8 DECEMBRE

Henri Golan dans les années 1980

8 décembre 1926 : Naissance, à Montignies-sur-Sambre, du chanteur et fantaisiste belge Henri GOLAN sous le vrai nom de Willy Dehaibe. Il effectue ses études primaires et techniques au sein de la célèbre Université du Travail de Charleroi. Puis, il décroche un emploi dans la sidérurgie alors florissante de sa région natale. Mais il est passionné depuis toujours par la musique et, sans connaissance musicale particulière, il écrit, compose et interprète des chansons qui vont bientôt le faire connaître. Sa préférence va pour les textes en dialecte wallon de Charleroi mais il signe aussi un bon nombre de textes en français. Il attendra toutefois près de cinquante ans avant de réaliser ses premiers enregistrements. Car, entretemps, il décroche de nombreux contrats pour présenter des spectacles où les vedettes ont pour nom Claude François, Rika Zaraï, Sacha Distel, Dalida, Jacques Dutronc ou encore Annie Cordy. Mais c’est Georgette Plana qui lui conseille de devenir chanteur. Et il commence par créer et intégrer une troupe appelée « Les Comédiens de la Chanson » avant de se lancer de l’aventure totalement seul. En 1979, il obtient ce qui restera probablement son plus grand succès discographique avec le titre « Em’ vî mononke est cyclo » (en français: « Mon vieil oncle est cyclotouriste »).

cette popularité va se poursuivre ensuite avec d’autres chansons comme, par exemple, « Lès Flaminds èyèt lès Walons » (« Les Flamands et les Wallons »), « Walonûye si djolîye » (« Wallonie si jolie »), « Handicapé mon ami » (1981) ou « Gn’aveu l’Cazier »(1983) (à propos de la catastrophe minière du Bois du Cazier à Marcinelle en 1956). Artiste au grand coeur, Henri crée en 1989 la Fondation Frédérix qui a pour finalité la lutte contre la mucoviscidose. Pour ses arrangements musicaux et les harmonisations, Henri Golan a souvent fait confiance, notamment, à la star belge du rock des années 1960: Burt Blanca. Le 21 février 2016, l’artiste tire sa révérence sur la scène du Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Après 50 ans de carrière, il décide en effet, à près de 90 ans, d’arrêter la chanson.
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Gérard Blanc en 1989 – Photo (c) D. Palombo

8 décembre 1947 : Naissance, à Paris, du chanteur et guitariste français Gérard BLANC. A l’âge de seize ans, en pleine époque « yé-yé », il crée le groupe « Windings » avec quelques potes. La formation existe pendant quatre ans puis change son nom en « Les Balthazar » en 1969. L’année suivante, apprenant que le groupe Martin Circus était à la recherche d’un chanteur et guitariste, il le rejoint et enregistre des chansons qui deviennent des succès radiophoniques: « Je m’éclate au Sénégal », « Les Indiens du petit matin », etc.

En 1972, le groupe fait partie de la distribution du disque relatant l’opéra-rock « La Révolution Française ». Puis, trois ans plus tard, Martin Circus connaît un énorme succès en reprenant quelques titres des Beach Boys remis au goût du jour en français comme « Marylène » (« Barbra Ann »). La formation reste pendant deux ou trois ans au sommet des hit-parade avec d’autres titres comme « Si tu me loupes » et aborde même le virage du disco avec diverses mélodies en anglais (« Shine baby shine ») au début des années 1980. Après cette période, les différents membres du groupe se lancent dans des expériences musicales variées et Gérard Blanc entreprend une carrière de chanteur à son nom. En 1987, il connaît ainsi les sommets du Top 50 français avec « Une autre histoire » dont le disque se vend à plus de 800.000 exemplaires. Ce premier succès est suivi de quelques autres qui n’auront plus la même ampleur comme « Du soleil dans la nuit ». En 1988, il sort un premier album: « Ailleurs pour un ailleurs ». Puis, au fil des ans, la popularité diminue pour faire de Gérard Blanc une des stars des années 1980 au détriment de sa carrière chez les Martin Circus dont il réalise une anthologie sur CD en 2004. Il participe ensuite à l’aventure de la tournée des idoles « Age tendre et tête de bois » puis se produit sur la scène de l’Olympia de Paris en mars 2008. En octobre de la même année, il subit un malaise cardiaque dont il se remet lentement lorsque, le 24 janvier 2009, il succombe d’une hémorragie cérébrale à son domicile. Un double CD et DVD « Gérard Blanc, Made In Paris » a été commercialisé par son épouse et manager Brigitte Skiavi-Blanc quelques mois après sa mort.

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23 JUILLET

DOUDOUL en 1975

23 juillet 1944 : Naissance, à Casteau près de Mons, de l’auteur, compositeur, interprète, éditeur et producteur belge DOUDOUL dont le vrai nom est Jean-Pierre Deschamps. A 21 ans, Jean-Pierre tâte de la vie artistique en créant un orchestre de bal appelé « Les Haricots Blancs ». Avec ses deux frères, il forme ensuite le groupe Modus Vivendi qui enregistre un 33 tours en 1970. Deux ans plus tard, la formation change de nom et devient Pro Deo. Le succès est au rendez-vous en Belgique avec des titres comme « Wadagugu » en 1972 et « Petit pygmée » en 1973. En 1974, alors qu’il travaille dans un bureau d’études de ponts et chaussées du ministère, Jean-Pierre Deschamps quitte le groupe Pro Deo pour entamer une carrière de soliste sous le nom de « Doudou » qui est aussi l’appellation d’une festivité majeure de sa ville d’adoption belge: Mons. Son premier succès a pour titre « Ce qui se guérit c’est l’amour ». Sa chanson « Bébé-éprouvette » bénéficie ensuite de nombreux passages radiophoniques en Belgique francophone. En 1981, pour une question de contrat phonographique, il change de nom et s’appelle désormais Doudoul. Il enregistre deux 45 tours qui marchent bien: « Le restaurant italien » et « Le temps du twist ».

Les expériences vont alors se multiplier pour cet artiste qui privilégie la musique d’ambiance festive. Il passe en première partie de Pierre Perret au Cirque Royal de Bruxelles et se fait engager pour interpréter quelques chansons lors d’une tournée du cirque Jean Richard. En 1983, il sort en France la chanson « Fais-moi guili » qui est, en fait, le nouveau titre de la chanson « Bébé-éprouvette » commercialisée en Belgique en 1975. Entre 1983 et 1987, de nombreuses chansons sont radiodiffusées dont « Le piston d’papa », « Doudoul Dance » et la superbe « Les cerfs-volants ». Il sort alors un album de style compilation dont le titre est « Eclectique ». Au milieu des années 1990, le studio d’enregistrement de Jean-Pierre Deschamps, alias Doudoul, à Mons, accueille le chanteur français C. Jérôme qui y réalise les chansons d’un album. Puis Doudoul enregistre un album original en 1995 (« Je m’appelle Doudoul ») avant de s’installer en Auvergne, région française dont il est tombé amoureux. En juin 1999, il interprète « A la table des Auvergnats » dans l’émission télé française « La chance aux chansons » de Pascal Sevran. Durant la décennie suivante, Doudoul enregistre encore quelques albums de chansons festives avant de commercialiser, en 2012, un CD de douze titres intitulé « La danse de l’abeille ». Un an plus tard, il permet aux internautes de télécharger légalement une nouvelle version électro de « Fais-moi guili ». La nouvelle mouture de cette chanson fait même l’objet, à cette époque, d’une petite séquence déjantée dans l’émission télévisée française « Touche pas à mon poste » de Cyril Hanouna. Et, en mars 2015, l’artiste remet le couvert avec « La danse de l’abeille » sur laquelle les chroniqueurs de TPMP se défoulent en direct. Puis, toujours passionné par le football, il enregistre une chanson pour le club Clermont Foot 63.
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ARLETTY – Photo Collection Christophe L

23 juillet 1992 : Décès, à Paris, de l’actrice et chanteuse française ARLETTY à l’âge de 94 ans. Née le 15 mai 1898 à Courbevoie, celle qui deviendra Arletty s’appelle Léonie Bathiat. Enfant, elle est inscrite dans une institution privée de Clermont-Ferrand qui lui prodigue une bonne éducation. Elle se dirige ensuite vers la sténographie mais la première guerre mondiale va chambouler son destin. Son fiancé meurt au combat et, en 1916, son père décède écrasé par un tramway. Léonie, son frère et sa mère quittent Clermont-Ferrand pour la région parisienne. C’est là qu’elle fait la connaissance d’un banquier qui la séduit et l’amène à fréquenter la haute société parisienne. De rencontres en rencontres, elle devient mannequin puis monte sur les planches pour jouer dans des revues. En 1930, elle obtient un premier rôle au cinéma dans « La douceur d’aimer ». Mais elle va se révéler comme chanteuse et fantaisiste en 1932 dans l’opérette « Un soir de réveillon » de Raoul Moretti. A partir de ce moment, elle est engagée dans de nombreuses oeuvres du même genre musical: « O mon bel inconnu » et « Au bonheur des dames » entre autres. Après avoir tourné la fameuse réplique de l’Atmosphère dans « Hotel du Nord », film réalisé par Marcel Carné, elle joue dans « Circonstances atténuantes » de Jean Boyer. Elle interprète la chanson de ce film qui devient un succès: « Comme de bien entendu ».

Et elle enregistre aussi d’autres standards de l’époque comme « La java » ou « Mon homme » qu’elle reprend à la célèbre Mistinguett. Après la seconde guerre mondiale, Arletty est arrêtée pour avoir entretenu une liaison avec un officier allemand. Elle est emprisonnée à Drancy puis à Fresnes. Mais, bien vite, elle reprend le chemin des théâtres et des plateaux de cinéma dans les années 1950 et 1960. En 1966, elle perd la vue et doit se résoudre à interrompre sa carrière artistique. Elle prête néanmoins encore sa voix à de nombreux commentaires de reportages. À partir de 1984, elle soutient activement l’Association des Artistes Aveugles. Elle meurt le 23 juillet 1992 à Paris. Elle est inhumée au cimetière de Courbevoie.
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Serge Reggiani en 1968 – Photo (c) Annie Noël

23 juillet 2004 : Décès du chanteur et comédien Serge REGGIANI à Boulogne-Billancourt (F). Né à Reggio d’Emilie (Italie), le 2 mai 1922, il est le fils d’un coiffeur et d’une ouvrière. A l’âge de huit ans, le petit Serge découvre la France où la famille s’installe en Normandie pour fuir le fascisme montant en Italie. Ayant déménagé à Paris après avoir essayé la coiffure dans les pas de son père, il s’inscrit au Conservatoire du cinéma puis au Conservatoire national d’art dramatique. Et c’est pendant la seconde guerre mondiale qu’il commence sa carrière de comédien en jouant, notamment, dans « Britannicus » et « Les parents terribles ». A la Libération, naturalisé français en 1948, il se tourne vers le cinéma et apparaît aux côtés de Simone Signoret dans « Casque d’or » en 1952. C’est chez Simone Signoret et Yves Montand que, au début des années 1960, Serge Reggiani rencontre le producteur de chansons Jacques Canetti qui a notamment lancé la carrière de Jacques Brel. Ce dernier pense qu’il est doué pour la chanson et lui propose d’enregister un 33 tours avec des chansons de Boris Vian. Le disque est commercialisé en 1965 et connaît un franc succès. Mais, paradoxalement, alors qu’il brille sur les planches de théâtre, Serge Reggiani a un trac fou lorsqu’il s’agit d’y interpréter des chansons. C’est donc avec une certaine angoisse qu’il accepte la proposition de Barbara pour assurer la première partie de son récital en 1966. La chanteuse va d’ailleurs aider le quadragénaire à travailler sa voix de baryton pour en tirer un profit maximum dans l’interprétation de ses chansons dont le répertoire va se développer. Les chansons de Vian vont beaucoup plaire aux jeunes qui préparent mai 1968 et les deux albums suivants de Serge vont vraiment le faire connaître auprès de toute une génération qui attend ce genre de chanson française dont les textes ne laissent pas indifférent.

Pour l’écriture de son propre répertoire, l’interprète se tourne alors vers des auteurs reconnus comme Jacques Datin ou Georges Moustaki mais aussi vers des nouveaux venus qui ont pour nom Jean-Loup Dabadie, Pierre Tisserand ou Maxime Le Forestier. Plus tard, dans les années 1970, il choisira des chansons de Serge Gainsbourg et de Claude Lemesle qui lui écrit bon nombre de succès comme « Le barbier de Belleville », « J’suis pas chauvin », « Venise n’est pas en Italie », etc. Au point de vue des compositeurs, Serge Reggiani s’adresse à des musiciens comme Michel Legrand ou Alain Goraguer. À la fin des années 1970, Serge Reggiani chante sur scène avec son fils Stéphan et sa fille Carine qui ont aussi embrassé la carrière de chanteur. En 1980, alors âgé de 35 ans, son fils Stéphan se suicide. C’est un énorme choc pour Serge qui va trouver dans le travail l’unique force lui permettant de lutter contre la dépression et la dépendance à l’alcool. Il enregistre ainsi de nombreux albums qui connaissent moins de succès mais qui recèlent de petits bijoux: « L’ogre » de Victor Hugo (sur le disque « Le zouave du pont de l’Alma » en 1982) ou « Théorème » de Salvatore Adamo (sur l’album « Elle veut » de 1984). Au cours des années 1990, il reprend goût à la vie et enregistre un album par an puis un tous les deux ans. Il se passionne aussi pour la peinture et expose régulièrement ses toiles. En 1995, il participe au concert « Les Enfoirés à l’Opéra-Comique » et il y chante « L’Italien » en duo avec Patrick Bruel. En 2002, pour ses 80 ans, de nombreux artistes participent à un album intitulé « Autour de Serge Reggiani »: Renaud, Sanseverino, Jane Birkin, Arno, Marc Lavoine, Maxime Le Forestier, Juliette, Bénabar, Enrico Macias ou Michel Piccoli entre autres. En bonus de ce CD, on trouve un texte terriblement émouvant de Jean-Loup Dabadie récité par Serge sur une musique d’Alain Goraguer: « Le temps qui reste ». Le temps qu’il reste à l’artiste lui permet encore de recevoir une Victoire de la Musique d’honneur en 2003. Car, le 23 juillet 2004, Serge Reggiani nous quitte à Boulogne-Billancourt à la suite d’une crise cardiaque. Il est inhumé au cimetière de Montparnasse auprès de ses parents et de son fils Stephan.
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Paul Louka en 2010

23 juillet 2011 : Décès, à Montignies-sur-Sambre, de l’auteur, compositeur et interprète belge Paul LOUKA. De son vrai patronyme Vital-Paul Delporte, Paul Louka est né à Marcinelle, dans la banlieue de Charleroi, le 23 août 1936. Outre ses qualités d’auteur, de compositeur et d’interprète qui le font connaître du grand public, l’artiste se révèle aussi comédien, écrivain et peintre avant de devenir administrateur-délégué de la société des auteurs et compositeurs belges, la SABAM, de 1996 à 2009. A ce titre, il est aussi le fondateur des « Octaves de la Musique » qui sont, en Belgique francophone, l’équivalent des « Victoires de la Musique » françaises. Frère du peintre Charles Delporte ainsi que du poète Jacques Viesvil qui doit son pseudonyme au nom du village où il réside, Paul Louka était aussi le cousin germain d’Yvan Delporte, personnalité importante de la bande dessinée belge. Après des débuts assez difficiles dans son pays d’origine, c’est une rencontre avec Jacques Brel en 1959 qui va décider Paul Louka à s’installer à Paris. Il va y rester trois ans et se produire dans de nombreux cabarets. Il fait ainsi la connaissance de beaucoup d’artistes comme Raymond Devos ou les Frères Jacques par exemple. Mais, dès 1962, une grande amitié le lie à Georges Brassens dont il effectue de nombreux levers de rideau à Bobino. Le grand regret du saltimbanque reste cependant l’échec du « Centre de la Chanson de Charleroi », projet qu’il a pourtant tenu à bout de bras de 1991 à 1997. Quelques jours avant sa mort survenue à son domicile de Montignies-sur-Sambre, Paul Louka révèle au chanteur belge Johan Verminnen qu’il a le projet d’enregistrer à nouveau un album. Ce dernier aurait dû être commercialisé quelques semaines plus tard, soit quelque quinze ans après la sortie de son deuxième disque compact: une compilation de chansons réenregistrées sous le titre « Temps forts, de Marcinelle à Vas-y-Paulo ». Parmi les chansons qui ont marqué la carrière de Paul Louka, on peut citer, entre autres « Les Mirlitons » (1963), « Marcinelle » (1964), « Le bidule » (1965), « Rendez-vous » (1970), « Tante Sarah »(1972), « Je suis un enfant » (1974), « Ma guitare n’est plus espagnole » (1977), « Je ne suis personne » (1981), « Quelqu’un d’important » (1981), « Vas-y-Paulo » (1984), « Libre sur Sambre » (1990), ou encore « T’en fais pas Néné » (1990). Paul Louka est incinéré le 28 juillet 2011 au crématorium de Gilly. Près d’un millier de personnes assistent à une longue cérémonie d’hommage mise sur pied, à la demande du défunt, par les responsables de la loge maçonnique dont l’artiste faisait partie depuis 1981. Ce grand moment d’émotion est émaillé par des témoignages de la famille, de proches et d’amis du poète-chanteur disparu. Ses musiciens jouent les chansons du défunt et de nombreux enregistrements de Paul Louka sont diffusés pendant l’hommage. Dans l’assistance, outre la présence de quelques hommes et femmes politiques belges, on remarque la présence de musiciens et chanteurs: Philippe Anciaux, Guy Cabay, Robert Cogoi, Albert Delchambre et Johan Verminnen notamment.

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23 juillet 2011 : Les Francofolies de Spa battent leur plein. Pour en savoir plus sur ce qui s’est passé ce jour-là, veuillez cliquer ICI.

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