Interprète néerlandaise de Brel, la chanteuse Liesbeth List est décédée

Liesbeth List reçoit son disque d’or des mains de Jacques Brel le 26 octobre 1971 (c) Rob Mieremet – Anefo – DP – Wikimedia

Le décès de Liesbeth List a été constaté le mercredi 25 mars 2020 à son domicile de Soest aux Pays-Bas. Elle avait 78 ans. Née sous le nom d’Elly Driessen le 12 décembre 1941, l’artiste voit le jour à Bandung en Indonésie. Elevée dans une famille d’accueil au Japon, Liesbeth List arrive à Amsterdam à l’âge de 18 ans. Elle commence à chanter en 1961 et enregistre une dizaine de disques en français et en néerlandais. En 1965, elle est l’une des représentantes des Pays-Bas à la Coupe d’Europe du Tour de Chant de Knokke où son équipe gagne. Elle y interprète « Va t’en loin » et « Voyage de noces » sur des musiques de Gilbert Bécaud et des paroles de Maurice Vidalin. Quelques mois plus tard, elle grave les chansons « Non c’est rien » et « L’amour qu’il fera demain » sur un 45-tours. En 1967, elle enregistre un super 45-tours en français avec des chansons orchestrées par Claude Bolling et signées par Robert Nyel, Jean Renard, Pierre Delanoë, Eddy Marnay et Michel Jourdan. Elle enregistre aussi, la même année, « Sous le soleil exactement » de Serge Gainsbourg et « Vivre pour vivre » de Francis Lai et Pierre Barouh. Puis, elle commercialise les titres « L’oiseau qui s’est perdu » (1968) et « L’enfant blond » (1968). La chanteuse se produit ensuite sur scène avec quelques grands noms de la chanson française comme Gilbert Bécaud ou Charles Aznavour (à qui elle consacre un album en anglais en 1976). Fait marquant de sa carrière : elle reçoit un disque d’or pour l’album où elle reprend, en néerlandais, onze chansons de Jacques Brel (« Liesbeth List zingt Jacques Brel », 1969). La récompense lui est même remise par l’artiste belge en personne en 1971.

En 1977, elle enregistre un album de douze chansons francophones : « Madame mélancolie ». Liesbeth List ne chante alors plus en français avant l’an 2000 lorsqu’elle se retrouve sur scène pour interpréter un spectacle d’hommage à Edith Piaf. Elle enregistre d’ailleurs, ensuite, un duo virtuel avec Edith Piaf : « Non je ne regrette rien » (2001).
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4 MAI

DAVE dans les années 1970

4 mai 1944 : Naissance, à Amsterdam, du chanteur hollandais Wouter Otto Levenbach mieux connu sous le pseudonyme de DAVE. Son père était prof d’anglais et sa mère danseuse classique. Alors qu’il est adolescent, son père lui apprend la guitare et le piano. Côté études, il se tâte et hésite entre la théologie et le droit. Mais il se découvre une passion pour les voyages et, en 1963, il est à Londres où il enregistre un premier 45 tours sous le nom de Dave Rich. Le disque sort aux Pays-Bas et ne connaît qu’un succès très limité. Après cette première expérience musicale peu concluante, il décide de quitter le pays sur un bateau pour remonter par les canaux jusqu’en France et, pourquoi pas, jusqu’à Marseille. Il y parvient et, armé de sa seule guitare, il « fait la manche » sur les terrasses des cafés de la Côte d’Azur pour subsister. En 1968, la chance lui sourit lorsque Eddie Barclay le remarque à Saint-Tropez. Le producteur lui permet d’enregistrer huit 45 tours jusqu’en 1972. Entretemps, en 1969, Dave parvient à être sélectionné pour la soirée désignant le candidat hollandais pour le Concours Eurovision de la Chanson. Son titre en néerlandais, « Niets gaat zo snel », se classe 3e sur 10 et c’est finalement la chanteuse Lenny Kuhr qui représente son pays avec « De troubadour ». Avec de grosses lunettes rondes et sous le nom de Dave Levenbach, la même année il participe, pour les Pays-Bas, à la Coupe d’Europe du tour de chant à Knokke en Belgique. L’équipe batave se classe 5e sur 6, juste derrière la France où chante Michèle Torr, tandis que l’Espagne remporte la compétition. De 1971 à 1974, il réussit à décrocher un rôle dans la comédie musicale Godspell. Le succès du spectacle commence à porter ses fruits et Dave envisage sérieusement de démarrer une vraie carrière de chanteur lorsqu’il change de maison de disques en 1974. C’est donc chez CBS qu’il enregistre « Mille et une vies », une chanson qui, comme beaucoup d’autres avant elle, ne marche pas pour Dave qui a pourtant des qualités vocales évidentes. Il apparaît alors clairement qu’il lui manque « la » chanson qui va tout déclencher. Cette mélodie, il l’entend au début de 1974 et elle est interprétée par un groupe de musiciens anglais, The Rubettes, sous le titre « Sugar baby love ». Il en fait l’adaptation française avec un jeune auteur inconnu, Patrick Loiseau, et la chanson « Trop beau » est un des « tubes » de l’été 1974.

Conscient qu’il ne faut pas laisser retomber le soufflé, Dave pense qu’il faut poursuivre dans la même veine musicale et reprend cette fois un « tube » anglo-saxon de Del Shannon sorti en 1961: il fait de « Runaway » « Vanina » qui va se vendre à des millions d’exemplaires. Pendant un an, Dave va reprendre en français des chansons anglo-saxonnes (« Mon coeur est malade » de Mike Batt ou « Dansez maintenant » de Glenn Miller) mais l’album qu’il enregistre en 1975 prouve qu’il peut se constituer un répertoire avec des succès personnels comme « Du côté de chez Swann », « Il n’y a pas de honte à être heureux » et « Ophélie » par exemple.

Après cet album, les galas, les spectacles, les tournées et les « tubes » se succèdent: « La décision » (1976), « Hurlevent » (1976), « Est-ce par hasard »(1977), « Lettre à Hélène » (1978), « Comment ne pas être amoureux de vous » (1978), « Pour que tu me comprennes » (1978), « Allo Elisa » (1979), « Week-end » (1980), « L’année de l’amour » (1981), etc. La fin des années 1980 et les années 1990 sont un peu plus difficiles pour Dave comme pour beaucoup d’autres chanteurs français ayant commencé durant les seventies. Cependant, l’artiste n’arrête jamais de tourner dans des théâtres de province, sur les podiums des radios ou encore sur des paquebots de croisière dans les Caraïbes. En 1994, la maison de disques CBS, devenue Sony Music, sort une compilation pour les 20 ans de carrière de Dave. Celle-ci connaît un extraordinaire succès et, dans la foulée, l’artiste enregistre un nouvel album dont un titre sera à nouveau plébiscité par les radios: « Boulevard des sans amour ». Puis, deux ans plus tard, il consacre un disque compact à interpréter des mélodies classiques qui « collent » parfaitement à sa voix. En 2001 et 2002, il assure, avec Marc-Olivier Fogiel, les commentaires du Grand Prix Eurovision de la Chanson pour France 3. Quatre ans plus tard, l’artiste publie un nouvel album, cette fois sous son vrai nom de Dave Levenbach: « Tout le plaisir a été pour moi ». Depuis, Dave multiplie les activités hors chanson: il participe à des pubs pour le fromage hollandais, il co-anime des émissions de radio et de télé et il est membre du jury de l’émission « La France a un incroyable talent ». En 2011, il revient à la musique et, avec l’équipe de Ben l’Oncle Soul, il enregistre un album où il revisite ses plus grands succès à la sauce soul et r’n’b. En 2013, il rejoint la troupe d' »Age Tendre et Tête de Bois » pour la huitième tournée de ce spectacle nostalgique des années 1960, 1970 et 1980. Enfin, toujours en 2013, Dave est aussi la vedette, en y interprétant son propre rôle de chanteur, du film « Une chanson pour ma mère » du réalisateur belge Joël Franka. Il y apparaît aux côtés de Patrick Timsit et de Sylvie Testud. Le 7 septembre 2014, il devient l’animateur-présentateur d’une émission télé de France 3 qui accueille chaque dimanche des chanteurs de toutes générations: « Du côté de chez Dave ». Le programme est allongé d’une demi-heure dans une nouvelle formule à partir de septembre 2016 mais il change aussi de nom pour devenir « Même le dimanche » et Dave le coprésente avec Wendy Bouchard. En février 2016, Dave publie un livre où il écrit, avec son compagnon Patrick Loiseau, l’histoire de leur animal de compagnie nommé « Chance » : « Ma chienne de vie ». L’expérience de France Télévisions étant terminée, le chanteur hollandais présente, dès début 2018, un programme de la chaîne vintage française « Mélody TV » : « Les parents du petit écran ».
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Pauline Croze en 2016

4 mai 1979 : Naissance, à Noisy-le-Sec, de la chanteuse et musicienne française Pauline CROZE. Fille d’une psychanalyste et d’un professeur de physique, elle fait ses débuts au chant et à la guitare à 14 ans. Six ans plus tard, elle réalise ses premières maquettes et fait ses premiers pas sur scène. En 2003, elle rencontre et travaille avec Édith Fambuena (ex membre des Valentins). La même année, elle est la révélation des Transmusicales de Rennes. L’année suivante, elle est primée par la SACEM, la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique français, au tremplin du festival Chorus des Hauts-de-Seine. Cela lui permet de se produire sur de grandes scènes au même programme que Cali, Tryo ou Bernard Lavilliers par exemple. Simultanément, elle entre en studio pour enregistrer un premier album qui est commercialisé en 2005. Les titres « Mise à nu » et « T’es beau » obtiennent un joli succès qui permet à Pauline Croze d’être nommée pour le Prix Constantin mais aussi d’effectuer une tournée d’un an et demi en 2006.

A Paris, elle chante à la Cigale et à L’Olympia. Son album est disque d’or avec plus de 150.000 exemplaires vendus. Elle est nommée aux Victoires de la musique et reçoit le prix Adami-Bruno Coquatrix 2006. Le deuxième opus de l’artiste, « Un bruit qui court » sort en 2007 à la fois en France et au Japon et lui permet de faire une tournée en Asie mais aussi en Afrique de l’ouest l’année suivante. Cinq ans après le précédent, le troisième album de Pauline a pour titre « Le Prix de l’Eden » et se trouve dans les bacs en octobre 2012. Quelques unes de ses chansons sont signées par Vincent Delerm et Ignatus. Et quatre ans plus tard, le disque suivant, intitulé « Bossa nova », présente encore des sonorités différentes puisqu’il s’agit de reprises des versions françaises de grands standards de la musique brésilienne. Début 2018, la chanteuse revient à un répertoire original pour son album « Ne rien faire ».
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4 mai 2002 : sortie du premier album de Coralie CLEMENT: « Salle des pas perdus ». Elle est la soeur de Benjamin Biolay.
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Maxime Le Forestier aux Enfoirés 2013 (c) Ronny Martin Junnilainen

Maxime Le Forestier aux Enfoirés 2013 (c) Ronny Martin Junnilainen

4 mai 2009 : Avec Juliette Gréco, Pierre Arditi et Michel Piccoli, Maxime LE FORESTIER co-signe une lettre ouverte à l’intention de Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste français. Il y appelle les députés socialistes français à adopter la loi Hadopi sur le piratage internet. Il sera la cible de nombreuses attaques d’internautes en désaccord avec cette loi.

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8 AVRIL

 

Jacques Brel en 1964 – Photo (c) Dworkine

 

8 avril 1929 : Naissance, à Schaerbeek (Bruxelles), de l’auteur, compositeur, interprète, réalisateur et acteur belge Jacques BREL. Enfant, Jacques est élevé dans la cartonnerie familiale et n’est pas un grand fan de l’école. Mais il a quand même une préférence pour la langue française et, à quinze ans à peine, il écrit déjà des poèmes et il crée une troupe de théâtre au sein d’un mouvement de jeunesse catholique. Dès que Jacques est en âge de travailler, son père l’engage au service commercial de la fabrique de carton. Mais le garçon n’est pas fait pour ça et rêve d’autres horizons: il sera chanteur. C’est donc en autodidacte qu’il compose ses premières mélodies sur sa guitare ou sur le piano de la maison. Alors qu’il vient d’épouser « Miche » (Thérèse Michielsen), il commence à chanter en 1950. Pendant trois ans, il n’a de cesse de convaincre son entourage du bien fondé de ses chansons. En vain. Mais il ne se décourage pas et, en 1953, Jacques Brel envoie une maquette, réalisée à ses frais sur un 78 tours, au découvreur de talents français Jacques Canetti. Ce dernier est aussi le propriétaire du théâtre des Trois Baudets à Paris et, ayant écouté les chansons de Brel, il l’invite à venir s’y produire. Jacques quitte alors foyer et famille pour vivre seul dans la capitale française. De petit contrat en petit contrat, il se retrouve en lever de rideau des spectacles de l’Olympia de Paris dont le directeur, Bruno Coquatrix, finit par remarquer la détermination du chanteur. A Bruxelles, Brel se produit à l’Ancienne Belgique en première partie du chanteur flamand Bobbejaan Schoepen. Et, ailleurs, il précède sur scène des artistes comme Dario Moreno ou Philippe Clay. Parallèlement à ce début de carrière sur scène, Jacques Brel publie ses premiers disques et, en 1956, il fait la rencontre de François Rauber, un pianiste qui deviendra l’orchestrateur de ses chansons. Avec lui, il enregistre son premier grand succès: « Quand on n’a que l’amour ».

Un an plus tard, Jacques Brel se lie d’amitié avec un autre musicien qui, lui, sera son accompagnateur sur scène: Gérard Jouannest. Ce dernier composera également un bon nombre de musiques pour et avec Jacques. Le deuxième 33 tours de Brel reçoit le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros en 1957 et, un an plus tard, l’artiste est à l’Olympia. Les galas et les enregistrements de disques vont alors se multiplier: en 1959, il est tête d’affiche à Bobino et il y crée « Ne me quitte pas ». Les succès vont alors se suivre pendant quinze ans: « Le plat pays », « La Fanette », « Les Vieux », « Jef », « La valse à mille temps », « Mathilde », « Les bourgeois », « Madeleine », « Ces gens-là » ou encore « Amsterdam » dont il n’existera jamais qu’un enregistrement public réalisé en 1964.

Alors qu’il a 37 ans, Jacques Brel décide de faire ses adieux à la scène et, même si la date symbolique de ceux-ci correspond à un concert à l’Olympia de Paris en 1966, le chanteur honore les contrats prévus pendant encore environ un an. C’en sera fini des spectacles de l’artiste mais l’homme a encore beaucoup de projets artistiques en tête: enregistrer des disques mais aussi jouer au cinéma puis réaliser des films. Il obtient ainsi le rôle principal d’un film d’André Cayatte en 1967: « Les risques du métier ». De retour d’un voyage aux Etats-Unis où il est tombé en admiration devant ce spectacle musical, Jacques Brel décide d’adapter en français et de monter sur scène « Don Quichotte de la Mancha ». Les représentations ont lieu en octobre 1968 au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles. Jacques y apparaît en héros aux côtés de Sancho Pança dont le rôle est interprété par Dario Moreno. Mais, alors que le spectacle est prévu à Paris, Dario Moreno décède subitement le 1er décembre. Et c’est Robert Manuel qui reprend son rôle au pied levé.

En 1969, l’acteur Brel tourne dans « Mon oncle Benjamin » d’Edouard Molinaro. En même temps, il suit des cours d’aviation et pilote de petits avions de tourisme. Puis, il passe de l’autre côté de la caméra pour réaliser les films « Frantz » avec Barbara en 1971 et « Far West » en 1973. Ces deux longs métrages tournés en Belgique ne sont pas des succès. Avant de partir vivre aux îles Marquises, Jacques Brel tourne encore dans « L’aventure c’est l’aventure » de Claude Lelouch et joue le rôle de François Pignon dans « L’emmerdeur » d’Edouard Molinaro sur un scénario de Francis Veber. En 1974, il s’installe aux Marquises avec l’ex-danseuse Madly Bamy, qu’il a rencontrée sur le tournage du film de Lelouch, mais il faut l’opérer d’un cancer du poumon. La maladie ne le quitte plus et, en 1977, il enregistre un tout dernier album après cinq ans d’absence. Ce disque est un succès énorme dont il ne profite que quelques mois car, en juillet 1978, son cancer s’aggrave et il est rapatrié à Paris où il s’éteint le 9 octobre 1978. L’artiste repose au cimetière d’Atuona, Hiva Oa, aux îles Marquises. A quelques pas du peintre Paul Gauguin.

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