15 OCTOBRE

Eric Charden en 2009 (c) Passion Chanson

15 octobre 1942 : Naissance, à Haïphong en Indochine française, du chanteur français Eric CHARDEN sous l’identité réelle de Jacques-André Puissant. Sa carrière de chanteur commence par des chansons composées dans la plus pure lignée de la chanson française traditionnelle. Un titre comme « J’ai la tête pleine de Provence », enregistré en 1963, ne connaît qu’un succès très limité.

Il pense alors que, comme compositeur, il peut plus facilement connaître la popularité. Et il signe ainsi des musiques pour Hallyday, Vartan et Dalida avant de livrer « Mais quand le matin » à Claude François en 1967. La même année, il sort enfin un disque qui marche avec la complicité de Jacques Monty qui en écrit le texte: « Le monde est gris le monde est bleu ». Un an avant ce succès, Eric Charden rencontre Annie Gautrat qui chante sous le pseudonyme de Stone. Ils filent tous deux le parfait amour et, en 1970, ils décident d’enregistrer ensemble « Le seul bébé qui ne pleure pas ». Sans qu’ils le sachent, ils viennent de former un des couples mythiques de la chanson française. Ce premier disque n’est pas un véritable succès mais, en 1971, « L’Avventura » est le ras-de-marée qui lance véritablement la carrière de Stone et Eric Charden. Les « tubes » du duo se succèdent: « Laisse aller la musique », « Le prix des allumettes », « Made in Normandie » et « Tous les avions sont des oiseaux » qu’ils enregistrent avec leur fils Baptiste en 1978. Cependant, depuis 1976, le couple bat de l’aile et, en 1977, Eric Charden reprend sa carrière de soliste en se plaçant dans les hit-parade de l’époque avec « Pense à moi » puis, deux ans plus tard, avec le cultissime « L’été s’ra chaud ». En 1983, il y a aussi le tubesque « L’adolescence ». Entretemps, il y a, en 1974, une chanson à succès (« 14 ans les Gauloises ») et, en 1975, la comédie musicale « Mayflower » jouée durant deux ans au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris. La carrière d’Eric Charden connaît ensuite plus de difficultés même si des albums comme « Je rocke ma vie » en 1992 ou « Le magnifique mensonge » en 2002 valent le détour. En 1983, Charden s’associe à nouveau à à Stone pour sortir un 33 tours assez novateur avec des titres comme « Carmen » ou « On vient vous déclarer l’amour ». Après une époque difficile où il se consacre à la musique de films et de séries animées pour la télé, Eric Charden revient, sur scène cette fois, avec Stone pour faire partie de l’aventure « Age tendre et tête de bois ». L’artiste en profite pour sortir un opus en 2007 avec de très jolies pièces comme « 60 ans » ou « Une rose, un baiser et c’est tout ». En janvier 2012, Eric Charden reçoit des mains de Michel Drucker la médaille de Chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur. Mais l’artiste souffre alors d’un cancer des ganglions qui a raison de lui le dimanche 29 avril 2012. Avec Stone, le chanteur vient de commercialiser, quelques jours avant, un nouveau CD. Surfant sur la vague du succès des duos, les deux artistes, qui ont été des précurseurs, ne peuvent que se réunir une ultime fois en studio pour nous offrir « Made in France ». Le disque reprend quelques-uns de leurs succès mais, surtout, des reprises de grands duos francophones comme « Paroles Paroles », « J’ai un problème », « Dieu est un fumeur de Havanes », « Désir désir », « Manhattan Kaboul » et même la création en duo de « Chanson sur une drôle de vie » (de Véronique Sanson). Eric Charden a aussi écrit un livre autobiographique: « De l’encre sur les doigts ».
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Nathalie Renault – Photo (c) Rémy Dussault Montréal

15 octobre 1963 : Naissance, en Acadie, de la chanteuse canadienne Nathalie RENAULT. Titulaire d’un certificat d’études universitaires en jazz et d’un baccalauréat en musique, la pianiste-chanteuse, originaire de Campbellton au Nouveau-Brunswick, parcourt le Québec, le Nouveau-Brunswick, et l’Europe pendant des années. Elle partage la scène avec, entre autres, Daniel Bélanger, Yann Perreau, Jim Corcoran, Zachary Richard, Nanette Workman, Pierre Flynn, Philippe Lafontaine, Karen Young et Claude Léveillé. Véritable artiste de scène, elle se fait remarquer à Bruxelles, au Théâtre des Martyrs, à l’occasion d’un spectacle consacré à Jacques Brel. Et c’est par un disque live enregistré à Fribourg en Allemagne qu’elle se fait connaître. Entre jazz et pop, ses chansons la conduisent naturellement à entrer en studio pour son deuxième opus commercialisé en 2002: « Creuser des océans ». Elle y interprète des mélodies en anglais et en français parmi lesquelles « La faiseuse de chansons », « Le Blues à Fred » et « Liberté ». Avec les chansons de cet album, elle parcourt les routes de l’Europe de l’Est et chante aussi en France et en Belgique, notamment lors du festival « Mars en chansons » de Charleroi en 2005. Nathalie prend alors le temps de ne pas se tromper et de peaufiner cent fois plutôt qu’une les chansons qui viennent prendre place sur son album suivant en 2009. Ce dernier a pour titre global « La chance » et se place dans la continuité d’un jazz vocal de qualité alliant textes, scats et solos de piano.

Dans ses paroles, Nathalie Renault évoque en grande partie nos bonheurs fugitifs, nos angoisses, nos déceptions et nos embûches qui font de la vie ce qu’elle est. Fin 2014, après avoir vécu 20 ans à Montréal, Nathalie reprend le chemin de son Acadie natale pour y vivre et s’y ressourcer. Le 1er juillet 2017, elle est invitée par le festival de Pérouges à Lyon (F) pour se produire sur scène avant le tour de chant de Patrick Bruel. Fin 2017, elle donne des cours de piano et de chant dans la région où elle a élu domicile. Même si elle n’a plus enregistré de disque depuis un moment, Nathalie Renault continue de se produire sur scène, au Canada bien sûr, mais aussi en Europe de manière régulière.
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Sandra Kim en 1986 – Photo (c) Studio Melchior

15 octobre 1972 : Naissance, à Montegnée près de Liège, de la chanteuse belge Sandra KIM sous le vrai nom de Sandra Caldarone. Elle est l’aînée de deux filles dans une famille italienne où l’on aime la musique. Et, dès son plus jeune âge, Sandra manifeste son intention de chanter en participant à de nombreux concours pour enfants dans la région de Liège. A la suite de sa participation à un festival de chanson italienne, elle est remarquée par un producteur, Marino Atria, parolier pour Frédéric François, qui décide de la prendre en mains. En 1985, il lui fait enregistrer un premier 45 tours: « Ami ami » qui connaît un très léger succès. Puis, il se met en tête de la présenter à la sélection belge pour le concours Eurovision de la Chanson qu’elle remporte. Marino est alors certain qu’elle va gagner la compétition qui a lieu cette année-là, le 3 mai 1986, à Bergen en Norvège. A treize ans, Sandra Kim remporte effectivement le concours en interprétant « J’aime la vie ». Comme l’âge minimum de participation au concours sera relevé à quinze ans un peu plus tard, Sandra restera sans doute à jamais la plus jeune gagnante de l’Eurovision.

Pendant deux ans et demi, elle va mener une vie artistique intense en multipliant sa présence dans les émissions de télévision et sur les podiums de variétés de son pays. Le succès dû à l’Eurovision va lui permettre d’effectuer quelques prestations dans des contrées inattendues comme la Turquie par exemple. Mais, à leur grand désespoir, le pays tant convoité par la chanteuse et son mentor, la France, va rester insensible à la voix et au tempérament de la jeune fille. Elle multiplie pourtant aussi les enregistrements de disques distribués, au début, par Carrère en France. Deux 33 tours sortent ainsi en 1986 et 1988: « J’aime la vie » et « Bien dans ma peau ». Sur le second album figure un duo avec le chanteur belge néerlandophone Luc Steeno qui chante une partie de la chanson en néerlandais: « J’aime mon pays, ik hou van mijn land ». Le succès est important en Flandres et Sandra Kim est de plus en plus appréciée du public flamand pour lequel elle se met à enregistrer des disques en néerlandais et faire une carrière plus importante qu’en Wallonie. En 1987, Sandra est sollicitée pour interpréter le générique de la série télé de vulgarisation scientifique pour enfants: « Il était une fois la vie ». La chanson est composée par Michel Legrand. Comme cela est alors légal, dès ses 18 ans, Sandra Kim choisit de prendre la nationalité belge car elle était jusque là italienne. Au début des années 1990, elle co-présente une émission de variétés qui obtient un très grand succès populaire sur la chaîne télé belge francophone privée RTL-TVI: « Dix qu’on aime ». Elle y est accompagnée d’abord par Alain Simons puis par Georges Lang. Elle continue toutefois à enregistrer des albums dans un style sixties soul music: « Balance tout » (1991) et « Les Sixties » (1993) qui est son dernier disque enregistré en français à ce jour. En effet, après un album en néerlandais sorti en 1998, elle revient à la chanson en 2011 avec un opus de genre pop rock en anglais: « Make up ». Comme toujours, Sandra Kim y interprète des morceaux de grande qualité avec des facultés vocales qui n’ont cessé de bonifier depuis les années 1980. Fin 2016, pour les 30 ans de la série, une édition remasterisée en DVD de « Il était une fois la vie », avec la chanson de Sandra, est commercialisée.
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29 AVRIL

Tino Rossi dans les années 1950 – Photo (c) Rimis

29 avril 1907 : Naissance, à Ajaccio (Corse, France), du chanteur Tino ROSSI. Dès son plus jeune âge, Constantin, dit « Tino », est attiré par la chanson et sa voix particulièrement claire ne laisse pas son entourage indifférent. L’école n’est pas la plus grande passion du jeune Constantin qui, une fois adolescent, profite de ses dons vocaux pour séduire les jeunes filles. C’est ainsi qu’à l’approche de ses 20 ans, il tombe amoureux d’une violoniste qu’il accompagne sur le continent et qu’il épouse. Il devient le papa d’une fille prénommée Pierrette puis divorce. Après un bref retour sur l’île de beauté, Tino arrive cette fois à Marseille avec une deuxième épouse. Il y accomplit divers petits boulots provisoires et alimentaires. Il déménage à Aix-en-Provence où il fait la connaissance d’un tourneur de spectacles: Louis Allione. Ce dernier lui permet de se produire dans des petites salles de la région où on présente Tino Rossi comme « le roi des chanteurs de charme ». En 1932, il enregistre, à Marseille, un disque gadget qui sert de cadeau à sa maman. Mais un producteur parisien est dans la boutique où Tino grave sa voix sur ce disque en fer blanc et il le convie à « monter » à Paris pour y réaliser un « vrai » disque. Deux chansons y sont gravées: « O Ciuciarella » et « Ninni Nanna ». On découvre alors que la voix très particulière de Tino trouve son origine dans une anomalie de ses cordes vocales. De retour à Marseille, l’artiste est engagé plusieurs jours à l’Alcazar et au Théâtre des Variétés. Tout cela l’amène assez naturellement à signer un premier contrat avec une maison de disques. Et c’est chez Columbia qu’il enregistre son premier « tube »: « Le tango de Marilou ».

Parallèlement à cet engouement discographique, sa carrière prend aussi une ampleur étonnante sur scène. Il se produit ainsi un peu partout en France mais aussi en Belgique. A Paris, il chante à l’ABC et au Casino. Son physique fait réellement « craquer » la gent féminine dont il devient l’idole. Et les producteurs de cinéma, bien conscients du profit à en tirer, vont faire appel à Tino Rossi qui, dès 1936, tourne dans « Marinella », un film écrit et réalisé autour de sa personne. C’est un véritable triomphe. A l’époque du « Front Populaire » en France, Tino chante même pour des grévistes. A nouveau divorcé, l’artiste vit un amour passion avec l’actrice Mireille Balin qui, tenaillée par la jalousie, va vite sombrer dans l’alcool et l’usage de drogues. En 1938, Hollywood s’intéresse à Tino Rossi: les radios américaines diffusent ses chansons en boucle et le chanteur donne quelques concerts aux Etats-Unis en devenant le premier « latin lover » de l’histoire. Mais l’artiste corse n’apprécie pas l' »american way of life » et il a le mal du pays. Il rentre en France en refusant les offres financières mirobolantes des producteurs de Los Angeles. Sur le chemin du retour, il effectue une série de concerts mémorables au Canada. Avant la guerre, il se remet à tourner des films français dans lesquels il crée de grands succès de la chanson populaire. Pendant le conflit mondial, il enregistre moins de disques et se produit moins sur scène. Mais il poursuit sa carrière d’acteur en zone française libre. Il tourne ensuite un film dont le scénario encourage la Résistance avant de paraître dans un autre long métrage produit par les productions allemandes « Continental »: « Mon amour est près de toi » de Richard Pottier. Il refuse d’enregistrer la chanson « Maréchal nous voilà » qu’André Dassary interprète finalement. Il cache aussi dans son orchestre le compositeur Nobert Glanzberg, Juif polonais, puis le fait évader lorqu’il est emprisonné par les Allemands. Comme de nombreuses célébrités soupçonnées d’avoir traité d’une manière ou d’une autre avec l’occupant allemand, Tino Rossi est arrêté en octobre 1944. Mais après trois mois passés à la prison de Fresnes, il est exempté de toute poursuite par un juge qui estime que l’instruction montée contre lui est dénuée de tout fondement. Le chanteur reçoit même des excuses officielles du gouvernement français. En 1946, il tient un double rôle dans le film « Destins ». Tino Rossi y crée une chanson oubliée par ses auteurs Henri Martinet et Raymond Vincy: « Petit Papa Noël » qui devient son plus grand succès. Un an plus tard, le chanteur effectue une très longue tournée en Amérique du Sud. A son retour en France, le 14 juillet 1948, il épouse, à Cassis, la danseuse niçoise Lilia Vetti qui lui a été présentée par Mistinguett en 1941. Elle reste sa compagne jusqu’à son décès. Elle est aussi la maman de Laurent Rossi, plus tard producteur et chanteur, qui naît le 22 mai 1948. Pour « Petit Papa Noël », il est le premier artiste français à recevoir un disque d’or en 1949. En 1954, Tino Rossi décide de réduire ses activités cinématographiques et il se tourne vers l’opérette. Il a 48 ans lorsqu’il se retrouve sur la scène du théâtre parisien du Châtelet pour « Méditerranée » le 17 décembre 1955. Il y reste deux ans. Désormais, pendant quelques années, le chanteur alterne les concerts et les opérettes. Ses succès discographiques se raréfient alors, même si le chanteur crée la surprise en 1963 en se faufilant entre les chanteurs yé-yé avec « Le temps des guitares ». Au début des années 1970, après une dernière apparition parisienne dans l’opérette « Le Marchand de Soleil », Tino Rossi décide de profiter un peu plus de la vie familiale en Corse. Il se produit encore de temps à autre en concert et figure au programme de nombreuses émissions télévisées françaises: il est ainsi l’invité de Jacques Chancel, des Carpentier et, plus fréquemment, de Guy Lux. En 1976, son fils, le chanteur Laurent Rossi, produit un 45-tours où ils interprètent un duo qui a pour titre « Chantons ensemble la même chanson ». Le 9 novembre 1982, Tino Rossi fête ses 50 ans de chanson sur la scène du Casino de Paris qui l’a vu débuter. A cette occasion, un nouvel album est commercialisé sous le titre « 50 ans d’amour ». Tino reste à l’affiche du Casino de Paris jusqu’au 2 janvier 1983 où il effectue sa dernière prestation sur scène. Mais le chanteur est malade et on lui décèle un cancer du pancréas qui nécéssite une lourde opération en mars. Le 26 septembre 1983, le célèbre Corse meurt des suites de cette maladie, chez lui à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 76 ans. Trois jours plus tard, des obsèques nationales sont célébrées en l’église de la Madeleine à Paris. Puis, le cercueil est emmené en Corse où il fait le tour de l’île en voiture salué par la population de ville en ville. Une ultime cérémonie en la cathédrale d’Ajaccio suit une nuit de veille à l’hôtel de ville et précède l’inhumation au cimetière marin. A sa mort, il est estimé que Tino Rossi a vendu près de cinq cents millions de disques dans le monde entier dont un grand nombre d’exemplaires du seul « Petit Papa Noël ».
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Toots Thielemans

29 avril 1922 : Naissance, à Bruxelles, de l’harmoniciste et musicien belge Toots THIELEMANS. Dès l’âge de trois ans, le père de Jean-Baptiste (le vrai prénom de Toots) lui fait apprendre l’accordéon que le petit semble apprécier. Mais c’est à seize ans que l’adolescent découvre l’harmonica dans un des films musicaux tournés par Ray Ventura et son orchestre. Pendant l’occupation, il se passionne et joue dans des clubs où on lui conseille d’apprendre la guitare. Son modèle est alors Django Reinhardt. Après la guerre, il joue avec de petits orchestres. Il rêve alors de faire carrière aux Etats-Unis et, en 1950, il effectue une tournée européenne avec Benny Goodman. En 1952, il décide de s’installer aux USA et il joue avec de grands noms du jazz: Charlie Parker et George Shearing notamment. En 1962, il compose un morceau intitulé « Bluesette » et la mélodie devient un standard international d’un genre nouveau: sifflé et joué à la guitare simultanément. Toots devient alors l’harmoniciste le plus demandé pour des musiques de films comme « Midnight cowboy » ou « Jean de Florette » par exemple. Il est aussi, dans les années 1970, le soliste qui enregistre l’indicatif, composé par Vladimir Cosma, de la célèbre émission de radio de Max Meynier sur RTL France: « Les routiers sont sympas ». A l’harmonica, il accompagne aussi de nombreux artistes francophones au cours de l’enregistrement de leurs chansons. C’est le cas notamment pour Salvatore Adamo et la chanson « La vie comme elle passe » en 1995.

Le 12 mars 2014 Toots Thielemans déclare mettre un terme à ses concerts, sa santé ne lui permettant plus d’assumer ce type d’activité. Le 22 août 2016, il décède à la suite d’une chute. Il est inhumé au cimetière de La Hulpe.
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Zizi Jeanmaire en 1968

29 avril 1924 : Naissance, à Paris, de la danseuse, chanteuse et meneuse de revue française Zizi JEANMAIRE. Agée de neuf ans seulement, la jeune Renée Jeanmaire est d’abord petit rat de l’Opéra de Paris où elle apprend la danse classique. Et c’est tout à fait logiquement qu’elle intègre le ballet de l’Opéra en 1940. A la Libération, Zizi Jeanmaire quitte l’Opéra de Paris pour Monaco où elle intègre la compagnie de son ami d’enfance Roland Petit. C’est avec ce dernier qu’elle crée le ballet « Carmen » en 1949. A deux, ils concoctent un nouveau projet pour lequel Zizi suit des cours de chant et, grâce à cela en 1952, elle enregistre une chanson « La croqueuse de diamants » qui reçoit le Grand-Prix du disque. La danseuse, et désormais chanteuse, effectue une tournée aux Etats-Unis où elle est remarquée par quelques producteurs d’Hollywood qui lui font tourner quelques longs métrages. De retour en France, elle tente une nouvelle activité artistique en se tournant vers le music-hall et la revue. Et c’est au Théâtre de Paris qu’elle fait sa première apparition dans le cadre de cette nouvelle discipline, juste avant de passer triomphalement à l’Alhambra en 1961 où elle crée la chanson qui va définitivement la rendre célèbre: « Mon truc en plumes ».

Zizi Jeanmaire enregistre alors une série de 45 tours où elle grave des chansons de Guy Béart (« La gambille »), Serge Gainsbourg (« Bloody Jack ») ou Serge Lama (« D’aventures en aventures ») entre autres. Puis, lorsqu’il prend la direction du Casino de Paris, son mari, Roland Petit, lui compose un spectacle spécialement à son intention: « Zizi je t’aime ». Lorsque Roland Petit crée ensuite le Ballet National de Marseille, Zizi le suit dans cette nouvelle aventure mais elle continue à être meneuse de revues et chanteuse de music-hall. En 1984, elle est ainsi à la tête du spectacle « Hollywood Paradise ». Dans les années 1990, elle joue la Fée Carabosse dans le ballet « La belle au bois dormant » (1990) et elle est la vedette de « Zizi au Zénith », spectacle dont les chansons sont signées par Serge Gainsbourg (1994). En 2000, Zizi Jeanmaire se produit à Paris, à l’Opéra Bastille, pour ce qui sera son dernier concert. Car, quelques années plus tard, elle révèle être atteinte de la maladie de Ménière qui, à cause de vertiges, l’oblige à renoncer à la scène. Avec le décès de Roland Petit en 2011, Zizi Jeanmaire se retire encore un peu plus de la vie publique. Le 17 juillet 2020, la fille de Zizi Jeanmaire, Valentine Petit, annonce le décès de sa mère le jour-même dans sa maison de Tolochenaz en Suisse à l’âge de 96 ans.
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Jean Rochefort – Pochette 45t de 1984

29 avril 1930 : Naissance, à Dinan, de l’acteur français Jean ROCHEFORT. Célèbre grâce aux films français qui l’ont rendu populaires, Jean Rochefort a ainsi tourné dans des longs métrages inoubliables comme « Un éléphant ça trompe énormément », « Le grand blond avec une chaussure noire », « Tandem », « Le mari de la coiffeuse » ou encore « Les feux de la chandeleur ». Il a d’ailleurs reçu un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Côté musique et chanson, Jean Rochefort a enregistré, en 1984, un 45-tours destiné à aider financièrement la Société Protectrice des Animaux. Il y fait lecture du texte signé Jean-Luc Morel qui fut une chanson composée et interprétée par Gérard Gustin en 1976: « Le chien abandonné ». Jean Rochefort est décédé le 9 octobre 2017 à Paris.

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Eric Charden en 2009 (c) Passion Chanson

29 avril 2012 : Décès, à Paris, d’Eric CHARDEN des suites d’un lymphome qui le rongeait depuis des mois. Eric Charden était né en Indochine, colonie française, en 1942, le 15 octobre. Il a vu le jour à Haïphong bien avant que cette ville ne fasse partie du Vietnam actuel. Sa carrière de chanteur commence par des mélodies composées dans la plus pure lignée de la chanson française traditionnelle. Un titre comme « J’ai la tête pleine de Provence », enregistré en 1963, ne connaît qu’un succès très limité. Il pense alors que, comme compositeur, il pourra plus facilement connaître la popularité. Il signe ainsi des musiques pour Hallyday, Vartan et Dalida avant de livrer « Mais quand le matin » à Claude François en 1967. La même année, il sort enfin un disque qui marche avec la complicité de Jacques Monty qui en écrit le texte: « Le monde est gris le monde est bleu ». Un an avant ce succès, Eric Charden a rencontré Annie Gautrat qui chante sous le pseudonyme de Stone. Ils filent tous deux le parfait amour et, en 1970, ils décident d’enregistrer ensemble « Le seul bébé qui ne pleure pas ». Sans qu’ils le sachent, ils viennent de former un des couples mythiques de la chanson française. Ce premier disque n’est pas un véritable succès mais, en 1971, « L’Avventura » est le ras-de-marée qui lance véritablement la carrière de Stone et Eric Charden. Les « tubes » du duo se succèdent: « Laisse aller la musique », « Le prix des allumettes », « Made in Normandie » et « Tous les avions sont des oiseaux » qu’ils enregistrent avec leur fils Baptiste en 1978. Cependant, à partir de 1976, le couple bat de l’aile et, en 1977, Eric Charden reprend sa carrière de soliste en se plaçant dans les hit-parade de l’époque avec « Joue contre joue seize ans seize ans », « Pense à moi », puis, deux ans plus tard, avec le cultissime « L’été s’ra chaud ». En 1983, il y a aussi le tubesque « L’adolescence ». Entretemps, il y a eu, en 1974, une chanson à succès, « 14 ans les Gauloises » et, en 1975, la comédie musicale « Mayflower » jouée durant deux ans au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris. La carrière d’Eric Charden connaît ensuite plus de difficultés même si des albums comme « Je rocke ma vie » en 1992 ou « Le magnifique mensonge » en 2002 valent le détour. En 1983, il s’associe à nouveau à Stone pour sortir un 33 tours assez novateur avec des titres comme « Carmen » ou « On vient vous déclarer l’amour ». Après une époque difficile où il se consacre à la musique de films et de séries animées pour la télé, Eric Charden revient sur scène, avec Stone, pour faire partie de l’aventure « Age tendre et tête de bois ». L’artiste en profite pour sortir un opus en 2007 avec de très jolies pièces comme « 60 ans » ou « Une rose, un baiser et c’est tout ». C’est un cancer des ganglions qui a finalement raison d’Eric Charden un dimanche d’avril 2012. Avec Stone, le chanteur venait de commercialiser quelques jours avant, un nouveau CD. Surfant sur la vague du succès des duos, les deux artistes, qui ont été des précurseurs, ne pouvaient que se réunir une ultime fois en studio pour nous offrir « Made in France ». Le disque reprend quelques-uns de leurs succès réenregistrés mais, surtout, des reprises de grands duos francophones comme « Paroles Paroles », « J’ai un problème », « Dieu est un fumeur de Havanes », « Désir désir », « Manhattan Kaboul » et même la création en duo de « Chanson sur une drôle de vie » (de Véronique Sanson). En janvier 2012, Eric Charden a reçu des mains de l’animateur et producteur français Michel Drucker la médaille de Chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur. Il a aussi écrit un livre autobiographique : « De l’encre sur les doigts ».
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Axelle Red lors de la soirée des Octaves de la Musique en 2013 (c) Passion Chanson

29 avril 2013 : Les Octaves de la Musique, comparables, toutes proportions gardées, aux Victoires françaises ou aux Félix québécois, est une soirée de remises de récompenses aux musiciens, chanteurs et groupes musicaux francophones de Belgique pour l’année révolue. Elle se déroule à la Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve. Pour ce qui est des créations effectuées en 2012 et récompensées, il y a celle de Benjamin Schoos qui remporte l’Octave de la Chanson Française ainsi que celle de l’Artiste de l’Année. Le prix PointCulture est, lui, remis à la chanteuse pour jeune public Geneviève Laloy. Enfin, une Octave d’honneur est attribuée à Axelle Red pour sa carrière déjà longue de 20 ans.
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