18 NOVEMBRE

TOHAMA dans les années 1950

18 novembre 1920 : Naissance, à Neuilly-sur-Seine (F), de la chanteuse TOHAMA sous son vrai nom de Nadia Altmann. Le 14 septembre 1932, la jeune Nadia perd son père le peintre russe Alexandre Altmann. Sa jeunesse n’a rien d’artistique et elle quitte Paris pour Bruxelles où elle va vivre avec sa mère française. Quatre ans plus tard, elle travaille comme dessinatrice dans un atelier de couture. Elle fait alors la connaissance d’un fantaisiste belge très en vue qui lui propose de jouer dans une revue qui a pour titre « Reviens faire la file ». C’est à ce moment qu’elle choisit le pseudonyme de Tohama qui signifie « je t’aime » en tahitien. Elle reçoit alors une proposition pour l’enregistrement d’un disque et son premier 78-tours sort ainsi en 1937. Lors d’un concert à Bruxelles en 1939, elle rencontre le chef d’orchestre Lulu Langlois qui la séduit. Ensemble, ils vont véritablement construire la carrière de la chanteuse. Il lui compose ainsi son premier et plus grand succès: « Tu m’apprendras ».

Alors que Tohama vend elle-même ses disques dans les cafés de Bruxelles où elle chante, elle est remarquée par le représentant de la firme de disques Decca qui lui propose de distribuer son disque. Le succès est énorme et elle signe un contrat discographique grâce auquel elle enregistre plus de 500 disques durant les années 1940 et 1950. Son répertoire, marqué par la gouaille de sa voix joyeuse, est très varié et est constitué de chansons originales mais aussi de reprises telles que « Ma p’tite folie » (Line Renaud) ou « Je te le le » (Maria Candido). « La petite Marie » est aussi l’un de ses plus grands succès. Sa popularité est alors importante en Belgique mais aussi en France. Elle s’installe un moment à Paris et devient une bonne copine d’Edith Piaf. Sur scène, bien avant Annie Cordy, elle montre un dynamisme et une exubérance jusque là peu courants dans les tours de chant traditionnels. Dans les années 1980, elle apparaît encore sporadiquement dans quelques émissions de télévision et sur scène dans des spectacles nostalgiques. En 1989, le 21 octobre, elle est ainsi l’invitée de Juliette Decamps pour l’émission « Venez donc chez nous » enregistrée en public à Mons pour Radio 2 de la RTBF, radio publique francophone belge. Le 16 mai 1995, Tohama décède chez elle à Bruxelles.
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Alain Barrière en 1971 – Photo (c) Alain Marouani

18 novembre 1935 : Naissance, à La Trinité-sur-Mer, de l’auteur-compositeur-interprète français Alain BARRIERE sous le nom d’Alain Bellec. Breton, il est élevé dans le milieu de la pêche et, au terme de ses études, il décroche un diplôme d’ingénieur des Arts et Métiers. Mais, depuis toujours, Alain voue une passion à la musique et à la chanson. Persuadé qu’il a des chances de se faire remarquer grâce aux chansons qu’il écrit, il s’inscrit, en 1961, au concours du Coq d’or de la chanson française. Il franchit les différentes éliminatoires pour se retrouver en finale sur la scène de l’Olympia de Paris où il interprète « Cathy ». Même s’il ne termine pas dans les premiers, il a la chance de se faire remarquer par un producteur qui lui fait signer un contrat avec la firme de disques RCA. Un an plus tard, il est à nouveau sur la scène de l’Olympia où, cette fois, il propose cinq de ses chansons en première partie de Colette Renard. Son nom commence à être connu dans le milieu artistique mais le public n’est pas encore au rendez-vous. En 1963, il parvient à se faire sélectionner pour représenter la France au Concours Eurovision de la Chanson. Il y chante « Elle était si jolie » et se classe cinquième. Sa chanson devient un « tube » populaire en France et ailleurs. C’est le véritable début d’une belle et longue carrière. Alors qu’il est, une fois de plus, à l’affiche de l’Olympia en première partie de Paul Anka en septembre 1963, il est en train de composer et d’écrire ce qui est le plus grand succès de sa carrière: « Ma vie » qui est commercialisé en 1964.

La même année, il passe, enfin, en vedette à l’Olympia. « Ma vie » est aussi un « tube » dans divers pays d’Amérique du Sud et en Italie avec la version italienne (« Vivro ») qu’Alain Barrière enregistre pour ce marché. Par la suite, l’artiste va enchaîner les succès pendant deux décennies: « Les guinguettes » (1966), « Emporte-moi » (1968), « À regarder la mer » (1970), « Rien qu’un homme (1971), « Pour la dernière fois » (1973), « Le Bel amour » (1973), « Séduction 13 » (1974), « Tu t’en vas » en duo avec Noëlle Cordier (1974), « Mon improbable amour » (1975), « Si tu te souviens » (1976), et « Amoco » (1978). Cette dernière chanson relate, sur un rythme disco typiquement contemporain, le naufrage du pétrolier Amoco Cadiz qui pollue les côtes de la Bretagne. En 1975, Alain Barrière se lance dans la construction, à Carnac en Bretagne, d’un complexe reprenant un théâtre, une discothèque et un restaurant: le « Stirwen ». Mais, deux ans plus tard, les difficultés financières du complexe s’accentuent et le chanteur part s’installer aux Etats-Unis pour échapper, un temps, au fisc français. En 1981, il revient dans son pays natal mais les deux albums qu’il enregistre n’ont pas le succès escompté. Il quitte à nouveau la France pour le Canada cette fois. Le 11 janvier 1989, Alain Barrière est l’invité de Jean-Pierre Foucault pour son émission télévisée « Sacrée Soirée » sur TF1 à Paris. Il s’y plaint de ses problèmes financiers et fiscaux et a la « surprise » d’être mis en contact directement avec le ministre français des finances de l’époque Michel Charasse. Peu satisfait des réponses de l’homme politique, l’artiste reste toutefois en France et se résigne à apurer ses dettes. Il met alors des années à reprendre le chemin des scènes et des studios. Il le fait en 1998 en sortant un disque de chansons nouvelles: « Barrière 97 ». La même année, il se produit dans la salle Pleyel à Paris. Puis, il faut à nouveau attendre quelques années et 2006 pour voir arriver dans les bacs « La compilation authentique ». Un an plus tard, il entame une grande tournée française et enregistre un CD de grandes chansons telles que « Ne me quitte pas », « La Mer » ou « Les copains d’abord ». En 2011, Alain Barrière annonce qu’il va faire ses adieux à la scène le 10 septembre à la-Trinité-sur-Mer, là où il est né. Malheureusement, cinq jours avant le rendez-vous, il est contraint d’annuler le concert pour raisons de santé. Les deux accidents vasculaires cérébraux dont il a été victime auparavant l’empêchent désormais de rester sur scène pendant près de deux heures. Le 18 décembre 2019, après un ultime AVC, et alors que son épouse Anièce est récemment décédée d’un cancer du pancréas, Alain Barrière meurt à Carnac d’une crise cardiaque. Il avait 84 ans depuis un mois.
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Amanda Lear en 1982

18 novembre 1946 : Naissance, à Saïgon, de la chanteuse et animatrice française Amanda LEAR sous son vrai patronyme d’Amanda Tapp. Son père est un officier français d’origine britannique et sa mère est russo-asiatique. Elle vit son enfance et sa jeunesse dans le Sud de la France et en Suisse. A l’âge de seize ans, elle suit des cours de peinture à Paris avant de déménager pour Londres où elle s’inscrit au Saint Martins College of Art and Design. Deux ans plus tard, elle travaille comme mannequin et participe à des défilés de mode. En 1965, elle fait la connaissance du célèbre peintre surréaliste Salvador Dali qui lui demande de poser pour lui. Elle partage alors la vie de l’artiste pendant près de quinze ans. Ce dernier s’amuse à faire croire qu’Amanda est un homme. Et Amanda en profite pour tirer parti de cette ambiguïté. Lorsqu’elle rencontre le Rolling Stone Brian Jones, elle s’approche de la musique et de la chanson. Puis, c’est David Bowie qui lui conseille vivement de devenir chanteuse. En 1978, elle devient ainsi l’une des reines du style disco en enregistrant le tube « Follow me ». Mais c’est trois ans plus tôt qu’elle commence sa carrière avec la chanson « Trouble » adaptée en français sous le titre « La bagarre » en 1976.

Une dizaine d’albums vont suivre qui comprennent, de temps à autre, une ou plusieurs chansons en français. Sur « Tant qu’il y aura des hommes », le neuvième album studio d’Amanda Lear sorti en France en 1990, il y a les adaptations en français de plusieurs titres interprétés en italien dans son album précédent « Uomini più uomini » et un titre inédit: « Métamorphose ». En 2003, « Tendance » est le douzième album studio d’Amanda Lear où figurent des titres comme « Hier Encore » de Charles Aznavour et le texte de Baudelaire « L’Invitation Au Voyage ». Fin 2006, sur l’opus intitulé « With love » (et qui sort aussi sous le titre « Amours toujours » en 2008), elle reprend notamment « Déshabillez-moi » de Juliette Gréco, « Si la photo est bonne » de Barbara ou encore « Bambino » de Dalida. En 2009, l’album « Brief encounters » contient deux titres francophones: « Je m’appelle Amanda » et la reprise de « Comment te dire adieu » que Gainsbourg avait composée pour Françoise Hardy à la fin des années 1960. En mai 2016, le 18e album studio d’Amanda s’appelle « Let me entertain you » et recèle quelques titres en français (« La rumeur » et « Couleurs ») ainsi que du slam.
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BRUNE en 2010

18 novembre 2010 : Concert au Palais des Beaux-Arts de Charleroi (B) de Renan LUCE avec, en première partie, BRUNE. Nouveau phénomène des ondes et scènes françaises, Brune a d’abord été repérée dans le métro parisien. Puis, elle s’est produite sur diverses scènes avant de sortir son premier album éponyme le 20 septembre 2010 avec un titre phare: « Rupture song ». Alliant tout naturellement chanson, rock et électro, la jeune femme pose un regard acide et léger sur les relations amoureuses et le temps qui passe.
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25 OCTOBRE

Gloria Lasso en 1986

25 octobre 1922 : Naissance, à Villafranca del Penedes en Espagne, de la chanteuse Gloria LASSO sous le nom de Rosa Coscolin Figueras. La jeune Espagnole suit des études d’infirmière lorsqu’elle doit remplacer, au dernier moment, une chanteuse tombée malade mais prévue au programme de la soirée d’une radio de Barcelone. Cette opportunité réveille en elle une passion déjà solidement ancrée pour la musique et le chant. C’est en 1954 qu’elle débarque en France où un producteur estime que son accent mélangé à des mélodies latinos ne peut que récolter le succès. Et c’est rapidement le cas puisque, dès 1955, Gloria connaît une grande popularité avec des titres comme « Comment vas-tu ? » (« Hola que tal »), « Étranger au paradis » (1955), « Amour, castagnettes et tango » (1956), « Buenas noches mi amor » (1957), « Bon voyage » (1957), « Sois pas fâché » (1959) ou « Si tu reviens un jour » (1960).

En 1962, on lui demande de chanter au Mexique et elle y effectue une tournée qui est un triomphe. Elle décide alors de s’installer à Mexico et y décroche des contrats ainsi que dans d’autres pays d’Amérique du Sud et aux Etats-Unis. En 1972, elle tente un retour en France pour y enregistrer un album intitulé « A force d’espérer ». Le public ne l’a pas oublié mais il a pris de l’âge et son disque n’est pas un succès. Elle retourne alors vivre au Mexique. Pascal Sevran lui demande de revenir à nouveau en France en 1985 pour y enregistrer une série de ses émissions télé nostalgiques de « La chance aux chansons ». L’artiste en profite pour prester un récital unique à l’Olympia de Paris le 5 avril 1985. Par la suite, elle fait encore souvent le voyage entre la France et le Mexique en enregistrant des disques sur les deux continents. En 1986, elle interprète une adaptation en espagnol du succès des Rita Mitsouko « Marcia Baila » qui devient « Bailando con Marcia ». En 1990, elle se produit plusieurs jours de suite dans la salle parisienne du Bataclan. En 2002, son dernier album français sort sous le titre « Amor latino ». A la fin de l’année 2003, Gloria Lasso repart au Mexique auprès de sa fille Maria José car l’âge et la fatigue commencent à se faire sentir. Elle ne revient plus en France où elle doit pourtant achever un album qui comporte déjà cinq adaptations gypsies de ses plus grands succès. Le 11 novembre 2005, malgré un état physique qui se dégrade à 83 ans, elle est encore sur la scène du Cine Teatro de Cuernavaca au Mexique pour y présenter ce qui reste son ultime concert. Trois semaines plus tard, Gloria Lasso succombe à un infarctus le dimanche 4 décembre 2005 à son domicile de Cuernavaca. Elle est incinérée le lundi 5 décembre et ses cendres sont déposées dans la crypte de la Cathédrale de Cuernavaca. L’artiste a défrayé la chronique people avant l’heure pour ses six mariages avec des hommes à chaque fois plus jeunes qu’elle. Lorsqu’on lui posait la question de ces mariages successifs, elle parlait de fidélité, préférant se remarier avec un autre homme plutôt que de tromper le mari du moment. Elle n’avait aussi de cesse de rappeler que ses trois filles étaient nées du même père: elle ne pouvait en effet pas imaginer une seconde avoir des enfants avec des hommes différents !

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Annie Girardot en 1981 – Photo (c) Gaya Bécaud

25 octobre 1931 : Naissance, à Paris, de l’actrice française Annie GIRARDOT. Née d’un père inconnu, elle va orienter ses études pour faire le même métier que sa mère: celui de sage-femme. Dès son plus jeune âge, Annie est passionnée par le théâtre et la comédie et, bien vite, elle va se rendre compte que son existence peut être uniquement basée sur cette activité artistique. Elle entre au conservatoire parisien de la rue Blanche en 1949 et elle se produit déjà de temps à autre dans des spectacles humoristiques présentés dans les cabarets qui y sont consacrés. En 1954, elle sort du conservatoire avec deux premiers prix d’art dramatique et est engagée peu de temps après à la Comédie Française où elle reste jusqu’en 1960. Elle s’intéresse alors au cinéma et tourne d’abord quelques petits films avant de se retrouver à l’affiche de longs métrages de plus en plus importants. Sa carrière va alors prendre un essor fulgurant pour faire d’Annie Girardot une des stars du cinéma français des années 1960 et 1970. En 1974, elle revient au théâtre avec ce que l’on n’appelle pas encore un « stand up ». La pièce s’appelle « Madame Marguerite » et va être un succès populaire pendant des années au point d’être encore jouée par Annie Girardot en 2004, trente ans plus tard. En 1977, alors qu’elle est à l’affiche d’un film de Dolorès Grassian aux côtés de Maria Pacôme et Bernard Fresson, elle en interprète le titre générique: « Le dernier baiser », une chanson signée Alice Dona et Serge Lama (qui interprète aussi le titre à l’époque).

Au début des années 1980, l’actrice décide de faire une pause dans ses activités cinématographiques et se tourne vers la radio où elle anime une émission aux côtés de Stéphane Collaro sur la station française Europe 1: « Paroles de femmes ». Elle découvre alors la musique et la chanson grâce à son compagnon du moment: le musicien Bob Decout. C’est lui qui va réaliser, avec Gaya Bécaud, un album de chansons qui sort en 1981 avec un titre phare: « Bonhomme ». L’opus présente un mélange de mélodies chantées et de textes récités sur des musiques synthétiques tantôt planantes, tantôt rythmées. L’humour et l’émotion y sont bien présents. Le public et les medias ne se bousculent pas autour de ce 33 tours dont la vente reste confidentielle. Ce ne sont pas les premiers pas d’Annie Girardot dans la chanson mais, jusque-là, il était surtout question d’enregistrer des chansons ayant trait aux films dans lesquels elle jouait. Elle saisit alors l’opportunité de monter, avec Bob Decout, un spectacle musical qui a pour titre « Revue et corrigée ». Les musiques sont signées par Catherine Lara et les costumes sont créés par Jean-Paul Gaultier. Annie Girardot porte beaucoup d’espoir dans ce spectacle et elle y engage tout son patrimoine financier. A l’affiche du Casino de Paris pendant un seul mois, le spectacle est un fiasco total et c’est un terrible échec qui affecte terriblement l’actrice chanteuse. C’est le début d’une longue traversée du désert malgré le tournage de quelques films qui ne sont plus des succès et l’aide acharnée d’un ami réalisateur: Claude Lelouch. Pour essayer de conjurer le sort, elle repart rencontrer le public sur les planches des théâtres avant de céder aux sirènes de la série télévisée française « Le vent des moissons » (TF1) en 1987. Les années 1990 sont difficiles aussi pour Annie Girardot et les projets artistiques se raréfient. Au début des années 2000, elle parvient à décrocher de nouveaux bons rôles comme dans le film « La pianiste » de Michael Haneke pour lequel elle récolte un César du meilleur second rôle féminin. En 2003, elle revient à la chanson sollicitée par Serge Lama qui enregistre un album de duos. Elle interprète à ses côtés « Je voudrais tant que tu sois là ». En septembre 2006, on apprend qu’Annie Girardot est atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis une dizaine d’années. Et, de révélation en révélation, on sait désormais que, pour pallier les éventuels trous de mémoire lorsqu’elle joue, elle est équipée d’une oreillette par laquelle son texte lui est soufflé. Très diminuée physiquement et moralement, Annie Girardot est placée dans une maison médicalisée de Paris en 2008. A la fin de cette même année, elle enregistre un duo avec le chanteur belge Philippe Vancles: « A côté de sa Vie ». Le disque est vendu au profit de l’association « Agir pour Alzheimer ». Après avoir joué dans 122 films, 54 téléfilms et 31 pièces de théâtre, Annie Girardot décède le 28 février 2011 à l’hôpital Lariboisière de Paris. Ses obsèques ont lieu le 4 mars 2011 en l’église Saint-Roch de Paris avant l’inhumation au cimetière parisien du Père-Lachaise.
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Robert Cogoi en 1963 - Photo (c) Jacques Aubert

Robert Cogoi en 1963 – Photo (c) Jacques Aubert

25 octobre 1939 : Naissance, à Châtelet (B) sous le véritable nom de Mirco Kogoj, du chanteur belge d’origine slovène Robert COGOI. S’il choisit le prénom de Robert c’est parce que sa maman l’appelle toujours comme ça. Il suit des études de technicien électromécanicien à l’Université du Travail de Charleroi. Et il prend son pseudonyme complet de Robert Cogoi le 22 avril 1962 au Casino d’Ostende où il participe au Prix international des variétés qu’il gagne avec la chanson « Si un jour ». Robert est aussitôt engagé par la maison de disques Philips. Un an plus tard, c’est en vedette qu’il participe à la soirée de finale de ce même Prix et qu’il reçoit son premier disque d’or: la chanson « Si un jour » s’est en effet vendue à plus de 100.000 exemplaires. Les succès s’enchaînent alors très vite: « Je serais mieux chez moi », « Je m’sens très seul », « Une bière pour mon cheval », « Pardonnez-moi seigneur », etc. En 1964, Robert Cogoi est sélectionné pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la chanson qui se tient à Copenhague. Sa chanson « Près de ma rivière » se classe 10e et devient aussi un disque d’or des ventes.

Grâce à toutes ces chansons, Robert Cogoi devient très populaire dans toute la Belgique francophone et va le rester pendant des décennies. En 1965, il rend ainsi hommage à sa région natale de Charleroi en composant et interprétant la chanson « Mon Pays Noir » en référence aux mines de charbon. Il adapte aussi avec succès un air américain en 1966: « Pas une place pour me garer ». Les mélodies de « Nake di nake dou » (1968) et « Au four et au moulin » (1969) sont également très populaires. Mais pas autant sans doute que celles de « Maman Bonheur » (1971) que Robert Cogoi crée et que Tino Rossi enregistre bien des années plus tard. Ce disque va se vendre pendant des années à l’occasion de la fête des mères. Tout comme la reprise par Cogoi de « Bon anniversaire » (1973) qui est utilisée dans les familles à chaque occasion. En 1976, l’artiste reçoit le Prix Mondial de la Chanson Populaire à Tokyo au Japon avec « Quand on est seul ». Et la fin de la décennie 1970 est marquée par les titres « Le navigateur solitaire » (1977) ainsi que « Heidi », le thème de la série télévisée d’animation japonaise en 1979. Toujours populaire dans le sens le plus aigu du terme, Robert Cogoi saisit la balle au bond lorsque l’équipe nationale belge de football décroche son ticket pour la phase finale des championnats du monde, « Le Mundial », en 1982. Il enregistre et vend des milliers d’exemplaires de la chanson « Les Diables Rouges vont en Espagne ». Il revient à des chansons différentes en 1984 et 1985: « Tu me manques à mourir » est une chanson d’amour sur la séparation et « Esperanza » est un hymne optimiste face à la déchéance du monde et ses grandes tragédies. En 1986, Robert Cogoi remet le couvert en enregistrant, sur la même mélodie qu’en 1982, « Les Diables Rouges vont à Mexico ». Alors que l’équipe belge de foot arrive jusqu’en demi-finale de la compétition mondiale, Cogoi ne réitère pas le succès de 1982 mais il faut dire que le Grand Jojo, autre artiste belge renommé, a d’ores et déjà raflé la mise avec sa chanson « E Viva Mexico ». Avec le temps, les enregistrements de Cogoi se raréfient et il faut encore noter, au rayon des nouveautés, « Au temps du temps des années 60 » en 1992 et « Une chanson d’autrefois » en 1998. Depuis le milieu des années 1990 et grâce au travail, notamment, de Francis Derouf d’abord chez BMG-Ariola puis chez AMC, il est possible de trouver l’oeuvre quasi-complète de Robert Cogoi en disques compact. En 2004, le chanteur est fait Officier de l’Ordre de la Couronne de Belgique. Se produisant de plus en plus rarement sur scène, Robert Cogoi semble couler des jours tranquilles entre Charleroi et Binche.
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Catherine Bardin en 1979

25 octobre 1954 : Naissance de la chanteuse française Catherine BARDIN. Fille du journaliste et animateur-producteur de radio et télévision Jean Bardin, elle est très tôt passionnée par la musique et la chanson. Entre 1978 et 1983, elle enregistre une série de 45 tours dont certains vont connaître le succès avec des chansons comme « Si tu savais » (1978), « Le pont des soupirs » (1979) et « 18eme étage » (1980). Les mélodies comme la voix sont douces et plaisantes mais elles ne suffisent pas à imposer Catherine Bardin comme une chanteuse à succès des années 1980, un domaine où la concurrence est rude. Après cette courte carrière éphémère, Catherine donne des cours de chant puis s’oriente vers le cinéma où elle tourne, en 1986, dans le film de Serge Korber « Le maestro ». La jeune femme nourrit ensuite quelques projets culturels servant à la médiation entre différents publics. Elle crée ainsi une web radio animée par des jeunes en difficulté à Paris. Catherine Bardin décède le 8 février 2010 dans les environs de Bourges en France.
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Nilda Fernandez

25 octobre 1957 : Naissance à Barcelone de l’auteur, compositeur et interprète franco-espagnol Nilda FERNANDEZ sous le nom de Daniel Fernandez. A l’âge de six ans, il suit sa famille qui s’installe en France dans la région de Toulouse puis à Lyon. Il y suit des études de manière assidue avant de se tourner vers la musique et de composer des chansons qu’il interprète dans des petites salles partout en France. Avec sa soeur et trois autres musiciens, il crée alors un groupe, « Les Reflets », qui effectue quelques concerts et enregistre quelques disques 45 tours dont « L’homme de Nazareth » en 1971. Quelques années plus tard, Daniel se décide à entamer une carrière de chanteur soliste. Il se fait remarquer par un producteur qui apprécie sa voix particulière et qui lui propose d’enregistrer un premier album en 1981 sous sa véritable identité de Daniel Fernandez. Le directeur artistique de l’opus est Claude Dejacques qui a déjà participé à la révélation d’artistes comme Nicolas Peyrac ou Yves Duteil. Le succès est plutôt timide mais, suite à des soucis avec la nouvelle équipe du label avec qui il a signé un contrat, Daniel se retire pour vivre de ses concerts mais aussi de différents métiers. Il enseigne l’espagnol pendant un an et il décide aussi de changer son prénom pour Nilda afin de ne plus être tributaire du label de son premier album. Pendant quatre ans, Nilda Fernandez compose des chansons qu’il finit par enregistrer en 1987 et, parmi elles, « Madrid Madrid » recueille un gros succès radiophonique dans les pays francophones. Le nom de Nilda Fernandez est dès lors connu et un deuxième 45 tours l’impose un peu plus en 1988 : « Ultime rêve de l’amour ». C’est un bon début mais l’artiste ne tient pas encore l’album qu’il veut réaliser pour entamer une véritable carrière. Il termine son travail en 1990 pour un CD qui est commercialisé en 1991 et dont le titre phare, « Nos fiançailles », connaît un succès très important. Au point de nommer trois fois l’artiste aux Victoires de la Musique (en 1992) où il reçoit celle de la révélation variété masculine de l’année pour son album qui est aussi récompensé par l’Académie Charles-Cros. A partir de ce moment, Nilda devient une sorte de nomade de la chanson. Il ne court pas après le succès. C’est ce dernier qui vient à lui. Et sa popularité se bâtit sur de superbes chansons avec des mélodies empreintes d’une ambiance particulière comme « Sinfanaï Retu » (1993). Il parcourt les routes du monde toujours à la recherche de sensibilités nouvelles, en quête de rencontres novatrices artistiquement et humainement. Comme celle qu’il vit avec la chanteuse Mercedes Sosa en Argentine pour l’enregistrement de la chanson « Mon amour » en 1994. Deux ans plus tard, l’artiste s’installe à New York où il fait la connaissance de Michel Camilo, pianiste dominicain de latino jazz, avec qui il enregistre l’album « Innu Nikamu » qui sort en 1998. L’opus est alors présenté au cours d’une tournée en roulotte qui mène le chanteur de Barcelone à Paris en passant par Lyon. En juillet 1998, le chanteur participe à « La fête à Adamo » au cours des Francofolies de Spa. Il y interprète un « tube » de celui qui le décrit alors comme son « frère de voix » : « C’est ma vie ». Peut-être inspiré par cette expérience scénique, Nilda Fernandez imagine alors un album intitulé « Mes hommages » où il tire un coup de chapeau aux artistes qui l’ont influencé : on y retrouve des titres de Léo Ferré, Barbara, Dick Annegarn, Jane Birkin, Michel Polnareff et, même, Claude François. Les disquaires le reçoivent dans le courant de l’année 1999. L’an 2000 est marqué par la commercialisation d’un best of et d’un coffret de trois albums contenant de nombreux inédits. Puis, Nilda part pour la Russie en vue de découvrir de nouveaux territoires et d’effectuer de nouvelles rencontres : il y reste cinq ans. Par la suite, les voyages se poursuivent pour l’artiste qui monte un spectacle musical et circassien à Cuba en 2006 : « Les Nouvelles du Monde ». On retrouve ensuite Nilda en Bretagne où il participe, en 2009, à l’opéra-rock « Anne de Bretagne ». Il est aussi de ceux qui figurent sur la compilation « Chez Leprest », disque de duos enregistrés avec Allain Leprest. A ce moment, il se partage entre la France, l’Italie et la Belgique car c’est à Paris, à Gênes et à Bruxelles qu’il réalise les prises de son et les mixages de son nouvel album qui a pour titre « Ti amo » et qui est dans les bacs en 2010. Le 22 mai de cette année-là, le chanteur franco-espagnol est à Tournai, en Belgique, pour un concert exceptionnel, où il s’accompagne seul à la guitare au bord de l’Escaut, comme invité d’honneur du concours de jeunes talents « L’Envol des Cités ». Il faut dire qu’au cours de ses multiples périples, Nilda Fernandez s’est souvent arrêté en Belgique. Il y a de solides amis et d’extraordinaires admiratrices. L’une des ces dernières lui a d’ailleurs confectionné un foulard que l’on peut voir sur la pochette du CD de l’artiste sorti en 2010. En 2018, Nilda Fernandez décide de chanter Garcia Lorca sur scène, accompagné par deux guitaristes. Ayant gardé un contact chaleureux et régulier avec Salvatore Adamo depuis vingt ans, il entreprend aussi de lui traduire et d’adapter les titres de son dernier album en espagnol. Cette collaboration dure plusieurs mois au cours desquels Nilda rejoint notamment Adamo pendant un concert de ce dernier à Barcelone en janvier 2019. Ce travail en commun doit malheureusement se terminer en solitaire pour Adamo qui est bouleversé par la mort de son ami le 19 mai 2019. Un décès survenu à Bize-Minervois, dans l’Aude, où Nilda Fernandez était hospitalisé depuis près d’un mois auprès des siens pour insuffisance cardiaque.
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Pochette du CD Poètes et chansons (c) EPM

25 octobre 1976 : Décès, à Paris, de Raymond QUENEAU, qui fut ce qu’on peut vraiment appeler un « homme de lettres » tant ses oeuvres furent diversifiées au sein de la littérature. Il fut ainsi romancier, poète, dramaturge, auteur et cofondateur du groupe littéraire « Oulipo ». À la Libération de Paris en 1945, il fréquente Saint-Germain-des-Prés. Son poème « Si tu t’imagines » est alors mis en musique par Joseph Kosma et devient l’un des premiers succès de Juliette Gréco. D’autres textes de Queneau seront ensuite interprétés par les Frères Jacques et repris par divers artistes non moins célèbres. Raymond Queneau est mort d’un cancer du poumon. Il était né le 21 février 1903.

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SAINT-ANDRE en 2010

25 octobre 2010 : Sortie de l’album de l’artiste d’origine corse vivant en Belgique SAINT-ANDRE: « Mon jour de chance ».

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5 OCTOBRE

Marie Laforêt en 1971 – Photo (c) Just Jaeckin

5 octobre 1939 : Naissance, à Soulac-sur-Mer en France, de la chanteuse et actrice suisse Marie LAFORET, née Maïtena Marie Brigitte Douménach. Elle est la fille de l’industriel Jean Douménach qui est prisonnier en Allemagne durant la seconde guerre mondiale. Maïtena, sa soeur et sa mère sont obligées de trouver refuge à Cahors et à Lavelanet, commune d’origine de son grand-père. En mai 1945, toute la famille s’installe, avec le père revenu, à Valenciennes dans le Nord de la France. Jean Douménach y dirige alors un atelier de constructions ferroviaires pendant une dizaine d’années avant de ramener tout le monde à Paris. Après des études plutôt religieuses, Maïtena commence à s’intéresser à l’art dramatique qui devient une sorte de thérapie par rapport à un traumatisme vécu dans son enfance. En 1959, un peu par hasard et pour y remplacer sa soeur, elle s’inscrit au concours de la radio Europe 1 « Naissance d’une étoile ». Elle le remporte et obtient ainsi l’opportunité de jouer dans le film « Liberté » de Louis Malle qui ne sera finalement jamais tourné. Qu’à cela ne tienne, désormais remarquée par les gens du métier, elle va très vite jouer aux côtés d’Alain Delon et Maurice Ronet dans « Plein soleil » de René Clément. Pendant trois ans, Marie décroche de nombreux rôles dans des films français avant de se tourner, à nouveau un peu par hasard, vers la chanson. Elle enregistre un premier 45 tours qui devient l’un des grands succès francophones de l’année 1963: « Les vendanges de l’amour », chanson écrite par Danyel Gérard.

Ce coup d’essai est alors rapidement transformé avec la sortie de toute une série de « tubes » qui vont durablement installer l’artiste aux yeux verts dans le paysage de la chanson francophone. Il y a « Viens sur la montagne » (1964), « La tendresse » (1964), « La bague au doigt » (1965), « Manchester et Liverpool » (1966), « Ivan Boris et moi » (1967) et « Que calor la vida » (1968). A partir de ce moment, Marie Laforêt désire changer de style et enregistre des chansons plus authentiques inspirées par la musique du monde. Mais cela ne marche pas et les chiffres de ventes s’écroulent. Elle est obligée, en 1972, de changer de maison de disques et de revenir à un répertoire plus apprécié du grand public. C’est ainsi qu’elle enregistre en 1973 l’adaptation française d’un titre anglo-saxon (« Rain rain » de Simon Butterfly) qui devient un « tube » monumental sous le titre « Viens viens ».

Puis, en 1974, c’est une autre reprise, cette fois d’une mélodie country américaine (« No charge »), qui va jouer sur la corde sensible de millions de mamans francophones pour devenir un énorme succès: « Cadeau ». Les années passent et Marie Laforêt connaît d’autres succès comme « Mais je t’aime » ou « Arlequin » et puis, en 1977, elle rend un hommage aux Beatles dans le retentissant « Il a neigé sur Yesterday ». L’année suivante, Marie Laforêt s’installe à Genève et demande la nationalité suisse qu’elle acquiert. En 1979, elle fait son retour au cinéma dans « Flic ou voyou » où elle côtoie Belmondo et Galabru. Elle joue alors dans de nombreux films dont « Tangos, l’exil de Gardel », prix du jury au Festival de Venise en 1985. Deux ans auparavant, en 1983, elle se retrouve à nouveau dans les hit-parade avec un 45 tours dont la chanson « Y’a pas d’raison » est un succès. Point de vue musique, Marie Laforêt ne se manifeste plus ensuite avant 1993 où elle sort un album dont elle écrit tous les textes: « Reconnaissances ». Au début des années 2000, Marie Laforêt se tourne vers le théâtre en interprétant, notamment, le rôle de Maria Callas dans « Master Class ». En septembre 2005, elle revient à la chanson sur scène, après 33 ans d’absence, au théâtre des Bouffes-Parisiens et c’est un triomphe. Dans la foulée, une grande tournée internationale d’adieu est prévue pour 2007 mais des problèmes de santé contraignent la chanteuse à l’annuler. Marie Laforêt est décédée le samedi 2 novembre 2019 à Genolier en Suisse un mois après son 80e anniversaire.
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Sophie Favier en 1984 – Photo (c) Michel Moreau

5 octobre 1963 : Naissance, à Lyon, de l’animatrice de télé, actrice et chanteuse française Sophie FAVIER. Dans sa prime jeunesse, l’ambition de Sophie est de devenir danseuse. Après le décès de son père en 1978, elle passe son bac et se destine à devenir avocate. Mais, en 1981, alors qu’elle est en vacances à Saint-Tropez, elle fait la connaissance d’une collaboratrice du présentateur de télévision Stéphane Collaro qui l’invite à passer un casting pour l’émission « Co-co boy ». Sa plastique fait mouche et elle devient danseuse « Coco-Girl » sur TF1. Elle accepte alors de réaliser des photos de nus pour divers magazines et tourne dans quelques films érotiques du début des années 1980. En 1983, elle devient chroniqueuse auprès de Christophe Dechavanne dans l’émission « Ciel mon mardi » sur TF1. C’est en 1984 qu’elle fait ses premiers pas dans la chanson en tant qu’artiste à part entière. Le titre « Aujourd’hui plus qu’hier » ne se vend pas au moment de sa sortie même s’il se trouve, depuis, sur quelques compilations comme « titre-culte » des années 1980.

Sophie Favier attend douze ans avant de recommencer l’expérience avec plus de succès cette fois. Le titre « Il me tape sur les nerfs » (adaptation française du « Tic Tic Tac » de Carrapicho) se vend bien même si l’album qui va le suivre (« Par curiosité ») verra le soufflet se dégonfler. Quelques titres extraits de ce disque sont toutefois radiodiffusés: « Bye bye » (1997), « Qu’est-ce que tu paries » (1998) et « A la claire-fontaine » (1999). Sa dernière expérience discographique remonte à 2010 avec sa participation à la chanson « Chatroulette » de Max Boublil. En novembre 2017, elle présente les concerts nostalgiques de la croisière « Age tendre » proposée par la société Coyote Productions dont Christophe Dechavanne est le directeur.
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22 SEPTEMBRE

Colette Deréal dans les années 1960 – Photo (c) P. Fournier

22 septembre 1927 : Naissance, à Saint-Cyr l’Ecole (Seine-et-Marne) de l’actrice et chanteuse française  Colette DEREAL, sous son vrai nom de Colette Denise de Glarélial. Elle passe son enfance à Marseille et son adolescence à Juan-les-Pins. Sa marraine trouve qu’elle a une jolie voix et prend rendez-vous pour elle auprès de l’artiste lyrique Reynaldo Hahn qui peut lui promettre une belle carrière. Mais le trac de ses quinze ans et un mauvais rhume lui pourrissent son audition et anéantissent ses ambitions. Voulant absolument rester dans le domaine artistique, elle s’oriente alors vers le théâtre et, à 17 ans, elle s’inscrit au Cours Simon à Paris. C’est là que le réalisateur Julien Duvivier la remarque et l’engage pour tourner aux côtés de Serge Reggiani dans « Au royaume des cieux ». C’est le premier film d’une série de 24 qui l’emmène notamment à Hollywood pour tourner avec Bing Crosby et Gene Kelly dans les années 1950. En proie au mal du pays, elle revient à Paris et se tourne vers le théâtre et la revue. Dans ce dernier genre, elle partage l’affiche avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibeault à l’Alhambra de Paris ou encore avec Jean Poiret et Michel Serrault. Elle commence aussi à tourner pour la télévision française. Elle obtient ainsi un rôle dans plusieurs épisodes de la série policière « Les cinq dernières minutes ». Elle y interprète notamment la chanson de Jean Constantin « Ne joue pas » qui n’est pas gravée sur disque. Devant la multitude des appels de téléspectateurs désirant acheter ce disque, il est décidé de le presser en urgence: plus de 10.000 exemplaires en sont vendus en un mois.

Colette Deréal est alors véritablement révélée comme une chanteuse auprès du grand public et elle enchaîne les enregistrements. Elle est ainsi logiquement invitée à se produire sur scène et elle commence en première partie de Jacques Brel dans la salle parisienne de Bobino avant de partir en tournée avec Gilbert Bécaud. Sa popularité ne cessant de s’accroître, elle revient à Bobino en 1961 mais, cette fois-ci, en vedette. La même année, elle chante au concours Eurovision de la Chanson où elle représente Monaco en interprétant « Allons allons les enfants ». Malgré d’autres passages en vedette à Bobino, elle atteint vraiment la consécration lors de son passage à l’Olympia de Paris avec Alice Dona et Leny Escudero en première partie. Elle fait alors le tour de toutes les émissions de variétés de la télévision française comme « Le palmarès des chansons » de Guy Lux par exemple. Mais, au fil du temps, une nouvelle génération de chanteuses à la voix plus discrète envahit les petits écrans et les radios. Et Colette Deréal se résigne à se retirer non sans encore accepter quelques rôles pour le cinéma et la télévision. Elle vit alors à La Turbie non loin de Monaco où vit sa grande amie Grace Kelly qui lui propose encore de temps à autre de chanter au Sporting dans la principauté. Sa dernière apparition en tant que chanteuse sur une scène a lieu à Cagnes-sur-Mer le 2 juillet 1985. Terrassée par une crise cardiaque, elle meurt le 12 avril 1988 dans sa nouvelle maison de Cap d’Ail où elle vient de s’installer. Parmi les grands succès de Colette Deréal, on se souvient de « A la gare Saint-Lazare », « Les femmes à lunettes » ou encore la version chantée, en français, de « Telstar » des Tornados.
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22 septembre 1940 : Naissance, à Solbjerg au Danemark, de l’actrice et chanteuse Anna KARINA sous son vrai nom de Hanne Karin Bayer. Très jeune, encore adolescente, elle entame une carrière artistique dans son pays natal. Elle y décroche des petits rôles dans des courts métrages et des spots publicitaires. Puis elle chante occasionnellement dans les cabarets et se fait aussi engager comme mannequin. En 1957, elle débarque à Paris où elle rencontre Coco Chanel qui lui trouve son pseudonyme: Anna Karina. Elle est alors remarquée par le réalisateur Jean-Luc Godard qui l’épouse et la fait tourner dans quelques uns de ses films. D’autres cinéastes vont ensuite asseoir confortablement la carrière cinématographique d’Anna Karina en France et à l’étranger. Depuis 1962, à l’occasion, Anna Karina chante quelques génériques des films qu’elle tourne: « La chanson d’Angela » (1962) ou « La vie s’envole » avec Claude Brasseur (1963) par exemple. En 1967, à l’initiative de Serge Gainsbourg, elle enregistre sept chansons de sa comédie musicale « Anna ». Parmi elles, il y a le désormais célèbre « Sous le soleil exactement ».

Elle revient ensuite de manière épisodique à la chanson comme lorsqu’elle se produit au Palace à Paris en 1980. Ou encore lorsqu’elle enregistre tout un album de nouvelles chansons signées Philippe Katerine en 2000: « Une histoire d’amour ». En 2006, Anna Karina est également présente sur la scène du Printemps de Bourges pour rendre hommage à Serge Gainsbourg aux côtés d’Alain Chamfort et de Keren Ann entre autres. Elle se consacre ensuite à la rédaction de contes musicaux qui paraissent sur disques compacts : il y a « Le vilain petit canard » en 2010 et « La petite sirène », d’après Andersen (avec Jeanne Cherhal, Katerine et Barbara Carlotti entre autres) en 2013. Anna Karina décède des suites d’une complication post-opératoire dans un hôpital parisien le samedi 14 décembre 2019.
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En 1982 – Photo (c) Olivier Poivre

22 septembre 1941 : Naissance, à Lyon, de la chanteuse française d’origine portugaise Catherine RIBEIRO. Fille d’immigrés portugais installés en France dans les années 1920, elle connaît, dès son plus jeune âge les affres de la seconde guerre mondiale. Avec un comportement étonnant de la part de sa mère qui l’enferme seule dans l’obscurité d’une cave pendant les bombardements. Le sort semble déjà s’acharner sur la jeune enfant qui, à l’âge de quatre ans, perd son petit frère malade. Et puis, il y a le comportement sexuel humiliant d’un ami de la famille qui n’entraîne que peu de réaction de la part de sa mère. L’enfance de Catherine, qui se déroule à Saint-Fons (près de Lyon), est donc difficile et teintée de pauvreté. A seize ans, elle croit pouvoir enfin s’échapper de la grisaille quotidienne en rencontrant un jeune homme qui lui promet des jours meilleurs. Mais il n’en est rien et ce sera pire : internée en hôpital psychiatrique et soumise à de fréquents électrochocs. La musique et l’écriture deviennent alors une sorte de thérapie et une porte de sortie vers un avenir moins sombre. Mais, fraîchement débarquée à Paris du haut de ses 22 ans, elle suit d’abord des cours d’art dramatique avant de se faire remarquer par le cinéaste Jean-Luc Godard qui la remarque pour lui proposer de tourner dans son film « Les Carabiniers ». Ensuite, cette aventure cinématographique terminée, elle revient à la musique et réussit à enregistrer quelques chansons de divers auteurs-compositeurs sur des disques commercialisés par Estudio (label portugais) et Barclay entre 1964 et 1966. Parmi ces titres, plusieurs sont des adaptations françaises de chansons de Bob Dylan. Plutôt bien vue des programmateurs de radio de l’époque, Catherine Ribeiro est assimilée à la jeune vague des « yés-yés » et se retrouve ainsi sur la mythique photo des 47 idoles du magazine « Salut les Copains » réalisée le 12 avril 1966 par Jean-Marie Périer. Peu après, l’artiste prend ses distances avec le show-business français qui commence à l’effrayer. Le comédien Patrice Moullet, qui fut son partenaire dans le film de Godard, lui demande alors de poursuivre l’écriture de poèmes et lui propose de les mettre en musique. Cette idée la séduit mais ne l’empêche pas de tenter de se suicider et d’être hospitalisée au début de l’année 1968. Dès sa sortie de l’établissement, elle commence à réaliser une maquette de ses chansons avec le groupe « 2 bis ». Le travail séduit les responsables de la firme discographique Festival qui lui permettent de commercialiser deux albums très originaux. Les chansons y sont en effet décrites comme comportant des paroles et des textes accessoires servant juste à la musique qui se décline de manière déstructurée bien loin du traditionnel duo refrain-couplet. Dès 1970, le groupe « 2 bis » est rebaptisé « Alpes ». Catherine Ribeiro devient la maman d’une fille, Iona, en 1971. Puis, elle reprend l’enregistrement de disques et d’albums qui seront toujours passés sous silence par les grandes stations de radio traditionnelles françaises publiques, privées et périphériques. Pourtant, avec le groupe « Alpes », la chanteuse va enregistrer neuf albums et se produire dans de nombreuses grandes salles de spectacles, ainsi que dans plusieurs églises et édifices religieux, en France et ailleurs dans le monde : Belgique, Suisse, Yougoslavie, Algérie, Cuba, Espagne, etc. En 1977, Catherine Ribeiro a envie de rendre hommage à l’une des idoles de son enfance et commercialise l’album « Le blues de Piaf » qui reçoit le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros. Dans la foulée l’artiste s’attaque à des textes de Jacques Prévert qu’elle décline en chansons pour l’opus suivant. La même année, elle est à l’affiche du premier Printemps de Bourges.

En 1982, alors que le groupe « Alpes » s’est dissout, elle connaît un moment de gloire en restant trois semaines à l’affiche du théâtre parisien de Bobino. Elle y interprète des titres personnels anciens et nouveaux ainsi que quelques reprises de Jacques Brel et Edith Piaf. Son contrat discographique avec Philips se termine en 1985 et elle décide d’autoproduire l’album « Percuphonante » en 1986. Deux ans plus tard, elle participe, avec Jacques Higelin notamment, à un hommage à Léo Ferré pendant les Francofolies de La Rochelle. Mais elle connaît quelques soucis avec sa fille Ioana en proie à des problèmes de drogue. En 1992, un album est enregistré en public et porte le titre « L’amour aux nus ». Elle tente de se suicider en septembre 1992 et, l’été suivant, elle est à l’affiche des Francofolies de La Rochelle et commercialise un nouveau disque compact : « Fenêtre ardente ». Catherine Ribeiro reste très active dans les années 1990 et se produit dans de nombreux festivals dont « Alors, chante ! » à Montauban en 1999. En 2002, l’artiste formule le projet de reformer le groupe « Alpes » avec Patrice Moullet mais il n’en sera rien. Elle réussit cependant à créer une nouvelle formation avec l’aide d’un ancien membre de « Alpes », Francis Campello, et elle remonte sur scène avec des chansons nouvelles et des titres plus anciens en 2005. Et, en 2008, elle fait son retour à Paris sur la scène du Bataclan. En 2009, Claude Demoulin, qui fut maire de Sedan entre 1983 et 1989 et que Catherine avait épousé en 1984, décède. Elle décide, apparemment selon le désir de son fils né en 1985 et de la compagne de son mari décédé, de quitter Sedan pour s’installer avec un homme de radio en Allemagne. En 2013, sa fille Iona décède à 41 ans, des suites du SIDA. Totalement bouleversée par cet événement, Catherine Ribeiro n’a plus repris le chemin des scènes et des studios depuis.
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En 2001

22 septembre 2001 : La chaîne de télévision privée française TF1 propose, à 21h50, une soirée spéciale GAROU. Autour de l’artiste-vedette québécois révélé par la comédie musicale « Notre-Dame de Paris » trois ans plus tôt, de nombreux invités seront présentés par Flavie Flament : Liane Foly, Patrick Bruel, Gérald De Palmas, Zazie, Marc Lavoine, Maxime Le Forestier, Hélène Ségara, Patrick Fiori, Julie Zénatti, Luck Mervil, Luc Plamondon, Roch Voisine, Natasha St-Pier, Dan Bigras, Céline Dion et Dany Brillant entre autres.
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26 JUIN

Paul Severs en 2012

26 juin 1948 : Naissance, à Huizingen, du chanteur, musicien et auteur compositeur belge Paul SEVERS. Il naît au sein d’une famille nombreuse et est scolarisé à Hal. Adolescent, passionné de musique, il suit des cours de piano et achète une guitare. Un copain lui fait savoir qu’un groupe local connu recherche un chanteur et Paul répond à l’appel. Il devient ainsi, à 17 ans, le leader des « Criminals » qui propose un répertoire anglo-saxon. Le responsable de la formation envoie une maquette au producteur belge Jean Kluger qui est l’un des plus courus de l’époque. Ce dernier n’est pas insensible à la musique des Criminals mais il est surtout intéressé par la voix de Paul. Il propose donc un enregistrement au groupe mais il demande au chanteur d’interpréter le titre en néerlandais qui est sa loangue maternelle. En 1966, un 45-tours est commercialisé: c’est « Geen wonder dat ik ween » par Paul Severs & the Criminals. Le disque n’obtient pas le succès espéré et les deux essais suivants ne réussiront pas mieux. Après d’autres tentatives infructueuses, Paul écrit lui-même la chanson « Ik ben verliefd op jou » en 1970. Et là, c’est le « tube » avec 120.000 exemplaires vendus. La chanson est traduite en anglais (« I’m so in love with you ») et connaît une grande popularité interprétée par le groupe belge Octopus. Et puis, surtout, la version française du groupe Crazy Horse (« J’ai tant besoin de toi ») s’écoule à plus d’un million d’exemplaires en quelques semaines. Alors que les succès de Paul Severs s’accumulent en Belgique néerlandophone et encouragé par les résultats de « J’ai tant besoin de toi » des Crazy Horse, le chanteur songe à une carrière qui pourrait se dérouler en Belgique francophone et en France. Il se met donc en quête d’un titre français fort et, en 1973, il enregistre « Si tu m’aimes comme je t’aime ». Le 45-tours est distribué en France par Carrère et se retrouve rapidement dans les vingt premiers du classement au hit-parade de la radio RTL présenté par André Torrent. Paul Severs bénéficie à ce moment de la vague des « chanteurs belges » qui déferle sur la France : Christian Vidal, Christian Adam, Art Sullivan, Pierre Rapsat ou encore Frédéric François dont le parolier du moment, Marino Atria, signe aussi les textes francophones de Paul Severs. Un second disque sorti en 1974, « Près de toi », connaîtra un succès moindre et l’artiste se reconcentre alors sur sa carrière néerlandophone. Sept ans plus tard, il refera une timide apparition dans l’univers de la chanson française avec « Viens donc à la discothèque ». Mais c’est au début des années 1990 qu’il va connaître la véritable consécration du côté francophone de la Belgique lorsqu’il va figurer parmi les idoles de l’émission télévisée de la chaîne privée RTL-TVI « Dix qu’on aime ».

En 1991, il est au sommet avec « Toutes les filles » et il enchaîne quelques mois plus tard avec « Oh petite fille ». Depuis cette époque, Paul Severs n’a jamais cessé d’enregistrer régulièrement des CD-2 titres avec, généralement, la même chanson en français et en néerlandais. Ces dernières années, c’est souvent le chanteur et musicien Philippe Vancles qui lui écrivait les textes français. En 2015, Paul Severs fête ses 50 ans d’une carrière au cours de laquelle il a vendu 1 million de disques, écrit 300 chansons et preste quelque 15.000 concerts. Le 12 mars 2019, au cours d’une balade à vélo avec un ami près de chez lui, dans les environs de Tubize, il s’écroule victime d’une crise cardiaque. Il est transporté à l’hôpital Erasme de Bruxelles dans un coma dont il ne sortira pas. Le 9 avril 2019, son fils Christophe annonce le décès de Paul Severs sur les réseaux sociaux.
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DOUCHKA en 1986 – Photo (c) Y. Maton

26 juin 1966 : Naissance, à Saint-Cloud, de la chanteuse française DOUCHKA. Fille de l’actrice et chanteuse Pascale Petit et de Giani Esposito, son vrai nom est Doushka Bojidarka Esposito. Elevée dans un milieu artistique, elle commence par devenir mannequin à l’âge de douze ans alors que son père, le chanteur Giani Esposito, est décédé depuis quatre ans. Six ans plus tard, sur le conseil de son beau-père qui n’est autre que le célèbre producteur Humbert Ibach, elle devient l’ambassadrice de Disney en France et va, à ce titre, enregistrer toute une série de disques. Ces derniers reprennent les musiques des films de Disney et sont pubiés sous le label Ibach. Après un premier 45 tours intitulé « Mickey Donald et moi », elle enregistre son premier album « Elémentaire mon cher Baloo » en décembre 1984.

Plus de sept millions de disques de Douchka se vendent alors à un public junior. Son succès est tel que l’artiste est candidate aux Victoires de la Musique en 1986. Après cette période, la jeune chanteuse veut élargir son public et décide de rompre son contrat avec Disney. Elle pose alors pour des photos de charme avant de publier, en 1996, un recueil de poésie. En 1997, elle revient à la chanson sous le nom de Doushka Esposito et interpréte la bande-originale de la série d’animation télévisée « Princesse Sissi » diffusée sur France 3. L’année suivante, elle sort un single qui a pour titre « Daydream » et qui ne connaît pas un grand succès. Après un détour par la téléréalité et le téléachat, elle amorce un retour à la musique en enregistrant la chanson « Per le vie » en 2006. Et, trois ans plus tard, elle sort un nouvel album composé de chansons écrites par elle-même. En 2011, elle publie une autobiographie au titre éloquent: « Mes ailes brûlées ». Trois ans plus tard, elle se présente comme candidate au concours « The Voice France » pour prouver qu’elle n’est pas qu’une chanteuse du passé. Sa prestation impressionne mais elle n’est toutefois pas retenue pour les étapes suivantes du programme télévisé diffusé par la chaîne privée française TF1. En 2017, elle envisage d’enregistrer un album de chansons intitulé « Au fond du coeur », avec des hommages, et elle commence par reprendre le titre qui a fait la popularité de son père : « Le clown ». Parallèlement à ce projet, la chanteuse se produit encore sur scène dans un spectacle nommé « La fabuleuse histoire de Douchka ».
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26 juin 1972 : Naissance, à Sherbrooke, du chanteur québécois Pierre Garand mieux connu sous le pseudonyme de GAROU. Etudiant au Séminaire de Sherbrooke, il s’implique dans les mouvements de jeunesse comme le scoutisme. Passionné de blues et de musique, il commence à chanter dans un bar de Magog. Et c’est là que le parolier québécois Luc Plamondon, de passage, est impressionné par le talent du chanteur à qui il destine le rôle de Quasimodo dans le spectacle musical qu’il est en train d’écrire avec Richard Cocciante: « Notre-Dame de Paris » d’après l’oeuvre littéraire de Victor Hugo. Pierre accepte la proposition et cela va rendre Garou célèbre en France puis dans toute la francophonie. La chanson « Belle », qu’il partage avec Daniel Lavoie et Patrick Fiori, est un « tube » qui lui rapporte un prix aux World Music Awards et aux Victoires de la Musique. Etant de plus en plus connu, Garou est à ce moment sollicité pour diverses causes et, en 1998, alors que le succès de « Notre-Dame de Paris » est à son comble, il est l’un des artistes présents sur l’album français « Ensemble contre le Sida ». Libéré des représentations de « Notre-Dame de Paris », Garou entame l’enregistrement d’un premier album en solo. Délibérément intitulé « Seul », l’album est produit par René Angélil, le mari de Céline Dion, et connaît un très gros succès. La galette numérique contient quelques « tubes » dont « Seul » bien sûr mais aussi « Sous le vent », un duo interprété avec Céline Dion.

Fort de cette popularité et poursuivant sur sa lancée, Garou commercialise son second album à la fin de l’année 2003. Le premier extrait est un succès radiophonique et pubic: « Reviens ». L’opus recèle aussi un duo avec Michel Sardou: « La rivière de notre enfance ». En 2005, Garou enregistre un nouveau duo, « Tu es comme ça », mais, cette fois, avec une jeune artiste inconnue: Marylou. En juin 2006, le chanteur québécois sort son troisième « long jeu », au titre éponyme, qui n’obtient pas le succès escompté. Malgré cela, l’artiste se produit sur de nombreuses scènes européennes mais aussi en Russie, au Liban, aux Etats-Unis et, bien sûr, au Canada. Et, en 2008, il renoue avec ses premières amours musicales que sont le blues et la soul music: il entre en studio pour réaliser un premier album en anglais intitulé « Piece of my soul ». Les treize chansons sont parfaites mais ne semblent pas séduire le public francophone. Alors, Garou décide de commercialiser un opus de reprises françaises et anglo-saxonnes qui lui tiennent à coeur et à voix: « Gentleman cambrioleur », du titre de la chanson de Dutronc qu’il y interprète. Les ventes de ce disque ne sont pas extraordinaires en France. Fin 2010, il sort son sixième album studio avec des chansons francophones originales: « Version intégrale ». Le CD n’est plus produit par René Angélil mais par Garou lui-même qui a aussi joué de plusieurs instruments. Six mois plus tard, l’artiste tient le rôle principal dans le nouveau spectacle du Cirque du Soleil à New York: « Zarkana ». Et, en décembre 2011, il retrouve, sur la scène parisienne du palais des sports de Bercy, ses amis Daniel Lavoie, Patrick Fiori, Hélène Ségara, Bruno Pelletier et Luck Mervil pour trois concerts reprenant les plus belles chansons de la comédie musicale « Notre-Dame de Paris ». Puis, en février 2012, Garou est assis aux côtés de Jenifer, Louis Bertignac et Florent Pagny pour évaluer les jeunes talents participant au crochet télévisé français « The Voice, la plus belle voix » sur la chaîne privée TF1. Il commence alors à travailler sur un nouveau projet discographique qui aboutit, en septembre 2012, à un disque nommé « Rhythm and blues ». L’opus revisite des chansons françaises et anglo-saxonnes comme « Le jour se lève » d’Esther Galil et il fait découvrir de nouvelles versions « pêchues » de « Quand tu danses » de Gilbert Bécaud ou « Marie-Jeanne » de Joe Dassin. La tournée qui suit est également un grand succès alors que Garou rempile pour une nouvelle saison de « The Voice la plus belle voix » au début 2013. En septembre 2013, l’artiste commercialise un nouvel album de chansons originales intitulé « Au milieu de ma vie ». Au début de l’année suivante, il interprète un duo avec Charlotte Cardin, finaliste de « The Voice » au Québec: « Du vent des mots ». Et, en février 2014, il prend à nouveau place dans un des quatre sièges rouges du concours français « The Voice » aux côtés de Jenifer, Florent Pagny et Mika. A la fin de la même année, il commercialise un album de mélodies traditionnelles de Noël réinterprétées de manière très personnelle en anglais et en français: « It’s magic ». Le 4 mai 2015, à Forest-National (Bruxelles – B), Garou est l’invité exceptionnel d’un spectacle intitulé « Pietro e Lucia » qui se déclare contre la guerre et le terrorisme. Peu de temps après les attaques terroristes parisiennes de novembre 2015, Garou fait partie, avec Roch Voisine et Corneille, de l’aventure « Forever Gentlemen » qui se décline sur scène pour la première fois en Belgique à Bruxelles et Charleroi. Après cette aventure scénique qui l’emmène aux quatre coins de la francophonie, Garou décide de faire une pause dans sa carrière artistique. Un repos qu’il interrompt le 21 juin 2016 pour présenter la soirée de la fête de la musique sur la chaîne de télé publique France 2 en direct de Toulouse. Cette nouvelle expérience télévisuelle semble lui plaire puisqu’il remet le couvert en 2017 toujours à Toulouse et en 2018 en direct de Nice cette fois. En 2018, il présente aussi le programme de sélection de la chanson qui représentera la France au concours Eurovision et qui a pour titre « Destination Eurovision ». Expérience qu’il réitère en 2019.

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Franck Olivier ici en 1983

26 juin 2010 : La « tournée romantique » fait halte à Quevaucamps en Belgique. Elle y propose des prestations courtes de chanteurs belges et français des années 1960 et 1970: Christian Vidal, Jean-François Michael, Alain Delorme, Robert Cogoi, Franck Olivier, Claudia Sylva, Salvatore Gallo et les Sunlights.

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3 JUIN

Josephine Baker dans les années 1960

3 juin 1906 : Naissance, à Saint-Louis, dans le Missouri (USA), de la chanteuse et meneuse de revue, d’origine afro-américaine, Josephine BAKER. Ses parents se séparent alors qu’elle est toute petite et sa mère se remarie assez vite. Son enfance se déroule entre l’école et le travail qu’elle effectue chez des gens aisés. Le salaire qu’elle perçoit pour ce travail devient bien vite le seul revenu d’une famille qui s’agrandit rapidement et, à treize ans, Josephine quitte l’école et la maison pour se marier. Mais ce mariage bat promptement de l’aile et l’adolescente, qui voue une passion pour la danse depuis longtemps, rejoint une troupe d’artistes intinérante. Après de nouvelles épousailles et une nouvelle rupture, elle s’installe à New York, bien décidée à conquérir Broadway. De rencontres en rencontres, elle finit par croiser le chemin de Caroline Dudley Regan qui apprécie beaucoup son talent et qui lui propose de l’accompagner à Paris où son mari est attaché commercial de l’ambassade des Etats-Unis. Regan pense qu’elle pourrait devenir la meneuse d’un spectacle qu’elle veut monter à Paris: la Revue Nègre. Et, effectivement, le 2 octobre 1925, elle est à l’affiche de la Revue nègre au Théâtre des Champs-Élysées. Là, vêtue d’une simple ceinture de bananes, elle danse le charleston qui est alors un rythme encore inconnu en Europe. C’est le scandale mais c’est aussi très vite un grand succès parisien. Après une tournée en Europe, en 1927, Josephine Baker se lance dans la chanson. Et, quatre ans plus tard, elle remporte un succès inoubliable avec la chanson « J’ai deux amours » composée par Vincent Scotto. Alors que sa popularité est grandissante en France et en Europe, elle veut effectuer une tournée aux Etats-Unis en 1936 mais la réussite n’est pas au rendez-vous. Les Américains ne comprennent pas pourquoi elle s’exprime tantôt en français, tantôt en anglais avec un terrible « french accent ». Suite à cet échec, Josephine rentre en France et acquiert la nationalité française en 1937 en épousant un Français: Jean Lion. Elle est en France quand éclate la seconde guerre mondiale. Et, dès 1939, l’artiste se mobilise et devient agent de contre-espionnage à Paris. A la Libération, elle s’engage pour la Croix-Rouge. Avec le chef d’orchestre français Jo Bouillon, qu’elle épouse à son tour en 1947, elle achète le domaine des Milandes qui se trouve en Dordogne. N’ayant plus la possibilité physique d’avoir des enfants, elle accueille dans ce château du Périgord des enfants de toutes origines qu’elle adopte. Ce comportement, très coûteux, va engloutir toute sa fortune et elle est obligée de multiplier concerts et galas pour se renflouer continuellement. Mais cela ne va pas suffire et, pratiquement ruinée, Josephine se voit offrir un logement à vie à Roquebrune, sur la Côte d’Azur, par son amie la princesse Grace de Monaco. Infatigable, Josephine Baker se produit à la télévision française pour y reprendre, à 61 ans, son tube de toujours « J’ai deux amours ».

Et elle poursuit ses tournées et ses spectacles avec des arrêts à l’Olympia de Paris en 1968 ou au Carnegie Hall de New York en 1973. Fin mars 1975, elle présente encore ses chansons au public parisien de Bobino. Le 10 avril 1975, au lendemain d’une soirée où le public était très chaleureux, l’artiste ne se réveille pas dans son appartement parisien. Elle a subi une attaque cérébrale et est emmenée à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans le coma. Elle s’y éteint le 12 avril. Josephine Baker est inhumée au cimetière de Monaco. Les grands succès de Josephine Baker restent à tout jamais, « La petite Tonkinoise » (1930), « J’ai deux amours » (1931), « Dis-moi Joséphine », « Dans mon village » (1953), « Sur deux notes » (1953), « Piel canela » (1953), »Donnez-moi la main » (1959), « La vie en rose » (1968) ou « Hello Dolly » (1968). A la fin des années 2000, un spectacle musical français mis en scène par Jérôme Savary relate l’histoire de Josephine Baker.
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Frédéric François en 1987 – Photo (c) JC Tombeux

3 juin 1950 : Naissance, à Lercara (Sicile), sous le véritable nom de Francesco Barracato, du chanteur et compositeur italien Frédéric FRANCOIS. Un an après sa naissance, le petit Francesco, sa maman et son frère, rejoignent le paternel qui a trouvé du boulot dans un charbonnage de Tilleur près de Liège en Belgique. La famille s’agrandit bien vite et, finalement, Francesco aura sept frères et soeurs. Lors des repas familiaux et de toutes les autres grandes occasions, le papa, Peppino, ne rate jamais l’opportunité de saisir sa guitare et d’interpréter des airs d’opéras ainsi que des mélodies napolitaines. A dix ans, fortement influencé par le comportement de son père, Francesco interprète « O sole mio » dans un café du village. Désormais, la musique et la chanson sont ses motivations premières. Alors qu’il est à l’école secondaire, il intègre le groupe musical « Les Eperviers » en 1963: il en est le guitariste et chanteur. La musique prenant le pas sur tout le reste, à quinze ans, Francesco s’inscrit au Conservatoire de Musique de Liège où il apprend le violon mais aussi la diction, la déclamation et le chant. En 1966, il devient le chanteur d’une autre formation: « Les tigres sauvages ». Avec ce groupe, il se présente au concours du Microsillon d’Argent au Festival de Châtelet en Belgique. Il remporte le premier prix qui lui permet d’enregistrer un 45 tours. Ce sera, pour lui, le premier d’une longue série: Francesco Barracato le sort sous le nom quelque peu « francisé » de François Bara. Les deux chansons qui y figurent ont pour titre « Petite fille » et « Ne pleure pas ».

Le succès n’est pas énorme mais on commence à connaître François Bara dans la région de Liège où les juke-boxes sont alimentés par le papa de Francesco qui achète les 500 exemplaires du 45 tours! Du coup, on lui propose d’effectuer des premières parties de grands artistes de passage à Liège: Johnny Hallyday ou Michel Polnareff par exemple. En 1969, il rencontre le producteur liégeois Constant Defourny et il signe un premier contrat avec Barclay-Belgique. En juillet de la même année sort son premier disque sous le nom de Frédéric François: « Sylvie ». Il a choisi son nouveau pseudonyme en hommage au compositeur Chopin dont le véritable prénom était Frédéric-François. Ses premières chansons ne se révèlent pas être des succès: après « Sylvie », il y a « Les Orgues de Saint Michel » puis « Marian » et « Comme tous les amoureux » qui n’est pas retenue pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la chanson de 1970. Quelques mois plus tard, une nouvelle chanson, « Jean », est distribuée en France par le label Az et est programmée sur la radio Europe 1. Le succès est toutefois encore très limité mais il semble néanmoins que le destin est en marche et, après deux autres 45 tours, la chanson « I love you je t’aime », interprétée en duo avec son épouse Monique, fait véritablement connaître Frédéric François au public de la Belgique et du Nord de la France. Ce joli coup d’essai est transformé triomphalement par le titre suivant: « Je n’ai jamais aimé comme je t’aime » dont le texte est signé par Marino Atria. Cette fois, Frédéric François se fait un nom parmi les stars du hit-parade et son statut sera confirmé avec le tube de l’été 1972: « Je voudrais dormir près de toi ». 500.000 exemplaires de ce 45 tours se vendent en quelques semaines. Le chanteur-compositeur s’intègre alors parfaitement dans la catégorie des chanteurs pour jeunes demoiselles (ce qu’on appelle alors « les minettes ») où il côtoie d’autres Belges comme Christian Adam, Christian Vidal, Frank Michaël, Art Sullivan et Franck Olivier mais aussi les Français Christian Delagrange, Ringo, Crazy Horse, le Suisse Patrick Juvet ou l’Israélien Mike Brant. Toutes les chansons de Frédéric deviennent ainsi des « tubes »: « Laisse-moi vivre ma vie » (1972), « Quand vient le soir on se retrouve » (1973), « Un chant d’amour un chant d’été » (1973), « Viens te perdre dans mes bras » (1973), « Il est déjà trop tard » (1974), « Chicago » (1975), « Mal tu me fais mal » (1975), « Maintenant que tu es loin de moi » (1975) ou « San Francisco » (1976). La fin des années 1970 va être plus difficile pour les chanteurs français à succès et ce sera le cas aussi pour Frédéric François. C’est l’époque où le mouvement disco amène de nouvelles idoles et où certains saisissent la balle au bond (Patrick Juvet, Carène Cheryl ou Sheila par exemple). Mais c’est aussi une période ou la new wave va amener des orchestrations plus électroniques qui serviront de nouveaux artistes comme Daniel Balavoine ou Jean-Jacques Goldman par exemple. En 1982 toutefois, un changement s’opère dans les medias avec l’apparition des radios libres. En Belgique, ces dernières diffusent largement un nouveau 45 tours de Frédéric: « Adios Amor ». La radio nationale francophone (RTBF) suit le mouvement et, finalement, ce sont 500.000 45 tours qui sont vendus de cette mélodie qui tient ses origines en Allemagne. Le succès est véritablement revenu pour le chanteur qui voit aussi s’éloigner quelques soucis de santé. En 1983, la chanson « Aimer » est également très populaire. Mais la maison de disques Vogue est en restructuration et Frédéric François se tourne vers la firme Trema qui va relancer sa carrière de manière spectaculaire à partir de 1984 avec « On s’embrasse on oublie tout » et « Mon coeur te dit je t’aime » qui sont repris sur un album qui se vend à 300.000 exemplaires. Ce renouveau lui permet aussi de passer pour la première fois en vedette à l’Olympia de Paris. Il y aura ensuite « Je t’aime à l’italienne » (1985), « L’aimer encore » (1986), « Une nuit ne suffit pas » (1987), « L’amour s’en va l’amour revient » (1988), « Qui de nous deux » (1989), « Est-ce que tu es seule ce soir » (1990), etc. En 1989, Frédéric François se produit sur des scènes du Canada et des Etats-Unis. En 1993, il crée sa propre maison de production avec Moïse Benitah, MBM (Moïse Benitah Music), et sort le dernier 45 tours de sa carrière: « L’amour c’est la musique ». A la fin de l’année 1996, il chante devant le pape Jean-Paul II à Rome. L’année suivante, Frédéric François connaît à nouveau le succès avec une mélodie où il tente, pour la première fois, de chanter en voix de tête: « L’amour fou ». En 1999, quelques mois avant de chanter dans son village natal de Lercara, il enregistre un album de standards de la chanson italienne comme « Ciao Ciao bambina » ou « Volare » par exemple. Au début du 21e siècle, celui dont on parle de plus en plus comme le successeur de Tino Rossi va rendre hommage à l’idole corse: il enregistre ainsi en 2003 un album de ses grands succès comme « Petit Papa Noël », « Marinella » ou « Méditerranée ». En 2005, l’album où figure « Et si on parlait d’amour » se vend à 200.000 exemplaires. En octobre 2008, alors qu’il est en tournée dans les grandes villes belges, Frédéric doit être hospitalisé à Liège pour abus de cortisone. Il se voit imposer un an d’interruption de carrière au risque de ne plus pouvoir chanter. En 2010, parfaitement rétabli, il sort un nouvel album: « Chanteur d’amour ». L’opus suivant sort en octobre 2013 et a pour titre « Amor latino ». Du 28 février au 9 mars 2014, il est sur la scène de l’Olympia de Paris pour la quatorzième fois. A la fin de l’année 2014, le chanteur commercialise un album intitulé « Magie de Noël » qui reprend les grands standards du thème et un inédit dont le titre est « Avant Noël ». Et, en mai 2016, la popularité de l’idole des seventies se perpétue avec une nouvelle galette numérique qui sort pour la fête des mères: « Les femmes sont la lumière du monde. » Le 28 septembre 2017, Frédéric François est fait Chevalier des Arts et des Lettres par l’ambassadrice de France en Belgique, Claude-France Arnould. Plusieurs amis de l’artiste, parmi lesquels les chanteurs Salvatore Adamo et Le Grand Jojo ou le metteur en scène Franco Dragone, assistent à la cérémonie. En mars 2019, Frédéric revient au premier plan avec un nouvel opus dont il co-signe les chansons avec Frédéric Zeitoun : « Juste un peu d’amour ».
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Allain Leprest en 1986 (c) Alain Marouani

3 juin 1954 : Naissance, à Lestre, de l’auteur et interprète français Allain LEPREST. Allain Leprest passe son enfance dans une famille modeste à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen. L’enfance est heureuse et le petit Allain a la tête dans les étoiles: il voudrait devenir poète mais, pour faire plaisir à ses parents plus « terre à terre », il sera peintre… mais peintre en bâtiment. Il entreprend donc des études dans ce sens mais, en cachette, dès l’adolescence, il écrit des textes qu’il commence à chanter dans des endroits comme « Le bateau ivre » à Rouen. En 1980, il débarque à Paris et propose ses chansons dont personne ne veut. Il se résigne donc à les chanter lui-même dans des cabarets de la capitale française. Ses débuts sont donc difficiles mais il se fait néanmoins remarquer par quelques « collègues » comme Henri Tachan. En 1985, il tente sa chance au Printemps de Bourges et il en devient la révélation inattendue. A partir de ce moment, il va régulièrement proposer des spectacles un peu partout en France et dans de nombreux festivals. Il est remarqué par Jean Ferrat et l’ami producteur de ce dernier, Gérard Meys, lui propose d’enregistrer des chansons. En 1988, il sort un album avec « Rimbaud » (musique de Francis Lai) et « J’ai peur » (musique de Jean Ferrat). Mais les musiques qui lui collent alors le mieux sont celles que signe Romain Didier pour les chansons « La retraite », « Edith » ou « Dans le sac à main de la putain ». Allain Leprest enregistre ensuite avec Saravah, la maison de production créée par Pierre Barouh. Deux albums studio sortent de cette collaboration. En 1992 tout d’abord, Leprest et Richard Galliano collaborent pour un album minimaliste reposant sur le concept « une voix, un accordéon ». Puis, deux ans plus tard, il y a le quatrième album solo avec, entre autres, « Sur les pointes » et « Il pleut sur la mer ».

En 1995, il propose ses chansons sur la scène de l’Olympia juste dix ans après Bourges. Au même moment, réalisant son rêve d’enfant, Leprest écrit des textes pour Juliette Gréco, Francesca Solleville ou Enzo Enzo. En 1998, il enregistre l’album « Nu » où certaines chansons sont composées par Romain Didier mais où d’autres sont signées par Kent, Higelin, Laffaille ou Duteil. Il y reprend aussi le célèbre « Melocoton » de Colette Magny. En 2005, il rejoint le label Tacet de Didier Pascalis qui produit « Donne-moi de mes nouvelles » puis « Chez Leprest », un hommage de ses amis auteurs et chanteurs. En 2008 sort l’album « Cantate pour un cœur bleu, ode à la Méditerranée » sur des musiques de Romain Didier avec Enzo Enzo, Romain Didier et Jean-Louis Trintignant. Le dernier opus d’Allain Leprest, « Quand auront fondu les banquises », arrive en 2009. Au cours de l’été 2011, un « Leprest symphonique » est en cours de réalisation lorsque son auteur-interprète décide de se suicider. Atteint d’un cancer des poumons depuis des années, Allain Leprest met fin à ses jours le lundi 15 août 2011 à Antraigues-sur-Volane, le village de Jean Ferrat, où il passe ses vacances. Le 23 août 2011, il est, selon son souhait, inhumé au cimetière Monmousseau à Ivry-sur-Seine. Les chansons qu’il n’a pas eu le temps d’enregistrer l’ont été par Enzo Enzo, Kent, Sanseverino, Christophe, Daniel Lavoie et Romain Didier qui a assuré la direction musicale de l’album qui est sorti à titre posthume à la fin de l’année 2011. Allain Leprest a écrit plus de 1.000 chansons mais seulement 369 de ses oeuvres sont répertoriées à la SACEM. Artiste jusqu’au bout des ongles, Allain Leprest « offrait » et égarait ainsi beaucoup de ses textes.
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René-Louis Lafforgue en 1959

René-Louis Lafforgue en 1959

3 juin 1967 : Décès, à Albi, dans un accident de voiture, de l’acteur, auteur, compositeur et chanteur français d’origine espagnole René-Louis LAFFORGUE. Né le 13 mars 1928 à Saint-Sébastien (Espagne) dans une famille de militants libertaires du pays basque espagnol, il subit la guerre d’Espagne puis l’exil en France où il participe à la Résistance avec son frère qui y trouve la mort. Il se rend à Paris où il exerce de nombreux métiers avant de s’orienter vers la comédie, la musique et la chanson. Il effectue des rencontres qui lui permettent de faire du théâtre et, en 1948, Charles Dullin l’engage comme comédien. Un an plus tard, il fait une tournée européenne avec le mime Marcel Marceau. Il découvre ensuite la chanson et il se rend célèbre en remportant, en 1954, le Grand Prix de la Chanson française de Deauville. Parmi ses grands succès, il y a alors « Julie la Rousse » (1956) et  » Le Poseur de rails » (1957). En 1962, il achète le cabaret parisien de « L’École buissonnière » et il permet à des jeunes talents de s’y produire: Guy Bedos, Paul Préboist, Pierre Louki, Boby Lapointe, Maurice Fanon, Christine Sèvres ou Béatrice Arnac. Le cabaret devient vite le lieu de rendez-vous des libertaires et pacifistes parisiens. Dans les années 1960, il assure les premières parties des spectacles de Georges Brassens avant de passer en vedette à l’Olympia de Paris. En 1966, dans la lignée de « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, il enregistre une chanson bouleversante: « Les enfants d’Auschwitz ». Le 3 juin 1967, alors qu’il roule sur la Nationale 118 entre Albi et Castres, René-Louis Lafforgue se tue en voiture.
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En 1976

3 juin 2001 : Décès, à Boston (Etats-Unis), de l’acteur mexico-américain Anthony QUINN, né le 21 avril 1915 à Chihuahua (Mexique). Après avoir obtenu de très nombreux petits rôles alimentaires dans des productions d’Hollywood, il ne trouve sa réelle place au cinéma qu’à partir de 1953 avec des films comme « Viva Zapata », « La Strada » de Fellini, « Lawrence d’Arabie » ou « Zorba le Grec ». Parallèlement à cette longue et importante carrière d’acteur, Anthony Quinn enregistre parfois des chansons, souvent en anglais, comme « I love you you love me » en 1967 ou « Life itself will let you know » en 1981. Et puis, en 1976, il interprète, en français approximatif, « Nous deux c’est fini », une mélodie à la Barry White avec un texte de Boris Bergman.
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3 juin 2019 : 16e édition de la remise des Octaves de la Musique à Bruxelles. Ces récompenses annuelles sont attribuées aux artistes de la communauté francophone de Belgique évoluant dans tous les genres musicaux. Parmi les lauréats invités à prester sur la scène de la salle de la Madeleine, le groupe KUZYLARSEN reçoit l’octave de la chanson française. Dans les autres catégories, BALOJI est récompensé pour sa musique du monde ainsi que pour ses spectacles et concerts. Veence HANAO & le MOTEL sont primés pour l’album « Bodie » et le groupe L’OR DU COMMUN se distingue pour son album « Sapiens » dans la catégorie des musiques urbaines.
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16 MAI

Pierre Destailles dans les années 1950

16 mai 1909 : Naissance, à Paris, de l’acteur français Pierre DESTAILLES. Né Pierre André Jules Desfoux, il se fait remarquer dans le domaine de la chanson française en popularisant, en 1950, le célèbre refrain « Tout ça parce qu’au bois de Chaville ». Cette chanson raconte l’histoire plutôt coquine de la cueillette du muguet du 1er mai.

Pierre Destailles est également l’auteur et interprète de la chanson « La Mouche » qui relate les aventures agitées d’un couple qui tente d’occire une mouche dans sa chambre conjugale. Pierre Destailles est décédé le 31 mars 1990 aux Clayes-sous-Bois dans les Yvelines (France).
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EILEEN en 1969 – Photo (c) G. Spitzer

16 mai 1941 : Naissance, à New York, de la chanteuse américaine EILEEN, Eileen Goldsen de son vrai nom. Fille d’un éditeur musical américain réputé, elle décroche un diplôme en langues à Los Angeles en 1963. Parlant très bien le français, elle s’établit à Paris un an plus tard. Elle décide alors d’adapter en français quelques succès américains et en enregistre quelques-uns. Lucien Morisse, directeur de la radio périphérique française Europe 1, la fait engager par Disc AZ chez qui elle enregistre un premier 45 tours avec le titre « Prends ta guitare ». Le succès de ce premier essai est mitigé et il faut attendre un deuxième disque avec la chanson « Une grenouille dans le vent » pour qu’elle se fasse vraiment remarquer du public français en 1965. Son plus grand hit reste cependant la chanson « Ces bottes sont faites pour marcher », adaptation française du tube de Nancy Sinatra « These boots are made for walking ».

Elle sort une dizaine de 45 tours entre 1964 et 1969 dont la plupart des mélodies sont composées par elle-même. Fin 1965, elle épouse le producteur et auteur-compositeur Jack Robinson et, en avril 1966, elle est l’une des 46 vedettes « yé-yés » françaises figurant sur la mythique photo réalisée par François Périer. Elle délaisse un peu la chanson dans les années 1970 avant de faire un retour éphémère en 1982 avec le titre « Galactic Fred » qui n’obtient que très peu de succès. Elle poursuit ensuite ses activités musicales en fondant et en gérant une société d’éditions musicales basée à Paris.
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Nicole Rieu en 1986 – Photo (c) Michèle Laurent

16 mai 1949 : Naissance, à Chaumont, de la chanteuse française Nicole RIEU. Au milieu des années 1960 elle fait partie du groupe « Les Spits ». En 1969, Lucien Morisse, directeur d’Europe 1 et des Disques AZ, la remarque lors d’une audition et lui propose un contrat discographique. Elle abandonne ses études pour enregistrer un premier 45 tours avec l’arrangeur et orchestrateur Jean Musy. Auteure, compositrice, elle interprète ses propres chansons à l’Olympia de Paris en première partie de Daniel Guichard au début des années 1970. Les disques qu’elle sort ensuite ne connaissent pas le succès. En 1973, elle est repérée par Eddie Barclay qui lui assure qu’elle a du talent et qu’il va tout faire pour que ça se sache. Elle signe un nouveau contrat avec lui et, effectivement, son premier 45 tours chez Barclay, « Je suis », est un énorme tube de l’année 1974. La chanson révèle au grand public toute la portée cristalline de son exceptionnel grain de voix.

Quelques mois plus tard, Nicole Rieu confirme sa popularité en multipliant les succès. Il y a « Et bonjour à toi l’artiste » qui représente la France au concours Eurovision 1975 mais aussi « Ma maison au bord de l’eau », « En courant », « Je m’envole » et « La vie ça danse ». En 1978, elle participe, avec Jean-Michel Caradec et Nicolas Peyrac, à la comédie musicale « Le Rêve de Mai » à l’occasion du dixième anniversaire des événements de Mai 1968. A Cannes en 1979, au MIDEM, Marché International du Disque et de l’Edition Musicale, elle reçoit le Prix de l’Hexagone d’Or avec la chanson « La goutte d’eau » qu’elle interprète magistralement. Dans les années 1980, Nicole Rieu fait une pause pour se consacrer à sa famille et revient ensuite en enregistrant de temps à autre un album au succès très limité. Au début des années 1990, elle publie un disque qui est pour elle l’occasion de réenregistrer ses succès des années 1970. En 2002, elle tient le rôle principal dans le spectacle musical « Marie-Madeleine » mis en scène par Michael Lonsdale. Cinq ans plus tard, elle propose un nouvel album original acoustique intitulé « En voix ». C’est l’occasion pour elle de se produire au Théâtre du Renard à Paris. Depuis, Nicole Rieu a multiplié les enregistrements d’albums: « Jardins » en 2008, « Noël, chants d’espoir » en 2008, « Femmes » en 2010. En 2012 et 2013, elle a rejoint l’aventure musicale de « Age tendre et tête de bois », la tournée des idoles, saison 7. Elle sort un deuxième volume de l’album « Jardins » en février 2014 et l’opus suivant, qui sort deux ans plus tard, a pour titre « Où vont les mots ». En janvier 2018, c’est au jeune public que l’artiste s’adresse dans un nouvel album dont le titre est « Nicole Rieu et les enfants, jours de fête ». Fin de la même année le tome 3 des albums « Jardins » est commercialisé avec de nouvelles chansons originales de l’artiste.
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Django Reinhardt dans les années 1950

16 mai 1953 : Décès, à Samois-sur-Seine, du guitariste de jazz Django REINHARDT. Faisant partie des « gens du voyage », c’est dans une roulotte que Django voit le jour le 23 janvier 1910 à Liberchies près de Charleroi en Belgique. Ce village accueille d’ailleurs chaque année, autour de la date commémorative de sa mort, le « Django Festival » qui permet d’applaudir des groupes de jazz et de chanson qui ont en commun le swing et le style dit « manouche » caractéristique de la musique de Django. Le musicien a influencé pas mal d’artistes de la chanson francophone comme, dès 2007, le répertoire de Thomas Dutronc par exemple. Et c’est à ce titre qu’il se devait de figurer ici. Ecoutez et visionnez ainsi, ci-dessous, la chanson qui lui rend hommage et enregistrée par Sacha Distel en 1972 : « Ma première guitare ». Sur l’enregistrement original, le chanteur français y est accompagné au violon par Stéphane Grappelli qui fonda le « Quintette du Hot Club de France » avec Django Reinhardt.

Le jeu particulier de Reinhardt était dû au fait que, suite à une brûlure de la main, il ne pouvait plus utiliser que trois doigts sur sa guitare. Ce musicien exceptionnel nous a quitté le 16 mai 1953 à Samois-sur-Seine, localité qui organise aussi des événements à la mémoire de Django et un festival qui a fêté son 50e anniversaire en 2018. En mai 2017, le film français « Django » est réalisé par Etienne Comar et relate la carrière de Django Reinhardt. Il est particulièrement axé sur l’époque de la seconde guerre mondiale et sur les problèmes rencontrés alors par les gens du voyage face au nazisme. Le rôle du musicien est tenu par Reda Kateb qui joue aux côtés de l’actrice belge Cécile de France.
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TOHAMA dans les années 1950

16 mai 1995 : Décès, à Bruxelles, de la chanteuse TOHAMA. Née le 18 novembre 1920 à Neuilly-sur-Seine (F) sous le vrai nom de Nadia Altmann, elle est la fille du peintre Alexandre Altmann qui meurt le 14 septembre 1932. Au décès de son père, elle quitte Paris pour Bruxelles où elle va vivre avec sa mère. Quatre ans plus tard, elle travaille comme dessinatrice dans un atelier de couture. Elle fait alors la connaissance d’un fantaisiste belge très en vue qui lui propose de jouer dans une revue qui a pour titre « Reviens faire la file ». C’est à ce moment qu’elle choisit le pseudonyme de Tohama qui signifie « je t’aime » en tahitien. Elle reçoit à ce moment une proposition pour l’enregistrement d’un disque et son premier 78-tours sort ainsi en 1937. Lors d’un concert à Bruxelles en 1939, elle rencontre le chef d’orchestre Lulu Langlois qui la séduit. Ensemble, ils vont véritablement construire la carrière de la chanteuse. Il lui compose ainsi son premier et plus grand succès: « Tu m’apprendras ». Alors que Tohama vend elle-même ses disques dans les cafés de Bruxelles où elle chante, elle est remarquée par le représentant de la firme de disques Decca qui lui propose de distribuer son disque. Le succès est énorme et elle signe un contrat discographique grâce auquel elle enregistre plus de 500 disques durant les années 1940 et 1950. Son répertoire, marqué par la gouaille de sa voix joyeuse, est très varié et est constitué de chansons originales mais aussi de reprises telles que « Ma p’tite folie » (Line Renaud) ou « Je te le le » (Maria Candido). Son interprétation de « La petite Marie » est d’ailleurs l’un de ses plus grands succès.

La popularité de Tohama est alors importante en Belgique mais aussi en France. Elle s’installe un moment à Paris et devient une bonne copine d’Edith Piaf. Sur scène, bien avant Annie Cordy, elle montre un dynamisme et une exubérance jusque là peu courants dans les tours de chant traditionnels. Dans les années 1980, elle apparaît encore sporadiquement dans quelques émissions de télévision et sur scène dans des spectacles nostalgiques.
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Mick Micheyl dans les années 1950

16 mai 2019 : Décès, à Montmerle-sur-Saône, de la chanteuse et sculptrice française Mick MICHEYL. Née le 8 février 1922 à Lyon sous le nom de Paulette Jeanne Renée Michey, elle passe sa jeunesse dans sa ville natale et y fréquente l’École des Beaux-arts. Elle devient ainsi peintre-décoratrice et se laisse convaincre par un condisciple de faire du théâtre et de la musique au sein d’une troupe éphémère. Au fil du temps, elle s’intéresse à la chanson et, en 1949, elle tente sa chance en participant à un concours qu’elle gagne à l’ABC de Paris avec « Le marchand de poésie », un titre qu’elle a écrit et composé elle-même. Forte de ce premier succès, elle se produit dans des cabarets parisiens comme L’Echelle de Jacob. Au cours d’un gala organisé par la police locale de Villeurbanne, Mick Micheyl rencontre la chanteuse Lisette Jambel et lui présente une chanson qu’elle a écrite et composée : « Ma maman ». Lisette Jambel décide de l’enregistrer et en fait un succès. Mick l’enregistre à son tour quelques mois plus tard et se voit diffusée sur les radios françaises. Les années 1950 sont celles de la popularité pour Mick Micheyl qui se produit à de nombreuses reprises dans les salles parisiennes de l’Alhmabra, de Bobino mais aussi du Moulin Rouge et du Concert Pacra. Elle touche véritablement à la gloire grâce à la chanson « Un gamin de Paris » qui en fait réellement une vedette. Patachou, Mouloudji et Yves Montand enregistrent à leur tour le titre qui devient un standard de la chanson française connu jusqu’aux Etats-Unis grâce à l’interprétation de Robert Clary. Touchant un peu à tout dans le milieu du music-hall, Mick Micheyl devient ensuite meneuse de revue au Casino de Paris et est souvent invitée des émissions de télévision présentées par Jean Nohain (« 36 chandelles » notamment). D’ailleurs, comprenant l’importance que ce média prend dans la vie quotidienne des Français, elle devient elle-même productrice d’émissions au cours desquelles, au début des années 1970, elle aide à faire connaître de jeunes artistes prometteurs comme Daniel Guichard ou Dave. Mais, en 1974, elle décide d’abandonner toute activité musicale et télévisuelle pour se consacrer à sa passion pour la sculpture sur acier. Elle expose ses oeuvres à Paris au début des années 1980 et devient une célébrité dans la sphère de sa spécialité. En octobre 2009, à 87 ans, elle organise encore une exposition qu’elle présente comme la dernière à Paris. Victime de projections de limaille de fer dans les yeux, l’artiste déclare en effet avoir perdu partiellement la vue. Elle décide alors de se rendre dans une maison de retraite proche de sa ville natale de Lyon, à Montmerle-sur-Saône. C’est là qu’elle décède le 16 mai 2019 à l’âge de 97 ans.
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7 MAI

Frank Michaël au début des années 1990

7 mai 1947 : Naissance, à Parme en Italie, du chanteur belge Franco Gabelli mieux connu sous le nom de Frank MICHAËL. A peine âgé de trois ans, le jeune Franco quitte sa région natale avec sa famille pour s’installer à Seraing, près de Liège, où son père trouve du boulot à la mine. Son enfance se déroule pareille à celles de beaucoup d’autres jeunes d’origine italienne dans les régions ouvrières de Belgique comme les Siciliens Salvatore Adamo ou Frédéric François par exemple. Et Franco rêve de musique et de chansons. C’est pour ça que, adolescent, il apprend l’accordéon et s’inscrit à divers concours de chant où il se fait remarquer pour son talent. Mais il faut bien gagner sa vie et il travaille dans le secteur électronique. Fin 1973, il réussit toutefois à enregistrer un premier 45 tours sous le nom de Frank Michaël. La chanson va être un très grand succès en Belgique et dans le Nord de la France: « Je ne peux vivre sans toi ».

Par la suite et pendant des années, Frank Michaël va vendre beaucoup de disques dans son pays d’adoption: « Dites-lui que je l’aime », « Tu m’as trop fait attendre », « Ballade pour un je t’aime », « Un garçon pleure » ou « Souviens-toi de ma chanson ». Pendant toutes ces années, Frank Michaël chante partout où il peut: sur des podiums radiophoniques, sur des scènes de quartier, dans des salles de fêtes et des théâtres. Les firmes de disques se succèdent pour Frank qui enregistre chez RCA et Philips avant de signer, en 1984, chez Vogue France. A partir de ce moment, tout va s’emballer. Deux chansons vont connaître un succès international: « Entends ma voix » et « San Angelo ». Et les portes des théâtres de France s’ouvrent devant lui. Son public est essentiellement féminin et Frank cultive d’ailleurs l’amour de ce public. Mais, assez curieusement, les medias français boudent le chanteur alors qu’en Belgique, à cette époque, les radios locales et privées le diffusent autant que les radios publiques nationales. A partir de cet instant, il commence à être un très grand vendeur de disques. Etonnamment passionné par le rock and roll, il voue une véritable admiration pour Elvis Presley et pour Johnny Hallyday. Il s’efforce d’ailleurs d’orienter son répertoire vers la musique country et parvient, pour ce faire, à rencontrer Michel Mallory qui est un des spécialistes du genre en France. Et, toujours à la recherche d’une certaine notoriété auprès de personnes qui ne l’apprécient pas particulièrement, il réussit à obtenir avec fierté des chansons signées par Charles Aznavour ou Salvatore Adamo. Les titres de Frank Michaël oscillent alors constamment entre la mélodie de charme sirupeuse, la ballade country ou la musique qui invite à la valse: en 1997, il obtient un énorme succès avec « Toutes les femmes sont belles ». En 2003, il se décide enfin à rendre hommage à son idole et sort l’album « Thank you Elvis » où il reprend quinze « tubes » du « King » en français et en italien. Et, depuis, Frank Michaël commercialise environ un album par an. Quant à ses spectacles, ils attirent toujours, dans les Zénith et autres Palais des Sports, un public féminin. Celui-ci a toutefois un peu vieilli mais n’a rien perdu de sa vitalité pour tendre au chanteur le mouchoir qu’il humecte, à chaque prestation, d’un peu de sueur.
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Véronique Jannot en 1986 – Photo (c) Richard Melloul

7 mai 1957 : Naissance, à Annecy, de la comédienne et chanteuse française Véronique JANNOT. Elle est encore étudiante lorsqu’elle est recrutée pour un casting organisé par la réalisatrice de télévision Cécile Aubry. Elle obtient ainsi le premier rôle féminin de la série « Le jeune Fabre » aux côtés de Mehdi à l’âge de quinze ans. Elle multiplie ensuite les expériences théâtrales et audio-visuelles avant d’apparaître au cinéma avec Alain Delon dans le film « Le toubib » en 1979. Alors qu’elle est la vedette de la série télé « Pause Café », elle tente l’expérience de la chanson au milieu des années 1980. C’est Pierre Bachelet qui l’y pousse en lui composant « J’ai fait l’amour avec la mer » en 1982 après avoir interprété « L’Atlantique » en duo avec elle.

Laurent Voulzy s’intéresse alors à Véronique Jannot et il enregistre avec elle le duo qui est le « tube » de l’été 1984: « Désir désir ». D’autres chansons connaîtront de bons succès: « Aviateur » ou encore « Si t’as pas compris ». En 2012, après une longue période de cinéma, Véronique Jannot revient à la chanson par le biais d’un disque destiné aux enfants: « Tout doux ». Elle y interprète des comptines et partage quelques mélodies avec Henri Salvador (« Une chanson douce »), Yannick Noah, Gérard Lenorman ou Natasha St-Pier entre autres.
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Teri Moïse en 1999

Teri Moïse en 1999

7 mai 2013 : Décès, à Madrid en Espagne, de la chanteuse Teri MOISE à l’âge de 43 ans. L’artiste se serait donnée la mort dans une chambre d’hôtel à Madrid en Espagne. Teri Moïse est née le 25 mars 1970 à Los Angeles (USA) de parents émigrés haïtiens vivant dans le quartier défavorisé de South Los Angeles. En 1990, elle débarque en France pour étudier les lettres à la Sorbonne. Passionnée de musique, elle retourne ensuite en Californie et s’inscrit au Los Angeles Musician Institute. Puis, elle revient en France et, après avoir été bassiste dans plusieurs groupes, elle travaille comme choriste à Paris. Remarquée par un producteur, elle sort son premier album en 1996. Il contient un « tube » absolu diffusé par toutes les radios: « Les poèmes de Michelle ».

Pour ce premier album éponyme Teri Moïse reçoit la Victoire de la musique de l’artiste interprète ou groupe francophone de l’année 1997. Grâce à d’autres titres comme « Je serai là », elle vend 500.000 exemplaires de son premier album. En 1998, son deuxième opus, qui reprend les titres « Fais semblant » et « Star », n’obtient pas le même score mais il s’écoule quand même à plus de 100.000 unités. Après ça, Teri Moïse disparaît du métier aussi vite qu’elle y est apparue et il est presque impossible de savoir alors ce qu’elle est devenue. Jusqu’à ce tragique jour du mois de mai 2013.
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Maurane en 2015

7 mai 2018 : Décès à Schaerbeek (Bruxelles) de la chanteuse belge MAURANE à l’âge de 57 ans. Née le 12 novembre 1960 à Ixelles sous le nom de Claudine Luypaerts, son père, Guy Luypaerts, est alors musicien, compositeur et directeur de l’Académie de musique de Verviers où Claudine passe son enfance. Sa mère est prof de piano. Il est donc normal que, dès l’âge de huit ans, la petite Luypaerts apprenne la musique. Adolescente, elle songe sérieusement à devenir chanteuse et elle participe à de nombreux castings sous le nom de Claudie Claude. C’est d’ailleurs sous ce pseudonyme qu’elle participe en 1978 à sa première émission de radio en Belgique à la RTBF. Au micro de Roger Simons qui présente alors « Les feux de la rampe », elle interprète, morte de peur, une chanson qui a pour titre « J’ai le trac ». En 1979, elle est choisie par le metteur en scène Albert-André Lheureux pour faire partie du spectacle « Brel en mille temps » aux côtés de Philippe Lafontaine et Philippe Anciaux entre autres. C’est à cette occasion qu’elle rencontre l’auteur-compositeur-interprète mais aussi producteur français Pierre Barouh. Ce dernier craque devant le talent de celle qui décide alors de s’appeler Claude Maurane et qui vient d’enregistrer, chez Philips Belgique, un premier 45-tours avec la chanson « Fais soleil ».

Pierre Barouh lui permet d’enregistrer les disques suivants sous le label Saravah qui lui appartient. Des titres comme « T’as pas la pêche » lui procurent des passages radiophoniques en Belgique mais le public n’est pas encore vraiment conquis. En 1985, elle parvient à se produire à Paris pour la première fois et c’est au Sentier des Halles. Dans la foulée, elle enregistre un premier album qui sort en France (« Danser ») et qui lui permet de se faire engager deux ans plus tard par Michel Berger pour être Marie-Jeanne dans la nouvelle version de « Starmania ». En 1986, elle reçoit le Prix Québec/Wallonie-Bruxelles qui devient plus tard le prix Rapsat-Lelièvre et qui récompense alternativement chaque année un artiste québécois et un artiste francophone de Belgique. Son deuxième album, qui sort en 1989, contient un de ses plus grands succès, « Toutes les mamas », et elle se produit à l’Olympia. Sa carrière est alors clairement ascendante puisque, en 1991, l’album suivant, « Ami ou ennemi » va accumuler les succès: « Ca casse », « Du mal », « Mentir » et « Sur un prélude de Bach ». Elle chante à l’Olympia de Paris en 1992 et y enregistre un double album live. En 1993, Maurane se mobilise pour la lutte contre le SIDA. Elle donne un concert et enregistre un album en public avec Francis Cabrel, Michel Jonasz, Catherine Lara, Maxime Le Forestier et Alain Souchon au profit de l’association « Sol en Si » (Solidarité Enfants Sida). Le 29 décembre de la même année, Maurane devient la maman de Lou qui est la fille du chanteur Pablo Villafranca. L’année suivante, elle reçoit une Victoire de la Musique comme interprète de l’année mais elle est absente de la soirée. En 1995, la chanteuse est désormais une vedette qui tient sa place en sortant un album intitulé « Différente » qui se vend bien. Au fil du temps et des rencontres artistiques, Maurane se lie d’amitié avec son idole Claude Nougaro. Après la disparition de celui-ci, elle décide, en 2009, d’enregistrer un album hommage avec des chansons de l’artiste toulousain. Elle tourne alors pendant des mois avec un spectacle consacré à Nougaro. Ce dernier l’emmène en Belgique, en France, en Suisse et au Québec. En septembre 2011, elle sort un nouvel album enregistré aux Etats-Unis deux ans plus tôt: « Fais-moi une fleur ». L’opus n’est, en fait, pas sorti à la fin de son enregistrement à cause du succès de la tournée du spectacle Nougaro qui se prolonge et empêche l’artiste d’en faire la promotion de manière optimale. De 2012 à 2014, elle siège dans le jury de l’émission télé française « Nouvelle Star » aux côtés, notamment, d’André Manoukian et de Sinclair. Parallèlement à sa carrière dans la chanson française, Maurane enregistre deux albums passion avec les célèbres jazzmen belges Steve Houben et Charles Loos avec qui elle forme le trio H.L.M. (Houben, Loos, Maurane). Ces disques particuliers sortent en 1986 et 2005. La chanteuse est, enfin, une grande praticante d’internet depuis toujours. Elle chante au début des années 2000 « Il neige des e-mails » et, par la suite, elle devient une grande adepte des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter où la maîtrise de ses propos n’est pas sa plus grande qualité. Fin 2014, un premier single intitulé « Trop forte », chanson composée et écrite par Daran, annonce un nouvel album. Le titre global de cet opus est « Ouvre » et ses ventes ne décollent pas vraiment. Quelques mois plus tard, un problème sérieux aux cordes vocales oblige la chanteuse à cesser toute activité pendant deux ans. Début 2018, elle remonte enfin sur scène dans la banlieue de Bruxelles avec un bonheur inégalable. Bonheur de courte durée puisque, le 7 mai en soirée, elle est retrouvée morte dans son lit à son domicile de Schaerbeek (Bruxelles). Maurane était à ce moment très heureuse d’enregistrer un album d’hommage à Jacques Brel qui sort finalement, à titre posthume, en octobre 2018 pour les 40 ans de la mort de cet autre immense talent belge. Les funérailles de Maurane ont lieu le 17 mai 2018 en l’église Notre-Dame-des-Grâces à Woluwe-Saint-Pierre. On y relève la présence de nombreux artistes attristés parmi lesquels Zazie, Pascal Obispo, Muriel Robin, Michel Fugain, Anggun, Francis Cabrel, Lara Fabian, Maxime Le Forestier, Catherine Lara, Francis et Jean-Félix Lalanne, Typh Barrow, Gérard Lenorman, BJ Scott, Jean-Louis Daulne, Sandra Kim, Alec Mansion, Luc Plamondon, Albert Delchambre et Franco Dragone. L’inhumation a lieu au cimetière d’Auderghem, commune bruxelloise où Maurane a vécu une partie de son enfance.
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7 mai 2019 : Les autorités de la localité bruxelloise de Schaerbeek décident de baptiser le square où se trouve la maison de l’artiste du nom de Maurane. C’est là que, un an plus tôt, jour pour jour, la chanteuse s’est éteinte de manière subite (voir ci-dessus).
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24 AVRIL

Dick Rivers – Pochette « Gran Tour » en 2012

24 avril 1945 : Naissance, à Nice, du chanteur français Hervé Fornieri qui a pris pour pseudonyme Dick RIVERS. Fan d’Elvis Presley, il a d’ailleurs emprunté son prénom de scène au nom d’un des personnages joués par le King au cinéma. A peine âgé de quinze ans, il fonde « Les Chats Sauvages », un groupe qui va être l’un des premiers à pratiquer le rock and roll en France. Entre mai 1961 et juin 1962, ces musiciens vont enregistrer une centaine de titres: du rock mais aussi du twist, rythme très à la mode en 1962. En septembre de cette année-là, Dick Rivers décide de voler de ses propres ailes et largue le groupe. Dès le début de sa carrière de soliste, que ce soit par des adaptations ou des titres originaux, le chanteur va tenir le haut du pavé et s’installer solidement pour des dizaines d’années dans le paysage français de la chanson.

Dans les années 1960, grâce à ses bonnes relations avec Daidy Davis Boyer, Dick Rivers va tourner quantité de scopitones de ses chansons. Ce petit film de cinéma ainsi appelé scopitone était l’ancêtre du clip video. Il permettait à tout un chacun de visionner ses chansons préférées sur un appareil s’apparentant à un juke-box. Dick fera aussi de la figuration dans les scopitones de certains autres chanteurs. Ses succès sont nombreux et le chanteur s’adapte aux modes en interprétant notamment du rhythm’n’blues à la fin des années 1960. Alors que la décennie 1970 laisse craindre le pire pour un chanteur de rock, Dick Rivers s’en tire plutôt bien en restant fidèle à son style (« Maman n’aime pas ma musique ») ou en s’orientant vers la musique country (« Faire un pont », adaptation de « Country roads »). Ces années-là sont celles où Dick Rivers fait appel à Bashung pour la réalisation de trois albums. Les Chats Sauvages se reforment le temps d’un disque qui sort en 1982 sans grand succès. En 1983, sa carrière prend un autre virage encore avec des chansons signées Barbelivien (« Nice Baie des Anges »). Au tout début des années 1990, l’artiste se lance dans l’aventure du conte musical avec un double album consacré à l’histoire inventée d’une chanteuse virtuelle: Linda Lu Baker. Ce disque est pour Dick l’occasion de partager un gospel avec le Golden Gate Quartet (« Ainsi soit-elle ») mais il lui offre aussi l’opportunité d’interpréter un titre de mambo (« Sale mambo ») et un autre de salsa! Parmi les collaborateurs de l’opus se trouve aussi un certain Francis Cabrel. Au même moment, Dick Rivers raconte le rock comme personne sur Radio Monte Carlo. Comme Johnny Hallyday, le rival de ses débuts, le chanteur niçois n’a alors de cesse de rencontrer de nouveaux auteurs et compositeurs dont il fait éclore le talent. Ceux-ci ont pour nom Benjamin Biolay, M, Joseph d’Anvers ou Mathieu Boogaerts. Dick Rivers fête ses 50 ans de carrière en mai 2011. Pour l’occasion, il sort un album (cliquer ici pour voir la chronique) mais aussi un livre : Mister D. La tournée qu’il effectue à travers toute la France en 2012 est immortalisée par un DVD : « Le gran’ tour ». En 2014, l’album « Rivers » lui permet d’entrevoir une nouvelle tournée de concerts. Mais celle-ci est annulée en raison d’une chute dont le chanteur est relevé avec un traumatisme crânien. Le 28 octobre 2017, les téléspectateurs de France 2 sont heureux de retrouver Dick Rivers bon pied bon oeil pour participer, au Zénith de Paris, à la soirée célébrant les 25 ans de l’émission « Taratata » de Nagui. Et puis, au début 2018, l’artiste confirme son retour en forme en apparaissant dans un clip très déjanté de Julien Doré: « Africa », une reprise étonnante du célébrissime tube de Rose Laurens en 1982. Dick Rivers est décédé, à Paris, des suites d’un cancer le jour de ses 74 ans: le 24 avril 2019.
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Ronnie Bird en 1967 – Photo (c) André Berg

24 avril 1946 : Naissance, à Boulogne-Billancourt, du chanteur de rock français Ronnie BIRD. Après avoir arrêté ses études, Ronald Méhu décide, avec l’accord de son père, de se lancer dans la chanson sous le nom de Ronnie Bird, ce qui fait plus anglo-saxon. Suite à un séjour à Londres où il oublie de se faire couper les cheveux, il enregistre son premier disque en 1964 avec une coiffure à la Beatles: « Adieu à un ami », un hommage au rocker américain Buddy Holly.

Il connaît alors quelques succès comme « Le pivert » mais sa popularité reste trop limitée à son goût. Il décide ainsi d’interrompre sa carrière après cinq ans. Toutefois, entre 1968 et 1972, il participe à l’adaptation française de la comédie musicale Hair aux côtés de Julien Clerc puis de Gérard Lenorman. Plus étonnant: en 1989, il signe le texte de la chanson « Precious Things » interprétée en duo par Ray Charles et Dee Dee Bridgewater.
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Claude Dubois en 1989 – Photo (c) Pierre Terrasson

24 avril 1947 : Naissance, à Montréal, du chanteur québécois Claude DUBOIS. Alors qu’il est une véritable star au Canada, Claude Dubois n’est, en Europe francophone, connu principalement que pour son interprétation magistrale du « Blues du businessman » (« J’aurais voulu être un artiste ») dans la version originale de l’opéra-rock « Starmania » en 1978. Pourtant, à peine âgé de douze ans, il est le membre du groupe « Les Montagnards » quand il enregistre un album de chansons western. Puis, cinq ans plus tard, il chante presque tous les soirs au « Patriote », une boîte à chansons montréalaise. Claude Dubois enregistre quelques disques en 1966 puis il délaisse la chanson pour y revenir lorsque ses voyages l’amènent en France. Il sort quelques disques arrangés par François Rauber, l’orchestrateur de Jacques Brel, mais le succès n’est pas au rendez-vous de ces 45 tours publiés chez Barclay. Dans les années 1970, il se tourne vers la musique rock californienne et finit par être remarqué par Luc Plamondon qui est en train d’écrire « Starmania » avec Michel Berger. En 1978, il décroche ainsi le rôle de l’homme d’affaires Zéro Janvier dans l’opéra-rock où il interprète le fameux « Blues du businessman » avec le succès que l’on sait.

Alors qu’il redevient anonyme dans les pays francophones européens, Claude Dubois garde son succès au Québec malgré le fait qu’il y soit condamné pour possession de stupéfiants en 1981. L’album « Sortie Dubois » est une des grosses ventes de disques de l’année 1982. En 2007, l’artiste sort l’album « Duos Dubois » dans lequel il réenregistre plusieurs de ses chansons avec des chanteurs et chanteuses comme Céline Dion, Patrick Bruel, Natasha St-Pier, Richard Desjardins, Lynda Lemay ou Francis Cabrel entre autres. En 2011, Claude Dubois rejoint la tournée française des idoles « Age tendre et tête de bois ». Accompagné d’un orchestre symphonique, il y interprète bien sûr l’incontournable « Blues du businessman » mais aussi une superbe chanson: « Si Dieu existe ». Faisant partie de la même tournée, Annie Cordy remarque cette chanson qu’elle intègre dans son album sorti en 2012. A la fin de l’année 2016, alors que Claude Dubois est l’un des invités de l’émission télévisée québécoise « Tout le monde en parle », il déclare être atteint d’un cancer de la moelle osseuse et que les médecins lui donnent encore trois ans à vivre. Heureusement, fin 2018, il dit aller mieux et que la maladie semble s’être arrêtée. Depuis, il arpente à nouveau les scènes du Québec avec dynamisme et sourire.
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Véronique Sanson en 1977 – Photo (c) Daniel Decamps

24 avril 1949 : Naissance, à Boulogne-Billancourt, de l’auteure, compositrice et interprète française Véronique SANSON. Fille de membres actifs de la Résistance durant la seconde guerre mondiale, elle et sa soeur Violaine porteront des prénoms commençant par la lettre « V » de Victoire après la libération. Les deux soeurs suivent très tôt des cours de piano et s’orientent toutes deux vers une carrière musicale. C’est donc tout naturellement qu’elles créent un groupe avec un troisième musicien qui a pour nom François Bernheim. Ensemble, ils enregistrent, sous le nom des Roche Martin, deux 45 tours comprenant chacun quatre titres. Cela se passe en 1967 et le succès de ces deux disques est quasi nul. Le groupe se dissout très vite après la sortie du deuxième disque. En 1969, Véronique Sanson entame sa carrière de chanteuse soliste avec la chanson « Le printemps est là ». Le succès n’est pas au rendez-vous de ses premières chansons et l’artiste change de maison de disques. Cela va lui être bénéfique puisque son compagnon, Michel Berger, va lui produire un premier album, « Amoureuse », qui sera une vraie révélation en 1972.

Plutôt décidée à s’imposer, Véronique Sanson n’hésite pas à enregistrer et à commercialiser un deuxième album dans la même année: « De l’autre côté de mon rêve ». C’est donc avec, déjà, un solide répertoire qu’elle assure les premières parties des concerts de Michel Polnareff ou de Julien Clerc. Véronique quitte alors Michel Berger pour épouser l’artiste américain Stephen Stills le 14 mars 1973. Et, de ce fait, elle déménage aux Etats-Unis où elle va enregistrer ses albums suivants comme « Le maudit » en 1974. A la fin des années 1970, Véronique Sanson est une vedette incontournable de la chanson francophone: ses textes et ses musiques sont d’une qualité remarquable. Mais le début de la décennie suivante est marqué par son divorce avec Stephen Stills et son retour en France qui signifie aussi un manque d’inspiration. Il faut attendre 1985 pour voir un nouveau 33 tours de Véronique Sanson chez les disquaires: « C’est long c’est court ». Mais, à partir de cet instant, c’est reparti et, trois ans plus tard, la chanteuse atteint même un sommet dans les textes polémiques. « Allah », écrite comme une chanson pacifiste, est considérée comme sacrilège par ceux qui condamnent les « Versets sataniques » de Salman Rushdie. Et Véronique doit être protégée après avoir reçu des menaces de mort. A la fin de l’année 1989, lorsque Jean-Jacques Goldman met sur pied la première tournée des Enfoirés, la chanteuse est la seule femme du quintet aux côtés de Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Michel Sardou. En 1990, elle tente une nouvelle expérience scénique: « Symphonique Sanson ». Deux ans plus tard, l’album « Sans regrets » est mené par la chanson « Rien que de l’eau » qui est un succès récompensé par une Victoire de la Musique en 1993. 1995 voit la sortie d’un album en public enregistré aux Francofolies de La Rochelle avec des duos: « Comme ils l’imaginent ». Et, la même année, Véronique Sanson épouse l’humoriste Pierre Palmade dont elle divorce en 2001. Le début des années 2000 est également marqué par un album hommage à Michel Berger disparu en 1992: « D’un papillon à une étoile ». Un album « live » suit la tournée avec les chansons de Berger. Autre étape importante pour la chanteuse: en octobre 2007, elle est l’invitée d’honneur des fameuses « Nuits de Champagne » à Troyes et elle y chante accompagnée par 900 choristes. Elle y découvre le charme des polyphonies et s’en sert lors de ses spectacles suivants où les choristes occupent une place plus importante. Trois ans plus tard sort l’album « Plusieurs lunes ». 40 ans après sa sortie, le premier album de Véronique Sanson est réédité en CD dans un coffret spécial de luxe où se côtoient les chansons originales remasterisées, des bonus inédits et un DVD enregistré lors d’un concert ayant eu lieu à Bruxelles en décembre 2011. Elle reçoit une nouvelle Victoire de la Musique le 8 février 2013 mais cette fois pour honorer l’ensemble de sa carrière. En 2014, une compilation reprenant les chansons de « l’époque américaine » de Sanson est commercialisée. Elle est l’occasion pour la chanteuse de remonter sur scène dans le cadre d’une tournée où elle reprend exclusivement ces titres-là enregistrés initialement aux Etats-unis à la fin des années 1970. En novembre 2016 sort le quinzième album studio de Véronique Sanson avec des chansons originales. Il porte le titre « Dignes, dingues, donc » et est promotionné par la chanson « Et je l’appelle encore », écrite par Véronique et composée par son choriste belge Mehdi Benjelloun. Cette dernière est nommée dans la catégorie « chanson originale de l’année » et Véronique comme artiste interprète féminine de l’année aux Victoires de la Musique de l’Année 2017. Elle entame alors une grande tournée de concerts qui est interrompue à la rentrée 2018 pour soigner une tumeur qui l’oblige aussi à se reposer durant quelques mois. Et, pour le plus grand plaisir de ses admirateurs, la chanteuse reprend ses spectacles en pleine forme à partir de février 2019.
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La pochette du CD live sorti en 2011

24 avril 1963 : Naissance, à Châlons-sur-Marne, sous le nom de Emmanuel Cabut, du chanteur français Mano SOLO. C’est en 1980 que Manu Cabut, fils du dessinateur Cabu, intègre, comme guitariste, un groupe punk: les Chihuahuas. Six ans plus tard, il apprend qu’il est séropositif. Au début des années 1990, alors que le temps presse, il se décide à interpréter ses textes. Son premier album enregistré sous le nom de Mano Solo, « la Marmaille nue », sort en 1993 et se vend à 100.000 exemplaires. Un deuxième album sort deux ans plus tard et a pour titre « Les Années sombres ». La même année, en 1995, l’artiste annonce publiquement au Bataclan de Paris qu’il a contracté le SIDA. Les enregistrements de disques vont se poursuivre à un rythme régulier ensuite mais avec des succès divers. Il y aura « Frères Misère » en 1996 suivi de quelques enregistrements publics (« Je sais pas trop » en 97, « Internationale Shalala » en 99 et « La Marche » en 2002) mais aussi « Dehors » en 2000 et « Les Animals » en 2004. Deux ans plus tard, Mano Solo ne renouvelle pas son contrat avec la maison de disques Warner. Pour son nouvel album, « In The Garden », sorti en mars 2007, il propose aux internautes de l’aider par une souscription destinée à payer les frais de promotion une fois l’album réalisé. La souscription lancée le 18 septembre s’avère peu concluante: il n’y a que 2.800 souscripteurs par internet. Et les 35.000 exemplaires vendus dans les bacs remboursent la banque du prêt contracté par l’artiste pour produire l’opus. Sans plus. Le 28 septembre 2009 sort un nouvel album, le dernier: « Rentrer au port ». Le chanteur entame alors une série de concerts à l’Olympia de Paris mais le 12 novembre, il doit être hospitalisé. Mano Solo meurt le 10 janvier 2010 à l’âge de 46 ans, des suites de plusieurs anévrismes. Il est inhumé au cimetière parisien du Père-Lachaise. En novembre 2011 sort l’enregistrement du dernier concert de Mano à l’Olympia en 2009. Les bénéfices des ventes sont versés à l’association « Fazasoma » qui vient en aide à la population malgache et que Mano Solo soutenait depuis 2006. Une collection de livrets de toutes les chansons de Mano Solo pour piano, chant et guitare sort en 2012 aux Éditions Capte Note – Planète Partitions. Artiste complet, Mano Solo dessinait et peignait notamment les pochettes de ses albums. Il écrivait aussi et, avec l’argent de la musique, avait monté sa propre société d’édition (« La Marmaille nue »). Il publia, en 1995, un recueil de poèmes (« Je suis là ») et, en 1996, un roman (« Joseph sous la pluie »). Ces deux ouvrages ont été rassemblés dans un livre, « Joseph sous la pluie », publié par Points en janvier 2012.
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24 avril 1973 : Naissance de la chanteuse belge Anik NAK. A 21 ans, la jeune néerlandophone Anik Vandercruyssen enregistre, sous le pseudonyme subtil Anik Nak, un album avec une partie des musiciens du groupe de rock Machiavel très célèbre en Belgique. Sur cet opus intitulé « Voilà », Roland De Greef et Mario Guccio lui confectionnent, en français, des chansons sur mesure: « Je te veux » ou encore « Tout est magnifique ». Le succès très faible de ces chansons, malgré quelques passages sur les ondes belges et des concerts aux Francofolies de Spa, au Dour Music Festival ou au Marktrock, oblige la jeune femme à se tourner vers d’autres projets comme le théâtre. En 1998, elle suit les cours de l’école internationale de théâtre « De Kleine Academie » et elle tourne ensuite dans quelques films comme « Hombres Complicados » de Dominique Deruddere ou « Friday Fishday » de Jan Bucquoy.
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Jofroi en 1976

24 avril 1976 : Le 15e festival de la chanson française d’Obourg a lieu ces samedi 24 et dimanche 25 avril dans la petite localité belge située près de Mons. Au programme: le groupe « Nuit câline à la villa mon rêve », JOFROI, Paul LOUKA, Catherine LARA et Maxime LE FORESTIER.

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24 avril 2001 : Jusqu’au 29 avril, la chanteuse KEREN ANN assure la première partie du spectacle d’Henri SALVADOR à l’Olympia de Paris. Il faut dire que celle qui a permis à « Monsieur Henri » de revenir au devant de la scène avec sa chanson « Jardin d’hiver » a également enregistré un premier album intitulé « La biographie de Luka Philipsen ».
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24 avril 2019 : Décès, à Paris, le jour des ses 74 ans, du chanteur français Dick RIVERS à la suite d’un cancer. Sa biographie se trouve ci-dessus à la date de sa naissance : le 24 avril 1945.
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11 AVRIL

 

Raymond Marcillac dans les années 1960

11 avril 1917 : Naissance, à Levallois-Perret, du producteur et animateur de télé français  Raymond MARCILLAC. Enfant dans l’Aveyron, c’est à Paris qu’il termine ses études et qu’il pratique l’athlétisme à son plus haut niveau: champion de France du 400 mètres en 1939. Il est officier dans la force aérienne française durant la seconde guerre mondiale. A la libération, il est intégré dans l’équipe de journalistes de la radio française puis de la télévision. Alors qu’il est directeur du service des sports, il crée l’émission « Télé dimanche » en 1959. Il s’agit d’un show qui mêle savamment le sport et la chanson. Un télé crochet y est mis en place: « le jeu de la chance ». C’est ce concours qui permet notamment à Georgette Lemaire, Thierry Le Luron et Mireille Mathieu de se faire remarquer du grand public. Raymond Marcillac parlait de cette émission aux côtés de Michel Drucker et Mireille Mathieu dans l’émission de télé française « Matin Bonheur » en 1993.

Evincé de la télévision en 1972, il poursuit sa carrière en écrivant des livres, notamment sur le monde des medias français. Dans les années 1990, il est le directeur des programmes de Radio Montmartre à Paris. Raymond Marcillac est mort le 13 avril 2007.
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NICOLETTA en 1977 – Photo (c) Alain Marouani

11 avril 1944 : Naissance, à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) de la chanteuse française NICOLETTA. Dans son enfance, Nicole Grisoni est membre, sous son vrai nom, de la chorale de l’église. Puis, elle découvre le blues américain et Elvis Presley. Quittant sa province et les petits boulots, Nicole débarque à Paris en 1961 où elle est disc jockey. Elle est repérée par le directeur artistique d’Eddie Barclay: Léo Missir. Il remarque surtout ses qualités vocales et lui permet d’enregistrer un premier 45 tours avec quatre chansons en 1966. Sous le nom de Nicoletta, elle interprète ainsi à sa manière « L’homme à la moto » de Piaf et « Pour oublier qu’on s’est aimé » signée par Nino Ferrer. Après ce premier disque au succès assez timide, Nicoletta remet le couvert et, cette fois, la gloire est au rendez-vous de « La musique » et de « Il est mort le soleil » en 1967.

Ne supportant pas le play-back parfois exigé à la télévision, on la voit plus souvent se produire sur scène et elle effectue sa première tournée en lever de rideau de Salvatore Adamo. En mai 1968, elle choisit son camp en chantant pour les ouvriers en grève dans les usines. Trois ans plus tard, la chanteuse interprète un nouveau titre composé par Hubert Giraud, déjà créateur d' »Il est mort le soleil ». Cette nouvelle chanson est un gospel qui va connaître un succès planétaire: « Mamy Blue ». Nicoletta en crée la version française immortelle. Les succès se poursuivent pour Nicole pendant des années: « Fio Maravilla » (1973), « Les volets clos » (1973), ou « A quoi sert de vivre libre » (1975). En 1983, elle renoue avec le sommet des hit parades à l’occasion d’un enregistrement en duo avec Bernard Lavilliers: « Idées noires ». Quatre ans plus tard, Nicoletta s’oriente vers des spectacles musicaux: elle apparaît dans l’opéra « Grandeur et décadence de la ville de Mahagony » de Kurt Weill et Bertolt Brecht puis elle joue le rôle d’Esméralda dans la comédie musicale « Quasimodo » de William Sheller. En 1992, à la suite du décès de sa grand-mère, elle donne des concerts de gospel où des chansons comme « Mamy Blue » font merveille accompagnées par une chorale antillaise. En 2006, son nouvel album a pour titre « Le Rendez-vous » et contient des reprises de standards du jazz comme « Summertime » ou « Georgia on my mind ». En janvier 2013, Nicoletta est nommée Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres français. Le 18 mars 2013 elle sort son 23e album. Il est intitulé « Ici et ailleurs » et on y trouve deux duos: l’un avec Florent Pagny et l’autre avec Joey Starr avec qui elle avait déjà repris « Mamy Blue » quelques mois plus tôt. A la suite d’Edith Piaf et avant Patricia Kaas, on peut dire que Nicoletta est « la » chanteuse de blues française par excellence. Au début de l’année 2018, elle rejoint, elle aussi, l’aventure du spectacle et de la tournée « Age tendre » aux côtés d’un bon nombre de ses collègues chanteurs.
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11 avril 1972 : Naissance, à Saint-Amand-Montrond, de l’auteur, compositeur et interprète français Allan THEO, sous le nom d’Alain Rouget. Son enfance se déroule entre une mère fan de soul et de jazz et un père passionné de rock et de punk. Après avoir étudié le solfège, il découvre le piano à l’âge de douze ans. Cet instrument l’oriente assez naturellement vers le jazz. Comme pour beaucoup de jeunes, l’aventure musicale va se poursuivre avec la formation de groupes durant les années de lycée. Mais les études priment pour Allan et le hobby est placé entre parenthèses pendant quelques années. A 24 ans, il repense à la musique et, installé à Paris, il va d’audition en audition. Deux ans plus tard, séduit par ses capacités vocales, un producteur lui propose d’enregistrer une chanson de variétés tout à fait moulée dans le style des boys band de l’époque: « Emmène-moi ».

L’opération est fructueuse: un million d’exemplaires du disque sont vendus. Alors qu’un album sort et qu’il est en voie de connaître un succès identique avec des chansons comme « Lola » et « Sonar », Allan Théo décidé de donner un nouveau tournant artistique à sa carrière. Mais ses choix de chansons ne convainquent pas son producteur qui le libère de son contrat en 2000. Un an plus tard, il sort, au Québec, ce nouvel album qu’il autoproduit. Le succès n’est pas au rendez-vous. En 2007, Allan retrouve le chemin des studios et sort un album plus rock intitulé « Théo » chez un indépendant. En 2010, il se lance seul dans la composition, l’écriture et la réalisation d’une maquette qu’il place sur le site web « My Major Company » en vue d’être produit par les internautes. Ces derniers sont près de 1.500 à répondre et à y croire. L’album « Reprends les armes » sort commercialement en 2011 mais n’est pas un succès. En 2015, 20 ans après le phénomène des boys bands en France, il lance le groupe « Génération Boys Band », qui se veut un hommage à ces groupes, en compagnie de Chris Keller de G-Squad et Frank Delay des 2Be3.
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11 avril 1974 : Naissance, à Ixelles (Bruxelles), de l’actrice belge Natacha REGNIER. Après des études au Collège Saint-Pierre d’Uccle et à l’Institut des Arts du Spectacle à Bruxelles, elle obtient le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 1998 pour son rôle dans « La Vie rêvée des anges » d’Erick Zonca. Elle épouse alors le compositeur français Yann Tiersen et interprète des chansons dans son album « L’Absente »: « L’échec » et « Le concert ». En 2001 aussi, elle chante « Le Parapluie » en duo avec Yann Tiersen sur la compilation « Les Oiseaux de passage » sortie en hommage à Georges Brassens 20 ans après sa mort.

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11 avril 1977 : Décès, à Omonville-la-Petite (Manche), du poète, scénariste et auteur français Jacques PREVERT. Né le 4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine. Surtout connu comme poète, Jacques Prévert s’illustre aussi en écrivant quelques-unes des plus belles pages de la chanson française. Sur une musique de Joszef Kosma, il écrit ainsi les éternelles « Feuilles Mortes » néanmoins immortalisées par Yves Montand. Mais bien d’autres poèmes et textes de Prévert deviennent des chansons voire des succès inoubliables: « En sortant de l’école » et « Sanguine » pour Montand, « Les enfants qui s’aiment » pour Juliette Gréco ou « Barbara » pour Les Frères Jacques.
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Gilles Marchal en 1982 – Photo (c) Joël Laffay

11 avril 2013 : Décès, au Chesnay, de l’auteur-compositeur-interprète et écrivain français Gilles MARCHAL. Né le 2 septembre 1944 à Paris, c’est au milieu des années 1960 qu’il se fait remarquer comme chanteur par Lucien Morisse, alors directeur des programmes de la radio périphérique française Europe 1. Comme ce dernier est également le directeur de la firme de disques AZ, Gilles signe un contrat discographique avec cette firme qui l’assure d’une promotion certaine de ses chansons sur Europe 1. Et c’est en 1967 que sort son premier 45 tours avec la chanson « Le père Noël est mort ». Le succès n’est pas au rendez-vous mais il enregistre toutefois un deuxième disque en 1968: « Le chanteur d’amour ». Le premier succès vient finalement quelques mois plus tard avec « Ne pleure pas ma mie ». Sa carrière est lancée et se poursuit la même année avec un duo qu’il interprète avec la chanteuse Martine Habib: « Summer Wine ». Cette chanson est alors également interprétée en français par Marie Laforêt et Gérard Klein et a pour titre « Le vin de l’été ». 1969 est l’année du film « Macadam cowboy » dont Gilles reprend le thème chanté en français: « Comme un étranger dans la ville » (qu’Eddy Mitchell enregistrera à son tour près de quarante ans plus tard). En 1970, le succès s’installe un peu plus pour Gilles Marchal avec la chanson « L’étoile filante » qui est une reprise en français de « Wanderin’ star » initialement interprétée par Lee Marvin. Cette mélodie met totalement en valeur la belle tessiture grave de l’artiste qui est très originale. En 1971, il sort un 33 tours qui regroupe une grande partie de ses premiers enregistrements. Et, l’année suivante, il est programmé sur de nombreuses radios avec le titre « Liberté ». En 1973, il chante le thème du film « Un homme libre » dont la musique est signée par Francis Lai. Pour son deuxième album qui sort en 1974, Gilles compose toutes les musiques et fait appel à Claude Lemesle et Eddy Mitchell, avec qui il enregistre un duo (« La planète des rêves »), pour les textes. Deux ans plus tard, avec un nouveau contrat discographique, il enregistre, pour Pathé Marconi, « On n’refait pas le monde avec une chanson ». Par la suite, la carrière de Gilles Marchal perd de sa vitalité malgré de très bonnes chansons comme « Drôle de vie » en 1978. Sept ans plus tard, il décide de mettre fin à ses activités de chanteur par l’enregistrement d’un dernier 45 tours qui recèle deux chansons: « Les maisons sans visages » et la reprise de « Céline » immortalisée par Hugues Aufray. Il se retire alors complètement de la musique pour assouvir une autre passion: l’histoire. Et il décide alors d’écrire des livres sur le sujet. Gilles Marchal est décédé le 11 avril 2013 au Chesnay (F) à l’âge de 68 ans. Son premier 33 tours a bénéficié, en 1999, d’une réédition en CD sous le label Magic Records. Mais il semble bien que cet exemplaire numérique soit devenu rare si l’on tient compte de son prix sur certains sites internet spécialisés.
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Raymond Errera

11 avril 2019 : Décès, à Bruxelles, du célèbre attaché de presse belge Raymond ERRERA à l’âge de 88 ans. Né à Saint-Gilles (Bruxelles) en 1931, d’un père italien et d’une mère anglaise, Raymond a toujours été attiré par le monde du spectacle depuis sa plus tendre enfance. Etudiant à l’Athénée d’Uccle, il s’occupe des spectacles de fin d’année et s’affaire à la rédaction du journal de l’école. Il trouve ensuite un job au théâtre de Poche de Bruxelles et délaisse ainsi ses études de droit pour pouvoir, en marge de ses activités au sein de l’entreprise familiale, écrire des chansons, faire du théâtre et collaborer à la rédaction de quotidiens et magazines. Inscrit aux cours de journalisme de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), il écrit des articles sur l’Exposition universelle de 1958 pour « La Nouvelle Gazette » et devient chansonnier au cabaret « Le poulailler » en face de la Bourse de Bruxelles en s’accompagnant au piano et en réalisant des parodies d’airs connus. Il est ensuite engagé par le centre culturel de Malines et par le casino de Knokke pour monter des spectacles. Poursuivant son travail dans le monde culturel de la capitale belge, il décide de devenir l’attaché de presse personnel de certains artistes pour la Belgique. Et la première vedette qui lui fait confiance s’appelle Claude François. Leur première rencontre dure 30 secondes. Clo-Clo lui dit : « Je sais ce que tu fais et voilà ce que je veux : tu es mon attaché de presse depuis quatre jours avec effet rétroactif ! » Le travail de Raymond Errera pour Claude François va durer neuf ans. Par la suite, il va voir Pierre Perret et lui propose ses services. Et puis, d’autres artistes vont lui demander de travailler pour eux : Annie Cordy, Jacques Brel, Guy Béart, Daniel Lavoie (au début de sa carrière), Charles Aznavour, Gérard Lenorman, Jean Vallée, Chantal Goya, etc. En 1972, l’homme fait un petit détour par la politique et est élu échevin de la Culture à Koekelberg. Un an plus tard, il apparaît dans le film « Far West » de Jacques Brel où il récite une phrase alors qu’il est déjà apparu, quelques années plus tôt, dans le film « Franz » de Brel également. A la fin des années 1970, Raymond est l’attaché de presse pour quelques émissions télévisées de la chaîne publique belge francophone RTBF : « Chansons à la carte » ainsi que « La bonne étoile » présentée par son ami le chanteur Jean Vallée. Dès la première édition en 1981, Raymond Errera est l’attaché de presse du Festival International du Rire de Rochefort (B). Et il le restera jusqu’à sa retraite en 2000, ce qui lui donnera l’occasion de devenir citoyen d’honneur de Rochefort. Jusqu’à son décès, Raymond a toujours été présent sur le site de ce célèbre festival d’humour qui a accueilli des découvertes mais aussi de très grands noms du rire. Raymond Errera laisse le souvenir d’un homme qui faisait son métier pour servir aussi bien l’artiste que le journaliste. Il se coupait effectivement en quatre pour faire plaisir à chacun. Avec le sourire, avec diplomatie et avec efficacité.

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9 AVRIL

Le 45 tours de 1962

9 avril 1895 : Naissance, à Genève en Suisse, de l’acteur et, occasionnellement, chanteur Michel SIMON. Délaissant les études et sa famille, le jeune Michel se rend très vite à Paris où il exerce divers petits métiers avant de se tourner vers le spectacle. Il devient ainsi clown-acrobate et assistant d’un magicien. Mais la première guerre mondiale arrive et il est enrolé dans l’armée. Après le conflit, il revient à Paris et se destine cette fois clairement au théatre. Il joue alors aussi dans des comédies musicales avant de trouver sa voie au cinéma qui lui procurera le véritable succès. Son timbre de voix rocailleux ne devait pas le destiner à la chanson. Pourtant, Michel Simon s’y est consacré à quelques reprises. Deux « chansons » restent dans les mémoires. Il y a « Elle est épatante » enregistrée en 1934.

Et « Mémère », un texte de Bernard Dimey récité sur une musique en 1962. Michel Simon est mort le 30 mai 1975 à Bry-sur-Marne (F). Il repose au cimetière du Grand-Lancy à Genève auprès de ses parents.
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Pochette du CD de 2010

9 avril 1957 : Naissance, à Lyon, du musicien français André MANOUKIAN. Auteur, compositeur, arrangeur, pianiste, comédien et animateur de télévision, c’est paradoxalement comme juré du crochet télévisé français « A la recherche de la nouvelle star » qu’il s’est surtout fait connaître du grand public. Pourtant, c’est dès ses six ans que le jeune André se destine au piano qui est sa passion. Et, quatorze ans plus tard, il est à Boston pour étudier la musique à la Berklee School of Music. Il y apprend la composition, les arrangements et l’harmonie. De retour en France, il fonde un groupe de jazz: Horn Stuff. En 1983, il découvre la chanteuse Liane Foly qui est d’origine lyonnaise comme lui. Il lui crée ses premiers succès comme « Au fur et à mesure » et « Doucement ». Mais il travaille aussi pour d’autres artistes comme Nicole Croisille, Charles Aznavour ou Gilbert Bécaud. Il compose aussi la musique du film « Jean-Philippe » consacré à Johnny Hallyday. En 2010, il a l’idée de sortir un nouvel album intitulé « So in love ». Il y fait chanter de grands standards du jazz américain par des artistes de la nouvelle scène française. Il y réunit Anaïs, Emily Loizeau, Camelia Jordana ou Tété entre autres. Depuis, André Manoukian poursuit sa route en participant à des émissions de télé-réalité comme « Danse avec les Stars » (participant) ou « La France a un incroyable talent » (juré). Il anime aussi de nombreux et variés rendez-vous radiophoniques consacrés à la musique sur France Inter et une série d’émissions télévisées consacrée à la petite histoire et la naissance des grands succès de la chanson française : « La vie secrète des chansons ».

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Claude Carrère dans les années 2000

9 avril 2014 : Décès, à Paris, de Claude Ayot dit Claude CARRERE, auteur, compositeur, parolier et producteur français. Né le 21 décembre 1936 à Clermont-Ferrand, il se destine à une carrière artistique et, dès l’âge de 20 ans, il est engagé comme figurant dans le film « Je reviendrai à Kandara », aux côtés de Daniel Gélin et François Périer. Mais c’est dans le domaine de la chanson qu’il va ensuite se faire remarquer en enregistrant, dès 1957, trois 45-tours sous le nom de Claude Carrère. Parmi les titres, il y a le fameux « Cigarettes, whisky et p’tites pépées », également interprété avec succès par Annie Cordy, Philippe Clay ou Eddie Constantine. Intégré dans le milieu du show-business, il travaille pour les éditions musicales Raoul Breton où il rencontre l’auteur André Salvet. Il s’essaie à la composition et propose une chanson à Richard Anthony qui gagne un festival avec celle-ci. A l’affût du moindre nouveau talent, il se dit que ce serait bien de devenir le producteur d’une nouvelle idole « yé-yé » à la mode. Il découvre alors une jeune vendeuse de bonbons qui s’appelle Annie Chancel et qui a plutôt une voix intéressante. Le 15 septembre 1962, il signe un contrat d’exclusivité avec le directeur artistique Jacques Plait et il devient le producteur de Sheila. Il lui écrit ses premiers tubes comme « L’école est finie ».

La chanteuse devient salariée à des conditions qu’elle dénoncera 20 ans plus tard au cours d’un procès retentissant. Au début des années 1970, alors que Sheila n’a connu que des succès, Claude Carrère devient producteur indépendant en créant son propre label puis en distribuant lui-même ses disques. Entre 1972 et 1990, il va produire et/ou distribuer des artistes aussi divers que Ringo, Roméo, Santiana, Carène Chéryl, Mathias, Sacha Distel, Dalida, Gérard Lenorman, Linda De Suza, Claude François, Rika Zaraï, Salvatore Adamo, Marie-Paule Belle et bien d’autres. Le 13 février 1973, il organise le plus médiatique des mariages du show-business français entre Sheila et Ringo. En 1986, Claude Carrère sent le vent tourner: il pense que l’avenir est à l’image et plus particulièrement à la vidéo. Il crée alors la société Carrère Télévision qui produit des émissions télévisées françaises comme « Avis de recherche », « La roue de la fortune », « Des racines et des ailes », « Envoyé spécial », « Le droit de savoir », « Succès fous », etc. A la même époque, Claude Carrère s’associe à Michel Lafon pour publier des livres comme ceux de Linda De Suza (« La valise en carton »), Danièle Gilbert (« Je reviendrai »), Rika Zaraï (« Ma médecine naturelle ») ou encore celui de l’animateur Patrick Roy. A la fin des années 1980, Claude Carrère vend tout son catalogue discographique au groupe Warner mais il garde un droit de regard en restant le vice-président. En 1995, Carrère Télévision devient Carrère Group et s’ouvre à des productions comme le film d’animation « Kirikou et la Sorcière » mais aussi des séries télévisées telles que « Maigret », « Le Juge est une femme », et des magazines comme « C’est pas sorcier » et « Arrêt sur images ». C’est à Paris que Claude Carrère décède le 9 avril 2014 de mort naturelle. Ses restes reposent au colombarium du cimetière parisien du Père Lachaise.
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Paul Severs en 2012

9 avril 2019 : Décès, à l’hôpital Erasme d’Anderlecht (Bruxelles), du chanteur, musicien et auteur-compositeur belge Paul SEVERS. Né le 26 juin 1948 à Huizingen, il passe son enfance au sein d’une famille nombreuse et est scolarisé à Hal. Adolescent, passionné de musique, il suit des cours de piano et achète une guitare. Un copain lui fait savoir qu’un groupe local connu recherche un chanteur et Paul répond à l’appel. Il devient ainsi, à 17 ans, le leader des « Criminals » qui propose un répertoire anglo-saxon. Le responsable de la formation envoie une maquette au producteur belge Jean Kluger qui est l’un des plus courus de l’époque. Ce dernier n’est pas insensible à la musique des Criminals mais il est surtout intéressé par la voix de Paul. Il propose donc un enregistrement au groupe mais il demande au chanteur d’interpréter le titre en néerlandais qui est sa langue maternelle. En 1966, un 45-tours est commercialisé : c’est « Geen wonder dat ik ween » par Paul Severs & the Criminals. Le disque n’obtient pas le succès espéré et les deux essais suivants ne réussiront pas mieux. Après d’autres tentatives infructueuses, Paul écrit lui-même la chanson « Ik ben verliefd op jou » en 1970. Et là, c’est le « tube » avec 120.000 exemplaires vendus. La chanson est traduite en anglais (« I’m so in love with you ») et connaît une grande popularité interprétée par le groupe belge Octopus. Et puis, surtout, la version française du groupe Crazy Horse (« J’ai tant besoin de toi ») s’écoule à plus d’un million d’exemplaires en quelques semaines. Alors que les succès de Paul Severs s’accumulent en Belgique néerlandophone et encouragé par les résultats de « J’ai tant besoin de toi » des Crazy Horse, le chanteur songe à une carrière qui pourrait se dérouler en Belgique francophone et en France. Il se met donc en quête d’un titre français fort et, en 1973, il enregistre « Si tu m’aimes comme je t’aime ». Le 45-tours est distribué en France par Carrère et se retrouve rapidement dans les vingt premiers du classement au hit-parade de la radio RTL présenté par André Torrent. Paul Severs bénéficie à ce moment de la vague des « chanteurs belges » qui déferle sur la France : Christian Vidal, Christian Adam, Art Sullivan, Pierre Rapsat ou encore Frédéric François dont le parolier du moment, Marino Atria, signe aussi les textes francophones de Paul Severs. Un second disque sorti en 1974, « Près de toi », connaîtra un succès moindre et l’artiste se reconcentre alors sur sa carrière néerlandophone. Sept ans plus tard, il refera une timide apparition dans l’univers de la chanson française avec « Viens donc à la discothèque ». Mais c’est au début des années 1990 qu’il va connaître la véritable consécration du côté francophone de la Belgique lorsqu’il va figurer parmi les idoles de l’émission télévisée de la chaîne privée RTL-TVI « Dix qu’on aime ». En 1991, il est au sommet avec « Toutes les filles » et il enchaîne quelques mois plus tard avec « Oh petite fille ». Depuis cette époque, Paul Severs n’a jamais cessé d’enregistrer régulièrement des CD-2 titres avec, généralement, la même chanson en français et en néerlandais. Ces dernières années, c’est souvent le chanteur et musicien Philippe Vancles qui lui écrivait les textes français. En 2015, Paul Severs fête ses 50 ans d’une carrière au cours de laquelle il a vendu un million de disques, écrit 300 chansons et presté quelque 15.000 concerts. Le 12 mars 2019, au cours d’une balade à vélo avec un ami près de chez lui, dans les environs de Tubize, il s’écroule victime d’une crise cardiaque. Il est transporté à l’hôpital Erasme de Bruxelles dans un coma dont il ne sortira pas. Le 9 avril 2019, son fils Christophe annonce le décès de Paul Severs sur les réseaux sociaux.
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