MESPLE Mady

Mady Mesplé en 1977

La cantatrice et soprano française Mady MESPLE naît le 7 mars 1931 à Toulouse. Elle est élevée dans un milieu où la musique est appréciée puisque ses parents se sont rencontrés dans une chorale. Sa mère, secrétaire d’une maison de confection, fait venir un professeur à domicile pour lui apprendre la musique. À sept ans, elle entre au conservatoire de Toulouse avec une dispense et elle y suit des cours de piano et de solfège. Encore adolescente, avec un prix de piano dans ses bagages, elle devient la pianiste d’un certain nombre d’artistes de variétés et d’un orchestre de danse. Puis, elle revient au conservatoire pour y apprendre le chant lyrique et obtient également un premier prix. En 1953, c’est en Belgique, à Liège, qu’elle entame sa carrière de cantatrice après une audition réussie à l’Opéra. Elle y obtient un rôle dans « Lakmé » de Léo Delibes avant de figurer à l’affiche du « Barbier de Séville » de Gioachino Rossini et de « Rigoletto » de Giuseppe Verdi. Elle se produit ensuite au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles et revient dans son pays natal pour chanter à Lyon et à Aix-en-Provence. De plus en plus (re)connue pour son talent, Mady Mesplé finit par arriver à Paris où, en 1956, elle commence à se produire à l’Opéra. Puis, dans le courant des années 1960, sa carrière se développe de manière internationale et elle chante en Europe mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique du Sud, en Asie et en URSS. Et si la soprano est appréciée dans les répertoires italien et allemand, elle excelle dans les oeuvres françaises. Rompant avec une certaine tradition des cantatrices reconnues, elle ose une incursion remarquée dans la musique contemporaine de Betsy Jolas, Charles Chaynes et de Pierre Boulez entre autres. Au milieu des années 1980, sans abandonner la scène, l’artiste privilégie les récitals et les concerts qui l’amènent, à nouveau, à parcourir le monde avec, cette fois, une visite en Chine. Elle consacre alors aussi une grande partie de son temps à l’enseignement de son art dans divers conservatoires français ainsi qu’à l’Ecole Normale de Musique de Paris. Au cours des années 1960, 1970 et 1980, elle est régulièrement l’invitée d’émissions de variétés à la télévision française. Au cours des programmes présentés par Guy Lux, Jacques Martin, Michel Drucker ou Pascal Sevran, elle propose aux téléspectateurs de découvrir les airs lyriques les plus populaires des opérettes et des opéras français. Et elle interprète même un duo avec Luis Mariano quelque temps avant le décès de ce dernier en 1970.
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En 1996, elle apprend qu’elle est frappée par la maladie de Parkinson mais, tout en ralentissant ses activités, elle poursuit celles-ci en participant à de nombreux jurys de concours bel canto comme, en 2016 à Marseille, pour le concours Vincenzo Bellini. A 89 ans, Mady Mesplé décède le 30 mai 2020 à Toulouse et elle y est inhumée au cimetière de Terre-Cabade.
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WILLEMETZ Albert

Albert Willemetz en 1937 (c) Fonds Albert Willemetz

Le librettiste, auteur, parolier et scénariste français Albert WILLEMETZ naît le 14 février 1887 à Paris. Il voit le jour dans un milieu plutôt bourgeois avec un père cadre dans une société d’assurances. Dès son enfance, il a la possibilité d’apprendre la musique et, adolescent, il étudie la littérature puis le droit avant de devenir fonctionnaire. En 1911, il épouse une artiste peintre dont il a un premier fils en 1915 mais les fins de mois sont difficiles. Il se décide alors à mettre ses talents d’auteur au profit de la presse et il écrit ainsi des articles pour des journaux. Parallèlement à cette activité, il est attiré par la poésie et il publie un premier recueil de poèmes en 1914 sous le titre « Au pays d’amour ». Le jeune Sacha Guitry remarque Albert Willemetz et lui demande de collaborer à l’écriture de sa première revue : « ‘Il faut l’avoir » présentée à Paris, au théâtre du Palais Royal en 1915. Trois ans plus tard, et après une première expérience un peu ratée quelques années plus tôt, Willemetz écrit le livret de l’opérette « Phi-Phi » sur une musique composée par Henri Christiné. C’est d’emblée un énorme succès qui est toutefois terni par la mort de son épouse victime de la tuberculose. Désormais, Albert Willemetz va se consacrer à l’écriture d’opérettes, de revues et de chansons comme « Mon homme » interprétée par Mistinguett dans « Paris qui jazz » au Casino de Paris.
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Après son remariage en 1921, il connaît à nouveau un grand succès avec l’opérette « Dédé » qui est proposée au Théâtre des Bouffes-Parisiens et où figurent Urban et Maurice Chevalier qui interprète « Dans la vie faut pas s’en faire ».
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Le chanteur au canotier épinglera d’ailleurs quelques succès de Willemetz à son répertoire : « Valentine » (1925), « Quand on revient » (1927), « Ça m’est égal » (1928) ou « L’amour m’a transformé » (1931).
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D’autres interprètes en vue chanteront aussi d’autres titres de l’auteur par la suite : Dranem, Saint-Granier, Urban, Jean Gabin, Alibert, André Baugé, Marie Dubas, Fernandel, Georges Milton, Bach, Henri Garat et Michel Simon. Après la seconde guerre mondiale, Albert Willemetz devient président de la SACEM, la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs Musicaux français, et le reste jusqu’en 1956. Il écrit moins de chansons mais il accroche à son palmarès les interprètes qui ont pour nom Luis Mariano, Marie Bizet, Andrex, Lucienne Delyle, Jean Sablon, Patrice et Mario, Bourvil, Léo Ferré, Mathé Altéry et les Frères Jacques. Willemetz décède le 7 octobre 1964 d’une rupture d’anévrisme à Marne-la-Coquette. Son oeuvre comprend une centaine d’opérettes et près de 2.000 chansons.
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GIRAUD Hubert

Hubert Giraud dans les années 2000

Le parolier et compositeur français Hubert GIRAUD naît le 28 février 1920 à Marseille. Le décès inopiné de son père alors qu’il a à peine cinq ans le traumatise et le rend asthmatique. Pour surmonter cet handicap, un médecin lui conseille une thérapie qui passe par la gestion de la respiration et la pratique de l’harmonica. Il développe rapidement des aptitudes pour la musique et devient l’harmoniciste du Quintette du Hot Club de France où il joue aux côtés du guitariste Django Reinhardt à la fin des années 1930. Il se fait de plus en plus connaître dans le milieu musical français et, en 1941, Ray Ventura l’engage dans son orchestre mais il lui demande de jouer d’un second instrument. Hubert choisit alors d’apprendre la guitare et part en tournée pour quelques années avec la formation en Amérique du Sud. Après la seconde guerre mondiale, Hubert Giraud est de retour à Paris où c’est Jacques Hélian qui l’engage à son tour dans son orchestre. Véritablement charmé par la musique sud-américaine qu’il a côtoyé, il décide ensuite de se faire plaisir en créant un trio qui va, notamment, emprunter ce répertoire. Avec Annie Rouvre et Roger Lucchesi, il fait ainsi partie du Trio Do-Ré-Mi dans les années 1950.
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Mais se produire en public et affronter les feux de la rampe ne sont pas les exercices favoris de notre homme qui, par contre, préfère de loin composer des mélodies. En 1950, avec un texte de Roger Lucchesi, il propose une mélodie à la chanteuse Yvette Giraud qui n’a aucun lien de parenté avec lui et qui enregistre la chanson intitulée « Aimer comme je t’aime ».
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La même année, Hubert Giraud rencontre l’auteur Jean Dréjac avec qui il décide de s’associer pour l’écriture de chansons. Et leur première oeuvre commune a pour titre « Sous le ciel de Paris » et est interprétée par Jean Bretonnière dans le film du même titre réalisé par Julien Duvivier en 1951.
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La chanson est ensuite enregistrée et popularisée par Anny Gould, Les Compagnons de la Chanson, Jacqueline François, Juliette Gréco, Yves Montand, Jean Sablon et Édith Piaf. Hubert Giraud est désormais courtisé par les meilleurs interprètes de la chanson française. Parmi les plus connus, il y a Fernandel (« La Bouillabaisse » en 1950), Yves Montand (« Les grognards » en 1954), Edith Piaf (Mea Culpa » en 1954), Lucienne Delyle (« Les amants de Ménilmontant » en 1955), Gloria Lasso (« Dolorès » en 1955), Jacqueline François (« La jeunesse » en 1956), Philippe Clay (« Un fil sous les pattes » en 1956, « Le corsaire » en 1957), Dalida (« Buenas noches mi amor » en 1957, « Les gitans » en 1958), Luis Mariano (« Que l’amour me pardonne » en 1957), John William (« Tabac » en 1957), André Claveau (« Dors mon amour » en 1958), François Deguelt (« Je te tendrai les bras » en 1959, « Ce soir-là » en 1960), Sacha Distel (« Oui oui oui oui » en 1959), Les Compagnons de la chanson (« L’Arlequin de Tolède » en 1960), Charles Aznavour (« A propos des pommiers » en 1961), Colette Deréal (« Allons allons les enfants » en 1961), Simone Langlois (« Les criquets » en 1961), Nana Mouskouri (« Toi que j’inventais » en 1961, « Retour à Napoli » en 1962, « L’enfant et la gazelle » en 1968), Bourvil (« La tendresse » en 1963), Claude François (« Pauvre petite fille riche » en 1963), Claude Nougaro (« Regarde-moi » en 1964), Nicoletta (« Il est mort le soleil » en 1967), Noëlle Cordier (« Il doit faire beau là-bas » en 1967), Mireille Mathieu (« Cent fois ma vie » en 1967), France Gall (« Y’a du soleil à vendre » en 1968, « Les gens bien élevés » en 1969), Marcel Amont (« La demande en mariage » en 1970), Nicole Croisille (« Parlez-moi de lui » en 1975, « C’est comme un arc-en-ciel » en 1976) ou encore Anne-Marie David (« Je suis l’enfant soleil » en 1979).
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En 1982, avec un texte d’Eddy Marnay, il compose la chanson « Tellement j’ai d’amour pour toi » qui se trouve sur le premier album d’une jeune interprète québécoise qui s’appelle Céline Dion. Le titre gagne le Grand Prix de la chanson au Yamaha Music Festival de Tokyo au Japon.
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Mais l’oeuvre magistrale de la carrière d’Hubert Giraud reste sans conteste « Mamy Blue » pour laquelle il compose la musique et écrit le texte anglais initialement interprétés par le chanteur français Joël Daydé en 1971. Alors que la chanson connaît une gloire internationale dans de multiples versions, Nicoletta l’enregistre en français avec un texte signé par Pierre Delanoë et en fait l’un des piliers de son répertoire gospel.
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Hubert Giraud meurt le 16 janvier 2016 à Montreux, en Suisse, où il réside depuis quelques années.
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LOPEZ Francis

Francis Lopez

Le compositeur français Francis LOPEZ. naît le 15 juin 1916 à Montbéliard. Basque d’origine, Francis est orphelin de son père à l’âge de cinq ans. Et c’est finalement à Paris qu’il aboutit pour y suivre des études de dentiste. Pour payer ces études onéreuses, il joue du piano le soir dans les bars de la ville lumière. Dès le début des hostilités, Francis Lopez est envoyé à la guerre d’où il revient rapidement blessé en 1940. Comme dentiste, il rencontre d’autres personnes de la communauté basque installée à Paris. Et, parmi elles, le chanteur André Dassary qui lui découvre des talents de compositeur.
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De fil en aiguille, ses mélodies vont séduire de plus en plus de chanteurs: Maurice Chevalier, Tino Rossi ou Georges Guétary par exemple. Mais le vrai succès, Francis Lopez l’obtient à partir de 1945 en composant des opérettes dont Luis Mariano est la star. Il y a « La Belle de Cadix » et « Le Chanteur de Mexico ».
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Puis il y a aussi « La Route Fleurie » avec Georges Guétary, Bourvil et Annie Cordy.
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Et, plus tard, en 1971, il y aura aussi « Gipsy » avec José Todaro en vedette, Luis Mariano étant alors décédé.
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Francis Lopez nous a quittés le 5 janvier 1995. Il est inhumé au cimetière parisien de Montmartre.
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DELPECH Michel

Michel Delpech en 1987. Photo (c) Juliette Pont

Le chanteur français Michel DELPECH naît, sous le nom complet de Jean-Michel Bertrand Delpech, le 26 janvier 1946 à Courbevoie. Il est le premier né d’une famille de trois enfants fondée par un chromeur de métaux et une « femme au foyer » (comme on le dit à l’époque). Son enfance est partagée entre la région parisienne où il est né et la région de l’Aube où vivent ses grands parents maternels ainsi que la Sologne où se trouvent ses aïeux paternels. Au moment de sa scolarité, le petit Jean-Michel suit ses parents qui déménagent dans le Val d’Oise et il fréquente un collège puis un lycée de Pontoise. Il est alors de plus en plus passionné de musique et de chanson. Il apprécie particulièrement des artistes comme Luis Mariano, Charles Aznavour ou Gilbert Bécaud. Cela l’amène à créer un petit orchestre avec des copains d’études en 1963. Et, aussi, à quitter le lycée en 1964 pour tenter sa chance et passer une audition chez Vogue, maison de disques qui recherche des jeunes talents pour succéder à la vague des yé-yés qui s’essoufle. Cela se passe bien et il lui est proposé d’enregistrer un premier 45 tours avec la chanson « Anatole » qui sort donc en 1964.
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Michel Delpech a trouvé son nom d’artiste et il fait alors connaissance avec un compositeur de chansons : Roland Vincent. Il soumet à ce dernier un texte qu’il a écrit et où il se rappelle son adolescence, les années de lycée et le petit bistrot où les étudiants se retrouvaient à la fin des cours : « Chez Laurette ». La mélodie de Roland Vincent est superbe et colle merveilleusement aux paroles mais le disque qui sort en 1965, s’il passe pourtant beaucoup à la radio et fait connaître son interprète, n’est pas un succès de vente.
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La même année, Michel Delpech est engagé dans la troupe de la comédie musicale « Copains-clopant » qui est présentée à Paris, d’abord au théâtre de la Michodière puis au théâtre du Gymnase. L’artiste y fait la rencontre d’une chanteuse qui devient son épouse l’année suivante : Chantal Simon avec qui il partage le thème principal du spectacle. La chanson « Chez Laurette » est reprise dans la comédie musicale et elle devient un peu plus populaire. En 1966, le succès de Delpech s’intensifie avec l’enregistrement de la chanson « Inventaire 66 » mais aussi grâce aux prestations qu’il effectue en première partie de Jacques Brel qui fait ses adieux à l’Olympia de Paris.
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Johnny Stark, alors impresario de Mireille Mathieu, décide de lui donner un coup de pouce et l’emmène pour une tournée internationale où il assure les levers de rideau de la chanteuse d’Avignon jusqu’en URSS et aux USA. En 1968, le compositeur Jean-Jacques Debout met en musique le texte « Il y a des jours où on ferait mieux de rester au lit » et cette chanson obtient le Grand-Prix du disque de chanson française.
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Le succès s’amplifie donc petit à petit pour Michel Delpech mais il va lui falloir attendre le début des années 1970 pour qu’il s’installe durablement dans le paysage de la chanson francophone. Après les immenses « tubes » « Wight is Wight » et « Pour un flirt », les réussites vont s’accumuler et il passe en vedette à l’Olympia de Paris pendant trois semaines en janvier 1972.
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La fin de cette année-là est marquée par le succès de « Que Marianne était jolie ».
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En 1973, Michel Delpech et Chantal Simon, qui ont eu deux enfants, se séparent : avec son co-parolier Jean-Michel Rivat, qui vit lui aussi une rupture amoureuse, ils écrivent la chanson « Les Divorcés ». Le texte aborde un sujet très contemporain qui touche plusieurs centaines de milliers de personnes : autant de 45-tours sont vendus de ce titre phare de la carrière du chanteur.
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La popularité de l’artiste s’installe alors définitivement avec « Je l’attendais », « Le chasseur », « Ce fou de Nicolas », « Tu me fais planer », « La fille avec des baskets » ou « Le Loir et Cher ».
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Mais ces succès n’éludent pas le mal-être qui s’est emparé du chanteur depuis son divorce et qui va s’amplifier avec le suicide de son ex-épouse. La période est très difficile sur le plan personnel et professionnel. Elle passe par la dépression, la consommation d’alcool et de stupéfiants ainsi que par la quête d’une spiritualité parfois douteuse qui pourrait le « guérir ». En 1979, alors qu’il est en pleine tourmente, il sort un album de reprises en français de tubes « anglo-saxons » comme « Trente manières de quitter une fille », « Kodachrome », « C’est ta chanson », « T’as un ami » ou « Daniel » avec, en bonus, un titre original composé par Julien Lepers : « Vu d’avion un soir ».
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Calmement, lentement mais sûrement, Michel Delpech poursuit alors sa carrière avec des chansons intéressantes et plus mûres mais qui ne créent pas l’engouement d’antan auprès du public. Il faut ainsi attendre 1985 pour que le titre « Loin d’ici » le ramène dans les meilleures ventes de disques.
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La même année, il épouse Geneviève Charlotte Marie Garnier-Fabre, une artiste peintre et médium rencontrée quelques mois plus tôt. En 1986, un nouvel album est dans les bacs : « Oubliez tout ce que je vous ai dit ». Ce dernier opus vinyle de sa carrière est composé d’une série de chansons orchestrées de manière très contemporaine avec des sonorités complètement électroniques. La suite du répertoire de Delpech va être gravé sur disque compact et l’opportunité est belle, en passant sous le label Tréma, de réenregistrer tous ses grands succès pour les faire figurer sur un CD de compilation en 1989. Un an plus tard, la chanson « J’étais un ange », signée par Didier Barbelivien, se vend très bien et l’album « Les voix du Brésil », qui est commercialisé en 1991, bénéficie aussi d’une belle promotion en radio et en télévision dans les pays francophones.
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Après six ans d’absence médiatique et publique, Michel Delpech publie l’album « Le roi de rien » en 1997. Certains des titres sont écrits par des artistes de la nouvelle génération comme Pascal Obispo ou Jean-Louis Murat. Désormais, le chanteur évolue artistiquement selon ses désirs. Et, après la sortie de l’opus « Comme vous » en 2004, et des concerts au Festival des Vieilles Charrues ou aux Francofolies de La Rochelle, le succès est à nouveau au rendez-vous avec l’enregistrement, fin 2006, d’un album de ses grandes chansons interprétées en duo avec des collègues nommés Alain Souchon, Francis Cabrel, Julien Clerc, Bénabar, Cali, Michel Jonasz, Roberto Alagna ou Laurent Voulzy. Le disque donne même lieu à un spectacle enregistré, sur CD et DVD, au Grand Rex à Paris en 2007. Une grande partie de ses compagnons de duo viennent alors le rejoindre sur scène et, mieux, son fils Emmanuel, né en 1990, l’accompagne comme guitariste.
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Deux ans plus tard, l’artiste sort un album de chansons nouvelles qui font référence à sa nouvelle condition de « Sexa ». Puis, en 2011-2012, Michel Delpech fait partie de la tournée nostalgique « Age tendre et tête de bois ».
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Quelques mois plus tard, la presse révèle que l’artiste est atteint d’un cancer de la langue et de la gorge. Ses apparitions en public se font beaucoup plus rares. Malgré une farouche volonté de vaincre la maladie, les nouvelles qui nous parviennent de lui sont de moins en moins bonnes au fil du temps. Parmi celles-ci, il y a cette annonce de Michel Drucker (à lire en CLIQUANT ICI), en juin 2015, qui prétend dramatiquement que le chanteur n’en a plus que pour quelques mois. Le 2 janvier 2016, Michel Delpech s’éteint à Puteaux en région parisienne. François Hollande, président de la République française, évoque dans son communiqué d’hommage la chanson « Que Marianne était jolie » que tous les Français ont encore dans le coeur. Quarante ans après la sortie du disque « Quand j’étais chanteur », le texte chanté par l’artiste sonne désormais un peu faux: il n’aura pas eu 73 ans, Mick Jagger n’est pas mort et Sylvie Vartan chante toujours. Mais il est bien vrai que, cette fois, pour lui, c’est fini… L’artiste est inhumé au cimetière parisien du Père Lachaise le 8 janvier 2016.
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MORENO Dario

Dario Moreno

Le chanteur d’opérette et acteur turc Dario MORENO voit le jour le 3 avril 1921 à Aydin, près d’Izmir, en Turquie sous le nom de David Arugete. Le jeune David commence à chanter très tôt à la synagogue d’Izmir où l’on apprécie sa voix de ténor. Au fil des rencontres, on lui fait comprendre que son talent ne peut se limiter à la Turquie. C’est ainsi qu’il se fait engager par l’orchestre américain de Mac Allen pour effectuer une tournée mondiale qui passe, notamment, par Paris. Il s’installe dans la capitale française en 1948 et enregistre un premier disque 78 tours chez Odéon. Ses capacités de ténor font alors beaucoup d’effets auprès des spécialistes de l’opérette dont c’est alors l’âge d’or à Paris. Et, sous le nom de Dario Moreno, il se retrouve sur la scène des théâtres parisiens aux côtés de Luis Mariano, Georges Guétary ou André Dassary. Sur disque, l’artiste ne veut toutefois pas se cantonner à l’opérette et il enregistre, chez Polydor, des compositions de Charles Aznavour et Gilbert Bécaud (« Mé qué mé qué », « Viens » ou « Sur ma vie » par exemple).
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En 1954, il donne son premier concert à Paris et connaît ensuite des succès discographiques avec « C’est magnifique » (1955), « Mambo Italiano » (1955), « Quand elle danse » (1956), « Si tu vas à Rio » (1958), « Tout l’amour que j’ai pour toi » (1959), « Le marchand de bonheur » (1959), « Itsy bitsy petit bikini » (1960), « La bamba » (1961), « La marmite » (1961), « Brigitte Bardot » (1961), « America » (1962), « Quizas Quizas Quizas » (1963), etc.
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Parallèlement à cette carrière de chanteur, Dario Moreno fait du cinéma et y incarne des rôles exotiques. En octobre 1968, il est le partenaire de Jacques Brel dans le spectacle musical « L’Homme de la Mancha », créé au théâtre de la Monnaie à Bruxelles.
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Alors que toute la troupe est attendue à Paris en décembre, Dario Moreno meurt à 47 ans d’une hémorragie cérébrale à l’aéroport d’Istanbul le 1er décembre 1968. Il aura juste eu le temps d’enregistrer sur disque une version de « La quête », chanson extraite de « L’Homme de la Mancha ». Dario Moreno est inhumé à Holon en Israël.
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MORENA Eric

Le chanteur français Eric MORENA naît à Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, sous le nom de Jacques Devinck le 27 octobre 1951. Le jeune homme suit des études théologiques au Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux avant de tenter une expérience de missionnaire en Afrique. Mais, à l’âge de 30 ans, remarqué par certains grâce à sa voix de ténor léger, il est poussé par d’autres à risquer quelques pas dans le monde de la musique chantée. Il choisit alors un pseudonyme issu de son admiration pour Luis Mariano et Dario Moreno : il s’appellera désormais Eric Morena. Il passe le début des années 1980 dans les classes du Conservatoire d’art lyrique de Paris où il suit les cours de professeurs célèbres comme Gabriel Bacquier, Michel Dens ou Lucien Lupi par exemple. Son talent lui permet alors de jouer dans quelques opérettes à l’affiche des théâtres parisiens. Un producteur de disques estime alors qu’il y a un filon à exploiter et demande à Morena d’enregistrer un titre qui ressemble à une parodie des personnages d’opérette. La chanson « Oh mon bateau » est commercialisée en 1987 et réaliser des scores de vente incroyables. Au point d’être nommé comme « Révélation masculine 1987 » aux Victoires de la Musique.

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Dans la foulée, l’artiste obtient encore quelques bons succès comme « Ramon et Pedro » mais son aura faiblit de plus en plus avec le temps qui passe.
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Les galas se raréfient alors et se transforment en prestations rapides sur des podiums ou dans des clubs et des boîtes de nuit.

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En 1992, le chanteur fait à nouveau parler de lui dans la rubrique people des journaux qui en raffolent : il révèle son homosexualité et épouse un homme qu’il présente comme son compagnon. Mais il s’agit en fait d’une piteuse mise en scène qu’Eric Morena regrettera par la suite alors que son vrai compagnon meurt du sida. Après une période de dépression, un nouvel album est commercialisé en 1996 : avec le titre « Si tu vas à Dario », il s’agit d’un hommage à Dario Moreno.

Puis, il faut attendre 2005 pour l’opus suivant qui est constitué de reprise : « Éric Morena l’enchanteur ». Très discret depuis cette époque, il devient un pratiquant des réseaux sociaux où, malade, il donne de ses nouvelles sur Facebook en signant ses messages « votre ami le Capitaine du bateau ». Éric Morena meurt le 16 novembre 2019 à Arcachon des suites d’un cancer.

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BOURVIL

Photo (c) Mainbourg

L’acteur, chanteur et humoriste français BOURVIL naît le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare sous le nom d’André Raimbourg. Le jeune garçon ne connaîtra jamais son père tué en 1918 durant la Grande Guerre. Il passe son enfance dans le village normand de Bourville avec sa mère et le nouveau mari de celle-ci: un agriculteur nommé Ménard. Ayant appris le métier de boulanger, il pense toutefois que c’est dans la musique que son avenir se trouve. Pour ce faire, il s’installe dans la région parisienne et s’inscrit à de nombreux crochets radiophoniques. Marié à Jeanne Lefrique en 1943, c’est avec elle qu’il emménage à Vincennes jusqu’en 1947. En 1945, il se fait remarquer en interprétant la chanson « Les crayons » qui va lui permettre de tourner dans son premier film: « La ferme du pendu » de Jean Dréville.

Sa carrière de chanteur commence donc en même temps que celle d’acteur. Et on peut dire que, jusqu’en 1963, il mène les deux de front.

Parmi ses grands succès de chanson, on retient « Pour sûr » (1946), « La rumba du pinceau » (1947), « A bicyclette » (1948), « La tactique du gendarme » (1949), « Ballade irlandaise » (1958), « Salade de fruits » (1959), « Ma p’tite chanson » (1960), « Le p’tit bal perdu » (1961), « Un clair de lune à Maubeuge » (1962) ou « La tendresse » (1963).

Bourvil est aussi à l’affiche de quelques opérettes dans les années 1950. Il y apparaît aux côtés de Georges Guétary et Annie Cordy dans « La route fleurie » de Francis Lopez où il chante le fameux air des « Haricots ».

Francis Lopez est aussi le compositeur du « Chanteur de Mexico » dont la version filmée permet à Bourvil de jouer aux côtés de Luis Mariano et d’Annie Cordy encore.

Toujours avec Annie Cordy, il est à l’affiche de « Ouah ouah ouah » où il interprète avec elle « Le p’tit coup de chance ».

Avec Pierrette Bruno et Georges Guétary encore, il est aussi à l’affiche de « Pacifico ».

En 1967, Bourvil enregistre aussi « Les Girafes », une chanson signée par un jeune auteur-compositeur ayant pour nom Michel Berger.

La même année, alors qu’il tourne le film « Les Cracks », Bourvil apprend qu’il est victime d’un myélome et que ses jours sont désormais comptés. Mais cela ne va rien changer à son rythme de travail qu’il maintient au plus haut. Il tourne des films encore et encore comme, en 1967 justement, « Les Arnaud » avec Salvatore Adamo pour qui c’est la première expérience cinématographique. En 1970, Bourvil enregistre avec Jacqueline Maillan une parodie de « Je t’aime moi non plus »: « Ca », version senior désopilante de la chanson de Serge Gainsbourg et Jane Birkin sortie quelques mois plus tôt.

Ensuite, il tourne « Le Cercle Rouge », un autre film dramatique avec Alain Delon et Yves Montand et « Le Mur de l’Atlantique » alors qu’il est littéralement au bout du rouleau. Ces deux films sortent après sa mort qui survient le 23 septembre 1970 à Paris. Bourvil a alors 53 ans. Il est inhumé à Montainville, village des Yvelines où il possédait une maison de campagne. Les chansons de Bourvil traversent le temps et les époques un peu comme leur interprète : sans trop de soucis ! En avril 2020, alors que toute l’Europe est confinée à cause de la propagation du coronavirus covid-19, un collectif d’artistes français a repris, via les réseaux sociaux, la mélodie indémodable de « La tendresse ».

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CORDY Annie

Annie Cordy sur la tournée Age tendre et tête de bois à Dunkerque le 8 juin 2013 (c) Passion Chanson

La chanteuse et actrice belge Annie CORDY naît le 16 juin 1928 à Laeken (Bruxelles) sous le nom de Léonie Cooreman. Elle est encore enfant lorsqu’elle suit des cours de danse et apprend le piano ainsi que le solfège. Parallèlement à ses activités scolaires, elle semble se destiner à une carrière artistique et fait tout pour. Elle s’inscrit ainsi dans des crochets radiophoniques et des concours. Elle propose aussi un bref tour de chant au « Boeuf sur le toit » à Bruxelles. Elle s’y fait remarquer par le directeur artistique du cabaret parisien « Le Lido » qui l’engage comme meneuse de revue en 1950. Deux ans plus tard, elle parvient à se détacher de l’image de meneuse de revue grâce à son rôle dans l’opérette « La route fleurie » de Francis Lopez aux côtés de Georges Guétary et Bourvil. Parallèlement à cette nouvelle activité, elle signe un contrat phonographique avec Pathé Marconi et elle connaît ses premiers succès de chanson avec « Fleur de papillon » et « Léon » par exemple.

Elle est aussi à l’affiche de quelques films de cinéma et son talent d’actrice crève déjà l’écran. En 1955, elle passe en vedette sur les scènes parisiennes de l’Olympia et de Bobino. Le 18 avril 1956, elle chante pour les fiançailles de Grace Kelly et du prince Rainier de Monaco. Le public et les professionnels sont séduits par ses talents de chanteuse, danseuse, actrice et fantaisiste. La même année, elle figure dans le film « Le chanteur de Mexico » aux côtés de Luis Mariano et de Bourvil.

Elle s’envole bien vite pour présenter des shows aux Etats-Unis, au Brésil, à Cuba et au Mexique. Mais, alors qu’on lui promet une grande carrière internationale, elle préfère revenir en France et y rester. Elle s’y produit à nouveau dans quelques opérettes à succès comme « Tête de linotte » ou « Visa pour l’amour » (avec Luis Mariano).

Mais c’est dans le secteur de la chanson qu’elle va véritablement trouver sa place à partir de 1965. Elle propose alors au public francophone un show totalement inédit construit sur la musique, la chorégraphie et de petits sketches de liaison. Le succès est tel qu’il s’exporte en Allemagne, en Espagne et, aussi, en Union Soviétique. En 1967, elle enregistre un duo avec Darry Cowl qui vient de composer une opérette avec des textes de Raymond Vincy et Jacques Mareuil : « Pic et pioche ».

 

De l’opérette, Annie Cordy va ensuite évoluer vers la comédie musicale: « Hello Dolly » en 1972, « Nini la chance » en 1976 et « Envoyez la musique » en 1982.

Mais elle n’oublie pas la chanson de variétés où elle va multiplier les tubes dans les années 1970 en se créant un répertoire très personnel prétexte aux gadgets vestimentaires les plus extravagants: « Frida Oum Papa », « La bonne du curé », « Tata Yoyo » ou « Cho ka ka o ».

En 1998, elle fête son 70e anniversaire et ses 50 ans de carrière sur la scène de l’Olympia. Cinq ans plus tard, elle propose un nouveau spectacle qui passe, notamment, par les Francofolies de Spa (B) en 2004: « Que du bonheur ! ».

En 2008, la télévision publique belge RTBF lui consacre une émission spéciale à l’occasion de son 80e anniversaire et de ses 60 ans de carrière. En octobre 2012, Annie Cordy sort un nouvel album intitulé « Ça me plaît… Pourvu que ça vous plaise ». L’oeuvre est réellement magnifique avec des relents de jazz léger et agréable. L’artiste semble s’être offerte un cadeau en réalisant vraiment l’album qu’elle désire avec, entre autres perles, une très belle reprise de « Maintenant je sais », le texte de Jean-Loup Dabadie initialement récité par Jean Gabin en 1974.

En janvier 2013, elle participe à l’enregistrement du disque « Notre liberté », avec plein d’autres artistes, qui est vendu au profit des Restos du Coeur belges.

Le mois suivant, elle rejoint une ultime fois la troupe de la dernière tournée « Age tendre et tête de bois », un spectacle auquel elle a déjà participé pour les saisons 3 et 6. La tournée passe en Belgique à Charleroi le 10 janvier 2014 et à Marche-en-Famenne le 11 janvier 2014. Fin 2014, Annie Cordy se consacre à un exercice nouveau pour elle: elle enregistre un album sur le thème de Noël qui se différencie toutefois des autres disques du genre par un choix de chansons et de mélodies tout à fait particulier. Depuis cet album thématique, l’artiste s’est faite de plus en plus discrète pour profiter pleinement de sa propriété de Vallauris dans le sud de la France. D’après les statistiques de spécialistes, Annie Cordy aurait enregistré plus de 700 chansons reprises sur deux coffrets de l’intégrale sortie en CD au début des années 2010. Elle aurait également donné près de 10.000 spectacles. En mars 2020, alors que la Belgique comme la France et d’autres pays vivent une période difficile de confinement dû au coronavirus Covid-19, Annie Cordy répond à l’appel de la (presque) totalité des humoristes belges pour interpréter avec eux une version très particulière de l’un de ses tubes : « Ca ira mieux demain ». Vous avez dit Belgitude ?

https://www.facebook.com/FreresTaloche/videos/212753049834363/?t=0

Le 4 septembre 2020 : la nouvelle de son décès, à 92 ans, attriste quantité de gens. Annie s’est éteinte à la suite d’un malaise dans sa maison de la Côte d’Azur.

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CARLIER Jo

Jo Carlier en 1974

Le chef d’orchestre et trompettiste belge Jo CARLIER naît le 4 septembre 1930 à Bois-de-Breux près de Liège. Elevé dans un milieu plutôt modeste, il s’intéresse à la musique dès l’âge de six ans en étudiant le solfège. Il faut dire que deux de ses oncles sont des musiciens professionnels et que le jeune Jo est fasciné par leur univers. A dix ans, il joue du trombone et, trois ans plus tard, il entre au Conservatoire pour apprendre la trompette. A la libération, il forme déjà un orchestre avec des copains musiciens. Puis, pendant son service militaire, il fonde à nouveau un « band » qui anime les soirées récréatives des soldats. De retour à la vie civile, il prend en mains l’orchestre de Jean Dary dans lequel il a joué quelques années plus tôt. Il s’occupe aussi des thés dansants avec un copain musicien liégeois comme lui : Charles Cremers. Il se fait alors engager comme premier trompettiste dans l’orchestre d’Emile  Sullon qui anime les soirée du Palace et de l’Eden à Liège. En 1955, au départ de Sullon, Jo Carlier reprend l’orchestre du Palace et y accompagne de grandes vedettes comme Jacques Brel ou Luis Mariano. Sa formation musicale compte alors 22 membres. A ce titre, il participe à de nombreux shows télévisés belges où il accompagne, notamment, Marcel Amont. En 1963, son orchestre effectue une saison complète au casino de Spa et, un an plus tard, il est l’un des créateurs du Festival de la Chanson Française de Spa qui, jusqu’au début des années 1980, accueille des dizaines d’artistes et découvre des chanteurs comme Francis Cabrel, Yves Duteil, Gilbert Laffaille, Maxime Leforestier, Serge Lama, Robert Charlebois ou Alain Souchon.

A plusieurs reprises durant cette décennie, Jo Carlier est aussi le chef d’orchestre qui s’illustre lors de la prestation des candidats belges francophones au Concours Eurovision de la Chanson. Et il a ainsi la chance d’être intimement mêlé à la seule victoire belge de cette compétition lorsque la toute jeune Liégeoise Sandra Kim l’emporte avec « J’aime la vie » à Bergen (Norvège) en 1986.

Du coup, il devient aussi le chef d’orchestre de l’édition suivante du concours Eurovision de la Chanson qui est organisé à Bruxelles. Il s’agit alors de l’un des derniers rendez-vous professionnels du chef d’orchestre qui cesse ses activités artistiques en 1988 pour se consacrer à ses passions pour le billard, le tennis de table et les chevaux. Jo Carlier décède le 25 avril 2001 à l’âge de 70 ans des suites d’une maladie. Jo Carlier aurait enregistré, avec son orchestre, quelque 17 albums 33-tours et neuf 45-tours. De nombreux disques compacts, édités depuis le début des années 1990, permettent de retrouver le répertoire de Jo Carlier avec une sonorité parfaite.
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STARK Johnny

Johnny Stark

L’imprésario français Johnny STARK naît le 29 août 1922 à Huningue, en Alsace, sous le nom de Roger Stark. Sa mère, Julie Chappuit, étant de l’endroit, il vit en Corse jusqu’à l’âge de onze ans. Son père, lui d’origine alsacienne, décide alors d’installer la famille sur la Côte d’Azur près de Cagnes-sur-Mer où il exerce des activités d’horticulteur. Roger fréquente l’école à Cannes. Mais sa mère meurt à l’âge de 33 ans et, en 1941, il se porte volontaire pour combattre en Afrique du Nord. La seconde guerre mondiale l’oblige à fréquenter des soldats américains et il s’intéresse aux spectacles dédiés à la détente de ces combattants. Il y découvre le métier d’imprésario. Après un séjour d’un an à Hong-Kong à la fin de la guerre, il revient en France en 1946 et y organise « La nuit des vedettes » à Cannes le 15 août. Le stade des Hespérides accueille des artistes comme Edith Piaf, Yves Montand, Marie Bizet, Réda Caire, Lily Fayol, Johnny Hess ainsi que l’orchestre d’Aimé Barelli. Il s’agit là d’une belle et solide première expérience qui va aussi se solder par un échec financier costaud. Sous le nom de Johnny Stark qu’il a choisi de porter, il décide de se relever financièrement en créant, à Juan-les-Pins, le Théâtre de Verdure qu’il inaugure en 1947 en présentant Jil et Jan au même programme qu’Edith Piaf. Pygmalion de la jeune Line Renaud, le compositeur Loulou Gasté demande à Johnny Stark de devenir l’imprésario de son artiste en 1949. Au cours du mariage de Loulou avec Line Renaud, l’épouse de Johnny, Nanou Taddéi est leur témoin en décembre 1950. Au cours des années 1950, il met sur pied des tournées de concerts pour Tino Rossi, Gloria Lasso, Luis Mariano et Dalida. En 1957 un cabaret de Colmar qui organise les soirées de la Foire aux vins en confie la programmation à Johnny Stark qui frappe un grand coup en proposant Luis Mariano, Dalida et Jean Yanne en 1958. La manifestation va se développer ensuite et devenir, comme les très populaires Kermesse de la Bière de Maubeuge, Kermesse de la Bêtise de Cambrai ou Kermesse de l’Ami Bidasse d’Arras, un rendez-vous incontournable pour les vedettes de la chanson française qui attire, sur plusieurs journées, plus de 150.000 spectateurs chaque année. L’homme s’occupera de la liste des artistes présents à Colmar jusqu’en 1973. En 1961, la jeune idole des jeunes Johnny Hallyday quitte la maison de disques Vogue et Johnny Stark, qui l’a rencontré quelques mois plus tôt, lui propose de signer un nouveau contrat assez exceptionnel chez Philips. Johnny Stark devient aussi son imprésario. Au fil du développement naissant des carrières de Sylvie Vartan et d’Hugues Aufray, l’homme s’occupe aussi des affaires de ces deux artistes. En 1966, un désaccord entre les deux Johnny, Hallyday et Stark, met un terme au contrat entre les deux hommes. A ce moment, Johnny Stark se met à la recherche d’une chanteuse dont la tessiture vocale pourrait rappeler celle d’Edith Piaf dont la disparition a laissé un trou béant dans le paysage de la chanson française. Plusieurs chanteuses sont alors suggérées à ses oreilles attentives : Georgette Lemaire et Michèle Torr notamment. Mais l’homme n’est pas convaincu par le profil professionnel et personnel de ces deux jeunes dames. Et, malgré une première appréciation faussée lors d’un gala d’Enrico Macias à Avignon, c’est finalement le passage de Mireille Mathieu, un dimanche après-midi, au concours télévisé du « Jeu de la Chance » de Raymond Marcillac qui va le faire craquer pour cette artiste. Et il va faire de cette jeune fille naïve et docile une grande vedette internationale en quelques années au prix d’un travail souvent très acharné.

De 1967 à 1970, Johnny Stark épaule également la carrière de Michel Delpech qui vient de changer de label discographique. En 1976, l’imprésario demande à François Valéry de partir en tournée avec Mireille Mathieu pour effectuer une soixantaine de galas dans toute la France. Il s’occupe des affaires de Mireille Mathieu jusqu’au 24 avril 1989 lorsqu’il meurt d’un infarctus à Paris.

Divorcé de ses deux épouses, Nanou Taddei et Nicole Bertho, Johnny Stark est inhumé, au cimetière Saint-Véran à Avignon, dans la sépulture de la famille de Mireille Mathieu.

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COUROYER Benny

Benny Couroyer dans les années 1980

Le chef d’orchestre, violoniste et compositeur belge Benny COUROYER naît le 19 août 1921 à Leval-Trahegnies (Binche). Son père travaille dans une imprimerie lorsque, à l’âge de sept ans, Bernard, qui est le vrai prénom de Benny, est inscrit au cours de violon du Conservatoire Marcel Quinet à Binche. Adolescent, il apprend le saxophone et la clarinette en autodidacte et étudie l’harmonie. En 1942, il décroche un diplôme d’enseignant en musique et professe dans les établissements scolaires de la région. Mais cette situation ne le passionne guère et, à la fin de la guerre 1940-1945, il saisit enfin l’opportunité de devenir musicien professionnel dans le groupe montois des Dixie Stompers mené par Albert Langue. Par la suite, il joue dans de nombreux orchestres aux noms prestigieux comme ceux de Léo Souris, Henri Segers ou Glen Rock. En 1955, sous le pseudonyme de Benny Rock, il enregistre la première version européenne du célèbre « Rock around the clock » de Bill Haley. Dans la foulée, il enregistre aussi avec groupe des Rocking Bennies un titre très rythmé, « Avignon Rock » qui n’est autre qu’une adaptation rock de la fameuse comptine « Sur le pont d’Avignon ». Entre 1956 et 1968, il est sax-ténor solo ainsi qu’arrangeur au sein de la formation de Francis Bay. Avec cet orchestre, celui de la BRT (radio télévision belge néerlandophone) ou celui de la RTB (radio télévision belge francophone), il a l’occasion d’accompagner, dans des shows télévisés, des artistes aussi populaires que Sacha Distel, Jacques Brel, Annie Cordy, Henri Salvador, Nana Mouskouri ou Luis Mariano. En 1964, il compose la chanson « J’ai pleuré » pour une jeune interprète belge de la région de Binche: Claudia Sylva. Le 45 tours obtient un succès considérable en Belgique francophone et dans le Nord de la France. Et le fameux « gimmick » des « Lo lo lo lo lo » n’y est sans doute pas étranger.

Il travaille ensuite sur les orchestrations d’un album que le chanteur belge Robert Cogoi consacre aux grandes chansons françaises. Puis il s’occupe aussi d’orchestrations pour les artistes belges Tonia, Bébé (Hong) Suong, Yanni, Johnny White ou encore Dyanna. Au début des années 1970, il compose quelques chansons pour le groupe vocal belge « Les Djambots » (les garçonnets en dialecte picard du Borinage): « Ma bonne étoile », « Maman bonne fête », « Nous allons fêter papa », « Joli mois de mai » ou « C’est Noël ».

Il réalise aussi des arrangements musicaux pour le duo belge Serge et Christine Ghisoland (« Laï Laï Laï » en 1970). En 1971, il dirige l’orchestre qui accompagne Simone Langlois lorsqu’elle enregistre un 45-tours de quatre titres en hommage à Edith Piaf. Enfin, en mars 1977, après avoir été violoniste de l’Orchestre National de Belgique durant des années, il prend la direction du big band belge de jazz mélodique « West Music Club » jusqu’en décembre 1988. Benny Couroyer s’éteint à Bruxelles le 7 mars 1993.
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