ESTARDY Bernard

Bernard Estardy dans son célèbre studio, le CBE à Paris

Le musicien, producteur, ingénieur du son et arrangeur français Bernard ESTARDY naît le 19 septembre 1939 à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne). Après un cursus scolaire normal, le jeune homme se présente à l’ESTP, l’Ecole Supérieure des Travaux Publics de Paris, où il se destine à être ingénieur civil. Mais sa passion pour la musique et sa maîtrise des claviers le pousse à devenir l’organiste d’un jeune chanteur français de blues-jazz au début des années 1960: Nino Ferrer.

Il est aussi le bassiste du groupe qui accompagne Nancy Holloway sur scène aux côtés du guitariste Georges Chatelain. En 1966, avec Georges Chatelain et sa soeur Janine Bisson, Bernard Estardy crée le studio d’enregistrement CBE, les initiales de Chatelain, Bisson et Estardy. De jeunes interprètes vont bien vite profiter de cette nouvelle infrastructure technique. Parmi eux, certains, pourtant talentueux, ne resteront pas dans les mémoires : Michel Corringe et Christian Géant par exemple. Mais d’autres enregistreront, au studio CBE, les chansons qui seront le départ d’une belle carrière. Ce sera le cas pour Laurent Rossi ou Gilles Marchal par exemple.

Gilles Marchal et Bernard Estardy au studio CBE en 1968

Ses premiers succès confortent Bernard Estardy dans ses projets et le studio prend de l’ampleur. Gérard Manset y réalise ses deux premiers albums en 1968 et 1970. La vedette qui débarque ensuite au studio est Sheila pour y enregistrer « Ma vie à t’aimer » en 1970.

Michel Sardou est la jeune vedette montante qui vient, également en 1970, pour y réaliser le premier album de sa carrière prometteuse avec des titres comme « J’habite en France », « Les bals populaires », « Et mourir de plaisir », « Les Ricains » et « Petit ».

Michel Sardou restera longtemps fidèle à l’ingénieur du son qui travaillera sur ses plus grands tubes comme, par exemple, « Les lacs du Connemara ».
En 1971, ce sont, notamment, Hervé Vilard, Alain Barrière, Guy Mardel, Marcel Amont, Françoise Hardy et Ringo qui franchissent la porte du 95 de la Rue Championnet pour y enregistrer leurs succès du moment.

Ensuite, tous les artistes les plus en vue de la chanson francophone se donnent rendez-vous au studio de Bernard Estardy : Michel Delpech (1972), Gérard Lenorman (1972), le groupe Petit Matin (« T’as tout dit dis madame » en 1973), Alain Chamfort (1973), Roméo (1973), Art Sullivan (1973), Pierre Charby (1973) ou encore Pierre Groscolas (et son fameux « Lady Lay » en 1974). En 1972, Claude François enregistre « Le lundi au soleil » chez Bernard Estardy avec qui il se lie d’amitié. Toutes les chansons suivantes de Clo-Clo sortiront du studio CBE jusqu’à l’ultime succès posthume de 1978 : « Alexandrie Alexandra ».

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L’année 1975 est sans aucun doute une année faste pour le studio dont les sessions accueillent Dave (pour son premier album avec « Du côté de chez Swann », « Mon coeur est malade », « Dansez maintenant », etc.), Mireille Darc (pour « La femme d’un ange »), Santiana, Sacha Distel, Julie Bataille, les Compagnons de la Chanson et, surtout, Joe Dassin qui y interprète son plus grand tube : « L’été indien ».

Après cet énorme succès, Joe Dassin, qui jusque là avait beaucoup travaillé aux Etats-Unis et en Angleterre, va prendre l’habitude d’enregistrer ses disques chez CBE jusqu’à son décès en 1980. Joe Dassin est d’ailleurs le compositeur du « Bougalou du loup-garou » que Carlos enregistre là en 1976. Et, en 1977, Bernard Estardy compose avec Joe le fameux « Big Bisou » pour le même Carlos !

Alors que Joe Dassin cartonne avec « L’été indien » durant tout l’été 1975, un autre artiste partage avec lui les sommets du hit parade. Il s’agit de Nino Ferrer qui, pour sa chanson « Le Sud » retrouve, le temps d’un disque, le collaborateur de ses débuts qui coproduit le disque.

Entre-temps et toujours en 1975, Dalida commence aussi à fréquenter le studio pour y enregistrer, notamment, « J’attendrai » puis, plus tard, « Monday tuesday laissez-moi danser » et plein d’autres titres très connus de son répertoire jusqu’à son décès en 1987.

La fin des années 1970 voit encore défiler des artistes comme Richard Anthony , Charlotte Julian, Romina Power et Al Bano, Gérard Palaprat, Allain (Turban), Timothy, Shake (« You know I love you »), etc.

C’est aussi l’époque où Bernard Estardy aménage un chalet à Saint-André-des-Alpes où il installe un nouveau studio. Les artistes qui ont la chance d’y travailler trouvent l’endroit idyllique. Sur la pochette de son disque « Nostracarlus » sorti en 1981 (avec la chanson « SOS tendresse » composée par Estardy), Carlos écrit :  » Enregistré à 1200 m d’altitude, là où le son est plus pur, le studio est branché sur des batteries alimentées par des panneaux solaires. Quand le soleil disparaît, on met en marche un groupe électrogène alimenté par des bouteilles de gaz. On peut donc dire « sans rire » que ce disque est le premier au monde à avoir été fait entièrement au soleil et au gaz… »

Au début des années 1980, Estardy est à l’origine du grand retour gagnant d’Herbert Léonard dont il réalise l’album « Pour le plaisir ».

Quelques mois plus tard, il est derrière les premiers succès de Pierre Bachelet : « Elle est d’ailleurs » et « Les corons » ainsi que « Louise » pour Gérard Berliner.

En 1982, c’est aussi grâce à Bernard Estardy qu’un jeune chanteur italo-belge fait une percée fulgurante dans les hit-parade francophones: Claude Barzotti connaît son premier grand succès international avec la chanson « Madame » ré-arrangée par l’ingénieur du son français.

En 1985, le tube de l’été, « Tout doucement » de Bibie, est aussi réalisé par notre homme et, la même année, un jeune interprète du nom de Marc Lavoine enregistre chez lui « Elle a les yeux revolver ».

En 1987, c’est pour Jean Guidoni qu’il arrange la majorité des nouvelles chansons de son album « Tigre de porcelaine ». A la même époque, à la demande de Didier Barbelivien et de François Bernheim mais aussi de Gérard Depardieu qui produit son premier album, Bernard Estardy est à la base de la carrière de Patricia Kaas en enregistrant « Mademoiselle chante le blues ».

1989 est l’année de l’enregistrement de « Y’a pas que les grands qui rêvent » pour la jeune chanteuse belge Mélody. Les années 1990 ne seront pas inactives pour Bernard Estardy malgré le fait que les enregistrements n’ont plus autant recours aux synthétiseurs et aux sonorités électroniques bien marquées de notre réalisateur. Parmi les titres sur lesquels il travaille, il y a notamment « Le Jerk » de Thierry Hazard ainsi que les tubes de Didier Barbelivien et Félix Gray comme « A toutes les filles ».

En 1992, il mixe aussi la chanson « Nous on veut des violons » pour l’artiste Morgane qui défend les couleurs de la Belgique au concours Eurovision de la chanson. Et, au début des années 2000, il se consacre encore et toujours à essayer de promouvoir de jeunes artistes comme Isabelle de Castro pour qui il n’aura finalement pas le temps de concrétiser ses espoirs puisque, le 16 septembre 2006, celui que l’on appelait aussi « Le Géant », pour sa stature imposante, s’éteint à Paris. Sa fille Julie reprend la direction du studio à ce moment-là et elle publie, en 2018, une biographie de 400 pages sur son père sous le titre « Le Géant » (chez Gonzaï Media). Bernard Estardy a aussi laissé sa patte sur les oeuvres des artistes que nous n’avons pas encore cités : Demis Roussos, Gigliola Cinquetti, Gilbert Montagné, Nicoletta, Renaud Siry, Nathalie Lhermitte, René Joly, Mireille Mathieu, Lou Désesprit, Régine, André Peyron, Sapho, Bernard Menez, Jean-Jacques Lafon, Linda De Suza, Franck Olivier, Jaïro, Laurent Morain, Bernard Tapie, Caroline Grimm, Peter et Sloane, David et Jonathan, Céline Dion, Frank Alamo, Carol Arnauld, Patrick Topaloff, Ginette Reno, Jean Falissard, Jena-Pierre François, C. Jérôme, Enrico Macias, Christian Delagrange et François Valéry. Enfin, la biographie ne serait pas complète si l’on n’évoquait pas aussi les compositions de Bernard Estardy pour, entre autres, Nicoletta, Séverine ou Patricia Lavila. Ainsi que ses nombreux enregistrements de morceaux instrumentaux sous le titre « La formule du Baron » et quelques chansons comme « Pourquoi pas monsieur, pourquoi pas » en 1975.

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6 AOUT

Marc Lavoine en 2010

6 août 1962 : Naissance, à Longjumeau, du chanteur et acteur français Marc LAVOINE. Passionné de théâtre depuis toujours, il attend toutefois d’avoir seize ans pour se décider à en faire un métier. Acceptant divers petits boulots qui pourraient l’amener à fréquenter des artistes, il décroche un travail d’ouvreur au music-hall parisien de l’Olympia. Il y découvre que, finalement, la musique et le spectacle l’intéressent aussi. Il décroche ensuite quelques rôles secondaires dans des petits films et séries télé. Puis, se tournant vers la chanson, il enregistre un premier disque en 1983: « Je n’sais même plus de quoi j’ai l’air » qui obtient un succès d’estime de la part, surtout, des professionnels. Mais, dès 1984, le succès public est au rendez-vous grâce au « tube » « Pour une biguine avec toi ».

Fort de ce démarrage en trombe, Marc Lavoine enregistre un premier album en 1985 et sa popularité s’amplifie avec des titres comme « Elle a les yeux revolver », « Le parking des anges » ou encore « Bascule avec moi ». Après le nouveau carton du duo qu’il interprète en 1987 avec Catherine Ringer des Rita Mitsouko, « Qu’est-ce que t’es belle », il va poursuivre une carrière exemplaire truffée de hits jusqu’à nos jours. La liste est ainsi plutôt impressionnante: « C’est la vie » (1989), « Rue Fontaine » (1990), « Paris » (1991), « L’Amour de 30 secondes » (1992), « Une nuit sur son épaule » avec Véronique Sanson (1995), « C’est ça la France » (1996), « Les Tournesols » (1999), « Le Pont Mirabeau » (2001), « J’ai tout oublié » avec Cristina Marocco » (2002), « Dis-moi que l’amour » avec Bambou (2003), « Toi mon amour » (2005), « La semaine prochaine » (2009) ou « Je descends du singe » (2012).

En 1997, la chanson « C’est ça la France » est récompensée par une Victoire de la Musique du meilleur clip video. En septembre 2016 sort l’album « Les Souliers rouges », un conte musical basé sur une histoire d’Andersen dans lequel il chante aux côtés de Cœur de pirate et d’Arthur H. Parallèlement à ses activités de chanteur, Marc Lavoine a aussi entamé, dans les années 1990, une belle carrière cinématographique en tournant sous la direction de grands réalisateurs comme Claude Chabrol. En 2017, Marc Lavoine caresse le projet de réaliser son premier film qui transposera à l’écran son premier roman paru en 2015: « L’homme qui ment ». En mars 2018, le chanteur annonce publiquement son divorce avec Sarah Poniatowski, son épouse depuis 1995 avec laquelle il a eu trois enfants. Quelques semaines plus tard, Marc Lavoine commercialise son 12e album studio, « Je reviens à toi », où il retrouve le compositeur des grands succès de ses débuts : Fabrice Aboulker.

Au début de l’année 2020, l’artiste fait partie du jury de la neuvième saison du programme télévisé français « The Voice, la plus belle voix » diffusé par la chaîne privée TF1. Il y apparaît aux côtés des autres jurés que sont Lara Fabian, Amel Bent et Pascal Obispo. La fin de l’émission, consacrée aux demi-finales et à la finale, est bousculée par la pandémie du coronavirus Covid-19 à partir du mois d’avril 2020. Les candidats s’y présentent sans public et sont obligés de respecter la distanciation sociale. Cette épidémie et le travail intense fourni par le personnel soignant des hôpitaux inspirent à Marc Lavoine le texte d’une chanson interprétée en trio avec Pascal Obispo, qui en est le compositeur, et Florent Pagny : « Pour les gens du secours ». Un clip du morceau est enregistré par les trois compères grâce à la technologie des réseaux sociaux et des communications vidéo. Et l’intégralité des droits est reversée à la Fédération hospitalière de France et à la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

La presse « people » annonce le troisième mariage de Marc Lavoine le 25 juillet 2020. Il épouse ce jour-là la romancière française de 24 ans, Lise Papin, à Paris.
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Christophe Rambour en 2018

6 août 1963 : Naissance, à Calais, du chanteur et producteur de spectacles français Christophe RAMBOUR. Après des études plutôt rondement menées dans sa ville natale et un service militaire effectué à Metz, il entame sa vie professionnelle dans le village de vacances « Dou de la Ramaz » à La Plagne en Savoie de 1982 à 1986. Et si l’animation est l’une de ses passions, la musique et la chanson en est une autre. A 26 ans, il décroche la possibilité d’enregistrer un premier 45-tours avec deux titres : « Borsalino » et « Le blues de l’été ». Il obtient aussi la chance d’interpréter « Borsalino » au cours de l’émission télévisée « La chance aux chansons » de Pascal Sevran.

Ce ne sera d’ailleurs pas le seul passage dans le programme puisqu’il y chantera aussi « Parolier » quelques mois plus tard. Comme le métier d’artiste amateur, malgré le talent, n’est pas toujours très rémunérateur, Christophe ouvre une entreprise de biens immobiliers avant de créer une société de l’événementiel et du spectacle : « Rêv’en Scène ». Etabli à Saint Inglevert dans le Pas-de-Calais, l’artiste ouvre, en 2009, « l’Estaminet Palace », un restaurant dansant qui propose des spectacles de cabaret à deux pas des Caps Gris-Nez et Blanc-Nez. Il s’en occupe jusqu’en novembre 2017. En 2011, Christophe Rambour enregistre et commercialise un album intitulé « Etats d’âme » auquel Passion Chanson consacre un article à consulter en cliquant ICI. Depuis, l’artiste poursuit sa route en proposant des spectacles complets où il jongle avec les grandes chansons de la variété française en évoquant les succès du Nord jusqu’à ceux d’aujourd’hui et en interprétant du Raoul de Godewarsvelde comme du Kendji Girac en passant par Joe Dassin, les boys band et, aussi, son répertoire personnel.

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6 août 2016 : Une vingtaine d’artistes se produisent sur les deux scènes mises en place sur le site du plan incliné pour le Ronquières Festival en Belgique. Ces plateaux, appelés Babord et Tribord, accueillent notamment les concerts francophones de Zazie, Thomas Dutronc, Giedré ou les Innocents. C’est la cinquième édition de ce festival qui a lieu les samedi 6 et dimanche 7 août.

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