figurer sur un CD de compilation en 1989. Un an plus tard, la chanson « J’étais un ange », signée par Didier Barbelivien, se vend très bien et l’album « Les voix du Brésil », qui est commercialisé en 1991, bénéficie aussi d’une belle promotion en radio et en télévision dans les pays francophones.
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Après six ans d’absence médiatique et publique, Michel Delpech publie l’album « Le roi de rien » en 1997. Certains des titres sont écrits par des artistes de la nouvelle génération comme Pascal Obispo ou Jean-Louis Murat. Désormais, le chanteur évolue artistiquement selon ses désirs. Et, après la sortie de l’opus « Comme vous » en 2004, et des concerts au Festival des Vieilles Charrues ou aux Francofolies de La Rochelle, le succès est à nouveau au rendez-vous avec l’enregistrement, fin 2006, d’un album de ses grandes chansons interprétées en duo avec des collègues nommés Alain Souchon, Francis Cabrel, Julien Clerc, Bénabar, Cali, Michel Jonasz, Roberto Alagna ou Laurent Voulzy. Le disque donne même lieu à un spectacle enregistré, sur CD et DVD, au Grand Rex à Paris en 2007. Une grande partie de ses compagnons de duo viennent alors le rejoindre sur scène et, mieux, son fils Emmanuel, né en 1990, l’accompagne comme guitariste.
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Deux ans plus tard, l’artiste sort un album de chansons nouvelles qui font référence à sa nouvelle condition de « Sexa ». Puis, en 2011-2012, Michel Delpech fait partie de la tournée nostalgique « Age tendre et tête de bois ».
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Quelques mois plus tard, la presse révèle que l’artiste est atteint d’un cancer de la langue et de la gorge. Ses apparitions en public se font beaucoup plus rares. Malgré une farouche volonté de vaincre la maladie, les nouvelles qui nous parviennent de lui sont de moins en moins bonnes au fil du temps. Parmi celles-ci, il y a cette annonce de Michel Drucker (à lire en CLIQUANT ICI), en juin 2015, qui prétend dramatiquement que le chanteur n’en a plus que pour quelques mois. Le 2 janvier 2016, Michel Delpech s’éteint à Puteaux en région parisienne. François Hollande, président de la République française, évoque dans son communiqué d’hommage la chanson « Que Marianne était jolie » que tous les Français ont encore dans le coeur. Quarante ans après la sortie du disque « Quand j’étais chanteur », le texte chanté par l’artiste sonne désormais un peu faux: il n’aura pas eu 73 ans, Mick Jagger n’est pas mort et Sylvie Vartan chante toujours. Mais il est bien vrai que, cette fois, pour lui, c’est fini… L’artiste est inhumé au cimetière parisien du Père Lachaise le 8 janvier 2016.
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13 MAI

AGLAE en 1957

13 mai 1933 : Naissance, à L’Epiphanie au Québec, de la chanteuse et comédienne canadienne AGLAË. Née Jocelyne Deslongchamps, la jeune chanteuse débute à l’âge de seize ans dans des cabarets montréalais sous le nom de Josette France. Et c’est là, en 1949, que le chanteur et pianiste français Pierre Roche, qui travaille alors avec le jeune Charles Aznavour, la découvre. C’est le coup de foudre et ils se marient en 1950. En 1952, elle suit le musicien et s’installe avec lui à Paris. A partir de cette année, elle va enregistrer des chansons qui vont la rendre très populaire. Avec Michel Legrand, elle enregistre une chanson de Lionel Daunais qui a pour titre « Aglaé ». Le morceau atteint un tel succès que la vedette québécoise Félix Leclerc conseille à la jeune femme de prendre ce nom comme pseudonyme d’artiste. Sa popularité l’amène à chanter dans les music-halls parisiens de Bobino et de l’Olympia. Très vite, sa carrière prend des proportions internationales et elle se produit en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Ses caractéristiques vocales et ses goûts l’orientent ensuite vers l’opérette et elle apparaît en 1955 aux côtés de Tino Rossi dans « Méditerranée » de Francis Lopez. En 1960, elle joue aussi au théâtre de l’ABC à Paris dans « Coquin de printemps » de Guy Magenta. En 1963, elle quitte Paris pour retourner vivre au Québec.

Au Canada, elle enregistre plusieurs succès: « Marie-toi », « À présent tu peux t’en aller », « Dans mes bras oublie ta peine » en 1964 et « On se quitte » ou « La bague au doigt » en 1965. Si Aglaé décide de mettre un terme à sa carrière de chanteuse en 1966, elle apparaît encore ensuite sur des compilations discographiques comme en 1975 à l’occasion de la « Soirée Québécoise du Temps des Fêtes ». Aglaë a ensuite poursuivi son travail de comédienne au Canada et ce jusqu’à sa mort à l’âge de 50 ans le 19 avril 1984 à Montréal.
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Ria Bartok en 1964 – Photo (c) Patrick Bertrand

13 mai 1967 : dernier concert en France de Ria BARTOK. Ayant beaucoup de mal à rivaliser avec d’autres chanteuses de l’époque yé-yé comme Sylvie Vartan, Sheila, Françoise Hardy, France Gall, Jacqueline Taieb, Alice Dona ou Stella, Ria Bartok connaît toutefois un véritable « tube » avec « Et quelque chose me dit », adaptation française d’un titre anglo-saxon. Elle a enregistré des disques entre 1963 et 1965. Elle décède dans un incendie en 1970.

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Album posthume de 2008

Album posthume de 2008

13 mai 1983 : Naissance, à La Tronche, du chanteur français Grégory LEMARCHAL. Alors qu’il est à peine âgé de 20 mois, les médecins découvrent qu’il est victime de la mucoviscidose. Et, comme un défi lancé à la mort, le petit garçon puis l’adolescent n’aura de cesse de repousser les limites imposées par ses problèmes respiratoires importants. Il pratique le basket-ball puis la danse de rock acrobatique. Intéressé par la chanson, il se présente à la sélection du crochet télévisé « Graines de stars » sur la chaîne privée française M6. En y interprétant « Le chanteur » de Balavoine, il ne se qualifie pas mais devient un peu connu dans sa région natale de Grenoble. A seize ans, cela lui permet de passer en lever de rideau de concerts locaux où des artistes célèbres se produisent. Les propositions artistiques et les castings se multiplient comme ceux de la comédie musicale « Adam et Eve » et de « Belles belles belles » en 2003. Mais sa résistance physique l’empêche à chaque fois de se lancer dans pareille aventure. Alors, il se tourne vers la Star Academy de la chaîne de télé privée française TF1 à laquelle il participe dès septembre 2004. Et il va vraiment marquer l’émission de ses prestations par ses qualités vocales exceptionnelles soulignées par tous ses partenaires de duos: Hélène Ségara, Serge Lama ou Patrick Bruel entre autres. Ayant franchi toutes les étapes avec brio, il finit par remporter la finale le 22 décembre 2004 face à Lucie Bernardoni et il est ainsi le premier garçon à remporter la Star Academy française. Cette victoire lui permet d’enregistrer un album, « Je deviens moi », qui sort en 2005 et qui comporte un « tube »: « Écris l’histoire ».

Grâce aux ventes extraordinaires, l’album est certifié double disque d’or en France. A ce moment, nouveau défi, Grégory Lemarchal part en tournée avec la Star Academy durant trois mois. En janvier 2006, il est consacré Révélation francophone de l’année aux NRJ Music Awards. Malgré la fatigue qui s’accumule, sa passion le pousse à effectuer ensuite une tournée de l’Europe francophone en mai et juin 2006, avec un passage très remarqué de trois jours à l’Olympia de Paris. Ce concert fait l’objet de la sortie d’un album à la fin 2006. La santé de Grégory décline de plus en plus mais il trouve encore la force de participer à l’émission célébrant la 100e soirée de la Star Academy en janvier 2007. Quelques semaines plus tard, le jeune chanteur annonce faire une pause dans sa carrière pour mieux préparer son deuxième album dont il enregistre les premières chansons en mars. Le 30 mars 2007, il rejoint Hélène Ségara sur scène pour la première date de sa tournée et il interprète avec elle « Vivo per lei ». Son état de santé se dégrade alors subitement et il est hospitalisé d’urgence le 2 avril à l’hôpital Foch de Suresnes. Une greffe des poumons est absolument nécessaire pour le guérir. Mais celle-ci tarde et, le 29 avril, il est placé dans un coma artificiel en attendant la greffe qui n’arrivera finalement pas. A 23 ans, Grégory Lemarchal meurt le lundi 30 avril 2007 à 13 heures. Ses obsèques se déroulent en la cathédrale Saint-François-de-Sales de Chambéry le 3 mai 2007. Il est inhumé au cimetière de Sonnaz, près de Chambéry. Des albums posthumes constitués d’inédits, de reprises et de titres non commercialisés sortent en 2008 (« La voix d’un ange ») et 2009 (« Rêves »). Depuis juin 2007, ses parents ont constitué « l’association Grégory Lemarchal » dans le but de lutter contre la mucoviscidose. Et, régulièrement, des hommages télévisés sont rendus au jeune chanteur afin de créer des appels à la solidarité et aux fonds.
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Eddie Barclay en 1960 (c) Herman Léonard

13 mai 2005 : Décès, à Paris, de Eddie BARCLAY, né Edouard Ruault le 26 janvier 1921. Chef d’orchestre, compositeur mais surtout mieux connu comme producteur phonographique et pour ses nombreux mariages et fêtes « people », ce bon vivant s’éteint à l’âge de 84 ans. Au retour d’un voyage aux Etats-Unis, c’est lui qui a importé en France les premiers 45 tours microsillon à la fin des années 1950 en créant la maison de disques Barclay. C’est lui aussi qui découvre, fait enregistrer, donne la chance et développe la carrière d’un nombre impressionnant de vedettes françaises : Dalida, Jacques Brel, Charles Aznavour, Léo Ferré, Hugues Aufray, Eddy Mitchell, Michel Delpech, Daniel Guichard, etc. C’est lui, enfin, qui crée aussi, en France, le service promotion qui permet aux labels discographiques d’offrir des exemplaires de disques aux radios pour qu’elles les programment éventuellement. Malgré la célèbre intuition de l’homme au cigare, certains artistes n’ont toutefois connu le succès qu’après être passé dans l’écurie Barclay: c’est le cas de Michel Sardou et de Dave par exemple. Il est inhumé au cimetière marin de Saint-Tropez.

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