VERLOOVEN Roland (ARMATH)

Le compositeur, producteur et directeur artistique belge Roland VERLOOVEN, également connu sous le pseudonyme d’ARMATH, naît le 2 mars 1938 à Gand (Gent). Roland est très tôt sensibilisé à la musique par son grand-père qui l’emmène souvent à l’opéra de Gand. Il est donc jeune lorsqu’il se destine à apprendre la musique et à se diriger vers l’Académie où, à l’époque, les cours se donnent en français malgré le fait que sa ville natale soit en Flandre. Cela lui permet aussi de se familiariser très vite avec la langue de Voltaire. Il se destine alors à jouer du saxophone mais l’instrument est cher et n’est pas dans ses moyens. Alors, lorsque son père lui annonce un jour qu’il a rencontré un musicien jouant dans une harmonie voulant se séparer de son trombone, il n’hésite pas à le racheter. Son instrument sera donc le trombone et il en joue tant et tant qu’il finit par se faire embaucher, à l’âge de seize ans, dans la formation « Glenn Miller Story » qui se produit dans tous les bals populaires de la région bruxelloise. Avec un très grand succès populaire à chaque représentation : « When the Saints go marchin’ in ». Il joue ensuite dans diverses formations et se retrouve aussi à pratiquer son instrument lors de sessions d’enregistrement en studio. Et puis, aussi, il compose. Et, enfin, il est engagé par la filiale belge de la maison de disques française Vogue pour développer le catalogue local de la Flandre. Roland Verlooven va ainsi composer les premières chansons du chanteur à succès flamand Willy Sommers qu’il découvre dans les rangs de l’harmonie de Halle. Dès 1971, il lui propose un « tube » avec le titre « Zeven anjers, zeven rosen » qu’il signe sous le pseudonyme Armath qu’il trouve enL inversant les lettres du prénom de son épouse qui s’appelle Martha.

La mélodie devient très vite en français « Une fleur rien qu’une rose », un premier hit pour le groupe franco-belge Crazy Horse.

A ce moment, un artiste belge bruxellois, qui enregistre des disques festifs d’ambiance chez Olympia depuis trois ans, le Grand Jojo, signe un contrat chez Vogue et permet à Armath de lui proposer un premier titre : « Le tango du Congo », commercialisé en 1972. Le 45-tours se vend bien et est le début d’une longue collaboration avec l’artiste emblématique dont l’apogée sera sans doute atteinte en 1986 avec la chanson « E Viva Mexico », l’hymne officiel des « Diables Rouges », l’équipe nationale belge de football qui se retrouve en demi-finale de la coupe du monde au Mexique.

Parmi les autres titres composés par Armath pour le Grand Jojo, on peut encore citer « Les oranges », « Ookie pookie », « Sergent Flagada », « Sitting Bull », « Les petites boules pour la toux », « Angelina », « Anita », « Gina Stromboli », « Vive les saints » ou encore « Victor le footbaliste ». En 1972 aussi, on lui présente un jeune interprète belge francophone qui a pour nom Christian Vidal. Il lui compose les deux titres d’un premier 45-tours qui obtient un succès d’estime : « Bye bye Birdie » et « Un peu de sympathie ». Mais, en 1973, il lui offre un énorme « tube » qui dépasse de loin les frontières de la Belgique : « Angélique ».

Par la suite, les autres succès de Vidal composés par Armath ont pour nom « Sérénade » (1974), « Chanson nostalgique » (1974), « De je t’aime en je t’aime » (1974) ou « Si tu voulais » (1975). La chanson « Sérénade » connaîtra aussi un petit succès en allemand sous le titre « Diese kleine serenade » (1974). En 1973 toujours, le chanteur néerlandophone Willy Sommers enregistre quelques-unes de ses mélodies en français à destination du public français. Mais, contrairement à un autre artiste flamand nommé Paul Severs qui place une de ses chansons dans le hit-parade de la radio française RTL présenté par André Torrent (« Si tu m’aimes comme je t’aime »), il ne réussit pas à profiter de la vague des chanteurs de charme belges qui déferlent alors sur la France. A la fin des années 1970, Armath compose « Une heure du matin » et « La fête » pour Franck Olivier qui, avec cette chanson,  participe à la sélection belge pour le concours Eurovision de la Chanson 1978.

Dans les années 1980, il compose encore pour divers artistes francophones belges comme Di Quinto Rocco (« Je t’aime bien papa » en 1980 qui connaît un très grand succès populaire grâce, surtout, au développement des radios libres) et Johny Fostier (« Cette mélodie » en 1982).

En 1985, il est le producteur, sous le nom de Roland Verlooven, du disque enregistré par le footballeur italo-belge Enzo Scifo avec la chanson « Gagné d’avance », adaptation par Jacques Duvall d’un titre de Toto Cutugno (« Innamorata ») déjà repris quelques années plutôt par le chanteur français Ringo (« Un homme ne pleure pas »).

Et, avec Théo Linder, il produit Jo Lemaire en 1990 pour les titres « C’est mon bateau » et « Un mot ne suffit pas ».

L’une des dernières traces artistiques de Roland Verlooven (Armath) date de 1998 lorsqu’il retrouve Christian Vidal qui écrit les textes sur six de ses compositions reprises sur l’album « Chante-nous la vie » de Nathalie Paque. Côté néerlandophone, il a travaillé, notamment, avec Rocco Granata, Louis Neefs, Luc Steeno, Johnny White, Jimmy Frey, Will Tura, Bart Kaëll, Helmut Lotti, Get Ready, Clouseau et Ingeborg. Au début des années 2000, il quitte l’Espagne où il vit depuis de nombreuses années pour revenir vivre en Belgique à Keerbergen. C’est là qu’il développe la maladie d’Alzheimer qui l’oblige à rejoindre la maison de repos Damiaan à Tremelo où il décède le 1er novembre 2017.
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16 DECEMBRE

Pierre Delanoë en 1982 – Photo (c) Zegilbos

16 décembre 1918 : Naissance, à Paris, du parolier français Pierre Leroyer mieux connu sous le pseudonyme de Pierre DELANOË. Ayant suivi des études de droit, il devient contrôleur fiscal avant la seconde guerre mondiale. A la libération, il sympathise avec son beau-frère Franck Gérald qui est compositeur pour des chanteurs connus. Il se pique alors au jeu de placer des textes sur les mélodies de son beau-frère. Puis, ils se mettent à interpréter leurs chansons en duo. En 1948, ils enregistrent ensemble « Y’a un pli au tapis du salon ». Deux ans plus tard, alors que Pierre continue à écrire des paroles pour le duo, l’animateur et auteur de chansons Jean Nohain le présente à la chanteuse Marie Bizet qui décide d’enregistrer deux de ses textes: « Je cherche un mari » et « Quand vous reviendrez chez moi ». Et c’est Marie Bizet qui va lui permettre de rencontrer le jeune musicien qui sera le futur Gilbert Bécaud. Avec lui, il crée la chanson « Mes mains » que Lucienne Boyer interprète la première à l’Alhambra de Paris en 1953. Pierre prend alors le pseudonyme de Delanoë qui lui est inspiré par le nom de sa grand-mère. La radio est en train de se développer et, avec elle, l’apparition de stations dites périphériques comme Radio Luxembourg et Europe N°1. Pierre est sollicité pour devenir le directeur des programmes de la toute jeune Europe 1. Il démissionne de son boulot aux Finances pour prendre les rênes de la radio jusqu’en 1960. Simultanément, il multiplie l’écriture de succès pour Gilbert Bécaud qui devient une vedette. En 1957, il lui écrit « Salut les copains » qui devient, quelques années plus tard, le titre d’une émission de radio et d’un magazine mythiques destinés aux jeunes « yé-yés ». En 1958, il est l’auteur de la chanson « Dors mon amour » qui, interprétée par André Claveau, remporte le concours Eurovision. Au début des années 1960, tout en poursuivant sa collaboration avec Bécaud, il adapte en français plusieurs chansons de Bob Dylan pour Hugues Aufray mais il signe aussi les textes du « Rossignol anglais » ou de « Stewball ». Il écrit ensuite des « tubes » pour des artistes aussi variés que Michel Fugain (« Je n’aurai pas le temps », « Une belle histoire », « Fais comme l’oiseau »), Michel Polnareff (« Le bal des Laze »), Joe Dassin (« Les Champs-Elysées », « L’été indien »,), Michel Sardou (« Les vieux mariés », « Les lacs du Connemara », « Etre une femme »), Gérard Lenorman (« La ballade des gens heureux », « Voici les clés », « Si j’étais président »), Claude François (« C’est de l’eau c’est du vent »), Nana Mouskouri (« L’amour en héritage »), François Valéry (« Aimons-nous vivants »), etc. Le nombre de textes écrits par Delanoë tourne autour des 5.000. Au début des années 1970, il adapte en français deux comédies musicales américaines à succès: « Godspell » et « Jésus-Christ Superstar ». Pierre Delanoë est aussi le président de la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs Musicaux française, la SACEM, de 1984 à 1986 puis de 1988 à 1990 et, enfin, de 1992 à 1994. En octobre 1997, il enregistre et commercialise un disque compact où il interprète notamment quelques chansons célèbres dont il a écrit les paroles comme « Les Champs-Elysées », « Tête de bois », « La ballade des gens heureux » ou « Ca va pas changer le monde ». Le disque n’est pas un succès mais il est très correct et Delanoë y révèle une belle voix grave et juste. La même année, l’auteur se voit décerner le Grand prix des poètes de la SACEM. Pierre Delanoë décède à Poissy le 27 décembre 2006 à l’âge de 88 ans. Il est inhumé au cimetière de Fourqueux dans les Yvelines.

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Christian Vidal en 1976 – Photo (c) B. Baudet

16 décembre 1950 : Naissance, à Bruxelles, du chanteur belge Christian VIDAL sous le nom de Christian Balencourt. Adolescent, il ne pense qu’à une chose: devenir chanteur. Et, pour ce faire, il tente une première expérience musicale au sein d’un groupe de bal bruxellois: les Snakes. Après une audition, il est remarqué par un producteur qui lui fait enregistrer un premier 45 tours en 1972: « Un peu de sympathie ». Cet essai est très encourageant mais connait un succès limité. Il faut donc persévérer et accrocher à son répertoire léger une mélodie agréable qui reste dans l’oreille. C’est fait en 1973 grâce à Armath, alias Roland Verloven, et Jean-Claude Albin qui lui écrivent le tube de la rentrée: « Angélique ». Le vinyle se vend à plus de 1.500.000 exemplaires.

Par la suite et pendant trois ans, les chansonnettes de Christian Vidal sont encore largement diffusées par les radios françaises: « Sérénade » (1974), « La chanson nostalgique » (1974), « Le premier matin » (1974), « De je t’aime en je t’aime » (1974), « Les yeux de Marie » (1975), « Si tu voulais » (1975) et « Julia » (1976). Son contrat discographique avec la firme Vogue arrivant à son terme, Christian Vidal va alors éprouver des difficultés à se maintenir dans le circuit malgré de bonnes chansons enregistrées pour l’unique marché francophone belge: « Toi Gabrielle » (1981), « Un clown dans la vie »(1982), « Mais chanter populaire » (1983), « On est bien dans sa peau » (1983), « You girl » (1983), « Amazony » (1984) ou encore, à destination du jeune public, « Le canard Roland », adaptation française de « Mamma Maria » des Ricchi E Poveri en 1985. Au fil du temps, Christian Vidal s’attache aussi à écrire et à composer lui-même quelques-unes de ses chansons comme « Mais qu’est-ce que j’ai » ou « Rien dire du tout ». Par la suite, l’artiste va s’essayer au théâtre à Bruxelles avant de vivre quelques années loin de sa Belgique natale. En 1994, 20 ans après ses premiers succès, surfant sur la vague nostalgique des années 1970, il commercialise un premier disque compact où il réenregistre ses grandes chansons populaires comme « Angélique » et « Sérénade » entre autres. Et il est alors régulièrement invité par le regretté Pascal Sevran dans ses émissions télévisées françaises: « La chance aux chansons » ou « Chanter la vie ». A la fin des années 2000, Christian Vidal fait partie des artistes à l’affiche de « La tournée des idoles » qui est une espèce de version belge du spectacle français « Age tendre et tête de bois ». Il y figure aux côtés de chanteurs vedettes des années 1960 et 1970 comme Franck Olivier, Robert Cogoi, Alain Delorme, Christian Adam ou Baldo. Dans les années 2010, Christian Vidal tente d’obtenir des prestations dans la tournée « Age tendre et tête de bois », produite par Michel Algay, mais cette dernière s’interrompt en 2015 avant que le projet ne se réalise éventuellement. En 2019, il annonce la sortie d’un album comportant quelques-uns de ses grands succès mais aussi des chansons nouvelles qu’il teste sur scène comme à Soignies (B) lors de la fête du Parc Pater le 14 septembre.

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Liane Foly en 2002 – Photo (c) Christophe Gstalder

16 décembre 1962 : Naissance, à Lyon, de la chanteuse et imitatrice française Liane FOLY sous le vrai nom d’Éliane Falliex. Ses parents, revenus d’Algérie lors de l’indépendance de ce pays en 1962, ouvrent une droguerie à Lyon où Eliane naît quelques mois plus tard. Le père et la mère d’Eliane favorisent son apprentissage artistique en lui donnant la possibilité d’apprendre le piano, le solfège et la danse dès ses cinq ans. Adolescente, la jeune fille est embauchée dans l’orchestre familial « Black and white » où elle est la chanteuse. Son père est le producteur du groupe, sa mère réalise les costumes, son frère est à la batterie et sa soeur au piano. Plus tard, alors que le groupe se dilue naturellement, Eliane continue à chanter en se produisant partout où on l’accepte. A treize ans, elle gagne un concours de chant et, par la suite, elle se spécialise de plus en plus dans le jazz et le blues. Elle décide toutefois à ce moment de poursuivre ses études et de passer son bac avant de s’intéresser plus avant à la musique. En 1984, le jeune auteur Philippe Viennet la remarque et lui présente le compositeur André Manoukian. Ensemble, ils vont longuement préparer quelques chansons. En 1985, Eliane Falliex devient Liane Foly et sort un premier 45 tours chez Epic avec la chanson « Besoin de toi » qui ne marche pas. Elle signe alors un contrat avec Virgin France qui commercialise ses véritables premiers succès: « Ca va ça vient » et « Love me love moi » extraits de l’album « The man I love » en 1988.

Mais la véritable gloire de Liane Foly va venir avec la sortie de l’opus « Rêve orange » en 1990. Ce dernier contient quelques tubes qui vont installer la chanteuse: « Au fur et à mesure » et « Va savoir » par exemple. En 1992, lors de la sortie du dessin animé de Disney, Liane Foly partage avec Charles Aznavour la version française du thème musical de « La belle et la bête ». Un an plus tard, elle sort son troisième album, « Les petites notes », avec la chanson « Doucement » qui est un hit. En 1994, elle connaît le succès avec le titre « Heures hindoues » signé Etienne Daho. L’album suivant sort en 1997: « Caméléon » connaît une popularité moindre. Quelques mois plus tard, sous le titre « Acoustique », Liane Foly enregistre un album où elle revisite ses plus grands succès mais aussi des reprises comme « La vie ne m’apprend rien » de Daniel Balavoine. C’est l’époque où l’artiste décide de s’installer et de vivre à Londres. En 2001, la chanteuse renoue véritablement avec le succès populaire grâce à l’album « Entre nous » qui renferme les tubes « On a tous le droit », « Ces petits riens » et « Etre vrai ». Elle y reprend aussi « La chanson d’Hélène » initialement interprétée par Romy Schneider dans le film « Les choses de la vie ». En 2002, pour ses 40 ans, Liane Foly sort une compilation de tous ses succès avec deux inédits: « Vivre » et « A l’intérieur ». Puis, en 2004, elle commercialise un album de chansons, « La chanteuse de bal » qui l’éloigne du jazz sans vraiment l’adouber comme chanteuse de variétés. Cette difficulté à se situer ne la favorise pas auprès du public qui aime poser des étiquettes sur le dos des artistes. En pleine crise de confiance, Liane Foly suit les conseils de quelques amis qui estiment qu’elle possède un talent certain d’imitatrice. Elle décide ainsi de réaliser « La parenthèse enchantée », un spectacle d’imitations qui va connaître un grand succès et qui va l’éloigner pendant quelques années des studios d’enregistrement. En 2015, Liane Foly revient à la chanson et annonce un nouvel album pour mars 2016. Mais cet opus ne sera pas un retour aux oeuvres originales: « Crooneuse » reprend en effet toute une série de standards de la chanson française comme « C’est extra » de Léo Ferré ou « La Boîte de Jazz » de Michel Jonasz.

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