SEVERS Paul

Paul Severs en 2012

Le chanteur, musicien, auteur et compositeur belge Paul SEVERS naît le 26 juin 1948 à Huizingen au sein d’une famille nombreuse. Il est scolarisé à Halle où, adolescent et passionné de musique, il suit des cours de piano et achète une guitare. Un copain lui fait savoir qu’un groupe local connu recherche un chanteur et Paul répond à l’appel. Il devient ainsi, à 17 ans, le leader des « Criminals » qui propose un répertoire anglo-saxon. Le responsable de la formation envoie une maquette au producteur belge Jean Kluger qui est l’un des plus courus de l’époque. Ce dernier n’est pas insensible à la musique des Criminals mais il est surtout intéressé par la voix de Paul. Il propose donc un enregistrement au groupe mais il demande au chanteur d’interpréter le titre en néerlandais qui est sa langue maternelle. En 1966, un 45-tours est commercialisé : c’est « Geen wonder dat ik ween » par Paul Severs & the Criminals.
.

.
Le disque n’obtient pas le succès espéré et les deux essais suivants ne réussiront pas mieux. Après d’autres tentatives infructueuses, Paul écrit lui-même la chanson « Ik ben verliefd op jou » en 1970. Et là, c’est le « tube » avec 120.000 exemplaires vendus.
.

.
La chanson est traduite en anglais (« I’m so in love with you ») et connaît une grande popularité interprétée par le groupe belge Octopus. Et puis, surtout, la version française du groupe Crazy Horse (« J’ai tant besoin de toi ») s’écoule à plus d’un million d’exemplaires en quelques semaines.
.

.
Alors que les succès de Paul Severs s’accumulent en Belgique néerlandophone et encouragé par les résultats de « J’ai tant besoin de toi » des Crazy Horse, le chanteur songe à une carrière qui pourrait se dérouler en Belgique francophone et en France. Il se met donc en quête d’un titre français fort et, en 1973, il enregistre « Si tu m’aimes comme je t’aime ». Le 45-tours est distribué en France par Carrère et se retrouve rapidement dans les vingt premiers du classement au hit-parade de la radio RTL présenté par André Torrent.
.

.
Paul Severs bénéficie à ce moment de la vague des « chanteurs belges » qui déferle sur la France : Christian Vidal, Christian Adam, Art Sullivan, Pierre Rapsat ou encore Frédéric François dont le parolier du moment, Marino Atria, signe aussi les textes francophones de Paul Severs. Un second disque sorti en 1974, « Près de toi », connaîtra un succès moindre et l’artiste se reconcentre alors sur sa carrière néerlandophone.
.

.
Sept ans plus tard, comptant sur la popularité des nouvelles radios dites libres, il refera une timide apparition dans l’univers de la chanson française avec « Viens donc à la discothèque ».
.

.
Mais c’est au début des années 1990 qu’il va connaître la véritable consécration du côté francophone de la Belgique lorsqu’il va figurer parmi les idoles de l’émission télévisée de la chaîne privée RTL-TVI « Dix qu’on aime ».
.

.
En 1991, il est au sommet avec « Toutes les filles » et il enchaîne quelques mois plus tard avec « Oh petite fille ».
.

.
Depuis cette époque, Paul Severs n’a jamais cessé d’enregistrer régulièrement des CD-2 titres avec, généralement, la même chanson en français et en néerlandais. Ces dernières années, c’est souvent le chanteur et musicien Philippe Vancles qui lui écrit les textes français. En 2015, Paul Severs fête ses 50 ans d’une carrière au cours de laquelle il a vendu un million de disques, écrit 300 chansons et presté quelque 15.000 concerts. Le 12 mars 2019, au cours d’une balade à vélo avec un ami près de chez lui, dans les environs de Tubize, il s’écroule victime d’une crise cardiaque. Il est transporté à l’hôpital Erasme d’Anderlecht (Bruxelles) dans un coma dont il ne sortira pas. Le 9 avril 2019, son fils Christophe annonce le décès de Paul Severs, à l’âge de 70 ans, sur les réseaux sociaux. Ses funérailles ont lieu à Halle quelques jours plus tard.
.

.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

LAFFORGUE René-Louis

René-Louis Lafforgue en 1959

L’acteur, auteur, compositeur et chanteur français d’origine espagnole René-Louis LAFFORGUE naît le 13 mars 1928 à San Sébastian (Espagne). Né dans une famille de militants libertaires du pays basque espagnol, il subit la guerre civile espagnole puis l’exil en France où il participe à la Résistance avec son frère qui y trouve la mort. Il se rend à Paris où il exerce de nombreux métiers avant de s’orienter vers la comédie, la musique et la chanson. Il effectue des rencontres qui lui permettent de faire du théâtre et, en 1948, Charles Dullin l’engage comme comédien. Un an plus tard, il fait une tournée européenne avec le mime Marcel Marceau. Il découvre ensuite la chanson et il se rend célèbre en remportant, en 1954, le Grand Prix de la Chanson française de Deauville. Parmi ses grands succès, il y a alors « Julie la Rousse » (1956) et « Le Poseur de rails » (1957).
.

.

.
En 1962, il achète le cabaret parisien de « L’École buissonnière » et il permet à des jeunes talents de s’y produire: Guy Bedos, Paul Préboist, Pierre Louki, Boby Lapointe, Maurice Fanon, Christine Sèvres ou Béatrice Arnac. Le cabaret devient vite le lieu de rendez-vous des libertaires et pacifistes parisiens. Dans les années 1960, il assure les premières parties des spectacles de Georges Brassens avant de passer en vedette à l’Olympia de Paris. En 1966, dans la lignée de « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, il enregistre une chanson bouleversante: « Les enfants d’Auschwitz ».
.

 

.
Le 3 juin 1967, alors qu’il roule sur la Nationale 118 entre Albi et Castres, René-Louis Lafforgue se tue en voiture.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

ASSIA Lys

Lys Assia dans les années 1950

La chanteuse et actrice Lys ASSIA naît le 3 mars 1924 à Rupperswil en Suisse sous le nom de Rosa Mina Schärer. Son père est alors le propriétaire d’une entreprise de plomberie et sa mère est d’origine noble. Dès son plus jeune âge, elle suit des cours de danse avant d’étudier au Conservatoire et à l’Académie des Arts de Zurich. Contre l’avis de sa mère, elle se lance ensuite dans une carrière artistique et fait ses débuts sur scène alors qu’elle a seize ans. Elle se produit comme danseuse de revue au Corso de Zurich. Pendant la seconde guerre mondiale, elle intègre les ballets Riva et se produit devant les troupes françaises. Elle chante pour la première fois en public à Nice en 1942 puis entre dans l’orchestre d’Eddie Bruner. La même année, le label discographique « La Voix de son maître », à la recherche de nouveaux talents, la repère et lui fait signer son premier contrat d’enregistrement. Après la guerre, Lys Assia est engagée par Radio Basel et elle entame, avec l’orchestre de la radio, plusieurs tournées à l’étranger qui l’amènent à se produire notamment à Madrid et à Paris. En 1948, elle remplace, dans une revue du Club des Champs-Élysées, Joséphine Baker, tombée malade. Elle se montre si convaincante que les producteurs du spectacle l’engagent pour la saison. Et, en 1950, elle se fait connaître en interprétant, en allemand, « O Mein Papa », chanson tirée de l’opérette « Das Feuerwerk », composée par Paul Burkhard. Parallèlement à cette activité de chanteuse, Lys Assia se tourne vers le cinéma et tourne dans une dizaine de films.  En 1956, elle se présente au premier concours Eurovision de la Chanson qu’elle remporte en interprétant « Refrain ».
.

.
L’année suivante, elle tente à nouveau sa chance au même concours, toujours pour la Suisse, avec la chanson « L’Enfant que j’étais » et elle se classe septième.
.

.
En 1958, elle récidive en chantant « Giorgio », en italien, et termine, cette fois, à la deuxième place. Grâce à ces participations au concours Eurovision, elle développe une carrière internationale qui lui permet notamment de se produire devant la reine Elizabeth II d’Angleterre, le roi égyptien Faruk et Eva Peron en Argentine. A 88 ans, elle veut forcer le destin une fois encore et se présente à la présélection suisse du concours Eurovision mais elle n’est pas retenue pour participer à l’édition 2012.
.

.
Ce sera le dernier coup d’éclat artistique de la chanteuse qui connaît quelques problèmes de santé avant d’être admise à l’hôpital Zollikerberg près de Zurich. Elle y décède le samedi 24 mars 2018 à l’âge de 94 ans.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

CHATEL Philippe

Philippe Chatel en 1982

L’auteur-compositeur-interprète français Philippe CHATEL naît sous le véritable nom de Philippe de Chateleux le 23 février 1948 à Paris. Fils du réalisateur de télévision François Chatel, il fréquente très vite les plateaux de tournage et se familiarise à l’univers des artistes en étant le garçon de courses d’Henri Salvador. Véritable admirateur de Georges Brassens, il se décide à apprendre la guitare et, adolescent, il commence à composer quelques mélodies. Il réalise ses premiers enregistrement en 1970 et les chansons ont pour titres « Maria« , « Laisse ta main dans ma main« , « Je serai là« , « Je connais un pays« , « L’âme en peine » ou « Le paradis« .
.

.
Philippe Chatel change ensuite de maison de disques et la nouvelle équipe qui l’entoure va le révéler au grand public en 1977 avec « J’t’aime bien Lily ».
.

.
Ce 45 tours se vend bien et est suivi par d’autres succès durant une dizaine d’années: « Myster Hyde », « Ma lycéenne » ou « Tout quitter mais tout emporter ».
.

.

 

.
L’oeuvre principale de sa carrière reste néanmoins le conte musical Emilie Jolie qu’il a écrit en 1979 pour sa fille Emilie alors âgée de quatre ans. Plusieurs versions de cette histoire ont été présentées sur scène dans divers pays de la francophonie. Mais c’est le casting des deux versions existantes sur disque qui demeure impressionnant: Georges Brassens, Henri Salvador, Julien Clerc ou Sylvie Vartan, entre autres, dans la première; Johnny Hallyday, Lara Fabian ou Maurane notamment dans la seconde parue en 1997. En 1980, pour la soirée de Noël, le réalisateur français Jean-Christophe Averty s’empare du conte musical pour en faire une grande émission de télévision où figurent tous les artistes présents sur la première version du disque. Julien Clerc y interprète en duo avec Emilie « La chanson d’Emilie Jolie et du grand oiseau« .
.

.
En 1982, l’artiste se lance dans l’écriture et la composition d’un second conte musical qui n’obtiendra pas le même succès : « Tom Tom Tommy ». Puis il compose quelques musiques de films dans les années 1990. En 2006, Philippe Chatel se blesse très gravement dans un accident de quad dont il garde finalement de très légères séquelles. Au point de pouvoir reprendre, en 2015, le chemin des studios pour proposer un nouvel album en janvier 2016. Sur cet opus intitulé judicieusement « Renaissance », on trouve de nouvelles chansons comme « Quelque chose pour toi » et les versions originales de ses grands succès comme J’t’aime bien Lily, Ma lycéenne ou Mister Hyde.
.

.
A cette époque, Philippe Chatel est aussi de retour sur les plateaux de télévision comme sur TV5 Monde dans « L’Invité » de Patrick Simonin.
.

.
Fait Officier des Arts et des Lettres par le président de la république française Emmanuel Macron en 2018, il se porte candidat à l’Académie française au début de l’année 2021. Mais la mort le rattrape avant de réaliser ce souhait. Philippe Chatel décède d’une crise cardiaque à son domicile parisien le 19 février 2021.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

SALVADOR Henri

Le chanteur compositeur et guitariste français Henri SALVADOR. naît à Cayenne en Guyane le 18 juillet 1917. Il débarque en France, au Havre, à l’âge de douze ans. Très vite, bon musicien, il joue de la guitare dans des orchestres de jazz français comme celui de Ray Ventura. Sa carrière commence donc dans les années 1930 mais il faut attendre 1948 pour qu’il devienne populaire en tant que chanteur. Dans des registres allant de la tendresse à l’humour, ses succès sont devenus des incontournables de la chanson française: Syracuse », « Maladie d’amour », « Zorro est arrivé », « Count Basie », « Faut rigoler », « Le lion est mort ce soir », « Blouse du dentiste », « Le travail c’est la santé », « Minnie petite souris », « J’étais une bonne chanson », « C’est pas la joie » ou encore « Le Loup, la biche et le chevalier » (« Une chanson douce »). Ce dernier titre est visible dans la vidéo ci-dessous qui en propose une version particulière : Henri Salvador y est effectivement accompagné par les Soeurs Kessler au cours d’une émission de la télévision italienne en 1961. Mais ce qui est troublant, c’est que le titre du programme est « Giardino d’inverno », ce qui, en italien, veut dire « Jardin d’hiver ».
.

.

.
En 1949, il obtient le grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros, et passe à l’ABC dans la revue de Mistinguett « Paris s’amuse ». En 1956, sous le pseudonyme d’Henry Cording, il est l’un des premiers à interpréter des airs de rock’n’roll en français qui sont, en fait, des parodies signées par Boris Vian.
.

.
Dans les années 1960, sa carrière va évoluer avec l’apparition dans les foyers de la télévision et des émissions de variétés. Maritie et Gilbert Carpentier vont mettre en scène ses chansons les plus drôles comme « Juanita Banana » en 1965.
.

.
Et la consécration suprême vient avec la création de son propre show télévisé: « Salves d’or » en 1968 et 1969.
.

.
Les années 1970 sont encore jalonnées de succès pour Henri Salvador. Il y a « Ah c’qu’on est bien quand on est dans son bain » ou encore quelques reprises comme « Mais non mais non », « J’aime tes genoux » (« Shame shame shame » de Shirley & Co en 1975) ou « Tiens te voilà » (« A melody you never will forget » de Hurricane Smith en 1977).
.

.
En 1979, il est le conteur d' »Emilie Jolie » écrit par Philippe Chatel et il y interprète aussi trois chansons. Il n’y aura pas de version sur disque de ce conte musical pour jeune public mais une émission spéciale sera réalisée pour la télévision française par Jean-Christophe Averty.
.

.
Ce n’est pas la première fois qu’Henri Salvador enregistre des chansons pour le jeune public. Dans les années 1960, il chante ainsi la plupart des airs connus des dessins animés de Walt Disney. Dans les décennies 1980 et 1990, à part la chanson d’origine mauricienne « Ami-oh » (en 1982), le succès de l’artiste s’estompe mais il continue à enregistrer des albums qui ne se vendent pas.
.

.
Toutefois, en 2000, Keren Ann et Benjamin Biolay lui signent des chansons pour un retour triomphal. Le tube « Jardin d’hiver » est extrait de l’album « Chambre avec vue » qui cartonne dans les ventes et amasse les récompenses.
.

.
Sa carrière est véritablement relancée alors qu’il a plus de 80 ans et les albums suivants marcheront encore très bien sans toutefois atteindre le résultat de « Chambre avec vue ». Son dernier album, intitulé « Révérence », est commercialisé en 2006. Et, le 21 décembre 2007, il donne un ultime spectacle au Palais des Congrès de Paris. Henri Salvador meurt le 13 février 2008 d’une rupture d’anévrisme.
.

.
Il est inhumé au cimetière parisien du Père Lachaise le 16 février 2008.
.

.
En 2012, le 18 juin, sort un album posthume avec des titres inédits datant de 1999 finalisés par Benjamin Biolay: « Tant de temps ».
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

FRANCOIS Jacqueline

Jacqueline François en 1964

La chanteuse française Jacqueline FRANCOIS naît le 30 janvier 1922 à Neuilly-sur-Seine sous le nom de Jacqueline Guillemautot. Son enfance est plutôt bourgeoise car ses parents font le commerce de la brillantine Roja. Et la gamine  est bercée par la TSF que sa mère, pianiste, écoute beaucoup. Elle étudie le piano et, fervente admiratrice du répertoire et de la voix de Léo Marjane, elle se destine à, elle aussi, interpréter des chansons. Elle présente d’abord timidement des oeuvres de Pierre Roche et Charles Aznavour dans quelques cabarets de la capitale française, comme « Le Petit Chambord », durant la seconde guerre mondiale. Elle commence ainsi à se créer un public et à se faire remarquer par quelques professionnels du métier qui, à la libération, lui proposent de chanter à la radio et au music-hall des oeuvres de Loulou Gasté comme « Ce n’était pas original » en 1945.
.

.
L’ambiance de l’époque se prête au développement de la carrière de l’artiste : les Parisiens ont envie de se distraire après toutes les privations de la guerre. Si bien que Jacqueline, qui a choisi « François » comme nom de scène, ne connait guère le chômage. Elle effectue alors quelques rencontres déterminantes comme celles du chef d’orchestre Paul Durand, qui l’invite dans son émission de radio « La kermesse aux chansons », et du producteur Jacques Canetti. Ce dernier lui propose d’enregistrer « C’est le printemps », version française, livrée par Jean Sablon, d’un titre américain qui lui fait remporter le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1948. Elle commercialise quelques 78-tours qui constituent, petit à petit, son répertoire personnel : « Boléro » et « La Seine » par exemple. Puis il y a « Mademoiselle de Paris », un succès de Paul Durand et Henri Contet qui restera pour toujours sa signature musicale. La chanson va lui permettre de parcourir, pendant 40 ans, le monde entier de la France à l’Amérique du Nord et à l’Amérique du Sud, en passant par la Russie et le Japon. Grande musicienne, Jacqueline François a enregistré plusieurs fois ce titre avec, selon les modes et les tendances, des arrangements différents.
.

.
En tant que chanteuse, Jacqueline François va beaucoup innover dans le domaine de la chanson francophone. Elle est la première à enregistrer des disques avec 40 musiciens dont 17 violons. et la première chanteuse à commercialiser ses chansons sur un microsillon. Elle est aussi la première à vendre plus d’un million d’exemplaires du même disque en 1953. Puis, l’année suivante, elle innove encore en se présentant en robe courte sur la scène de l’Olympia de Paris où elle est accompagnée par l’orchestre de Michel Legrand. Ses autres grands succès ont pour titres « Est-ce ma faute à moi » ou « Les lavandières du Portugal » pour lequel elle reçoit le Prix de l’Académie du Disque en 1956.
.
.

 

.

.
En 1959, l’artiste enregistre la chanson du film de Jacques Tati « Mon oncle ». Par la suite, contre vents et marées, courants musicaux nouveaux et idoles yéyés de toutes sortes, Jacqueline François poursuit son parcours artistique en livrant au public ses interprétations de plein d’autres classiques de la chanson française : « Un jour tu verras » de Mouloudji, « L’âme des poètes » et « La mer » de Charles Trenet, « Les feuilles mortes » de Jacques Prévert et Joszef Kosma, « Sa jeunesse » de Charles Aznavour, « A Paris » de Francis Lemarque, etc. Vivant et travaillant beaucoup et surtout à l’étranger, la chanteuse profite de chaque retour à Paris pour retrouver son public sur scène comme à « La Belle Epoque » (1974-1975-1976) ou au théâtre Daunou (1977). Mais aussi au cours d’émissions de variétés à la télévision française comme ci-dessous en 1969 aux côtés de Guy Lux et des Frères Ennemis.
.

.
Elle garde ce comportement jusqu’au début des années 1990 lorsque sa santé l’oblige quelque peu à délaisser la chanson. Jacqueline François décède à Courbevoie le 7 mars 2009.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

PEPIN Denis

Denis Pépin en 1975

L’auteur, compositeur et interprète français Denis PEPIN naît à Paris en 1948 sous la véritable identité de Farid Khaldi. Très jeune, il s’intéresse à la musique et pratique la batterie. Il débute donc sa carrière artistique comme batteur au sein des groupes « Les Spector » et « Les Boots ». Puis il se lance dans la chanson où ses principaux succès des années 1970 restent des reprises de Georges Brassens comme Une jolie fleur ou Marinette même si des chansons originales comme Aimer quand même et Pauv’Mamadou restent aussi dans un coin de notre mémoire.
.

.
Entre 1976 et 1989, Denis Pépin et sa compagne, Irène Bo, vont fournir des chansons à la chanteuse Elisabeth Jérôme qui va connaître quelques succès sans toutefois réussir une grande carrière. En 1978, Denis Pépin enregistre même en duo avec Elisabeth Jérôme une version sans complexe du grand succès d’Edith Piaf et Théo Sarapo : « A quoi ça sert l’amour » (à écouter en cliquant ICI).
.

.
Denis Pépin décède à Paris le 27 janvier 2010 des suites d’une longue maladie à l’âge de 61 ans.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

AURIAT Pascal

Pascal Auriat en 1976 (c) Alain MarouaniL’auteur, compositeur, interprète et producteur de musique français Pascal AURIAT naît le 7 février 1948 à Paris sous le nom de Jean-Paul Vuillerme. En tant qu’interprète, il enregistre une quinzaine de 45-tours et un 33-tours, avec des fortunes diverses, entre 1967 et 1982.
.

 

.
C’est lui qui compose le célèbre « Il venait d’avoir 18 ans » que Dalida chante en 1974 sur des paroles de Pascal Sevran et Serge Lebrail.
.

.
Il est ensuite le producteur de Linda De Suza avec qui il crée le label « Suzaur ». Constituant un duo éphémère des années 1980, David et Jonathan, qui connaissent alors des succès comme « Est-ce que tu viens pour les vacances ? », sont également produits par Pascal Auriat.
.

.
Victime du SIDA, Pascal Auriat décède le 19 janvier 1989 à Suresnes.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

NOËL Gérard

Gérard Noël

Le producteur, présentateur et animateur de radio belge Gérard NOËL naît sous le nom de Gérard Wauters le 18 janvier 1920 à Ecaussinnes. Il vit son enfance à quelques mètres de la Maison du Peuple locale dont il fréquente assidûment la bibliothèque richement garnie d’ouvrages passionnants. Adolescent, il assiste aussi régulièrement aux représentations données par la troupe lyrique qui s’y produit. Mieux : petit à petit, il intègre le groupe pour interpréter divers rôles dans des opérettes comme « La veuve joyeuse » ou « Le comte de Luxembourg » de Franz Lehar. Mais sa voix est cassée. Qu’à cela ne tienne, il utilise ce problème de corde vocale comme un atout très particulier et ça marche. A 18 ans, il s’inscrit à l’ULB, l’Université Libre de Bruxelles, pour y étudier la philologie romane. La seconde guerre mondiale éclate au moment où Gérard abandonne l’ULB pour un emploi au ministère de l’agriculture. Mais il suit des cours d’art dramatique au théâtre des Galeries à Bruxelles où il joue « Les jours heureux » mis en scène par son professeur français Max Péral. N’écoutant que son courage, notre homme se met alors à véhiculer des valises au contenu très secret pour lesquelles il se fait arrêter par la Gestapo. Il est incarcéré pour faits de résistance et se retrouve au camp de concentration de Buchenwald puis dans une ferme de travail obligatoire à Lübeck. Une mission sanitaire l’expédie alors en Suède où il échafaude des spectacles de variétés pour la Croix-Rouge. Le conflit terminé, Gérard Wauters, de retour en Belgique, se fait engager au ministère du ravitaillement. Il y rencontre une jeune femme, bruxelloise et passionnée de théâtre : Suzanne Dautrebande. En 1948, le couple se marie et s’installe à Mons. Tous deux passent alors des tests pour parler à la radio. Ils sont engagés à l’INR, l’Institut National de Radiodiffusion, qui deviendra la RTB, Radiodiffusion Télévision Belge, en 1960. Dès ce moment, Suzanne emprunte un pseudonyme pour se présenter à l’antenne : Suzy Gérard. Gérard Wauters, lui, choisit le patronyme de Gérard Noël. Et il rêve de faire entrer la poésie dans toutes les maisons par l’intermédiaire de la TSF, ce média en pleine expansion. Alors, il conçoit un nouveau type d’émission : « Souvenir, souvenir » qui va être diffusée sur l’antenne de « Radio-Hainaut » en direct des studios du Jardin du Maïeur à Mons. Puis, il imagine les « Veillées », programmes construits sur d’anciennes chansons, des morceaux de musique classique, des airs lyriques et de la poésie. Elles sont toutes introduites, pendant des dizaines d’années, par la version instrumentale de « Trois petites notes de musique » interprétée par l’accordéoniste montois Willy Staquet.
.

.

.
« Grâce à mon émission », se plaisait à dire Gérard Noël, « on parlait de Mozart à l’usine ou dans le train. » Devenu un véritable monument vivant de la radio, Gérard livre ainsi quantité d’émissions hebdomadaires jusqu’en 1985, date de sa mise à la retraite. Une soirée spéciale, menée par l’animateur Guy Géron, est alors organisée pendant quatre heures à Mons, un soir de neige, le 15 janvier 1985, et est retransmise en direct sur Radio 2, la radio généraliste de la RTB devenue alors RTBF. De nombreux invités sont présents comme un autre Ecaussinnois célèbre : Julos Beaucarne dont le texte d’hommage à Gérard Noël, récité par lui-même, peut être écouté ci-dessous.
.

.
Mais cette soirée d’hommage est aussi marquée par la présence des chanteurs Paul Louka, Robert Cogoi, Albert Delchambre et Salvatore Adamo notamment. Retraité, Gérard Noël anime encore quelques veillées de Noël radiophoniques avant de proposer, avec l’aide du regretté Paul Gallez, des spectacles destinés aux aînés et appelés « Après-midi Bonheur » au Théâtre Royal de Mons. De nombreux artistes belges se produisent ainsi sur scène dans le cadre de ces matinées proposées avec le concours du Variety’s Club, un orchestre de dix musiciens dirigés par Claudy Mahieu. On peut notamment citer Nathalie Paque, Jean Deham, Catherine Pernez, etc. Dans les années 1990, Gérard Noël est aussi l’interprète d’un duo enregistré avec la chanteuse belge Gigi Rey : « La chanson d’autrefois ». Gérard Noël décède le 17 octobre 2004 à Mons. Ses funérailles sont célébrées le jeudi 21 octobre 2004 en l’église d’Hyon. Des artistes, musiciens et chanteurs qui l’ont connu, lui rendent hommage en interprétant des chansons qui lui étaient chères.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DELANOË Pierre

Pierre Delanoë dans les années 1990

Le parolier français Pierre Leroyer, mieux connu sous le pseudonyme de Pierre DELANOË, naît le 16 décembre 1918 à Paris. Ayant suivi des études de droit, il devient contrôleur fiscal avant la seconde guerre mondiale. A la libération, il sympathise avec son beau-frère, Gérard Biesel dit Franck Gérald, qui est compositeur pour des chanteurs connus. Il se pique alors au jeu de placer des textes sur les mélodies de son beau-frère. Puis, ils se mettent à interpréter leurs chansons en duo. En 1948, ils enregistrent ensemble « Y’a un pli au tapis du salon » ou l’inénarrable « Rondo pour un électron ». Deux ans plus tard, alors que Pierre continue à écrire des paroles pour le duo, l’animateur et auteur de chansons Jean Nohain le présente à la chanteuse Marie Bizet qui décide d’enregistrer deux de ses textes: « Je cherche un mari » et « Quand vous reviendrez chez moi ».
.

.
Et c’est Marie Bizet qui va lui permettre de rencontrer le jeune musicien qui sera le futur Gilbert Bécaud. Avec lui, il crée la chanson « Mes mains » que Lucienne Boyer interprète la première à l’Alhambra de Paris en 1953.
.

.
Pierre prend alors le pseudonyme de Delanoë qui lui est inspiré par le nom de sa grand-mère. La radio est en train de se développer et, avec elle, l’apparition de stations dites périphériques comme Radio Luxembourg et Europe N°1. Pierre est sollicité pour devenir le directeur des programmes de la toute jeune Europe 1. Il démissionne de son boulot aux Finances pour prendre les rênes de la radio jusqu’en 1960. Simultanément, il multiplie l’écriture de succès pour Gilbert Bécaud qui devient une vedette.
.

 

.
C’est aussi l’époque où Pierre Delanoë s’essaie lui-même à la chanson en soliste, aidé en cela par le célèbre producteur et découvreur de talents Jacques Canetti.
.

.

En 1957, il écrit pour Gilbert Bécaud « Salut les copains » qui devient, quelques années plus tard, le titre d’une émission de radio et d’un magazine mythiques destinés aux jeunes « yé-yés ».
.

.
En 1958, il est l’auteur de la chanson « Dors mon amour » qui, interprétée par André Claveau, remporte le concours Eurovision.
.

.
Au début des années 1960, tout en poursuivant sa collaboration avec Bécaud, il adapte en français plusieurs chansons de Bob Dylan pour Hugues Aufray mais il signe aussi les textes du « Rossignol anglais » ou de « Stewball ».
.

.
Il écrit ensuite des « tubes » pour des artistes aussi variés que Michel Fugain (« Je n’aurai pas le temps », « Une belle histoire », « Fais comme l’oiseau »), Michel Polnareff (« Le bal des Laze »), Joe Dassin (« Les Champs-Elysées », « L’été indien »,), Michel Sardou (« Les vieux mariés », « Les lacs du Connemara », « Etre une femme »), Gérard Lenorman (« La ballade des gens heureux », « Voici les clés », « Si j’étais président »), Claude François (« C’est de l’eau c’est du vent »), Nana Mouskouri (« L’amour en héritage »), François Valéry (« Aimons-nous vivants »), etc.
.

.
Le nombre de textes écrits par Delanoë tourne autour des 5.000. Au début des années 1970, il adapte en français deux comédies musicales américaines à succès: « Godspell » et « Jésus-Christ Superstar ». Pierre Delanoë est aussi le président de la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs Musicaux français, la SACEM, de 1984 à 1986 puis de 1988 à 1990 et, enfin, de 1992 à 1994. En octobre 1997, il enregistre et commercialise un disque compact où il interprète notamment quelques chansons célèbres dont il a écrit les paroles comme « Les Champs-Elysées », « Tête de bois », « La ballade des gens heureux » ou « Ca va pas changer le monde ». Le disque n’est pas un succès mais il est très correct et Delanoë y révèle une belle voix grave et juste.
.

.
La même année, l’auteur se voit décerner le Grand prix des poètes de la SACEM. Pierre Delanoë décède à Poissy le 27 décembre 2006 à l’âge de 88 ans. Il est inhumé au cimetière de Fourqueux dans les Yvelines.
.

.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

CHANCEL Jacques

Jacques Chancel

Le journaliste, présentateur et producteur de télévision français Jacques CHANCEL naît le 2 juillet 1928 à Ayzac Ost, dans les Hautes-Pyrénées, sous le nom de Joseph Crampes. Il prétend avoir été « vieilli » de trois ans par son instituteur pour lui permettre de partir en Indochine comme journaliste de guerre en 1948. Par la suite, il reste en Asie et termine ses études sur ce continent. Après maintes activités dans la presse écrite où il dirige, notamment, « Paris-Jour », il se tourne vers la radio et est engagé à France Inter en 1968. C’est à ce moment qu’il crée l’émission « Radioscopie » dans laquelle il reçoit, chaque jour, une personnalité différente. Ce rendez-vous quotidien va durer 20 ans au cours desquels près de 7.000 invités, parmi lesquels beaucoup de chanteurs et chanteuses francophones, sont questionnés avec tact et sensibilité.
.

.
A la fin des années 1960, il est de ceux qui participent à la mutation de la deuxième chaîne de télévision française de l’ORTF en « Antenne 2 ». Et c’est sur cette chaîne qu’il va présenter pendant des années « Le grand échiquier« , un programme qui n’a pas son pareil pour mélanger les genres musicaux et littéraires et pour organiser des rencontres improbables entre artistes de tous styles. Au milieu des années 1990, sur le principe de « Radioscopie » adapté aux nouvelles techniques télévisuelles, Jacques Chancel accueillera encore une multitude d’artistes dans l’émission « Lignes de mire » sur France 3. C’est surtout dans le cadre de son émission radio « Radioscopie » de 1968 à 1982, et de son programme télé « Le grand échiquier », de 1972 à 1989, que Jacques Chancel s’est montré très souvent intéressé par la chanson française et ses plus dignes représentants. Jacques Chancel meurt dans la nuit du 22 au 23 décembre 2014 à Paris des suites d’un cancer à l’âge de 86 ans. Ses obsèques ont lieu en l’église de Saint-Germain-des-Prés à Paris avant que sa dépouille ne soit inhumée dans la région de sa naissance, à Adast.
.

 

.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

MORGAN Michèle

Michèle Morgan en 1976 – Photo (c) Georges Spitzer

L’actrice française Michèle MORGAN, naît le 29 février 1920 à Neuilly-sur-Seine sous le nom de Simone Roussel. Alors qu’elle a neuf ans, son père subit la crise et les affres du chômage. En 1933, toute la famille s’installe à Dieppe où il reprend une épicerie qui est déclarée en faillite deux ans plus tard. Et c’est à Dieppe que Simone découvre le théâtre et la comédie au Casino. A quinze ans, elle fugue avec un de ses frères pour aller chez ses grands-parents parisiens. Et, en 1936, elle suit des cours de théâtre chez René Simon. Elle se fait remarquer par le milieu du cinéma et décroche un premier contrat dans le film « Gribouille » en 1937. Elle prend alors le pseudonyme de Michèle Morgan et joue, en 1938, aux côtés de Jean Gabin dans « Quai des Brumes » de Marcel Carné. Une réplique de Jean Gabin est devenue culte : « T’as d’beaux yeux tu sais ». La guerre éclate et la jeune actrice part aux Etats-Unis. Elle y épouse, en 1942, William Marshall. De leur union, qui s’achève en 1948 par un divorce, naît un fils : Mike. En 1950, elle se marie avec Henri Vidal qui réalise plusieurs films avec elle. Après le décès du cinéaste en 1959, elle rencontre le réalisateur Gérard Oury avec qui elle vit jusqu’à la disparition de ce dernier en 2006. Dans les années 1960, elle est au générique de quelques films français avant de se faire plus rare à partir de 1967. De temps à autre, on la retrouve sur une scène de théâtre, dans un studio de télévision ou sur un plateau de cinéma (comme aux côtés de Serge Reggiani dans « Le chat et la souris » de Claude Lelouch en 1975). Elle s’intéresse aussi à la musique et à la chanson mais s’y consacre réellement très peu. En 1964 toutefois, elle chante « Rendez-vous aux pas perdus », dans la bande originale du film de Jacques Robin « Les pas perdus », composée par Jacques Loussier.
.

.
Et, en 1976, elle interprète « Si je te parle ainsi », un texte de Vlyne Buggy qu’elle récite sur une musique de Claude Morgan (qui n’a aucun lien de parenté avec elle). Le 45 tours est alors produit par Laurent Rossi, le fils de Tino.
.

.
Après une carrière cinématographique bien remplie, l’actrice passe une retraite plutôt paisible et décède le 20 décembre 2016 dans sa ville natale. Elle est inhumée le 23 décembre 2016 au cimetière parisien du Montparnasse.
.
.
.

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

 Page 1 of 4  1  2  3  4 »