DEREAL Colette

Colette Deréal dans les années 1960 – Photo (c) P. Fournier

L’actrice et chanteuse française Colette DEREAL naît le 22 septembre 1927 à Saint-Cyr l’Ecole (Seine-et-Marne) sous le nom de Colette Denise de Glarélial. Elle passe son enfance à Marseille et son adolescence à Juan-les-Pins. Sa marraine trouve qu’elle a une jolie voix et prend rendez-vous pour elle auprès de l’artiste lyrique Reynaldo Hahn qui peut lui promettre une belle carrière. Mais le trac de ses quinze ans et un mauvais rhume lui pourrissent son audition et anéantissent ses ambitions. Voulant absolument rester dans le domaine artistique, elle s’oriente alors vers le théâtre et, à 17 ans, elle s’inscrit au Cours Simon à Paris. C’est là que le réalisateur Julien Duvivier la remarque et l’engage pour figurer aux côtés de Serge Reggiani dans « Au royaume des cieux ». C’est le premier film d’une série de 24 qui l’emmène notamment à Hollywood pour tourner avec Bing Crosby et Gene Kelly dans les années 1950. En proie au mal du pays, elle revient à Paris et se tourne vers le théâtre et la revue. Dans ce dernier genre, elle partage l’affiche avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibeault à l’Alhambra de Paris ou encore avec Jean Poiret et Michel Serrault. Elle commence aussi à tourner pour la télévision française. Elle obtient ainsi un rôle dans plusieurs épisodes de la série policière « Les cinq dernières minutes ». Elle y interprète notamment la chanson de Jean Constantin « Ne joue pas » qui n’est pas gravée sur disque. Devant la multitude des appels de téléspectateurs désirant se procurer le morceau, il est décidé d’en presser un microsillon en urgence: plus de 10.000 exemplaires en sont vendus en un mois.

Colette Deréal est alors véritablement révélée comme une chanteuse auprès du grand public et elle enchaîne les enregistrements. Elle est ainsi logiquement invitée à se produire sur scène et elle commence en première partie de Jacques Brel dans la salle parisienne de Bobino avant de partir en tournée avec Gilbert Bécaud. Sa popularité ne cessant de s’accroître, elle revient à Bobino en 1961 mais, cette fois-ci, en vedette. La même année, elle chante au concours Eurovision de la Chanson où elle représente Monaco et se classe 10e sur seize candidats en interprétant « Allons allons les enfants ».

Malgré d’autres passages en vedette à Bobino, elle atteint vraiment la consécration lors de son passage à l’Olympia de Paris avec Alice Dona et Leny Escudero en première partie. Elle fait alors le tour de toutes les émissions de variétés de la télévision française comme « Le palmarès des chansons » de Guy Lux par exemple.

Mais, au fil du temps, une nouvelle génération de chanteuses à la voix plus discrète envahit les petits écrans et les radios. Et Colette Deréal se résigne à se retirer non sans encore accepter quelques rôles pour le cinéma et la télévision. Elle vit alors à La Turbie non loin de Monaco où vit sa grande amie Grace Kelly qui lui propose encore de temps à autre de chanter au Sporting dans la principauté. Sa dernière apparition en tant que chanteuse sur une scène a lieu à Cagnes-sur-Mer le 2 juillet 1985. Terrassée par une crise cardiaque, elle meurt le 12 avril 1988 dans sa nouvelle maison de Cap d’Ail où elle vient de s’installer. Parmi les grands succès de Colette Deréal, on se souvient de « A la gare Saint-Lazare », « Les femmes à lunettes » ou encore la version chantée, en français, de « Telstar » des Tornados.

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POIRET Jean

Jean Poiret

Le réalisateur, auteur, metteur en scène, scénariste, acteur et chanteur très occasionnel français Jean POIRET naît à Paris le 17 août 1926. Son père est ouvrier dans une verrerie et sa mère travaille dans la comptabilité. Après une enfance et une adolescence plutôt classiques, Jean s’inscrit aux cours d’art dramatique où il rencontre Michel Serrault avec qui il constitue un excellent duo de fantaisistes pendant des années. Dès 1953, il obtient des rôles au cinéma grâce à des réalisateurs comme André Hunnebelle, Henri Verneuil, François Truffaut ou Claude Chabrol entre autres. Par la suite, et simultanément à ses activités cinématographiques, il est à l’affiche de nombreuses pièces du théâtre de boulevard. Il écrit aussi certains vaudevilles retentissants dont le plus célèbre reste probablement « La cage aux folles ». En 1961, une des nombreuses péripéties humoristiques de Jean Poiret consiste à graver sur disque une parodie de la chanson de Jacques Brel « La valse à mille temps ». Grâce à son inspiration talentueuse, Jean Poiret en fait une histoire de maquignon négociant en bétail: « La vache à mille francs ». La chanson parodique obtient le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros en 1962.

Le 14 mars 1992, Jean Poiret nous quitte à la suite d’une crise cardiaque pour laquelle il a été amené d’urgence à l’Hôpital Foch à Suresnes. Il a alors 65 ans. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.
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20 OCTOBRE

Roger Hanin – pochette d’un 45 tours des années 1970

20 octobre 1925 : Naissance, à Alger (Algérie française), de l’acteur, réalisateur, écrivain et occasionnel chanteur Roger HANIN. Pour en savoir plus sur sa vie et, plus particulièrement, sur les épisodes de sa vie de chanteur, veuillez CLIQUER ICI.

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Daniel Prévost en 1985

20 octobre 1939 : Naissance, à Garches, sous le vrai nom de Denis Forestier, du comédien, humoriste et aussi chanteur français Daniel PREVOST. Il n’apprend que très tard, dans les années 1990, que son père est un Algérien de Kabylie et il demande alors la double nationalité. A 23 ans, il sort de l’école d’art dramatique de la rue Blanche à Paris avec un premier prix de comédie. Puis, cherchant sa voie, il se présente au petit conservatoire de Mireille comme jeune apprenti-chanteur en déclarant qu’il veut se diriger vers la musique et la chanson.

Pourtant, en 1964, il obtient un premier engagement au théâtre dans « Un certain M. Blot » aux côtés de Michel Serrault. Il rencontre alors Boby Lapointe et Jean Yanne avec qui il partage un goût immodéré pour l’humour absurde. Il songe alors sérieusement à la chanson et se retrouve finaliste des Relais de la Chanson avec Serge Lama notamment. Il y interprète « Les Jobs » et « Le Schtrock ». Entretemps, Daniel Prévost s’est déjà fait remarquer dans des émissions de télévision réalisées notamment par Jean-Christophe Averty. Il décroche aussi un rôle dans le feuilleton « Les Saintes Chéries » aux côtés de Daniel Gélin et Micheline Presles. Il effectue aussi ses débuts au cinéma et enregistre, en 1966, un premier 45-tours produit par Pierre Vassiliu. Il comporte quatre chansons: « La gitana », « Brève rencontre », Les jobs » et « Horrible amour ». L’artiste persévère ensuite la même année avec un deuxième 45 tours et les chansons « Hélène », « Madame Irma », « Mon bateau » et « Tu m’as plu ». Dans la deuxième moitié des années 1970, Daniel Prévost va réellement devenir célèbre grâce aux chroniques qu’il propose dans l’émission télévisée française dominicale de Jacques Martin: « Le petit rapporteur ». C’est au sein de cette équipe composée de Pierre Bonte, Piem, Pierre Desproges et Stéphane Collaro qu’il va enregistrer, avec ses compères, les chansons cultes: « A la pêche aux moules » (1975) et « Mademoiselle Angèle » (1976). Il va alors devenir un second rôle incontournable pour bon nombre de cinéastes français. Il obtient ainsi le César du meilleur second rôle en jouant Cheval, le contrôleur des impôts, dans le film « Dîner de cons » de Francis Veber (1998). En 1985, il revient à la chanson sans succès avec un disque reprenant deux titres: « La ronde des métiers » et « Mégalo song ». Enfin, il enregistre un duo totalement improbable avec Jacques Balutin en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la révolution française: « Loulou Nénette » (Louis et Antoinette).

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HECTOR en 1963 – Photo (c) Stan Wiezniak

20 octobre 1946 : Naissance, à Paris, sous le vrai nom de Jean-Pierre Kalfon, du chanteur HECTOR surnommé « le Chopin du twist » au début des années 1960. A quinze ans, Jean-Pierre fait partie d’un groupe musical avec des copains: Hector et les Mediators. Mais, en 1964, la formation se sépare et Hector poursuit seul son chemin musical et discographique. D’un naturel plutôt rigolo, il a des copains qui se nomment Jean Yanne ou Gérard Sire et qui ont déjà une petite notoriété dans le milieu artistique. Ces derniers lui confectionnent quelques textes de chansons qui vont rapidement lui construire un univers hors du commun proche de la provocation et de la satire. Ses actes ne sont pas moins excentriques: sur le conseil de Jean Yanne, Hector ira même se faire cuire un oeuf sur la flamme du Soldat inconnu. Au niveau musical, il se balance entre le rhythm’n’blues, le blues et le rock francophone. Il adapte ainsi en français au moins un titre du chanteur-hurleur américain Screamin’Jay Hawkins: « Hong Kong ».

En 1965, il est sur la scène de l’Olympia en première partie des Animals qui cassent alors la barraque avec « The house of the rising sun ». Et lui aussi est accompagné par des animaux: en l’occurence quatre vraies poules et deux vrais canards qui cotoient ses musiciens. Parmi ses succès éphémères, on peut citer « T’es pas du quartier » (avec les Mediators en 1963), « Alligator » (1964), « Hong Kong » (1964) et « Abab l’arabe » (1966). Après cette période florissante, Hector va se faire plus discret dans le domaine de la chanson.
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20 MAI

 

SHAKE en 1977

20 mai 1950 : Naissance, à Johor Bahru, en Malaisie, du chanteur SHAKE, sous le nom de Sheikh Abdullah Ahmad. Intéressé dès son plus jeune âge par la musique et la chanson, il est logique qu’une fois adolescent, il s’inscrive à un concours de chant qu’il gagne à Singapour. Son talent remarqué lui permet de se faire engager dans des cabarets de la ville où il chante les tubes de Tom Jones et d’Elvis Presley. La légende dit que ce sont deux strip-teaseuses anglaises, figurant au même programme que lui et appréciant ses qualités vocales, qui lui offrent son billet d’avion pour l’Europe afin qu’il y tente sa chance. Et c’est à Paris qu’il débarque sans parler le français. Ce qui ne l’empêche pas de faire la connaissance du producteur Orlando, frère de Dalida, toujours en quête de nouveaux talents dont l’accent exotique peut constituer une plus-value. Un contrat est signé et un premier disque enregistré. Comme Shake se débrouille plutôt bien en anglais, il n’est pas question de lui imposer un texte totalement francophone. Et, pour aller plus vite, il apprendra phonétiquement la moitié de cette première chanson commercialisée en France en 1976 dont le titre est « You know I love you (Tu sais je t’aime) ». Après un passage en télé chez Michel Drucker un dimanche après-midi, c’est l’engouement pour le 45-tours qui se vend à 40.000 exemplaires dès le lendemain.

Shake est devenu en quelques semaines un chanteur à succès qui poursuit son chemin de gloire avec des titres comme « Je viens de loin », « La fille que j’attendais » ou « Je chante cette chanson pour toi (I’m singing this song for you) ». Et c’est très logiquement que l’artiste assure la première partie du concert de Dalida à l’Olympia en 1977 puis de la tournée d’été de Claude François quelques mois avant son décès. Dans son pays natal, le roi est mis au courant de la popularité du chanteur en Europe. Il lui demande de revenir et lui décerne, en 1979, le titre de Dato, une reconnaissance honorifique attribuée pour avoir bien représenté la Malaisie à l’étranger. Parallèlement à cela, il est promu Chevalier des Arts et des Lettres en France pour avoir promu la langue et la culture françaises en Asie. Et Shake poursuit son parcours avec d’autres succès dans un français qui s’améliore de jour en jour : « Rien n’est plus beau que l’amour » (1977), Soleil aide-moi (1978) ou « L’étranger au paradis » (1978). En 1981, l’artiste commercialise un 33 tours sur lequel figurent dix titres nouveaux et une chanson qui sort du lot : « Begawan solo (la rivière de l’amour) », la première interprétée en malais, la langue natale de Shake. Jusqu’en 1984, il connaît encore le succès avec « Animal tropical » ou encore « Avec elle ». Puis, c’est la rupture avec Orlando qui est consécutive à la baisse de ses chiffres de ventes mais aussi et surtout à l’envie de l’artiste de changer de genre musical. Il s’essaie ainsi au rock avec le titre « Sorry Sandy » signé dans un autre label discographique mais cela ne marche pas. En 1985, c’est décidé : Shake repart en Malaisie où il commence à connaître un succès plus important qu’en France. C’est alors l’avènement du disque compact et son premier album en malais sera donc un support digital. Cette première galette numérique commercialisée sous le nom de Dato Shake se vend à 700.000 exemplaires. Il devient une star et chante dans les stades de son pays qui bascule cependant politiquement et qui le condamne ensuite à s’exiler aux Etats-Unis et à Los Angeles où il fint par s’installer définitivement avec sa famille. Et c’est en Californie qu’il poursuit l’élaboration d’autres albums, en malais et en anglais, qui récoltent un grand succès international. De temps à autre, Shake revient en France pour y revoir des amis et visiter mais jamais pour y reprendre des activités artistiques. Mais, en 1996, vingt ans après le premier tube du chanteur, Orlando décide de commercialiser une compilation de ses succès des années 1970-1980 qui vont enfin être disponibles en CD. L’artiste accepte de revenir au pays de Voltaire pour participer à la promotion de l’album dans trois émissions de télévision. 200.000 copies du disque s’écoulent en quelques semaines. Shake repart aux Etats-Unis et se fait à nouveau très discret en Europe pendant des années. Les nouvelles qu’on a de lui datent ensuite de 2009 quand il revient dans l’actualité avec un album intitulé « Shake d’hier et d’aujourd’hui ». L’opus comporte quatorze chansons dont sept nouveautés enregistrées aux Etats-Unis (avec Michael Sembello) et en Belgique (avec Philmarie). Les sept autres titres en français sont des succès de la grande époque réorchestrés de manière rock, jazz et contemporaine, ce qui n’est pas du goût des nostalgiques de l’idole de la fin des années 1970. Le disque ne sera pas un véritable succès de vente. Au Québec, une compilation ayant pour titre « Mes grands succès » est sortie en juin 2009. Et, en Malaisie, c’est un double CD de 26 titres en langue locale qui a été édité en septembre de la même année. Depuis ses débuts, si Shake s’est caractérisé comme un bon vendeur de disques, il s’est aussi forgé une attitude sur scène. C’est ainsi qu’il se produit, de manière remarquée, à l’Alhambra de Paris en 2011. Un nouvel album en malais, “Chameleon”, est sorti en 2012. Et, en 2015, le disque intitulé “Voyageur” propose douze chansons dont la moitié sont en français. Shake revient proposer ses chansons-là et ses précédents succès au public français lors d’un concert au Grand Rex de Paris en 2016.
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20 mai 1959 : Naissance, à Paris, du chanteur français Daniel DARC. Très influencé par le mouvement punk de la fin des années 1970, il devient à cette époque le chanteur du groupe Taxi Girl entre 1978 et 1986. Le groupe n’enregistre cependant qu’un seul album et récolte un fameux succès avec « Cherchez le garçon ». Entamant ensuite une carrière de chanteur soliste, il enregistre, avec son complice Jacno, décédé en 2009, un premier album intitulé « Sous influence divine » en 1987. Alors que sa popularité s’étiole dans les années 1990, Daniel Darc revient au premier plan en 2004 avec l’album « Crève Coeur » et le single à succès « Je me souviens, je me rappelle ».

Grâce à cet album, il reçoit, à 45 ans, une Victoire de la musique comme révélation de l’année. Fin 2011, il sort l’album « La Taille de mon âme » avec, notamment, le single « C’est moi le printemps ». Daniel Darc est retrouvé mort à son domicile le 28 février 2013. L’ex-chanteur du groupe Taxi Girl serait décédé à la suite de l’absorption d’alcool et de médicaments.
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20 mai 1973 : Naissance, à Paris, de la chanteuse et actrice française ELSA (Lunghini). Elle est la fille de Georges Lunghini, comédien, photographe et compositeur, et de Christiane Jobert, artiste peintre, sculptrice et soeur de la comédienne Marlène Jobert. C’est au cinéma, alors qu’elle a sept ans, qu’Elsa entame sa carrière artistique. On peut rêver pire pour ses débuts puisqu’elle tourne aux côtés de Romy Schneider, Lino Ventura et Michel Serrault dans « Garde à vue » de Claude Miller. Parmi les films qu’elle tourne ensuite, il y a « La Femme de ma vie », de Régis Wargnier en 1986, au cours duquel elle interprète une chanson intitulée « T’en vas pas ». Cette mélodie, signée par Romano Musumara, va très vite transformer la vie de la jeune artiste qui devient une chanteuse et se retrouve en tête du top 50 français.

La jeune ado trouve le créneau de la chanson douce et romantique pour enregistrer son premier album qui est un franc succès en 1988. Les extraits qui en sont radiodiffusés sont tous des « tubes »: les duos avec Glenn Medeiros et Laurent Voulzy (« Un roman d’amitié » et « Jamais nous ») ainsi que « Jour de neige », « A la même heure dans deux ans » et « Quelque chose dans mon coeur ». En 1990, elle enregistre un deuxième opus intitulé « Rien que pour ça » qui reste dans la lignée du précédent. Arrivée dans le milieu de la chanson à la même époque que Vanessa Paradis ou Sandra Kim, Elsa va être un moment associée à ces « lolitas » chantantes mais elle va s’en démarquer dès son troisième album plus adulte et mature. Sorti en 1992, « Douce violence » est lancé par le titre « Bouscule-moi » qui obtient un succès plus mitigé mais qui se vend quand même à quelque 200.000 exemplaires. Elsa fait alors une pause dans ses activités artistiques et devient la maman d’un petit Luigi. Et, en 1996, elle revient avec une galette numérique dont elle a écrit presque tous les textes. L’album a pour titre « Chaque jour est un long chemin » et il ne rencontre pas l’estime du public qui le boude. La chanteuse veut alors prendre une autre direction musicale mais sa maison de disques ne l’entend pas de cette oreille et bloque son contrat. Elle ne sortira ainsi finalement son cinquième album qu’en 2004. Mais elle aura mis à profit sa longue période de gestation pour s’entourer de quelques pointures de la nouvelle scène française. Et le disque naît ainsi de la collaboration d’Elsa, auteur, avec des artistes comme Keren Ann, Benjamin Biolay ou Hubert Mounier. En 2006, elle commercialise son premier opus en public après 20 ans de carrière: le spectacle enregistré est celui livré dans la salle parisienne de l’Européen en 2005. Travaillant de plus en plus avec des personnalités qu’elle apprécie, Elsa se tourne vers Da Silva qui écrit et compose presque tous les titres de l’album éponyme sorti en 2008. Mais le succès est, à nouveau, assez limité et l’artiste se tourne alors vers le cinéma et les fictions télévisées.
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Silva en 2010

20 mai 1977 : Naissance, à Bruxelles, de l’auteur, compositeur et interprète belge d’origine italienne SILVA, Silvano Macaluso de son vrai nom. Passionné de musique, il apprend le piano classique dès l’âge de douze ans et, par la suite, il élargit sa palette en jouant aussi de la guitare, de la batterie, des percussions, de la basse et de l’accordéon. A 17 ans, il rejoint, en tant que musicien, quelques groupes de sa région. Puis, en 1996, il s’inscrit au concours « Pour la gloire » de la télé francophone publique belge (RTBF) qui est un peu l’ancêtre de « The Voice ». Il y interprète une version piano-voix de la chanson « Puisque tu pars » de Jean-Jacques Goldman et il remporte le concours haut la main. En 1999, sous le nom de Silvano, il enregistre le titre « Emmène-moi » qui connaît un succès d’estime en Belgique et en France. Un an plus tard, il participe au concours de la Rose d’Or d’Antibes dont le jury est présidé par Eddie Barclay. En 2002, Silvano enregistre deux singles qui connaissent un bon succès en Belgique: « Encore » et « C’est la vie ». Ils seront suivis, en 2003, par la chanson « Je sais que tu m’aimes ». Quelques mois plus tard, l’artiste reçoit le prix du public de la radio privée belge Bel-RTL au cours des « Octaves de la Musique » pour son premier album « Laisse aller » sorti en 2004. Il participe alors à de nombreux festivals en Belgique. Ses multiples talents artistiques l’orientent alors vers d’autres projets musicaux avant qu’il ne revienne à la production de son propre album suivant en 2009. L’opus « Antidote » sort sous son nouveau pseudonyme de SILVA (qui n’a rien à voir avec Da Silva) chez Universal en juin 2010. Il participe aux Francofolies de Spa (au Salon Bleu) et aux Fêtes de Wallonie à Namur. En 2012, son clip video « On se pardonne », tourné notamment à Tournai (B), se distingue par l’application de la technique du lipdub qui donne l’occasion à des fans internautes de mimer les paroles de la chanson à la place de l’artiste. Un troisième album intitulé « 22h22 » est sorti à la fin de l’année 2015. Et Silva est à nouveau programmé aux Francofolies de Spa (B) le 21 juillet 2016. En décembre 2017, le chanteur remporte le Côte d’Or Festival Song de Dijon (F). En mars 2018, Silva poste le clip vidéo de son nouveau titre, « Emporte-moi », sur YouTube. Et, en avril 2019, il remet le couvert en proposant cette fois un titre tout empreint de ses talents de mélodiste : « Le jardin des justes ».

Le printemps 2020 et la crise sanitaire du coronavirus covid-19 inspirent à Silva l’idée d’une chanson réunissant plusieurs artistes belges afin de donner un peu de courage, de force et d’espoir au personnel médical de première ligne. Et son initiative s’arrête sur la célèbre chanson américaine de Lionel Richie : « We are the world ». La vidéo est réalisée au départ d’un play-back instrumental réalisé par l’artiste. Les autres chanteurs et chanteuses viennent ensuite y ajouter leur voix en faisant parvenir une vidéo personnelle. Le résultat est le clip à voir ci-dessous.

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Jeff Bodart en 1994

20 mai 2008 : Décès, à Charleroi, de l’auteur, compositeur et interprète belge Jeff BODART. Né le 30 septembre 1962 à Charleroi avec, comme vrai prénom, Jean-François. Après une enfance plutôt normale où la musique prime déjà sur les études, Jean-François fonde, dans sa région natale, le groupe « Spasmes » dont il est le guitariste. Avec le même instrument entre les mains, il crée ensuite « Aphrodisiax » et, au début des années 1980, le groupe enregistre un 45 tours auto-produit: « Sex Symbol ». Mais c’est avec le groupe suivant, les « Gangsters d’Amour », dont il est cette fois le chanteur, que le succès va réellement s’installer dans la région de Charleroi puis en Belgique, dans toute la francophonie et au-delà. Les tournées des « Gangsters d’Amour » les emmènent ainsi entre autres en URSS et en Chine. La formation connaît le succès avec des chansons comme « SOS Barracuda », « Meurtre à Hawaï », « Hey Baron rouge » et « Coûte que coûte ». En 1994, après deux albums et dix singles, le groupe se sépare et Jeff se lance dans une carrière solo en adoptant un look avec casquette vissée sur la tête. Et le premier opus de Jeff Bodart sort avec un titre « locomotive » qui va le propulser sur les ondes radiophoniques francophones: « Du vélo sans les mains ». D’autres chansons extraites de cet album obtiennent aussi la faveur des medias par la suite: « Chacun son histoire », « Le blues animal » et « Un monde ne suffit pas ». Il participe, en août 1994, au concours de la Truffe de Périgueux où il représente la Belgique pour la RTBF, la radio publique francophone. Trois ans plus tard, Jeff confirme tout le bien que l’on a pu penser de lui en commercialisant un second album intitulé « Histoires universelles ». Il y chante notamment « La vie d’artiste », « Sans tambour ni trompette », « Ca valait la peine que je naisse », « J’te promets la lune » et « Le chant des yakas ». Parallèlement à la sortie de ses albums, Jeff Bodart s’attache à présenter ses chansons en public sur scène. Il participe ainsi aux Francofolies de Spa (B) mais aussi à celles de La Rochelle (F) ainsi qu’au défunt festival « Mars en chansons » dans sa ville natale de Charleroi (B). En 2001, son album a pour titre « Ça ne me suffit plus » et il y chante notamment « La vie la mort », « Politiquement correct », « Les filles sont des garçons bizarres » et « Le soleil fera le reste ». Le succès de ces chansons est plus restreint mais la Belgique francophone soutient plus que jamais son turbulent et sympathique artiste. En 2003, l’album « T’es rien ou t’es quelqu’un » est annoncé par le single « Boire boire boire », adaptation française d’un titre allemand des années 1980 alors interprété par Trio: « Da da da ». Le disque contient quelques perles qui sont diffusées sur les radios: « Canadair », « Tu m’aimeras quand je ne t’aimerai plus » ou « Ma vie est une balançoire ». Et, sur la photo du livret, Jeff troque la casquette contre un chapeau.

Cinq ans après cet album, Jeff Bodart revient avec le suivant qui sort au début de l’année 2008: « Et parfois c’est comme ça ». Le public et les medias n’ont malheureusement pas le temps de se familiariser avec les nouvelles chansons (comme « Destination Ultramarine »): au mois d’avril, Jeff Bodart est retrouvé inanimé chez lui, victime d’un accident vasculaire cérébral. Plongé artificiellement dans le coma, il décède le 20 mai 2008 à l’âge de 45 ans. Il a été incinéré et ses cendres ont été dispersées dans le cimetière de Farciennes, localité proche de Charleroi où il a grandi. Pour se rappeler l’artiste trop tôt disparu, une sculpture à son honneur a été implantée sur la place de la ville. Jeff avait pris pour habitude d’écrire et de composer la majeure partie de ses chansons et en avait aussi proposé à d’autres artistes comme Pierre Bachelet par exemple. Garçon extraordinairement sociable de nature, Jeff Bodart avait sympathisé avec bon nombre de ses collègues en les sollicitant parfois pour en obtenir l’écriture de chansons. Ce fut le cas pour Kent, Christophe Miossec, Jacques Duvall, Marc Morgan, François Bernheim ou même Benoît Poelvoorde. En hommage à Jeff, certains de ces artistes sont venus témoigner ou chanter lors des concerts qui ont été organisés à Louvain-la-Neuve (B) en octobre 2008 et aux Francofolies de Spa (B) en juillet 2009. Sont présents, entre autres, Karin Clercq, Jacques Duvall, Wendy Nazaré, William Dunker, Anaïs H, Kent, Charline Rose, Nell, Jéronimo, Balimurphy, Eté 67, Franco Tils, Marie Warnant, Perry Rose, Vincent Liben, Théophile Octobre, Alexonor, Manu Champagne, Un album posthume reprenant ses plus grands succès, dont ceux des « Gangsters d’Amour », est sorti un an après la disparition du chanteur. Depuis 2011, un prix « Jeff Bodart » est remis à un jeune artiste marquant de la scène francophone belge. Cette récompense est attribuée lors de la cérémonie des « Octaves de la Musique ». En mai 2018, dix ans après le décès de Jeff Bodart, l’un de ses proches collaborateurs, Pierre Gillet, entreprend de réaliser un album hommage avec des artistes talentueux et amis du défunt. Le premier à enregistrer un titre pour ce disque, sorti trop confidentiellement en 2019, est l’acteur Benoit Poelvoorde qui reprend « Ferme ta gueule ».
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Ricet Barrier

20 mai 2011 : Décès, à Clermont-Ferrand, du chanteur et fantaisiste français Ricet BARRIER à l’âge de 78 ans des suites d’un cancer. Pour en savoir plus sur sa vie et connaître sa biographie, veuillez CLIQUER ICI.
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14 MARS

Jean Poiret

14 mars 1992 : Décès, à Suresnes, du réalisateur, auteur, metteur en scène, scénariste et acteur français Jean POIRET. Il était né le 17 août 1926 à Paris d’un père ouvrier dans une verrerie et d’une mère travaillant dans la comptabilité. Après une enfance et une adolescence plutôt classiques, Jean s’inscrit aux cours d’art dramatique où il rencontre Michel Serrault avec qui il constitue un excellent duo de fantaisistes pendant des années. Dès 1953, il obtient des rôles au cinéma grâce à des réalisateurs comme André Hunnebelle, Henri Verneuil, François Truffaut ou Claude Chabrol entre autres. Par la suite, et parallèlement à ses activités cinématographiques, il est à l’affiche de nombreuses pièces du théâtre de boulevard. Il écrit aussi certains vaudevilles retentissants dont le plus célèbre reste probablement « La cage aux folles ». En 1961, une des nombreuses péripéties humoristiques de Jean Poiret consiste à graver sur disque une parodie de la chanson de Jacques Brel « La valse à mille temps ». Grâce à son inspiration talentueuse, Jean Poiret en fait une histoire de maquignon négociant en bétail: « La vache à mille francs ».

Le 14 mars 1992, Jean Poiret nous quitte à la suite d’une crise cardiaque pour laquelle il a été amené d’urgence à l’Hôpital Foch à Suresnes. Il avait 65 ans. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.
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C. Jérôme en 1992

14 mars 2000 : Décès, à Paris, du chanteur français C. JEROME des suites d’un cancer à 53 ans. De son vrai nom Claude Dhotel, l’artiste était né le 21 décembre 1946 à Paris. Ayant passé son enfance près de Nancy, Claude a seize ans quand il est engagé dans un groupe de rock’n’roll: « Les Storms ». Abandonnant son travail de vendeur de chaussures, il tente sa chance à Paris et fréquente le « Golf-Drouot » pour y rencontrer des personnalités du milieu musical. Et il finit par y faire la connaissance de Jean Albertini qui devient son producteur et grâce à qui il enregistre son premier 45 tours en 1967: « Les fiancés ». Ce n’est pas un succès.

Son deuxième disque connaît plus de chance et est soutenu par l’émission « Salut les Copains » sur la radio périphérique française Europe 1. « Le petit chaperon rouge est mort » annonce ainsi un « tube » énorme qui sort juste avant l’été 1972: « Kiss me », meilleure vente de disques en France mais aussi en Allemagne, au Québec, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Italie, en Belgique, en Suisse et en Autriche. Anecdote autour de cette chanson : le musicien qui joue de l’harmonica est le chanteur Christophe qui se trouve dans le même studio lorsque C. Jérôme enregistre le titre.

Alors qu’il est, d’habitude, plutôt difficile de rester au sommet après un « tube » aussi conséquent, C. Jérôme va multiplier les succès qui ont pour titres « Himalaya », « Manhattan », « La petite fille 73 », « C’est moi », « Cindy », etc. Fin des années 1970, le chanteur doit s’éclipser face à l’arrivée de toute une série d’auteurs-compositeurs-interprètes comme Balavoine, Cabrel, Berger ou Lalanne. Mais les années 1980 ne sont pas ingrates avec notre homme qui renoue avec le succès grâce à des chansons comme « Et tu danses avec lui », « Derniers baisers » ou « Age tendre et tête de bois ». En 30 ans de chansons, C. Jérôme a vendu plus de 26 millions de disques.
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Alain Bashung

14 mars 2009 : Décès, à Paris, du chanteur français Alain BASHUNG des suites d’un cancer du poumon. Il était né à Paris le 1er décembre 1947 d’une mère bretonne et d’un père algérien kabyle qu’il n’a jamais connu. Un an après sa naissance, Alain est envoyé dans la région de Strasbourg chez les parents de son beau-père. Pour ses cinq ans, il reçoit un harmonica qui va sérieusement lui ouvrir les portes de la musique. A douze ans, il revient à Paris et y découvre le rock’n’roll balbutiant. Au milieu des années 1960, après avoir stoppé des études de comptabilité, il fonde avec des copains les « Dunces », un groupe de rockabilly très éphémère. Après avoir créé une autre formation à Royan, il songe à se lancer comme chanteur soliste. Il enregistre un premier 45 tours à l’âge de 19 ans et ses débuts sont très difficiles. Mais cela ne l’empêche toutefois pas de se produire au Palais des Sports de Paris en 1967 en lever de rideau des Troggs et de Cream. Un an plus tard, son quatrième 45 tours connaît un léger succès radiophonique grâce à la chanson « Les romantiques ».

Entre 1972 et 1974, il va travailler sur trois albums pour Dick Rivers. Et, en 1973, Alain Bashung tient le rôle de Robespierre dans la comédie musicale « La Révolution française » de Claude-Michel Schönberg. Pendant sept ans, il enregistre toute une série de disques, dont l’un sous le pseudonyme de David Bergen, mais aucun ne se vend. En 1980, après deux albums écrits en compagnie du parolier Boris Bergman, Bashung décroche la timbale avec « Gaby oh Gaby » qui se vend à plus d’un million d’exemplaires. Il récidive un an plus tard avec « Vertige de l’amour » et cela lui permet de se produire à l’Olympia de Paris. Les albums qui vont suivre, après une rupture temporaire avec Bergman, seront boudés par le public malgré un travail effectué avec Gainsbourg notamment. En 1986, il renoue avec Boris Bergman et avec le succès du titre « SOS Amor » qui se trouve sur un album récompensé aux Victoires de la musique. Trois ans plus tard, il arrête sa collaboration avec Bergman et découvre un autre parolier de génie: Jean Fauque. Cela aboutit au succès de « Osez Joséphine » en 1991 suivi de « Madame rêve ». Trois ans après, il sort l’album « Chatterton » qui contient le titre « Ma petite entreprise ». Après des débuts encourageants au cinéma, il revient à la chanson en 1998 avec l’opus intitulé « Fantaisie militaire » dont le premier single à en être issu est « La nuit je mens ». Pour cet album, il reçoit trois Victoires de la musique en 1999. Les albums et les expériences scéniques se poursuivent pour Bashung avec un succès inégal jusqu’au 24 mars 2008, jour de sortie de l’album « Bleu pétrole ». Mais le cancer le tenaille déjà et, malgré sa maladie, il entame une tournée avec, dès le 10 juin 2008, une série de récitals à l’Olympia. Alain Bashung est promu « Chevalier de la Légion d’honneur » le 1er janvier 2009. Le 28 février 2009, il remporte trois Victoires de la musique et ses remerciements sonnent comme un adieu émouvant et courageux à son public. Le cancer du poumon finit par le terrasser le 14 mars 2009 à l’hôpital Saint-Joseph de Paris, à l’âge de 61 ans. Après une cérémonie religieuse en l’église Saint-Germain-des-Prés, il est inhumé au cimetière parisien du Père-Lachaise le 20 mars 2009. Un premier album posthume de Bashung sort en 2011 et il reprend les chansons du disque de Gainsbourg « L’homme à la tête de chou » pour lequel l’artiste a encore eu le temps d’enregsitrer les voix avant de mourir. Et, en 2018, la femme de Bashung, Chloé Mons, demande à la musicienne et réalisatrice Edith Fambuena de réaliser un deuxième album post mortem avec des chansons enregistrées pour l’album « Bleu pétrole » puis délaissées et inachevées. Cet opus-là a pour titre « En amont » et se voit récompensé de la Victoire de la Musique pour le meilleur album de chansons. La récompense est remise à Chloé Mons le 8 février 2019 à la Seine musicale de Boulogne-Billancourt, soit près de dix ans après celle reçue en mains propres par Bashung.
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