25 FEVRIER

Valérie Lagrange en 1985 – Photo (c) Richard Schroeder

25 février 1942 : Naissance, à Paris, de l’actrice et chanteuse française Valérie LAGRANGE, née sous le nom de Danielle Charaudeau. Adolescente, elle rêve de rock and roll et de cinéma. Et, à 17 ans, elle tourne aux côtés de Bourvil dans le film « La jument verte » de Claude Autant-Lara. Cette première expérience cinématographique est plutôt réussie et en engendre d’autres alors que Valérie se tourne aussi vers le théâtre classique en jouant, notamment, « Le misanthrope » de Molière. Alors qu’elle obtient un rôle dans « Un homme et une femme » de Claude Lelouch en 1966, elle entame une carrière de chanteuse en interprétant notamment du Francis Lai (« Encore un jour de notre amour ») ou du Serge Gainsbourg (« La guerilla »).

Elle enregistre quelques 45 tours puis s’éclipse une première fois du milieu artistique pour effectuer des voyages hippies. En 1972, elle revient à la musique avec « Si ma chanson pouvait », un titre qu’elle réenregistre cinq ans plus tard. En juin 1972, elle est à l’affiche du premier festival de Bièvres, au sud de Paris, avec Maxime Le Forestier qui en est la révélation. Un an plus tard, en compagnie du guitariste anglais Ian Jelfs, elle part en tournée avec Graeme Allwright et visite le répertoire de Cohen, Dylan et Donovan. En 1979, des maquettes de Valérie et Ian sont présentées à Richard Branson, le jeune directeur de la firme de disques Virgin à Londres. Ce dernier leur signe un contrat et, grâce à cela, au début des années 1980, Valérie Lagrange renoue avec le succès. Ses hits ont pour titre « A quoi tu sers » (1980), « Faut plus me la faire » (1980), « Toi » (1981) et « La folie » (1983).

Depuis toujours, la chanteuse oeuvre pour des causes humanitaires et c’est bien logiquement qu’elle met sur pied avec Renaud et Franck Langolff l’opération « SOS Ethiopie » avec le disque collectif français « Chanteurs sans frontières » en 1985. Quatre ans plus tard, après avoir absorbé des médicaments, Ian Jelfs sombre dans le coma et s’en réveille tétraplégique et muet. Valérie passe alors de nombreuses années à ses côtés pour l’aider dans sa rééducation. En 2000, l’artiste rencontre Benjamin Biolay et, ensemble, ils réalisent l’album du quatrième retour à la chanson de Valérie Lagrange: « Fleuve Congo » qui est commercialisé en 2003. L’opus n’obtient pas le succès escompté et Valérie Lagrange se retire à nouveau. En 2009, elle épouse son compagnon de 35 ans, Ian Jelfs.
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En 1979

25 février 1945 : Naissance, à Strasbourg, du chanteur français Herbert LEONARD sous le nom d’Hubert Lœnhard. Le jeune Alsacien commence sa carrière dans des groupes de sa région natale (les « Jets ») avant de rejoindre Paris et de devenir membre du groupe « les Lionceaux ». C’est alors le début des années 1960 et l’époque des yé-yés où les groupes sont aussi nombreux qu’éphémères. Comme c’est le cas pour les Chaussettes Noires avec Eddy Mitchell ou les Chats Sauvages avec Dick Rivers, Herbert Léonard finit par quitter les Lionceaux pour entamer une carrière de chanteur soliste. On est alors au milieu des sixties et le chanteur oriente son répertoire vers des reprises de rhythm’n’blues anglo-saxonnes. Il connaît le succès avec « Quelque chose en moi tient mon coeur » ou « Pour être sincère ».

Les spectacles, galas et tournées se multiplient pour lui mais, en mars 1970, il est victime d’un grave accident de la route à Basècles en Belgique. Sa carrière est interrompue par cet événement inattendu et l’artiste va éprouver beaucoup de difficultés à revenir au premier plan ensuite. Il décide alors de se consacrer à sa passion pour l’aéronautique en écrivant des articles sur le sujet dans un magazine spécialisé. Contre toute attente, au début des années 1980, l’animateur de radio français Julien Lepers (qui ne présente pas encore le célèbre « Questions pour un champion » à la télé) lui propose quelques chansons qu’il a composées sur des textes de Vlyne Buggy. Parmi celles-ci, il y a « Pour le plaisir » qui devient immédiatement l’un des « tubes » de l’année 1981. L’album qui reprend la chanson se vend très bien et plusieurs de ses autres titres deviennent des succès dans la foulée: « Petite Nathalie » ou « Ca donne envie d’aimer » par exemple. Il n’en faut pas plus pour relancer la carrière d’Herbert Léonard qui va aller de succès en succès: « Ca pleure pas un homme », « Amoureux fous’ (en duo avec Julie Pietri), « Puissance et gloire » (de la série tv française « Chateauvallon »), « Quand tu m’aimes » ou « Je suis un grand sentimental ». L’artiste exploite alors un genre peu couru dans la chanson francophone: celui de la chanson érotique. Le succès est évident mais, après deux albums, la recette s’émousse et, suite à la disparition de l’excellent ingénieur du son Bernard Estardy, Herbert Léonard sort encore de nombreux albums boudés par le grand public. Ce dernier est toutefois très heureux de retrouver le chanteur dans ses succès éternels lors de la tournée « Age tendre et tête de bois » à laquelle Herbert participe à la fin des années 2000. En 2014, avec la sortie du superbe album « Demi-tour », le chanteur revient aux sources de son répertoire: le rhythm and blues à la française. Trois ans plus tard, en juin 2017, le chanteur inquiète son épouse Cléo, sa famille et ses admirateurs lorsqu’il est victime d’une embolie pulmonaire qui nécessite un placement dans le coma. Il passe de nombreux mois à l’hôpital avant que l’on annonce une amélioration et un retour à son domicile à la mi-septembre. Deux mois plus tard, il participe, avec une trentaine d’autres artistes français, à la croisière Age Tendre où il interprète à nouveau ses plus grands succès. En janvier 2020, Herbet Léonard rejoint la tournée « Age tendre » et parcourt toute la France en compagnie notamment de Michèle Torr, Pascal Danel, Jeane Manson, Christian Delagrange, Michel Orso, les Forbans et Claude Barzotti.
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Eddie Constantine en 1974 – Photo (c) C. Wallis

25 février 1993 : Décès à la suite d’un infarctus, à Wiesbaden en Allemagne, de l’acteur et chanteur français d’origine américaine Eddie CONSTANTINE à l’âge de 75 ans. Né le 29 octobre 1917 à Los Angeles en Californie d’un père russe et d’une mère polonaise, il se nommait réellement Edward Constantinowsky. Au début des années 1950, il entame à Hollywood une carrière d’acteur qui n’est pas une réussite et il décide alors de débarquer en France pour y essayer le cinéma mais aussi la chanson. Et, pour ce faire, il se produit dans les cabarets parisiens à la mode. Edith Piaf le remarque et lui demande de jouer à ses côtés dans la comédie musicale « La p’tite Lili ». Il commence aussi à traduire en anglais, pour la chanteuse, ses grands succès de l’époque comme « La vie en rose » ou « L’hymne à l’amour ». Mais c’est grâce au cinéma, et à son rôle de l’agent secret Lemmy Caution dans une série de films noirs, qu’il devient réellement célèbre en France. Et il profite ensuite de ce succès populaire pour revenir à sa passion pour la chanson. Et, dans ce domaine aussi, il connaît une certaine gloire avec des titres comme « Ca bardait » (1954), « Et bailler et dormir » (avec Jeff Davis en 1954), « Un enfant de la balle » (1955), « L’homme et l’enfant » (avec Tania Constantine en 1956) ou « Cigarettes, whisky et petites pépées » (1957). Dans les années 1960, Eddie Constantine va se consacrer presque exclusivement au cinéma et à son écurie de voitures de course. Et, au milieu de la décennie, il s’installe en Allemagne. Se considérant comme un véritable chanteur plutôt qu’un acteur, Eddie Constantine revient encore à la chanson en 1975 avec une chanson rythmée interprétée en français et en anglais: « Hit parade ». Il se fait ensuite plus discret à la fois au cinéma et dans la chanson. Et les dernières nouvelles que l’on reçoit de lui sont celles de son décès le 25 février 1993. L’homme n’était pas dénué d’humour comme en témoigne ci-dessous la reprise de son succès « L’homme et l’enfant » en duo avec Yves Montand à la télévision française dans une émission de Jean Nohain datée des années 1950.

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12 NOVEMBRE

Mort Shuman en 1982 – Photo (c) Bettina Rheims

12 novembre 1936 : Naissance à Brooklyn, aux Etats-Unis, du compositeur et interprète américain Mort SHUMAN. Mortimer commence à composer des chansons au milieu des années 1950. C’est la grande époque du rock and roll aux USA et, en s’associant avec le chanteur Doc Pomus, il écrit un bon nombre de succès pour des groupes et artistes américains en vogue. The Drifters vont ainsi enregistrer en 1962 « Sweets for my sweet » qui, en français, deviendra « Ma biche » interprété par Frank Alamo. Le duo va aussi « fournir » quelques titres à Elvis Presley: « His latest flame » ou « Suspicion » par exemple. A la même époque, il compose « Save the last dance for me » que Dalida reprend en français sous le titre « Garde bien la dernière danse pour moi ». Par la suite, Mort Shuman s’installe en Grande-Bretagne où il continue à composer pour des artistes comme Janis Joplin ou les Small Faces. Peu de temps après son arrivée en Europe, il fait la connaissance de Jacques Brel et décide de lui consacrer un spectacle qui est aussi l’occasion d’adapter en anglais toute une série de ses chansons: « Jacques Brel is alive and well and living in Paris » (« Jacques Brel est vivant et bien et il vit à Paris »). Parmi ses adaptations, il y a « Amsterdam » que David Bowie enregistre de manière magistrale en 1972 uniquement accompagné à la guitare acoustique. Puisque bon nombre de ses chansons ont été adaptées en français et sont devenues des succès francophones à part entière, Mort Shuman décide de s’installer à Paris au début des années 1970. Il y rencontre l’auteur qui est peut-être celui qui écrit les textes français les plus bizarres et les plus hermétiques du moment: Etienne Roda-Gil. Mais Mort trouve chez cet homme des mots et des paroles qui collent au mieux à ses musiques et à ses rythmes: il enregistre en 1972 un album qui va devenir mythique sous le titre générique « America ». Plusieurs succès y sont enfermés, à commencer par le fameux « Lac Majeur » puis « Shami-Sha », « Brooklyn by the sea » et « L’imperméable anglais ».

C’est là le début d’une belle carrière d’interprète en français qui va se poursuivre avec des « hits » comme « Ecoute ce que je vais te dire », « Voilà comment tu m’as laissé », « Papa Tango Charly », « Sorrow » (en anglais, du film « A nous les petites Anglaises »), « Garde-moi la dernière danse », « My name is Mortimer », « Un été de porcelaine » (du film « Hôtel de la plage »), « Comme avant » ou « Ma chanson italienne ».

L’artiste reçoit des propositions pour tourner au cinéma: il apparaît ainsi aux côtés d’Annie Cordy dans le film « Rue Haute » d’André Ernotte en 1976 et avec la jeune Jodie Foster dans « La petite fille au bout du chemin » la même année. Le chanteur Mort Shuman effectue aussi quelques passages toujours remarqués sur scène comme lors d’une grande tournée d’été en 1980 mais il ne s’agit pas de son activité préférée. Parallèlement à cette carrière de chanteur, Mort continue à composer mais pour des artistes français cette fois: Michel Sardou, Johnny Hallyday ou Eddy Mitchell. A partir de 1982, Mort Shuman se fait plus rare en France et il s’installe définitivement à Londres. En 1983, il compose une comédie musicale, « Ma ville », dont les chansons enregistrées, notamment avec Nicoletta, ne connaissent pas le succès. Alors que l’on n’avait plus trop de nouvelles de lui de ce côté-ci de la Manche, on apprend le 3 novembre 1991 qu’il nous a quittés, à Londres, des suites d’un cancer du foie. Il est inhumé au cimetière des Pins-Francs à Caudéran, petite localité française où il séjournait encore de temps à autre pour y profiter de bons moments de détente.
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MAURANE sur scène à Charleroi (B) en 2012 (c) Passion Chanson

12 novembre 1960 : Naissance, à Ixelles, de la chanteuse belge Claudine Luypaerts mieux connue sous le pseudonyme de MAURANE. Son père, Guy Luypaerts, est directeur de l’Académie de musique de Verviers où Claudine passe son enfance. Sa mère est prof de piano. Il est donc normal que, dès l’âge de huit ans, la petite Luypaerts apprenne la musique. Adolescente, elle songe sérieusement à devenir chanteuse et elle participe à de nombreux castings sous le nom de Claudie Claude. C’est d’ailleurs sous ce pseudonyme qu’elle participe en 1978 à sa première émission de radio en Belgique à la RTBF. Au micro de Roger Simons qui présente alors « Les feux de la rampe », elle interprète, morte de peur, une chanson qui a pour titre « J’ai le trac ». En 1979, elle est sélectionnée par le metteur en scène Albert-André Lheureux pour faire partie du spectacle « Brel en mille temps » aux côtés de Philippe Lafontaine et Philippe Anciaux entre autres. C’est à cette occasion qu’elle rencontre l’auteur-compositeur-interprète mais aussi producteur français Pierre Barouh. Ce dernier craque devant le talent de celle qui décide alors de s’appeler Claude Maurane et qui vient d’enregistrer, chez Philips Belgique, un premier 45-tours avec la chanson « Fais soleil ».

Pierre Barouh lui permet d’enregistrer les disques suivants sous le label Saravah qui lui appartient. Des titres comme « T’as pas la pêche » lui procurent des passages radiophoniques en Belgique mais le public n’est pas encore vraiment conquis. En 1985, Maurane parvient à se produire à Paris pour la première fois et c’est au Sentier des Halles. Dans la foulée, elle enregistre un premier album qui sort en France (« Danser ») et qui lui permet de se faire engager deux ans plus tard par Michel Berger pour être Marie-Jeanne dans la nouvelle version de « Starmania ». En 1986, elle reçoit le Prix Québec/Wallonie-Bruxelles qui devient plus tard le prix Rapsat-Lelièvre et qui récompense alternativement chaque année un artiste québécois et un artiste francophone de Belgique. Son deuxième album, qui sort en 1989, contient un de ses plus grands succès, « Toutes les mamas », et elle se produit à l’Olympia. Sa carrière est alors clairement ascendante puisque, en 1991, l’album suivant, « Ami ou ennemi » va accumuler les succès: « Ca casse », « Du mal », « Mentir » et « Sur un prélude de Bach ». Elle chante à l’Olympia de Paris en 1992 et y enregistre un double album live. En 1993, Maurane se mobilise pour la lutte contre le SIDA. Elle donne un concert et enregistre un album en public avec Francis Cabrel, Michel Jonasz, Catherine Lara, Maxime Le Forestier et Alain Souchon au profit de l’association « Sol en Si » (Solidarité Enfants Sida). Le 29 décembre de la même année, Maurane devient la maman de Lou qui est la fille du chanteur Pablo Villafranca. L’année suivante, elle reçoit une Victoire de la Musique comme interprète de l’année mais elle est absente de la soirée. En 1995, la chanteuse est désormais une vedette qui tient sa place en sortant un album intitulé « Différente » qui se vend bien. Au fil du temps et des rencontres artistiques, Maurane se lie d’amitié avec son idole Claude Nougaro. Après la disparition de celui-ci, elle décide, en 2009, d’enregistrer un album hommage avec des chansons de l’artiste toulousain. Elle tourne alors pendant des mois avec un spectacle consacré à Nougaro. Ce dernier l’emmène en Belgique, en France, en Suisse et au Québec. En septembre 2011, elle sort un nouvel album enregistré aux Etats-Unis deux ans plus tôt: « Fais-moi une fleur ». L’opus n’est, en fait, pas sorti à la fin de son enregistrement à cause du succès de la tournée du spectacle Nougaro qui se prolonge et empêche l’artiste d’en faire la promotion de manière optimale. De 2012 à 2014, elle siège dans le jury de l’émission télé française « Nouvelle Star » aux côtés, notamment, d’André Manoukian et de Sinclair. Parallèlement à sa carrière dans la chanson française, Maurane enregistre deux albums passion avec les célèbres jazzmen belges Steve Houben et Charles Loos avec qui elle forme le trio H.L.M. (Houben, Loos, Maurane). Ces disques particuliers sortent en 1986 et 2005. La chanteuse est, enfin, une grande praticante d’internet depuis toujours. Elle chante au début des années 2000 « Il neige des e-mails » et, par la suite, elle devient une adepte des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter où la maîtrise de ses propos n’est pas sa plus grande qualité. Fin 2014, un premier single intitulé « Trop forte », chanson composée et écrite par Daran, annonce un nouvel album. Le titre global de cet opus est « Ouvre » et ses ventes ne décollent pas vraiment. Quelques mois plus tard, un problème sérieux aux cordes vocales oblige la chanteuse à cesser toute activité pendant deux ans. Début 2018, elle remonte enfin sur scène dans la banlieue de Bruxelles avec un bonheur inégalable. Bonheur de courte durée puisque, le 7 mai en soirée, elle est retrouvée morte dans son lit à son domicile de Schaerbeek (Bruxelles). Maurane était à ce moment très heureuse d’enregistrer un album d’hommage à Jacques Brel, qui devait sortir en octobre 2018 pour les 40 ans de la mort de cet autre immense talent belge, et qui sera finalement commercialisé à la date prévue grâce à la ténacité de sa fille Lou et de son chef d’orchestre Philippe Decock. Les funérailles de la chanteuse ont lieu le 17 mai 2018 en l’église Notre-Dame-des-Grâces à Woluwe-Saint-Pierre. On y relève la présence de nombreux artistes attristés parmi lesquels Zazie, Pascal Obispo, Muriel Robin, Michel Fugain, Anggun, Francis Cabrel, Lara Fabian, Maxime Le Forestier, Catherine Lara, Francis et Jean-Félix Lalanne, Typh Barrow, Gérard Lenorman, BJ Scott, Jean-Louis Daulne, Sandra Kim, Alec Mansion, Luc Plamondon, Albert Delchambre et Franco Dragone. L’inhumation a lieu au cimetière d’Auderghem, commune bruxelloise où Maurane a vécu une partie de sa jeunesse.
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14 JUILLET

DOROTHEE en 1989

14 juillet 1953 : Naissance, à Paris, de la chanteuse, actrice, productrice et animatrice de télévision française DOROTHEE. Sous le nom de Frédérique Hoschedé, elle naît dans le 16e arrondissement de la capitale française et passe son enfance à Bourg-la-Reine où elle suit des cours de danse et de piano. Son père est ingénieur et sa mère femme au foyer. A treize ans, en vacances en Grande-Bretagne, Frédérique découvre le rock and roll et les comédies musicales américaines et britanniques. Elle songe alors à travailler dans le milieu touristique et obtient, pour ce faire, une licence en anglais en 1972. Mais, entretemps, en 1971, elle joue un peu dans une troupe de théâtre amateur et elle se fait remarquer lors d’un concours par la productrice de télé française Jacqueline Joubert. C’est cette dernière qui lui propose, deux ans plus tard, d’être la partenaire d’une marionnette dans le programme télévisé des « Mercredis de la Jeunesse » sous le pseudonyme de Dorothée. En 1975, c’est dans « Les Visiteurs du mercredi » que Dorothée présente une rubrique qui ne dure pas plus de six mois. Après quelques mois de galère et divers petits boulots sans lendemain, elle revient à la télé française sur Antenne 2 où elle présente la liste des programmes de la journée et de la soirée entre 1977 et 1983. En 1978 cependant, Jacqueline Joubert la rappelle pour créer une nouvelle émission pour les enfants: « Récré A2 ».

C’est le début d’une nouvelle aventure que le succès va faire durer dix ans. Au début des années 1980, Dorothée apparaît au cinéma dans quelques films français à succès. Et, simultanément, elle accepte d’enregistrer un album qui a pour titre « Dorothée au pays des chansons ». Son répertoire est résolument orienté vers le jeune public et cela se confirme avec les 45 tours suivants: « Rox & Rouky » (1981), « Enfin Récré A2 » (1982), « La valise » (1982), « Hou la menteuse » (1983), « Les Schtroumpfs » (1983), « Allô allô Monsieur l’ordinateur » (1985), etc. Dorothée enchaîne donc ainsi tube sur tube. Dès le début, la chanteuse veut se produire sur scène et elle le fait déjà en avril 1981 à l’Olympia de Paris. Par la suite, elle sera à l’affiche de quelques comédies musicales créées autour de son personnage par Jean-Luc Azoulay: « Dorothée tambour battant » ou « On va faire du cinéma » par exemple. Entre 1981 et 1986, elle présente les émissions « Disney Dimanche » sur Antenne 2. Et, en mars 1985, elle lance le concept, nouveau en France, d’un talk show pour enfants en direct le matin: « Récré A2 Matin ». La même année, Dorothée reçoit la Victoire de la musique du meilleur album pour enfants pour « Les petits Ewoks ». L’année suivante, elle est sur la scène parisienne du Zénith pour 50 soirs d’affilée avant de partir en tournée en Belgique et en Suisse. En 1987, la chaîne de télé privée française TF1 lui propose de diriger l’unité des programmes jeunesse qui lance alors le « Club Dorothée »: un succès qui va durer dix ans. Elle anime et présente aussi de nombreux shows de soirée sur TF1: « Dorothée Show » (1987), « Le cadeau de Noël » (1991) ou encore « Dorothée Rock’n’Roll Show » (1993 et 1994). Elle y interprète des duos avec des stars comme Ray Charles, Henri Salvador ou Jerry Lee Lewis.

Sur scène, le « Dorothée World Tour 92 » reçoit un « Fauteuil d’or » pour ses 500.000 spectateurs et, jusqu’en 1996, 58 spectacles de Dorothée affichent complet à Bercy. La chanteuse va même jusqu’à se produire en Chine au début des années 1990. Et, en 1994, elle enregistre un album de country-rock aux Etats-Unis: « Nashville Tennessee ». A partir de ce moment, le succès de Dorothée va s’amoindrir. Au niveau discographique, les ventes d’albums vont drastiquement diminuer. Et puis, le 31 août 1997, TF1 se sépare de Dorothée et des productions AB pour la jeunesse. La chanteuse-animatrice se retire alors de la vie publique. Fin 2005 cependant, à l’invitation de Chantal Goya, Dorothée apparaît furtivement dans l’émission « Vivement Dimanche » de Michel Drucker sur France 2. Profitant de ce bref retour médiatique, le producteur Jean-Luc Azoulay décide de sortir un single avec un remix très tendance de « Hou la menteuse » qui se vend à 175.000 exemplaires. Suite à la sortie, en octobre 2007, du livre de Jacques Pessis intitulé « Les Années Dorothée », la chanteuse est cette fois l’invitée d’honneur de « Vivement Dimanche » qui récolte une audience de trois millions de téléspectateurs le 4 novembre 2007. L’artiste se lance alors dans de nouvelles aventures sur la TNT (télévision numérique terrestre) française. Début décembre 2009, elle annonce, dans un grand fracas médiatique, la sortie d’un nouvel album avec des chansons qu’elle compte présenter durant quatre soirs à l’Olympia en avril 2010. L’opus est commercialisé le 17 mars 2010 à la fois chez les disquaires et sur les plateformes de téléchargement. Deux extraits en assurent la promotion radiophonique: « On m’appelait Dorothée » et « Coup de tonnerre ». Le 18 décembre 2010, la chanteuse se produit pour un concert unique à Bercy qui fait l’objet d’un enregistrement pour un DVD qui est commercialisé un an plus tard. Elle fait aussi sporadiquement quelques apparitions à la présentation d’émissions de télévision. En 2014, un DVD intitulé « Dorothée: 30 ans de tubes, best of clips » est commercialisé et il contient de nombreux titres même inédits à l’époque des cassettes vidéo VHS. Au cours de l’été 2016, c’est un coffret de trois disques compacts qui est mis en vente: « Dorothée, l’essentiel » reprend 72 titres que la chanteuse a enregistrés entre 1980 et 2015.
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Luis Mariano en 1969 – Photo (c) Sam Lévin

14 juillet 1970 : Décès, à Paris, du ténor espagnol Luis MARIANO d’une hémorragie cérébrale. Né sous la vraie identité de Mariano Eusebio González y García le 13 août 1914, il est le fils d’un mécanicien. Très vite, le petit Mariano s’intéresse au chant et s’inscrit à l’Orphéon Donostiarra de San-Sébastian où, vu ses capacités vocales, il est le ténor soliste. En 1937, il rejoint le groupe vocal basque « Eresoinka » et chante un peu partout en Europe. La guerre civile qui fait alors rage en Espagne oblige la famille à se réfugier en France, à Bordeaux. Alors qu’il se tourne vers le dessin et qu’il s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts de la ville, il entre également au conservatoire bordelais en 1939. Pour subvenir à ses besoins, Mariano se fait engager comme plongeur au « Caveau des Chartrons ». Alors qu’il nettoie la vaisselle en chantant, le chef d’orchestre du cabaret, le célèbre Fred Adison, remarque qu’il possède une voix exceptionnelle. Il lui demande de délaisser la cuisine pour venir sur scène où ses prestations enchantent le public. Avec une lettre de recommandation en poche, il part pour Paris en 1942 et s’y adresse au professeur de chant lyrique Miguel Fontecha, grand ténor basque. Un an plus tard, il passe une audition à l’opéra comique et, en attendant le verdict, il chante des chansons de variétés à la radio où il est de plus en plus apprécié. La même année, en 1943 toujours, il décroche un rôle dans le film « L’escalier sans fin » où il interprète, sous le nom de Luis Gonzales, une chanson signée Loulou Gasté: « Seul avec toi ». En 1944, Luis Gonzales devient Luis Mariano et, un an plus tard, il enregistre ses premiers disques où il grave les standards « Amor amor » et « Besame mucho ». En novembre, il se produit au Théâtre de Chaillot à Paris au même programme qu’Édith Piaf et Yves Montand. Il fait alors la connaissance du compositeur Francis Lopez et de l’auteur Raymond Vincy qui vont lui permettre d’être à l’affiche de leur première opérette à la fin 1945: « La Belle de Cadix ». Le succès est tel que le spectacle va être présenté pendant plus de cinq ans. Le disque de l’opérette se vend à plus de 1.250.000 exemplaires.

A partir de ce moment, Luis Mariano devient un chanteur très populaire qui ne va pas se cantonner à l’opérette même si cela restera toujours son « fond de commerce ». En 1951, il est à l’apogée de sa carrière lorsqu’il joue « Le chanteur de Mexico » dont le thème principal est devenu un « tube » intemporel. Le cinéma va alors s’intéresser à notre homme et il va figurer dans une bonne vingtaine de films. De ce fait, sa réputation va devenir internationale et il va chanter dans le monde entier, notamment à Mexico. En 1959, Luis Mariano se retrouve sur la scène de l’Olympia où il interprète les airs célèbres de ses opérettes mais aussi des chansons. Avec l’arrivée de la vague des chanteurs « yé-yé » au début des années 1960, le chanteur Mariano va s’effacer au profit de la star de l’opérette qui va poursuivre sa carrière pour un public bien spécifique. Il se trouve notamment ainsi à l’affiche de « Visa pour l’amour » avec Annie Cordy en 1961 et du « Prince de Madrid » en 1967. En décembre 1969, il crée « La Caravelle d’Or » au théâtre parisien du Châtelet. Mais, après quelques mois, il doit abandonner son rôle à cause d’une maladie qui semble être une hépatite. Le 14 juillet 1970, il finit par être emporté par une hémorragie cérébrale consécutive au mal qui le ronge. Il décède à 55 ans dans une chambre de l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris. Sa tombe se trouve à Arcangues, village qu’il a chanté, en pays basque.
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Léo Ferré en 1982 – Photo (c) Hubert Grooteclaes

14 juillet 1993 : Décès, à Castellina in Chianti (Toscane, Italie), de l’auteur, compositeur, interprète, pianiste et poète franco-monégasque Léo FERRE à l’âge de 76 ans. Né le 24 août 1916 à Monaco, il est le fils du directeur du personnel du Casino de Monte-Carlo et d’une couturière d’origine italienne. Vivement intéressé par la musique, il intègre la Maîtrise de la cathédrale de Monaco à l’âge de sept ans. Puis, son oncle, directeur du théâtre du Casino de Monte-Carlo lui permet d’assister à des dizaines de spectacles musicaux qui vont le marquer à jamais. Il est ensuite placé en internat en Italie jusqu’à l’âge de seize ans où il peaufine ses connaissances musicales. Il y découvre aussi, en cachette, la littérature des « poètes maudits ». Il revient ensuite à Monaco et se fait engager comme critique musical pour le journal « Le Petit Niçois ». Cela lui permet, entre autres, de rencontrer le compositeur Maurice Ravel. Il décroche son baccalauréat de philosophie au lycée monégasque. A 19 ans, il se retrouve à Paris où il suit des études de droit tout en apprenant le piano en solitaire. Il obtient un diplôme en sciences politiques et rentre à Monaco en 1939. Juste à temps pour être mobilisé dans l’infanterie pour la seconde guerre mondiale. Il parvient cependant à composer un Ave Maria pour le mariage de sa soeur en 1940. Et il s’empare des textes d’une amie pour les mettre en musique. C’est avec ces chansons qu’il se présente publiquement pour la première fois au Théâtre de Monaco sous le nom de Forlane en février 1941. En 1945, Léo Ferré est marié et s’occupe d’une ferme sur les hauteurs de Monte-Carlo. Il effectue aussi divers boulots à la radio monégasque et y rencontre un jour Edith Piaf qui lui conseille de tenter une carrière de chanteur à Paris. Un an plus tard, il s’installe dans la capitale française et chante pendant trois mois au cabaret « Le boeuf sur le toit ». Il fait alors la connaissance de Jean-Roger Caussimon et met en musique quelques-uns de ses textes. En 1947, il part effectuer une tournée à la Martinique mais, sans le sou, il n’en revient que six mois plus tard. Sa situation financière et psychologique est d’ailleurs très précaire et va le rester pendant des années au cours desquelles il chante dans tout ce que Paris compte comme petits lieux de chanson. En 1950, il témoigne de sa situation personnelle dans la chanson « La vie d’artiste ».

Suivant le conseil de Charles Trenet, il essaie d’écrire des chansons pour d’autres et ce sera le cas pour Edith Piaf ou les Frères Jacques par exemple mais aussi et surtout pour Catherine Sauvage qui va vraiment devenir une inconditionnelle de ses oeuvres. Il se sépare de son épouse et rencontre, en 1950, Madeleine Rabereau qui est très influente sur ses choix artistiques de l’époque. Léo Ferré signe alors un contrat phonographique avec « Le Chant du Monde » et, s’accompagnant lui-même au piano, il enregistre quatorze chansons dont certaines sont gravées sur des disques 78 tours. Cette année-là, il fait son unique apparition au cinéma dans un film britannique où il joue le rôle d’un pianiste. Parallèlement à ces activités, Léo Ferré anime aussi des émissions de radio sur « Paris Inter » depuis 1947 et, à cette occasion, il dirige pour la première fois un orchestre symphonique en 1951. Deux ans plus tard, l’artiste quitte « Le Chant du Monde » pour la maison de disques Odéon où il enregistre son premier 33 tours microsillon de 25 cm de diamètre. Le disque reprend sa chanson « Paris canaille » et « Le pont Mirabeau » de Guillaume Apollinaire. Catherine Sauvage enregistre à son tour « Paris Canaille » et en fait un succès qui permet enfin à Léo Ferré de respirer financièrement parlant. Au cours d’un tour de chant parisien à la fin de 1953, Léo rencontre le Prince Rainier de Monaco qui lui propose de créer « La Chanson du Mal-aimé » d’Appolinaire à l’Opéra de Monte-Carlo. Cela se fait le 29 avril 1954 et l’oeuvre sort sur un album en 1957. Disposant de plus de moyens, Ferré va enregistrer son deuxième album en 1954 mais, cette fois, il est accompagné par un grand orchestre qu’il dirige lui-même. Il connaît un succès croissant grâce à des chansons comme « Le piano du pauvre » et, conséquence directe de sa popularité, il se retrouve sur la scène de l’Olympia de Paris en mars 1955, peut-être un peu trop tôt car le public ne suit pas. L’année suivante voit la sortie d’un troisième album de chansons avec « Pauvre Rutebeuf » qui va devenir un classique international repris par les plus grands artistes comme Nana Mouskouri bien plus tard. Ses deux albums suivants vont être consacrés aux poètes Charles Baudelaire et Guillaume Apollinaire. Et ces opus vont ranger Ferré dans le tiroir des chanteurs poètes musicalement exigeants. En janvier 1958, il passe en spectacle à Bobino et se présente au public parisien debout et détaché de son piano. Un nouvel album sort où se trouve le premier grand succès populaire de Léo Ferré: « Le temps du tango ». Son contrat discographique avec la firme Odéon vient à son terme en 1959 et, un an plus tard, l’artiste signe avec Eddie Barclay et s’adjoint la collaboration de l’orchestrateur Jean-Michel Defaye pour littéralement créer le son « Ferré » caractéristique de ses enregistrements des années 1960. Le premier album sorti sous le label de l’homme au cigare recèle quelques succès qui vont définitivement asseoir la carrière de Ferré: « Paname », « Jolie môme », « Comme à Ostende » et « Merde à Vauban ». Cet opus sera suivi en 1961 du mythique album composé de textes de Louis Aragon. A partir de ce moment, l’artiste va régulièrement se produire sur des grandes scènes parisiennes comme Bobino. C’est en 1961 aussi que Léo Ferré achète à un dresseur un chimpanzé qui répond au nom de Pépée ou plutôt qui devrait y répondre car l’animal est en fait peu discipliné et invivable. En 1968, l’animal est au centre de la discorde entre Léo et Madeleine qui reste seule avec Pépée une fois que Léo a quitté le domicile conjugal. Blessée, le chimpanzé ne se laisse pas approcher et Madeleine est contrainte de faire tuer la bête. Ce geste affecte terriblement Léo Ferré qui écrit alors la chanson « Pépée ». A ce moment, il se met à écrire des chansons qui critiquent la société bien pensante et également le pouvoir. En 1967, il flaire le changement en cours et s’adresse aux jeunes dans « Salut Beatnik ». En mai 1968, il chante à Paris, à la Mutualité, pour la Fédération anarchiste. Cela reste sa seule participation aux manifestations de l’époque. Il part vivre en Lozère puis en Ardèche avec une nouvelle compagne. En 1969, pour la première fois de sa carrière, Léo Ferré fait un carton avec un slow d’enfer: « C’est extra ». Les jeunes constituent alors une grande partie de son public et le chanteur va aller vers eux en expérimentant de nouvelles techniques d’interprétation qui ressemblent, bien avant l’heure, à du slam. Dans cette démarche, il côtoie des jeunes musiciens de rock anglo-saxons pour enregistrer des morceaux à New York mais, finalement, c’est vers le groupe français Zoo qu’il se tourne pour finaliser deux albums et effectuer une tournée. En 1970, un 45 tours est pressé avec une chanson refoulée du dernier album: « Avec le temps ». Contre toute attente cette chanson peu optimiste devient un succès énorme en très peu de temps et elle va traverser les frontières pour être reprise dans le monde entier par divers interprètes. La même année, Léo devient le papa de Mathieu dont il épouse la maman, Marie-Christine Diaz, en mars 1974. En 1972, Léo Ferré revient sur la scène de l’Olympia où il n’est plus apparu depuis 1955. Cela fait un moment que l’artiste est de plus en plus en désaccord avec son éditeur phonographique Barclay et, en 1974, c’est la rupture. Léo est alors contraint juridiquement au silence. Ses nouvelles chansons sont révélées au public par Pia Colombo qui les interprète à sa place. De la même manière, il enregistre en 1975 un album instrumental intitulé « Ferré muet dirige ». Quelques mois plus tard, son contrat lui est rendu par Barclay et il signe alors avec la maison CBS. A partir de 1976, ses disques sont presque toujours réalisés avec l’accompagnement de l’Orchestre symphonique de la radio télévision italienne publique, la RAI. Mais CBS trouve rapidement l’artiste trop peu rentable pour poursuivre l’aventure et, en 1979, la firme discographique le remercie. Ferré prend alors définitivement le parti de louer à ses frais les studios, les musiciens et les techniciens pour enregistrer des albums qu’il propose en distribution à différentes firmes de disques. En 1982, il participe au sixième Printemps de Bourges et, un an plus tard, il donne un concert au profit d’une radio alors menacée d’interdiction par l’état. Dans les années 1980, le public de ses concerts, qui durent parfois trois heures, se renouvelle constamment. Et, c’est en étant tout à fait fidèle à ses opinions qu’il inaugure le Théâtre Libertaire de Paris (TLP Dejazet) en y présentant un nouveau récital consacré aux poètes pendant six semaines en 1986. Un an plus tard, Léo Ferré part en tournée en France mais aussi en Allemagne, Italie, Belgique, Canada et Japon entre autres. Les Francofolies de La Rochelle organisent alors un spectacle « Fête à Léo » où interviennent notamment Jacques Higelin et Catherine Ribeiro. Et, toujours dans la même année 1987, il sort un double 33 tours: « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans ». Après 1990, l’artiste conclut tous ses concerts par la chanson « Avec le temps » en disparaissant dans les coulisses. En mai 1992, il est l’invité d’honneur du festival « Alors, Chante ! » à Montauban (Tarn-et-Garonne, France). Il en profite pour assister à un maximum de spectacles et pour conseiller les jeunes artistes en découverte. A la fin de l’année 1992, l’artiste doit être hospitalisé et ne peut assumer ses nouveaux spectacles parisiens prévus au Grand Rex. Malade depuis des années, Léo Ferré s’affaiblit de plus en plus pour s’éteindre chez lui à 76 ans. Ses funérailles ont lieu à Monaco dans l’intimité.

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14 juillet 1996 : Alors qu’il traverse une époque plutôt creuse, Patrick JUVET se produit de discothèque en boîte de nuit où il propose, en une demi-heure, un condensé de ses grands tubes disco sur orchestration en play-back. Et, fait très étonnant, le chanteur suisse se retrouve de cette manière, le 14 juillet 1996, à l’affiche du festival rock de Dour en Belgique. Le public, pourtant très décalé de la manifestation, n’apprécie pas son costume pailleté et sa prestation à moitié live: des projectiles tels que des gobelets et, plus grave, des boîtes de tomates pelées, lui sont lancés à la figure. Par sécurité pour sa personne, l’artiste est obligé de s’enfuir après quelques minutes. Moins de succès donc pour Patrick Juvet à Dour que sur le plateau de télévision de l’émission d’Arthur sur TF1 où il est très apprécié par les invités de la soirée parmi lesquels on peut reconnaître Pascal Obispo (chevelu), Michèle Bernier, Michel Field, Vanessa Demouy, Richard Gotainer, Ophélie Winter, Dave et Mouss’Diouf. A voir ci-dessous.

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14 juillet 2000 : Dans le cadre du 33e Festival d’été de Québec et pour la fête nationale française deux chanteuses, l’une québécoise et l’autre belge, Fabiola TOUPIN et Jo LEMAIRE rendent hommage ensemble à Edith Piaf pour un spectacle présenté dans le Parc de la Francophonie.
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JJ Lionel en 1982

14 juillet 2020 : Décès à Houthem (Comines, Belgique) de l’interprète belge JJ LIONEL des suites d’une tumeur au cerveau. Né le 9 août 1947 à Binche sous le nom de Jean-Jacques Blairon, il est élevé dans une famille de musiciens avec une mère pianiste notamment. Il commence par apprendre la guitare de manière autodidacte avec des livres et des amis. Comme cela était à la mode au milieu des années 1960, il fonde un groupe musical, « The Rayllisters », dont Marc Wasterlain est le pianiste et chanteur. La formation remporte le tremplin du fameux festival de Châtelet. Jean-Jacques s’inscrit alors au conservatoire de Mons où il obtient un premier prix de contrebasse. Puis il participe à la carrière de différents groupes comme, par exemple, the Wallace Collection entre 1971 et 1973 ou les Two Man Sound en 1975. Enfin, il devient l’un des musiciens attitrés de l’orchestre de l’accordéoniste belge Hector Delfosse qui est une vedette de ce genre musical. Et, en 1981, il est sollicité par le producteur phonographique Marcel De Keukeleire pour interpréter « La danse des canards ». Cette chanson est basée sur une mélodie instrumentale suisse de Werner Thomas (« Der ententanz » en 1957) à laquelle un texte a été ajouté par Eric Genty (aussi connu sous le nom de Guy de Paris), un chanteur à succès des années 1960 en Belgique. Produite par Georges Delfosse, la version instrumentale fut enregistrée d’abord par son frère cadet: l’accordéoniste Hector. La version chantée de JJ Lionel fut enregistrée sur l’autre face du 45-tours. Grâce, notamment, à la chorégraphie associée et au visuel approprié, le disque se vend à 2.500.000 exemplaires. L’artiste a choisi le pseudonyme de JJ Lionel parce que JJ sont les initiales de son prénom et que Lionel correspond à son signe astrologique du lion. Dans la foulée de cet énorme succès, les chiffres de ventes des disques suivants semblent désuets pour JJ Lionel qui essaie toutefois de poursuivre sa carrière dans la même veine avec des titres comme « La Danse des petits chats » ou « Moi je dois faire pipi ». Alors qu’il effectue encore des passages télévisés en France avec « La Danse des Canards » dans les années 2000 (chez Patrick Sébastien ou sur M6 dans « Hit Machine »), il réalise, en 2006, un rêve d’enfant en montant un spectacle pour jeune public avec la complicité de son épouse Georgia. L’artiste décède le 14 juillet 2020 à son domicile.

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7 JUILLET

Marcel Merkès dans les années 1950

7 juillet 1920 : Naissance, à Bordeaux, du chanteur d’opérette français Marcel MERKES. Intéressé dès son plus jeune âge par l’art lyrique, et conscient de son potentiel vocal, il s’inscrit au Conservatoire de Bordeaux où il obtient plusieurs prix de chant. A 22 ans, il effectue ses premiers pas sur une scène dans le cadre d’un opéra présenté au Grand Théâtre de Bordeaux: « Manon » de Jules Massenet. C’est au Conservatoire de Bordeaux que Marcel rencontre Paulette Merval, chanteuse et violoniste, qu’il va épouser et avec qui il crée un duo mythique de l’opérette française. Ils vont ainsi se produire ensemble plus de 10.000 fois dans leur longue carrière. Parmi les nombreuses opérettes à l’affiche desquelles ils apparaissent, on peut citer « Rêve de Valse » d’Oscar Strauss, « Violettes impériales » de Vincent Scotto, « Rose-Marie » de Rudolf Friml, « La Veuve joyeuse » de Franz Lehar, « Michel Strogoff » de Jack Ledru, « Douchka » de Georges Garvarentz et Charles Aznavour et « Princesse Czardas » de Emmerich Kálmán. Marcel Merkès est décédé le 30 mars 2007 à Pessac.

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7 juillet 1945 : Mariage, à Paris à la mairie du 18e arrondissement, de Fernand SARDOU avec Jacqueline Labbé qui prendra pour pseudonyme Jackie ROLLIN puis Jackie Sardou. De leur union naîtra, le 26 janvier 1947, le chanteur et comédien Michel SARDOU.

 

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7 juillet 1959 : Naissance, à Liège, de l’auteur, compositeur et interprète belge Géry LIPPMAN. Né dans une famille où la chanson est importante, il écrit ses premières chansons à l’âge de 19 ans. Il crée alors avec des copains le groupe « Osmose » puis la formation « Acte 2 ». Sa passion pour Michel Polnareff et William Sheller l’amènent à jouer du piano et à finalement chanter en solo. Il enregistre deux 45 tours à la fin des années 1980 dont « Lady » qui récolte un petit succès. Il perfectionne ensuite ses connaissances musicales pour devenir arrangeur et professeur de piano. Mais, en 1997, il effectue un retour à la chanson et se produit, entre autres, aux Francofolies de Spa le 20 juillet. Il y revient le 19 juillet 2003, le 22 juillet 2006 et le 18 juillet 2008. Gery Lippman a, jusqu’ici, enregistré quatre albums: « Entre amours et voyages » en 2003, « Le surfeur des étoiles » en 2007, « Vaisseau fantôme » en 2013 et « La serrure » en 2017. Ce dernier opus, qui comprend dix chansons originales, est présenté au public en mars 2017 dans le cadre étonnant du nouveau musée de la Boverie à Liège. En 2019, Géry Lippman rend hommage à l’une de ses idoles en proposant un spectacle des chansons de Michel Polnareff le 23 juin à Malmedy (B) dans le cadre des fêtes de la musique.

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RITCHY en 1982

7 juillet 1964 : Naissance, à Boulogne-Billancourt, du chanteur français RITCHY, de son vrai nom Laurent Manghi. C’est dans sa ville natale qu’il suit des cours d’opéra pendant deux ans au Conservatoire local. A 18 ans, le jeune Laurent est découvert par le producteur et animateur de télé français Guy Lux qui lui écrit une chanson et lui permet de signer un contrat discographique chez Vogue. Son premier 45 tours est un rock and roll d’inspiration sixties qui va se vendre à 700.000 exemplaires: « Poupée sucrée ».

Dans la foulée de ce rapide succès, Ritchy sort un deuxième 45 tours, « Rap’n’roll », qui se vend moins mais, en 1984, la chanson « Parle à mon coeur ma tête est malade » est à nouveau un « tube » avec 900.000 vinyles vendus. En 1985, il est engagé pour chanter des reprises de grands standards tous les dimanches dans l’émission « Thé dansant » de Jacques Martin. En 1986, après avoir fait la première partie d’Hervé Vilard sur le podium du Tour de France, il assure le même rôle à l’Olympia de Paris. C’est aussi cette année-là que la firme de disques Vogue fait aveu de faillite. Et Ritchy retrouve un contrat chez Polydor où, en 1987, il enregistre son sixième 45 tours, « Brunes blondes », dont les ventes sont plus faibles. Cette situation entraîne un nouveau changement de maison de disques et des chiffres de ventes qui s’étiolent avec le temps. En 1990, à l’occasion du 20e anniversaire de la mort de Luis Mariano, c’est encore Guy Lux qui lui propose d’enregistrer un mégamix des chansons du roi de l’opérette qui sort chez Warner. Le 45 tours marche bien mais il n’y aura pas de suite. Commence alors pour Ritchy une très longue série de concerts entrecoupée, de temps en temps, d’invitations dans l’émission télé « La chance aux chansons » de Pascal Sevran. Entre 1992 et 2003, Ritchy travaille à l’écriture d’une comédie musicale intitulée « Chrysalis ou la légende du Louvre ». Début 2013, l’artiste a sorti un double CD, « Danse avec les sixties » où il reprend 30 succès des années 1960.
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Julien Doré en 2011

7 juillet 1982 : Naissance, à Alès, de l’auteur, compositeur et interprète français Julien DORE. Après une enfance et une adolescence plutôt calmes et classiques qui se déroulent dans le sud de la France, Julien se dirige vers les Beaux-Arts et poursuit des études en ce sens pendant cinq ans à Nîmes. Mais, depuis très longtemps, la passion majeure du garçon est la musique et il est logique qu’en 2002, il crée le groupe Dig Up Elvis sous le nom de Julien Goldy (ce qui veut dire doré en anglais). La formation tourne bien pendant quelques années dans la région natale de Julien. Puis, en 2006, l’artiste monte un autre projet qui a pour but de reprendre les grands succès de l’époque disco: « The Jean d’Ormesson disco suicide ». Parallèlement à cette nouvelle activité musicale, Julien décide de se présenter au casting du crochet télévisé français « La Nouvelle Star ». Il est sélectionné et atteint la finale en présentant, à chaque émission, une reprise décalée d’un succès de chanson française ou anglo-saxonne. En juin 2007, il quitte le concours en grand vainqueur. Il lui est alors permis d’enregistrer un premier album sous son nom et avec ses goûts personnels et excentriques: « Ersatz ». L’opus lui permet d’obtenir une Victoire de la Musique en 2008 (album révélation) et, au cours de la même soirée, il reçoit aussi la Victoire du meilleur video clip de l’année pour la chanson « Les limites ».

Julien Doré poursuit, simultanément à sa nouvelle carrière de chanteur soliste, quelques expériences musicales rock avec des copains musiciens et il prend donc le temps de préparer un deuxième album qui est finalement commercialisé en 2011: « Bichon ». Le disque est encore plus décalé que le premier et il est composé de quelques duos inattendus comme celui qui requiert la participation de l’accordéoniste française Yvette Horner. Deux ans plus tard, l’album « Love » recèle de nouvelles perles telles « Paris-Seychelles » ou « Chou Wasabi ». En 2015, il reçoit la Victoire de la Musique récompensant l’artiste masculin de l’année. Un an plus tard, le nouvel opus de Julien Doré a pour titre étrange « & ». Des titres comme « Le lac » ou « Coco Câline » procurent un grand succès à l’artiste qui en profite pour entamer une carrière au Japon. En mars 2017, l’artiste commercialise un album qui reprend, en versions acoustiques, quelques-uns de ses grands succès mais, aussi, des reprises originales comme le fameux « Africa » de Rose Laurens interprété dans un improbable duo avec Dick Rivers. Au fil du temps, Julien Doré s’affirme donc comme un artiste incontournable du paysage de la chanson francophone du 21e siècle. Et il s’est aussi distingué au cinéma dans quelques films de bonne facture.
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André Dassary en 1961 – Photo (c) Vallois

7 juillet 1987 : Décès, à Biarritz, du chanteur français André DASSARY, de son véritable nom André Deyhérassary. Né le 10 septembre 1912 à Biarritz, il est destiné très tôt par son père aux métiers de l’hôtellerie et, après un stage dans sa ville natale et touristique, il poursuit son apprentissage à Londres et à San Sebastian. Rappelé à Bordeaux pour y effectuer un long service militaire en 1932, il s’inscrit au conservatoire de la ville afin d’obtenir des sorties autorisées pour fréquenter les cours. Il y suit des cours de chant et décroche un premier prix de chant mais aussi d’opérette, d’opéra comique et d’opéra. Son séjour sous les drapeaux lui procure aussi l’opportunité de pratiquer assidûment le sport: il devient champion d’athlétisme et pratique le rugby avant de devenir professeur d’éducation physique. Il entreprend alors des études de kinésithérapeute. Mais il participe aussi de temps en temps à des concours de chant pour assouvir son autre passion. Et c’est au cours d’un crochet radiophonique qu’il se fait remarquer, en 1938, par les artistes Danielle Darrieux, Pascali et Ray Ventura. Ce dernier l’engage au sein de son orchestre réputé et André y fait ses premiers pas de chanteur sous le pseudonyme de Dassary. Avec Ray Ventura et ses Collégiens, il devient populaire en tournant également deux films pour le cinéma: « Feux de Joie » en 1938 et « Tourbillons de Paris » en 1939. Au début de la seconde guerre mondiale, il est prisonnier en Allemagne jusqu’en 1941. A sa libération, de retour à Paris, il entame une carrière de chanteur soliste en participant à l’opérette « L’auberge qui chante ». Il interprète aussi une chanson à la gloire du maréchal Pétain et du régime pro-allemand de Vichy. Ce titre, « Maréchal, nous voilà », lui vaut d’ailleurs quelques ennuis après la guerre. Mais, malgré cela, ce sont sa capacité et sa technique vocales qui vont lui valoir de bien vite gravir les échelons de la célébrité. Il diversifie alors son répertoire en passant de l’opérette à la chanson traditionnelle pour se produire en récital à l’ABC de Paris après la guerre. Le succès est désormais son quotidien et, en 1952, il reçoit un disque d’or pour certifier la vente d’un million de microsillons. L’année suivante, André Dassary est à l’affiche, en province, de l’opérette « Chanson Gitane ». La tournée l’emmène en Belgique où il est victime d’un terrible accident de la route au carrefour de Noirchain à Frameries près de Mons. Il est transporté dans un état grave à la clinique locale où il reste de nombreuses semaines. En remerciement pour les bons soins reçus, il revient à Frameries pour y chanter lors de la messe de minuit à Noël. Dans la localité, le croisement des routes où a eu lieu l’accident porte désormais le nom de « carrefour Dassary ». Ensuite, les tournées se succèdent pour le chanteur dans tous les pays francophones et sur le continent africain. Il nous quitte le 7 juillet 1987 à Biarritz. Parmi ses grands succès, on retiendra particulièrement « Ramuntcho » enregistré en 1944.
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7 juillet 1987 : Naissance, à Valence, du chanteur et compositeur français Gaël FAURE. En tant que fils d’un fermier et d’une infirmière, son enfance n’est pas teintée de musique mais plutôt marquée par la nature et les dérèglements de la société entre autres. A quatorze ans, il assiste à un concert du groupe Louise Attaque et se rend compte qu’il existe une activité qui commence à le passionner: la musique. Nous sommes en 2001 et il achète sa première guitare pour apprendre progressivement et lentement, en autodidacte. Laissant un peu de côté la composition, il se destine à être architecte-paysagiste lorsqu’il s’inscrit au casting du crochet télévisé français « Nouvelle Star ». Il parvient à atteindre la demi-finale du programme et il commence à recevoir des propositions pour jouer dans des téléfilms, dans des comédies musicales ou pour enregistrer des chansons. Mais tout cela ne l’enchante guère. Il préfère se lancer sur scène en 2007 en présentant ses propres compositions. Il peaufine ces dernières afin de pouvoir les enregistrer et les enfermer ensuite dans un disque compact. Pour ce faire, il travaille avec un producteur indépendant, Serge Khalifa, et ce premier album intitulé « Jardin de ville » sort en août 2008. Enregistré à Paris et à Londres, il est réalisé avec la collaboration de Nadia Farès et obtient un bon succès de vente et d’écoute sur les plateformes numériques. Gaël Faure multiplie alors les prestations scéniques en France et en Belgique où il vit un moment, à Bruxelles. A partir de 2012, l’artiste travaille avec d’autres musiciens comme Tété, Ben Ricour ou Barcella afin de proposer un deuxième album qui est commercialisé au début de l’année 2014: « De silences en bascules ». L’artiste met ensuite trois ans pour écrire et préparer l’opus suivant annoncé en 2017 par les titres « La saison » et « Ereinté ». Ce troisième disque de Gaël Fauré, réalisé avec l’aide, notamment, de Pierre et Charles Souchon, est intitulé « Regain » et est commercialisé en janvier 2018.
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7 juillet 2000 : les artistes belges Daniel HELIN et Philippe LAFONTAINE sont à l’affiche du 33e Festival d’été de Québec. Ils se produisent au cours de la même soirée sur la scène du Parc de la Francophonie. La veille, ce sont les Québécois de La CHICANE et Eric LAPOINTE qui ont enflammé le site du Manège militaire. Au programme de la manifestation, qui dure jusqu’au 15 juillet, on note aussi, notamment, les prestations de Sylvain LELIEVRE (Qc), de Gilles VIGNEAULT (Qc), des COWBOYS FRINGANTS (Qc), de Plume LATRAVERSE (Qc), de Luce DUFAULT (Qc), de Luck MERVIL (Qc), de Chloé SAINTE-MARIE (Qc), des FABULEUX ELEGANTS (Qc), de Daniel BOUCHER (Qc), de Robert CHARLEBOIS (Qc), de Jo LEMAIRE (B), de Fabiola TOUPIN (Qc), de Laurence JALBERT (Qc), de Dan BIGRAS (Qc) et de Sacha DISTEL (F).
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7 juillet 2001 : Le Dour Festival, en Belgique, accueille quelques artistes et groupes francophones ces samedi 7 et dimanche 8 juillet. Sont ainsi à l’affiche, entre autres, K2R RIDDIM, MASSILIA SOUND SYSTEM, ALPHA BLONDY, FONKY FAMILY, STARFLAM et DISIZ LA PESTE.
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3 JUILLET

3 juillet 1942 : Naissance, à Paris, de Claude Moine dit Eddy MITCHELL, chanteur français. Son père travaille dans les transports public parisiens et sa mère est employée de banque. Son père est un passionné de cinéma qui y emmène souvent le petit Claude et ce dernier va prendre goût pour les westerns américains. La musique devient aussi une passion pour Claude lorsqu’il découvre le rock and roll et Elvis Presley en 1953. A la fin de ses études secondaires, Claude va effectuer diverses petites professions dont celle de coursier pour une banque dont l’agence est située à proximité du Golf Drouot. Cet endroit branché permet aux jeunes de se retrouver pour écouter de la musique « dans le vent ». Claude y apprécie les disques américains que l’on y découvre avant tout le monde. En 1958, le pionnier du rock and roll, l’Américain Bill Haley se produit à Paris avec son orchestre « The Comets ». Claude se dit qu’il se verrait bien, lui aussi, en chanteur de rock français et il décide de former un groupe pour jouer dans les bals: Eddy Dane et les Danners. Cette formation évolue au fil des changements de musiciens et s’appelle ensuite « les Five Rocks » avant de devenir les « Cinq Rocks ». Leur musique séduit Henri Leproux, le patron du Golf Drouot, qui leur demande de venir jouer chez lui. Petit à petit, Claude Moine pense qu’il faut avoir un nom plus américain pour chanter du rock même si c’est en français. Il choisit ainsi le pseudonyme d’Eddy Mitchell. A ce moment, un de ses amis, Jean-Philippe Smet, commence à enregistrer des disques sous le nom de Johnny Hallyday. Il décide donc, lui aussi, de tenter sa chance auprès des maisons de disques et il choisit Barclay qui est la première dans la liste alphabétique du bottin. En novembre 1960, il se présente à une audition avec ses quatre compères des « Cinq Rocks » et il décroche un contrat de trois ans. Ils enregistrent immédiatement un premier disque qui sort en janvier 1961 sous le nom des « Chaussettes Noires » car Eddie Barclay a obtenu un accord promotionnel pour leur disque avec la firme de chaussettes Stemm. Ce qui est, finalement, le premier groupe français de rock and roll connaît immédiatement le succès. Il est de tous les rendez-vous des jeunes et se produit à plusieurs reprises au Palais des Sports de Paris. Le 1er mars 1962, Claude Moine est appelé à effectuer son service militaire à Montlhéry et à Paris. Et ce sont ensuite les autres « Chaussettes Noires » qui sont appelés à leur tour sous les drapeaux. Malgré ces activités contraignantes, chacun met du sien pour poursuivre les enregistrements mais cela devient de plus en plus difficile. Et, petit à petit, Eddy Mitchell commence à enregistrer des chansons en solo avec un style éloigné du rock pur et dur. Cette situation va durer pendant quelques mois: jusqu’à la fin de l’année 1963 quand le chanteur décide de se séparer des « Chaussettes Noires » qui poursuivent leur chemin sans lui mais en lui intentant un procès au passage. Désormais seul sur scène et sur disque, Eddy Mitchell oriente volontairement son répertoire vers la variété-rock francophone. Il recueille un très grand succès en 1964 avec « Toujours un coin qui me rappelle » et, ensuite, en 1965, avec « Alice ».

Suivant la mode, Eddy Mitchell évolue aussi vers le rythm’n’blues tout en restant résolument rock et, jusqu’au début des années 1970, ses ventes de disques redeviennent plutôt confidentielles. Sur une idée de son manager Jean Fernandez, il part pour Nashville en 1974 où il redécouvre le rock qui a évolué. Il décide d’y enregistrer un album qui a pour titre logique « Rocking in Nashville ». Il y mélange des rythmes rock et des mélodies country qui font mouche lors de la sortie de l’opus en France: « Je vais craquer bientôt », « C’est la vie mon chéri », « A crédit et en stéréo » ou « C’est un rocker » sont à nouveau des « tubes ». Cet album du retour gagnant est suivi en 1975 de « Made in USA », lui aussi enregistré à Nashville, qui contient le hit « Une terre promise ». D’autres 33 tours sont encore enregistrés en Louisiane comme « Sur la route de Memphis » en 1976 et le cultissime « La dernière séance » en 1977. A partir de ce moment, Eddy Mitchell ne quitte plus jamais la tête du peloton des chanteurs français les plus populaires. La liste des chansons plébiscitées par le public s’allonge au fil des ans: « Il ne rentre pas ce soir » (1978), « Tu peux préparer le café noir » (1979), « Couleur menthe à l’eau » (1980), « Le cimetière des éléphants » (1982), « Nashville ou Belleville » (1984), « Lèche-botte blues » (1989), « Rio Grande » (1993), « Un portrait de Norman Rockwell » (1996), « J’aime pas les gens heureux » (1999), « J’aime les interdits » (2003), etc.

En novembre 2009, il annonce que sa tournée de concerts 2010-2011 est la dernière de toute une série qu’il a menées de main de maître depuis les années 1960. Et il se produit à travers la France, la Suisse et la Belgique avant d’effectuer ses trois dernières représentations sur la scène de l’Olympia de Paris. Le 15 juin 2013, Eddy Mitchell rejoint son ami de toujours, Johnny Hallyday, qui fête ses 70 ans sur la scène du palais des sports de Bercy à Paris, et interprète une chanson en duo avec lui. En octobre 2013, Eddy Mitchell sort un nouvel album enregistré aux Etats-Unis: « Héros ». En novembre 2014, il rejoint Johnny Hallyday mais aussi Jacques Dutronc sur la scène de Bercy pour quelques concerts exceptionnels nommés « Les Vieilles Canailles ». En octobre 2015, Eddy Mitchell sort son trente sixième album studio: « Big Band ». En mars 2016, accompagné par un big band de 17 musiciens, l’artiste retrouve, avec un plaisir non dissimulé, la scène et son public au Palais des Sports de Paris: il n’est cette fois plus question de tournée d’adieu. Mieux: au printemps 2017, il retrouve ses compères Dutronc et Hallyday pour une tournée des « Vieilles Canailles » en France et en Belgique. L’un de ses concerts, celui de Paris-Bercy, est retransmis en direct sur la chaîne privée de télé française TF1 le samedi 24 juin 2017. La même année, Eddy Mitchell, également surnommé Schmoll, sacrifie à la mode des duos avec un album intitulé « La même tribu ». Parmi les artistes invités, il y a, bien sûr, Johnny Hallyday mais aussi Alain Souchon, Renaud, Julien Clerc, Arno, Jacques Dutronc, Christophe ou encore Brigitte. Un deuxième volume de cet opus est commercialisé un an plus tard alors que Johnny Hallyday est décédé le 6 décembre 2017. Les duos sont cette fois interprétés en compagnie de Calogero, Véronique Sanson, Pascal Obispo, Juliette Armanet, Maxime Le Forestier, Héléna Noguerra, William Sheller, Cécile de France ou encore, notamment, Michel Jonasz
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Michel Polnareff en 1972 – Photo (c) Tony Frank

3 juillet 1944 : Naissance, à Nérac, de l’auteur, compositeur et interprète français Michel POLNAREFF. Le petit Michel est élevé dans la musique puisque son père était le compositeur Léo Poll qui a écrit de nombreux succès notamment pour Mouloudji et Edith Piaf. A quatre ans, il commence à étudier le piano. Exceptionnellement, alors qu’il est âgé de onze ans, il reçoit le premier prix de solfège du Conservatoire de Paris. En 1964, il quitte le foyer familial pour entamer une vie de musicien de rue qui fait la manche en reprenant des chansons connues à l’aide de sa guitare. Un an plus tard, il s’inscrit à un concours de rock qui a lieu à la Locomotive, club parisien branché, et il gagne un contrat avec la firme de disques Barclay. Le jeune Polnareff refuse le prix. Sur les conseils d’un ami, il finit cependant par accepter la sortie d’un disque sur le label Az. Mais il exige la participation de Jimmy Page à la guitare et de John Paul Jones à la basse. La chanson, « La poupée qui fait non », est enregistrée à Londres avec les musiciens en question et elle est un énorme « tube » dès sa sortie en France en mai 1966.

Après ce coup d’essai qui est un coup de maître, Michel Polnareff enchaîne les « tubes » à grande vitesse: « Love me please love me », « Sous quelle étoile suis-je né ? », « Le roi des fourmis », « Le bal des Laze », « Tous les bateaux tous les oiseaux » ou « Dans la maison vide ». Parallèlement à ses succès discographiques, Polnareff se révèle un excellent chanteur sur scène et ses prestations constituent de grands moments de spectacle. Le début des années 1970 est difficile pour l’artiste qui se sent obligé de chanter « Je suis un homme » pour répondre à certaines critiques. Agressé lors d’un concert à Périgueux (F), il est ensuite très affecté par le suicide de Lucien Morisse qui était le directeur des disques Az lorsqu’il signa son premier contrat. Polnareff annule alors une tournée et se retrouve à jouer du piano dans l’orchestre de Johnny Hallyday au Palais des Sports de Paris en 1971. Il y apparaît, pour la première fois, coiffé de boucles blondes et chaussant de grosses lunettes aux branches blanches. C’est à cette époque qu’il compose aussi ses premières musiques de films: pour « Ca n’arrive qu’aux autres » de Nadine Trintignant et « La folie des grandeurs » de Gérard Oury. En 1972, Michel Polnareff se produit à l’Olympia en fin d’année: il y chante « Holidays » et « On ira tous au paradis », les succès du moment, dans une mise en scène très futuriste. Mais ce qui défraie la chronique, c’est l’affiche annonçant ses concerts et sur laquelle le chanteur dévoile ses fesses. Elle lui vaut de répondre d’attentat à la pudeur devant la justice et de devoir s’acquitter d’une amende de 60.000 francs français (+ ou – 9.000 euros). En 1973, après une tournée internationale importante, Polnareff découvre que son agent l’a escroqué, a mis les voiles en emportant la caisse et, surtout, n’a pas payé ses impôts. Il décide alors de s’exiler aux Etats-Unis et s’installe à Los Angeles. Là-bas, il enregistre un album en anglais qui porte le titre de « Fame à la mode ». Ne pouvant remettre les pieds en France pour des raisons fiscales, il décide de se produire en Belgique, à Forest-National, où de nombreux admirateurs français ont fait le voyage. Quelques mois plus tard, il sacrifie à la mode disco en composant un instrumental qui est la musique du film « Lipstick ». Puis, en 1977, il compose la chanson « Lettre à France » dont le texte, écrit par Jean-Loup Dabadie, évoque la nostalgie de son pays natal. Il revient d’ailleurs en France en 1978 pour assister au procès concernant sa dette fiscale. L’album, « Coucou me revoilou », qu’il sort à cette époque, n’obtient pas le succès escompté mais il se rattrape trois ans plus tard avec l’opus « Bulles » qui retient l’attention des medias pour les chansons « Radio » ou « Tam tam ». En 1984, Polnareff décide de s’installer à nouveau en France et il y reste pendant dix ans. Il y produit nombre de chansons et de musiques de films qui vont connaître des succès inégaux: « Viens te faire chahuter », « Goodbye Marylou », « LNA HO » ou « Kama sutra ». Après une opération de la cataracte qui lui rend la vue qu’il avait partiellement perdue, il repart aux Etats-Unis et enregistre, à Los Angeles, l’album « Roxy » en 1995. La fin des années 1990 et le début de la décennie suivante ne sont pas des plus riches pour Polnareff et il faut attendre 2006 pour voir l’artiste annoncer son retour sur scène en France. Le 2 mars 2007, à Bercy, Michel Polnareff revient sur une scène française après trente-quatre ans d’absence. Ce retour de l’artiste à la crinière blonde et aux lunettes blanches attire plus d’un million de spectateurs sur la tournée de 60 dates qui suit Bercy. En mars 2007, il reçoit une Victoire d’honneur pour son oeuvre. Puis, Michel Polnareff adopte un petit garçon dont il a d’abord cru, à tort, être le père naturel. Sept ans après son dernier passage sur scène, Michel Polnareff participe à un documentaire musical où il raconte les moments clés de sa vie. Ce dernier est projeté simultanément à 20 heures dans plusieurs salles de cinéma européennes le 5 juin 2014. L’artiste travaille ensuite à l’enregistrement d’un album de nouvelles chansons au studio ICP de Bruxelles. En décembre 2015, un extrait de ce futur album est envoyé aux radios: il s’agit d’une chanson de Noël intitulée « L’homme en rouge ». Mais le reste de l’opus se fait attendre et, malgré cela, la tournée de plusieurs mois qui est prévue démarre bien le 30 avril 2016 à Epernay. Le 30 novembre 2018, l’album tant attendu est commercialisé et son titre en dit long : « Enfin ! ».
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3 juillet 2004 : Alors que Francis CABREL est en tête des ventes d’albums en Belgique francophone avec « Les beaux dégâts », d’autres artistes entrent dans ce classement avec leur dernier opus. C’est le cas de KOOL SHEN (« Dernier round », 22e), de Pascal OBISPO (« Fan Studio », 15e) et de ROHFF (« Fierté des nôtres », 10e).

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3 juillet 2010 : Les amateurs belges de bonne chanson francophone sont déçus: le festival « Mars en Chansons » de Charleroi dépose le bilan et son association est mise en liquidation. Le principal élément dont a souffert le festival est la perte de spectateurs. L’édition 2010 a véritablement connu un recul de son nombre d’entrées en dépit d’une belle programmation, des concerts proposés à la Ruche de Marcinelle et malgré les efforts du nouveau directeur Michaël Fries qui a succédé au fondateur Claude Bonte.
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24 AVRIL

Dick Rivers – Pochette « Gran Tour » en 2012

24 avril 1945 : Naissance, à Nice, du chanteur français Hervé Fornieri qui a pris pour pseudonyme Dick RIVERS. Fan d’Elvis Presley, il a d’ailleurs emprunté son prénom de scène au nom d’un des personnages joués par le King au cinéma. A peine âgé de quinze ans, il fonde « Les Chats Sauvages », un groupe qui va être l’un des premiers à pratiquer le rock and roll en France. Entre mai 1961 et juin 1962, ces musiciens vont enregistrer une centaine de titres: du rock mais aussi du twist, rythme très à la mode en 1962. En septembre de cette année-là, Dick Rivers décide de voler de ses propres ailes et largue le groupe. Dès le début de sa carrière de soliste, que ce soit par des adaptations ou des titres originaux, le chanteur va tenir le haut du pavé et s’installer solidement pour des dizaines d’années dans le paysage français de la chanson.

Dans les années 1960, grâce à ses bonnes relations avec Daidy Davis Boyer, Dick Rivers va tourner quantité de scopitones de ses chansons. Ce petit film de cinéma ainsi appelé scopitone était l’ancêtre du clip video. Il permettait à tout un chacun de visionner ses chansons préférées sur un appareil s’apparentant à un juke-box. Dick fera aussi de la figuration dans les scopitones de certains autres chanteurs. Ses succès sont nombreux et le chanteur s’adapte aux modes en interprétant notamment du rhythm’n’blues à la fin des années 1960. Alors que la décennie 1970 laisse craindre le pire pour un chanteur de rock, Dick Rivers s’en tire plutôt bien en restant fidèle à son style (« Maman n’aime pas ma musique ») ou en s’orientant vers la musique country (« Faire un pont », adaptation de « Country roads »). Ces années-là sont celles où Dick Rivers fait appel à Bashung pour la réalisation de trois albums. Les Chats Sauvages se reforment le temps d’un disque qui sort en 1982 sans grand succès. En 1983, sa carrière prend un autre virage encore avec des chansons signées Barbelivien (« Nice Baie des Anges »). Au tout début des années 1990, l’artiste se lance dans l’aventure du conte musical avec un double album consacré à l’histoire inventée d’une chanteuse virtuelle: Linda Lu Baker. Ce disque est pour Dick l’occasion de partager un gospel avec le Golden Gate Quartet (« Ainsi soit-elle ») mais il lui offre aussi l’opportunité d’interpréter un titre de mambo (« Sale mambo ») et un autre de salsa! Parmi les collaborateurs de l’opus se trouve aussi un certain Francis Cabrel. Au même moment, Dick Rivers raconte le rock comme personne sur Radio Monte Carlo. Comme Johnny Hallyday, le rival de ses débuts, le chanteur niçois n’a alors de cesse de rencontrer de nouveaux auteurs et compositeurs dont il fait éclore le talent. Ceux-ci ont pour nom Benjamin Biolay, M, Joseph d’Anvers ou Mathieu Boogaerts. Dick Rivers fête ses 50 ans de carrière en mai 2011. Pour l’occasion, il sort un album (cliquer ici pour voir la chronique) mais aussi un livre : Mister D. La tournée qu’il effectue à travers toute la France en 2012 est immortalisée par un DVD : « Le gran’ tour ». En 2014, l’album « Rivers » lui permet d’entrevoir une nouvelle tournée de concerts. Mais celle-ci est annulée en raison d’une chute dont le chanteur est relevé avec un traumatisme crânien. Le 28 octobre 2017, les téléspectateurs de France 2 sont heureux de retrouver Dick Rivers bon pied bon oeil pour participer, au Zénith de Paris, à la soirée célébrant les 25 ans de l’émission « Taratata » de Nagui. Et puis, au début 2018, l’artiste confirme son retour en forme en apparaissant dans un clip très déjanté de Julien Doré: « Africa », une reprise étonnante du célébrissime tube de Rose Laurens en 1982. Dick Rivers est décédé, à Paris, des suites d’un cancer le jour de ses 74 ans: le 24 avril 2019.
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Ronnie Bird en 1967 – Photo (c) André Berg

24 avril 1946 : Naissance, à Boulogne-Billancourt, du chanteur de rock français Ronnie BIRD. Après avoir arrêté ses études, Ronald Méhu décide, avec l’accord de son père, de se lancer dans la chanson sous le nom de Ronnie Bird, ce qui fait plus anglo-saxon. Suite à un séjour à Londres où il oublie de se faire couper les cheveux, il enregistre son premier disque en 1964 avec une coiffure à la Beatles: « Adieu à un ami », un hommage au rocker américain Buddy Holly.

Il connaît alors quelques succès comme « Le pivert » mais sa popularité reste trop limitée à son goût. Il décide ainsi d’interrompre sa carrière après cinq ans. Toutefois, entre 1968 et 1972, il participe à l’adaptation française de la comédie musicale Hair aux côtés de Julien Clerc puis de Gérard Lenorman. Plus étonnant: en 1989, il signe le texte de la chanson « Precious Things » interprétée en duo par Ray Charles et Dee Dee Bridgewater.
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Claude Dubois en 1989 – Photo (c) Pierre Terrasson

24 avril 1947 : Naissance, à Montréal, du chanteur québécois Claude DUBOIS. Alors qu’il est une véritable star au Canada, Claude Dubois n’est, en Europe francophone, connu principalement que pour son interprétation magistrale du « Blues du businessman » (« J’aurais voulu être un artiste ») dans la version originale de l’opéra-rock « Starmania » en 1978. Pourtant, à peine âgé de douze ans, il est le membre du groupe « Les Montagnards » quand il enregistre un album de chansons western. Puis, cinq ans plus tard, il chante presque tous les soirs au « Patriote », une boîte à chansons montréalaise. Claude Dubois enregistre quelques disques en 1966 puis il délaisse la chanson pour y revenir lorsque ses voyages l’amènent en France. Il sort quelques disques arrangés par François Rauber, l’orchestrateur de Jacques Brel, mais le succès n’est pas au rendez-vous de ces 45 tours publiés chez Barclay. Dans les années 1970, il se tourne vers la musique rock californienne et finit par être remarqué par Luc Plamondon qui est en train d’écrire « Starmania » avec Michel Berger. En 1978, il décroche ainsi le rôle de l’homme d’affaires Zéro Janvier dans l’opéra-rock où il interprète le fameux « Blues du businessman » avec le succès que l’on sait.

Alors qu’il redevient anonyme dans les pays francophones européens, Claude Dubois garde son succès au Québec malgré le fait qu’il y soit condamné pour possession de stupéfiants en 1981. L’album « Sortie Dubois » est une des grosses ventes de disques de l’année 1982. En 2007, l’artiste sort l’album « Duos Dubois » dans lequel il réenregistre plusieurs de ses chansons avec des chanteurs et chanteuses comme Céline Dion, Patrick Bruel, Natasha St-Pier, Richard Desjardins, Lynda Lemay ou Francis Cabrel entre autres. En 2011, Claude Dubois rejoint la tournée française des idoles « Age tendre et tête de bois ». Accompagné d’un orchestre symphonique, il y interprète bien sûr l’incontournable « Blues du businessman » mais aussi une superbe chanson: « Si Dieu existe ». Faisant partie de la même tournée, Annie Cordy remarque cette chanson qu’elle intègre dans son album sorti en 2012. A la fin de l’année 2016, alors que Claude Dubois est l’un des invités de l’émission télévisée québécoise « Tout le monde en parle », il déclare être atteint d’un cancer de la moelle osseuse et que les médecins lui donnent encore trois ans à vivre. Heureusement, fin 2018, il dit aller mieux et que la maladie semble s’être arrêtée. Depuis, il arpente à nouveau les scènes du Québec avec dynamisme et sourire.
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Véronique Sanson en 1977 – Photo (c) Daniel Decamps

24 avril 1949 : Naissance, à Boulogne-Billancourt, de l’auteure, compositrice et interprète française Véronique SANSON. Fille de membres actifs de la Résistance durant la seconde guerre mondiale, elle et sa soeur Violaine porteront des prénoms commençant par la lettre « V » de Victoire après la libération. Les deux soeurs suivent très tôt des cours de piano et s’orientent toutes deux vers une carrière musicale. C’est donc tout naturellement qu’elles créent un groupe avec un troisième musicien qui a pour nom François Bernheim. Ensemble, ils enregistrent, sous le nom des Roche Martin, deux 45 tours comprenant chacun quatre titres. Cela se passe en 1967 et le succès de ces deux disques est quasi nul. Le groupe se dissout très vite après la sortie du deuxième disque. En 1969, Véronique Sanson entame sa carrière de chanteuse soliste avec la chanson « Le printemps est là ». Le succès n’est pas au rendez-vous de ses premières chansons et l’artiste change de maison de disques. Cela va lui être bénéfique puisque son compagnon, Michel Berger, va lui produire un premier album, « Amoureuse », qui sera une vraie révélation en 1972.

Plutôt décidée à s’imposer, Véronique Sanson n’hésite pas à enregistrer et à commercialiser un deuxième album dans la même année: « De l’autre côté de mon rêve ». C’est donc avec, déjà, un solide répertoire qu’elle assure les premières parties des concerts de Michel Polnareff ou de Julien Clerc. Véronique quitte alors Michel Berger pour épouser l’artiste américain Stephen Stills le 14 mars 1973. Et, de ce fait, elle déménage aux Etats-Unis où elle va enregistrer ses albums suivants comme « Le maudit » en 1974. A la fin des années 1970, Véronique Sanson est une vedette incontournable de la chanson francophone: ses textes et ses musiques sont d’une qualité remarquable. Mais le début de la décennie suivante est marqué par son divorce avec Stephen Stills et son retour en France qui signifie aussi un manque d’inspiration. Il faut attendre 1985 pour voir un nouveau 33 tours de Véronique Sanson chez les disquaires: « C’est long c’est court ». Mais, à partir de cet instant, c’est reparti et, trois ans plus tard, la chanteuse atteint même un sommet dans les textes polémiques. « Allah », écrite comme une chanson pacifiste, est considérée comme sacrilège par ceux qui condamnent les « Versets sataniques » de Salman Rushdie. Et Véronique doit être protégée après avoir reçu des menaces de mort. A la fin de l’année 1989, lorsque Jean-Jacques Goldman met sur pied la première tournée des Enfoirés, la chanteuse est la seule femme du quintet aux côtés de Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Michel Sardou. En 1990, elle tente une nouvelle expérience scénique: « Symphonique Sanson ». Deux ans plus tard, l’album « Sans regrets » est mené par la chanson « Rien que de l’eau » qui est un succès récompensé par une Victoire de la Musique en 1993. 1995 voit la sortie d’un album en public enregistré aux Francofolies de La Rochelle avec des duos: « Comme ils l’imaginent ». Et, la même année, Véronique Sanson épouse l’humoriste Pierre Palmade dont elle divorce en 2001. Le début des années 2000 est également marqué par un album hommage à Michel Berger disparu en 1992: « D’un papillon à une étoile ». Un album « live » suit la tournée avec les chansons de Berger. Autre étape importante pour la chanteuse: en octobre 2007, elle est l’invitée d’honneur des fameuses « Nuits de Champagne » à Troyes et elle y chante accompagnée par 900 choristes. Elle y découvre le charme des polyphonies et s’en sert lors de ses spectacles suivants où les choristes occupent une place plus importante. Trois ans plus tard sort l’album « Plusieurs lunes ». 40 ans après sa sortie, le premier album de Véronique Sanson est réédité en CD dans un coffret spécial de luxe où se côtoient les chansons originales remasterisées, des bonus inédits et un DVD enregistré lors d’un concert ayant eu lieu à Bruxelles en décembre 2011. Elle reçoit une nouvelle Victoire de la Musique le 8 février 2013 mais cette fois pour honorer l’ensemble de sa carrière. En 2014, une compilation reprenant les chansons de « l’époque américaine » de Sanson est commercialisée. Elle est l’occasion pour la chanteuse de remonter sur scène dans le cadre d’une tournée où elle reprend exclusivement ces titres-là enregistrés initialement aux Etats-unis à la fin des années 1970. En novembre 2016 sort le quinzième album studio de Véronique Sanson avec des chansons originales. Il porte le titre « Dignes, dingues, donc » et est promotionné par la chanson « Et je l’appelle encore », écrite par Véronique et composée par son choriste belge Mehdi Benjelloun. Cette dernière est nommée dans la catégorie « chanson originale de l’année » et Véronique comme artiste interprète féminine de l’année aux Victoires de la Musique de l’Année 2017. Elle entame alors une grande tournée de concerts qui est interrompue à la rentrée 2018 pour soigner une tumeur qui l’oblige aussi à se reposer durant quelques mois. Et, pour le plus grand plaisir de ses admirateurs, la chanteuse reprend ses spectacles en pleine forme à partir de février 2019.
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La pochette du CD live sorti en 2011

24 avril 1963 : Naissance, à Châlons-sur-Marne, sous le nom de Emmanuel Cabut, du chanteur français Mano SOLO. C’est en 1980 que Manu Cabut, fils du dessinateur Cabu, intègre, comme guitariste, un groupe punk: les Chihuahuas. Six ans plus tard, il apprend qu’il est séropositif. Au début des années 1990, alors que le temps presse, il se décide à interpréter ses textes. Son premier album enregistré sous le nom de Mano Solo, « la Marmaille nue », sort en 1993 et se vend à 100.000 exemplaires. Un deuxième album sort deux ans plus tard et a pour titre « Les Années sombres ». La même année, en 1995, l’artiste annonce publiquement au Bataclan de Paris qu’il a contracté le SIDA. Les enregistrements de disques vont se poursuivre à un rythme régulier ensuite mais avec des succès divers. Il y aura « Frères Misère » en 1996 suivi de quelques enregistrements publics (« Je sais pas trop » en 97, « Internationale Shalala » en 99 et « La Marche » en 2002) mais aussi « Dehors » en 2000 et « Les Animals » en 2004. Deux ans plus tard, Mano Solo ne renouvelle pas son contrat avec la maison de disques Warner. Pour son nouvel album, « In The Garden », sorti en mars 2007, il propose aux internautes de l’aider par une souscription destinée à payer les frais de promotion une fois l’album réalisé. La souscription lancée le 18 septembre s’avère peu concluante: il n’y a que 2.800 souscripteurs par internet. Et les 35.000 exemplaires vendus dans les bacs remboursent la banque du prêt contracté par l’artiste pour produire l’opus. Sans plus. Le 28 septembre 2009 sort un nouvel album, le dernier: « Rentrer au port ». Le chanteur entame alors une série de concerts à l’Olympia de Paris mais le 12 novembre, il doit être hospitalisé. Mano Solo meurt le 10 janvier 2010 à l’âge de 46 ans, des suites de plusieurs anévrismes. Il est inhumé au cimetière parisien du Père-Lachaise. En novembre 2011 sort l’enregistrement du dernier concert de Mano à l’Olympia en 2009. Les bénéfices des ventes sont versés à l’association « Fazasoma » qui vient en aide à la population malgache et que Mano Solo soutenait depuis 2006. Une collection de livrets de toutes les chansons de Mano Solo pour piano, chant et guitare sort en 2012 aux Éditions Capte Note – Planète Partitions. Artiste complet, Mano Solo dessinait et peignait notamment les pochettes de ses albums. Il écrivait aussi et, avec l’argent de la musique, avait monté sa propre société d’édition (« La Marmaille nue »). Il publia, en 1995, un recueil de poèmes (« Je suis là ») et, en 1996, un roman (« Joseph sous la pluie »). Ces deux ouvrages ont été rassemblés dans un livre, « Joseph sous la pluie », publié par Points en janvier 2012.
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24 avril 1973 : Naissance de la chanteuse belge Anik NAK. A 21 ans, la jeune néerlandophone Anik Vandercruyssen enregistre, sous le pseudonyme subtil Anik Nak, un album avec une partie des musiciens du groupe de rock Machiavel très célèbre en Belgique. Sur cet opus intitulé « Voilà », Roland De Greef et Mario Guccio lui confectionnent, en français, des chansons sur mesure: « Je te veux » ou encore « Tout est magnifique ». Le succès très faible de ces chansons, malgré quelques passages sur les ondes belges et des concerts aux Francofolies de Spa, au Dour Music Festival ou au Marktrock, oblige la jeune femme à se tourner vers d’autres projets comme le théâtre. En 1998, elle suit les cours de l’école internationale de théâtre « De Kleine Academie » et elle tourne ensuite dans quelques films comme « Hombres Complicados » de Dominique Deruddere ou « Friday Fishday » de Jan Bucquoy.
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Jofroi en 1976

24 avril 1976 : Le 15e festival de la chanson française d’Obourg a lieu ces samedi 24 et dimanche 25 avril dans la petite localité belge située près de Mons. Au programme: le groupe « Nuit câline à la villa mon rêve », JOFROI, Paul LOUKA, Catherine LARA et Maxime LE FORESTIER.

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24 avril 2001 : Jusqu’au 29 avril, la chanteuse KEREN ANN assure la première partie du spectacle d’Henri SALVADOR à l’Olympia de Paris. Il faut dire que celle qui a permis à « Monsieur Henri » de revenir au devant de la scène avec sa chanson « Jardin d’hiver » a également enregistré un premier album intitulé « La biographie de Luka Philipsen ».
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24 avril 2019 : Décès, à Paris, le jour des ses 74 ans, du chanteur français Dick RIVERS à la suite d’un cancer. Sa biographie se trouve ci-dessus à la date de sa naissance : le 24 avril 1945.
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