HAILLANT Bernard

Bernard Haillant en 1985 – Photo (c) Christophe Chauvet

Le chanteur français Bernard HAILLANT naît le 24 septembre 1944 à Nancy. Les premiers pas dans la chanson de Bernard Haillant se font en 1959 lorsqu’il crée le groupe « Les Baladins de Nancy » qui se fait un nom dans sa région natale en interprétant ses compositions et en commercialisant un 45-tours autoproduit. Cinq ans plus tard, c’est sous son nom et seul qu’il enregistre un premier disque sous le label Bel-Air où, sur la pochette, on le compare déjà à Brel, Aznavour ou Brassens. L’extended-play (EP) comprend quatre chansons : « Mille boules de neige », « Ma terre », « Si je quitte la ville » et « Les gens viennent ». En 1966, Bernard se décide à s’installer à Paris et y trouve un engagement au cabaret de La Contrescarpe jusqu’à la fermeture de celui-ci en 1970. Parmi ses rencontres de l’époque, il y a notamment Jean Vasca, Christine Sèvres, Rufus ou encore Romain Bouteille. Il se produit également un peu partout en France et à l’étranger. Et il enregistre un deuxième 45-tours avec le titre « Mes enfants » en 1968.
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Lors d’une tournée sur la Côte d’Azur l’année suivante, il rencontre trois musiciens et une chanteuse qui, avec lui, décident de former le groupe Crëche. Ils ont pour nom Jo Akepsimas, Mannick, Jean Humenry et Gaëtan de Courrèges.
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Parallèlement à cette nouvelle aventure musicale, Bernard Haillant enregistre seul un nouveau disque qui bénéficie d’une légère médiatisation en 1970 grâce à la chanson « Le jour où nous serons vieux ». Il enchaîne l’enregistrement de son premier album en 1971 avant de réaliser un voyage bouleversant dans le Pacifique. Puis, l’artiste revient poursuivre ses tournées avec le groupe Crèche qui accueille deux nouveaux membres : Didier Desmas et Charles Gancel. Le deuxième 33-tours de Bernard Haillant est commercialisé en 1974 et a pour titre « Les riches heures du temps qui passe ».
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En 1975, il interprète trois chansons du spectacle de Robert Hossein « La Prodigieuse aventure du Cuirassé Potemkine » qui est proposé au Palais des Sports de Paris. Les titres sont composées par Maxime Le Forestier, Yvan Dautin et Alain Ledouarin et ils se trouvent sur un 45-tours. Le chanteur repart pour d’autres voyages dans les îles du Pacifique et ces derniers vont inspirer son troisième album de 1976 : « Petite soeur des îles ».
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L’aventure du groupe Crëche se termine en 1977 et Bernard développe plus encore sa carrière de soliste. La même année, il assure la première partie du récital de Maxime Le Forestier au Palais des Congrès de Paris. Il enregistre ensuite quatre albums jusqu’en 1987, date à laquelle Bernard Haillant crée une œuvre originale : « Remonter la rivière ». Il sort alors du format de la chanson traditionnelle pour réaliser un oratorio pour soliste, chœurs et orchestre. Il s’agit d’un poème symphonique où il fait un retour sur son enfance et sa jeunesse. Mais aussi sur la mort et, en particulier, celle de sa mère qui vient de se produire.
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Dans la foulée de ce disque hors-format, il fonde avec des amis l’association « Remonter La Rivière » qui est une structure lui permettant d’enregistrer les chansons qu’il souhaite sans subir les contraintes d’un directeur artistique et d’une maison de disques. Il devient son propre producteur et en assume tous les risques. Pour ses enregistrements, Bernard Haillant reçoit deux prix de l’Académie Charles-Cros: en 1982 et en 2001. Et, toujours au niveau des distinctions, il reçoit aussi la Grand-Prix de la SACEM, la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique français. Le dernier opus enregistré par l’artiste sort le 30 mars 2001. Il a pour titre « L’homme en couleur » et évoque une fois de plus le Pacifique et les îles avec la Nouvelle-Calédonie et les Kanaks.
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En juillet 2001, Bernard Haillant est sur la scène du festival « Chansons de parole » à Barjac (Ardèche). Il s’agit de ce qui se révélera être sa dernière apparition publique. Le chanteur décède le 17 avril 2002 à Paris. Il est inhumé au cimetière parisien d’Ivry. Sur la dizaine d’albums enregistrée au cours de sa carrière, l’artiste crée ses propres chansons mais se promène aussi, d’une manière très personnelle, dans les répertoires de Louis Aragon, Boris Vian et Maxime Le Forestier. Les thèmes abordés par Bernard Haillant sont très divers, sérieux et humains. Sa voix est puissante et, dans ses enregistrements, elle est toujours mise en avant pour faciliter l’audibilité des textes qui, ici, ont une grande importance. Cette façon de travailler, qui ne correspond à aucune tendance et mode, a la particularité de rendre les chansons de Bernard Haillant intemporelles. Mais, du coup, ces chansons ont toujours eu trop peu de chances d’être diffusées sur les radios qui pouvaient les rendre « populaires ». Avec le temps, Haillant est devenu un artiste apprécié par une certaine catégorie d’afficionados de la chanson française qui a finalement constitué son public de prédilection. Pendant toute sa carrière, le chanteur s’est aussi attaché à jouer d’un maximum d’instruments sur ses enregistrements: guitare, percussions, flûte ou violon par exemple. Un coffret reprenant en CD les huit premiers albums que Bernard Haillant a enregistrés entre 1972 et 1987, et intitulé « Je vous enchanterais les mots », est sorti en 2007 chez EPM. Le bel objet est à ce moment présenté lors du festival « Chansons de Paroles » à Barjac (Ardèche) à l’initiative de Jofroi, chanteur et alors organisateur de la manifestation. La mémoire de Bernard Haillant est perpétuée grâce au site web qui lui est consacré et qui  vous permettra de mieux le connaître, de partager vos souvenirs de l’artiste ou encore de commander les oeuvres du chanteur.
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BARJAC (F) du 30 juillet au 4 août 2016: un festival qui change de nom sans Jofroi

Logo bleuIl y a décidément, à notre époque, une véritable honte du nom établi. Il faut que tout change sous prétexte qu’un nom vieillit et se démode aujourd’hui plus vite qu’hier. Les exemples sont de plus en plus nombreux: le festival parisien de « Vive la Reprise » devient « Et la chanson va », le festival « Chantons Français » de Bruxelles est devenu le « Francofaune » et voilà qu’à Barjac aussi le festival « Chansons de parole » s’appelle désormais « Barjac m’en chante ». Mais au lieu de dénigrer ces appellations qui se veulent toutes plus « modernes » les unes que les autres, il faut se féliciter qu’elles restent francophones dans leur nom, leur ADN et leur programmation. Ce qui n’est pas le cas de certaines « Francofolies » comme celles de Spa ou La Rochelle  dont le titre ne correspond plus vraiment au côté délibérément international et anglo-saxon de la plupart des concerts proposés. Enfin, il faut aussi se réjouir du fait que le changement de libellé est toujours meilleur que l’arrêt, même partiel ou différé, d’un festival. Et mon regard se tourne ici vers Montauban et son regretté festival « Alors Chante! » qui ne semble pas avoir trouvé son nouveau souffle à Castelsarrazin.
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Pour en revenir au festival « Barjac m’en chante », il est donc organisé par l’association « Chant Libre » qui gérait depuis 1995 le festival « Chansons de Parole » qui vient donc d’être rebaptisé. Mais ce changement d’appellation en 2016 est lié au fait que le chanteur belge Jofroi, citoyen de Barjac depuis de nombreuses années, n’en est désormais plus le directeur artistique. Il a été remplacé dans cette tâche par une personne qui n’est pas un inconnu dans le « métier » mais qui n’est pas un artiste: Jean Claude Barens. La séparation ne s’est pas faite sans mal: Jofroi a déposé le nom de « Chansons de parole » comme étant sa propriété et se réserve le droit de l’utiliser peut-être à nouveau dans l’avenir.
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En tous cas, pour ce qui est du festival de Barjac proprement dit, force est de constater que, si des modifications importantes doivent éventuellement intervenir au sein de la programmation, elles ne semblent pas encore affecter l’esprit de l’édition 2016. Les afficionados de la chanson francophone à texte retrouveront ainsi avec plaisir des artistes comme Michèle Bernard, Debout sur le zinc, Agnès Bihl ou Romain Didier entre autres.
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Voici le programme du festival « Barjac m’en chante » 2016 :
* Samedi 30 juillet :
Dans la cour du château à 21h30 : Philippe TORRETON + Michèle BERNARD
* Dimanche 31 juillet :
Dans la cour basse de l’école publique à 15h00 : ICI BABA (pour jeune public)
Sous chapiteau à 17h00 : Valérie MISCHLER + Philippe GUILLARD
Dans la cour du château à 21h30 : Ben MAZUE + Chloé LACAN
* Lundi 1er août :
Dans la cour basse de l’école publique à 15h00 : MARTINTOUSEUL (pour jeune public)
Sous chapiteau à 17h00 : Fabien BOEUF + Marie BARATON
Dans la cour du château à 21h30 : Liz VAN DEUQ + Romain DIDIER
* Mardi 2 août :
Dans la cour basse de l’école publique à 15h00 : SEVANE
Sous chapiteau à 17h00 : Zoé MALOUVET + Eric MIE
Dans la cour du château à 21h30 : DELINQUANTE + WALLY & Vincent ROCCA
* Mercredi 3 août :
Dans la cour basse de l’école publique à 15h00 : JULIETTE Z
Sous chapiteau à 17h00 : Mehdi KRUGER + Danny BUCKTON Trio
Dans la cour du château à 21h30 : Valérian RENAULT + Agnès BIHL
* Jeudi 4 août :
Dans la cour basse de l’école publique à 15h00 : CALEU
Sous chapiteau à 17h00 : BALIMURPHY + Marie COUTANT
Dans la cour du château à 21h30 : ESKELINA + DEBOUT SUR LE ZINC
Dans la cour basse de l’école publique à 23h30 : Les GRANDES BOUCHES
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BARJAC (F) : le festival CHANSONS DE PAROLE fête sa vingtième édition du 25 au 30 juillet 2015

Affiche 2015A l’écart des produits médiatisés et des grandes foires de la musique, cet humble festival est devenu, à travers toute la francophonie, emblématique à la fois d’un patrimoine rare et d’une chanson engagée et responsable, libre et intemporelle. S’il s’appelle « Chansons de parole », son fondateur Jofroi rappelle néeanmoins qu’il ne s’agit pas ici nécessairement de la belle phrase ou de l’image poétique mais de la vérité de la parole donnée, la simplicité de la parole vécue, la générosité de la parole partagée. Et tout ça en chansons.
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Dès le premier soir, le samedi 25 juillet 2015, les spectateurs seront invités à la grande soirée d’anniversaire avec, autour de Jofroi, des amis du festival venus le retrouver dès 21h30 : Agnès Bihl, Michel Bühler, Romain Didier, Imbert Imbert, Yvette Théraulaz et Katrin’Waldteufel. D’autres artistes familiers du festival se produiront tout au long de cette 20e édition. Et puis, comme chaque année, le festival proposera son lot de conférences, de projections, de débats, d’animations et de concerts-découvertes.

En voici le programme :
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* Samedi 25 juillet après-minuit sous chapiteau : Catherine Huard, jeune artiste québecoise interprétant les grands poètes de son territoire natal.
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* Dimanche 26 juillet
11h. en la Salle Regain : conférence de Michel Trihoreau : « La chanson de circonstance ».
17h. sous chapiteau : Mèche, groupe avec Clémence Chevreau au chant, Damien Nison aux claviers, Benjamin Riez à la basse et Dimitri Delporte à la batterie.
18h30 sous chapiteau : Gilles Roucaute
21h30 dans la cour du château : Claire Elzière chante Allain Leprest + Bernard Joyet
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* Lundi 27 juillet
11h. en la Salle Regain : « Sillons sillages » avec Gérard Pierron, mélodiste.
12h. Esplanade : remise du prix Jacques Douai
17h. sous chapiteau : Guillaume Ledent (B)
18h30 sous chapiteau : Benoît Paradis Trio (QC)
21h30 dans la cour du château : From & Ziel + Flow
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* Mardi 28 juillet
11h. en la Salle Regain : projection de « Qui c’est celui-là ? Pierre Vassiliu », documentaire de Laurence Kirsch et Valérie Cibot.
12h. Esplanade : Antoine Fetet présente son CD « L’oiseau qui d’un coup fend la nuit ».
17h. sous chapiteau : Olivier Foucher
18h30 sous chapiteau : Sale Petit Bonhomme
21h30 dans la cour du château : Yves Teicher chante Charles Trénet + Bratsch
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* Mercredi 29 juillet
11h. en la Salle Regain : projection de « Le prix de la révolte, Tachan, 40 ans de chanson », documentaire de Christophe Régnier.
12h30 Esplanade : le Centre de la Chanson présente le lauréat du prix « Vive la reprise », Jules Nectar, et Christiane Courvoisier présente son CD « Entre la mer et le spectacle ».
17h. sous chapiteau : Jules Nectar
18h30 sous chapiteau : Emilie Marsh
21h30 dans la cour du château : Alain Sourigues + Bruno Ruiz
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* Jeudi 30 juillet
11h. en la Salle Regain : projection de « Le prix de la révolte, Tachan, 40 ans de chanson », documentaire de Christophe Régnier.
15h. en la Salle Regain : rencontre avec Henri Tachan.
12h30 Esplanade : l’Association Bernard Dimey de Nogent présente le CD « Dimey Pluriel – de Nogent à Montmartre ».
17h. sous chapiteau : Claud Michaud (QC).
18h30 sous chapiteau : Léonid.
21h. dans la cour du château : Gryf »’ (François Gaillard) + Yves Jamait chante « Au revoir Tachan » en présence d’Henri Tachan.
A minuit dans la Cour de l’Ecole publique : clôture festive avec la fanfare Taraf Goulamas.
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Programme complet sur le site: www.chansonsdeparole.com
Billetterie : 07 60 38 66 41 (bon de réservation à télécharger sur le site).
Prix des places : totale (160€), forfait 6 soirées (110€), soirée château (25 €/18€), chapiteau (10€).
Jofroi a été l’invité de TV5 Monde et vous pouvez découvrir ou revoir l’entrevue en CLIQUANT ICI

 

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Barjac (F) : festival « Chansons de parole » fin juillet 2014

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