MIREILLE

MIREILLE au début des années 1960 – Photo (c) Wiesniak

La chanteuse, compositrice et actrice française MIREILLE naît le 30 septembre 1906 à Paris sous le nom de Mireille Hartuch. Née dans une famille de musiciens, c’est tout naturellement que la petite fille apprend le piano. Passionnée de théâtre, elle décroche un rôle de figurante en Angleterre à l’âge de six ans. Elle se tourne ensuite vers la musique et veut devenir pianiste mais, ses mains étant trop petites, elle se contente de composer des mélodies sur cet instrument. A 22 ans, elle rencontre l’auteur Jean Nohain avec qui elle compose une comédie musicale de cinq heures intitulée « Fouchtra » et qui, en fonction de sa durée et de son étrangeté, n’est pas montée. Ayant appris l’anglais, Mireille décide de partir aux Etats-Unis où elle reste deux ans: le temps de se produire à Broadway et à Hollywood où elle tourne notamment avec Buster Keaton en 1931. A la grande surprise de sa compositrice, une mélodie de la comédie musicale « Fouchtra » enregistrée par le duo Pills et Tabet qu’elle accompagne au piano, sous le titre « Couchés dans le foin », est sortie durant son séjour aux Etats-Unis et est devenue l’un des grands succès de l’année 1932.

 

Mireille rentre alors en France où elle est demandée pour composer d’autres chansons destinées à des vedettes comme Maurice Chevalier ou Jean Sablon. Mais elle décide aussi d’enregistrer quelques titres avec Pills et Tabet: « Ce petit chemin » ou « C’est un jardinier qui boîte ».

Et, en 1934, elle commence une carrière de chanteuse soliste pour se produire, accompagnée d’un piano, sur les scènes parisiennes de l’A.B.C., l’Alhambra et Bobino. La guerre va obliger Mireille et son mari, le philosophe Emmanuel Berl, d’origines juives, à fuir la capitale française occupée. Ils s’installent donc en Corrèze où Mireille va entrer en résistance en prenant la tête du Comité de Libération. Après la seconde guerre mondiale, elle continue à écrire des chansons pour Yves Montand notamment et enregistre encore quelques disques comme un album de ses succès réorchestrés en jazz en 1962.

Sacha Guitry, qui est de ses amis, lui conseille un jour de mettre ses grandes connaissances artistiques à la disposition des jeunes artistes en devenir. Dès 1955, elle crée ainsi « Le petit conservatoire de la chanson » qui fait l’objet d’un programme de radio avant de devenir un rendez-vous télévisé de 1960 à 1974. Cette école hors du commun révèle toute une série de chanteurs et chanteuses parmi lesquels on peut citer Alice Dona, Pierre Vassiliu, Françoise Hardy, Yves Duteil, Frida Boccara, Hervé Cristiani, Sapho, Julien Clerc, Pascal Sevran, Daniel Prévost, Dick Annegarn et Alain Souchon.

A 70 ans, elle est sur la scène du Printemps de Bourges en 1976 où elle interprète ses succès mais aussi des nouvelles chansons figurant sur un album produit par Michel Berger: « J’ai changé mon piano d’épaule ».

Près d’un an avant son décès, qui survient à Paris le 29 décembre 1996, Mireille se produit encore au théâtre parisien  de la Potinière.

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MARTIN Jacques

Jacques Martin en 1978 – Photo (c) G. Spitzer

Le fantaisiste, chanteur et homme de télévision français Jacques MARTIN naît à Lyon le 22 juin 1933. Son père est un industriel qui joue de sept instruments de musique. Les études du petit Jacques sont assez difficiles et il finit par se retrouver chez les Jésuites. A l’âge de seize ans, il songe sérieusement à faire du théâtre. Finalement, c’est la télévision qui va l’attirer dans les années 1950. Et c’est à Strasbourg qu’il entame des activités de présentateur tout en faisant partie d’une troupe de théâtre satirique. Au début des années 1960, avec d’autres jeunes humoristes comme Jean Yanne, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, il se lance dans l’écriture de parodies de chansons. Parallèlement à ses activités télévisuelles, il va d’ailleurs se consacrer à la chanson de manière plus sérieuse. C’est ainsi qu’il se retrouve, notamment, en première partie de Jacques Brel à l’Olympia de Paris. Il écrit aussi une comédie musicale en 1968: « Petitpatapon » qui est un solide échec. En 1975, il enregistre un album qui regroupe des reprises de grandes chansons françaises (« Le piano de la plage » de Charles Trenet) et des créations originales comme « Il pleut sur mes lunettes ».

Passionné de bel canto, d’opéra et d’opérette, il se fait aussi plaisir dès qu’il le peut en reprenant des airs lyriques lors des émissions de variétés qu’il présente. Et, en 1978, il enregistre même, avec Jane Rhodes et Rémy Corazza, une version de l’opérette « La Belle Hélène » de Jacques Offenbach. A la télévision, en 1969, il présente les émissions « Midi-Magazine » et « Midi Chez Vous » avec Danièle Gilbert jusqu’en 1972. Ensuite, durant un an, il est aux côtés d’Evelyne Pagès pour une émission télévisée appelée « Taratata » mais qui n’a rien à voir avec le programme proposé par Nagui et Gérard Pullicino bien des années plus tard.

En janvier 1975, Jacques Martin s’entoure d’une solide équipe de joyeux drilles pour présenter le dominical « Petit rapporteur ». Il y a là Stéphane Collaro, Pierre Bonte, Piem, Pierre Desproges et Daniel Prévost qui, chaque dimanche, épluchent à leur manière l’actualité de la semaine. La troupe se fend parfois de quelques chansons populaires qui deviennent rapidement des « tubes » sur disques: « A la pêche aux moules » et « Mam’zelle Angèle ».

A cette époque, Jacques Martin est l’un des présentateurs télé les plus populaires de France avec Guy Lux et Michel Drucker. En 1977, il prend les rênes d’une nouvelle tranche d’émissions hebdomadaire sur Antenne 2. « Bon dimanche » est un concept qui commence vers midi pour se terminer vers 22 heures 30 après ce que l’on n’appelle pas encore un « prime time » de chansons. Des programmes différents se succèdent tout au long de l’après midi avec, notamment, la célèbre « Ecole des fans » où un chanteur est invité à apprécier la performance des enfants interprétant ses succès. Vanessa Paradis y passe comme candidate en 1981 à l’âge de huit ans.

Le soir, « Musique and Music », enregistrée le samedi après-midi au Théâtre de l’Empire à Paris, fait la part belle aux artistes déjà installés, comme Serge Gainsbourg, et révèlent, par exemple en 1977, un certain Laurent Voulzy avec « Rockollection » ou, un an plus tard, Richard Cocciante avec « Marguerite ».

La formule de ce programme s’arrête un moment et Jacques Martin en profite pour proposer des spectacles basés sur le principe de l’Ecole des Fans en province et aussi en Belgique où son amitié avec un autocariste, Francis Colignon, l’amène à se produire souvent à La Bouverie dans la région de Mons. Dans les années 1980, Antenne 2 lui propose de reprendre ses émissions dominicales, ce qu’il fait avec « Dimanche Martin ». Ces activités télévisées vont ainsi se poursuivre jusqu’en 1998.

A ce moment, après avoir appris que le programme cesserait bientôt, Jacques Martin est victime d’un accident vasculaire cérébral qui le paralyse. Gardant des séquelles qui le diminuent physiquement, Jacques Martin se retire dans sa maison de Neuilly. Puis, pour les besoins de sa santé, il s’installe à Biarritz en novembre 2006. Et c’est là qu’il décède des suites d’un cancer généralisé le 14 septembre 2007. Il est inhumé au cimetière de la Guillotière dans sa ville natale de Lyon le 20 septembre 2007.

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20 OCTOBRE

Roger Hanin – pochette d’un 45 tours des années 1970

20 octobre 1925 : Naissance, à Alger (Algérie française), de l’acteur, réalisateur, écrivain et occasionnel chanteur Roger HANIN. Pour en savoir plus sur sa vie et, plus particulièrement, sur les épisodes de sa vie de chanteur, veuillez CLIQUER ICI.

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Daniel Prévost en 1985

20 octobre 1939 : Naissance, à Garches, sous le vrai nom de Denis Forestier, du comédien, humoriste et aussi chanteur français Daniel PREVOST. Il n’apprend que très tard, dans les années 1990, que son père est un Algérien de Kabylie et il demande alors la double nationalité. A 23 ans, il sort de l’école d’art dramatique de la rue Blanche à Paris avec un premier prix de comédie. Puis, cherchant sa voie, il se présente au petit conservatoire de Mireille comme jeune apprenti-chanteur en déclarant qu’il veut se diriger vers la musique et la chanson.

Pourtant, en 1964, il obtient un premier engagement au théâtre dans « Un certain M. Blot » aux côtés de Michel Serrault. Il rencontre alors Boby Lapointe et Jean Yanne avec qui il partage un goût immodéré pour l’humour absurde. Il songe alors sérieusement à la chanson et se retrouve finaliste des Relais de la Chanson avec Serge Lama notamment. Il y interprète « Les Jobs » et « Le Schtrock ». Entretemps, Daniel Prévost s’est déjà fait remarquer dans des émissions de télévision réalisées notamment par Jean-Christophe Averty. Il décroche aussi un rôle dans le feuilleton « Les Saintes Chéries » aux côtés de Daniel Gélin et Micheline Presles. Il effectue aussi ses débuts au cinéma et enregistre, en 1966, un premier 45-tours produit par Pierre Vassiliu. Il comporte quatre chansons: « La gitana », « Brève rencontre », Les jobs » et « Horrible amour ». L’artiste persévère ensuite la même année avec un deuxième 45 tours et les chansons « Hélène », « Madame Irma », « Mon bateau » et « Tu m’as plu ». Dans la deuxième moitié des années 1970, Daniel Prévost va réellement devenir célèbre grâce aux chroniques qu’il propose dans l’émission télévisée française dominicale de Jacques Martin: « Le petit rapporteur ». C’est au sein de cette équipe composée de Pierre Bonte, Piem, Pierre Desproges et Stéphane Collaro qu’il va enregistrer, avec ses compères, les chansons cultes: « A la pêche aux moules » (1975) et « Mademoiselle Angèle » (1976). Il va alors devenir un second rôle incontournable pour bon nombre de cinéastes français. Il obtient ainsi le César du meilleur second rôle en jouant Cheval, le contrôleur des impôts, dans le film « Dîner de cons » de Francis Veber (1998). En 1985, il revient à la chanson sans succès avec un disque reprenant deux titres: « La ronde des métiers » et « Mégalo song ». Enfin, il enregistre un duo totalement improbable avec Jacques Balutin en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la révolution française: « Loulou Nénette » (Louis et Antoinette).

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HECTOR en 1963 – Photo (c) Stan Wiezniak

20 octobre 1946 : Naissance, à Paris, sous le vrai nom de Jean-Pierre Kalfon, du chanteur HECTOR surnommé « le Chopin du twist » au début des années 1960. A quinze ans, Jean-Pierre fait partie d’un groupe musical avec des copains: Hector et les Mediators. Mais, en 1964, la formation se sépare et Hector poursuit seul son chemin musical et discographique. D’un naturel plutôt rigolo, il a des copains qui se nomment Jean Yanne ou Gérard Sire et qui ont déjà une petite notoriété dans le milieu artistique. Ces derniers lui confectionnent quelques textes de chansons qui vont rapidement lui construire un univers hors du commun proche de la provocation et de la satire. Ses actes ne sont pas moins excentriques: sur le conseil de Jean Yanne, Hector ira même se faire cuire un oeuf sur la flamme du Soldat inconnu. Au niveau musical, il se balance entre le rhythm’n’blues, le blues et le rock francophone. Il adapte ainsi en français au moins un titre du chanteur-hurleur américain Screamin’Jay Hawkins: « Hong Kong ».

En 1965, il est sur la scène de l’Olympia en première partie des Animals qui cassent alors la barraque avec « The house of the rising sun ». Et lui aussi est accompagné par des animaux: en l’occurence quatre vraies poules et deux vrais canards qui cotoient ses musiciens. Parmi ses succès éphémères, on peut citer « T’es pas du quartier » (avec les Mediators en 1963), « Alligator » (1964), « Hong Kong » (1964) et « Abab l’arabe » (1966). Après cette période florissante, Hector va se faire plus discret dans le domaine de la chanson.
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29 JUIN

BALUTIN & PREVOST en 1989

29 juin 1936 : Naissance, à Paris, du comédien français Jacques BALUTIN sous le nom de William Buenos. Excellent comédien, il tourne dans quelques films et joue dans de nombreuses pièces de théâtre de boulevard. Il participe à de multiples doublages vocaux pour des sériés télé américaines comme « Starsky et Hutch ». Il fait partie, entre 1977 et 2014, des sociétaires de l’émission radio des « Grosses Têtes » sur RTL. Pour ce qui est de la chanson, Jacques Balutin enregistre quelques disques dans les années 1980. Il y a une chanson intitulée « Pas dans une auto » en 1982 et la chanson du dessin animé « Cubitus » en 1988. Enfin, il y a un duo totalement improbable avec Daniel Prévost en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la révolution française: « Loulou Nénette » (Louis et Antoinette).

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Jacques Hélian en 1958

29 juin 1986 : Décès, à Paris, du chef d’orchestre français d’origine arménienne Jacques HELIAN. Né à Paris le 7 juin 1912 sous le vrai nom de Jacques Mikaël Der Mikaëlian, il songe très sérieusement à devenir dentiste. Mais, à seize ans, sa rencontre avec Raymond Legrand, qui apprend le saxophone et qui vient d’épouser sa soeur, va modifier son destin. Il abandonne ses études pour la musique et joue du saxophone et de la clarinette dans la formation de Roland Dorsay. Sa carrière va se poursuivre au sein d’autres orchestres de renom comme ceux de Jo Bouillon et de Ray Ventura avant qu’il ne forme son propre groupe musical. A ce titre, il va enregistrer plusieurs disques avant le conflit mondial de 1940. Prisonnier de guerre, il est libéré pour raison de santé en 1943 et il reconstitue très vite un petit band à son nom. A la Libération de Paris, son orchestre va connaître une très grande popularité grâce à la musique de la chanson « Fleur de Paris » qui va devenir une sorte d’hymne à la Libération.

Suite à ce succès, sa formation va enregistrer des dizaines de morceaux entre 1945 et 1949. Les compositions sont alors principalement signées par Loulou Gasté et Henri Bourtayre. Et les chanteurs et chanteuses de la formation ont pour nom Zappy Max, Jean Marco ou Ginette Garcin. Ils sont alors accompagnés d’un groupe de choristes féminines: les Hélianes. En 1951, l’orchestre reçoit le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros pour la chanson « Tout est tranquille ». Jusqu’en 1956, les meilleurs jazzmen français et américains passent de temps en temps soutenir la formation de leurs talents. Comme c’est le cas pour l’orchestre de Ray Ventura, le groupe de Jacques Hélian joue aussi dans plusieurs films. Le dernier concert est donné le 15 mars 1957. Toutefois, jusqu’en 1979, l’orchestre poursuit sa route avec des musiciens de passage.
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