CHRISTOPHE

Christophe en 2017

Né à à Juvisy-sur-Orge, en banlieue parisienne, le 13 octobre 1945 sous le nom de Daniel Bevilacqua, CHRISTOPHE est le fils d’un entrepreneur en maçonnerie italien et d’une mère couturière. Encore enfant, il se découvre une passion pour la chanson en appréciant particulièrement Edith Piaf et Gilbert Bécaud. Quelques années plus tard, il se tourne vers le blues et la musique de John Lee Hooker. Il préfère clairement la musique à l’école qui ne retient pas vraiment ses faveurs. A quinze ans, comme beaucoup d’autres jeunes de son âge, c’est vers Elvis Presley et le rock américain que ses goûts musicaux bifurquent. Même si Georges Brassens n’est pas absent de son paysage. Son avenir n’étant pas lié à des études précises, il se décide à apprendre ce qu’il aime: la musique. Et il commence par prendre des cours de guitare et à jouer de l’harmonica. Comme plein d’autres gars de sa génération, il monte alors un groupe de rock en 1961: « Danny Baby et les Hooligans ». La formation se produit au cours d’événements locaux et n’enregistre pas de disque. Il faut dire que le chanteur doit bientôt effectuer ses obligations militaires et l’expérience ne va pas plus loin. Après son séjour sous les drapeaux, Daniel décide de se lancer dans une carrière de chanteur soliste. Sous le pseudonyme de Christophe, il enregistre un premier 45-tours, « Reviens Sophie », qui ne connaît qu’un succès d’estime en 1964.

La chanson est inspirée du blues américain et ne correspond pas à l’attente du public. Christophe va le comprendre et écrire alors une mélodie plus douce et sirupeuse qui va totalement dépasser ses espoirs de succès. En 1965, « Aline » se vend à plus d’un million d’exemplaires.

Dans la foulée de ce premier « tube », Christophe s’installe dans les hit-parade de ventes avec d’autres titres comme « Les marionnettes » et « Excusez-moi monsieur le professeur ». L’argent de ses premiers cachets lui permet de s’adonner à la passion des voitures rapides et, aussi, de participer à une course en tant que pilote. Au cours d’une tournée de concerts commune, il découvre la chanteuse Michèle Torr qui met au monde leur fils Romain en 1967. Un fils qu’il ne reconnaîtra jamais mais qu’il finira par voir assez régulièrement à la fin de sa vie. La fin des années 1960 est plus difficile pour le chanteur qui voit son succès s’amoindrir.

Avec l’aide du producteur Francis Dreyfus, il connaît un nouveau départ en 1972 et retrouve les premières marches des charts avec des chansons comme « Oh mon amour » et « Main dans la main » (en 1972 et non en 1983 comme indiqué par erreur dans la vidéo ci-dessous).

Alors qu’il enregistre des nouveaux titres, il prête ses talents d’harmoniciste à un jeune artiste qui interprète « Kiss Me » dans le studio d’à côté: C. Jérôme.

La décennie sera ensuite jalonnée de « tubes » monumentaux pour Christophe: « Belle » (1973), « Les paradis perdus » (1974), « Les mots bleus » (1975), « Senorita » (1975), « Petite fille du soleil » (1975), « Merci John d’être venu » (1976), « Daisy » (1976) et « La Dolce Vita » (1977).

Depuis 1966, Christophe n’a alors plus le droit de vendre un disque ni toucher un centime de la chanson « Aline ». C’est que cette oeuvre fait l’objet d’une procédure judiciaire depuis le procès que lui a intenté le chanteur Jacky Moulière pour avoir plagié sa chanson « La Romance » commercialisée en 1963, soit deux ans avant « Aline ». Christophe gagne le procès en appel en 1978 et, dès 1979, il ressort la chanson qui n’était plus disponible en 45 tours depuis plus de dix ans. 3.500.000 exemplaires du disque se vendent en quelques semaines. En écoutant « La romance » de Jacky Moulière, ci-dessous, vous pouvez vous faire un avis plus précis.

En 1983, il connaît à nouveau un énorme succès discographique avec la chanson d’été « Succès fou ».

La même année, il commercialise « Clichés d’amour », un opus où il reprend, en français, des standards américains comme « Ebb tide », « White christmas » ou « Besame mucho » accompagné par un big band. En 1984, Christophe connaît encore un beau succès avec « Ne raccroche pas ».

Puis, il se fait oublier pendant une dizaine d’années au cours desquelles ses enregistrements sont rares (« Chiqué chiqué » en 1988).

Il faut ainsi attendre 1996 pour voir l’artiste sortir un nouvel album très personnel jusque dans le titre: « Bevilacqua ». Branché sur la musique techno et électro de cette époque, il propose un opus où les chansons ont été travaillées en laboratoire sonique. Les morceaux sont résolument contemporains et étranges mais ne trouvent pas leur public et encore moins celui du Christophe des années 1970.

Le disque suivant est commercialisé en 2001 et a pour titre « Comme si la terre penchait ». Sans être un véritable succès de vente, l’album permet à Christophe d’envisager un retour sur scène à l’Olympia de Paris. Il y présente un spectacle superbe à la fois théâtral et chorégraphique qui ravit un public nombreux. Un CD et un DVD de ce concert sont mis en vente et connaîssent une belle notoriété.

Dans la foulée, le chanteur entame une tournée de concerts qui passe, notamment, par les Francofolies de Spa en Belgique. En 2008, il défraie la chronique en sortant l’album « Aimer ce que nous sommes » pour lequel il obtient une excellente promotion médiatique et qui se vend très bien.

Quelques mois plus tard, il enregistre avec son vieil ami Salvatore Adamo un duo intitulé « Jours de lumière » où transparaissent toutes les affinités vocales de leurs origines italiennes.

En 2011, Christophe participe à l’album de reprises de Bashung intitulé « Tels Alain Bashung » en interprétant « Alcaline ».

Deux ans plus tard, l’artiste commercialise un album de chansons inédites: « Paradis retrouvé ».

Ensuite, il réalise une tournée de concerts acoustiques où il s’accompagne seul au piano. Au cours de cet « Intime Tour » il présente mélodies et succès dans des versions nouvelles et dépouillées qui se retrouvent, au printemps 2014 sur l’album live « Intime ».

En avril 2016, Christophe livre son treizième album studio qui a pour titre « Les Vestiges du chaos ». L’opus salue le retour de Jean-Michel Jarre comme auteur de certains textes. Et, pour la rentrée qui suit, Christophe part en tournée dans de nombreux pays francophones.

En 2019, l’artiste commercialise deux albums intitulés « Christophe, etc. » où il réinterprète, dans des versions très personnelles et contemporaines, ses grands succès avec des artistes comme Pascal Obispo, Julien Doré, Etienne Daho, Eddy Mitchell ou Laetitia Casta.

Le 26 mars 2020, en pleine crise sanitaire due au coronavirus Covid-19, le chanteur est hospitalisé en soins intensifs à Paris pour une insuffisance respiratoire. Le 10 avril, son état ne s’étant pas amélioré, l’artiste est transféré dans un hôpital de Brest. Christophe y décède le 16 avril 2020 des suites d’un emphysème, maladie pulmonaire. Depuis le début de son hospitalisation, même si beaucoup de monde y pensait, l’entourage de l’artiste de 74 ans n’a jamais évoqué le coronavirus Covid-19. Christophe connaissait de légers problèmes respiratoires, comme de l’asthme, depuis des années.

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26 MARS

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26 MARS

 

Charles Dumont en 1982 – Photo (c) F. Dumont

26 mars 1929 : Naissance, à Cahors, du compositeur et interprète français Charles DUMONT. Il vit son enfance et son adolescence dans le Sud-Ouest et à Toulouse puis il débarque, en tant que pianiste, à Paris après la seconde guerre mondiale. Charles se met alors à composer des chansons pour divers artistes tels que Luis Mariano, Dalida ou Tino Rossi. Ces mélodies sont parfois signées sous un pseudonyme. A la fin des années 1950, il décide de travailler avec un parolier: Michel Vaucaire. A eux deux, ils vont écrire un des plus grands succès d’Edith Piaf: « Non je ne regette rien » qu’elle enregistre fin 1960. Ce sera la première chanson de toute une série interprétée par la grande dame de la chanson: « Mon Dieu », « Les flonflons du bal » ou encore « Les Amants ». Cette dernière composition est d’ailleurs chantée en duo par Piaf et Dumont en 1962. C’est à cette époque qu’au cours d’une tournée, Charles Dumont rencontre Jacques Brel. Brel lui révèle qu’il aimerait écrire une chanson pour Edith Piaf. Charles lui propose alors d’écrire un texte sur l’une de ses mélodies qu’il lui fredonne. Et, là, sur un coin de table de bistrot, le grand Jacques écrit un texte: « Je m’en remets à toi ». Malheureusement, Edith n’aura jamais l’occasion d’enregistrer cette chanson car elle meurt peu de temps après en avoir nourri l’intention. Charles Dumont enregistre finalement ce morceau bien des années plus tard.

Edith Piaf étant décédée, Dumont se sent un peu orphelin et se réfugie dans la composition de musiques pour la télévision (Michel Vaillant en 1967) et le cinéma (« Trafic » de Jacques Tati en 1971). Parallèlement, il se dit qu’il pourrait tenter sa chance aussi dans la chanson et c’est ce qu’il fait à l’approche de la quarantaine. Il devient ainsi en peu de temps le spécialiste de la chanson d’amour où les femmes tiennent une place de choix. L’importance des textes très féminins écrits de manière sensible par Sophie Makhno n’y est d’ailleurs pas anodine. Après la célèbre « Ta cigarette après l’amour » parue en 1966, Charles Dumont va enchaîner les succès personnels à partir de 1977 avec « Une chanson », « La fille de Jacob », « Dis cette mélodie », « Les gens qui s’aiment » ou encore « Les chansons d’amour ».

Depuis la fin des années 1980, l’artiste s’est montré plus discret mais toujours aussi productif. En 2004, il fête ses 50 ans de carrière et sort un CD doublé d’un DVD live évoquant ses grands succès. Comme beaucoup d’autres artistes talentueux, Charles Dumont rejoint, en 2010, la tournée des idoles « Age tendre et tête de bois ». En 2011, il se fait opérer avec succès d’une tumeur au rein et, à la fin 2012, il sort un double CD, intitulé « Toute ma vie », qui est une compilation de ses chansons les plus populaires réenregistrées mélangées à des titres nouveaux et inédits. Pour son 89e anniversaire, le 26 mars 2018, il se produit dans la salle parisienne de Bobino où il propose le spectacle « Je suis venu vous dire au revoir ». Les 22 et 23 septembre de la même année, le chanteur se produit à Besançon avec l’orchestre philharmonique de la ville dirigé par Pascal Vuillemin. Et à cette occasion, Charles Dumont précise, lors d’un entretien à la chaîne télé France 3 Franche-Comté, qu’il propose ce spectacle en guise d’au revoir mais pas d’adieu. « Comme ça », ajoute-t-il, « si je revois un jour mon public, j’aurai été poli et je lui aurai dit au revoir. Et si je ne devais plus le revoir, je l’aurai au moins salué poliment à la fin de notre dernière rencontre. » Le 24 mars 2019, l’artiste fête ses 90 ans et ses 65 ans de carrière sur la scène de l’Espace Culturel Jean Carmet de Le Vigan dans le Lot (F), pas très loin de sa ville natale de Cahors.
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26 mars 1963 : Naissance, à Edmundston, du chanteur canadien Roch VOISINE. C’est en 1989 que la tornade Roch Voisine déferle sur la francophonie. De son Nouveau-Brunswick natal, cet ex-joueur de hockey envoie une chanson-carte postale qui va être l’un des plus grands « tubes » de la fin des années 1980: « Hélène ».

Il fait alors partie de ces chanteurs au faciès ravageur, catégorie où il est confronté à Patrick Bruel dans les hit parades de l’époque. Les ballades sucrées du beau Roch vont faire fondre quantité de jeunes femmes des deux côtés de l’Atlantique: après « Hélène », il y aura « La ballade du bon petit diable », « La promesse » ou « Les jardins de Saint-Martin ». Il faudra attendre un certain temps avant que Roch Voisine ne propose à son public des mélodies plus costaudes qu’il interpréte toutefois de manière parfois moins convaincante. Au fil des années cependant, le chanteur canadien va trouver et, surtout, garder sa place dans le paysage de la chanson francophone. Au point que, 30 ans plus tard, il est toujours de ceux avec qui il faut compter. Un moment, pour se faire plaisir avant tout, Roch Voisine s’est éloigné de la chanson en français pour revisiter, à sa manière, les incontournables de la musique country folk rock américaine. Trois albums sont ainsi sortis dans la trilogie baptisée « Americana » en 2008 et 2009. Après cette longue parenthèse, on pouvait espérer voir Roch nous offrir un nouvel album avec des chansons originales créées en français et il le fait à la fin 2010 avec l’opus « Confidences ». Mais le succès n’est pas vraiment au rendez-vous de cette nouvelle galette numérique et il propose ensuite, à la fin de l’année 2012, un disque ayant pour nom « Duophonique ». Le concept permet à ses admirateurs de retrouver les grandes chansons de l’artiste déclinées en version symphonique et en duo avec un maximum de chanteuses, Patrick Fiori étant la seule exception masculine pour l’édition européenne. Les artistes Elisa Tovati (« Et si »), Patrick Fiori (« Je resterai là ») et Julie Zenatti (« Laisse-la rêver ») sont respectivement remplacés dans la version canadienne par Maurane, Jean-François Bréau & Boom Desjardins et Florence K.

Fin 2013 et fin 2014, il rejoint les deux projets phonographiques « Forever Gentlemen » où il partage avec d’autres interprètes de grands standards de la chanson anglo-saxonne. Au printemps 2015, le chanteur retrouve son public sur scène, notamment en Belgique, avec le spectacle « Roch & Folk » qui lui permet de présenter une version acoustique épurée de son répertoire. A la fin de la même année, il est aux côtés de Corneille et Garou pour la déclinaison sur scène de l’aventure « Forever Gentlemen ». La tournée des spectacles est conçue au Canada et commence en Belgique quelques jours après les attentats parisiens du 13 novembre au Bataclan. Ils y interprètent une version particulière de « I love Paris » pour saluer la mémoire des victimes. La tournée « Forever Gentlemen » se poursuit en 2016 en France et au Québec. Fin 2017, Roch Voisine commercialise « Devant nous », un album par lequel il veut rompre avec une certaine monotonie musicale en s’aventurant du côté de l’électro dont il profite pour modifier sa voix. Il a pour cela beaucoup écouté et consulté des jeunes de son entourage. Et c’est un challenge car, si tous ses admirateurs et admiratrices ne le suivent pas nécessairement dans ce changement, un nouveau public plus jeune ne lui est pas nécessairement acquis pour autant. La suite le prouvera puisque la tournée qui suivra la sortie de l’opus « Devant nous » ne sera pas un réel succès sans toutefois être un échec non plus. Et l’artiste décide alors de revenir aux fondamentaux sur scène en proposant, en 2019 et 2020, des concerts acoustiques où il est accompagné de deux musiciens.
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