NOUGARO Claude

Claude Nougaro en 1964 – Photo (c) Suzy Souchon

L’auteur et chanteur français Claude NOUGARO naît le 9 septembre 1929 à Toulouse dans un milieu musical et artistique puisque son papa est chanteur d’opéra et sa maman professeur de piano. Il est élevé par ses grands parents paternels qui, tous deux, sont passionnés de musique et chantent dans une chorale. Rien d’étonnant dès lors dans le fait que le petit Claude s’éveille musicalement grâce à Edith Piaf et aux grands noms du jazz américain qu’il entend à la radio de l’époque: la TSF. Après la seconde guerre mondiale, il s’improvise journaliste à Paris et devient correspondant pour plusieurs journaux de province. Au hasard des rencontres, il se découvre des talents d’auteur et commence à écrire des chansons pour des artistes déjà réputés comme Marcel Amont ou Philippe Clay. Il fait aussi la connaissance de Georges Brassens avec qui il se lie d’amitié. Il croise aussi la route du musicien Michel Legrand et, ensemble, ils écrivent les chansons que Claude Nougaro va se décider à chanter lui-même et enregistrer sur un premier disque 33 tours qui ne connaît qu’un faible succès en 1958. Avec ces chansons-là, il se produit aussi pour la première fois sur scène dans des cabarets parisiens. Au début des années 1960, il se fait remarquer par Eddie Barclay qui l’engage dans sa maison de disques. Et, dès 1962, le premier album enregistré sous ce label est un très grand succès pour Nougaro qui y interprète « Une petite fille » et « Cécile ma fille » entre autres.

Fidèle à Michel Legrand mais aussi à d’autres compositeurs comme Jacques Datin, Claude Nougaro va alors s’imposer petit à petit comme l’une des nouvelles valeurs sûres de la chanson française. Avec un réel talent, il y introduit ainsi la touche de jazz qui en était encore souvent absente et il s’attache à faire swinguer les mots autant qu’à les faire rimer. Ses succès ont pour titre « Le jazz et la java » (que chantent aussi Marcel Amont et Yves Montand), « Le cinéma », « Les mains d’une femme dans la farine », « Quatre boules de cuir », « Chanson pour Marilyn », « Je suis sous », « Les Don Juan » ou « Armstrong ».

Il sympathise alors avec le poète Jacques Audiberti qui devient pour lui une référence, un maître. En 1964, il se rend au Brésil où il découvre toute la magie des nouvelles sonorités sud-américaines et des percussions. Il se produit ensuite à Paris sur diverses scènes comme celles de l’Olympia ou du Théâtre de la Ville. Les grèves et manifestations parisiennes de mai 1968 lui inspirent ensuite la chanson « Paris Mai » et sa ville natale le magnifique hymne « Toulouse ».

Les années 1970 seront aussi ponctuées de grands succès comme « Brésilien », « Ah tu verras », « Dansez sur moi », « L’île de Ré », etc.

La début de la décennie suivante va être plus difficile et, au milieu des années 1980, la firme Barclay ne renouvelle pas le contrat de Claude Nougaro. L’artiste se remet alors totalement en question: il vend son domicile parisien et part pour New York en quête de nouvelles inspirations musicales. C’est Philippe Saisse, musicien français installé là-bas depuis longtemps, qui l’accueille et lui fait découvrir ce nouvel univers tant espéré qui passe par un mélange de jazz, de funk et de disco. Avec lui et le producteur Mick Lanaro, le chanteur conçoit cet opus nouveau, « Nougayork », signé chez Warner et qui débarque chez les disquaires en 1987. Le succès est d’emblée au rendez-vous et, en 1988, le chanteur reçoit les Victoires de la musique pour le meilleur album et comme meilleur artiste de l’année.

La popularité de Claude Nougaro va se maintenir alors au même niveau pendant des années, jusqu’à son décès en 2004. En 1995, il doit subir une opération cardiaque puis, en 2003, on lui découvre un cancer du pancréas. Un an plus tôt, il s’est lancé dans une nouvelle aventure scénique avec « Les fables de ma fontaine », un spectacle où il récite des textes de ses chansons sans musique.

Alors que la maladie commence à le perturber, il entame la réalisation d’un vieux rêve: l’enregistrement d’un album de jazz qu’il parvient à faire signer par le prestigieux label Blue Note. Malheureusement, le musicien ne verra pas la sortie de cet album, « La note bleue », qui est commercialisé le 30 novembre 2004, soit huit mois après son décès.

C’est en effet le 4 mars 2004 que Claude Nougaro meurt à l’âge de 74 ans. Ses funérailles sont célébrées dans sa ville natale de Toulouse, en la basilique Saint-Sernin, dont le carillon joue la chanson de Nougaro célébrant la « ville rose ». Et ses cendres sont ensuite dispersées dans la Garonne.

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CALOGERO

Calogero en 2010

Le chanteur, compositeur et musicien français CALOGERO naît sous le vrai nom de Calogero Joseph Salvatore Maurici le 30 juillet 1971 à Échirolles, près de Grenoble. D’origines siciliennes, ses parents se sont installés dans la région de l’Isère où Calogero grandit avec sa soeur et ses deux frères. Les racines italiennes sont bien sûr à la base de la passion de la famille pour la musique et, dès l’âge de 15 ans, l’idée de constituer un groupe démange l’apprenti plombier Calogero qui sollicite son frère, Gioacchino, et un ami dénommé Francis Magiulli. A trois, ils fondent « Les Charts » en 1987. Et, quelques mois plus tard, au cours d’une de leurs prestations, ils se font remarquer par France Gall qui les apprécie et par Philippe Gaillard, producteur qui leur procure un contrat discographique. Entre 1989 et 1997, les Charts vont enregistrer cinq albums dont les quatre premiers connaissent un succès ascendant. En 1991, les ventes du second opus intitulé « Notre monde à nous » permet aux trois compères d’obtenir un disque d’or.

Mais, en 1997, l’album « Changer » n’obtient pas la même popularité et entraîne la dissolution du trio. Il est temps alors, pour Calogero, le bassiste gaucher, de penser à une carrière de chanteur soliste. En 1999, il commercialise un premier disque qui recèle la complicité de Pascal Obispo et de Zazie. L’album a pour titre « Au milieu des autres » et permet à l’artiste d’effectuer quelques prestations en première partie de chanteurs plus installés. Le second opus, éponyme, sort en 2002 et est annoncé par les succès « En apesanteur » et « Prendre racine » que les radios diffusent intensément. Plus d’un million d’exemplaires en sont vendus et il faut désormais compter avec le nom de Calogero dans la chanson francophone.

Le troisième album est simplement appelé « 3 » et est celui de la confirmation de la popularité du chanteur avec des titres comme « Yalla », « Si seulement je pouvais lui manquer » et « Face à la mer », un duo avec le rappeur Passi. Pour ce travail dont les ventes dépassent à nouveau le million d’unités, Calogero est accueilli avec le tapis rouge à la cérémonie des 19e Victoires de la Musique où il est sacré « meilleur artiste masculin » et reçoit le trophée des mains de Jean-Luc Delarue et Guillaume Durand le 28 février 2004.

Après une tournée de concerts triomphale qui parcourt l’Europe francophone en 2005, le chanteur part pour l’Italie et s’installe dans une maison de Toscane le temps d’y enregistrer ce qui sera son quatrième album : « Pomme C ». Tous les textes des nouvelles chansons à enregistrer sont écrits par Zazie dans le but de garder une unité globale. La crise du disque et du téléchargement étant passée par là, les chiffres de vente de cet opus dépassent à peine les 300.000 copies. Le disque suivant, « L’embellie », qui sort en 2009, se vend un peu mieux avec plus de 400.000 exemplaires et il est caractérisé par le travail de plusieurs auteurs : Jean-Jacques Godman, Grand Corps Malade, Dominique A ou Marc Lavoine.

S’en suit une tournée acoustique où, s’accompagnant à la guitare ou au piano, Calogero se produit dans des salles de spectacle à contenance moyenne. Onze ans après ses débuts de chanteur soliste, une compilation de ses grands succès est commercialisée sous la forme d’un double CD. L’objet s’appelle « V.O.-V.S. » (Versions originales-Versions symphoniques) et, si le premier volume renferme les versions originales et un inédit signé Jean-Jacques Goldman (« C’est d’ici que je vous écris »), le second présente les mêmes titres enregistrés avec un orchestre symphonique. Cette expérience musicale nouvelle amènera inévitablement Calogero à la reproduire sur scène en 2011 avec, à la clé, la captation d’un CD et DVD live. Artiste atypique avide de nouveaux frissons, Calogero se joint alors à Stanislas, Philippe Uminski, Elsa Fourlon et Karen Brunon pour réaliser un projet éphémère qui a pour nom Circus en 2012 et dont le titre phare est « Sur le fil ».

Cette année-là, un faits divers ébranle le chanteur : un double meurtre a été commis dans sa ville natale d’Echirolles sans mobile véritable. Cette tragédie va lui inspirer une chanson qui devient le titre d’un album qui sort en 2014 : « Un jour au mauvais endroit ». Extrait de l’opus qui s’appelle « Les Feux d’artifice », le morceau est qualifié de chanson originale de l’année lors des Victoires de la Musique le février 2015. Parmi les singles qui portent les ventes de l’album à plus de 700.000, il y a « Le Portrait », « Avant toi » et « J’ai le droit aussi ».

Fruit d’une rencontre avec le groupe français « Cats on Trees », Calogero commercialise un single avec le duo en mai 2015 : « Jimmy » est à la fois interprété en anglais et en français. Ensuite, il faut attendre avril 2017 pour entendre les radios diffuser un titre annonçant un futur album de l’ex-Charts : « Je joue de la musique », une véritable rengaine qui flirte de manière ouverte et évidente avec les mélodies les plus entêtantes de feu Michel Berger. Le 14 juillet 2017, à Nice, il interprète sa chanson « Les feux d’artifice » en hommage aux victimes de l’attentat qui a eu lieu l’année précédente sur la Promenade des Anglais. Il le fait à la demande des parents et proches de ceux qui ont été fauchés par un camion fou après le feu d’artifice de la fête nationale. Trois ans après sa création, la chanson prend un sens que Calogero n’imaginait pas lors de son écriture. Et l’interpréter seul au piano devant toutes ces personnes éplorées est insurmontable. L’émotion est trop forte et l’artiste éclate en sanglots avant la fin du morceau.

Un mois plus tard, l’album annoncé est dans les bacs : il s’agit de « Liberté chérie » dont les hits ont pour nom « On se sait par cœur », « Fondamental », « 1987 » et « Voler de nuit ». Fin mars 2020, alors qu’il est confiné chez lui comme tout le monde à cause de la propagation du coronavirus Covid-19, Calogero écrit et compose une chanson inspirée par la situation étrange que l’on vit tous. Il la poste sur le web et les réseaux sociaux et elle a pour titre « On fait comme si ».

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