5 JUIN

L’affiche du film « Les Demoiselles de Rochefort »

5 juin 1931 : Naissance, à Pontchâteau, du cinéaste français Jacques DEMY. Il figure parmi les personnalités marquantes de la chanson française pour sa réalisation de nombreux films musicaux mythiques comme « Les Parapluies de Cherbourg », « Les Demoiselles de Rochefort » et « Une chambre en ville ». Il doit certainement cette passion pour la musique et la chanson à ses parents qui, dès son plus jeune âge, l’emmènent au cinéma mais aussi à des soirées d’opérettes ou d’opéras. A l’âge de huit ans, il apprend ainsi le violon. Il se fait remarquer, comme réalisateur de cinéma, à la fin des années 1950 en s’accrochant au train de la « nouvelle vague ». Cependant, un peu comme ceux de Claude Lelouch, les films de Jacques Demy accordent une grande place à la musique. Il fait ainsi souvent appel à Michel Legrand pour en composer la trame. Seule exception: la bande originale de « Une chambre en Ville » qui est composée par Michel Colombier. C’est Jacques Demy qui écrit lui-même les textes. Et, dans deux cas, il va jusqu’à réaliser des films entièrement chantés: « Les Parapluies de Cherbourg » (avec Catherine Deneuve) et « Une chambre en ville ». Il est d’ailleurs le seul réalisateur français à obtenir un succès international dans le domaine du film musical. Avec, d’une part, « Les Parapluies de Cherbourg », qui reçoit la Palme d’Or au festival de Cannes et le prix Louis Delluc en 1964, et avec, d’autre part, la comédie musicale « Les Demoiselles de Rochefort » (avec Gene Kelly, George Chakiris, Catherine Deneuve et Françoise Dorléac en 1967) dont « la chanson des jumelles » est devenue un tube mythique.

Lorsque Jacques Demy meurt le 27 octobre 1990 à Paris, du sida, son décès est annoncé, suivant sa volonté, comme consécutif à un cancer.

.
**********

.

Guy Carlier en 2009 - Photo (c) Bapti

Guy Carlier en 2009 – Photo (c) Bapti

5 juin 1949 : Naissance, à Argenteuil, du journaliste et auteur français Guy CARLIER. Il naît dans une famille de maraîchers et, fils de commerçants, il se passionne assez rapidement pour le commerce et l’économie. Il termine ainsi ses études par une licence en sciences économiques et il occupe ensuite de hautes fonctions financières dans différentes entreprises. Mais, en 1989, la société qui l’emploie tombe en faillite et Guy Carlier se réfugie dans l’écriture de chansons. Grâce à des relations bien placées dans le milieu artistique, il écrit notamment le texte du tube de l’été 1989 pour la jeune chanteuse belge Mélody: « Y a pas que les grands qui rêvent ».

Par la suite, il se fait remarquer par le producteur français Jean-Luc Delarue qui lui propose de participer à la création de l’émission télévisée « Ça se discute » en 1994. En 1997, Guy Carlier écrit ses premières chroniques radiophoniques pour l’émission « Dans tous les sens » de Laurent Ruquier sur France Inter. Et, trois ans plus tard, il devient l’un des chroniqueurs de l’émission de Stéphane Bern « Le Fou du roi » où il attaque régulièrement l’animateur et compositeur Julien Lepers. En septembre 2004, l’homme reprend le siège d’Ariane Massenet dans l’émission télévisée de Marc-Olivier Fogiel « On ne peut pas plaire à tout le monde » sur France 3. Puis, au printemps 2005, il se retrouve à commenter en direct le concours Eurovision de la chanson pour France 3 aux côtés de Julien Lepers qui se réconcilie avec lui. La même année, le nouvel album de Johnny Hallyday, « Ma vérité », contient une chanson signée Guy Carlier: « Ce qui ne tue pas nous rend plus fort ». En 2011, Guy Carlier se lance dans l’aventure du one man show humoristique avec « Ici et maintenant » où il parle notamment du régime alimentaire drastique qu’il s’est imposé pour perdre une partie des 240 kilos qu’il a acquis par boulimie. Trois ans plus tard, il rejoint l’émission des Grosses Têtes sur les ondes françaises de RTL aux côtés de Laurent Ruquier avant de poursuivre ce job de chroniqueur dans d’autres émissions et sur d’autres radios.
.
**********
.

Michel Barbier

5 juin 1949 : Naissance, à Charleroi, du chanteur belge Michel BARBIER. Il écrit des textes et chante depuis l’âge de quinze ans après avoir été le spectateur de deux concerts de Jacques Brel en 1964 et 1965 au Palais des Beaux-Arts de sa ville natale. Mais Michel poursuit des études brillantes où il décroche une licence en philologie romane. Par la suite également libéré de ses obligations militaires, il s’adonne enfin à sa passion pour la chanson et entame des concerts en compagnie d’un copain guitariste. Ensemble, ils effectuent la tournée des maisons de jeunes qui sont alors friandes de ce genre de spectacles. Puis, c’est entouré de plusieurs musiciens (Jacques Tunus, Michel De Pril, Marc Keyser et William Dunker) qu’il apparaît dans des concours de jeunes talents en Belgique : à Bastogne en 1971, à Liège en 1972 et au Festival d’Obourg en 1974. Il y décroche le prix du jury ainsi que le prix du public. L’artiste est en pleine ascension et il preste ainsi lors des levers de rideaux de Claude Nougaro, Maxime Le Forestier, François Béranger, Paul Louka ou Julos Beaucarne. Le premier 45 tours que Michel Barbier enregistre alors contient notamment le titre « Amour fédéraliste » et le chanteur est à ce moment considéré comme faisant partie de la nouvelle vague de la chanson belge francophone des années 1970.

Michel Barbier met alors à profit cette première expérience discographique pour peaufiner un album, intitulé « Fées », qui sort en 1982. En 1983, il s’associe aux chanteurs, musiciens et comédiens belges William Dunker, Marc Keiser et Alain Boivin pour créer le groupe « Les Jules ». Au Festival du Rire de Rochefort (B), en 1985, « Les Jules » obtiennent le Prix de la Presse et celui du Public. Par la suite, après une époque où il partage les spectacles des « Triples Buses », Michel Barbier délaisse un peu les studios et il chante encore par pur plaisir dans des soirées entre amis. Il faut dire que ses activités professionnelles d’animateur culturel, de journaliste et d’attaché de presse ne lui laissent plus beaucoup de temps pour sa passion. Entre 1990 et 2002, il présente notamment le journal télévisé quotidien de Télésambre, la télévision locale de Charleroi. Le 30 mars 2003, il se produit en première partie de Romain Didier, dans le cadre du festival « Mars en Chansons », dans la salle de l’Eden à Charleroi. C’est là le premier pas de l’artiste vers un retour à la chanson de plus en plus envisagé. Le 22 juillet 2004, Michel Barbier poursuit son retour sur scène en prestant un concert au Salon Bleu dans le cadre des Francofolies de Spa. Il y est programmé juste avant le spectacle proposé par un ami de longue date : Albert Delchambre. Il est alors question de l’enregistrement d’un nouvel album pour Michel mais celui-ci restera finalement à l’état de projet. En 2008, « Les Jules » font un come-back remarqué à la Comédie Centrale de Charleroi et Michel Barbier est bien entendu de l’aventure. Depuis cette époque, le parcours musical de l’artiste se poursuit de manière plus timide.
.
**********
.

Carole Fredericks en 2000

5 juin 1952 : Naissance, à Springfield (Massachusetts), de la chanteuse américaine Carole FREDERICKS. Elle quitte sa région natale à 20 ans pour la Californie où, en accomplissant divers petits travaux, elle commence à chanter. A 27 ans, elle décide de quitter les Etats-Unis pour tenter sa chance en France. C’est plutôt une bonne idée puisque, dès son arrivée au pays de Voltaire, ses capacités vocales lui permettent d’enregistrer un premier album: « Black Orchid ». Mais c’est surtout comme choriste qu’elle va être très appréciée et, à ce titre, elle va devenir un pilier de studio pour des artistes tels que Thiéfaine ou Gainsbourg dans les années 1980, Johnny Hallyday, Michel Sardou ou Céline Dion dans la décennie suivante. Et puis, en 1990, sa popularité augmente d’un cran lorsqu’elle rejoint Jean-Jacques Goldman et Michael Jones pour former un trio mémorable avec eux. Jusqu’en 1994, Fredericks-Goldman-Jones publient deux albums studio et deux albums live. Ils effectuent trois tournées dans les pays francophones européens. Ses nombreuses activités musicales n’empêchent alors pas Carole de répondre à l’invitation de l’un de ses amis, Alain Delorme, pour qui elle pose sa voix extraordinaire sur une nouvelle version de « Romantique avec toi ». En 1996, alors qu’elle est devenue une vedette à part entière en France, le public est comblé lorsqu’elle répond à ses attentes en enregistrant l’album « Springfield ». L’opus propose quatorze chansons aux styles blues et gospel en anglais dont elle signe les textes. En 1999, un deuxième album paraît sous le titre « Couleurs et parfums » et, cette fois, il est chanté en français. Le premier titre à en avoir été extrait pour les radios est « Personne ne saurait », que Carole interprète avec Poetic Lover, et c’est un « tube ».

Les singles suivants auront pour titres: « Qu’est-ce qui t’amène », « Respire » et « Le prix à payer ». Alors que sa carrière solo est en plein devenir, la chanteuse américaine est terrassée par une crise cardiaque en sortant de scène à Dakar (Sénégal), le 7 juin 2001. Les efforts pour la ranimer restent vains. Elle est inhumée à Paris, au cimetière de Montmartre. A Montreuil, ville française de Seine-Saint-Denis, une rue porte le nom de Carole Fredericks depuis 2008.

.
**********
.

Cécilia Cara en 2003

5 juin 1984 : Naissance, à Cannes, de la chanteuse et comédienne française Cécilia CARA. A quinze ans, elle participe à l’émission télévisée française pour jeunes talents « Graines de Stars » sur M6. L’animateur Laurent Boyer lui propose alors de passer une audition pour une comédie musicale que l’auteur-compositeur Gérard Presgurvic met sur pied: « Roméo et Juliette », d’après l’oeuvre de William Shakespeare. Elle est finalement retenue pour incarner le rôle de Juliette pendant trois ans: à Paris, en province française et à l’étranger. Disposant de grandes facultés vocales, Cécilia Cara ne parvient toutefois pas par la suite à devenir une vedette de la chanson et ce malgré un duo enregistré avec Florent Pagny (« L’air du temps » en 2002) et un autre avec Ronan Keating (« Je t’aime plus que tout » en 2003). Elle sort ensuite un single en 2003: « Le dernier reflet ». Dans les mois qui suivent, elle se tourne vers le cinéma avant de donner deux concerts à Paris en 2006. Puis, c’est au théâtre qu’on la retrouve jusqu’en 2008. En octobre de cette année-là, elle fait partie de la troupe de la comédie musicale « Grease » à Paris. En 2009, elle interprète Bonnie Parker dans le polar musical « Bonnie and Clyde » à Avignon et à Paris. Et, l’année suivante, elle obtient un rôle dans le spectacle hommage à Joe Dassin (« Il était une fois Joe Dassin ») qui est présenté à Paris au Grand Rex puis dans toute la France. Entre 2012 et 2015, Cécilia Cara rejoint « The Voca People » dont les participants sont habillés et grimés en blanc. En janvier 2018, elle partage, avec Anaïs Delva et Marion Posta, l’affiche de la comédie musicale « Enooormes » qui est jouée à Paris au théâtre Trévise. Et, en septembre de la même année, elle incarne le personnage d’Anna Verne dans la comédie musicale « Jules Verne » qui est présentée au théâtre parisien Edouard VII. Après de longues années de préparation, un album de chansons faisant le lien entre la musique pop et les rythmes traditionnels latinos est près de voir le jour en 2019. Il est en tous cas annoncé, en juillet de cette année-là, par une chanson intitulée « Paris-Bogota » qui évoque l’amour de la chanteuse pour la Colombie.
.
**********
.

SUAREZ en 2010 – Photo (c) Julie Mazy

5 juin 2010 : Premier concert parisien pour le groupe belge SUAREZ à la Cigale. Marc, Dada, Pata et Maximin y proposent les chansons qui les ont rendus populaires en Belgique après s’être faits remarquer au concours Franc’Off des Francofolies de Spa (B) sous leur premier nom d’Interphone. Le public reprend ainsi en choeur les tubes du groupe: « On attend » ou « Aïe aïe ».
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

15 MARS

 

Jacques Hustin en 1978 – Photo (c) Guido Marcon

15 mars 1940 : Naissance, à Liège, du chanteur belge Jacques HUSTIN. Il suit d’abord des études de dessin et de peinture avant d’être illustrateur, décorateur et compositeur. Ses premières apparitions en public datent de ses quinze ans. Mais, cinq ans plus tard, la voie de Jacques Hustin paraît tracée: il sera artiste peintre. Pourtant, malgré cela, en 1965, c’est bien de chanson dont il est question lorsque l’académicien Marcel Achard lui remet le Premier Prix du Festival de la chanson française à Spa (B). Dans la foulée, il en profite pour enregistrer son premier 33 tours en Belgique puis il s’installe à Paris. Il s’y produit dans des cabarets où les convives écoutent peu les artistes. Il connaît un certain succès discographique avec « On m’a donné quinze ans » et, en 1966, il reçoit le prix de la Société des Auteurs Belges, la SABAM. Il multiplie alors les récoltes de prix et récompenses en tous genres: on lui remet l’hermine de bronze au festival de Rennes en 1967 et le premier prix au festival roumain de Brasov en 1968. Un an plus tard, Jacques Hustin se voit attribuer le Grand-Prix de l’Académie Charles Cros. En 1974, il est sélectionné pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la Chanson. Il s’y classe 9e avec « Fleur de liberté ».

Et, quelques mois après, la RTB, télévision publique belge francophone, lui propose de présenter « La guimbarde », une émission où il accueille des amis artistes. En 1981, Jacques Hustin sort un album qui connaît un beau succès: « Les coups de soleil » et, quelques années plus tard, un maxi 45 tours intitulé « Piano blanc ». Mais, en 1988, la fatigue et des soucis respiratoires l’obligent à mettre un terme à ses activités de chanteur. Il se retire dans les Ardennes belges où il décide de se consacrer pleinement à la peinture. Jacques ne sort de son refuge que pour parler brièvement de la sortie d’une compilation de 20 de ses titres en 1999: « En version originale ». Jacques Hustin décède dix ans plus tard: le 6 avril 2009.
.
**********
.

15 mars 1947 : Naissance, à Paris, du chanteur français Joël DAYDE. Créateur en anglais de la chanson « Mamy Blue » en 1971, son style a toujours balancé entre la bonne chanson française, le rock et le blues auquel sa voix s’adapte merveilleusement bien. C’est seul, en autodidacte, que Joël Daydé apprend la guitare avant de jouer dans diverses formations de la fin des années 1960. En 1969, il est parmi les fondateurs du groupe Zoo mais il le quitte un an plus tard. Il enregistre son premier album en tant qu’interprète en 1971. Mais le 33 tours ne se vend pas. Et c’est finalement un 45 tours qui le fait connaître grâce à un succès, et quel succès : « Mamy Blue »! La version anglaise de cette chanson écrite et composée par un Français, Hubert Giraud, est d’abord enregistrée par la chanteuse italienne Spagna avant de l’être par un groupe anglais : The Pop Tops. Mais c’est dans la voix de Daydé qu’elle va faire le tour du monde avant d’être reprise en français par Nicoletta.

En 1972, tout auréolé de son « tube » international, Joël enregistre son deuxième album à Londres mais les ventes ne décollent jamais et l’artiste retombe dans l’oubli. Un an plus tard, profitant de la proximité de sa tessiture vocale avec celle du chanteur italien Drupi, il tente une version du « tube » « Vado Via » sous le titre « Laissez-moi seul ». Et, enfin, en 1976, Joël Daydé renoue avec la popularité, de manière très éphémère cependant, dans les pays francophones avec la chanson « Les matins de pluie ». Depuis, le chanteur a encore eu l’occasion de graver plusieurs disques qui, tous, sont restés plutôt discrets.
.
**********
.

Julie Bataille en 1975 – Photo (c) Jim Lansley & E. Andreo

15 mars 1962 : Naissance de la chanteuse, comédienne et imitatrice française Julie BATAILLE. A seize ans, elle connaît un « tube » énorme avec la chanson « Pas besoin d’éducation sexuelle ». Elle est alors l’une des jeunes chanteuses préférées des Français avec Carène Chéryl. Elle participe ainsi à de nombreuses émissions de télé en France, Suisse, Belgique et Luxembourg. Elle chante même au Japon où elle représente son pays dans des festivals. Elle enregistre à nouveau quelques 45-tours entre 1979 et 1981. Parmi ceux-ci il y a l’enregistrement de la reprise en français de la chanson gagnante du concours Eurovision 1981. Le titre « Making your mind up » de Bucks Fizz devient « Moi je dis stop ». En 1982, alors que son succès de chanteuse s’est quelque peu estompé, elle anime l’émission pour enfants « Récré A2 » aux côtés de Zabou, Dorothée, Jacky et François Corbier. Par la suite, elle devient la voix féminine des bandes annonces pour la chaîne de télé privée française TF1. Elle travaille aussi pour les émissions dominicales de Jacques Martin. Et, parallèlement à cela, elle enregistre de nombreuses chansons pour des publicités. En 2005, Julie Bataille interprète quelques chansons de Dalida dans le film qui est réalisé sur elle par Joyce Bunuel. En 2012, Patrick Sébastien l’invite dans son émission télévisée « Les années bonheur » sur France 2 et elle refait quelques galas dans la foulée de ce nouveau succès nostalgique. Elle se lance aussi dans un spectacle d’imitations qu’elle propose en France et en Belgique. En octobre 2014, elle devient la présentatrice du programme « Mélody est à vous » sur la chaîne de télé française « Mélody » pendant quelques années.

.
**********
.

William Dunker aux Francofolies de Spa 2011 (c) passion chanson

15 mars 1959 : Naissance, à Charleroi, du chanteur belge William DUNKER sous l’identité de Wilhelm Dunker. Né de l’union d’un Allemand ayant fui son pays avant la seconde guerre mondiale pour s’installer en Belgique et d’une Italienne originaire de la région de Charleroi, le petit Wilhelm passe son enfance et sa jeunesse au pied des terrils qui sont ses terrains de jeux privilégiés. Au fil de ses études qui l’amènent à s’occuper d’animations auprès des enfants, le garçon se rend compte qu’il a un faible pour le théâtre et la comédie. Et il se fait lentement un petit nom dans sa région natale : on l’appelle Alfred. Avec des copains qui ont pour nom Marc Keiser et Michel Barbier, il fait partie des « Jules » qui proposent leurs spectacles humoristiques sur les scènes de la Wallonie et au festival du rire de Rochefort (B). Mais la musique, la chanson et le blues tenaillent Alfred qui, n’y tenant plus, décide d’enregistrer un 45 tours avec l’aide du chanteur et producteur belge Albert Delchambre en 1984. Ce premier disque contient deux chansons en dialecte wallon de Charleroi : « Condroz & Western » et « Toudi echène ». Le succès de ce vinyl attire l’attention des médias locaux et permet à l’artiste d’en commercialiser un autre dans la foulée avec « Toudis su’l’voye » et « D’Jean Pinson » (en 1985). Il délaisse alors un peu la chanson et se consacre au théâtre avant de revenir à la musique dans les années 1990. Entretemps, on est passé du vinyl au disque compact laser et, reprenant son nom quelque peu anglicisé qui devient William Dunker, il sort un premier CD, toujours en dialecte wallon, en 1997. L’opus a pour titre « Trop tchaud » et on y trouve de nouvelles versions de « Toudis su’l voye » et « Djean Pinson ». Mais d’autres titres connaissent un succès radiophonique fulgurant en Belgique francophone : « Trop tchaud », « Hey », et « El mambo dèl loke à rloktér » que l’on pourrait traduire comme « Le mambo de la serpillière » et qui est un hommage incroyable aux techniciennes de surface ! Véritable révélation et séisme au sein des traditions et du folklore de Wallonie, Dunker chante le blues qui « sonne » américain, aidé en cela par les arrangements de Kevin Mulligan, musicien originaire des Etats-Unis établi en Belgique depuis des années. Tout cela n’est pas étranger au fait qu’un producteur québécois, Pierre Tremblay, s’intéresse à cet artiste au cours du Midem en 1998 et qu’il lui propose des concerts dans la Belle Province canadienne aux côtés de trois autres artistes-musiciens : Patrick Norman, Jeff Smallwood et Bourbon Gautier. Le groupe, à vocation éphémère, s’appelle « Les Fabuleux Elégants » et leur important succès les oblige à enregistrer un album qui sort d’abord au Québec et y reçoit un Félix du meilleur album country en 1998. Un an plus tard, après une tournée triomphale en Amérique du Nord, le groupe commercialise son album en Belgique et y propose quelques concerts dont l’un aux Francofolies de Spa 1999. L’aventure des « fabuleux Elégants » se termine en 2000 pour William Dunker après la réception d’un disque d’or en Belgique francophone. En 2001, un nouvel album personnel voit le jour : « Ey’Adon » avec douze titres qui affichent une direction musicale plus moderne. L’année suivante, William Dunker interprète une chanson avec les Corses du groupe I Muvrini : « Erein Eta Joan – D’ji Sènme è Dji M’e Va ». En 2003, c’est un CD-simple de deux titres qui est commercialisé avec « D’j’inme bén lès fîyes », une adaptation en wallon de « J’aime les filles » de Jacques Dutronc et la reprise de « I can help » de Billy Swan.

En 2004, le DVD « Asteur c’èst l’show ! », reprenant la captation intégrale de son concert au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le 14 janvier 2004, est mis en vente. William prend alors un peu de recul avant d’enregistrer des nouvelles chansons finalement regroupées sur l’album « Ca va bén » qui sort à la fin de l’année 2007. Il est alors l’un des invités des « Night of the Proms » de passage à Charleroi et John Miles l’accompagne au piano sur scène. En 2009, l’artiste participe au spectacle des « Restos du Coeur belges ». Le 23 juillet 2011, William Dunker est, pour la première fois à l’affiche des Francofolies de Spa pour y présenter son spectacle de blues wallon en trio. Le moment est magique et les spectateurs n’ont de cesse d’applaudir « El mambo del loke à rlokter », « Toudis sul voye » ou « Condroz & western ». William n’oublie pas, au passage, de dédier « Djan Pinson » à la mémoire d’un autre artiste belge de Charleroi disparu ce jour-là : Paul Louka. Par la suite, William Dunker revient au théâtre et effectue un passage remarqué au cinéma dans le film « Au cul du loup » de Pierre Duculot. Au début de l’année 2014, il s’entoure d’une nouvelle équipe pour présenter une longue série de concerts à la Comédie Centrale de Charleroi. Ces spectacles, où William Dunker est accompagné de Roberto Di Ferdinando, Patrick Deltenre et Marcus Weymaere, vont attirer près de 3.500 spectateurs. Un album « live » de cette nouvelle formule scénique est enregistré en octobre 2014 au Sablon, centre culturel de Morlanwelz (B). Au même moment, l’artiste commercialise un nouveau CD-simple de deux titres produit par le musicien électro Slightlious : “I Faut k’dji m’èvaye”. A partir de 2015, William Dunker connaît des problèmes de santé qui vont progressivement l’éloigner de la scène et des studios.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,