ESTARDY Bernard

Bernard Estardy dans son célèbre studio, le CBE à Paris

Le musicien, producteur, ingénieur du son et arrangeur français Bernard ESTARDY naît le 19 septembre 1939 à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne). Après un cursus scolaire normal, le jeune homme se présente à l’ESTP, l’Ecole Supérieure des Travaux Publics de Paris, où il se destine à être ingénieur civil. Mais sa passion pour la musique et sa maîtrise des claviers le pousse à devenir l’organiste d’un jeune chanteur français de blues-jazz au début des années 1960: Nino Ferrer.

Il est aussi le bassiste du groupe qui accompagne Nancy Holloway sur scène aux côtés du guitariste Georges Chatelain. En 1966, avec Georges Chatelain et sa soeur Janine Bisson, Bernard Estardy crée le studio d’enregistrement CBE, les initiales de Chatelain, Bisson et Estardy. De jeunes interprètes vont bien vite profiter de cette nouvelle infrastructure technique. Parmi eux, certains, pourtant talentueux, ne resteront pas dans les mémoires : Michel Corringe et Christian Géant par exemple. Mais d’autres enregistreront, au studio CBE, les chansons qui seront le départ d’une belle carrière. Ce sera le cas pour Laurent Rossi ou Gilles Marchal par exemple.

Gilles Marchal et Bernard Estardy au studio CBE en 1968

Ses premiers succès confortent Bernard Estardy dans ses projets et le studio prend de l’ampleur. Gérard Manset y réalise ses deux premiers albums en 1968 et 1970. La vedette qui débarque ensuite au studio est Sheila pour y enregistrer « Ma vie à t’aimer » en 1970.

Michel Sardou est la jeune vedette montante qui vient, également en 1970, pour y réaliser le premier album de sa carrière prometteuse avec des titres comme « J’habite en France », « Les bals populaires », « Et mourir de plaisir », « Les Ricains » et « Petit ».

Michel Sardou restera longtemps fidèle à l’ingénieur du son qui travaillera sur ses plus grands tubes comme, par exemple, « Les lacs du Connemara ».
En 1971, ce sont, notamment, Hervé Vilard, Alain Barrière, Guy Mardel, Marcel Amont, Françoise Hardy et Ringo qui franchissent la porte du 95 de la Rue Championnet pour y enregistrer leurs succès du moment.

Ensuite, tous les artistes les plus en vue de la chanson francophone se donnent rendez-vous au studio de Bernard Estardy : Michel Delpech (1972), Gérard Lenorman (1972), le groupe Petit Matin (« T’as tout dit dis madame » en 1973), Alain Chamfort (1973), Roméo (1973), Art Sullivan (1973), Pierre Charby (1973) ou encore Pierre Groscolas (et son fameux « Lady Lay » en 1974). En 1972, Claude François enregistre « Le lundi au soleil » chez Bernard Estardy avec qui il se lie d’amitié. Toutes les chansons suivantes de Clo-Clo sortiront du studio CBE jusqu’à l’ultime succès posthume de 1978 : « Alexandrie Alexandra ».

.

L’année 1975 est sans aucun doute une année faste pour le studio dont les sessions accueillent Dave (pour son premier album avec « Du côté de chez Swann », « Mon coeur est malade », « Dansez maintenant », etc.), Mireille Darc (pour « La femme d’un ange »), Santiana, Sacha Distel, Julie Bataille, les Compagnons de la Chanson et, surtout, Joe Dassin qui y interprète son plus grand tube : « L’été indien ».

Après cet énorme succès, Joe Dassin, qui jusque là avait beaucoup travaillé aux Etats-Unis et en Angleterre, va prendre l’habitude d’enregistrer ses disques chez CBE jusqu’à son décès en 1980. Joe Dassin est d’ailleurs le compositeur du « Bougalou du loup-garou » que Carlos enregistre là en 1976. Et, en 1977, Bernard Estardy compose avec Joe le fameux « Big Bisou » pour le même Carlos !

Alors que Joe Dassin cartonne avec « L’été indien » durant tout l’été 1975, un autre artiste partage avec lui les sommets du hit parade. Il s’agit de Nino Ferrer qui, pour sa chanson « Le Sud » retrouve, le temps d’un disque, le collaborateur de ses débuts qui coproduit le disque.

Entre-temps et toujours en 1975, Dalida commence aussi à fréquenter le studio pour y enregistrer, notamment, « J’attendrai » puis, plus tard, « Monday tuesday laissez-moi danser » et plein d’autres titres très connus de son répertoire jusqu’à son décès en 1987.

La fin des années 1970 voit encore défiler des artistes comme Richard Anthony , Charlotte Julian, Romina Power et Al Bano, Gérard Palaprat, Allain (Turban), Timothy, Shake (« You know I love you »), etc.

C’est aussi l’époque où Bernard Estardy aménage un chalet à Saint-André-des-Alpes où il installe un nouveau studio. Les artistes qui ont la chance d’y travailler trouvent l’endroit idyllique. Sur la pochette de son disque « Nostracarlus » sorti en 1981 (avec la chanson « SOS tendresse » composée par Estardy), Carlos écrit :  » Enregistré à 1200 m d’altitude, là où le son est plus pur, le studio est branché sur des batteries alimentées par des panneaux solaires. Quand le soleil disparaît, on met en marche un groupe électrogène alimenté par des bouteilles de gaz. On peut donc dire « sans rire » que ce disque est le premier au monde à avoir été fait entièrement au soleil et au gaz… »

Au début des années 1980, Estardy est à l’origine du grand retour gagnant d’Herbert Léonard dont il réalise l’album « Pour le plaisir ».

Quelques mois plus tard, il est derrière les premiers succès de Pierre Bachelet : « Elle est d’ailleurs » et « Les corons » ainsi que « Louise » pour Gérard Berliner.

En 1982, c’est aussi grâce à Bernard Estardy qu’un jeune chanteur italo-belge fait une percée fulgurante dans les hit-parade francophones: Claude Barzotti connaît son premier grand succès international avec la chanson « Madame » ré-arrangée par l’ingénieur du son français.

En 1985, le tube de l’été, « Tout doucement » de Bibie, est aussi réalisé par notre homme et, la même année, un jeune interprète du nom de Marc Lavoine enregistre chez lui « Elle a les yeux revolver ».

En 1987, c’est pour Jean Guidoni qu’il arrange la majorité des nouvelles chansons de son album « Tigre de porcelaine ». A la même époque, à la demande de Didier Barbelivien et de François Bernheim mais aussi de Gérard Depardieu qui produit son premier album, Bernard Estardy est à la base de la carrière de Patricia Kaas en enregistrant « Mademoiselle chante le blues ».

1989 est l’année de l’enregistrement de « Y’a pas que les grands qui rêvent » pour la jeune chanteuse belge Mélody. Les années 1990 ne seront pas inactives pour Bernard Estardy malgré le fait que les enregistrements n’ont plus autant recours aux synthétiseurs et aux sonorités électroniques bien marquées de notre réalisateur. Parmi les titres sur lesquels il travaille, il y a notamment « Le Jerk » de Thierry Hazard ainsi que les tubes de Didier Barbelivien et Félix Gray comme « A toutes les filles ».

En 1992, il mixe aussi la chanson « Nous on veut des violons » pour l’artiste Morgane qui défend les couleurs de la Belgique au concours Eurovision de la chanson. Et, au début des années 2000, il se consacre encore et toujours à essayer de promouvoir de jeunes artistes comme Isabelle de Castro pour qui il n’aura finalement pas le temps de concrétiser ses espoirs puisque, le 16 septembre 2006, celui que l’on appelait aussi « Le Géant », pour sa stature imposante, s’éteint à Paris. Sa fille Julie reprend la direction du studio à ce moment-là et elle publie, en 2018, une biographie de 400 pages sur son père sous le titre « Le Géant » (chez Gonzaï Media). Bernard Estardy a aussi laissé sa patte sur les oeuvres des artistes que nous n’avons pas encore cités : Demis Roussos, Gigliola Cinquetti, Gilbert Montagné, Nicoletta, Renaud Siry, Nathalie Lhermitte, René Joly, Mireille Mathieu, Lou Désesprit, Régine, André Peyron, Sapho, Bernard Menez, Jean-Jacques Lafon, Linda De Suza, Franck Olivier, Jaïro, Laurent Morain, Bernard Tapie, Caroline Grimm, Peter et Sloane, David et Jonathan, Céline Dion, Frank Alamo, Carol Arnauld, Patrick Topaloff, Ginette Reno, Jean Falissard, Jena-Pierre François, C. Jérôme, Enrico Macias, Christian Delagrange et François Valéry. Enfin, la biographie ne serait pas complète si l’on n’évoquait pas aussi les compositions de Bernard Estardy pour, entre autres, Nicoletta, Séverine ou Patricia Lavila. Ainsi que ses nombreux enregistrements de morceaux instrumentaux sous le titre « La formule du Baron » et quelques chansons comme « Pourquoi pas monsieur, pourquoi pas » en 1975.

.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

CORDY Annie

Annie Cordy sur la tournée Age tendre et tête de bois à Dunkerque le 8 juin 2013 (c) Passion Chanson

La chanteuse et actrice belge Annie CORDY naît le 16 juin 1928 à Laeken (Bruxelles) sous le nom de Léonie Cooreman. Elle est encore enfant lorsqu’elle suit des cours de danse et apprend le piano ainsi que le solfège. Parallèlement à ses activités scolaires, elle semble se destiner à une carrière artistique et fait tout pour. Elle s’inscrit ainsi dans des crochets radiophoniques et des concours. Elle propose aussi un bref tour de chant au « Boeuf sur le toit » à Bruxelles. Elle s’y fait remarquer par le directeur artistique du cabaret parisien « Le Lido » qui l’engage comme meneuse de revue en 1950. Deux ans plus tard, elle parvient à se détacher de l’image de meneuse de revue grâce à son rôle dans l’opérette « La route fleurie » de Francis Lopez aux côtés de Georges Guétary et Bourvil. Parallèlement à cette nouvelle activité, elle signe un contrat phonographique avec Pathé Marconi et elle connaît ses premiers succès de chanson avec « Fleur de papillon » et « Léon » par exemple.

Elle est aussi à l’affiche de quelques films de cinéma et son talent d’actrice crève déjà l’écran. En 1955, elle passe en vedette sur les scènes parisiennes de l’Olympia et de Bobino. Le 18 avril 1956, elle chante pour les fiançailles de Grace Kelly et du prince Rainier de Monaco. Le public et les professionnels sont séduits par ses talents de chanteuse, danseuse, actrice et fantaisiste. La même année, elle figure dans le film « Le chanteur de Mexico » aux côtés de Luis Mariano et de Bourvil.

Elle s’envole bien vite pour présenter des shows aux Etats-Unis, au Brésil, à Cuba et au Mexique. Mais, alors qu’on lui promet une grande carrière internationale, elle préfère revenir en France et y rester. Elle s’y produit à nouveau dans quelques opérettes à succès comme « Tête de linotte » ou « Visa pour l’amour » (avec Luis Mariano).

Mais c’est dans le secteur de la chanson qu’elle va véritablement trouver sa place à partir de 1965. Elle propose alors au public francophone un show totalement inédit construit sur la musique, la chorégraphie et de petits sketches de liaison. Le succès est tel qu’il s’exporte en Allemagne, en Espagne et, aussi, en Union Soviétique. En 1967, elle enregistre un duo avec Darry Cowl qui vient de composer une opérette avec des textes de Raymond Vincy et Jacques Mareuil : « Pic et pioche ».

 

De l’opérette, Annie Cordy va ensuite évoluer vers la comédie musicale: « Hello Dolly » en 1972, « Nini la chance » en 1976 et « Envoyez la musique » en 1982.

Mais elle n’oublie pas la chanson de variétés où elle va multiplier les tubes dans les années 1970 en se créant un répertoire très personnel prétexte aux gadgets vestimentaires les plus extravagants: « Frida Oum Papa », « La bonne du curé », « Tata Yoyo » ou « Cho ka ka o ».

En 1998, elle fête son 70e anniversaire et ses 50 ans de carrière sur la scène de l’Olympia. Cinq ans plus tard, elle propose un nouveau spectacle qui passe, notamment, par les Francofolies de Spa (B) en 2004: « Que du bonheur ! ».

En 2008, la télévision publique belge RTBF lui consacre une émission spéciale à l’occasion de son 80e anniversaire et de ses 60 ans de carrière. En octobre 2012, Annie Cordy sort un nouvel album intitulé « Ça me plaît… Pourvu que ça vous plaise ». L’oeuvre est réellement magnifique avec des relents de jazz léger et agréable. L’artiste semble s’être offerte un cadeau en réalisant vraiment l’album qu’elle désire avec, entre autres perles, une très belle reprise de « Maintenant je sais », le texte de Jean-Loup Dabadie initialement récité par Jean Gabin en 1974.

En janvier 2013, elle participe à l’enregistrement du disque « Notre liberté », avec plein d’autres artistes, qui est vendu au profit des Restos du Coeur belges.

Le mois suivant, elle rejoint une ultime fois la troupe de la dernière tournée « Age tendre et tête de bois », un spectacle auquel elle a déjà participé pour les saisons 3 et 6. La tournée passe en Belgique à Charleroi le 10 janvier 2014 et à Marche-en-Famenne le 11 janvier 2014. Fin 2014, Annie Cordy se consacre à un exercice nouveau pour elle: elle enregistre un album sur le thème de Noël qui se différencie toutefois des autres disques du genre par un choix de chansons et de mélodies tout à fait particulier. Depuis cet album thématique, l’artiste s’est faite de plus en plus discrète pour profiter pleinement de sa propriété de Vallauris dans le sud de la France. D’après les statistiques de spécialistes, Annie Cordy aurait enregistré plus de 700 chansons reprises sur deux coffrets de l’intégrale sortie en CD au début des années 2010. Elle aurait également donné près de 10.000 spectacles. En mars 2020, alors que la Belgique comme la France et d’autres pays vivent une période difficile de confinement dû au coronavirus Covid-19, Annie Cordy répond à l’appel de la (presque) totalité des humoristes belges pour interpréter avec eux une version très particulière de l’un de ses tubes : « Ca ira mieux demain ». Vous avez dit Belgitude ?

https://www.facebook.com/FreresTaloche/videos/212753049834363/?t=0

Le 4 septembre 2020 : la nouvelle de son décès, à 92 ans, attriste quantité de gens. Annie s’est éteinte à la suite d’un malaise dans sa maison de la Côte d’Azur.

.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DARC Mireille

Mireille Darc en 1968

L’actrice française Mireille DARC est née le 15 mai 1938 à Toulon sous le nom de Mireille Aigroz. Elle passe son enfance dans sa ville natale tout en séjournant souvent en Suisse, son pays d’origine. En 1957, elle sort du conservatoire de Toulon avec un prix d’excellence. Elle monte à Paris deux ans après et choisit le pseudonyme Darc par référence à Jeanne d’Arc. Pour payer ses cours de théâtre, elle pose pour des romans-photos et elle fait du baby-sitting. Après un court passage sur les planches d’un théâtre et dans les studios de la télévision, elle débarque sur les plateaux de cinéma et, en quelques années, va devenir l’une des actrices préférées des Français. Parallèlement à sa carrière cinématographique, Mireille Darc s’intéresse à la chanson dès 1965. Jacques Datin et Maurice Vidalin vont lui concocter quelques belles chansons qui ne resteront toutefois pas gravées dans les mémoires.

Par la suite, d’autres auteurs et compositeurs servent la chanteuse: Frédéric Botton, Gilbert Bécaud, Pierre Delanoë, Jean-Jacques Debout, Boris Bergman et, surtout, Serge Gainsbourg. La plupart de ces chansons sont reprises sur un album intitulé « Compartiment 23 » en 1968 qui sera réédité en CD en 1997.

En 1975, Mireille Darc connaît un certain succès avec la chanson « Requin chagrin » qu’elle enregistre en duo avec Michel Sardou alors que le titre est en face B du 45 tours « Un accident » de Sardou.

Après 1975 et un dernier petit succès (« La femme d’un ange »), elle n’enregistre plus de chansons. Elle est ensuite victime de nombreux problèmes de santé et d’accidents vasculaires répétés. Mireille Darc s’éteint à Paris, à l’âge de 79 ans, le 28 août 2017.

.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DASSIN Joe

Joe Dassin dans les années 1970 – Photo (c) Bernard Leloup

Fils du réalisateur Jules Dassin et de la violoniste Béatrice Launer, le chanteur et compositeur franco-américain Joe DASSIN naît le 5 novembre 1938 à New York. L’enfance de Joseph (dit « Joe ») se déroule là où son père décide de s’installer en fonction de ses activités. Ce sera donc à New York et Los Angeles d’abord avant l’Europe avec la Suisse et la France ensuite. La scolarité de Joe est, du coup, un peu particulière mais elle lui permet de pratiquer les langues et la géographie. Après avoir passé son bac à Grenoble, il part pour le Michigan pour y suivre des cours d’ethnologie. Une fois ses études terminées, il revient en France où il effectue divers petits boulots sans trop savoir ce qu’il veut faire exactement. Parmi ses activités, il y a une figuration dans le film « La loi », réalisé par son père en 1958, qui constitue sa première expérience de chanteur avec l’interprétation de deux titres dans des versions guitare-voix très dépouillées.

En 1962, il est encore figurant dans un autre film de son père Jules Dassin, « Topkapi », mais il n’y chante plus. Il effectue alors un bon nombre de rencontres dans le milieu artistique et se destine au journalisme en écrivant des articles comme correspondant en France pour le « New Yorker » ou le magazine « Playboy ». Dans le même temps, il double en français les films américains qui débarquent en Europe et il fait encore un peu de figuration dans quelques films comme « Nick Carter et le trèfle rouge ». Il tombe amoureux de Maryse Massiera qui lui présente une amie travaillant pour la firme de disques CBS: Catherine Régnier. Cette dernière est intéressée par une bande magnétique que Maryse lui confie où une chanson est enregistrée par Joe: « Freight train », un classique folk américain. Les responsables de CBS France marquent aussi leur intérêt pour le chanteur et, à la fin de l’année 1964, Joe Dassin enregistre son premier 45 tours avec quatre titres dont « Je change un peu de vent », la version française de « Freight train ».

Ce n’est pas un grand succès mais les producteurs persévèrent et Joe sort un deuxième disque en 1965 avec le titre « Je vais mon chemin » qui ne se vend pas mieux.

Cependant, l’artiste est régulièrement invité à la télévision en tant que fils de Jules Dassin essayant de « faire le chanteur ». Dès lors, une troisième chance lui est donnée en décembre 1965 avec une chanson qui, cette fois, va connaître un beau petit succès radiophonique: « Bip bip ». Le succès de cette mélodie dépasse les frontières de la France et Dassin est ainsi invité notamment pour une émission télévisée intitulée « Format 16/20 » à la RTB, la radio télévision belge francophone (à voir en CLIQUANT ICI). Ce premier véritable succès est encourageant et un producteur, Jacques Plaît, décide de s’occuper de la carrière du chanteur. Joe épouse Maryse Massiera en 1966 et anime une série d’émissions sur la country music (« Western story ») sur Radio Luxembourg à Paris. Les 45 tours suivants vont se vendre de plus en plus: « Ca m’avance à quoi », « Comme la lune », « Guantanamera » et « Excuse me lady ».

Parallèlement, Joe Dassin commence à se produire sur scène et notamment à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. 1967 est véritablement l’année de la consécration pour l’artiste qui récolte un succès phénoménal avec « Les Daltons ».

Il compose alors la chanson « Bébé requin » que France Gall interprète avec succès.

Puis, il enregistre la fameuse version française de « Ode to Billie Joe » de Bobbie Gentry : « Marie-Jeanne ».

Les « tubes » vont alors s’enchaîner aux « tubes »: « La bande à Bonnot » (1968), « Siffler sur la colline » (1968), « Ma bonne étoile » (1968) et « Le petit pain au chocolat » (1969).

Le 1er avril 1969, Joe est victime d’un infarctus qui va l’obliger à ralentir quelque peu le rythme de ses activités sur scène où il arbore désormais un superbe costume blanc comme à l’Olympia de Paris en octobre 1969. Mais, très vite, le succès de ses disques le happe à nouveau: « Les Champs-Elysées » (1969), « Le chemin de papa » (1969), « C’est la vie Lily » (1970), « Billy le Bordelais » (1970), « L’Amérique » (1970), « Cécilia » (1970), « La fleur aux dents » (1971), « L’équipe à Jojo » (1971), « Fais la bise à ta maman » (1971), « Elle était oh » (1972), « Taka takata » (1972), « La complainte de l’heure de pointe » (1972), « Salut les amoureux » (1972) et « Le moustique » (1973).

En 1973, l’artiste connaît un léger ralentissement dans les ventes de ses disques qui le rend dubitatif par rapport à la suite de sa carrière. Les chansons sont toutefois diffusées sur les radios et ont pour titres « Je t’aime je t’aime » (1973), « Quand on a seize ans » (1973), « Les plus belles années de ma vie » (1974), « Fais-moi de l’électricité » (1974) et « Si tu viens au monde » (1974).

Il compose à ce moment des chansons qui deviennent les plus gros succès de son ami Carlos: « Señor météo » et « Le Bougalou du loup-garou ».

A la fin de l’année 1974, Joe Dassin commercialise un nouvel album qui est annoncé par le retour d’un succès très important pour la chanson « Si tu t’appelles mélancolie ». Mais ce sera la seule chanson de l’opus à devenir un succès avec, dans une moindre mesure, « Vade Retro ». Au début de l’année suivante, Joe repère une chanson italienne interprétée par le groupe Albatros: « Africa ». Ce groupe est emmené par un certain Toto Cutugno que Joe demande à rencontrer pour réaliser avec lui une version française de cette chanson qui ne peut, selon le chanteur, que déboucher sur un succès. Et c’est bien vu puisque « L’été indien » reste, à ce jour, le plus grand « tube » de la carrière de Joe Dassin avec près d’un million de disques vendus en France et le double dans le monde entier.

Il est toujours difficile de sortir indemne d’une telle popularité mais cela n’effraie pas Joe qui enchaîne avec un album intitulé « Le costume blanc » à la fin de l’année 1975. Et l’opus renferme de nouveaux « tubes » inoubliables comme « Ca va pas changer le monde », « Il faut naître à Monaco », « Et si tu n’existais pas » et « Salut ».

Dans la foulée, une des chansons les plus populaires de l’été 1976 a pour titre « Il était une fois nous deux »: 400.000 45-tours vendus. Quelques mois plus tard, avec la complicité des Italiens Toto Cutugno et Vito Pallavicini, il publie un 33-tours intitulé « Le jardin du Luxembourg » dont une face entière est consacrée à la chanson éponyme qui dure plus de douze minutes. Dans le reste des chansons présentes sur le disque, il y a « A toi » et « Le café des trois colombes » qui récoltent un beau succès.

Après son divorce avec Maryse Massiera en mai 1977, Joe Dassin parcourt les scènes de la francophonie avec un nouveau titre pour l’été: « Et l’amour s’en va ». Et l’hiver de cette année-là est marqué par l’histoire d’une chanson qui se déroule dans le vieux Québec: « Dans les yeux d’Emilie ».

En janvier 1978, l’artiste épouse Christine Delvaux qui devient bientôt la maman de ses deux enfants: Jonathan (né le 14 septembre 1978) et Julien (né le 22 mars 1980). La fin de l’année 1978 marque les quinze ans de chanson de Joe Dassin qui commercialise donc l’album « Quinze ans déjà ». Ce dernier contient de fort jolies chansons qui bénéficient de quelques diffusions sporadiques en radio malgré l’excellente « Un lord anglais » composée par William Sheller.

Et c’est à nouveau une mélodie italienne qui va lui permettre de décrocher la timbale durant l’été 1979. A contre-courant de la mode disco, Joe Dassin met tout le monde d’accord avec une chanson douce adaptée de « Blu » de Luciano Angeleri: « Le dernier slow ».

Face à tous ces hauts et ces bas, l’artiste n’a plus qu’une idée: réaliser un album totalement à son goût. Il part donc aux Etats-Unis dans le but d’enregistrer des chansons de blues et de country en français et presque toutes composées par Tony Joe White. Le public francophone boude littéralement cet album dans lequel il ne reconnaît pas le Joe Dassin de « L’été indien » ou de « L’Amérique ». Au début de 1980, l’opus sort en anglais dans une trentaine de pays. Les voyages dus à l’enregistrement et à la promotion de cet album sont épuisants. Le coeur de Joe se rappelle à ses mauvais souvenirs et le chanteur multiplie les malaises pendant l’énorme tournée qu’il a mis sur pied. En juillet, il est victime d’un infarctus et, après avoir été hospitalisé à Neuilly, il prend enfin deux semaines de repos à Tahiti. Le 20 août 1980, alors qu’il se prépare au repas de midi dans un restaurant de Papeete, Joe Dassin s’écroule et meurt d’un infarctus du myocarde sous les yeux ébahis des convives impuissants. Le corps de l’artiste est inhumé au cimetière juif d’Hollywood à Los Angeles, le Hollywood Forever Cemetery. Infatigable, l’artiste préparait une comédie musicale pour la rentrée : « Little Italy ». Elle ne sera jamais présentée au public mais certaines des chansons déjà enregistrées feront l’objet d’un album posthume. Le répertoire, très populaires, de Joe Dassin continue à être fredonné par des milliers de personnes. Grâce au maintien de la mémoire assuré par ses fils Julien et Jonathan, les chansons connaissent même de nouvelles versions comme celles remixées avec un orchestre symphonique en 2010 pour les 30 ans de la disparition de l’artiste. Elles inspirent aussi les artistes contemporains comme Hélène Ségara qui enregistre, en 2013, un album de duos virtuels avec le regretté Joe Dassin.

.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,