CHRISTOPHE BOURDOISEAU : La mort du loup

Revoici Christophe Bourdoiseau que j’ai découvert à la fin de l’année 2008. A l’époque, cet artiste français vivant en Allemagne venait de sortir un album intitulé « Tant de saisons perdues ». Christophe Bourdoiseau réside à Berlin depuis le début des années 1990. Avant, il a passé son enfance dans la France rurale avant de vivre à Paris quelques années. En
septembre 2009, un autre album est sorti avec, pour titre, « Constellation périphérique ». Il était illustré par une superbe photo représentant une DS Citroën de légende.
Les 2 albums contenaient des chansons originales et intéressantes tantôt écrites et tantôt composées par l’interprète. Mais les deux opus proposaient aussi une poignée de poésies mises en musique. Il y avait, en 2008, « Première soirée » de Rimbaud et « Une charogne » de Baudelaire. Un an plus tard, c’est « Tête de faune » (de Rimbaud) qui figurait sur l’album à la Citroën.
Sont-ce ces aventures poétiques qui ont poussé Christophe Bourdoiseau à aprofondir le sujet ? Toujours est-il que la nouvelle galette a pour titre générique « La mort du loup ». Et qu’elle renferme 15 textes de quelques grands poètes français : Aragon, Richepin, Baudelaire, Eluard, Vigny, Musset, Rimbaud, Verlaine et Hugo. 15 titres parmi lesquels on retrouve les 3 enregistrés pour les disques précédents.
Les grands sentiments
Pour ce qui est de la thématique, l’artiste semble ici avoir choisi les grands sentiments. Les différentes poésies parlent ainsi de l’amour, de la mort, de la trahison, de l’infidélité et de la liberté. Mais il est aussi question de la condition du poète dans « Le roi des gueux » de Richepin ou « L’albatros » de Baudelaire.
Question musique, Christophe Bourdoiseau revient ici aux ambiances est-européennes de son album « Tant de saisons perdues ». Les atmosphères sont chaleureuses et elles invitent volontiers au voyage poétique. Les musiques et leurs exécutants sont de très bonne facture. Les poèmes ne sont pas simplement mis en musique. Ils ont parfois été adaptés pour que certaines strophes constituent le refrain par exemple. Bien sûr, tous ces textes ont déjà leur rythme et leur musicalité. Charles Trénet l’avait déjà prouvé il y a longtemps en interprétant la « Chanson d’automne » de Verlaine pour laquelle Christophe Bourdoiseau a ici composé une nouvelle mélodie.
Avec un livret de 24 pages reprenant les textes en français et de très belles photos d’automne, le CD est un bel objet qui vaut aussi le détour pour son contenant.
L’artiste Bourdoiseau, artisan des musiques et des mots, place sa voix de manière très précise sur ces 15 perles qui vous feront peut-être (re)découvrir un pan de la grande poésie française.
Vous trouverez plus d’infos sur l’artiste et le disque en vous rendant sur le site internet de Christophe Bourdoiseau (en cliquant ici).