ROUSSOS Demis

Demis Roussos à Dunkerque le 17 juin 2011 dans le cadre de la tournée « Age tendre et tête de bois » – Photo (c) Passion Chanson

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Le chanteur grec Demis ROUSSOS naît le 15 juin 1946 sous le nom de Artémios Ventouris Roussos à Alexandrie en Egypte. Très jeune, passionné de musique et de chant, il participe au Choeur de l’église orthodoxe grecque d’Alexandrie et apprend le solfège, la guitare et la trompette. En 1961, Artémios et ses parents quittent l’Egypte pour la Grèce. Les temps sont plus durs et il doit travailler pour subvenir aux besoins familiaux. Le soir, après sa journée de boulot, il satisfait sa passion et joue de la trompette dans les clubs d’Athènes. En 1963, il forme son premier groupe, « The Idols », avec des parents et des amis: il y joue de la guitare et de la basse et, un jour, incidemment, il remplace le chanteur. Le public présent lui trouve des qualités vocales peu communes et l’encourage sérieusement à devenir chanteur. Et c’est donc en tant que tel qu’il écume les boîtes de nuit et les clubs de vacances de la Grèce d’alors. Durant l’été 1966, il rencontre le musicien qui va changer sa vie: Vangelis Papathanassiou. Demis Roussos, qui a désormais choisi ce nom d’artiste, quitte « The Idols » et la Grèce avec Vangelis pour tenter l’aventure musicale à Londres. Mais, sans permis de travail, ils sont refoulés en France où il se trouvent coincés à Paris durant les manifestations de mai 1968. Désargentés, ils créent un groupe qui a pour but de clairement rapporter un peu d’argent: les Aphrodite’s Child. Ils obtiennent un contrat de six ans chez Philips et enregistrent immédiatement un titre qui va devenir un « tube » mondial: « Rain and tears ». Mais, au fil du temps, Vangelis désire explorer d’autres horizons musicaux et, malgré quelques succès, le groupe Aphrodite’s Child explose en 1970. Demis Roussos se décide alors à poursuivre sa carrière en solo et, en 1971, il sort son premier disque: « We shall dance » qui se retrouve très vite en tête des hit parade français. Mais ce sera le seul succès du premier album de Demis. Il lui faudra ainsi attendre l’été 1972 pour renouer avec la popularité grâce à la chanson « My reason ». On imagine alors que la carrière internationale de Demis Roussos se déroulera uniquement dans la langue de Shakespeare mais ce ne sera pas le cas. En 1973, en effet, un feuilleton diffusé par la télé française va lui permettre d’enregistrer le générique: « Le peintre des étoiles » est la musique du « Jeune Fabre », de Cécile Aubry, dans lequel tournent Mehdi et Véronique Jannot.
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Néanmoins, l’album qui suit est publié en anglais et se révèle comme le véritable tremplin de Demis vers une carrière internationale avec les hits « Forever and ever », « Goodbye my love goodbye, « My friend the wind », etc. A partir de ce moment, les chansons de Demis en français ne sont plus qu’épisodiques mais elles sont aussi de grands succès.
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Il y aura surtout « Mourir auprès de mon amour » en 1977, « Ainsi soit-il » en 1977, « Loin des yeux loin du coeur » en 1978, « Longtemps je t’aimerai » en 1979, « Si j’étais roi de la terre » en 1981 et, aussi, « Quand je t’aime » en 1987 ou « On écrit sur les murs » en 1989.
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Entretemps, Demis a aussi repris le célèbre « Je t’appartiens » de Gilbert Bécaud en anglais: « Let it be me ». D’après les spécialistes de ce genre de calcul, le chanteur grec aurait vendu près de 60 millions d’albums dans le monde tout au long de sa carrière. Demis Roussos meurt à Athènes le 25 janvier 2015. La même année, un groupe de six très jeunes chanteurs français, les Kids United, reprennent la chanson « On écrit sur les murs » avec un grand succès.
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ANDREX

ANDREX en 1959

Le chanteur français André Jaubert, dit ANDREX, naît à Marseille le 23 janvier 1907. Très jeune, il rencontre Fernandel à l’école et les deux garçons se lient d’amitié. Lorsqu’il débute comme chanteur à l’Alcazar de Marseille, il est épaulé par Maurice Chevalier. Il monte ensuite à Paris et se produit au Concert Mayol. Puis, il se consacre au théâtre et à l’opérette. En 1932, Henri Varna l’embauche au Casino de Paris. C’est le début d’une longue série de concerts dans les music-halls parisiens: l’ABC, Bobino et le Théâtre de l’Empire. A partir de 1931, c’est le cinéma qui l’attire. Il tourne toute une série de films dont 29 aux côtés de Fernandel. Parallèlement à sa carrière d’acteur, Andrex continue à mener une carrière de chanteur avec des succès qui ont pour titres « Comme de bien entendu », « La Samba brésilienne », « Prête-moi ton tonneau », « Bébert » ou « Y’a des zazous » que Brigitte Fontaine enregistre en duo avec M en 2001.
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En 1971, son épouse, l’actrice Ginette Baudin décède. A partir de ce moment, Andrex se fait plus rare malgré une ou l’autre apparition dans des émissions de Guy Lux. L’artiste décède d’une attaque cardiaque à Paris le 10 juillet 1989.
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GIRAUD Hubert

Hubert Giraud dans les années 2000

Le parolier et compositeur français Hubert GIRAUD naît le 28 février 1920 à Marseille. Le décès inopiné de son père alors qu’il a à peine cinq ans le traumatise et le rend asthmatique. Pour surmonter cet handicap, un médecin lui conseille une thérapie qui passe par la gestion de la respiration et la pratique de l’harmonica. Il développe rapidement des aptitudes pour la musique et devient l’harmoniciste du Quintette du Hot Club de France où il joue aux côtés du guitariste Django Reinhardt à la fin des années 1930. Il se fait de plus en plus connaître dans le milieu musical français et, en 1941, Ray Ventura l’engage dans son orchestre mais il lui demande de jouer d’un second instrument. Hubert choisit alors d’apprendre la guitare et part en tournée pour quelques années avec la formation en Amérique du Sud. Après la seconde guerre mondiale, Hubert Giraud est de retour à Paris où c’est Jacques Hélian qui l’engage à son tour dans son orchestre. Véritablement charmé par la musique sud-américaine qu’il a côtoyé, il décide ensuite de se faire plaisir en créant un trio qui va, notamment, emprunter ce répertoire. Avec Annie Rouvre et Roger Lucchesi, il fait ainsi partie du Trio Do-Ré-Mi dans les années 1950.
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Mais se produire en public et affronter les feux de la rampe ne sont pas les exercices favoris de notre homme qui, par contre, préfère de loin composer des mélodies. En 1950, avec un texte de Roger Lucchesi, il propose une mélodie à la chanteuse Yvette Giraud qui n’a aucun lien de parenté avec lui et qui enregistre la chanson intitulée « Aimer comme je t’aime ».
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La même année, Hubert Giraud rencontre l’auteur Jean Dréjac avec qui il décide de s’associer pour l’écriture de chansons. Et leur première oeuvre commune a pour titre « Sous le ciel de Paris » et est interprétée par Jean Bretonnière dans le film du même titre réalisé par Julien Duvivier en 1951.
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La chanson est ensuite enregistrée et popularisée par Anny Gould, Les Compagnons de la Chanson, Jacqueline François, Juliette Gréco, Yves Montand, Jean Sablon et Édith Piaf. Hubert Giraud est désormais courtisé par les meilleurs interprètes de la chanson française. Parmi les plus connus, il y a Fernandel (« La Bouillabaisse » en 1950), Yves Montand (« Les grognards » en 1954), Edith Piaf (Mea Culpa » en 1954), Lucienne Delyle (« Les amants de Ménilmontant » en 1955), Gloria Lasso (« Dolorès » en 1955), Jacqueline François (« La jeunesse » en 1956), Philippe Clay (« Un fil sous les pattes » en 1956, « Le corsaire » en 1957), Dalida (« Buenas noches mi amor » en 1957, « Les gitans » en 1958), Luis Mariano (« Que l’amour me pardonne » en 1957), John William (« Tabac » en 1957), André Claveau (« Dors mon amour » en 1958), François Deguelt (« Je te tendrai les bras » en 1959, « Ce soir-là » en 1960), Sacha Distel (« Oui oui oui oui » en 1959), Les Compagnons de la chanson (« L’Arlequin de Tolède » en 1960), Charles Aznavour (« A propos des pommiers » en 1961), Colette Deréal (« Allons allons les enfants » en 1961), Simone Langlois (« Les criquets » en 1961), Nana Mouskouri (« Toi que j’inventais » en 1961, « Retour à Napoli » en 1962, « L’enfant et la gazelle » en 1968), Bourvil (« La tendresse » en 1963), Claude François (« Pauvre petite fille riche » en 1963), Claude Nougaro (« Regarde-moi » en 1964), Nicoletta (« Il est mort le soleil » en 1967), Noëlle Cordier (« Il doit faire beau là-bas » en 1967), Mireille Mathieu (« Cent fois ma vie » en 1967), France Gall (« Y’a du soleil à vendre » en 1968, « Les gens bien élevés » en 1969), Marcel Amont (« La demande en mariage » en 1970), Nicole Croisille (« Parlez-moi de lui » en 1975, « C’est comme un arc-en-ciel » en 1976) ou encore Anne-Marie David (« Je suis l’enfant soleil » en 1979).
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En 1982, avec un texte d’Eddy Marnay, il compose la chanson « Tellement j’ai d’amour pour toi » qui se trouve sur le premier album d’une jeune interprète québécoise qui s’appelle Céline Dion. Le titre gagne le Grand Prix de la chanson au Yamaha Music Festival de Tokyo au Japon.
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Mais l’oeuvre magistrale de la carrière d’Hubert Giraud reste sans conteste « Mamy Blue » pour laquelle il compose la musique et écrit le texte anglais initialement interprétés par le chanteur français Joël Daydé en 1971. Alors que la chanson connaît une gloire internationale dans de multiples versions, Nicoletta l’enregistre en français avec un texte signé par Pierre Delanoë et en fait l’un des piliers de son répertoire gospel.
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Hubert Giraud meurt le 16 janvier 2016 à Montreux, en Suisse, où il réside depuis quelques années.
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BALAVOINE Daniel

Daniel Balavoine en 1983

Le chanteur français Daniel BALAVOINE naît à Alençon le 5 février 1952. Entouré de ses parents ainsi que de ses deux soeurs et trois frères, Daniel passe son enfance dans le Sud-Ouest de la France. Son père, ingénieur, est muté en Algérie et Daniel se retrouve en pension au moment où ses parents se séparent. Lycéen à Pau, il est très concerné par les événements de mai 1968. Mais la politique le décevant, il se tourne vers la musique en se consacrant au rock. En 1971, il décide de partir à Paris pour y présenter le travail musical réalisé avec quelques potes. Cela ne convainc pas mais, par contre, il est retenu pour remplacer le chanteur du groupe « Présence ». Il enregistre un premier 45 tours en solo qui est loin d’être un succès et il quitte « Présence » en 1972.
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Les expériences musicales se multiplient: participation à l’opéra-rock « La révolution française » et, en tant que choriste, à la tournée de Patrick Juvet en 1974. Chanteur pour lequel il écrit aussi quelques chansons. Le producteur Léo Missir remarque sa voix particulière et accepte de lui signer un contrat pour trois albums. Le premier de ces albums sort en 1975 dans l’indifférence générale même si le titre « Evelyne et moi » lui permet de bénéficier de quelques timides apparitions à la télévision française.
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En 1976, il assure les choeurs de la chanson « 1,2,3 » pour Catherine Ferry qui est alors sa compagne et qui représente la France au concours Eurovision de la Chanson. Il se trouve à l’extrême gauche des quatre choristes.
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Quelques mois plus tard, Daniel Balavoine sort son deuxième album qui a pour titre « Les Aventures de Simon et Gunther » et l’une des chansons, « Lady Marlène », passe bien à la radio.
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Michel Berger est étonné par cette voix haut perchée et lui propose le rôle de Johnny Rockfort dans l’opéra-rock « Starmania » qu’il vient de composer avec des textes de Luc Plamondon en 1978. Son interprétation du « SOS d’un terrien en détresse » reste gravée dans bien des mémoires.
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Au même moment, Daniel Balavoine enregistre son troisième opus qui sera celui de la découverte: « Le chanteur ».
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La suite, vous la connaissez sûrement: pendant les sept années qui vont suivre, Daniel va enchaîner tube sur tube en sortant les six albums de sa trop courte carrière. Citons « Lucie », « Me laisse pas m’en aller », « Tu me plais beaucoup », « Mon fils ma bataille », « Je ne suis pas un héros », « La vie ne m’apprend rien », « Vivre ou survivre », « Vendeur de larmes », « Pour la femme veuve qui s’éveille », « Dieu que c’est beau », « L’Aziza », « Tous les cris les SOS » et « Sauver l’amour ».
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Balavoine est « le » chanteur électro-pop-rock français des années 1980. Mais il est aussi l’homme des coups de gueule et le porte-parole de la jeunesse française face au futur président français François Mitterrand en pleine campagne électorale en 1980.
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Et il est, enfin, un homme au grand coeur qui ne peut mener à son terme le projet humanitaire pour lequel il part en Afrique en marge du rallye « Paris-Dakar ». Le 14 janvier 1986 en effet, Daniel Balavoine meurt au cours d’un accident d’hélicoptère dans le désert au Mali.
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DEMARNY Jacques

Jacques Demarny

L’auteur et parolier français Jacques DEMARNY naît le 21 décembre 1925 dans le 13e arrondissement de Paris sous le nom de Jacques Lemaître. Ses parents vivent alors à Alger où son enfance se déroule sans souci. A quinze ans, il rejoint la France où c’est la guerre et, en 1942, il est volontaire pour participer à un réseau dans la résistance à l’ennemi nazi. Deux après la fin du conflit mondial, Jacques se lance avec son frère, Jean, dans un numéro de duettistes chanteurs et se produisent sur quelques grandes scènes parisiennes, notamment en première partie de Georges Brassens. Par la suite, il s’oriente vers l’animation et la présentation. Il anime ainsi des émissions sur la radio périphérique française Europe 1 et porte le costume de Monsieur Loyal au cirque Médrano. Mais, depuis toujours, Jacques est attiré par la poésie et écrit de petits textes qui deviendraient facilement des paroles de chansons. Alors, en 1949, il décide de devenir auteur et s’inscrit en tant que tel à la SACEM, Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique français.  Il lui faudra cependant dix ans avant d’écrire des chansons pour Annie Cordy (« Allez hop », « 1960 »), Danielle Darrieux (« Prendre le temps de s’aimer davantage ») ou Miguel Amador.
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Un soir de janvier 1963, Jacques va applaudir Enrico Macias qui se produit sur la scène parisienne de Bobino. Au terme du concert, il demande à rencontrer le chanteur pour lui soumettre le texte d’une éventuelle chanson. Macias est séduit par le thème et compose de suite une mélodie qui va faire le tour du monde : « Enfants de tous pays ».
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Il s’agit là de la première concrétisation d’une collaboration qui va durer des dizaines d’années et qui va se compléter avec le travail du chef d’orchestre et arrangeur Jean Claudric. Plus de 500 chansons vont émaner de ce travail collectif dont les plus connues ont pour titres « Les gens du Nord », « Les millionaires du dimanche », « J’ai quitté mon pays », « Mon coeur d’attache » (pour lequel ils reçoivent le Prix Vincent Scotto en 1965), « Paris, tu m’as pris dans tes bras », « Dès que je me réveille », « Noël à Jérusalem », « Malheur à celui qui blesse un enfant » ou « Un berger vient de tomber ».
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La popularité de ses textes chantés par Enrico Macias va permettre à Jacques Demarny d’écrire pour la nouvelle génération des artistes français qui débarquent dans les années 1970. Il écrit ainsi la chanson « Un jardin sur la terre » qui permet à Serge Lama de représenter la France au concours Eurovision en 1971.
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Deux ans plus tard, Gérard Lenorman enregistre « Mourir au champ d’amour » puis « Je voudrais devenir berger ». En 1974, il est l’auteur de quelques chansons pour Gilles Olivier et, à partir de 1975, il écrit quelques succès pour Daniel Guichard : « La découverte », « Je t’aime tu vois » ou encore « Ne parle pas » (1976).
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Parmi les autres artistes « servis » par des textes de Jacques Demarny, il y a encore Dalida, Rika Zaraï, Pierre Groscolas et Bibie. Pour cette dernière chanteuse, il est le parolier de « J’veux pas l’savoir » qui lui permet de décrocher le Prix Rolf Marbot en 1987. En 1982, après vingt ans de complicité dans l’écriture et la composition avec Enrico Macias, Jacques Demarny rend hommage au chanteur en publiant le livre de souvenirs « Non je n’ai pas oublié ». Grand défenseur de la cause des auteurs, il a été administrateur de la SACEM pendant 30 ans et son président pendant cinq années. Cette carrière exceptionnelle est honorée par ses pairs en 2007 qui lui décernent le Grand Prix de la Chanson Française. Jacques Demarny décède le 12 janvier 2011 à Paris à l’âge de 85 ans.
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RAISNER Albert

Albert Raisner dans les années 1970

L’harmoniciste, compositeur, animateur et producteur de radio et de télévision français Albert RAISNER naît le 30 septembre 1922 à Apolda (Allemagne) sous l’identité d’Albert Rufenach. Avec un père représentant de commerce français et une mère allemande, Albert arrive à Paris à l’âge de trois ans. Sa famille, il a deux frères, est plutôt modeste et habite dans le 18e arrondissement de Paris. Très tôt, le petit Albert est initié à la musique par son père qui est passionné de violon, piano, trompette, guitare et clarinette. Et, pourtant, il choisit un autre instrument pour en devenir un virtuose : l’harmonica. Albert Rufenach entame sa scolarité au lycée Colbert de Paris et la poursuit ensuite à l’Ecole normale d’Auteuil avant de la terminer à l’université de la Sorbonne qu’il quitte avec un doctorat en linguistique en poche. Pré-adolescent chez les scouts, il se sert de son harmonica lors des veillées organisées autour d’un feu de camp. Et, en passionné, il rencontre Charles Rodriguez, guitariste, violoniste tzigane, homme-orchestre et pionnier de l’harmonica en France. Jusqu’en 1939, il se fait connaître dans le milieu du spectacle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il connaît le rationnement et les bombardements. Il s’engage aussi dans la Résistance à Beaulieu-sur-Dordogne. En 1943, il modifie son nom et crée le premier Trio Raisner qui dure jusqu’en 1945. Ensuite, Albert forme, avec Sirio Rossi et Adrien Belin, le second Trio qui se produit à la fois sur scène et à la radio. A la Libération, le succès du groupe s’amplifie quand il lui est demandé de jouer pour les forces armées américaines basées en Allemagne aux côtés d’artistes comme Frank Sinatra, Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Duke Ellington ou encore Elvis Presley. Avec un mélange de chants, de danses, de sketches et d’harmonica, le trio acquiert aussi une grande popularité en France où il effectue de nombreuses tournées mais aussi en Allemagne, en Italie, en Angleterre et en Israël. Albert Raisner joue bien sûr de l’harmonica mais il compose aussi des morceaux qui sont diffusés sur différentes radios françaises. Et le trio reçoit le Grand-Prix du Disque en 1952 pour « Le canari ».
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Alors que les Etats-Unis découvrent le rock’n’roll avec Bill Haley en 1955, son fameux « Rock around the clock » enregistré l’année suivante par le Trio Raisner est probablement le premier disque de ce nouveau genre musical qui sort en France. A la fin des années 1950, le trio se sépare et Albert Raisner poursuit sa carrière en solo. Il se retrouve même à l’affiche de l’Olympia où il assure la première partie du rocker américain Chuck Berry. Parallèlement à cette carrière musicale, Albert se tourne vers la radio et la télévision naissante où il se fait engager comme animateur. A la radio, il est l’un des premiers présentateurs du « Jeu des 1.000 francs » bien avant Lucien Jeunesse. Puis, à partir de 1961, il est l’animateur créateur du programme télévisé « Age tendre et tête de bois » qui s’adresse, à la manière des revues et des émissions de radio « Salut les Copains », avant tout aux jeunes assoiffés de musiques nouvelles et rythmées. Le nom du programme est le titre d’une chanson de Gilbert Bécaud. Chaque soirée se déroule dans des lieux privilégiés des jeunes Parisiens comme le Golf Drouot, le Moulin de la Galette ou la cité universitaire. La programmation musicale tourne autour du rock’n’roll, du twist et du style « yé-yés » dignement représenté par des artistes débutants comme Sheila, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell, Dalida, Adamo, Michèle Torr, Richard Anthony ou Claude François entre autres. Mais les artistes anglo-saxons sont aussi bien présents avec les Beatles, les Beach Boys, Stevie Wonder (Little Stevie à l’époque) ou encore Ray Charles.
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Même si son titre évolue vers « Tête de bois et tendres années » en 1965, l’émission se poursuit jusqu’en 1968, après les événements et les grandes manifestations de mai. Peut-être parce que, à ce moment, la jeunesse française se tourne vers d’autres artistes et d’autres mouvements comme les hippies.
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Simultanément à la présentation de ces émissions-là, l’homme met sur pied d’autres programmes comme « Rendez-vous sur le Rhin » (avec la télévision allemande en 1966), « Europarty » (avec six autres chaînes de télé européennes) et deux directs exceptionnels de Moscou diffusés en même temps en Russie et en France.
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L’expérience « Tête de bois » ayant pris fin, Albert Raisner anime l’émission « Samedi et Compagnie » en 1968 puis « Samedi pour vous » à partir de 1970. La même année, il est à la barre d’une nouvelle émission de rencontres musicales, « Point Chaud » où il reçoit des artistes francophones et internationaux jusqu’en 1979.
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A ce moment il enchaîne avec un autre format musical télévisé baptisé « Tremplin 80 » jusqu’en 1983. Albert Raisner fait alors une pause et revient à la télé en 1990 avec « Ages tendres » sur la chaîne publique française Antenne 2. Il y est question d’un parallèle musical entre les années 1960 et 1990.
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Il reste encore très actif dans les années 1990 en animant des émissions sur Radio Montmartre et à Europe 1. Et les années 2000 seront plus calmes pour celui qui verra son concept « Age tendre et tête de bois » se décliner sur scène avec les spectacles nostalgiques des années 1960-1970 proposés au départ par le producteur Michel Algay. Albert Raisner meurt, à l’âge de 88 ans, le 1er janvier 2011, des suites d’une pneumopathie à l’hôpital Ambroise Paré de Boulogne-Billancourt.
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CHEVALIER Maurice

Maurice Chevalier – Photo (c) Piaz

Le chanteur et acteur français Maurice CHEVALIER naît à Paris le 12 septembre 1888. Il est élevé dans la plus pure tradition du titi parisien. Et, digne héritier de Gavroche, le jeune et charmant Maurice ne songe qu’à séduire la gent féminine qui, en retour, l’apprécie bien. Au début du 20e siècle, il commence timidement à pousser la chansonnette dans la rue avant d’en faire son activité principale dans les cafés concerts du quartier parisien de Ménilmontant. Il vit alors une passion amoureuse avec la chanteuse Fréhel avant de la quitter, en 1909, pour Mistinguett avec qui il reste dix ans. En 1914, au début de la « grande guerre », Maurice Chevalier est envoyé au front où il est blessé et capturé par les Allemands. Mistinguett se porte volontaire pour devenir espionne mais aussi pour essayer de libérer Maurice. Elle y parvient en 1916. Le succès populaire important de Chevalier est dû, bien sûr, à sa frimousse souriante mais aussi à son délicieux accent faubourien qu’il fait roucouler aussi bien en français que, plus tard, en anglais. Il enregistre, dans les années 1920, toute une série de chansons qui vont faire le bonheur des détenteurs de phonographes: « Valentine » ou « Dans la vie faut pas s’en faire » par exemple.
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Remarqué par un producteur de cinéma américain, Chevalier quitte la France pour Los Angeles et Hollywood en 1927. Il s’y installe et y tourne de nombreux films jusqu’en 1935. Mais, au fil du temps, son étoile américaine pâlit et cela l’oblige à revenir en France où il a gardé une grande popularité. Il crée alors de nouveaux succès comme « Ma pomme », « Prosper » ou « Y’a d’la joie » qu’un jeune auteur du nom de Charles Trenet écrit pour lui.
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En 1939, alors que la seconde guerre mondiale est déclarée, il chante pour les soldats français présents sur le front. Il va même jusqu’à enregistrer la chanson « Ca fait d’excellents Français » qui glorifie le comportement de ses compatriotes tous unis contre l’ennemi.
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Il revient ensuite à Paris et se produit dans les théâtres pour divertir les citadins de la capitale française occupée. En 1941, il enregistre « La marche de Ménilmontant » qui évoque le quartier de son enfance.
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Puis il anime des émissions de divertissement sur Radio Paris. Jusqu’en 1942, Maurice Chevalier travaille sans cesse sur les scènes parisiennes. Puis, il disparaît mystérieusement avant de revenir à Paris à la Libération. Il est alors un moment accusé d’avoir collaboré avec l’occupant nazi et menacé d’être fusillé. Mais en fait, il explique que, à partir de 1942, il s’est attaché à protéger la famille juive d’origine roumaine de sa compagne Nita Raya en vivant d’abord à Cannes avant de se réfugier chez des amis dont un résistant. Complètement blanchi par le Comité national français d’épuration des professions d’artistes dramatiques et lyriques en 1945, il enregistre immédiatement la chanson « Fleur de Paris » qui devient l’un des hymnes de la libération.
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Son nouveau départ est couronné de succès tant dans la musique qu’au cinéma où il tourne en France et, de nouveau, aux Etats-Unis. En 1956, il se produit sur la scène de l’Alhambra à Paris et il accueille, en première partie, l’orchestre d’un jeune musicien qui a pour nom Michel Legrand. Dans les années 1960, il réenregistre tous ses grands succès avec de nouvelles orchestrations et des moyens techniques plus sophistiqués. Le son est meilleur mais la voix de Chevalier n’est plus celle d’il y a 40 ans.
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Qu’à cela ne tienne, il renoue avec le succès auprès des jeunes en partageant « Le twist du canotier » avec les Chaussettes Noires et Eddy Mitchell en 1962. Ce titre l’amène à se produire à la télévision italienne où, comme vous le voyez ci-dessous sur cette vidéo de 1962, il est seul en studio et chante sur le play-back enregistré par les Chaussettes Noires.
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Deux ans plus tard, il enregistre un duo, « L’Italiano, la leçon d’italien » avec la jeune chanteuse italienne qui vient de remporter le concours Eurovision de la chanson: Gigliola Cinquetti.
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En 1966, il parraine une toute jeune artiste qui est révélée par la télévision et « Le jeu de la chance » de Télé-Dimanche avec Raymond Marcillac: Mireille Mathieu.
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En 1967, à presque 80 ans, Maurice Chevalier fait ses adieux sur scène avec ses accessoires désormais traditionnels: la canne et le canotier. Il entame alors une tournée internationale qui l’emmène dans une vingtaine de pays dont les Etats-Unis, l’Angleterre et le Canada. Son tout dernier spectacle a lieu à Paris, au théâtre des Champs-Elysées le 20 octobre 1968.
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Quelques mois après, il lui est demandé d’interpréter la chanson du dessin animé « Les Aristochats » de Walt Disney. Momo accepte et enregistre le morceau en anglais et en français : « Les Aristocats ».
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Le 13 décembre 1971, il est hospitalisé à l’hôpital Necker de Paris pour un problème rénal qui va se compliquer. Il décède le 1er janvier 1972 à 17 heures. Les funérailles de Maurice Chevalier ont lieu le 5 janvier 1972 à Marne-la-Coquette où il est inhumé auprès de sa mère. Parmi les célébrités présentes à la cérémonie, comme on le voit dans la vidéo américaine ci-dessous, il y a la princesse Grâce de Monaco.
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ZARAÏ Rika

En 1985

La chanteuse israélienne Rika ZARAÏ naît sous le nom de Rika Gozman le 19 février 1938 à Jérusalem, ville alors sous occupation britannique. Le père de Rika est russe et sa mère polonaise. Elle a dix ans lorsque l’état d’Israël est créé. Elle s’inscrit au conservatoire de musique de Jérusalem pour y étudier le piano et, à 17 ans, elle obtient son certificat d’études. Elle effectue alors son service militaire obligatoire pendant 18 mois et elle en profite pour exploiter ses connaissances musicales: elle produit une comédie musicale qui obtient un grand succès auprès des soldats israéliens avant d’être proposée au public du Grand Théâtre d’Israël. Son but est alors de devenir chanteuse et, après ses obligations militaires, c’est comme jeune maman qu’elle débarque à Paris pour accomplir son rêve. Elle se présente pour une audition devant Bruno Coquatrix, le directeur de l’Olympia, qui refuse de l’engager car elle ne connaît pas un mot de français. Qu’à cela ne tienne, la jeune Rika s’entête et fait le tour des cabarets parisiens afin de se constituer un répertoire et d’apprendre la langue de Molière. Au cours de ces soirées, elle rencontre Eddie Barclay qui apprécie beaucoup les chanteuses à accent et qui décide de lui donner sa chance en lui permettant d’enregistrer des chansons dès 1959: « A dos de chameau » ou « Prière au désert ».
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Un an plus tard, elle reprend des succès comme « Exodus », « Hava Naguila » ou « Kalinka ». Puis, elle interprète d’autres mélodies connues comme « Roméo » (1961), « Bei mir bist du schön » (1962), ou « Elle était si jolie » (1963).
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En 1964, elle va connaître son premier succès personnel avec la chanson « Michaël ».
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Et c’est alors le début d’une longue carrière francophone dont les principaux succès ont pour titres « Quand je faisais mon service militaire » (1965), « Prague » (1966), « Le temps des fleurs » (1968), « 21, rue des amours » (1969), « Alors je chante » (1969) et « Casatchok » (1969).
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Le 9 novembre 1969, Rika Zaraï est hospitalisée à la suite d’un accident de voiture qui va l’immobiliser pendant près de trois ans. Malgré cette épreuve, la chanteuse continue à enregistrer des chansons qui connaissent une belle popularité: « Balapapa » (1970), « Tante Agathe » (1970), « Les jolies cartes postales » (1971), « Les beaux jours » (1972), « C’est ça la France » (1973), « Le train électrique (Ding a dong) » (1975), « Sans chemise sans pantalon » (1976), « Aba-nibi » (1978), « Alleluia » (1979) et « Sans rancune et sans regret » (1985).
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Dans les années 1980, elle se révèle une fervente pratiquante de la médecine par les plantes et publie quelques livres sur le sujet. Alors qu’elle fait partie des artistes participant aux premières tournées des spectacles « Age tendre et tête de bois », Rika Zaraï fête ses 50 ans de carrière en 2008. Elle enregistre un nouvel album à cette occasion mais, le 3 juin 2008, elle est victime d’un accident vasculaire cérébral qui interrompt brutalement ses projets. Souffrant d’hémiplégie, elle entame alors une longue rééducation qui l’oblige depuis à rester chez elle, à Paris, éloignée des feux de l’actualité musicale. A 75 ans, le 3 octobre 2013, elle apparaît au journal de 13 heures de la télé privée française TF1 à l’occasion de la sortie d’une anthologie évoquant sa carrière de 1960 à 1982 publiée chez Marianne Mélodie (cliquez ICI pour en savoir plus). Pour le plus grand bonheur des spectateurs debout dans la salle, la chanteuse se produit sur la scène des Folies Bergère à Paris en février 2020. Connaissant quelques problèmes de mobilité, c’est assise sur une chaise que Rika Zaraï interprète alors l’un de ses grands succès, “Prague”, dans le cadre de la “Nuit de la Déprime”. Cela restera sa dernière apparition publique puisque le 23 décembre 2020, elle décède à Paris.

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CLAY Philippe

Philippe Clay en 1976

Le chanteur et acteur français Philippe CLAY naît le 7 mars 1927 à Paris. Il vit dans le maquis pendant la seconde guerre mondiale sous sa vraie identité de Philippe Mathevet. Puis il entre au Conservatoire national d’art dramatique. Il y apprend à placer sa voix et travaille l’art du mime. En 1947, grâce à des amis l’ayant inscrit à son insu, Philippe Clay gagne un concours de chanteur amateur. Il part pour l’Afrique avec, dans ses bagages, des chansons de Charles Aznavour, artiste alors peu connu. Un an plus tard, il rentre à Paris et se produit aux Théâtre des Trois Baudets. Il fréquente également Saint-Germain-des-Prés et devient proche de Jacques Prévert, Boris Vian et Serge Gainsbourg.
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De 1957 à 1962, alors que sa carrière s’installe, il passe quatre fois en vedette à l’Olympia de Paris. Ses succès ont pour titres: « Les voyous », « Festival d’Aubervilliers », « Le danseur de charleston » ou « Le noyé assassiné ». Cette dernière chanson, signée par Charles Aznavour et Florence Véran, fait d’ailleurs l’objet d’une séquence du film tourné en 1958 par Richard Quine : « L’adorable voisine » avec James Stewart et Kim Novak notamment.
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En tant qu’acteur, il tourne quelques films: « French Cancan » de Jean Renoir et « Notre-Dame de Paris » de Jean Delannoy. Après des années de silence, il revient à la chanson en 1971 et connaît de nouveaux succès avec « Mes universités » et « La quarantaine ».
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Ces deux chansons vont à contre-courant du mouvement initié par les jeunes Français en mai 1968. La chanson « La complainte des Apaches » de Claude Bolling, interprétée par Philippe Clay pour la série télé « Les Brigades du Tigre », est aussi un succès au début des années 1970.
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Alors que l’on a tendance à l’oublier, cet artiste complet, interprète, mime et comédien, a fait partie de ceux qui, comme Serge Reggiani ou Yves Montand, ont marqué la chanson francophone du 20e siècle.
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Le 13 décembre 2007, Philippe Clay décède à Issy-les-Moulineaux d’une crise cardiaque à l’âge de 80 ans.
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FOULQUIER Jean-Louis

Pochette de l’album de 1993

L’homme de radio, animateur, producteur, chanteur, auteur et comédien français Jean-Louis FOULQUIER naît le 24 juin 1943 à La Rochelle. Il y passe son enfance et son adolescence sans trop se faire remarquer. Sportif, Jean-Louis est, dès l’adolescence, intéressé par le rugby qu’il pratique au Stade Rochelais. Il se passionne cependant pour la chanson et c’est ce qui le motive à partir pour Paris à 19 ans. Il y présente son petit répertoire dans des cabarets comme « L’Echelle de Jacob » ou la « Villa d’Este ». Cela lui permet de faire la rencontre d’artistes confirmés comme Jean-Roger Caussimon ou Mouloudji. Pour vivre correctement, il cherche à effectuer des petits boulots. Et c’est comme ça qu’en 1965, il est engagé comme standardiste à France Inter. Il a alors mis le pied à l’étrier et il va sympathiser avec quelques animateurs avant de collaborer à leurs émissions. Petit à petit, il se fait un nom et devient l’un des spécialistes de la chanson française sur la station où il anime et produit « Studio de Nuit » en 1975, un programme où il accueille des artistes qui sortent de leur concert, de leur spectacle, de leur pièce de théâtre. Toujours en public et en direct, Jean-Louis Foulquier présente ensuite « Saltimbanques » (1977), « Bain de minuit » (1978), « Y’a d’la chanson dans l’air » (1979), « C’est la nuit » (1983), Les Copains d’abord » (1983) et « Pollen » (1984). Cette dernière émission se déroule dans divers endroits de Paris comme « Le Square », restaurant proche de l’Olympia, le Théâtre du Sentier des Halles, le Café de la Plage, le Palace, le Bar du Potager, le Passage du Nord Ouest ou le Divan du Monde. Dans les années 1980 et 1990, il va tâter de la télévision pour présenter aussi des émissions consacrées à la chanson dont on retiendra « Découvertes TF1 », sur la première chaîne de télé française privée, et « Captain Café » sur France 3 en 1996. C’est encore son inassouvible besoin de découvrir et d’aider les jeunes artistes francophones qui le pousse à créer un festival pour les mettre en valeur. Et, en juillet 1985, il lance ainsi les Francofolies de La Rochelle et en restera le directeur artistique jusqu’en décembre 2004.
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Entretemps, dès le début des années 1970, Jean-Louis Foulquier reprend la chanson. Il représente la France au Festival international de la chanson française de Spa (B) en 1971 avec la chanson « Nous allons faire naître une vie ». Puis, sa voix grave est aussi captée sur quelques microsillons dont les chansons ont pour titre « La belle affaire » (thème chanté du film du même nom réalisé par Jacques Besnard en 1972), « Je mène mauvaise vie » (de Jean-Paul Cara en 1972), « Je sens la fièvre monter en moi » (de Pascal Auriat en 1972), « C’est la vie qui va » (1973) et « Et dans l’air flottait ton parfum » (1977).
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En 1981, alors qu’il a, jusque là, signé tous les textes de ses chansons, Jean-Louis Foulquier laisse ce soin à David McNeil pour évoquer sa ville natale de La Rochelle. L’homme délaisse alors la musique et la chanson pendant quelques années pour y revenir en 1993 avec un album dont le titre phare, « Tout c’qu’est dégueulasse porte un joli nom », est composé par Romain Didier sur un texte d’Allain Leprest.
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Au même moment, il conseille les organisateurs des premières Francofolies de Spa après avoir aidé quelques Québécois à mettre sur pied les Francofolies de Montréal en 1989. En 1991, il est à la base des 1ères Francofolies de Blagoevgrad en Bulgarie et il poursuit cette aventure avec des événements similaires mis sur pied à Buenos Aires (1995), Santiago du Chili (1995) et Berlin (1996). Dans les années 1990 et 2000, il se tourne aussi vers le cinéma et les séries télévisées où il effectue quelques apparitions très remarquées. Des problèmes de santé et deux infarctus l’obligent alors à restreindre quelque peu ses activités. Le 29 août 2008, il est remercié par la direction de la radio France Inter après plus de quarante ans de services. Il joue alors au théâtre et adapte « La première gorgée de bière » de Philippe Delerm en 2009. Les années 2010 seront celles de la révélation du mal implacable qui le ronge et contre lequel il va se battre avec fougue. Mais le cancer le terrasse finalement le 10 décembre 2013 à La Rochelle.
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FERNANDEL Franck

Franck Fernandel dans les années 1970

L’acteur, chanteur, auteur-compositeur, écrivain, animateur de radio et producteur français Franck FERNANDEL naît le 10 décembre 1935 à Marseille. Cadet des enfants de l’acteur Fernandel, il suit également une carrière artistique qui commence au cinéma dans «En avant la musique» réalisé par Giorgio Bianchi en 1962. Mais c’est surtout dans la chanson qu’il va se distinguer. En tant que chanteur, c’est encore par un film qu’il se fait remarquer : « Cherchez l’idole » de Michel Boisrond en 1964. Il connaît ensuite un certain succès comme crooner avec des chansons comme «Fanny» (1964), «Comme on change» (1965) ou «Les Yeux d’un ange» (1965).
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En 1971, il devient animateur de radio sur Europe 1. En 1973, il fonde avec le producteur Gérard Tempesti une société de production : Franck Records. Alors qu’il continue à enregistrer des disques, Franck Fernandel reprend des activités radiophoniques sur Radio Monte-Carlo (RMC) de 1977 à 1980. Il y rencontre l’animatrice Corinne Delahaye avec qui il se marie en 1991 et avec qui il a deux enfants: Vincent et Manon. En 1986, c’est une société de production audiovisuelle qu’il crée cette fois toujours avec Gérard Tempesti. Alors que l’un de ses derniers disques date de 1995 (« Bleu »), il connaît quelques démêlés avec la justice en 1999 suite à un problème avec l’alcool. Il meurt dans la nuit du 7 au 8 juin 2011 à Marseille. Ses obsèques ont lieu à Aubagne le 11 juin 2011 et ses cendres reposent au columbarium du cimetière parisien du Père-Lachaise. Son fils, Vincent, perpétue la tradition familiale avec des activités de comédien, écrivain, metteur en scène et chroniqueur. En 1992, à l’âge de neuf ans, Vincent a d’ailleurs enregistré un 45-tours avec la participation vocale de son père : « L’enfant de l’univers ». Le disque en question est alors une affaire d’amitié et de famille puisque la chanson, signée Nelly et Gérard Gustin, est réalisée par Gérard Tempesti et produite par Corinne, l’épouse de Franck.
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BOUVARD Philippe

Philippe Bouvard en 1981 (c) Andanson

Le journaliste, humoriste, présentateur de radio-télévision, écrivain, auteur de théâtre et dialoguiste français Philippe BOUVARD. naît le 6 décembre 1929 à Coulommiers. Il ne connaîtra jamais son père qui était imprimeur au Maroc. Mais sa mère, Alsacienne d’origine juive, l’oblige à se cacher durant la deuxième guerre mondiale. Après une scolarité vécue dans divers établissements parisiens, c’est à l’École supérieure de journalisme de Paris qu’il entre en 1948 pour la quitter quelques mois plus tard. Il doit dès lors pratiquer des petits métiers pour vivre et, en 1953, il est coursier au journal « Le Figaro » avant de réaliser un stage où il écrit dans la rubrique parisienne. A cette époque, il est aussi, un temps, attaché de presse pour les disques Barclay. A partir de 1962, il devient rédacteur au Figaro et commence aussi à travailler pour Radio Luxembourg où il réalise des interviews. Il devient animateur de « RTL Non Stop » entre 1967 et 1974 et également rédacteur en chef de la station de radio. En 1977, il prend les commandes d’une nouvelle émission humoristique et culturelle appelée « Les grosses têtes ». 22 ans plus tard, alors qu’il est toujours l’animateur-présentateur de l’émission, Bouvard est remercié et on demande à Christophe Dechavanne de le remplacer. Après un séjour de quelques mois à Europe 1, Philippe Bouvard est rappelé à RTL pour reprendre les Grosses Têtes en 2001. Il reste à la barre jusqu’en septembre 2014, moment où il cède la place à Laurent Ruquier. Parallèlement à ses activités de presse et de radio, Philippe Bouvard présente aussi des émissions de télévision entre 1971 et la fin des années 1980. C’est surtout au cours des talk-shows des années 1970 qu’il a l’occasion de côtoyer et de présenter de nombreux chanteurs francophones : « Samedi soir » (où il reçoit en 1971 des artistes comme Mike Brant, Salvatore Adamo, Les Charlots, Nanette Workman, Thierry Le Luron, etc.), « Dix de der » (1976), « L’huile sur le feu » (1977), « Le dessus du panier » (1978), « Sur la sellette » (1979) ou « Passez donc me voir » (où il reçoit notamment Daniel Balavoine le 3 avril 1980 sur la chaîne de télé française Antenne 2).
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C’est au cours de l’émission « Bouvard en liberté » en 1975, que le chanteur Gérard Lenorman connaît la frayeur de sa vie lorsque, aux côtés de Philippe Bouvard, il assiste en direct comme de très nombreux téléspectateurs, à l’accident de trampoline de Richard Tison qui s’en sort finalement sans trop de mal (video à visionner en CLIQUANT ICI). Le 13 septembre 1982, une nouvelle émission est lancée sur Antenne 2 : le Petit Théâtre de Bouvard. Le programme est diffusé en semaine tous les jours vers 19h45 et dure environ 15 minutes. A partir de 1985, la formule du Théâtre de Bouvard s’essouffle et l’émission finit par être remplacée par le Petit Bouvard illustré du 17 mars au 3 juillet 1986 puis par Le nouveau théâtre de Bouvard du 8 septembre 1986 au 28 août 1987.
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Entre 1990 et 2006, Philippe Bouvard dirige aussi la salle de spectacles parisienne de la Gaîté-Bobino.
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