11 DECEMBRE

Jean Marais en 1988 – Photo (c) Gérard Dufraigne

11 décembre 1913 : Naissance, à Cherbourg, de l’acteur, metteur en scène, écrivain, peintre, sculpteur et, à l’occasion, chanteur français Jean MARAIS sous le vrai nom de Jean Alfred Villain-Marais. Quatre ans après sa naissance, sa mère décide de se séparer de son père et emmène le petit Jean avec son frère à Paris. Alors que sa mère kleptomane est absente en raison de ses fréquents séjours en prison, il est scolarisé au lycée Condorcet et ne reverra plus son père avant 40 ans. Adolescent, il s’intéresse au cinéma et, à l’âge de 20 ans, il se fait engager comme figurant. Persévérant, il veut accéder au Conservatoire mais il échoue à l’examen d’entrée. Il aboutit alors au Théâtre de l’Atelier où il étudie et joue des pièces classiques. En 1937, au cours d’une audition, il rencontre l’auteur et cinéaste Jean Cocteau qui devient son amant et qui l’aide vraiment à devenir acteur. Son premier rôle est muet car sa voix est peu convaincante. Mais, comme Cocteau lui écrit une pièce sur mesure, il connaît son premier succès théâtral en 1938 dans « Les parents terribles ». De la même manière, l’auteur écrit pour lui « La Belle et la Bête », un film auquel personne ne croit et qui est pourtant l’un des grands succès de l’après-guerre. D’autres longs métrages viennent ensuite asseoir le succès de Jean Marais comme « Orphée » (1949), « Le Comte de Monte Cristo » (1954), « Le Bossu » (1959), « Le Capitaine Fracasse » (1961) et « Fantômas » (de 1964 à 1966). Il décide alors de ne plus faire de cinéma pour se consacrer entièrement au théâtre mais il apparaît encore une fois au grand écran en 1970 aux côtés de Catherine Deneuve dans « Peau d’âne » de Jacques Demy. Au fil du temps, il se retire dans les Alpes Maritimes où il pratique la poterie et la sculpture. Pour compléter sa palette artistique, Jean Marais a aussi tenté la chanson avec l’enregistrement de quatre disques 45 tours. Il y a eu « Je l’ai perdue » (1965), « Mal de dents mal d’amour » (1965), « Depuis que tu es partie » (1966), un disque de Noël et bonne année en 1966 et puis, en 1988, « On oublie rien », un texte signé Gilbert Sinoué délivré sur une mélodie composée par François Valéry.

Jean Marais meurt à Cannes le 8 novembre 1998. Il repose dans le petit cimetière de Vallauris, la ville où il a vécu ses dernières années.
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Jacques Douai en 1978 – Photo (c) JP Grabet

11 décembre 1920 : Naissance, à Douai, du chanteur français Jacques DOUAI sous son vrai nom de Gaston Tanchon qui a choisi comme pseudonyme le nom de sa ville natale du Nord de la France. Il passe son enfance dans la région où il est né et, après l’école primaire, il fréquente le conservatoire où il apprend la musique. Par la suite, il s’intéresse aux chorales et en dirige quelques-unes. Puis il s’intéresse au théâtre et à la danse. A 27 ans, il débarque à Paris et commence à chanter dans les cabarets dits « de la rive gauche » en s’accompagnant à la guitare. C’est à ce moment qu’il choisit son pseudonyme. Il est alors le premier interprète masculin à chanter « Les feuilles mortes » de Prévert et Kosma sur une scène. L’un des « patrons » de cabaret, Francis Claude, l’engage dans son établissement mais il lui permet aussi de se produire dans des émissions de la radio française. En 1951, des soucis de santé éloignent Jacques Douai de la scène pendant quelques années mais, en 1955, lorsqu’il reprend sa place, c’est pour enregistrer un premier album. Celui-ci a pour titre « Chansons poétiques anciennes et modernes » et obtient le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros. Interprétant notamment quelques mélodies du folklore français ancien et médiéval, il va être baptisé « le troubadour des temps modernes ». Dans les années qui suivent, Jacques Douai enregistre régulièrement des 33-tours où il explore le répertoire poétique national mais où il chante aussi des oeuvres de Ferré, Trenet, Brassens ou Brel. Le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros lui est encore décerné pour ces albums en 1962 et en 1968. En 2004, le 7 août, Jacques Douai décède à son domicile parisien.

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Nancy Holloway en 1963 – Photo (c) Roland Carré

11 décembre 1932 : Naissance, à Cleveland (Etats-unis), sous le nom de Nancy Brown, de la chanteuse américaine Nancy HOLLOWAY. Très jeune, elle se destine à devenir danseuse et elle a près de 30 ans lorsqu’une tournée européenne l’amène à découvrir Paris où elle décide de s’installer. Le jazz est très en vogue dans la capitale française et elle est sûre que ses capacités vocales vont lui permettre de devenir l’une des vedettes du genre dans des cabarets comme le Mars Club et le Blue Note. Elle modifie son nom et s’appellera désormais Nancy Holloway. Dès 1961, elle enregistre une demi-douzaine de disques 45-tours où elle interprète des adaptations françaises de «tubes» anglo-saxons : «Hey Pony», «Elle a des yeux d’ange», «Le boogie du bébé», «Venez les copains», «The twist», «Be bop a lula», «Les barbouses» ou «Viens danser le twist». Son accent américain n’est pas étranger à sa popularité qui, à cette époque, peut s’apparenter, pour des raisons similaires, à celle de Petula Clark. Grâce à ce succès plutôt rapide, elle chante en vedette au théâtre de l’ABC à Paris en 1961. Et elle est l’une des invitées du présentateur Albert Reisner au cours de la première émission télévisée française «Age tendre et tête de bois». Durant les mois qui suivent, Nancy continue à enregistrer des chansons à un rythme soutenu et elle finit par décrocher le grand succès attendu en 1963 avec «T’en vas pas comme ça», adaptation française de «Don’t make me over» interprété initialement par Dionne Warwick.

En 1964, la chanteuse tente l’aventure du cinéma en jouant son propre rôle dans «Cherchez l’idole», réalisé par Michel Boisrond, aux côtés de Sylvie Vartan, Johnny Hallyday, Charles Aznavour et Eddy Mitchell. Elle prend goût au cinéma et, aidée par le comédien André Pousse, elle tourne, plus tard, dans les films «Le Gentleman de Cocody» de Christian-Jaque, «Jeux de massacre» d’Alain Jessua et «Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques» de Michel Audiard. Nancy Holloway va ensuite poursuivre l’enregistrement de 45-tours de manière régulière jusqu’en 1968. En 1969, sa vie privée est marquée à tout jamais par la mort de sa fille de six mois qui se noie accidentellement dans son bain. Elle interrompt alors sa carrière avant d’essayer de revenir, malgré tout, au premier plan avec divers disques enregistrés en 1974 («Laisse-moi vivre»), 1981 («Give girl a chance») ou 1988 («You are my yesterday» produit par le Belge Eddy Luyckx). Il faut alors attendre 2006 pour revoir la chanteuse sur scène lors de la tournée vintage «Age tendre et tête de bois» qu’elle partage à ce moment avec d’autres artistes comme Richard Anthony, Frank Alamo ou Michel Orso. En 2008, elle quitte la scène pour raisons de santé. Elle meurt à Paris le mercredi 28 août 2019.
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Enrico Macias au début des années 1980

11 décembre 1938 : Naissance, à Constantine, en Algérie française, du compositeur et chanteur français Enrico MACIAS sous le nom de Gaston Ghrenassia. Il est le fils de Sylvain qui était violoniste dans l’orchestre de Raymond Leyris dit Cheikh Raymond qui deviendra par la suite le beau-père d’Enrico Macias. Né dans un milieu musical juif algérien, Gaston est initié à la guitare par son cousin Jean-Pierre et des amis gitans qui le surnomment très vite Enrico. Après des études sans histoires, Gaston se destine à l’enseignement et est instituteur. Il ne preste toutefois pas longtemps puisque, très vite, il préfère pratiquer la musique dans l’orchestre de Cheikh Raymond. Mais, en juin 1961, ce dernier est assassiné et cela pousse la famille Ghrenassia à quitter l’Algérie pour la France et Argenteuil. En Méditerranée, sur le bateau qui l’amène en France, Gaston compose et écrit la chanson « J’ai quitté mon pays ». Une fois à Paris, l’homme ne revient pas à l’enseignement et il effectue divers petits boulots en espérant pouvoir, un jour, vivre de la musique et, de préférence, de sa musique. Il décroche ainsi quelques petits contrats dans des cabarets parisiens et finit par se faire remarquer pour assurer la première partie d’un concert de Gilbert Bécaud. Gaston Ghrenassia s’appelle désormais Enrico Macias: Enrico pour le prénom qui lui a été donné par ses amis gitans et Macias parce qu’une secrétaire de sa maison de disques a mal compris, au téléphone, le nom de Ghrenassia qu’elle a transformé en Macias. En 1962, l’Algérie est déclarée indépendante et des milliers de Français sont rapatriés dans leur pays d’origine. A la télévision française, l’émission d’actualités « Cinq colonnes à la une » fait appel au chanteur pour illustrer un reportage sur ces personnes forcées de revenir dans un pays où elles n’ont pas nécessairement vu le jour et qu’elles ne connaissent pas. Il y chante « Adieu mon pays » simplement accompagné à la guitare et il devient, en quelques instants, le symbole de l’exil des « Pieds-Noirs ». En 1963, il enregistre son premier 33-tours chez Pathé Marconi et les succès sont déjà nombreux comme « Enfants de tous pays ». Au fil du temps, le répertoire d’Enrico Macias va se révéler varié tout en privilégiant les textes où l’amour et la paix sont omniprésents. Il devient ainsi l’interprète de succès qui restent gravés dans l’histoire de la chanson française comme « Les gens du Nord », « Malheur à celui qui blesse un enfant » ou « Le mendiant de l’amour ». Mais il sait aussi donner une tournure plus légère à son répertoire avec des mélodies comme « Les millionaires du dimanche » ou « Les filles de mon pays ». Il se montre aussi parfois plus engagé dans ses textes en prônant la paix. C’est le cas dans la chanson « Un berger vient de tomber », écrite après l’assassinat du président égyptien Sadate au début des années 1980. Ou dans « La France de mon enfance » qui évoque l’Algérie française de ses premières années de vie et la condition des « Pieds Noirs » pas toujours reconnue à sa juste valeur. A la fin des années 1990, il se rend compte que ses chansons n’obtiennent plus le succès espéré et il se tourne vers ses origines en réalisant des enregistrements plus authentiques qui le font mieux connaître des spécialistes de la « musique du monde ». Perpétuant la tradition, il travaille aussi avec son fils et collabore avec des compositeurs et auteurs plus jeunes comme Art Mengo (« Oranges amères » en 2004). En 2012, pour satisfaire à la vogue du moment, Enrico réenregistre ses plus grands succès en duo avec ceux qu’il nomme ses amis. On y retrouve Cali, Carla Bruni, Mickaël Miro, Natasha St-Pier, Dany Brillant, Dani et Corneille entre autres. Quatre ans plus tard, l’artiste commercialise un album de chansons originales dont le titre générique est « Les Clefs ». En 2019, un nouvel album est en vente : il reprend toute une série de succès réenregistrés dans de nouvelles versions arrangées par le Al Orchestra.
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Anne Vanderlove en 1984 – Photo (c) Marthe Raillon

11 décembre 1943 : Naissance, à La Haye, de la chanteuse, auteure et compositrice néerlandaise Anne VANDERLOVE sous le nom d’Anna Van der Leeuw. Son père est artiste peintre et résistant néerlandais durant la seconde guerre mondiale. Il se fait arrêter et est déporté par les nazis à Buchenwald en Allemagne. Il survit à cette épreuve et rentre aux Pays-Bas alors que la mère d’Anna, d’origine bretonne, envoie sa fille chez ses parents qui vivent en France dans le Morbihan. Anna est donc élevée à Arradon, en Bretagne, où elle passe son enfance chez ses grands-parents maternels. Sa scolarité est tout à fait traditionnelle et correcte puis, à 20 ans, elle part pour Paris afin d’y entamer des études de philosophie. Mais c’est un diplôme d’institutrice qu’elle décroche finalement. Au moment où elle pense à se rendre à l’étranger pour se joindre à une mission humanitaire, elle est intriguée par quelques artistes poussant la chansonnette dans le métro et dans les rues. Elle pense qu’elle peut, elle aussi, composer des chansons et les interpréter sous le nom d’Anne Vanderlove. Du coup, en 1965, elle commence à proposer ses prestations Chez Georges, un établissement de Saint-Germain-des-Prés. Remarquée par un professionnel du disque, elle enregistre quelques-unes de ses compositions et, en 1967, elle connaît le succès avec la « Ballade en novembre ». A cette occasion, elle est récompensée par le Grand-Prix du Disque. Lors du soulèvement des étudiants et des mouvements de grève qui ont suivi en France en mai 1968, Anne Vanderlove chante dans les usines en grève et on la surnomme « la Joan Baez française ». Alors qu’elle connaît d’autres succès comme « Les petits cafés », elle ne s’entend plus avec les responsables de sa maison de disques et quitte le label. Après avoir participé à l’album « La mort d’Orion » de Gérard Manset en 1970, elle décide de produire elle-même ses disques. Deux ans plus tard, la chanteuse s’installe en Bretagne et produit donc quelques albums comme « La vie s’en va » (1981) qui reçoit l’Oscar de la chanson française. Des titres de ce disque-là et d’une dizaine d’autres sont repris sur une compilation en trois CD qui sort en 1987. Puis, Anne Vanderlove fait une pause avant d’enregistrer de nouveaux albums. Il y a « Bleus » (1997), « Silver » (1999), « Escales » (2000), « Femme de légende » (2003), « Rue Columbus » (2010) et « Pour toujours, nous serons Charlie » (2015). Très impliquée pour des causes humanitaires, sociales et environnementales, l’artiste a aussi collaboré, en 2000, au disque « Pour que tous les oiseaux vivent heureux » enregistré avec les enfants de l’école de La Rabine de Vannes et vendu au profit de l’association « Bretagne vivante » dont le but est de développer les actions de formation et d’éducation à l’environnement. En 2013, elle est nommée Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture française Aurélie Filippetti. Le 30 juin 2019, Anne Vanderlove décède des suites d’un cancer auprès des siens dans la région du Finistère.
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Grégori Baquet en 2002

11 décembre 1970 : Naissance, à Paris, de l’acteur, chanteur, musicien, réalisateur et metteur en scène français Grégori BAQUET. Fils de l’acteur et violoncelliste Maurice Baquet, il suit les cours du lycée Molière à Paris. La fibre artistique prend ensuite le dessus et, à seize ans, il entame une carrière théâtrale en jouant, entre autres, aux côtés de Jacques Fabbri. En 1994, il est engagé pour jouer le rôle d’un jeune sportif dans la série télévisée « Extrême limite » dont il chante le générique. Cette nouvelle expérience dure un an. En 1995, il fait partie de la troupe de Roger Louret qui met en scène le spectacle musical « Les années twist ». Il poursuit son travail musical avec la troupe jusqu’en 1998 en étant encore à l’affiche des « Z’années zazous » et de « L’Arlésienne ». Simultanément, il est sollicité pour le tournage d’une autre série: « Une femme d’honneur » avec Corinne Touzet, entre 1996 et 1999. En 1997, il tourne aux côtés de Mireille Darc dans le film de Marion Sarraut: « L’ami de mon fils ». En 1998, il fait partie du spectacle « Les Insolistes » qui est présenté un an plus tard au Festival Off d’Avignon et qui, avec beaucoup d’humour et d’originalité, revisite les répertoires d’Offenbach, Scotto, Mireille et Nohain entre autres. En 2000, il est sélectionné pour rejoindre la troupe de la comédie musicale « Roméo et Juliette » de Gérard Presgurvic d’après William Shakespeare. Avec Philippe d’Avilla, Damien Sargue, Nuno Resende et Cécilia Cara, il va sillonner toute la francophonie jusqu’à la fin 2002. Il est alors l’un des trois interprètes, avec Sargue et d’Avilla, du « tube » « Les rois du monde » qui se vend à près de 1.500.000 exemplaires. En 2003, il participe au spectacle « Tous en scène contre la sclérose ». Puis, il consacre la plus grande partie de son temps au théâtre et au cinéma. En 2009, il est à l’affiche de la nouvelle version de « Hair » mise en scène par Ned Grujic au Trianon de Paris. En 2011, il fait encore une apparition dans le milieu de la chanson en interprétant « Memory » en duo avec Renaud Hantson sur l’album de ce chanteur. Depuis, c’est le théâtre, les séries télé et un peu de cinéma qui constituent les activités majeures de Grégori Baquet.
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14 NOVEMBRE

Marc Aryan en 1975

14 novembre 1926 : Naissance, à Valence dans la Drôme, du chanteur français d’origine arménienne Marc ARYAN sous son vrai nom de Aroutioun Henri Markarian. Fils d’immigrés arméniens de nationalité libanaise en provenance de Syrie et du Liban, il commence à travailler, dès l’âge de dix ans, avec son père dans l’alimentation orientale à Valence. Adolescent, à l’école, il apprécie les cours de langue et de littérature. Pendant ses heures de liberté, il flâne le long du Rhône et écrit des poèmes. Ses études en souffrent et il connaît de sérieuses difficultés. A 20 ans, il tombe gravement malade, risque la mort et subit une lourde opération. Pendant sa convalescence, Henri décide d’apprendre la musique et de devenir chanteur. Il lit aussi énormément et se constitue un bagage intellectuel important. Il apprend alors le solfège, le piano et l’harmonie de manière autodidacte. En 1951, son père le nomme directeur commercial de son usine de semoule Markal. Henri accepte le boulot mais il sait très bien que son destin est ailleurs et qu’il s’accomplira tôt ou tard. En 1954, devinant la percée proche des disques microsillon, il s’installe comme disquaire à Valence. Le succès est tel que, en quelques mois, il ouvre toute une série de boutiques dans la région de Lyon. Mais, alors que sa réussite est au paroxysme, il décide de tout vendre pour suivre son objectif initial: devenir chanteur. En 1958, il part à Paris pour tenter de dénicher un éditeur qui accepte de placer ses chansons chez d’autres artistes. Mais, alors que personne ne veut de lui et de ses mélodies, il ne se décourage pas. Il décide que, finalement, il interprétera ses compositions lui-même. Un an plus tard, il enregistre un premier 45 tours sous le nom d’Henri Markarian chez Pathé avec deux chansons: « Une petite chose » et « Si j’avais su ».

Mais ce disque-là et le suivant ne se vendent pas. Il se dit alors que la France est peut-être un marché trop vaste à conquérir pour un chanteur débutant. Et, se basant sur l’expérience vécue par d’autres artistes, il pense qu’il aura plus de chance de se faire remarquer dans un pays plus petit comme la Belgique où le public est réputé pour apprécier les chanteurs romantiques francophones. C’est ainsi qu’en 1963 il s’installe en Belgique à Waterloo. Et sa réflexion semble être juste puisque ses disques passent assez rapidement à la radio. Il y a des chansons comme « Qu’un peu d’amour » (1964) qui marchent un peu puis d’autres comme « Un jour » et « Bête à manger du foin » (1965) un peu plus. Mais le gros succès qui installe Marc Aryan est la chanson « Katy » en 1965. Sa carrière en Belgique est alors vraiment lancée et se poursuit avec des mélodies populaires comme « Volage volage » (1965), « N° 1 au hit parade » (1967), « Un petit slow » (1968), « Allo c’est moi » (1971) ou « La lettre » (1973). La fin des années 1970 va être plus difficile pour le chanteur et il se diversifie à nouveau en ouvrant et en gérant, en Belgique, deux « méga-discothèques » appelées « La Barq’à Jac » situées à Pecq (Tournai) et à Zeebrugge. Au début de la décennie suivante, la vague des « radios libres » va lui permettre de vendre à nouveau quelques-uns des derniers 45 tours enregistrés avant son décès qui survient le 30 novembre 1985. Il est inhumé au cimetière de Ohain le 4 décembre 1985. A côté de ses activités de chanteur, d’auteur, de compositeur et de producteur, Marc Aryan a aussi fait construire chez lui, à Ohain près de Waterloo, le studio Katy où il enregistrait tous ses disques. Mais c’est également dans ce studio qu’ont enregistré des stars comme Marvin Gaye (son dernier album avec « Sexual Healing »), Anthony Quinn, Alain Delon (avec Phyllis Nelson), Shirley Bassey, Anthony Quinn ou encore Patrick Hernandez pour son fameux « Born to be alive ». En 2006, le journaliste belge Olivier Monssens lui a consacré tout un reportage intitulé « Marc Aryan, chanteur de charme ». Vous pouvez en savoir plus à propos de ce documentaire en cliquant ICI.
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Stéphan Reggiani en 1976 – Photo (c) Micha

14 novembre 1945 : Naissance, à Neuilly-sur-Seine, du chanteur Stéphan REGGIANI. Encore enfant, après le divorce de ses parents, le chanteur et comédien Serge Reggiani et la comédienne Janine Darcey, Stéphan est élevé par sa mère et son beau-père. Il est élève de l’école internationale de Genève et entre, à 17 ans, à l’école des arts décoratifs de Nice. Il y obtient un diplôme d’architecte d’intérieur. « Monté » à Paris où il vit seul, il effectue divers boulots pour vivre. Et il finit par se retrouver dans des cabarets de la rive gauche à interpréter des chansons. Pris au jeu, il commence à composer et à écrire ses propres oeuvres qu’il chante lui-même. A partir de 1967, il a l’opportunité d’enregistrer des 45 tours sous le label CBS. Le premier de ces disques comporte un petit texte de présentation: « Ce n’est pas un ‘minet’. Ce n’est pas un ‘poète chevelu’, c’est simplement un jeune homme ou, si vous préférez, un homme très jeune. Ce qu’il écrit, c’est la fantaisie et la tendresse du quotidien mêlées au rêve. Et il chante avec une voix déjà assurée et chaleureuse. Il s’appelle Reggiani, pourquoi ne pas le dire, puisqu’il n’aurait pas changé de nom s’il s’était appelé Dupont. »

En 1968, il sort son premier « long playing » qui a pour titre « Le Manant ». Il se constitue alors un public qui va se déplacer pour le voir sur scène en France bien sûr mais aussi en Belgique et en Suisse. Il parvient ainsi à se produire dans la salle parisienne de Bobino en première partie de Claude Véga et Juliette Gréco. Puis, à la fin de l’année 1971, c’est en vedette américaine de Liza Minnelli qu’il chante à l’Olympia de Paris. Cette même année, après la sortie de son second album, il part en tournée au Québec. En 1973, il change de maison de disques et son troisième 33 tours est commercialisé par Polydor. En 1975, Stéphan Reggiani rejoint son père Serge et sa soeur Carine sur la scène de Bobino pour un spectacle partagé en famille. Mais, derrière cette apparente joie de se retrouver en famille face au public, il y a le problème de Serge Reggiani qui est une vedette et prend logiquement plus de place que ses enfants dans le tour de chant. Au point de vue personnel, pour Stéphan, cette expérience n’arrange rien après des problèmes de divorce et de remariage raté. Son moral est au plus bas et, lors des vacances qu’il passe chez son père à Mougins, Stéphan se tire une balle dans la tête le 29 juillet 1980. Sa dépouille repose au cimetière du Montparnasse à Paris.
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Patrick Sébastien en 1977 – Photo Pascal Carqueville

14 novembre 1953 : Naissance, à Brive-la-Gaillarde, de l’imitateur, humoriste, chanteur, auteur-compositeur, écrivain, producteur et animateur de télévision français Patrick SEBASTIEN sous son vrai nom de Patrick Boutot. L’enfance de Patrick se passe à Juillac où il est élevé par sa mère. Il ne connaît alors pas son père dont il découvre l’identité à sa majorité. Il est passionné de sport et pratique le rugby dès son plus jeune âge. Il songe d’ailleurs en faire son métier. Mais, avec le temps, il pense à des études sérieuses et s’inscrit à la faculté des lettres qu’il fréquente un moment. Après ça, il « monte » à Paris et exploite ses qualités d’imitateur qui font tant rire ses copains rugbymen. Il compose un spectacle d’imitations qu’il va présenter dans divers cabarets où il reçoit un minuscule cachet et quelques timides applaudissements. Il décide de prendre un pseudonyme qui est le prénom de son premier fils né en 1971: Sébastien. Il s’accroche et s’entête avec raison puisque, en 1976, il parvient à se faire remarquer par les célèbres producteurs de télévision français Maritie et Gilbert Carpentier. Il effectue un premier passage télé remarqué dans « Numéro Un » puis l’animateur et producteur de télé Guy Lux ainsi que Michel Drucker l’accueillent dans leurs émissions respectives. Il n’en faut certes pas plus pour que la France profonde découvre un petit gars sympathique qui leur ressemble. Les Français vont même pouvoir le voir de près car, cette année-là déjà, il se retrouve en première partie de Michel Sardou à l’Olympia de Paris. L’ascension de l’imitateur est alors fulgurante. Et les tournées en province, en Belgique et en Suisse vont s’accumuler aux côtés de Joe Dassin, de Gérard Lenorman, d’Annie Cordy et de Dave entre autres. Petit à petit, avec le temps et les différents spectacles qu’il propose, il songe à établir un contact plus permanent avec son public. Il décide de remettre un projet pour la télévision française et celui-ci est accepté. Il est basé sur ses imitations bien sûr puis sur sa manière de se « faire la tête de quelqu’un » avec force maquillage et déguisement. Ses émissions s’appellent « Carnaval » et « Sébastien c’est fou » dans les années 1980. Il y invite des artistes à venir se déguiser en d’autres artistes à qui ils ressemblent parfois très vaguement. Les hommes politiques français de tous bords se prêtent également à ce jeu qui s’avère très lucratif. Au début des années 1990, Patrick Sébastien décide de donner leur chance à des jeunes humoristes qu’il va produire: Albert Dupontel et Dany Boon sont de ceux-là. Nicolas Canteloup et Shirley & Dino suivent des années plus tard. En 1992, après avoir participé à la soirée des Enfoirés à l’Opéra Garnier pour les Restos du Coeur, il met sur pied l’un de ses plus grands succès télévisuels: « Le grand bluff ». En 1995, l’émission « Osons », diffusée sur TF1, va encore plus loin dans la parodie et la satire et s’attire quelques foudres des bien-pensants. Un an plus tard, il quitte la chaîne privée française TF1 pour le service public de France 2 où il lance, en 1998, « Le Plus Grand Cabaret du Monde ». Après avoir enregistré un certain nombre de disques en tant qu’imitateur, Patrick Sébastien exploite son image de gai luron pour se lancer dans la chanson festive dès le début des années 2000 avec le disque « Pourvu que ça dure » (2002). Cette aventure se poursuit depuis et les succès se suivent avec « Tourner les serviettes » et « Les sardines » par exemple.

Ardent amateur et défenseur de la chanson francophone, il découvre, en 2003, l’auteur-compositeur-interprète français Yves Jamait dont le premier album est devenu introuvable à cause de la faillite de la firme de disques. Il décide de produire son second album mais également de ressortir commercialement le premier. A partir de 2007, il produit et présente, sur France 2, l’émission « Les Années Bonheur » qui est un heureux mix de chansons d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Grâce à l’aide de Fabien Lecoeuvre entre autres, il parvient à retrouver des stars oubliées et à les inviter à chanter sur son plateau. C’est notamment le cas, en novembre 2013, avec la chanteuse portugaise Linda De Suza qui crée alors un intense moment d’émotion. A la rentrée 2017, la nouvelle direction de France 2 fait savoir à Patrick Sébastien qu’il n’aurait plus droit qu’à la présentation de deux de ces émissions-là. La seconde et donc dernière des « Années Bonheur » est diffusée le 4 novembre 2017 avec, comme invités, Gérard Lenorman, Sheila, Pierre Perret, Jean-Pierre Mader, Louane, d’autres artistes non francophones ainsi que des humoristes comme Roland Magdane, les Jumeaux, Jean-Marie Bigard ou Elie Semoun entre autres. Mais, alors que « Les Années Bonheur » sont finalement reconduites pour la saison 2018-2019, Patrick Sébastien se fait remercier par la direction de France Télévisions après des propos qui lui sont reprochés en octobre 2018. Cette éviction médiatique lui fournit alors les éléments d’un livre qu’il publie sous le titre « Sans chaînes ». Et elle lui permet aussi de retrouver le chemin des studios d’enregistrement pour un album dont la sortie est prévue en novembre 2019 : « Entre nous. »
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NAGUI – Photo (c) France 3 – G. Bedeau

14 novembre 1961 : Naissance, à Alexandrie en Egypte, de l’animateur de radio et de télévision, producteur et comédien NAGUI, de son nom complet Nagui Fam. Son père est gréco-égyptien et professeur de littérature française au Caire. Sa mère est franco-italienne et est prof de français. En 1964, toute la famille s’installe en France à Aix-en-Provence avant de vivre quelques mois au Canada en 1966 et de revenir à Cannes où Nagui passe le reste de son enfance et son adolescence. Après ses études secondaires, il s’inscrit à la Faculté des Sciences. Mais sa passion pour la musique le pousse à organiser et à animer des soirées à Cannes. C’est la grande époque des radios dites « libres » et, au début des années 1980, Nagui décide qu’il va devenir animateur. Il part à Paris pour, officieusement, suivre des hautes études commerciales. Mais, officiellement, son idée est de se rapprocher du monde de la radio. Et, finalement c’est à Radio France Nice Côte d’Azur qu’il est engagé. Il y rencontre des professionnels qui lui permettent d’évoluer dans l’univers des medias régionaux: en 1983, il présente l’émission « Club 06 » sur Télé Monte Carlo. En 1986, il fait la connaissance de l’animateur Laurent Boyer et il travaille alors à Chic FM. Puis, un an plus tard, il est engagé sur la télé privée M6 pour présenter « Clip Dédicace ». La célèbre programmatrice de la radio périphérique française RTL, Monique Le Marcis, le remarque et lui demande de présenter des émissions sur la chaîne où il devient une vedette de l’antenne. Après un bref passage à la télé privée française TF1, il fait les beaux jours de l’éphémère télé privée « La Cinq » en 1991 avec « Que le meilleur gagne ». Deux ans plus tard, comprenant un peu mieux les rouages d’un monde audiovisuel français en pleine évolution, il crée sa société: « Air Productions ». Il propose alors à France 2 une nouvelle émission musicale enregistrée et réalisée en public par son comparse Gérard Pullicino: « Taratata ». C’est d’emblée un carton pour ce programme qui dure des années. Il adapte alors des projets de jeux étrangers à l’écran français: « N’oubliez pas votre brosse à dents » (1994), « Miroir, mon beau miroir » (1995) et « Cocktail » (1996). La fin des années 1990 est plus difficile pour Nagui qui est soupçonné dans l’affaire des animateurs-producteurs trop bien payés pour officier sur les antennes du service public français. Il reste producteur de « Taratata » sur France 2, présenté alors par Alexandra Kazan, mais il retourne à TF1. Les émissions que Nagui va alors proposer sur la chaîne privée ne vont jamais atteindre leur objectif. En 1999, il part à Canal + pour prendre la succession de Gildas et de Caunes à « Nulle part ailleurs ». L’expérience ne dure que quelques mois et Nagui revient à France 2 en 2001. Les divers programmes qu’il présente alors récoltent tous une audience correcte mais moyenne. Et il faut attendre 2005 et le retour de « Taratata » présenté par Nagui sur France 4 pour que sa carrière prenne un nouvel élan. Dans la foulée de ce retour gagnant, Nagui propose, en 2006, un nouveau jeu intitulé « Tout le monde veut prendre sa place » et c’est tout de suite un succès. En décembre 2007, un défi musical d’origine britannique va permettre à Nagui de rester populaire: « N’oubliez pas les paroles » sur France 2. La passion de Nagui pour la musique lui permet aussi de présenter, seul ou en partage, les soirées des Victoires de la Musique que sa société « Air Productions » réalise chaque année de 2009 à 2011. A l’automne 2015, l’émission Taratata refait son apparition présentée par Nagui sur France 2 un samedi soir à 20h30. Le 28 octobre 2017, France 2 diffuse à 21h00 l’émission célébrant les 25 ans de Taratata enregistrée au Zénith de Paris avec, entre autres, Bernard Lavilliers, MC Solaar, Jane Birkin, Pascal Obispo, Charles Aznavaour, Catherine Ringer, Zazie, Eddy Mitchell, BB Brunes, Raphaël, Claudio Capéo, Nolwenn Leroy, Bénabar, Cali, Féfé, Renan Luce, Slimane, Black M, Brigitte, M, Julien Doré et Dick Rivers qui, à 72 ans, fait sa réapparition médiatique après avoir connu de graves problèmes de santé. Depuis cette date, le programme est régulièrement proposé sur France 2 en « prime time » (100% live) ou en seconde partie de soirée. Avec toujours autant de succès.
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Anny Gould en 1957

14 novembre 2013 : Décès, à Vierzon, de la chanteuse française Anny GOULD. Née à Paris le 8 janvier 1920, elle se distingue, dans les années 1950, en reprenant à son répertoire bon nombre de succès français comme « Sous le ciel de Paris », « Sur ma vie » ou « Belleville-Ménilmontant ». Elle enregistre aussi des adaptations de standards étrangers comme « Loin de vous » (« Only you » des Platters) ou encore « Concerto d’automne » (« Concerto d’Autunno »). On le sait moins mais, en 1954 déjà, puis en 1964, Anny Gould interprète aussi des chansons étrangères adaptées en français par Jacques Brel : « Va toi qui t’en vas » (1954) et « Sans toi » (1964). Dans les années 2000, elle apparaît régulièrement à la télé dans les émissions du regretté Pascal Sevran. Toujours très active, elle fête ses 90 ans en donnant un concert unique au Trianon, à Paris, le 9 janvier 2010. Avant de décéder le 14 novembre 2013 à Vierzon, Anny Gould se produit encore de temps à autre sur scène où elle est accompagnée au clavier par son fils.
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