BRASSENS Georges

Georges Brassens – Photo (c) Ledru Sygma

L’auteur, compositeur et interprète français Georges BRASSENS naît le 22 octobre 1921 à Sète. Il est élevé dans un quartier populaire de sa ville natale entouré de sa famille dont la mère est originaire du sud de l’Italie. Son père est maçon et aime la chanson comme tout le monde à la maison. On écoute les mélodies de Mireille, Tino Rossi et Ray Ventura. A quatre ans déjà, le petit Brassens est scolarisé, ce qui n’est pas du tout courant à l’époque. Puis il entre à l’école communale deux ans plus tard et poursuit sa scolarité au collège où il n’est pas vraiment un élève modèle. Pour le sanctionner de ses mauvais résultats, sa mère refuse de l’inscrire au cours de solfège. A quinze ans, il est initié à la poésie par son professeur de français et il lui confie les quelques bouts de texte qu’il lui est déjà arrivé d’écrire. L’adolescent découvre de nouveaux horizons musicaux avec le jazz américain et les chansons de Charles Trenet. Mais il n’échappe pas à la crise de son âge et se retrouve vite au poste de police pour avoir commis quelques vols au sein de sa famille. Suite à ces événements, il ne reprend pas ses études et, au moment où la guerre éclate, il quitte ses parents pour tenter sa chance à Paris. Dans la capitale française, il est logé chez sa tante Antoinette où se trouve un piano dont il apprend à jouer grâce à une méthode. Il décroche un boulot de manoeuvre chez Renault mais, suite à un bombardement allemand, l’usine est fermée et Brassens retourne à Sète. Mais sa place n’est pas là et il repart, quelques mois plus tard, à Paris où il hante la bibliothèque municipale. Il y récolte des influences qui vont l’aider à écrire ses premiers recueils de poésie qui sont publiés timidement avec l’argent de ses proches. En 1943, Georges Brassens est convoqué à la mairie pour être envoyé au STO, le service du travail obligatoire, mis en place par l’occupant allemand afin que les citoyens français travaillent pour eux. Il se retrouve ainsi à Basdorf en Allemagne dans l’usine des moteurs d’avions BMW. Il y écrit des chansons et lit des bouquins. En mars 1944, bénéficiant d’une permission de quinze jours, il retourne en France et ne revient plus en Allemagne. Il lui faut alors se cacher chez Jeanne Planche, une tante, qui va l’héberger avec son mari Marcel chez elle. Cinq mois plus tard, à la libération de Paris, il décide de rester chez Jeanne et repart à la conquête de la bibliothèque municipale. Son hôte va lui permettre d’acheter une première guitare qui va lui être rapidement volée. Puis, en 1946, au décès de sa tante Antoinette, il récupère son piano. Il fréquente alors des anarchistes avec qui il va créer un groupe libertaire. Il publie alors, à compte d’auteur, un roman: « La lune écoute aux portes ». En 1947, il rencontre une jeune femme d’origine estonienne qu’il va baptiser « Pupchen ». Elle sera la seule conquête féminine de Brassens avec qui il ne se mariera jamais et qu’il fréquentera, sans habiter avec elle, jusqu’à la fin de sa vie. C’est le chansonnier Jacques Grello qui va encourager Brassens à passer des auditions avec la guitare qu’il lui a achetée. Désormais, à partir de 1951, l’artiste compose et s’accompagne de cet instrument. Sur scène, il est timidement fixé à sa guitare et il ne rêve que d’une chose: donner ses chansons à d’autres interprètes. Découragé, il est amené, par deux copains, à se produire chez la chanteuse Patachou qui tient un cabaret à Montmartre. Patachou est rapidement conquise par le talent hors du commun de cet interprète qui chante ses textes et ses musiques. Et elle le presse de présenter ses chansons au public de l’endroit qui les découvre avec étonnement, stupeur et plaisir. La nouvelle de la découverte de ce nouveau chanteur fait vite le tour du Paris musical. Le directeur artistique Jacques Canetti en est informé et il fait signer à Brassens un contrat phonographique avec la firme Philips. Le 19 mars 1952, il enregistre sur disque « Le Gorille » et « Le mauvais sujet repenti ».

Et les titres suivants sont « Le parapluie » et « La mauvaise réputation » que Georges Brassens chante à la télévision naissante en avril.

Pendant l’été, il chante en première partie des Frères Jacques et de Patachou au cours d’une grande tournée qui passe en France, en Suisse et en Belgique. En septembre, le directeur du théâtre parisien des Trois Baudets, qui est aussi Jacques Canetti, l’engage pour un nombre de soirées indéterminé. Le succès est tel que d’autres lieux de spectacles, plus grands, le sollicitent. Il en est ainsi de Bobino qui l’accueille en février 1953 puis en octobre de la même année où, cette fois, il est en haut de l’affiche. Auparavant, à la fin de l’année 1952, Patachou a enregistré un nouvel album intitulé « Patachou chante Brassens » pour lequel l’artiste lui confectionne une chanson sur mesure: « Le bricoleur ».

Il enregistre aussi avec elle un duo intitulé « Maman papa ».

Le public parisien réclame de plus en plus le poète sur scène et ce dernier s’exécute en 1954: il se produit cette fois à l’Olympia à deux reprises avant une fois encore Bobino. Quelques mois plus tard, Georges fait la connaissance du poète Paul Fort dont il a mis un texte en musique à ses débuts: « Le petit cheval ».

Il va par la suite composer d’autres mélodies sur les paroles du poète: « Comme hier » et « La marine ». Ensuite, toujours en 1955, il chante à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. En 1956, Brassens est sollicité par le réalisateur René Clair pour tourner dans le film « Porte des Lilas » aux côtés de Pierre Brasseur et Dany Carrel: il accepte.

Deux ans plus tard, l’artiste achète le moulin de la Bonde qui se trouve à Crespières dans les Yvelines pour y accueillir un maximum d’amis de tous bords: Henri Colpi, Marcel Amont, Jacques Brel, Lino Ventura, Raymond Devos, Bourvil, Georges Moustaki, Guy Béart et bien d’autres. En avril 1962, c’est à Bobino que Brassens fête ses dix ans de carrière en pleine période des « yé-yés ». Les nouveaux chanteurs de cette génération n’effraient pas l’artiste qui, avec une constance inébranlable, continue à chanter ses poésies accompagné par sa guitare et la contrebasse de Pierre Nicolas. A la fin de l’année, il est à l’affiche de l’Olympia avec Nana Mouskouri en première partie. C’est la dernière fois qu’il se produit dans le temple du music-hall parisien: il ne supporte pas que le directeur, Bruno Coquatrix, l’oblige à honorer son contrat jusqu’au bout malgré de très douloureuses coliques néphrétiques. Le 31 décembre 1962, il apprend la mort de sa mère. Du 21 octobre 1963 au 10 janvier 1964, après avoir été opéré des reins, Georges Brassens est à nouveau sur la scène de Bobino où viennent le rejoindre, en alternance, Serge Lama, Barbara, Boby Lapointe, Michèle Arnaud et Brigitte Fontaine. La même année, il reçoit le Grand-Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros. En 1965 sort un film d’Yves Robert qui a pour titre « Les Copains ». Le générique est une chanson spécialement composée par Brassens: « Les copains d’abord ».

Le 28 mars de cette année-là, Louis Brassens, le papa de Georges décède. En octobre, sur la scène de l’ABC à Paris où est enregistrée l’émission de radio Musicorama sur Europe 1, Georges réalise un de ces rêves: chanter avec Charles Trenet.

En mai 1967, l’artiste doit subir une deuxième opération aux reins. Un an plus tard, il reste en retrait des événements de mai 1968 qu’il suit de manière lointaine. Le 6 janvier 1969, Brassens est invité à prendre part à une interview qui reste célèbre de par ses intervenants puisqu’il y a aussi, autour de la table dressée par le journaliste François-René Cristiani, Jacques Brel et Léo Ferré.

Après un nouveau passage à Bobino en octobre, il répond favorablement à la demande de son ami le réalisateur Henri Colpi pour qui il compose, écrit et interprète la chanson du film « Heureux qui comme Ulysse » dans lequel joue Fernandel.

Au début des années 1970, le moulin de Crespières est vendu et Brassens s’installe en Bretagne à Lézardrieux. D’octobre 1972 à janvier 1973, il accueille à nouveau des amis sur la scène de Bobino comme le Belge Paul Louka ou des jeunes talents prometteurs qui ont pour nom Maxime Le Forestier et Philippe Chatel. A l’invitation d’un professeur de français de Cardiff, aux Pays de Galles, Georges Brassens donne ses deux premiers concerts en Grande-Bretagne en octobre 1973.

Le 20 mars 1977, sans le savoir, Brassens chante pour la dernière fois sur la scène de Bobino à Paris. L’homme est en effet de plus en plus affaibli par des douleurs abdominales. Des analyses plus poussées lui révèlent un cancer de l’intestin qui se généralise bientôt. En novembre 1980, il subit une intervention chirurgicale à Montpellier. Et une autre opération doit être pratiquée quelques mois plus tard à Paris cette fois. Ses problèmes de santé ne l’empêchent pas de continuer à écrire et composer des chansons. Les enregistrements se font toutefois plus rares: il y a une participation au conte musical de Philippe Chatel « Emilie Jolie » en 1979 et un album où il enregistre les chansons de son enfance en 1980.

Quelques jours après son soixantième anniversaire, son état général se dégrade et il décède le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc. Il est enterré « au pied de son arbre » dans le cimetière « des pauvres » à Sète.

A sa mort, quinze nouvelles chansons sont prêtes à être enregistrées. C’est son ami Jean Bertola qui les fait connaître au grand public pour perpétuer le souvenir de Georges Brassens: l’album qui contient notamment les chansons « Pour me rendre à mon bureau » et « La maîtresse d’école » est un grand succès de ventes en 1982.

Entre 1952 et 1976, Georges Brassens a enregistré quatorze albums avec des chansons populaires françaises dont les plus connues ont pour titres « Le Gorille », « Les Copains d’abord », « Chanson pour l’Auvergnat », « Les Amoureux des bancs publics », « La Mauvaise Réputation », « Je me suis fait tout petit », « Les Trompettes de la renommée », « Supplique pour être enterré à la plage de Sète », « La Non-Demande en mariage », « Le Parapluie », « La Chasse aux papillons », « J’ai rendez-vous avec vous », « Brave Margot », « Il n’y a pas d’amour heureux », « Fernande », « Mourir pour des idées » ou « Le roi des cons ».

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LIONEL JJ

JJ Lionel en 1982

L’interprète belge JJ LIONEL naît le 9 août 1947 à Binche sous le nom de Jean-Jacques Blairon. Né dans une famille de musiciens avec une mère pianiste notamment, il commence par apprendre la guitare de manière autodidacte avec des livres et des amis. Comme cela était à la mode au milieu des années 1960, il fonde un groupe musical, « The Rayllisters », dont Marc Wasterlain est le pianiste et chanteur. La formation remporte le tremplin du fameux festival de Châtelet. Jean-Jacques s’inscrit alors au conservatoire de Mons où il obtient un premier prix de contrebasse. Puis il participe à la carrière de différents groupes comme, par exemple, the Wallace Collection entre 1971 et 1973 ou les Two Man Sound en 1975. Enfin, il devient l’un des musiciens attitrés de l’orchestre de l’accordéoniste belge Hector Delfosse qui est une vedette de ce genre musical. Et, en 1981, il est sollicité par le producteur phonographique Marcel De Keukeleire pour interpréter « La danse des canards ». Cette chanson est basée sur une mélodie instrumentale suisse de Werner Thomas (« Der ententanz » en 1957) à laquelle un texte a été ajouté par Eric Genty (aussi connu sous le nom de Guy de Paris), un chanteur à succès des années 1960 en Belgique. Produite par Georges Delfosse, la version instrumentale fut enregistrée d’abord par son frère cadet: l’accordéoniste Hector. La version chantée de JJ Lionel fut enregistrée sur l’autre face du 45-tours. Grâce, notamment, à la chorégraphie associée et au visuel approprié, le disque se vend à 2.500.000 exemplaires.

L’artiste a choisi le pseudonyme de JJ Lionel parce que JJ sont les initiales de son prénom et que Lionel correspond à son signe astrologique du lion. Dans la foulée de cet énorme succès, les chiffres de ventes des disques suivants semblent désuets pour JJ Lionel qui essaie toutefois de poursuivre sa carrière dans la même veine avec des titres comme « La Danse des petits chats » ou « Moi je dois faire pipi ».

Alors qu’il effectue encore des passages télévisés en France avec « La Danse des Canards » dans les années 2000 (chez Patrick Sébastien ou sur M6 dans « Hit Machine »), il réalise, en 2006, un rêve d’enfant en montant un spectacle pour jeune public avec la complicité de son épouse Georgia. L’artiste décède le 14 juillet 2020 dans sa maison de Houthem (Comines, Belgique) d’une tumeur au cerveau.

 

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7 JUIN

Georges Van Parys

7 juin 1902 : Naissance, à Paris, du compositeur français Georges VAN PARYS. Il apprend le piano dans sa jeunesse et découvre, en pleine adolescence, des compositeurs comme Ravel et Debussy qui resteront toujours ses modèles. Dès 1924, il utilise ses talents de pianiste pour accompagner des chanteuses comme Arletty, Lucienne Boyer ou Yvonne George. Trois ans plus tard, il change de registre et se lance dans la composition d’opérettes qui vont obtenir un certain succès: « Lulu » et « L’eau à la bouche » par exemple. Avec l’avènement du cinéma parlant, Georges Van Parys s’oriente vers la musique de film et compose ainsi des centaines de thèmes. Parallèlement à ces activités cinématographiques, il se met aussi à composer des chansons dont certaines vont devenir de grands classiques de la chanson française: « Comme de bien entendu » est interprétée par Arletty et Michel Simon et « La complainte de la butte » est chantée par Cora Vaucaire.

Mais d’autres mélodies viennent étoffer les répertoires de Mouloudji, Danielle Darrieux, Maurice Chevalier, Fréhel et bien d’autres. Quelques unes de ces ritournelles sont d’ailleurs toujours reprises par des artistes contemporains comme Patrick Bruel ou Hélène Ségara. En 1968, il a reçu le Grand Prix de la Musique de la Société des Auteurs français pour l’ensemble de sa carrière. Georges Van Parys décède le 29 janvier 1971 à Paris et il est inhumé au cimetière de Villiers-sur-Marne.
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Jacques Hélian en 1958

7 juin 1912 : Naissance, à Paris, du chef d’orchestre français d’origine arménienne Jacques HELIAN, de son vrai nom Jacques Mikaël Der Mikaëlian. A seize ans, il songe très sérieusement à devenir dentiste mais sa rencontre avec Raymond Legrand, qui apprend le saxophone et qui vient d’épouser sa soeur, modifie son destin. Il abandonne ses études pour la musique et joue du saxophone ainsi que de la clarinette dans la formation de Roland Dorsay. Sa carrière se poursuit au sein d’autres orchestres de renom comme ceux de Jo Bouillon et de Ray Ventura avant qu’il ne forme son propre groupe musical. A ce titre, il enregistre plusieurs disques avant le conflit mondial de 1940. Prisonnier de guerre, il est libéré pour raison de santé en 1943 et il reconstitue très vite un petit band à son nom. A la Libération de Paris, son orchestre va connaître une très grande popularité grâce à la musique de la chanson « Fleur de Paris » qui devient une sorte d’hymne à la Libération.

A la suite de ce succès, sa formation enregistre des dizaines de morceaux entre 1945 et 1949. Les compositions sont alors principalement signées par Loulou Gasté et Henri Bourtayre. Et les chanteurs et chanteuses de la formation ont pour nom Zappy Max, Jean Marco ou Ginette Garcin. Ils sont alors accompagnés d’un groupe de choristes féminines: les Hélianes. En 1951, l’orchestre reçoit le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles-Cros pour la chanson « Tout est tranquille ». Jusqu’en 1956, les meilleurs jazzmen français et américains passent de temps en temps soutenir la formation de leurs talents. Comme c’est le cas pour l’orchestre de Ray Ventura, le groupe de Jacques Hélian joue aussi dans plusieurs films. Le dernier concert est donné le 15 mars 1957. Toutefois, jusqu’en 1979, l’orchestre poursuit sa route avec des musiciens de passage. Jacques Hélian meurt à Paris le 29 juin 1986.

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7 juin 1949 : Naissance, à Scheepdaal, du chanteur comique et acteur belge URBANUS, Urbain Servranckx de son vrai nom. Cet artiste est une véritable star chez les Belges néerlandophones. Un de ses gags a consisté à interpréter, en français (très) approximatif et avec un bel accent flamand, la chanson « Quand les zosiaux chantent dans le bois ». Ce fut un « tube » également dans la partie francophone du pays en 1980.

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Thierry Hazard en 1990

7 juin 1962 : Naissance, à Compiègne, du chanteur français Thierry HAZARD sous son vrai nom de Thierry Desforges. C’est à Sèvres que le petit Thierry passe son enfance. Au début des années 1980, il est le chanteur du groupe GPS (Garage Psychiatrique Suburbain). Mais, après la dissolution du groupe, c’est seul qu’il enregistre son premier 45 tours en 1989: « Poupée psychédélique ». Cette chanson passe un peu inaperçu. Thierry insiste cependant et propose un deuxième titre juste avant l’été 1990: « Le Jerk » est alors un « tube » absolu.

Etrange phénomène: dans la foulée du succès du « Jerk », Thierry Hazard va ressortir ensuite la chanson « Poupée psychédélique » et celle-ci se retrouve numéro 2 des ventes au Top 50 français en 1991. Sur l’album sorti à la fin de l’année 1990 et qui a pour titre « Pop Music », on retrouve ces deux chansons-là mais aussi d’autres succès du moment comme « Les brouillards de Londres », « Un jour c’est oui un jour c’est non » et « Les temps sont durs ». Des refrains qui rappellent tous l’insouciance de la fin des années 1960, le rhythm’n’blues et Nino Ferrer. Comme on ne modifie pas une recette qui plaît, Thierry Hazard propose un second album possédant une ambiance assez similaire au premier en 1993. L’opus a pour titre « Où sont passés les beatniks » et il connaît un succès beaucoup moindre que le précédent album. Thierry Hazard se laisse lentement oublier par la suite, refusant même de céder à la tentation des sirènes d’un show-business cultivant la nostalgie des années 1980 dans les années 2000.
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En 2005

7 juin 1963 : Naissance, à Clichy-sous-Bois (F), du ténor franco-italien Roberto ALAGNA. Elevé dans la tradition par des parents siciliens installés en France, c’est tout à fait naturellement que le petit Roberto chante de tout dans les réunions familiales: variétés, bel canto, chansons napolitaines et siciliennes. Sa rencontre avec un contrebassiste d’origine cubaine, Raphaël Ruiz, va tout changer. Cet homme, qui est aussi professeur de chant, va lui enseigner les bases du chant classique et lui faire connaître l’art lyrique. Jusqu’en 1985, date de la sortie d’un premier 45 tours (« Embrasse-moi »), Roberto interprète ses chansons dans les cabarets parisiens. Mais, en 1988, il s’inscrit au concours Pavarotti qu’il gagne. Et, dès lors, il est reconnu en tant que ténor. Comme tel, il va jouer dans « La Traviata » de Verdi puis se produire sur les plus grandes scènes lyriques mondiales: Scala de Milan, Metropolitan Opera de New York et Opéra Bastille de Paris entre autres. Depuis cette époque, Roberto Alagna a enregistré quantité de disques lyriques en français et en italien. En 2005, il sort un disque d’hommage à Luis Mariano qui se vend à 400.000 exemplaires. En juillet 2006, il crée, au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, un opéra composé par son frère David: « Le dernier jour d’un condamné », adapté de l’oeuvre de Victor Hugo. Un an plus tard, à Marseille, avec sa deuxième épouse Angela Gheorghiu, il participe aussi à la création mondiale d’un opéra composé par Vladimir Cosma d’après Marcel Pagnol: « Marius et Fanny ». Depuis, Roberto Alagna apparaît régulièrement dans de nombreuses émissions de la télévision française et poursuit son chemin artistique sur toutes les scènes de la planète.
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Jean-Pierre François en 1990

7 juin 1965 : Naissance, à Pont-à-Mousson, du chanteur et footballeur français Jean-Pierre FRANCOIS. D’un milieu modeste avec un père ouvrier chaudronnier, entouré de trois soeurs et trois frères, sa première passion est le football dès son plus jeune âge. Il rejoint ainsi le club local du CS Blénod et réussit, par ailleurs, une formation de mécanicien d’entretien. Mais son talent de footballeur l’amène finalement à quitter sa Meurthe-et-Moselle natale pour taquiner le ballon rond dans les clubs de Dijon et de Bâle en Suisse avant de rejoindre l’AS Saint-Etienne où cela se passe mal entre lui et l’entraîneur Robert Herbin. A 23 ans, Jean-Pierre François claque la porte de l’équipe des « Verts » et même, définitivement, celle du football ! En pleine dérive professionnelle, mais aussi sentimentale, l’homme se rend sur la côte d’Azur où une grande partie de ses économies est dépensée en sorties de toutes sortes. Et c’est au cours de l’une des ces longues soirées que Jean-Pierre rencontre Didier Barbelivien qui, passionné de football, connaît le parcours sportif de son interlocuteur. L’auteur-compositeur-interprète lui propose alors de tenter la chanson et lui propose de faire un test de voix sur une chanson qu’il vient d’écrire et de composer : « Je te survivrai ». L’essai est convaincant et l’enregistrement devient, sur disque, l’un des plus gros « tubes » francophones de l’année 1989 avec plus de 500.000 exemplaires vendus. Profitant de l’engouement suscité par ce « hit », Jean-Pierre François se lance dans l’enregistrement d’un album qui sort en 1990: « Des Nuits ». L’artiste y grave un titre qui sera son second et dernier succès de chanteur: « Il a neigé sur les lacs ». Il quitte alors le monde du show-business où il se trouve trop exposé médiatiquement parlant. Il devient, pendant quelque temps, le gérant d’une discothèque à Saint-Cyprien et d’un restaurant à Cavalaire. Puis, en 2002, il renoue avec le foot pour devenir le président d’honneur du club de Ramatuelle. Et on a l’occasion de le revoir exceptionnellement, comme chanteur sur un plateau télé, lorsqu’il vient soutenir sa fille Sandy qui concourt en 2004 lors de la Star Academy 4 aux côtés du regretté Grégory Lemarchal. En 2008, Jean-Pierre François crée, pour le club de Ramatuelle, un centre de formation au football féminin. Et il n’est toujours plus question de chanson pour lui.
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En 2000

7 juin 2001 : Décès, à Dakar au Sénégal, de la chanteuse américaine Carole FREDERICKS. Née le 5 juin 1952 à Springfield (Massachusetts, USA), elle quitte sa région natale à 20 ans pour la Californie où, en accomplissant divers petits travaux, elle commence à chanter. A 27 ans, elle décide de partir tenter sa chance en France. C’est plutôt une bonne idée puisque, dès son arrivée au pays de Voltaire, ses capacités vocales lui permettent d’enregistrer un premier album: « Black Orchid ». Mais c’est surtout comme choriste qu’elle va être très appréciée et, à ce titre, elle va devenir un pilier de studio pour des artistes tels que Thiéfaine ou Gainsbourg dans les années 1980, Johnny Hallyday, Michel Sardou ou Céline Dion dans la décennie 1990. Et puis, en 1990, sa popularité augmente d’un cran lorsqu’elle rejoint Jean-Jacques Goldman et Michael Jones pour former un trio mémorable avec eux. Jusqu’en 1994, Fredericks-Goldman-Jones publient deux albums studio et deux albums live. Ils effectuent trois tournées dans les pays francophones européens. Ses nombreuses activités musicales n’empêchent alors pas Carole de répondre à l’invitation de l’un de ses amis, Alain Delorme, pour qui elle pose sa voix extraordinaire sur une nouvelle version de « Romantique avec toi ». En 1996, alors qu’elle est devenue une vedette à part entière en France, le public est comblé lorsqu’elle répond à ses attentes en enregistrant l’album « Springfield ». L’opus propose quatorze chansons aux styles blues et gospel en anglais dont elle signe les textes. En 1999, un deuxième album paraît sous le titre « Couleurs et parfums » et, cette fois, il est chanté en français. Le premier titre à en avoir été extrait pour les radios est « Personne ne saurait », que Carole interprète avec Poetic Lover, et c’est un « tube ». Les singles suivants auront pour titres: « Qu’est-ce qui t’amène », « Respire » et « Le prix à payer ». Alors que sa carrière solo est en plein devenir, la chanteuse américaine est terrassée par une crise cardiaque en sortant de scène à Dakar (Sénégal), le 7 juin 2001. Les efforts pour la ranimer restent vains. Elle est inhumée à Paris, au cimetière de Montmartre. A Montreuil, ville française de Seine-Saint-Denis, une rue porte le nom de Carole Fredericks depuis 2008.
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