Créateur de génie pour la télévision française, Jean-Christophe Averty est mort

Jean-Christophe Averty en 1996 au cours de l’émission Bouillon de Culture de Bernard Pivot (c) ina.fr

L’auteur-réalisateur et producteur de télévision français Jean-Christophe Averty est décédé ce samedi 4 mars 2017 à l’âge de 88 ans. Diplômé de la Haute Ecole du Cinéma, c’est dans les studios de Walt Disney en Californie qu’il exerce ses activités de banc-titreur dans les années 1950. Il revient ensuite en Europe et débarque à la RTF, la Radio Télévision Française, en 1952. Pianiste de jazz par passion, il travaille d’abord pour la radio avant de découvrir la télévision qui n’en est qu’à ses balbutiements. Mais il se rend très vite compte des possibilités qui vont bientôt se développer grâce à ce média qui permettra de voir, dans un premier temps, puis de conserver des images. Car Jean-Christophe Averty va se révéler être un conservateur extraordinaire et un historien de la véritable culture: celle de la vie de tous les jours et du quotidien des Français à travers les idoles, la musique et les chansons qu’ils apprécient depuis toujours. D’un caractère plutôt fort, l’homme va marquer le secteur audiovisuel français par son goût de la provocation et, surtout, son sens de l’innovation. Les nombreuses émissions qu’il va réaliser ou produire ne vont jamais laisser indifférent. En 1963, la série « Les Raisins Verts » fait scandale. Délaissant quelque peu sa passion pour le jazz, il consacre bon nombre de programmes à la chanson française du milieu des années 1960. Il est l’un des premiers à « faire joujou » avec des trucages qui, aujourd’hui, semblent issus de la préhistoire. Mais, à l’époque, ces bidouillages ont le mérite d’exiger une créativité que les machines de maintenant ne réclament plus. Et Averty va y exceller dans ses émissions consacrées à Gilbert Bécaud, Georges Brassens, Julien Clerc, Dalida, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, France Gall, Juliette Gréco, Johnny Hallyday, Gérard Manset, Guy Marchand, Yves Montand, Tino Rossi, Jean Sablon, Sylvie Vartan, etc. En 1971, il réalise tout un programme sur l’abum « Melody Nelson » de Serge Gainsbourg et Jane Birkin à découvrir ci-dessous.

Précurseur du clip vidéo, il s’éloigne paradoxalement de la télévision au moment où celle-ci l’utilise de manière systématique au milieu des années 1980. Mais il rebondit de manière étonnante sur les ondes de Radio France où il lance, en 1988, l’émission « Les cinglés du music-hall ». Jusqu’en 2006, soit pendant 28 ans, Jean-Christophe Averty va raconter l’histoire de la chanson française au travers de l’écoute de centaines de disques 78-tours qu’il s’est amusé à dénicher sur les marchés aux puces qu’il fréquente régulièrement depuis des années. En 1 805 épisodes, il reconstitue, de manière guillerette et avec un accent zozoteur sans pareil, tout un pan du patrimoine de la musique de France entre 1920 et 1940. Les auditeurs sont ravis et l’écoutent d’autant plus attentivement qu’ils ne veulent pas rater le célèbre « A vos cassettes » lancé par l’animateur pour qu’ils enclenchent leur magnétophone au moment du démarrage de la chanson tant attendue. Au programme: Maurice Chevalier, Yvette Guilbert, Charles Trenet, Fréhel, Georgius, Joséphine Baker, Ray Ventura, Damia, Fragson et bien d’autres. En 2012, Jean-Christophe Averty confie la gestion, la conservation et la sauvegarde des droits de l’ensemble de ses œuvres télévisuelles et radiophoniques à l’Institut National de l’Audiovisuel, l’INA, à Paris. Cela concerne près d’un millier d’émissions sur le jazz, le sport, le cirque, la mode, la chanson, les variétés ou le théâtre.
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Pierre BAROUH s’en est allé à 82 ans

Pierre Barouh dans les années 1970 – Photo (c) Claude Barouh

Pierre Barouh est décédé ce mercredi 28 décembre 2016 alors qu’il avait été admis à l’hôpital Cochin de Paris quelques jours auparavant. Selon son épouse Atsuko Ushioda qui a communiqué son décès, l’artiste français de 82 ans a été victime d’un infarctus.
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Auteur-compositeur-interprète, acteur et producteur né le 19 février 1934 à Paris 15e, Pierre Barouh était devenu célèbre pour son implication dans le film de Claude Lelouch « Un homme et une femme » où il était à la fois acteur et auteur-interprète de la chanson du film composée par Francis Lai et interprétée par Nicole Croisille en 1966. Sous le prénom initial d’Elie, le petit garçon est issu de parents juifs originaires de Turquie et marchands de tissus sur les marchés de la région parisienne avant la seconde guerre mondiale. Pourchassés par l’occupant allemand nazi, Elie, son frère, sa soeur et ses parents se réfugient et se cachent en Vendée chez des amis. C’est là qu’il change son prénom d’Elie en Pierre. A la Libération, grand sportif, Pierre Barouh pratique le volley-ball dans l’équipe nationale française et est aussi journaliste sportif. Mais la musique est l’autre de ses grandes passions et, lors d’un voyage au Portugal, il découvre les compositeurs brésiliens qu’il admire. Du coup, dès qu’il a suffisamment d’argent en 1959, il ne résiste plus et embarque sur un cargo pour le Brésil. Mais, paradoxalement, c’est plus tard et à Paris qu’il fait vraiment connaissance avec les grands compositeurs brésiliens de bossa nova. Au début des années 1960, il fréquente le milieu de la chanson française et du cinéma. Et c’est de cette manière qu’il décroche le rôle du chef des gardians dans le film musical « D’où viens-tu Johnny? » (avec Johnny Hallyday) en 1963. La même année, il enregistre ses premiers disques 45-tours avec des chansons comme « Tes dix-huit ans », « La chanson du port », « Le tour du monde », « La plage » ou « Monsieur de Furstemberg ». En 1966, il participe au film « Un homme et une femme » qui obtient la Palme d’or du Festival de Cannes. Acteur dans le film et auteur d’une version française, intitulée « Samba Saravah », de la chanson Samba da Bênção des Brésiliens Baden Powell et Vinícius de Moraes, son succès est énorme. C’est l’époque où il commence à gagner sa vie de ses activités musicales et il achète une maison en Vendée à proximité d’un moulin qu’il acquiert ensuite pour y installer un studio d’enregistrement. A la fin des années 1960, il crée le label discographique Saravah qui lui permet d’aider quelques artistes à devenir connus: Areski, Higelin, Brigitte Fontaine, Maurane, Allain Leprest, David McNeil, Françoise Kucheïda, etc. En 1968, avec Francis Lai qui a déjà composé le thème d' »Un homme et une femme », il écrit « La bicyclette » qui est un des plus grands succès d’Yves Montand. Après avoir été marié à Anouk Aimée de 1966 à 1969, Pierre Barouh épouse ensuite Dominique avec qui il monte quelques spectacles à Paris. Il rencontre notamment la troupe du théâtre Aleph d’Ivry et, ensemble, ils conçoivent un opéra intitulé « Le Kabaret de la Dernière Chance ». Le spectacle est proposé au Bataclan à Paris à partir du 9 décembre 1986.

Trois ans plus tard, la chanson principale du spectacle est reprise par Yves Montand qui déclare alors qu’il s’agit d’une des plus belles oeuvres qu’il ait enregistrée lorsqu’il l’interprète lors d’une émission télévisée de Michel Drucker. Pierre Barouh est alors marié à une antiquaire japonaise, Atsuko Ushioda, et il réside très souvent au Japon, un pays qu’il aime passionnément et où il développe des activités artistiques et commerciales. Pierre Barouh poursuit infatigablement son travail en réalisant des documentaires, en écrivant des chansons et en enregistrant des disques. En 1992, il compose ainsi la musique des Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville en France. Et, toujours à l’affût de nouveaux talents, Barouh se promène de festival en festival. Il est ainsi le président du jury du concours « Miroir de la chanson francophone » au Festival d’été de Québec en juillet 2000 qui récompense Fred Fortin, Eric Lapointe, Claude Léveillée, Sally Nyolo et Marc Déry.
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L’harmoniciste belge Toots Thielemans est décédé

THIELEMANS TootsJean-Baptiste Frédéric Isidore Thielemans ou, tout simplement « Toots », est décédé ce lundi 22 août 2016 à l’âge de 94 ans. L’artiste est décédé dans son sommeil à l’hôpital où il avait été admis après une chute le mois dernier.
Né à Bruxelles le 29 avril 1922, il a trois ans lorsque son père lui fait apprendre l’accordéon que le petit semble apprécier. Mais c’est à seize ans que l’adolescent découvre l’harmonica dans un des films musicaux tournés par Ray Ventura et son orchestre. Pendant l’occupation, il se passionne et joue dans des clubs où on lui conseille d’apprendre la guitare. Son modèle est alors Django Reinhardt. Après la guerre, il joue avec de petits orchestres. Il rêve alors de faire carrière aux Etats-Unis et, en 1950, il effectue une tournée européenne avec Benny Goodman. En 1952, il décide de s’installer aux USA et il joue avec de grands noms du jazz: Charlie Parker et George Shearing notamment. En 1962, il compose un morceau intitulé « Bluesette » et la mélodie devient un standard international d’un genre nouveau: sifflé et en joué à la guitare simultanément. Toots devient alors l’harmoniciste le plus demandé pour des musiques de films comme « Midnight cowboy » ou « Jean de Florette » par exemple. Il est aussi, dans les années 1970, le soliste qui enregistre l’indicatif, composé par Vladimir Cosma, de la célèbre émission de radio de Max Meynier sur RTL France: « Les routiers sont sympas ». A l’harmonica, il accompagne aussi de nombreux artistes francophones au cours de l’enregistrement de leurs chansons. C’est le cas notamment pour Salvatore Adamo et la chanson « La vie comme elle passe » en 1995. Le 12 mars 2014 Toots Thielemans déclare mettre un terme à ses concerts, sa santé ne lui permettant plus d’assumer ce type d’activité.

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Décès, à 80 ans, du compositeur de chansons Gérard BOURGEOIS

BOURGEOIS Gérard - Pochette 1963 - Photo (c) Jean Distinghin

En 1963 – Photo (c) Jean Distinghin

Le compositeur français Gérard Bourgeois, qui est à l’origine de centaines de chansons pour des artistes comme Brigitte Bardot, Juliette Gréco ou Dalida, est décédé à Bordeaux (F) le vendredi 8 juillet 2016. Il avait 80 ans.
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Selon Jean-Max Rivière, auteur avec qui Bourgeois formait un duo exceptionnel, le compositeur était malade depuis un certain temps. Les deux hommes ont signé, dans les années 1960 et 1970, toute une série de succès pour Françoise Hardy (« L’amitié » en 1965), Serge Reggiani (« Il suffirait de presque rien » en 1968), France Gall ou les Compagnons de la Chanson. Pour Juliette Gréco, Bourgeois fut le compositeur de « Un petit poisson un petit oiseau » en 1966. Et pour Brigitte Bardot, il signa les musiques de « La Madrague » ou encore de « C’est rigolo ». Enfin, la chanteuse Barbara interpréta en 1974 « L’homme en habit rouge » composée par Gérard Bourgeois.
Né le 17 juin 1936 à Paris, avec pour vrai prénom Robert, il apprend à jouer du piano assez tôt. Il fréquente aussi le cabaret parisien « Chez Patachou » et il y découvre Georges Brassens au moment où son père lui offre une guitare. Mais c’est en 1961 qu’il se dévoile comme compositeur sur des textes de Jean-Max Rivière qu’il a contacté pour lui proposer ses services. La liste de ses interprètes devient alors extraordinaire: Richard Anthony, Michèle Arnaud, Eric Charden, Frida Boccara, Michel Delpech, Nicole Croisille, Daniel Guichard, Gribouille, Jean Guidoni, Nicoletta, Enrico Macias, Sylvie Vartan, Thierry Le Luron, Ria Bartok, Vic Laurens, Sandie Shaw (en français), Jean-Pierre Ferland, Michèle Torr, Dario Moreno, Anne-Marie Peysson (animatrice de radio et télé française avec qui il enregistre une chanson en duo dans les années 1970: « On est bien quand on est deux »), Antoine, Georgette Lemaire, Frank Alamo, Rika Zaraï ou Tino Rossi entre autres.
Dans les années 1960 et 1970, on a pu entendre sa voix grâce à quelques chansons enregistrées sur quelques 45 tours. En 1963, il sort un disque de quatre chansons : « A la fin de l’été », « Tant pis », « Ceux » et « Jamais trois sans quatre ». Puis un autre, quelques mois plus tard avec « Trois fois rien », « Je t’aime encore », « Viens encore une fois » et « Pour de vrai ».
Au début des années 1990, Gérard Bourgeois est devenu le directeur artistique du cabaret « Salut l’Artiste » sur le site du Futuroscope près de Poitiers.
Ci-dessous, la possibilité d’écouter un titre de 1964 enregistré par Gérard Bourgeois chanteur: « Trois fois rien ».


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L’Affaire Louis’Trio en deuil: Hubert Mounier est décédé

A notre époque, celle des réseaux sociaux et de l’hyper-information, c’est relativement longtemps après les faits que la nouvelle a été communiquée: Hubert Mounier est décédé le lundi 2 mai 2016 « des suites d’une rupture aortique foudroyante » selon ses proches. Il a été, dans les années 1980, le chanteur du groupe français « L’Affaire Louis’Trio » avant d’entamer une carrière en solo à la fin des années 1990.

Hubert Mounier en 2011

Hubert Mounier en 2011

Né le 21 septembre 1962 à Lyon, le petit Hubert s’oriente assez vite vers une carrière artistique qu’il concrétise en dessinant et en créant rapidement ses propres bandes dessinées. En 1982, avec son frère Vincent et un ami nommé François Lebleu, il décide de créer un groupe musical hors du commun. Ils prennent chacun un pseudonyme: Hubert devient Cleet Boris, Vincent est Karl Niagara et François s’appelle Bronco Junior. Et, à trois, ils fondent « L’Affaire Louis’Trio ». La formation connaît alors un succès important avec des chansons dont Hubert écrit les textes: « Tout mais pas ça » (1987), « Chic Planète » (1987), « Bois ton café » (1988), « Mobilis in Mobile » (1993), « Le capitaine » (1993), etc. En 1987, le groupe remporte une Victoire de la musique comme « révélation variétés masculine de l’année ». Après avoir commercialisé sept albums, le trio se sépare en 1997 et Hubert Mounier se lancé dans une carrière en solo avec, notamment, trois albums réalisés avec son ami Benjamin Biolay. En 2008, un des deux membres de l’Affaire Louis Trio, Bronco Junior, décède à l’âge de 43 ans et l’idée de reformer un jour le groupe s’éloigne définitivement. Hubert Mounier était également l’auteur de plusieurs albums de BD. Il préparait depuis deux ans une bande dessinée consacrée à Tarzan. Il laisse derrière lui son épouse, trois filles et un petit-fils.
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Victime, lui aussi, du cancer, René Angélil s’est éteint à 73 ans

René Angélil en 2009 (c) Nicolas Laffont @ flickr

René Angélil en 2009 (c) Nicolas Laffont @ flickr

L’actualité nécrologique de ces derniers jours semble se répéter: après Michel Delpech et David Bowie décédés à l’âge de 69 ans, c’est René Angélil qui est, lui aussi, décédé d’un cancer ce jeudi 14 janvier 2016 à Las Vegas.

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Connu pour être le mari et pygmalion de la chanteuse québécoise Céline Dion, René Angélil était né le 16 janvier 1942 à Montréal au Canada. Comme beaucoup de producteurs de chanson, René Angélil commence sa carrière en tant que musicien au sein d’un groupe ayant pour nom « Les Baronets » de 1962 à 1972. A la dissolution du groupe, il se lance comme impresario et la première artiste dont il s’occupe est Ginette Reno. A l’époque où Ginette décide de se passer de ses services, René remarque une très jeune fille qui possède une voix remarquable. Elle s’appelle Céline Dion et c’est en 1981. Les deux amis ne se quitteront plus. René Angélil décide de faire de la jeune artiste une star de renommée internationale. Et il réalise son rêve pas à pas en présentant d’abord Céline Dion comme interprète d’une oeuvre suisse au Concours Eurovision de la Chanson en Irlande en 1988. Grand joueur (de poker) et parieur devant l’éternel, René avoue plus tard être entré dans une agence de paris à Dublin et d’avoir gagné quelques livres en misant sur la victoire de Céline avec « Ne partez pas sans moi ». Peu à peu, l’amitié, d’abord professionnelle, va se transformer en amour et, le 17 décembre 1994, René et Céline se marient à Montréal. C’est le troisième mariage de René. Et sa seconde épouse, la chanteuse Anne Renée, lui a donné deux enfants. En 1999, un cancer de la gorge est décelé chez René mais, soigné à temps, il en guérit rapidement. La même année, il accepte de s’occuper de la carrière de Garou mais cette collaboration ne dure pas. Dans le même ordre d’idées, c’est lui qui est aussi à la base de la carrière de l’imitatrice québécoise Véronic Dicaire. Le 25 janvier 2001, Céline Dion donne naissance à leur premier fils René-Charles. Et, le 23 octobre 2010, René-Charles accueille ses deux frères jumeaux : Eddy et Nelson. Le 23 décembre 2013, René Angélil subit l’ablation d’une nouvelle tumeur cancéreuse à la gorge. Les médias s’alarment mais Céline Dion communique que René va bien mais qu’elle doit désormais imaginer différemment son avenir artistique en changeant, notamment, d’équipe et de producteur. Le 14 janvier 2016, deux jours avant son 74e anniversaire, le cancer emporte René Angélil qui décède à Las Vegas où il est en convalescence depuis le début 2014.
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Décès de Michel DELPECH: la fin d’une lutte acharnée

Michel Delpech en 1988

Michel Delpech en 1988

L’année 2016 commence très mal pour la chanson francophone : Michel Delpech est décédé ce samedi 2 janvier. Cela fait trois ans que l’artiste luttait de toutes ses forces contre un cancer de la langue et de la gorge. Mais, une fois de plus, le combat a été inégal contre la bête chantée avec tant de lucidité et de véracité par Stromae.
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Michel Delpech laisse des dizaines de chansons qui resteront, pour beaucoup d’entre nous, comme des balises dans une vie souvent rythmées par ses mélodies. Pour la génération du « baby boom », celle de la fin des années 1950, il sera toujours celui qui a dépeint avec sensibilité l’adolescence des petits bistrots estudiantins avec « Chez Laurette ». Ensuite, il fait découvrir les hippies en 1969 avec « Wight is wight ». Puis, en 1971, à l’heure des premiers émois amoureux, il chante « Pour un flirt ». Deux ans plus tard, il traduit en chanson la situation de bon nombre de couples avec « Les divorcés ». Enfin, personne n’a oublié son fameux « Que Marianne était jolie » que François Hollande, président de la République française, évoque dans son communiqué d’hommage de ce début janvier.
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Michel Delpech était né le 26 janvier 1946 à Courbevoie. A presque 20 ans, il est propulsé chanteur à succès avec « Chez Laurette » mais il lui faut attendre le début des années 1970 pour qu’il s’installe durablement dans le paysage de la chanson francophone. Après l’immense « tube » « Pour un flirt », les réussites vont s’accumuler en ayant pour titres : « Que Marianne était jolie », « Les divorcés », « Le chasseur », « Tu me fais planer », « Le Loir et Cher ». Puis, après une période personnelle et professionnelle difficile passant notamment par la dépression, Michel Delpech revient au premier plan en évoluant artistiquement selon ses désirs. Ce retour est couronné de succès avec la sortie, fin 2006, d’un album de ses grandes chansons interprétés en duo avec des collègues nommés Souchon, Cabrel, Clerc, Bénabar, Cali, Jonasz ou Voulzy. Cet opus donne même lieu à un spectacle enregistré au Grand Rex à Paris en 2007. Une grande partie de ses compagnons de duo viennent alors le rejoindre sur scène. En 2011-2012, Michel Delpech fait partie de la tournée « Age tendre et tête de bois ». Quelques mois plus tard, la presse révèle que l’artiste est atteint d’un cancer et ses apparitions en public se font beaucoup plus rares. Malgré une farouche volonté de vaincre la maladie, les nouvelles qui nous parviennent de lui sont de moins en moins bonnes au fil du temps. Parmi celles-ci, il y a cette annonce de Michel Drucker (à lire en CLIQUANT ICI), en juin 2015, qui prétend dramatiquement que Delpech n’en a plus que pour quelques mois.
Quarante ans après la sortie du disque « Quand j’étais chanteur », le texte chanté par l’artiste sonne désormais un peu faux : il n’aura pas eu 73 ans, Mick Jagger n’est pas mort et Sylvie Vartan chante toujours. Mais il est bien vrai que, cette fois, pour lui, c’est fini…
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Auteur de « La bonne du curé », Charles Level est décédé

Charles Level en 1964 - Photo (c) Nisak

Charles Level en 1964 – Photo (c) Nisak

Charles Level, auteur, compositeur et interprète français, est décédé le 24 octobre 2015. Il était né à Cherbourg en 1934. C’est en 1958 que Charles Level chante pour la première fois à la radio. Il rejoint ensuite les artistes en herbe qui fréquentent « Le Petit Conservatoire de la chanson » de Mireille. Au début des années 1960, il enregistre quantité de 45-tours sous son véritable nom mais aussi sous le pseudonyme de Charlie Level. Il interprète ainsi des titres personnels mais aussi des reprises comme « Pepito », « Brigitte Bardot », « La marche des anges », « Roméo », « Retiens la nuit », « Un premier amour », « Un clair de lune à Maubeuge », « Roses blanches de Corfou », « Pour une amourette », « J’entends siffler le train », « Telstar », etc. A partir de 1964, et uniquement sous le nom de Charles Level, il interprète de plus en plus de chansons dont il est le compositeur ou l’auteur. Il travaille alors souvent avec le compositeur Roland Vincent mais il ne connaît pas un grand succès en tant que chanteur. Par contre, il se met à écrire de grands succès pour des artistes réputés comme Mireille Mathieu, Dalida, Charles Aznavour, Marcel Amont, Sacha Distel, Régine, Line Renaud et Michel Delpech entre autres. Son succès le plus célèbre en tant qu’auteur reste « La Bonne du curé » qu’Annie Cordy enregistre en 1974 et qui se vend à plus de trois millions d’exemplaires. Plus tard, Charles Level va écrire les adaptations en français de génériques de dessins animés comme « Au pays de Candy », « Winnie l’ourson » et « Chapi Chapo ». Son dernier enregistrement d’interprète date des années 1980 : « A gauche gauche, à droite droite ». Membre de la Sacem pendant plus de cinquante ans, il y a déposé, en tant qu’auteur ou compositeur, plus de 1 300 œuvres dont plus de mille chansons et plus de 300 musiques pour le cinéma et la télévision.
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Décès de Leny ESCUDERO, l’interprète de « Pour une amourette »

Leny Escudero en 1972 - Photo (c) Birgit

Leny Escudero en 1972 – Photo (c) Birgit

Le chanteur, auteur et compositeur Leny Escudero est mort ce 9 octobre 2015 à Giverny dans l’Eure (F). Il était né le 5 novembre 1932 à Espinal de parents républicains espagnols. Ces derniers, analphabètes, quittent l’Espagne ravagée par la guerre civile en 1939. Ils se réfugient en France, à Mayenne, où le petit Leny entre à l’école communale. Sans formation ni métier particulier, il passe sa jeunesse, devient communiste et se marie dans la même région avant de s’installer à Paris dans les années 1950. Il effectue alors divers petits boulots pour survivre : terrassier et carreleur notamment. Passionné de guitare, il n’est pas rare que Leny chante en caressant les cordes de son instrument de prédilection. Et sa façon de chanter retient l’attention de quelques personnes qui lui proposent de se produire dans des cabarets parisiens dès 1957. Il finit par se faire remarquer par un producteur et il enregistre un premier 45-tours de quatre chansons en 1962. Les titres « Pour une amourette » et « Ballade à Sylvie » deviennent immédiatement des grands succès à contre-courant des rythmes rock et twist qui envahissent alors les hit-parade. Cette popularité est inattendue et déstabilisante : Leny Escudero ne la vit pas très bien. En pleine ascension, l’artiste abandonne tout pour effectuer un voyage qui va l’emmener aux quatre coins du monde. En Afrique, il développe même un projet humanitaire pour construire une école en pleine brousse. Il revient ensuite à la chanson mais le succès populaire ne sera plus jamais au rendez-vous malgré une carrière plutôt bien remplie. Il faut dire aussi que les thèmes de ses chansons ne sont plus très légers et retiennent plus l’attention des passionnés et professionnels de la chanson que celle du grand public. En 1971, l’album « Escudero 71 » est d’ailleurs récompensé par le Grand-Prix de l’Académie Charles Cros. Les thèmes de ses chansons évoquent notamment la guerre d’Espagne, les dictatures, la maltraitance de notre planète et la fuite du temps. Sa carrière musicale lui permet aussi ensuite de participer à quelques bandes originales de films. En mars 2013, une autobiographie est éditée par « Le Cherche midi » : « Ma vie n’a pas commencé ». Mais cette vie s’achève néanmoins le 9 octobre 2015 à la suite d’une insuffisance pulmonaire. Il meurt à 82 ans à son domicile de Giverny près de Vernon.
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Guy BEART est décédé à l’âge de 85 ans

Guy Béart en 2010 (c) Le Petit Format - Centre de la Chanson de Paris

Guy Béart en 2010 (c) Le Petit Format – Centre de la Chanson de Paris

L’auteur, compositeur et interprète français Guy BEART est décédé ce mercredi 16 septembre 2015 alors qu’il se promenait dans une rue de la ville de Garches (F) où il habitait depuis longtemps. Il semblerait qu’il ait succombé à un malaise cardiaque. Les secours n’ont rien pu faire pour sauver l’artiste.

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Guy Béart est né le 16 juillet 1930 au Caire en Egypte sous le nom de Guy Béhar-Hasson. Son père est comptable pour une entreprise française et son travail l’oblige à beaucoup voyager. C’est ainsi que c’est finalement au Liban que Guy grandit jusqu’à ses 17 ans. C’est à cet âge qu’il décide de vivre à Paris. Il s’inscrit à l’école nationale de musique et y apprend notamment le violon et la mandoline. Mais il décroche aussi un diplôme d’ingénieur à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. Malgré ce bagage intéressant, Guy Béart est toujours passionné par la musique et la chanson et, en 1954, il tente sa chance dans les cabarets de la Rive gauche à Paris. Il chante ainsi à « La colombe » ou au théâtre des Trois Baudets. Remarqué notamment pour sa chanson « Bal chez Temporel », il lui est proposé d’enregistrer un premier disque chez Philips en 1957. Celui-ci est couronné du Grand-Prix de l’Académie Charles Cros l’année suivante. C’est le début d’une carrière florissante pour celui qui n’aura de cesse de s’accompagner de son unique guitare, pied sur le tabouret. Les succès vont se multiplier : « L’eau vive », « Qu’on est bien », etc. Profitant de sa popularité grandissante, il écrit pour des artistes féminines comme Patachou, Zizi Jeanmaire ou Juliette Gréco. A la fin des années 1960, il devient l’animateur et le producteur d’une émission de la télévision française où il accueille des collègues artistes : « Bienvenue chez Guy Béart ». Sa carrière de chanteur se poursuit sur un mode majeur avec des succès comme « L’espérance folle » (repris par Line et Willy en 1972) ou « A Amsterdam » en 1976. Il lui est alors découvert un cancer qui l’éloigne de son public et du métier pendant quelques années. Jusqu’en 1986 lorsqu’il revient avec un album au titre très optimiste : « Demain je recommence ». Cette année-là, lors d’une émission « Apostrophes » de Bernard Pivot, il s’accroche avec Serge Gainsbourg à propos de l’importance de la chanson. Pour Gainsbourg, il s’agit d’un art mineur alors que pour Béart c’est tout le contraire. En 1989, alors que la guerre y fait rage, il part à Beyrouth sur les traces d’une enfance qu’il ne retrouve pas. Il participe à un grand mouvement organisé en faveur de la paix et écrit une chanson de soutien intitulée « Liban libre ». Il fait ensuite quinze ans sans enregistrer d’album puis, en 2010, il sort « Le meilleur des choses ». Comme tous ses albums commercialisés depuis des années, celui-ci est une production propre des disques Temporel et il est distribué par Sony Music qui en profite pour demander à Béart de « compiler » sur un triple CD ses plus grands succès. Le 17 janvier 2015, Guy Béart donne le dernier concert de sa carrière à l’Olympia, avec seulement trois musiciens à ses côtés dont Roland Romanelli. Le spectacle dure quatre heures et il est ponctué d’anecdotes. Il annonce alors qu’il ne fera plus d’album ni de tournée. Le 16 septembre 2015, Guy Béart s’écroule alors qu’il se promène dans la ville de Garches où il habite. Les secours ne peuvent rien pour lui : il est mort.

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Laurent ROSSI retrouvé mort chez lui

Laurent Rossi en 1974

Laurent Rossi en 1974

Le chanteur et producteur Laurent Rossi est décédé ce jeudi 20 août 2015 à l’âge de 67 ans. C’est apparemment une crise cardiaque qui a frappé le fils de l’illustre Tino Rossi, père de deux garçons, qui se trouvait seul chez lui dans la capitale française.

Né le 22 mai 1948 à Paris, Laurent Rossi, était l’un des deux enfants de Tino Rossi, qui avait aussi une fille, prénommée Pierrette, issue d’un premier mariage. Comme pour tous les enfants de stars, il ne fut pas facile pour le jeune Laurent de se faire un prénom dans le show-business français à l’ombre de son père. Pourtant, après quelques années de galère à partir de 1968, date de la sortie de son premier disque, les choses s’améliorent en 1973 avec un premier succès : « Quelqu »un qui t’aime ». A ce moment, il produit un groupe qui va signer le tube de l’été 1974 composé par Claude Morgan : le Bimbo Jet et « El Bimbo ». Mais cela ne l’empêche pas de connaître encore quelques bons succès en tant qu’interprète : « Jolie baby blue »(1974), « Notre histoire » (1974) et « L’amour est dans l’air » (reprise de « Love is in the air » de John Paul Young en 1978). Il propose l’une de ses compositions à Mireille Mathieu qui en fait un succès en 1975 : « Addio ». Laurent enregistre aussi quelques duos avec son père dont le plus connu est sans doute « Chantons la même chanson » en 1976. A la fin des années 1970, Laurent Rossi est victime d’un accident de la route qui lui laisse des cicatrices sur le visage. Il poursuit alors ses activités de producteur et, depuis 1983, date de la disparition de son père, il gère la succession artistique de ce dernier. Il s’occupe ainsi notamment de la propriété du Scudo sur la route des Sanguinaires en Corse : une villa située dans une pinède au bord de mer qu’il transforme en une sorte de musée consacré à Tino Rossi.
Laurent Rossi sera inhumé dans le caveau familial du cimetière marin d’Ajaccio, sur la route des îles Sanguinaires, où reposent son père Tino, décédé en 1983 à 76 ans, et sa mère, l’actrice d’origine italienne Lilia Vetti décédée en 2003.
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Attachée de presse belge hors du commun, Jacqueline De Schryver est décédée

DESCHRIJVER Jacqueline

Jacqueline De Schryver au début des années 2010

C’est en octobre 1999, lors des obsèques d’un ami commun, l’animateur Patrick Duhamel, que j’ai eu l’occasion de rencontrer Jacqueline De Schryver pour la première fois. Dans le cadre de mes activités professionnelles alors consacrées à la chanson, elle me parla d’un artiste avec qui elle était très amie et dont elle pensait, à raison, qu’on l’oubliait injustement : Georges Chelon. Elle me fit parvenir un récent album de ce chanteur ayant connu le succès au coeur des années 1960, m’invita à aller l’apprécier sur la scène du « Bouche-à-oreille » à Bruxelles et me le présenta finalement. L’interview que je réalisai avec Georges Chelon à Mons (B) le 12 septembre 2001 grâce à Jacqueline restera un de mes souvenirs les plus étranges. Nous étions le lendemain de l’attaque terroriste des tours jumelles du World Trade Center de New York et, comme tout le monde, nous étions, Georges et moi, simplement hébétés face à une situation inédite engendrée par une catastrophe sans précédent.

Jacqueline et moi ne nous sommes plus perdus de vue depuis cette époque. Oh bien sûr, nos contacts n’étaient pas permanents mais plutôt réguliers. Ils devinrent cependant plus fréquents quant, au milieu des années 2000, elle accepta de mettre sur pied, en Belgique, les étapes de la tournée « Age tendre et tête de bois » initiée par le producteur français Michel Algay. Chaque année depuis la première saison de cette aventure artistique pourtant risquée au début, Jacqueline m’invitait, avec d’autres journalistes belges, à assister, en France, à un spectacle de la tournée qu’elle proposait au public belge de Charleroi et de Marche-en-Famenne quelques mois plus tard. J’ai ainsi eu l’occasion de me rendre à Paris mais aussi à Lille et à Dunkerque où l’accueil des organisateurs et des artistes était toujours convivial. L’occasion était belle de discuter ainsi en totale décontraction avec des artistes comme Annie Cordy, Claude Barzotti, Alice Dona, Christian Delagrange, Sheila, Herbert Léonard, Michèle Torr ou Stone et Eric Charden. Mais aussi de faire connaissance avec des journalistes et critiques musicaux comme Jean-Pierre Pasqualini (du magazine Platine et de la chaîne de télé française Mélody) ou Fabien Lecoeuvre.
Par la suite, au début des années 2010, c’est avec Daniel Guichard que Jacqueline me permit de faire des retrouvailles après quelque 25 ans.

Incontestablement attachée de presse et organisatrice de spectacle hors-pair, Jacqueline De Schryver restera dans ma mémoire comme une personne attachante et toujours suffisamment « fleur-bleue » pour préserver une spontanéité et une fraîcheur peu commune. Au point de passer ses vacances en Espagne, à deux pas des courts de tennis où son idole, Rafael Nadal, venait s’entraîner !

Jacqueline, merci pour tous ces bons moments de franchise et d’honnêteté. Et chapeau pour ta ténacité face à cette maladie dont tu m’as informé un jour en me demandant de rester discret. Aujourd’hui, en ce dimanche 16 août 2015, c’est par un coup de fil d’une de tes amies que j’ai appris ton grand départ. Fidèle à toi-même, tu m’avais dit un jour : « Ne t’inquiète pas : le jour où je casserai ma pipe, je trouverai le moyen de te le faire savoir. » Là où tu es maintenant, remets le bonjour à ceux que tu appréciais sur la tournée « Age tendre » et qui sont près de toi : Frank, Eric, Demis et Richard notamment.

Les funérailles de Jacqueline De Schryver ont eu lieu le jeudi 20 août 2015 au Crématorium du Champ de Court à Court-Saint-Etienne (B).

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