RIVERS Dick

Dick Rivers en 2012

Le chanteur français Hervé Fornieri, mieux connu sous le nom de Dick RIVERS, naît le 24 avril 1945 à Nice. Fan d’Elvis Presley, il a d’ailleurs emprunté son prénom de scène au nom d’un des personnages joués par le King au cinéma. A peine âgé de quinze ans, il fonde « Les Chats Sauvages », un groupe qui va être l’un des premiers à pratiquer le rock and roll en France. Entre mai 1961 et juin 1962, ces musiciens vont enregistrer une centaine de titres: du rock mais aussi du twist, rythme très à la mode en 1962. Parmi les succès du groupe, on peut citer « C’est pas sérieux », « Twist à Saint-Tropez » ou « Est-ce que tu le sais » (adaptation française de « What I’d say » de Ray Charles).
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En septembre de cette année-là, Dick Rivers décide de voler de ses propres ailes et largue le groupe. Dès le début de sa carrière de soliste, que ce soit par des adaptations ou des titres originaux, le chanteur va tenir le haut du pavé et s’installer solidement pour des dizaines d’années dans le paysage français de la chanson.
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Dans les années 1960, grâce à ses bonnes relations avec Daidy Davis Boyer, Dick Rivers va tourner quantité de scopitones de ses chansons. Ce petit film de cinéma ainsi appelé scopitone était l’ancêtre du clip video. Il permettait à tout un chacun de visionner ses chansons préférées sur un appareil s’apparentant à un juke-box. Dick fera aussi de la figuration dans les scopitones de certains autres chanteurs. Ses succès sont nombreux et le chanteur s’adapte aux modes en interprétant notamment du rhythm’n’blues à la fin des années 1960 comme « Mr Pitiful ».
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Alors que la décennie 1970 laisse craindre le pire pour un chanteur de rock, Dick Rivers s’en tire plutôt bien en restant fidèle à son style (« Maman n’aime pas ma musique ») ou en s’orientant vers la musique country (« Faire un pont », adaptation de « Country roads »).
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Ces années-là sont celles où Dick Rivers fait appel à Bashung pour la réalisation de trois albums. Les Chats Sauvages se reforment le temps d’un disque qui sort en 1982 sans grand succès.
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En 1983, sa carrière prend un autre virage encore avec des chansons signées Didier Barbelivien (« Nice Baie des Anges »).
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Au tout début des années 1990, l’artiste se lance dans l’aventure du conte musical avec un double album consacré à l’histoire inventée d’une chanteuse virtuelle: Linda Lu Baker. Ce disque est pour Dick l’occasion de partager un gospel avec le Golden Gate Quartet (« Ainsi soit-elle ») mais il lui offre aussi l’opportunité d’interpréter un titre de mambo (« Sale mambo ») et un autre de salsa!
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Parmi les collaborateurs de l’opus « Linda Lu Baker » se trouve aussi un certain Francis Cabrel qui va mettre en scène, avec Dick et un groupe nommé « Les Parses », un spectacle dédié au rock : « Le rock’n’roll show ». Quelques concerts seront proposés en 1990 et Cabrel commercialisera, en 2020 en hommage après le décès de Dick Rivers, un DVD de cette aventure musicale exceptionnelle enregistrée le 15 octobre 1990 à Villeneuve-sur-Lot .
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Au même moment, Dick Rivers raconte le rock comme personne sur Radio Monte Carlo. Comme Johnny Hallyday, le rival de ses débuts, le chanteur niçois n’a alors de cesse de rencontrer de nouveaux auteurs et compositeurs dont il fait éclore le talent. Ceux-ci ont pour nom Benjamin Biolay, M, Joseph d’Anvers ou Mathieu Boogaerts. Dick Rivers fête ses 50 ans de carrière en mai 2011. Pour l’occasion, il sort un album (cliquer ici pour voir la chronique) mais aussi un livre : Mister D.
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La tournée qu’il effectue à travers toute la France en 2012 est immortalisée par un DVD : « Le gran’ tour ». En 2014, l’album « Rivers » lui permet d’entrevoir une nouvelle tournée de concerts. Mais celle-ci est annulée en raison d’une chute dont le chanteur est relevé avec un traumatisme crânien. Le 28 octobre 2017, les téléspectateurs de France 2 sont heureux de retrouver Dick Rivers bon pied bon oeil pour participer, au Zénith de Paris, à la soirée célébrant les 25 ans de l’émission « Taratata » de Nagui. Et puis, au début 2018, l’artiste confirme son retour en forme en apparaissant dans un clip très déjanté de Julien Doré: « Africa », une reprise étonnante du célébrissime tube initialement interprété par Rose Laurens en 1982.
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Dick Rivers décède, à Paris, des suites d’un cancer le jour de ses 74 ans: le 24 avril 2019.
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Les obsèques de Dick Rivers ont lieu à Paris le jeudi 2 mai en l’église Saint-Pierre de Montmartre. L’artiste est ensuite inhumé au cimetière parisien de Montmartre.
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RAPSAT Pierre

Pierre Rapsat en 2000

L’auteur, compositeur et interprète belge Pierre RAPSAT naît le 28 mai 1948 à Ixelles (Bruxelles), sous le nom de Raepsaet, d’un père belge néerlandophone et d’une mère d’origine espagnole. Alors qu’il est âgé de dix ans, ses parents s’installent à Verviers. Passionné de musique et de rock, il apprend la guitare à l’âge de seize ans. Avec un ami, Eric Van Hulse (qui se fait aussi appeler Eric Vion), il compose des morceaux qu’ils fournissent à des groupes du coin : les Tenderfoot Kids ainsi que Paul Simul et Recréation. Puis, Pierre Rapsat s’oriente vers la guitare basse pour devenir, en 1969, un musicien du groupe de rock anglophone régional Laurélie.
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Un an, plus tard, à la dissolution de « Laurélie », Pierre Raepsaet rejoint une autre formation dont il devient le bassiste et chanteur : « Jenghiz Khan ».
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Après ses différentes expériences musicales collectives, Pierre se lance dans une carrière solo en 1973. Ses chansons sont tout d’abord écrites en anglais et en français et ses deux premiers albums, « New York » et « Musicolor », bénéficient des deux versions. Mais, au fil du temps, son succès va petit à petit l’orienter vers les pays de la francophonie et il ne chante plus dans la langue de Shakespeare.
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En 1974, Pierre Rapsat coécrit avec la chanteuse française Jeanne-Marie Sens, qui va l’interpréter, « L’enfant du 92e ». Pierre enregistre aussi cette chanson en 1977.
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En 1976, il participe au concours Eurovision de la Chanson avec une ballade qui se classe sixième pour la Belgique: « Judy & Cie ».
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Dans une veine musicale similaire, il connaît un beau succès avec « Si on s’en allait » durant l’été de la même année. Par la suite, Pierre Rapsat va enregistrer quelque quinze albums originaux (hors compilations et live) et ceux-ci ne se vendront pour ainsi dire qu’en Belgique francophone. Cela confère à l’artiste aujourd’hui disparu un statut très particulier: celui de vedette francophone belge à part entière. Ce ne sont pourtant pas les essais de carrière internationale qui ont manqué à Pierre Rapsat. La preuve de cet acharnement se révèle notamment dans le grand nombre de maisons de disques qui lui ont donné sa chance: Warner (WEA), RCA (Inelco), Milan, CBS (Epic), Trema, Team 4 Action, Viva Disc et Universal. Entre 1977 et 1981, il enregistre cinq albums qui le propulsent comme le chanteur rock belge francophone le plus en vue: « Je suis moi » (1977), « Gémeaux » (1978), « 1980 » (1979), « Donner tout son coeur » (1980) et « Un coup de rouge, un coup de blues » (1981).
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Mais le tout gros succès va survenir avec la sortie, en 1982, de l’album « Lâchez les fauves » et la chanson « Passagers de la nuit ». 30.000 exemplaires sont vendus en quelques semaines.
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En juillet 1984, Pierre est invité comme découverte au Festival d’été de Québec. Cela permet à son album « Lâchez les fauves » d’être présent sur les ondes canadiennes avec la chanson « Sujets tabou ».
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Mais, malgré la médiatisation, le public éprouve des difficultés à trouver ses disques sur le continent américain. A l’automne de cette année-là, l’album « Ligne claire » sort en Belgique et les « tubes » fusent: « Illusions », « Elle m’appelle », « Animal » et « Joan joue aux dominos ». L’opus bénéficie d’une promotion au Québec et il est, cette fois, disponible dans les bacs des disquaires.
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En 1986, conséquence de son succès discographique et de la sortie de l’album suivant (« J’aime ça »), Pierre Rapsat donne son premier concert dans la salle de Forest National à Bruxelles: une première pour un artiste belge francophone. La fin des années 1980 et la décennie suivante sont jalonnées de succès qui ne dépassent toutefois jamais les frontières de la Belgique: « Soleil noir », « J’ouvre les yeux », « Où tu veux quand tu veux », « Comme un brasero », « Aurore », « Goodbye Mr Fender », « Blue note dans l’univers », « A l’envers c’est l’endroit », « J’attends le soleil », « Pile ou face », « Si les femmes », etc.
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Pierre Rapsat, au delà de ses qualités artistiques indéniables, est alors un homme qui se mobilise pour défendre les intérêts des artistes. Il s’investit au sein de la société des auteurs et compositeurs belges, la Sabam, et il est de ceux qui vont mettre sur pied en 1994, les premières Francofolies de Spa. Au 21e siècle, le nouvel album de Pierre Rapsat, « Dazibao » (2001) (avec « Ensemble » et « Tous les rêves sont en nous »), est très bien accueilli en Belgique mais aussi, enfin, en France. La firme Universal est intéressée par la distribution et une tournée est prévue. Mais Pierre est déjà rongé par la maladie. Tout en étant soigné et hospitalisé à plusieurs reprises, il trouve le courage de monter encore sur la scène du Cirque Royal à Bruxelles pour ce qui sera son ultime concert enregistré pour un DVD, finalement posthume, le 28 avril 2001.
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Il nourrit alors le projet de se produire en juillet 2001 aux Francofolies de Spa. Mais il doit déclarer forfait. Le 20 avril 2002, le cancer du foie sort vainqueur du combat inégal. Les funérailles du chanteur ont lieu à Heusy, sur les hauteurs de Verviers, en présence de tout le milieu artistique musical belge francophone. Il est inhumé au cimetière d’Ensival. Peu après son décès, le Prix Québec/Wallonie-Bruxelles, créé en 1984 pour aider alternativement chaque année un artiste québécois et un artiste belge francophone, est rebaptisé prix Rapsat-Lelièvre. Pierre Rapsat et le Québécois Sylvain Lelièvre avaient reçu chacun le prix (Rapsat reçut même le tout premier). Et ces deux artistes talentueux sont décédés à quelques jours d’intervalle.
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COLOMBO Pia

Pia Colombo dans les années 1960

La chanteuse française Éliane Marie Amélie Colombo mieux connue sous le pseudonyme de Pia COLOMBO naît le 6 juillet 1934 à Homblières (Aisne). Son père, Italien, et sa mère, du Nord de la France, la laissent à sa grand-mère maternelle qui l’élève peu après sa venue au monde. Et c’est donc à la campagne qu’elle grandit en se souciant bien peu de l’école. Après la guerre, en 1946, elle retrouve ses parents qui l’accueillent chez eux en région parisienne. Un jour, ils l’emmènent voir le spectacle proposé au théâtre du Châtelet et Eliane est subjuguée par ces gens qui dansent et qui chantent. Elle décide qu’un jour elle fera comme eux. Elle veut donc devenir petit rat du Châtelet et commence à suivre les cours de danse du théâtre. Mais, à quinze ans, elle est victime de rhumatisme chronique et doit arrêter les chorégraphies. Cela remet tout en question dans cette vie artistique que l’adolescente entame à peine. Une amie lui suggère alors d’essayer l’art dramatique et l’emmène au Cours Simon. Mais c’est un peu compliqué et elle est plus à l’aise lorsque cette amie lui demande d’interpréter des chansons lors d’un spectacle de patronage. Un jeune prof d’anglais, passionné de chanson française et également auteur-compositeur, l’y remarque, l’encourage à persévérer et lui propose finalement de lui « fournir » quelques titres : il s’appelle Maurice Fanon. Cette idée, ainsi que son auteur, la séduisent totalement. Elle travaille donc l’interprétation des chansons de celui qui, marié puis divorcé, devient son amant. Elle se présente pour une audition au cabaret parisien de L’Écluse où Léo Noël, un des cofondateurs, l’engage pour un an. Elle choisit alors le nom de scène de Pia Colombo et interprète, notamment, la chanson « Julie la Rousse », de René-Louis Lafforgue ainsi que des œuvres de Maurice Fanon.
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En 1956, elle emménage chez Maurice et signe un premier contrat phonographique avec la firme Versailles pour qui elle enregistre deux 45-tours de quatre titres dont « Julie la Rousse » et « Isabelle » (de Maurice Fanon).
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Quelques mois plus tard, Maurice Fanon part remplir ses obligations militaires françaises en Algérie jusqu’en 1959. Pendant son absence, elle poursuit sa carrière de chanteuse, change de maison de disques (Philips) et joue « Hula Hoop » au Disco Théâtre du théâtre Marigny à Paris. Son succès grandissant, Pia est appelée, en 1958, à se produire à l’Olympia de Paris, puis en tournée, en première partie de Georges Brassens. Un an plus tard, elle enregistre un des premiers titres signés par Serge Gainsbourg et retrouve Georges Brassens pour ses levers de rideau à Bobino. Maurice Fanon revient d’Algérie et elle reprend la vie commune avec lui. Elle reçoit le Coq d’Or de la chanson française pour son interprétation des « Flonflons du bal », mélodie de Charles Dumont immortalisée par Edith Piaf.
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Alors que la carrière de Pia Colombo est en mode ascendant, l’arrivée des « yé-yés » va chambouler ses objectifs. Il n’y a plus beaucoup de place à la radio pour les chansons qu’elle propose. Et, sans médiatisation, les salles de spectacles sont plus difficiles à remplir. Alors, elle retourne dans les cabarets de la rive gauche parisienne qui l’ont aidé à se faire un nom : « La tête de l’art », « Les Trois Baudets » ou encore « La Contrescarpe » et « La Colombe ». Brassens ne l’oublie toutefois pas et il l’invite à assurer sa première partie à Bobino en avril 1960. Le 28 septembre de la même année, Pia Colombo épouse Maurice Fanon. En 1961, elle est remarquée par le jeune metteur en scène Roger Planchon qui la fait jouer du Bertolt Brecht à Villeurbanne puis à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées. Deux ans plus tard, Pia quitte Maurice mais continue à interpréter les chansons qu’il lui écrit, ou dédie, comme « L’écharpe » en 1964.
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Georges Brassens reste de ceux qui continuent à encourager Pia et elle se produit avec lui en 1964 à plusieurs reprises sur la scène parisienne de Bobino. Elle devient aussi une proche de Jean Ferrat. En 1966, elle joue l’un des 69 personnages de la pièce d’Armand Gatti : « Chant public devant deux chaises électriques », qui est présentée à Paris au Palais de Chaillot. Elle y interprète deux chansons. Elle poursuit alors sa carrière avec une autre oeuvre de Brecht et Weill : « Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny », un opéra en trois actes qui est une vraie révélation et un tournant dans la carrière de l’artiste.
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Pia Colombo revient au tour de chant traditionnel en première partie de l’Olympia d’Alain Barrière et de Charles Aznavour en 1967 avant d’effectuer une tournée en URSS. Arrivent les grèves et manifestations françaises de mai 1968 : Pia Colombo chante dans les usines occupées aux côtés de Lény Escudéro, Jean Ferrat, Isabelle Aubret, Georges Moustaki et Maurice Fanon. La chanteuse se décide à franchir le pas du récital seule sur la scène du Théâtre National Populaire en 1969 : elle y reste un mois. Elle enregistre un album avec des oeuvres de Bertolt Brecht et Kurt Weill pour lequel elle obtient un prix de l’Académie Charles-Cros. La même année, elle interprète « Le métèque » et « Il est trop tard » avant que leur auteur et compositeur, Georges Moustaki, les reprenne à son propre répertoire avec succès.
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Alors que l’artiste a repris le théâtre avec une nouvelle pièce de Brecht (« Maître Puntila et son valet Matti »), elle commercialise un nouvel album éponyme avec les titres « Un pays » et « Adagio nocturne » en 1971.
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Elle poursuit sa carrière en alternant ses activités théâtrales (au Festival d’Avignon en 1972) et musicales (avec, aussi, des spectacles thématiques). Engagée, Pia Colombo rejoint les artistes qui animent alors « La grande kermesse écologique » en octobre 1972 qui propose des alternatives à la pollution. En 1973, la chanteuse est l’une des têtes d’affiche de la fête de l’Humanité aux côtés de Mouloudji, Mireille Mathieu, Serge Lama, et Mort Shuman entre autres. L’année suivante, le producteur Gérard Meys propose à Pia d’enregistrer un nouvel album sur son label phonographique : il contient à nouveau des chansons signées Maurice Fanon comme « Le Che ».
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A ce moment, elle soutient la candidature du socialiste François Mitterrand aux élections présidentielles françaises et elle se produit dans divers pays comme l’Italie, Cuba ou les Etats-Unis. Contraint au silence par la maison de disques avec qui il vient de rompre son contrat en 1975, Léo Ferré offre cinq de ses nouvelles chansons qu’il ne peut interpréter à Pia Colombo qui les enregistre sur un album produit par l’auteur-compositeur.
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En avril 1976, l’artiste apparaît dans l’émission télévisée française « Numéro 1 » de Maritie et Gilbert Carpentier : elle y chante « Johnny Parker » aux côtés de l’acteur Jean-Claude Brialy. Quelques mois plus tard, la chanteuse tombe malade et un cancer lui est diagnostiqué. En 1978, elle fait partie, avec Catherine Ribeiro et Francesca Solleville notamment, de l’affiche d’un concert organisé au profit des victimes de la dictature chilienne. Puis, elle participe au Printemps de Bourges avant de s’effacer en raison de ses ennuis de santé. Entre 1979 et 1981, elle incarne son propre personnage dans un spectacle autobiographique écrit et composé par Maurice Fanon : « Requiem autour d’un temps présent » qui fera l’objet de l’enregistrement d’un double album.
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En 1980, sur scène entre deux séances de chimiothérapie, elle ose ôter la perruque qui masque sa calvitie devant un public en partie choqué par ce geste destiné à évoquer le temps qui lui est désormais compté. Elle participe ensuite à l’émission télévisée française de Jacques Chancel, « Le grand échiquier », où elle apparaît chauve.
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Consacrant de plus en plus de temps à se battre contre le mal qui la ronge, Pia Colombo se fait discrète mais, le 16 avril 1986, à 51 ans, elle est vaincue par le cancer et elle décède à Nonancourt.
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KOOLENN Serge

Serge Koolenn en 1975

Le musicien et chanteur français Serge KOOLENN naît le 15 avril 1947 à La Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Il est adolescent quand il apprend la guitare avec, pour exemple, les groupes de rock « yé-yé ». Il se rapproche des vedettes de l’époque et finit par être guitariste dans l’orchestre qui accompagne Michel Polnareff sur scène en 1969. Il rencontre alors une jeune Américaine dont il partage l’existence pendant neuf ans. Ensemble, ils enregistrent un duo en 1970: « Sonne, carillonne ».
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Cette chanteuse s’appelle Joëlle Mogensen et choisit son seul prénom comme pseudonyme: Joëlle. Quelques mois plus tard, le couple décide de créer un groupe avec l’aide d’autres musiciens qui ont pour nom Richard Dewitte, Lionel Gaillardin, Bruno Walker et Christian Burguière: « Il était une fois ». Leur premier succès, en 1972, a pour titre « Rien qu’un ciel » mais quelques autres « tubes » vont marquer la brève carrière du groupe qui se sépare en 1979: « Les filles du mercredi » (1973), « Que fais-tu ce soir après dîner ? » (1973), « Quand tu partiras » (1973), « C’était l’année dernière » (1974), « J’ai encore rêvé d’elle » (1975), « Viens faire un tour sous la pluie » (1975), « Je suis mélodie » (1976), « Toi et la musique » (1976) ou encore « Pomme » (1978).
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La plupart de ces titres ont été composés par Serge Koolenn et Richard Dewitte. Ces deux compères vont d’ailleurs être les premières victimes de la séparation du groupe car si Joëlle poursuit, avec succès, une carrière de chanteuse soliste interrompue par son décès tragique en 1982, Serge et Richard finissent par retomber dans l’anonymat. Pourtant, Serge Koolenn compose avec Jacques Mercier deux chansons pour son nouveau groupe MEKS (avec les initiales de Mercier, Einaudi, Koolenn et Sere) en 1979: « Loin de chez moi » et « La vie est belle ». Mais cela ne donne rien. Et le résultat n’est pas meilleur lorsqu’il commercialise, grâce à son pote Dick Rivers en 1980, un album enregistré à Los Angeles où figurent des chansons comme « Fille à problèmes », « A cause de vous » ou « Les p’tites grenouilles ».
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En 1981, il enregistre encore un album intitulé « Paris Hollywood » avant de définitivement rejoindre le rang des musiciens de studio. Atteint d’un cancer, Serge Koolenn décède le mardi 28 avril 2015 à Molières-sur-Cèze, dans le Gard (F).
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SEVERS Paul

Paul Severs en 2012

Le chanteur, musicien, auteur et compositeur belge Paul SEVERS naît le 26 juin 1948 à Huizingen au sein d’une famille nombreuse. Il est scolarisé à Halle où, adolescent et passionné de musique, il suit des cours de piano et achète une guitare. Un copain lui fait savoir qu’un groupe local connu recherche un chanteur et Paul répond à l’appel. Il devient ainsi, à 17 ans, le leader des « Criminals » qui propose un répertoire anglo-saxon. Le responsable de la formation envoie une maquette au producteur belge Jean Kluger qui est l’un des plus courus de l’époque. Ce dernier n’est pas insensible à la musique des Criminals mais il est surtout intéressé par la voix de Paul. Il propose donc un enregistrement au groupe mais il demande au chanteur d’interpréter le titre en néerlandais qui est sa langue maternelle. En 1966, un 45-tours est commercialisé : c’est « Geen wonder dat ik ween » par Paul Severs & the Criminals.
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Le disque n’obtient pas le succès espéré et les deux essais suivants ne réussiront pas mieux. Après d’autres tentatives infructueuses, Paul écrit lui-même la chanson « Ik ben verliefd op jou » en 1970. Et là, c’est le « tube » avec 120.000 exemplaires vendus.
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La chanson est traduite en anglais (« I’m so in love with you ») et connaît une grande popularité interprétée par le groupe belge Octopus. Et puis, surtout, la version française du groupe Crazy Horse (« J’ai tant besoin de toi ») s’écoule à plus d’un million d’exemplaires en quelques semaines.
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Alors que les succès de Paul Severs s’accumulent en Belgique néerlandophone et encouragé par les résultats de « J’ai tant besoin de toi » des Crazy Horse, le chanteur songe à une carrière qui pourrait se dérouler en Belgique francophone et en France. Il se met donc en quête d’un titre français fort et, en 1973, il enregistre « Si tu m’aimes comme je t’aime ». Le 45-tours est distribué en France par Carrère et se retrouve rapidement dans les vingt premiers du classement au hit-parade de la radio RTL présenté par André Torrent.
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Paul Severs bénéficie à ce moment de la vague des « chanteurs belges » qui déferle sur la France : Christian Vidal, Christian Adam, Art Sullivan, Pierre Rapsat ou encore Frédéric François dont le parolier du moment, Marino Atria, signe aussi les textes francophones de Paul Severs. Un second disque sorti en 1974, « Près de toi », connaîtra un succès moindre et l’artiste se reconcentre alors sur sa carrière néerlandophone.
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Sept ans plus tard, comptant sur la popularité des nouvelles radios dites libres, il refera une timide apparition dans l’univers de la chanson française avec « Viens donc à la discothèque ».
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Mais c’est au début des années 1990 qu’il va connaître la véritable consécration du côté francophone de la Belgique lorsqu’il va figurer parmi les idoles de l’émission télévisée de la chaîne privée RTL-TVI « Dix qu’on aime ».
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En 1991, il est au sommet avec « Toutes les filles » et il enchaîne quelques mois plus tard avec « Oh petite fille ».
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Depuis cette époque, Paul Severs n’a jamais cessé d’enregistrer régulièrement des CD-2 titres avec, généralement, la même chanson en français et en néerlandais. Ces dernières années, c’est souvent le chanteur et musicien Philippe Vancles qui lui écrit les textes français. En 2015, Paul Severs fête ses 50 ans d’une carrière au cours de laquelle il a vendu un million de disques, écrit 300 chansons et presté quelque 15.000 concerts. Le 12 mars 2019, au cours d’une balade à vélo avec un ami près de chez lui, dans les environs de Tubize, il s’écroule victime d’une crise cardiaque. Il est transporté à l’hôpital Erasme d’Anderlecht (Bruxelles) dans un coma dont il ne sortira pas. Le 9 avril 2019, son fils Christophe annonce le décès de Paul Severs, à l’âge de 70 ans, sur les réseaux sociaux. Ses funérailles ont lieu à Halle quelques jours plus tard.
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BREL Jacques

Jacques Brel en 1957 – Photo (c) Jacques Aubert

L’auteur, compositeur, interprète, réalisateur et acteur belge Jacques BREL naît le 8 avril 1929 à Schaerbeek (Bruxelles). Enfant, Jacques est élevé dans la cartonnerie familiale et n’est pas un grand fan de l’école. Mais il a quand même une préférence pour la langue française et, à quinze ans à peine, il écrit déjà des poèmes et il crée une troupe de théâtre au sein d’un mouvement de jeunesse catholique. Dès que Jacques est en âge de travailler, son père l’engage au service commercial de la fabrique de carton. Mais le garçon n’est pas fait pour ça et rêve d’autres horizons: il sera chanteur. C’est donc en autodidacte qu’il compose ses premières mélodies sur sa guitare ou sur le piano de la maison. Alors qu’il vient d’épouser « Miche » (Thérèse Michielsen), il commence à chanter en 1950. Pendant trois ans, il n’a de cesse de convaincre son entourage du bien fondé de ses chansons. En vain. Mais il ne se décourage pas et, en 1953, Jacques Brel envoie une maquette, réalisée à ses frais sur un 78 tours, au découvreur de talents français Jacques Canetti. Ce dernier est aussi le propriétaire du théâtre des Trois Baudets à Paris et, ayant écouté les chansons de Brel, il l’invite à venir s’y produire. Jacques quitte alors foyer et famille pour vivre seul dans la capitale française. De petit contrat en petit contrat, il se retrouve en lever de rideau des spectacles de l’Olympia de Paris dont le directeur, Bruno Coquatrix, finit par remarquer la détermination du chanteur. A Bruxelles, Brel se produit à l’Ancienne Belgique en première partie du chanteur flamand Bobbejaan Schoepen. Et, ailleurs, il précède sur scène des artistes comme Dario Moreno ou Philippe Clay. Parallèlement à ce début de carrière sur scène, Jacques Brel publie ses premiers disques avec, notamment, la chanson « Grand Jacques » en 1954.
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En 1956, il fait la rencontre de François Rauber, un pianiste qui deviendra l’orchestrateur de ses chansons. Avec lui, il enregistre son premier grand succès: « Quand on n’a que l’amour ».
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Un an plus tard, Jacques Brel se lie d’amitié avec un autre musicien qui, lui, sera son accompagnateur sur scène: Gérard Jouannest. Ce dernier composera également un bon nombre de musiques pour et avec Jacques. Le deuxième 33 tours de Brel reçoit le Grand-Prix de l’Académie Charles-Cros en 1957 et, un an plus tard, l’artiste est à l’Olympia. Les galas et les enregistrements de disques vont alors se multiplier: en 1959, il est tête d’affiche à Bobino et il y crée « Ne me quitte pas ».
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Les succès vont alors se suivre pendant quinze ans: « Le plat pays », « La Fanette », « Les Vieux », « Jef », « La valse à mille temps », « Mathilde », « Les bourgeois », « Madeleine », « Ces gens-là » ou encore « Amsterdam » dont il n’existera jamais qu’un enregistrement public réalisé en 1964.
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Alors qu’il a 37 ans, Jacques Brel décide de faire ses adieux à la scène à l’Olympia de Paris en 1966. A sa sortie de scène, ils sont nombreux à l’entourer et les plus reconnaissables ont pour nom Bruno Coquatrix, Eddie Barclay, Hugues Aufray ou Edouard Caillau.
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Après ce concert mémorable du chanteur, il décide toutefois d’honorer tous les contrats prévus pendant encore environ un an. Puis, cela en sera fini des spectacles de l’artiste mais l’homme a encore beaucoup de projets artistiques en tête: enregistrer des disques mais aussi jouer au cinéma puis réaliser des films. Il obtient ainsi le rôle principal d’un film d’André Cayatte en 1967: « Les risques du métier ». De retour d’un voyage aux Etats-Unis où il est tombé en admiration devant ce spectacle musical, Jacques Brel décide d’adapter en français et de monter sur scène « Don Quichotte de la Mancha ». Les représentations ont lieu en octobre 1968 au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles. Jacques y apparaît en héros aux côtés de Sancho Pança dont le rôle est interprété par Dario Moreno. Mais, alors que le spectacle est prévu à Paris, Dario Moreno décède subitement le 1er décembre. Et c’est Robert Manuel qui reprend son rôle au pied levé.
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En 1969, l’acteur Brel tourne dans « Mon oncle Benjamin » d’Edouard Molinaro. En même temps, il suit des cours d’aviation et pilote de petits avions de tourisme. Puis, il passe de l’autre côté de la caméra pour réaliser les films « Frantz » avec Barbara en 1971 et « Far West » en 1973. Ces deux longs métrages tournés en Belgique ne sont pas des succès. Avant de partir vivre aux îles Marquises, Jacques Brel tourne encore dans « L’aventure c’est l’aventure » de Claude Lelouch et joue le rôle de François Pignon dans « L’emmerdeur » d’Edouard Molinaro sur un scénario de Francis Veber. En 1974, il s’installe aux Marquises avec l’ex-danseuse Madly Bamy, qu’il a rencontrée sur le tournage du film de Lelouch, mais il faut l’opérer d’un cancer du poumon. La maladie ne le quitte plus et, en 1977, il enregistre un tout dernier album après cinq ans d’absence. Ce disque, dont la commercialisation est menée de main de maître par Eddie Barclay, est un succès énorme dont il ne profite que quelques mois car, en juillet 1978, son cancer s’aggrave et il est rapatrié à Paris où il s’éteint le 9 octobre 1978. L’artiste repose au cimetière d’Atuona, Hiva Oa, aux îles Marquises. A quelques pas du peintre Paul Gauguin.
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En 2003, pour le 25e anniversaire de sa disparition, Universal Music commercialise une compilation de ses plus grandes chansons qui voisinent cinq titres inédits qui avaient été enregistrés en 1978. Il s’agit là de chansons pour lesquelles Jacques Brel aurait émis le souhait, auprès d’Eddie Barclay toujours vivant en 2003, qu’elles ne soient jamais révélées au grand public.
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JUVET Patrick

Patrick Juvet en 1978 – Photo (c) Alain Marouani

Le compositeur et interprète suisse Patrick JUVET naît le 21 août 1950 à Montreux sous le nom de Quentin Juvey. Très tôt, le petit Patrick s’intéresse à la musique et, dès l’âge de six ans, il s’inscrit aux cours de piano du conservatoire de Lausanne. Titulaire d’un premier prix, il s’oriente plutôt ensuite vers les arts décoratifs lorsque, à 17 ans, on lui propose un job de mannequin à Düsseldorf en Allemagne. Quatre ans plus tard, il quitte l’Allemagne pour Paris où il est bien décidé à faire connaître ses talents de compositeur. Il rencontre le producteur Eddie Barclay qui est plutôt séduit et qui lui permet d’enregistrer un premier 45 tours en 1971: « Romantiques pas morts ».
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Le succès de ce premier essai n’est pas énorme mais il suffit pour attirer l’attention des programmateurs de radio sur ce jeune artiste talentueux. Quelques mois plus tard, le flair de Barclay se justifie lorsque Patrick Juvet se paie le « tube » de l’été 1972 avec « La musica ».
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Claude François est positivement intrigué par le succès de cette chanson et passe une commande au musicien suisse qui s’exécute avec plaisir pour lui offrir une de ses chansons les plus populaires: « Le lundi au soleil ».
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Au même moment, avec le parolier Boris Bergman, il compose « L’amour qui venait du froid » pour Dalida mais cette mélodie ne marche pas.
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Qu’à cela ne tienne, il l’enregistre à son tour en modifiant un peu le texte et, avec le titre « Sonia », la chanson sera l’un des grands succès de l’été 1973.
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Entretemps, en mars de la même année, il représente la Suisse au concours Eurovision de la chanson, avec « Je vais me marier, Marie » qui termine à la 13e place.
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Alors qu’il vient de sortir son premier album intitulé « Love », Patrick Juvet, maquillé androgyne, propose un show pour le moins futuriste à l’Olympia de Paris en décembre 1973. En 1974, il enregistre un second album qui a pour titre « Chrysalide » et qui révèle un choriste à la voix haut perchée: un certain Daniel Balavoine. Mais c’est aussi Balavoine qui écrit la plupart des textes de l’opus et, fait exceptionnel, Patrick Juvet lui permet même d’interpréter une chanson seul sur ce disque : « Couleurs d’automne ».
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Un an plus tard, Patrick Juvet fait la connaissance d’un jeune parolier, Jean-Michel Jarre, avec qui il compose quelques nouveaux succès: « Magic », « Faut pas rêver », « Les bleus au coeur » et « Où sont les femmes » qui est un titre résolument disco.
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Ce dernier genre musical passionne Patrick qui, pour mieux s’en imprégner, part vivre aux Etats-Unis où il rencontre deux producteurs français installés là-bas: Henri Belolo et Jacques Morali. Avec eux, il va enregistrer, en anglais, l’album « I love America » qui, grâce à la popularité du disco, va faire le tour du monde. Patrick Juvet ne retrouvera plus jamais un succès aussi important et planétaire que celui récolté avec cet opus mythique. Au début des années 1980, il réapparaît avec un disque à nouveau enregistré en français. Mais « Rêves immoraux » ne reçoit qu’un accueil mitigé.
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La drogue et l’alcool vont alors régulièrement s’inviter dans la vie du chanteur qui n’est plus présent dans les médias. En 1991, un nouvel album original est disponible dans les bacs sous le titre « Solitudes ». Il y raconte notamment les problèmes de ses addictions et de la lassitude de la solitude.
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Mais le public ne veut pas de ce Juvet-là. Il réclame à corps et à cris de pouvoir retrouver ses meilleurs tubes sur des galettes numériques au son parfait. La maison de disques Universal va alors lui faire plaisir en multipliant la commercialisation de compilations diverses au cours des années 1990. Au coeur de cette époque creuse, Patrick Juvet se produit de discothèque en boîte de nuit où il propose, en une demi-heure, un condensé de ses grands tubes disco sur orchestration en play-back. Et, fait très étonnant, le chanteur suisse se retrouve de cette manière, le 14 juillet 1996, à l’affiche du festival de Dour en Belgique. Le public, pourtant très décalé mais rock, de la manifestation n’apprécie pas son costume pailleté et sa prestation à moitié live: des projectiles tels que des gobelets et, plus grave, des boîtes de tomates pelées, lui sont lancés à la figure. Par sécurité pour sa personne, l’artiste est obligé de s’enfuir après quelques minutes. En 2002, Hélène Ségara choisit d’interpréter une des nouvelles compositions de Patrick Juvet: « Je rêve ». La chanson figure sur l’album « Humaine » sorti en 2003.
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Puis, le chanteur rejoint la tournée des idoles « Age tendre et tête de bois » en 2008 mais aussi en 2009, 2011 et 2014.
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En mai 2012, il inaugure à Chaumont (France) une rue qui porte désormais son nom. Et, en janvier 2018, alors que sa mère est décédée depuis quelques semaines, il quitte temporairement Barcelone, où il vit désormais, pour retrouver ses collègues Sheila, Dave, Nicoletta ou Dick Rivers sur la route de la nouvelle tournée « Age Tendre ». En 2020, les concerts et les projets d’un nouvel album sont interrompus car la pandémie du coronavirus covid-19. Mais l’artiste, qui est retourné vivre dans son appartement en Espagne, nourrit l’espoir d’enregistrer un nouvel album aux Etats-Unis malgré le chagrin causé par la disparition récente de son frère. Le 1er avril 2021, Patrick Juvet est retrouvé mort chez lui à Barcelone. A 70 ans, l’artiste semble être décédé de cause naturelle.
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HUSTIN Jacques

Jacques Hustin en 1978 – Photo (c) Guido Marcon

Le chanteur belge Jacques HUSTIN naît le 15 mars 1940 à Liège. Il suit d’abord des études de dessin et de peinture avant d’être illustrateur, décorateur et compositeur. Ses premières apparitions en public datent de ses quinze ans. Mais, cinq ans plus tard, la voie de Jacques Hustin paraît tracée: il sera artiste peintre. Pourtant, malgré cela, en 1965, c’est bien de chanson dont il est question lorsque l’académicien Marcel Achard lui remet le Premier Prix du Festival de la chanson française à Spa (B). Dans la foulée, il en profite pour enregistrer son premier 33 tours en Belgique puis il s’installe à Paris. Il s’y produit dans des cabarets où les convives écoutent peu les artistes. Il connaît un certain succès discographique avec « On m’a donné quinze ans » et, en 1966, il reçoit le prix de la Société des Auteurs Belges: la SABAM.
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Il multiplie alors les récoltes de prix et récompenses en tous genres: on lui remet l’hermine de bronze au festival de Rennes en 1967 et le premier prix au Golden Stag Festival de Brasov (Roumanie) en 1968 où sont proposés les concerts de Rita Pavone, Gilbert Bécaud, Amália Rodrigues, Bobby Solo ou Cliff Richard. Un an plus tard, Jacques Hustin se voit attribuer le Grand-Prix de l’Académie Charles Cros. En 1974, il est sélectionné pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la Chanson. Il s’y classe 9e avec « Fleur de liberté ».
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A la même époque, la RTB, télévision belge francophone, lui propose de présenter « La guimbarde », une émission où il accueille des amis artistes. Il poursuit son travail d’artiste en enregistrant quelques albums dans la seconde moitié des années 1970 comme, en 1978, « Les petites filles de David Hamilton ».
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En 1981, Jacques Hustin renoue avec un certain succès, surtout radiophonique, grâce, notamment, aux radios belges dites « libres » qui programment beaucoup : « Les coups de soleil ».
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Quelques années plus tard, c’est un maxi 45 tours intitulé « Piano blanc » qui lui permet de maintenir sa popularité mais aussi de proposer à nouveau une série de concerts au Théâtre de l’Esprit Frappeur à Bruxelles en 1986. Mais, en 1988, la fatigue et des soucis respiratoires l’obligent à mettre un terme à ses activités de chanteur. Il se retire dans les Ardennes belges où il décide de se consacrer pleinement à la peinture. Jacques ne sort de son refuge que pour parler brièvement de la sortie d’une compilation de 20 de ses titres en 1999: « En version originale ». Jacques Hustin décède dix ans plus tard, dans sa ville natale de Liège, le 6 avril 2009.
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PLANA Georgette

Georgette Plana en 1978 – Photo (c) Vogue Pascal Carqueville

La chanteuse française Georgette Plana naît le 4 juillet 1917 à Agen dans le Sud-Ouest. C’est à Bordeaux, où ses parents tiennent un restaurant, qu’elle effectue ses premiers pas de danseuse de music-hall avant de rejoindre Paris en 1941. Elle chante à l’Alhambra de Paris avec Bourvil en 1942 puis à l’ABC et l’Européen. Elle enregistre alors bon nombre de chansons avant de se retirer du show business à la fin des années 1940. Elle mène alors une vie de famille tranquille et s’occupe de ses deux enfants. Dans la seconde moitié des années 1950, quelques succès des années 1920 et 1930 sont enregistrés et commercialisés. Mais la passion de la chanson refait vraiment surface pour Georgette Plana lorsqu’elle sort, en 1967, un 33 tours de classiques de la chanson réaliste française. A 50 ans, elle atteint les sommets des ventes de disques en France avec « Riquita ».
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Il s’agit d’une chanson du répertoire francophone écrite et composée par Ernest Dumont et Louis Bénech en 1926. Parmi les autres chansons de cet album de reprises, il y a aussi « La femme aux bijoux », « Le dénicheur », « Du gris » ou « Les nocturnes ». C’est elle qui « déclenche », à l’époque, la mode des anciennes chansons remises au goût du jour. Des groupes comme les Sunlights enregistrent ainsi avec succès « Les roses blanches », les Charlots reprennent, entre autres, « Sur la commode », « Cach’ton piano » ou « Pétronille tu sens la menthe » et Antoine livre une nouvelle version de « Dites-moi ma mère » de Maurice Chevalier. Quelques mois avant mai 1968, les jeunes artistes essaient ainsi de séduire encore parents et grands parents en leur proposant une nouvelle lecture des chansons de leur jeunesse.
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Les qualités vocales de Georgette Plana ne sont pas irréprochables mais elle possède ce grain de gouaille qui convient parfaitement au répertoire qu’elle interprète. Elle connaît ainsi encore le succès avec « La fille du bédouin », « La valse brune » ou encore « E Viva Espana » composée par le Belge Léo Caerts. Sur ses enregistrements, Georgette est parfois accompagnée par le célèbre accordéoniste français Aimable. En 1969, elle enregistre aussi un duo avec Antoine: « Je t’offre un verre » et, cinq ans plus tard, elle fait partie de la tournée française du podium de la radio Europe 1 aux côtés du groupe Martin Circus. Le 10 mars 2013, à l’âge de 95 ans, Georgette Plana décède à L’Isle-Adam, au nord-ouest de Paris. A la fin des années 1980 et dans les années 1990, elle participe régulièrement aux émissions télévisées françaises nostalgiques de Pascal Sevran comme « La chance aux chansons ».
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GAINSBOURG Serge

L’auteur-compositeur-interprète français Serge GAINSBOURG naît le 2 avril 1928 à Paris sous le nom de Lucien Ginsburg. Fils d’immigrants russes juifs, il a pour ambition dès son plus jeune âge de devenir artiste-peintre. Mais le destin l’entraîne vers d’autres disciplines artistiques: la musique, la chanson, le cinéma et la littérature.
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Fin des années 1950, ses chansons intéressent quelques artistes confirmés comme Michèle Arnaud et des débutants comme Hugues Aufray. Ce dernier enregistre d’ailleurs « Le poinçonneur des lilas » qui est l’un de ses premiers succès.
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C’est Michèle Arnaud qui pousse Serge à se produire sur scène à Paris au « Théâtre des trois baudets ». Ses premières chansons comportent des sonorités jazz peu habituelles dans le genre et cela est d’abord remarqué par le milieu artistique plus que par le public. Gainsbourg se fait des amis à Saint-Germain-des-Prés: Boris Vian et Juliette Gréco entre autres. Cette dernière interprète ajoute d’ailleurs un bon nombre de ses chansons à son répertoire.
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Mais les premiers albums personnels de Serge sont des bides commerciaux malgré les perles qu’ils contiennent.
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Devant cette « non reconnaissance » du public et la montée de la vague des « yé-yés », Gainsbourg décide alors de se mettre au service de cette dernière. Il va écrire « La Gadoue » pour Pétula Clark et « Poupée de cire, poupée de son » pour France Gall, titre avec lequel cette dernière chanteuse remporte le concours Eurovision de la Chanson. Ces deux chansons sont des « tubes ».
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Serge semble avoir trouvé sa voie et propose son travail à de nombreuses artistes féminines comme Françoise Hardy ou Anna Karina.
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Il y a aussi Brigitte Bardot dont il tombe amoureux. Mais cette passion torride et réciproque est de courte durée. B.B. en gardera des chansons comme « Harley Davidson » ou « Bonnie and Clyde » en duo.
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En 1968, Serge rencontre une jeune actrice anglaise qui sera sa compagne pendant plus de dix ans: Jane Birkin. Et, comme pour marquer d’une pierre blanche cette rencontre, ils vont enregistrer ensemble un sulfureux duo amoureux: « Je t’aime moi non plus », un succès éternel qui fait connaître le côté provocateur de Gainsbourg. D’autant que l’on découvrira bien plus tard qu’il a aussi enregistré ce duo érotique avec Brigitte Bardot quelques mois auparavant.
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Certes critiqué, l’interprète Gainsbourg va alors enfin vendre des disques: « La décadanse », « Je suis venu te dire que je m’en vais », « L’ami caouète », « Sea sex and sun », etc.
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Fin des années 1970, il enregistre deux albums de reggae en Jamaïque et une version très contestée de « La Marseillaise »: « Aux armes etcaetera ».
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Les années 1980 seront celles de la séparation avec Jane Birkin et de la rencontre avec Bambou. Avec elle, il enregistre « Love on the beat » qui est l’une des chansons qui constituent la période Gainsbarre avec des titres plus rock voire même funky.
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Les ennuis cardiaques de Serge Gainsbourg se multiplient alors. Mais le whisky et les « Gitanes bleues » font partie du personnage Gainsbarre qui a du mal à s’en passer. Le 2 mars 1991, il succombe à Paris d’une ultime crise cardiaque. Il a alors 62 ans.
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Serge Gainsbourg reste le personnage de la chanson française qui a fait chanter le plus d’improbables interprètes féminines souvent issues du milieu du cinéma: Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Mireille Darc ou Michèle Mercier.
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Mais ses chansons ont aussi été interprétées par sa fille Charlotte, Valérie Lagrange, Vanessa Paradis, Bambou, Régine, Alain Chamfort, Jacques Dutronc, Alain Bashung, Julien Clerc et même Claude François.
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En 1974, alors qu’elle est pressentie pour représenter la France au concours Eurovision de la Chanson, Dani reçoit de Gainsbourg « Comme un boomerang » mais cette chanson n’est pas retenue et oubliée. En 2001, Dani la retrouve et l’interprète, avec succès, en duo avec Etienne Daho.

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DESPAX Olivier

Olivier Despax au début des années 1970

Le chanteur et musicien français Olivier DESPAX naît le 28 février 1939 à Neuilly-sur-Seine. Guitariste de talent, il est remarqué par Eddie Barclay qui lui propose de former un groupe: « Les Gamblers ». En septembre 1962, la formation enregistre un disque de madison, la danse à la mode avec le twist.

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Les morceaux n’obtiennent aucun succès et Olivier entre alors dans l’orchestre de Claude François qui est en passe de devenir une vedette. En 1964, il joue aussi avec Frank Alamo. Puis, il s’oriente tout naturellement vers une carrière de chanteur de charme tout en décrochant quelques petits rôles au cinéma. Ses succès en tant que chanteur, de 1963 à 1970, ne seront toutefois pas légion. Olivier Despax est décédé le 10 avril 1974 à Villejuif des suites d’une longue maladie.
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CHATEL Philippe

Philippe Chatel en 1982

L’auteur-compositeur-interprète français Philippe CHATEL naît sous le véritable nom de Philippe de Chateleux le 23 février 1948 à Paris. Fils du réalisateur de télévision François Chatel, il fréquente très vite les plateaux de tournage et se familiarise à l’univers des artistes en étant le garçon de courses d’Henri Salvador. Véritable admirateur de Georges Brassens, il se décide à apprendre la guitare et, adolescent, il commence à composer quelques mélodies. Il réalise ses premiers enregistrement en 1970 et les chansons ont pour titres « Maria« , « Laisse ta main dans ma main« , « Je serai là« , « Je connais un pays« , « L’âme en peine » ou « Le paradis« .
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Philippe Chatel change ensuite de maison de disques et la nouvelle équipe qui l’entoure va le révéler au grand public en 1977 avec « J’t’aime bien Lily ».
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Ce 45 tours se vend bien et est suivi par d’autres succès durant une dizaine d’années: « Myster Hyde », « Ma lycéenne » ou « Tout quitter mais tout emporter ».
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L’oeuvre principale de sa carrière reste néanmoins le conte musical Emilie Jolie qu’il a écrit en 1979 pour sa fille Emilie alors âgée de quatre ans. Plusieurs versions de cette histoire ont été présentées sur scène dans divers pays de la francophonie. Mais c’est le casting des deux versions existantes sur disque qui demeure impressionnant: Georges Brassens, Henri Salvador, Julien Clerc ou Sylvie Vartan, entre autres, dans la première; Johnny Hallyday, Lara Fabian ou Maurane notamment dans la seconde parue en 1997. En 1980, pour la soirée de Noël, le réalisateur français Jean-Christophe Averty s’empare du conte musical pour en faire une grande émission de télévision où figurent tous les artistes présents sur la première version du disque. Julien Clerc y interprète en duo avec Emilie « La chanson d’Emilie Jolie et du grand oiseau« .
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En 1982, l’artiste se lance dans l’écriture et la composition d’un second conte musical qui n’obtiendra pas le même succès : « Tom Tom Tommy ». Puis il compose quelques musiques de films dans les années 1990. En 2006, Philippe Chatel se blesse très gravement dans un accident de quad dont il garde finalement de très légères séquelles. Au point de pouvoir reprendre, en 2015, le chemin des studios pour proposer un nouvel album en janvier 2016. Sur cet opus intitulé judicieusement « Renaissance », on trouve de nouvelles chansons comme « Quelque chose pour toi » et les versions originales de ses grands succès comme J’t’aime bien Lily, Ma lycéenne ou Mister Hyde.
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A cette époque, Philippe Chatel est aussi de retour sur les plateaux de télévision comme sur TV5 Monde dans « L’Invité » de Patrick Simonin.
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Fait Officier des Arts et des Lettres par le président de la république française Emmanuel Macron en 2018, il se porte candidat à l’Académie française au début de l’année 2021. Mais la mort le rattrape avant de réaliser ce souhait. Philippe Chatel décède d’une crise cardiaque à son domicile parisien le 19 février 2021.
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